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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 00:09

La maison du Taulier, sans être celle du bon Dieu, est accueillante : on peut y entrer sans frapper puisque la porte reste toujours ouverte. Ma proposition de venir y poser son sac pour se raconter, se présenter a été saisie par 2 vigneronnes : Céline du Clos Romain link  et Isabelle du domaine des cotes de la Molière link 


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Aujourd’hui j’accueille un néo-vigneron enthousiaste David Large via Face de Bouc. Je ne sais qui il est mais il entre bien dans mon projet et, cerise sur la gâteau il fait référence à Ourasi  qui a fait partie de ma vie link 

 

Je m’appelle David Large, je n’ai pas encore 26 ans et je cultive 1ha71 en Beaujolais et Beaujolais Villages.

 

Parallèlement à ça, je finalise ma formation de Sommelier Conseil à L’université du Vin de Suze la Rousse.

 

Passionné de photographie, j’essaie de faire corréler toutes ma passions entre elles!

 

J’ai déjà été installé en Beaujolais durant les récoltes 2005, 2006 et 2007. Je reviens tenter ma chance en  2012, 100% indépendant, 100% autoproduit et 100% bouteilles.

 

Je n’ai pas encore demandé la conversion en agriculture biologique, mais je copie tout son protocole... Le fait d’être enfermé dans un cahier des charges m’angoisse.

 

Grâce à l’aide précieuse de mes parents, nous faisons ensemble un travail d’orfèvre dans mes parcelles. Je ne les remercierai jamais assez d’ailleurs..

 

2012 est une année très technique et parsemée de doutes. J’ai décidé d'appliquer ce que j’ai appris chez les Guigal et chez les autres domaines qui m’ont accueilli auparavant... La rigueur, la poursuite de la qualité ultime...

 

Si mes vignes continuent d’être bénies à travers le mauvais temps, il y aura 3 cuvées cette année 2012.

 

Si la qualité finale (qui est mon objectif numéro uno) , est au rendez-vous, je crée 800 bouteilles de Beaujolais nouveau ainsi que 10 Magnums signés de l’artiste contemporain David Bartholoméo. Ce sera les seuls et uniques.


Ma cuvée de Beaujolais rouge est baptisée «NAZARETH» et mes Beaujolais-villages Blancs ont un parrainage particulier et exclusif... Mes blancs porteront le nom du célèbre cheval de course « OURASI ». Grâce à l’aimable accord et à la gentillesse de sa propriétaire ainsi que de sa nounou Annie. Des gens exceptionnels qui m’ont donné l’exclusivité du nom, que j’ai eu la chance de rencontrer et qui m’ont fait confiance. L’histoire du cheval m’a beaucoup touché, je me sens comme lui à ses débuts. Son regard ne trompe pas. Je l’appelle «mon ami».


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Je dois bien me rappeler qu’avant les victoires, il y aura la boue, les doutes, la poussière et les larmes, 2012 ma le rappelle à chaque orage.. Ma vision du vin est similaire à celle des courses, du sport ou de tout projet démarrant de rien.


Je pense qu’Ourasi est un peu l’image de ma génération... Très sensible, incompris, fier, technique, ambitieux mais s’irritant contre la discipline, fougueux, libre, loyal mais finalement plus épanoui dans l'intimité et dans les choses simples.


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J’espère que vous retrouverez quelques un de ces adjectifs en dégustant mes prochains vins !

 

David large - Montmelas, le Clejon -69640.  06 59 57 13 92 – ez1986@gmail.com

 www.davidlarge.fr.  –

Disponible sur Facebook. -

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:00

Dans le dossier de la colline de l’Hermitage une ONG « appelée Next-Up s’est penchée sur la colline de l’Hermitage et a levé un gros lapin » dixit un chroniqueur très avisé pour qui les trois lettres O.N.G sonnent aux oreilles comme l’alpha et l’oméga du pur combat désintéressé face aux hydres économiques et aux pouvoirs politiques plus ou moins corrompus. Donc, selon cette ONG concourant à la Défense de l’Environnement Naturel, contre les irradiations des Champs Electromagnétiques générés par le développement exponentiel des technologies sans fils, en plus de la pollution visuelle sur la colline celle-ci abriterait tous les germes d’une catastrophe sanitaire.


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« Madame, Mademoiselle, Monsieur,


Depuis les dernières décennies les principales crises sanitaires ont toutes été un échec de l’Etat dans son rôle de protection des populations. En l’absence de réponse initiale en adéquation au problème, force est de constater que la crise de la surdose dans notre environnement des Champs Electromagnétiques générés par le développement exponentiel des technologies sans fils ne déroge actuellement pas à cette règle. L’impact sur la santé des rayonnements RF hyperfréquences micro-ondes des téléphones mobiles, des antennes relais, de Répéteurs Hertziens (RH), etc . . . et l’Électro Hyper-Sensibilité (EHS) d’une partie de la population doivent-ils rester des sujets tabous ? Allons-nous être confrontés à une crise environnementale sanitaire majeure ? Face à l’évidence nous avons un devoir de salubrité publique, nous devons agir et informer pour faire émerger le débat, c’est le but de la création de Next-up organisation par le Dr Roger Santini. Une approche ” politique ” doit être impérativement mise en œuvre pour l’insertion harmonieuse dans notre société de cette nouvelle technologie et de ses corollaires. »

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Ayant chroniqué sur l’antenne j’ai reçu le courrier suivant de Next-Up

 

Bonjour,

Si vous saviez tout …

Une petite mise en bouche « désagréable »  en cadeau deux belles photos d’hier  temps très orageux et beau soleil sur le coteau de l’Hermitage.

Juste une question, puisque vous semblez être un spécialiste du vin … Les Hautes Fréquences du spectre des micro-ondes de la téléphonie mobile agissent sur la molécule d’eau, le saviez-vous ?

A suivre …

Cordialement

Catherine

 

Ça c’est torché ! En clair, vous allez voir ce que vous allez voir : le scandale de l’Hermitage est en branle.


N’étant en rien un spécialiste des rayonnements RF hyperfréquences micro-ondes des téléphones mobiles je laisse le soin à un addict de Tweeter qui, comme chacun le sais fonctionne sur la base des signaux de fumée, de vous informer sur les risques que court le raisin de la colline de l’Hermitage. Comme de toute façon cette affaire est une affaire entre gens du vin, dont le grand esthète relayeur, seuls et eux seuls sont en mesure de déterminer ce qu’est une pollution visuelle. Que les pékins de base trouvassent les inscriptions publicitaires anciennes disgracieuses et dégradantes pour le site, ils n’en n’ont rien à péter : passez votre chemin marauds !


Fort bien, dormez braves gens, votre destin est en bonnes mains, tout cela est mené de mains de maître. Reste tout de même à se poser la question d’où sortent-elles toutes ces ONG et, comme elles ne vivent pas de l’air du temps, qui les finance ? Poser cette question vaut quasi-excommunication, l’argent n’ayant pas d’odeur se demander de quelle main il vient c’est se ranger dans le camp des affreux et des méchants. Pour moi, poser la question n’est pas jeter l’opprobre sur les ONG concernées, ni sur l’engagement de ses adhérents, c’est plus précisément m’interroger sur les motivations profondes des donateurs : achat de bonne conscience à bon compte ou saine défense de leurs intérêts ? Comme les paroles d’experts gouvernementaux ou des multinationales, des scientifiques de tous poils, ne sont pas des paroles d’Evangile, vérités indiscutables, à prendre sans précaution, et celles des ONG non plus.


Ce que je  réfute c’est, aussi bien la révérence face à la toute-puissance de la parole officielle que l’angélisme béat qui consiste à gober tout ce qu’avancent des ONG plus ou moins sérieuses et parfois instrumentalisés. Douter est le fondement de notre cher cartésianisme, et douter permet de se poser des questions, de tenter d’y répondre en se documentant, de garder l’autonomie de sa pensée. Tous les prêts à consommer en kit de quelques origines que ce soient relèvent de l’endoctrinement, de comportements plus ou moins sectaires, et désolé je ne mange pas de ce pain-là. De plus, comme le disait fort bien le Professeur Gilles de Gennes la vie est un risque il y a ceux qui l’assument et ceux qui fuient.


Pour Next-Up je ne sais pas, donc je n’en parle pas, à eux de nous l’indiquer en vertu de la transparence qui leur est chère.link 


Comme je n’ai pas le temps ce matin de pondre une chronique exhaustive sur ce sujet je me contenterai donc de poser la question tout en sachant que des éléments de réponse sont disponibles sur la Toile.

 

Exemple :


« Greenpeace, Friends of the Earth, la Fondation David Suzuki, le Sierra Club, le World Wild Life Fund ainsi que de nombreuses autres ONG sont financées par le Rockefeller Brothers Fund. On retrouve les mêmes ONG, à quelques exceptions près dans la liste des subventions du Rockefeller Family Fund, et de Rockefeller Philanthropy Advisors. La Rockefeller Foundation, elle aussi, finance Greenpeace et le WWF. Or, on sait que la famille Rockefeller doit sa fortune en grande partie à l’industrie pétrolière, à savoir, la « défunte » Standard Oil. Démantelée au début du 20e siècle, elle est à l’origine d’une trentaine de compagnies pétrolières, dont la famille détient toujours des parts. »


« La Turner Foundation (Ted Turner fondateur de CNN), a été entre 1996 et 2001 le plus grand donateur de Greenpeace . Sur la liste des groupes ayant reçu du financement de cette fondation, on trouve les mêmes noms que ceux qui figurent sur la liste des fondations des Rockefeller : Sierra Club, David Suzuki Foundation, Friends of the Earth, WWF. Mais encore. La Ford Foundation finance elle aussi le WWF, Rainforest Alliance Friends of the Earth »

 

En France Total finance la fondation Nicolas Hulot, Air France soutien des ONG environnementales comme Good-Planet.org et le WWF… il serait intéressant qu’un site recense les soutiens financiers des grandes entreprises aux ONG et que celles-ci, sur leur site mette un lien clair sur leur financement. Il ne s’agit pas de suspicion mais d’informations : les ONG n’ont rien à cacher. De plus, alors que le financement des ONG était jusqu’ici d’origine privée, les fonds publics, dont ceux de l’UE, financent des ONG. Là encore une transparence s’impose.


Finance Watch, l'ONG qui va faire trembler les traders le 25/06/2011 par Nicolas Delesalle - Télérama n° 3206


« La pie-grièche méridionale est menacée par l'industrie agricole, mais ses intérêts sont défendus par la Ligue de protection des oiseaux. La Terre n'en finit pas de se réchauffer, mais le Giec (Groupement d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) tente d'infléchir son avenir thermique. Les salariés de Peugeot craignent une délocalisation, mais leurs syndicats ferraillent pour les défendre. L'économie mondiale est fichue en l'air par les abus des organismes financiers, mais... Mais rien du tout. Rien ne contrebalance le pouvoir des hedge funds ou des banques. Aucun Etat, aucun G20 n'a été en mesure de canaliser la voracité des marchés, qui, trois ans après la colossale claque de 2008, spéculent encore sur la dette grecque.


Aucun Greenpeace de la finance pour alerter des médias dépassés par la complexité et l'austérité supposées de ces sujets, pour apporter une contre-expertise sérieuse aux pouvoirs politiques. Personne pour décortiquer les produits dérivés, les bonus des traders, les paradis fiscaux. Personne pour exercer un contre-pouvoir aux institutions financières. Jusqu'à aujourd'hui.


Lancée en 2010, à l'échelle européenne, à l'initiative de vingt-deux députés européens - notamment Pascal Canfin (écologiste), Pervenche Berès (gauche), Jean-Paul Gauzès (droite) -, Finance Watch (FW) verra officiellement le jour le 30 juin prochain. Cette ONG, parrainée par le philosophe Jürgen Habermas, mutualisera les cerveaux et l'expertise d'une quarantaine d'autres organisations (Attac, Oxfam, Transparency International, Observatoire de la Finance...).


Contre-lobbying


Elle ne luttera pas contre la finance, mais contre ses dérives. Exercera une activité de contre-expertise indépendante. Jouera le jeu du contre-lobbying. Influencera l'écriture des textes parlementaires. Participera aux groupes d'experts de la Commission. Elle pourra dire noir quand le représentant de hedge fund chantera blanc. En clair, elle sera le deuxième oeil des politiques, jusque-là condamnés à porter sur le monde financier un regard borgne, façonné par le marché lui-même. Une trentaine d'anciens banquiers, directeurs de Bourse, gestionnaires de fonds ou universitaires ont d'ores et déjà accepté de mettre leur expertise à son service.


Financée par la Commission européenne (1 million d'euros), par des fondations ou organisations membres, riches mécènes ou simples quidams (dons sur finance-watch.org), l'ONG promet aussi d'agir sur le plan de la communication, sans tomber dans l'activisme en crampons d'Eric Cantona (qui appela chacun à retirer son argent des banques). Finance Watch dénoncera des pratiques, contrera les arguments, sur Internet ou ailleurs.


Les politiques avaient-ils besoin d'un contre-lobby ? « Ces questions sont pointues et demandent une expertise difficile à faire tout seul dans son coin, explique Pascal Canfin. Cet outil va nous permettre de créer le débat démocratique nécessaire pour assainir la finance. » Les politiques à l'initiative du projet se retireront de FW dès son premier conseil d'administration. Et dès septembre, sur tous les textes européens relatifs au domaine financier, les experts de Finance Watch feront pour la première fois entendre leur voix à Bruxelles. Encore faut-il qu'ils soient entendus. »

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 00:09

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Pour le Taulier, juillet, c’est carton plein, mon changement de millésime et ma fête. Je croule sous les années, les bises et les cadeaux, mais ce que j’aime par-dessus tout c’est que ça s’arrose ! Donc, si ça vous dit, tout au long de cette journée de mercredi je vous convie à fêter ma fête autour d’un verre – je n’ai pas écrit à faire ma fête – Faites-moi signe, j’accours ! Comment me direz-vous ? Par tous les moyens en votre possession pour me joindre… Juché sur mon fier destrier je promets à toute personne qui me joindra de lui offrir un verre dans Paris intra-muros – je ne passe jamais le périphérique.


Depuis le XVIIe siècle le mot fête désigne aussi la célébration du saint dont une personne porte le nom. La festa en italien. À côté de l’anniversaire personnel et laïque, la fête affirmait l’appartenance de chaque chrétien à la communauté protégée et répartie sous le patronage des saints dûment recensés, et affirmée par le prénom, avant que ce dernier ne se dégage de la tutelle exclusive du calendrier chrétien.


Moi c’est : Saint Jacques le Majeur, fils de Zébédée et de Salomé, était frère de saint Jean l'évangéliste. On le surnomma le Majeur, pour le distinguer de l'Apôtre du même nom surnommé le Mineur, qui fut évêque de Jérusalem. Il était de Galilée et vint au monde douze ans avant Jésus-Christ. Il exerçait la profession de pêcheur, ainsi que son père et Jean, son frère. Un jour qu'ils nettoyaient leurs filets dans une barque sur les bords du lac de Génésareth, Jésus appela les deux frères; à l'instant, quittant leur barque et leur père, ils se mirent à Sa suite et furent bientôt agrégés au collège des Apôtres.

 

Comme ce 25 juillet j’ai l’âme et le cœur léger, à tous ceux que je ne pourrai rencontrer en ce jour de fête j’offre le texte ci-dessous :


Chéri et si nous adoptions un vieux ?


-        Je sais chéri, tu t’ennuies depuis qu’ils t’ont viré comme un malpropre après toutes ces années passées à courber l’échine, à servir, sans piper mot. Oui, oui, je sais, je parle trop et tu ne m’écoutes même pas. Bien sûr tu n’étais pas le balayeur de la boîte mais tout de même le directeur-général adjoint. Une huile, quoi ! Mais pas le numéro un, seulement l’adjoint. Ça fait un peu mesquin directeur-général adjoint, porteur de serviette, pas tout à fait abouti, j’oserai même dire mal formé. Tu t’en es accommodé car tu t’accommode de tout chéri. Et maintenant te voilà scotché à cette putain de télé tout au long de la journée. Tu sens le renfermé. Chéri tu pues !

-        (…)

-        Moi j’en ai marre de t’avoir toujours dans mes pattes comme un vieux chien pouilleux qui se gratte les puces à tout bout de champ pour vérifier s’il est bien toujours en vie. Je vais te faire une proposition honnête mon amour : nous allons adopter un vieux. Ne crois pas que je plaisante : je viens de déposer une demande en bonne et due forme à l’assistance sociale. Des vieux, ils en ont un stock à ne savoir qu’en faire, oui la demande est très inférieure à l’offre : les tableaux de statistiques en Power Point pour tes conférences de direction, tu en raffolais. Ça te rassurait. Comme nous avons de la place, des moyens grâce à mon héritage, que nous sommes bien portants, notre dossier est nickel chrome. Trois coups de tampon sur les formulaires et nous toucherons notre vieux.

-        (…)

-        Tu as beau faire semblant de t’intéresser au énième put de je ne sais quel trou du parcours de je ne sais quel green plein de types bedonnants, je sais que tu m’écoutes. Notre petit vieux je l’ai demandé dépendant et c’est toi, et toi seul, qui t’en occuperas. Comme tu n’as jamais voulu avoir d’enfant, moi non plus d’ailleurs, trop encombrant, ça va te redonner un but dans la vie. Imagine ! Je sais que tu ne peux pas, tu es du genre terre à terre, mais avec non petit vieux adoptif tu vas être servi : pire qu’un bébé qui vient de naître : le lever, le laver, le nourrir, le torcher, le promener, et même s’il est un peu sourd lui faire un brin de causette avant qu’il ne s’endorme.  Beau programme mon chéri et puis, ça te fera un compagnon de télévision. Les petits vieux adorent la télévision.

-        (…)

-        D’accord, je le sais, tu aurais préféré un chien. Moi je le voulais bien à condition que ce soit un brave corniaud que nous aurions sauvé de la fourrière. Mais monsieur voulait un chien de race, le genre qui va se faire bichonner chez une toiletteuse, une chochotte qu’il faut nourrir avec des plats de luxe. Moi je préfère les chats, ils sont libres et indépendants. Tu n’as jamais pu supporter mon Pisolo. Il te le rendait bien le bougre. Paroles, paroles que tu te dis mon chéri mais pour te détromper je vais te lire un petit bout de texte d’un quidam de la belle Province qui a adopté un vieux « Lorsque j’ai accueilli Léo chez moi – je te précise, 99 ans, en fauteuil roulant –, les amis ont cru que je n’allais pas tenir, que j’allais le retourner, avec le hamster. Mais dès leur première visite, ils sont étonnés et s’exclament qu’il est formidable. Je ne peux m’empêcher de me demander s’ils pensaient voir un monstre… »

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 16:00

556965_425610597491095_1428821586_n.jpgMême si mon rapprochement est osé je le fais entre la tuerie d’Aurora dans la banlieue de Denver USA et un « banal » accident, dit de la route, où une mère et sa fille de onze ans sont mortes, renversées dimanche 22 juillet dans le nord de Paris par une voiture, dont le chauffeur a pris la fuite avant d'être interpellé.

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Dans les 2 cas les tueurs sont dotés d’un permis :


 - de port d’armes pour James Holmes jeune homme de 24 ans, est accusé d'avoir ouvert le feu lors de la projection d'une première du dernier "Batman", "The Dark Knight Rises". Celui-ci, étudiant en neurologie de l'Université du Colorado, présenté comme un solitaire, avait acheté plus de 6000 balles et cartouches sur internet ces deux derniers mois. Les quatre armes à feu saisies sur les lieux du massacre ont quant à elles toutes été achetées légalement. Il s'était aussi, apparemment, procuré tout un arsenal d'explosifs avec lequel il avait piégé son appartement. Il a fallu plus de 24 heures à la police pour neutraliser ce véritable champ de mines, à l'aide de plusieurs artificiers et d'un robot de déminage.


- de conduire pour l’un des cinq occupants d'une BMW, qui présentait des traces du choc qui ont été arrêtés une dizaine de minutes après le drame, survenu avenue de Flandre vers 19 heures, dans le XIXème arrondissement de Paris.


Ainsi, vous allez paisiblement au cinéma ou vous vous promenez dans la rue tranquillement et certains s’arrogent le droit de vous tuer. On m’objectera que dans le cas de James Holmes il y a préméditation alors que pour le chauffard il s’agit d’une imprudence, d’un excès de vitesse, d’un homicide involontaire sans intention de tuer. Le cycliste parisien que je suis n’en n’est pas aussi sûr. En effet, il m’arrive de plus en plus de voisiner avec des tueurs en puissance qui dans leurs grosses cylindrées, les petites aussi d’ailleurs, où leurs deux-roues à moteur, se comportent comme des bêtes sauvages. C’est la loi de la jungle. J’exagère à peine, la violence qui règne sur la chaussée est hors de proportion, démesurée, car je rappelle que tous ces bons Français ne font que se déplacer d’un point à un autre et qu’aucun enjeu sérieux ne motive cette folie de la vitesse, de l’incivilité.


Violence et irrespect des autres, nos sociétés dites civilisées génèrent des « tueurs en puissance » propres sur eux, bon père ou bonne épouse (malheureusement sur la chaussée la parité va dans le mauvais sens), jeune homme sans histoires qui rejoignent les petites frappes, les petits mâles mal élevés, les voyous de la pire espèce qui défouraillent sur tout ce qui bouge pour tirer un sac.


Comme je suppose que vous connaissez assez bien la situation de notre pays, Paris n’est pas une exception, je me permets de revenir sur ce qui peut apparaître l’exception américaine avec le fameux second amendement.

 

Dans notre bon vieux français amender c’est rendre meilleur. D’ailleurs pour moi le mot amendement a d’abord signifié chauler, fertiliser une terre et, bien plus tard, lors de mon passage à l’Assemblée Nationale, le jeu des amendements des parlementaires, en théorie, permettaient à ceux-ci de compléter voire d’améliorer le texte. Alors pourquoi diable aux USA, face à la prolifération des armes et la multiplication de véritables carnage comme pour le drame d'Aurora, qui a fait 12 morts et 58 blessés dans une salle de cinéma de cette ville de la banlieue de Denver, excipe-t-on le second amendement de la Constitution des USA pour ne rien faire ?


Ce fichu amendement, datant des pères de la Constitution des Etats-Unis d’Amérique, n’est-il pas, en fait, un véritable pousse au crime pour des jeunes sans repères, nourris au lait de jeux vidéo hyper-violents dans une société elle-même violente ? Chez nous toute une génération nourrie au lait des séries américaines qui, si elle se retrouvait devant un juge français lui répondrait « Oui votre Honneur » ou s’imaginant en Gilbert Collard des prétoires américains bondiraient pour proclamer « Objection votre Honneur ! », doit avoir plus d’idées sur le premier et le second amendement de la Constitution des Etats-Unis d’Amérique que sur la Rafle du  Vel d’Hiv.


Qu’est donc que cette histoire d’amendements auxquels nos voisins semblent tant tenir ? Principes de droit ou maintien de traditions obsolètes sous la pression du lobby des armes, la NRA, pour ce qui concerne le droit de détenir des armes.


Ces deux amendements font partie des dix amendements ratifiés en 1791 et connus collectivement comme la Déclaration des Droits (Bill of Rights). L'original du manuscrit du Bill of Rights, approuvé par la Chambre et le Sénat, fut préparé par l'écrivain William Lambert et est détenue aux National Archives.


Le premier amendement est un veritable  mythe “Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances.”  Il interdit au Congrès des États-Unis d'adopter des lois limitant la liberté de religion et d'expression, la liberté de la presse ou le droit à s'« assembler pacifiquement ».


Le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique, « A well regulated militia being necessary to the security of a free State, the right of the People to keep and bear arms shall not be infringed. » est une forme de permis de tuer car il garantit pour tout citoyen américain le droit de porter des armes. À l‘origine le droit de porter des armes dans le Bill of Rights fut influencé par la peur que le gouvernement fédéral puisse désarmer le peuple afin d’imposer des règles par l’intermédiaire d’une armée de métier ou d’une milice. Le deuxième amendement est le seul amendement constitutionnel qui a une clause préliminaire.


Donc voilà l’état des lieux qui, face à la sauvagerie des faits, devrait provoquer en cette période d’élections présidentielles aux USA un sursaut, un vrai débat. Pas si sûr !


La fusillade va-t-elle relancer le débat sur le port d’arme aux États-Unis ? s’interroge Stéphanie Fontenoy  correspondante de la Croix à New York


« Chaque année, plus de 30 000 personnes sont tuées par armes à feu aux États-Unis. Une écrasante majorité (80 %) des Américains est attachée au Deuxième Amendement de la Constitution qui garantit le droit à la possession d’armes. Cet attachement fort à un acquis historique assure la toute-puissance de la NRA (National Rifle Association), le lobby des armes, et réduit au silence ceux qui s’y opposent.


À la suite du drame, le maire de New York, Michael Bloomberg est le seul élu à avoir réagi, appelant le locataire de la Maison-Blanche et son adversaire le républicain Mitt Romney à réagir au-delà des « mots de réconfort ». « C’est un problème bien réel. Indépendamment de leur position vis-à-vis du Deuxième Amendement, nous avons le droit de les entendre dire concrètement, et pas seulement à travers des généralités, ce qu’ils vont faire à propos des armes à feu. » 


Un vœu pieux si l’on en juge par les antécédents : malgré la tuerie de Columbine en 1999, le Colorado compte toujours parmi les États les plus souples en matière de législation sur les armes à feu. »


Déjà, sous Bill Clinton après la fusillade de Wilkinburg,  l'éditorial du New York Times,  se lamentait «La nécessité de renforcer les lois sur le contrôle des armes n'a jamais été aussi évidente». Le constat était à peu près unanime dans les médias américains à la suite de deux nouvelles tragédies liées à l'omniprésence des armes à feu aux Etats-Unis. En 2011, 12 millions d'armes à feu ont été vendues aux Etats-Unis et l'industrie des armes représente environ 180 000 emplois et pèse 24 milliards de dollars, selon l'Association américaine des sports de tir. Certains s’interrogent : John Sugarmann, président du Violence Policy Center, « il y a des fusillades qui amènent les Américains à réfléchir à la violence par arme à feu, et celle [d'Aurora] pourrait en être une ».


L’exception américaine en est-elle vraiment une ? Sommes-nous à l’abri de ce genre de tuerie et plus généralement n’assistons-nous pas ces dernières années à une banalisation de l’utilisation d’armes de guerre dans les casses ou même les agressions. Ces armes ne sont certes pas en vente libre mais elles semblent relativement faciles d’accès grâce à un marché alimenté par des mafias et certains pays soutien des mouvements extrémistes. Cette prolifération est inquiétante mais bien caractéristique de l’impuissance des Etats à lutter contre des forces du marché qui profitent du laxisme des banques dans le blanchiment de l’argent sale (voir le scandale du groupe HSBC), des paradis fiscaux où cet argent prospère jusqu'à 25 500 milliards d'€ dans les paradis fiscaux : une étude destinée à calculer les montants cachés par les paradis fiscaux a été publiée par le groupe Tax Justice Network. Les actifs financiers dissimulés dans ses super niches" ont été évalué entre 21 000 et 32 000 milliards de dollars, ce qui équivaut entre 17 000 et 25 500 milliards d'euros. L'enquête ne prend pas en compte les actifs non financiers (or, biens immobiliers...). L'étude estime à 280 milliards de dollars (225 milliards d'euros) le manque à gagner pour les Etats en termes de revenus fiscaux. Tout un biseness qui profite à certains Etats qui ne sont pas forcément étiquetés comme voyous. 


Sur le lisse de notre société aseptisée, d’apparence policée, tout glisse, la violence individuelle quel qu’en soit le niveau, le degré d’intensité s’intègre à nos modes de vie, elle fait partie de nos vies alors que plus rien ne la justifie pour ceux qui l’exercent qui ne sont en rien des damnés de la terre. On s’étonne ou l’on s’insurge, à juste raison, de l’impuissance de l’ONU face aux exactions de Bachar El Assad contre son propre peuple mais une forme d’indifférence molle plane sur la violence ordinaire qui s’exerce sous nos yeux. Les grandes boucheries du XXe siècle et son lot de génocides ont laissé la place à des boucheries régionales féroces et à des génocides qui ne disent pas leur nom.  Dans nos sociétés en paix, inquiètes, adeptes du principe de précaution, hantées par des peurs de tous ordres, gérées par de grands systèmes intégrés, le bonheur privé devient une valeur refuge mais le vivre ensemble se délite face à la violence de nos comportements individuels dans les situations les plus banales, les plus ordinaires : traverser la chaussée ou aller au ciné…


Le chauffard soupçonné d’avoir tué dimanche soir une mère et sa fille dans le nord de Paris n’avait plus de point sur son permis de conduire. Il est connu des services de police pour « 22 faits », mais combien de chauffeurs normaux : livreurs fous, pilotes de scooters plein gaz gros culs, mecs qui se prennent pour des pilotes de F1, téléphoneurs en tout genre, gonzesses speedées en Mini Cooper, j’en passe et des encore pires, devraient se le voir retiré sans préavis, principe de précaution face à des tueurs potentiels. Attention les cyclistes ne sont pas des enfants de chœurs, surtout les Vélibistes à Paris, cependant je signale à ceux des motorisés de toute obédience qui mettent en avant leur comportement incivil pour justifier le leur que ces cons mettent d’abord en jeu leur propre vie et que le choc entre une conduite intérieure et eux tourne rarement à leur avantage.

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 00:09

bourgone-011-copie-1.JPGDe quoi je me mêle me direz-vous ? De ce qui me regarde bien sûr ! Je fais mon job : j’informe le nouvel arrivant du 78 rue de Varenne de l’étendue et des particularités de son domaine. Comme votre Taulier fait dans le vin il se devait en priorité d’aborder une histoire singulière, celle de La Tour Blanche, Premier Grand Cru Classé en 1855, fort bien contée, dans un superbe livre, par Isabelle de Montvert-Chaussy aux éditions Elytis 20€. La Tour Blanche une histoire singulière.


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La Tour Blanche « quand on arrive de Haut-Bommes on ne la voit pas. Si on monte par Bommes, les chemins de Baboye ou Thinoy, la longue silhouette blanche de la Tour Blanche apparaît au flanc d’un relief. Ces confins du Sauternais, tout en rondeurs, sont parsemés de châteaux majestueux à la silhouette élégante, auprès desquels La Tour Blanche fait modeste figure. Car ici, au sommet de la colline, rien n’est en hauteur. De loin, on dirait juste une paisible chartreuse dans les vignes. » écrit-elle et son célèbre préfacier de verser lui aussi dans la magie du lieu qu’évoquent ses souvenirs d’élève « C’était il y a 45 ans. Une petite école perdue dans un paysage ourlé de vignes, où des pensionnaires en fin de cursus scolaire venaient parfaire leurs connaissances en viticulture. Quand j’y arrivais la première fois, la lumière de septembre recouvrait le vignoble d’or et me rendait comme plus serein. »


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Le XVIIIe, Juste Frederick Focke achète le domaine de La Tour Blanche en 1815. L’homme né en 1768, à Magdeburg, cité hanséatique, haut-lieu du protestantisme, port fluvial marchand dynamique situé en bordure de l’Elbe s’est installé à Bordeaux en 1806. « Une fois devenu viticulteur, Focke va indéniablement laisser une empreinte indélébile dans l’histoire des vins du Sauternais… non pas en tant qu’ »inventeur » comme on l’a souvent affirmé, mais plutôt « redécouvreur » et homme d’influence (…) Focke a un avantage : sa connaissance des vins liquoreux et sucrés Ill a en tête les crus de la vallée du Rhin, redoutables concurrents pour le Sauternais. Il a aussi l’habitude de travailler avec les pays où  ces vins se vendent bien. Enfin, il est en relation étroite  avec les ports hanséatiques où beaucoup de producteurs de vins sucrés et moelleux du Bordelais se fournissent en merrains. »


« La Tour Blanche est à quelques lieux à peine du prestigieux Yquem. » Focke fort de son expérience des Trockenbeerenauslese et de ses observations sur le développement du botytris cinerea, « est convaincu des similitudes entre le micro-climat de la vallée du Ciron et celui des bords du Rhin. Et lorsque le millésime 1836 se révèle excellent, Focke conforté par les usages voisins (à Yquem, Suduiraut) va batailler pour encourager les récalcitrants à pratiquer systématiquement les vendanges successives et les tris successifs (…) De fait, il mène, bien évidemment, La Tour Blanche au sommet du fameux classement de 1855. Une distinction plus que méritée, mais qui survient hélas peu après son décès, à Bordeaux, 0 87 ans, le 5 février 1855. »


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La suite est remarquablement contée par madame Isabelle de Montvert-Chaussy avec l’extraordinaire histoire de Daniel Iffla Osiris, le banquier sentimental, qui en 1876, se porte acquéreur de La Tour Blanche « dont le vignoble s’étend alors sur 35 ha et produit 40 à 50 tonneaux de vin. » Lorsqu’il décède dans son hôtel particulier parisien en février 1907 « Sa fortune est estimée à 50 millions de francs environ, soit plus de 180 millions d’euros. Plus de 30 millions reviennent à l’Institut Pasteur dont il fait son exécuteur testamentaire. C’est le plus gros legs qu’ait jamais reçu l’Institut et sans aucun doute le plus complexe. » C’est le Dr Emile Roux, ami d’Osiris, qui va prendre le dossier en charge. Pour La Tour Blanche le legs à l’Etat spécifie « Dans le vignoble, l’Etat donnera un enseignement pratique et gratuit de viticulture et de vinification par les soins du gérant de la propriété sans aucun frais pour l’Eta, le legs devant se suffire à lui-même et au-delà, au moyen des revenus du vignoble ». L’Etat accepte La Tour Blanche par un décret signé le 24 mai 1909 par le Président de la République Armand Fallières et Georges Clemenceau, ministre de l’Intérieur et Président du Conseil.


Voici donc les deux moments clés de la vie de La Tour Blanche : le classement de 1855 et la naissance d’une école de viticulture et d’œnologie… Là encore je vous renvoie à la lecture de l’histoire pas toujours simple de cette école particulière telle qu’elle est contée par l’auteur.  L’EVO l’école de Viticulture et d’œnologie de la Tour Blanche est créée en  août 1928 sur décision préfectorale et l’arrêté est pris le 3 janvier 1929. À l’époque moderne, la loi Debré-Pisani de 196à qui harmonise l’enseignement agricole avec les formations relevant de l’EN, diplômes et statut des personnels, l’ENITA de Bordeaux ouvre ses portes en 1963 et le bouleversement fondamental c’est que l’enseignement passe sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture, c’est lui qui nomme désormais le chef d’établissement.


De tous ceux qui sont passés à La Tour Blanche j’ai connu suite à mon rapport Jean-Pierre Josserand arrivé en 1983 et qui restera 18 ans. Ce fut l’un des rares chefs d’établissement de la maison agriculture à s’intéresser à mon travail. Il s’attachera à défaire La Tour Blanche de l’étiquette de « vin de fonctionnaire » en dissociant clairement l’école du domaine « Il ne devait plu y avoir de confusion, le vin de La Tour Blanche n’est absolument pas élaboré par les élèves. » Autonomie de gestion, envergure commerciale, La Tour Blanche n’est point le vin du Ministre de l’Agriculture. Autre initiative de ce directeur entreprenant en 1994 changer le nom du deuxième vin « Mademoiselle de Saint-Marc » qui fleurait bon la lessive même s’il se référait à la dernière propriétaire sous l’Ancien Régime, en « Les Charmilles de Tour Blanche » plus bucolique. Pour autant les élèves ne sont pas exclus « chaque élève est responsable de sa micro-cuve. Il la prend en charge de façon autonome. S’organise pour aller faire ses analyses pendant les pauses repas, pour y travailler en dehors de ses cours. » Bref, Josserand fut une « figure » qui marqua  élèves et enseignants.


Reste le plus célèbre, celui qui rend hommage à la sensibilité de Jean-Pierre Navarre l’un des tous premiers directeurs de l’ère post-60 et à son aptitude à percevoir les capacités des élèves « En m’incitant à aller à la Fac, Jean-Pierre Navarre a très probablement changé ma vie… » il se destinait à reprendre, comme la plupart de ses camarades, la propriété familiale et il n’avait pas vingt ans mais il avait compris « que le métier d’œnologue passait par une connaissance du terrain et que l’érudition, aussi scientifique soit-elle, se révélait souvent impuissante face aux aléas de la vigne. Le vin est affaire de vigilance et d’humilité. » C’est signé MICHEL ROLLAND promotion BATA 1966/67.


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L’ouvrage est fort bien documenté, passionnant, et j’espère cher Ministre qu’il parviendra jusqu’à toi. Je te l’offrirais bien en demandant à Michel Rolland de te le dédicacer mais sans doute trouverait-on que je verse dans la courtisanerie. J’espère aussi que sur table tu pourras servir à tes hôtes, hormis l’excellent vin de la Sarthe de mes amis de la Bellivière, la palette des vins du domaine : La Tour Blanche bien sûr, son deuxième vin Les Charmilles de Tour Blanche, et plus modestement Les Jardins de Thinoy un blanc sec à base de Sauvignon, le Cru de Cinquet un rouge merlot-malbec et Horus un rosé. Pour autant ne te croit pas obligé de participer aux réunions de l’UGCC je peux t’y remplacer. Je plaisante bien sûr.


Comme l’écrit Alex Barrau, le directeur actuel : « domaine et école jouent la même partition : l’ouverture et l’excellence, en cultivant la vigne et les valeurs humaines. » Comme l’enseignement agricole t’es cher tu peux être fier de l’Ecole de La Tour Blanche qui accueille chaque année 100 élèves de collège et lycée en formation initiale, 50 élèves de BTSA en formation par apprentissage, 30 adultes en formation continue. Le vignoble c’est 37ha plantés en sémillon (83%), sauvignon (12%) et muscadelle (5%). Le rendement moyen ne dépasse guère 10 à 15 hl/ha. Le domaine produit en moyenne chaque année 65000 bouteilles de sauternes. La vente au Château c’est 15% le reste c’est le négoce de la place de Bordeaux et 50% part à l’export.


Voilà une belle histoire qui se perpétue alors, loin du quand dira-t-on des mauvais coucheurs, ou de l’ironie déplacée du Taulier, La Tour Blanche Premier Grand Cru Classé en 1855 est bien arrimé au Ministère de l’Agriculture , de l’Agro-alimentaire et de la Forêt, même que les vignerons rêvent qu’un jour on adjoigne au titre et de la Viticulture…

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 16:00

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C’est la proposition choc faite par Nina Fedoroff dans une interview à L'Actualité.com organe de presse du Québec qui l’a rencontrée au congrès 2012 de l'Association américaine pour l'avancement des sciences, à Vancouver. Je vous la livre ICI link  sans commentaire pour que vous vous fassiez votre opinion librement. Elle est, au sens premier du terme, intéressante dans son argumentaire et sans aucun doute va-t-elle susciter controverse et commentaires.

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« Pour elle les scientifiques ont eu raison d'inciter les gouvernements à la prudence, notamment en mettant en place des règlements sévères, issus des lois sur les pesticides. Et les consommateurs ont aussi eu raison d'être sur la défensive. Mais 20 ans après l'introduction des OGM, il est plus que temps de lever les restrictions, dit Nina Fedoroff, présidente de l'Association américaine pour l'avancement des sciences.


Scientifique d'origine russe de 69 ans - qui fut une mère adolescente décrocheuse avant de travailler aux côtés de Barbara McClintock, Prix Nobel de médecine en 1983 -, elle est un des chercheurs les plus réputés des États-Unis. Elle fut notamment conseillère des secrétaires d'État Condoleezza Rice sous le gouvernement Bush et Hillary Clinton sous Obama.


Nina Fedoroff se défend d'être une ambassadrice du géant Monsanto ou du libéralisme économique. « Au contraire ! Les règles actuelles favorisent la mainmise d'un petit nombre d'entreprises et encouragent le commerce international d'aliments, ce qui a des conséquences dévastatrices sur les émissions de gaz à effet de serre et sur l'économie des pays pauvres », dit-elle


« On perd notre temps avec des règlements inutilement contraignants, alors que le prix des denrées alimentaires augmente partout dans le monde. On a absolument besoin d'innovations agricoles pour nourrir les 9 ou 10 milliards d'habitants que comptera bientôt la planète ! » affirme cette professeure à l'Université d'État de Pennsylvanie, et depuis peu à l'Université du roi Abdallah, en Arabie saoudite, où elle étudie de nouveaux modes de culture en serre. »

 

2 morceaux choisis pour vous mettre en appétit :

 

Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer que les plantes modifiées géné­tiquement sont aussi sûres que les cultures traditionnelles ?


Quand les premiers OGM ont été créés en laboratoire, dans les années 1970, on ne comprenait pas encore bien comment les gènes s'inséraient dans l'ADN. Mais depuis, on a fait des progrès considérables. On sait que le génome n'est pas quelque chose de figé, que l'on bouleverse en introduisant un nouveau gène. Au contraire, il est truffé de mécanismes de régulation, qui aident chaque individu à s'adapter à son environnement.


Quand l'agriculture est apparue, il y a 10 000 ans, l'homme a provoqué des mutations beaucoup plus importantes dans l'ADN des plantes, en croisant les individus aux propriétés les plus souhaitables. Un plant de maïs cultivé a un génome très éloigné de celui de son ancêtre sauvage.


Avec la biologie moléculaire, plutôt que de sélectionner des gènes par croisement, on introduit dans l'ADN de la plante un gène précis, dont on sait qu'il correspond à une caractéristique souhaitable, en espérant qu'il va s'y intégrer. Il n'y a aucune raison de penser qu'une plante modifiée ainsi se comportera différemment de n'importe quelle autre plante cultivée, car les mêmes mécanismes de régulation du génome sont à l'œuvre.

 

Vous prônez une déréglementation des OGM. Pourquoi ?

 

Les OGM sont nés dans la tourmente : en 1975, le moratoire sur le génie génétique décrété par les scientifiques lors de la conférence d'Asilomar était justifié. On devait mieux comprendre avant d'aller de l'avant ! Quand est venu le temps d'encadrer les produits, dans les années 1980, par crainte de conséquences inattendues et sous la pression de l'opinion publique, on a mis en place des règlements sévères, issus des lois sur les pesticides et autres produits chimiques. Depuis, les processus d'autorisa­tion n'ont quasiment pas changé, alors que les connaissances ont radicalement progressé.


Aux États-Unis, trois instances gouvernementales encadrent les OGM. Même au Canada, où en théorie on doit juger une nouvelle variété sur ses propriétés et non sur le procédé qui lui a donné naissance, les OGM font de facto l'objet d'un traitement particulier, qui oblige les créateurs de semences à mener d'innombrables tests. Et c'est comme cela partout dans le monde, sauf là où les OGM sont interdits. Résultat, le processus d'approbation d'une nouvelle variété coûte des dizaines de millions de dollars, et seules de grandes sociétés comme Monsanto peuvent se le payer, pour quelques grandes cultures comme le canola, le soya ou le maïs.


On sait maintenant qu'aucun problème susceptible de surve­nir avec une nouvelle semence n'est propre aux OGM. On devrait supprimer certaines étapes d'approbation qui ne sont plus scientifiquement justifiées, pour diminuer les coûts.


De petites entreprises pourraient mettre au point des semences adaptées aux contraintes de leur région, plutôt que de dépendre des grandes sociétés. En 1992, à Hawaï, les cultures de papayers ont été attaquées par un virus : en deux ans, l'indus­trie s'est effondrée. Des chercheurs de l'Université d'Hawaï ont alors introduit dans le génome de la papaye une séquence d'ADN provenant du virus. Les essais en serre ont commencé en 1997. Toute l'indus­trie s'est mobilisée pour financer l'approbation et, en 1999, la papaye transgénique a été autorisée et la culture a repris. Les trois quarts des papayers d'Hawaï sont aujourd'hui transgéni­ques, et les fruits sont vendus notamment aux États-Unis et au Canada. Mais à cause des coûts, cette réussite reste une exception.


L'intensification de l'agri­culture, dans les prochaines décennies, va faire augmenter le nombre d'agents pathogènes susceptibles de ruiner des cul­tures. L'exemple de la papaye montre qu'on peut en quelque sorte vacciner des plantes par des techniques moléculaires, plutôt que de les traiter par hélicoptère avec des doses massives de pesticides, qui risquent d'entraî­ner des résistances, comme cela se passe avec les bactéries et les antibiotiques.

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 00:09

Après un vrai dimanche de vrai soleil, type cagnard qui darde des rayons de feu, rosé d’Estézargues, sardines frittes, accras de morue, calamars, premier raisin du Vaucluse, café glacé, j’ai l’âme légère et l’esprit frondeur. Lire sur la terrasse au neuvième plein sud, d’abord feuilleter un à un la cotriade de bouquins glanés hier après-midi : razzia de librairies ! Des tous petits comme je les aime. Des pieds de cuve à chronique, que du bonheur pour le petit chroniqueur ! Bref, il n’empêche qu’avant de me lancer dans l’écriture à la fraîche je ne pouvais m’empêcher de penser aux segmenteurs de vin qui, selon des gens sérieux bien informés, vont devoir exercer leur métier sur le marché du vin qui en a tant besoin, le pauvre. C’est fou, le nombre d’experts, qui bourdonnent et butinent, au-dessus du berceau de cet enfant terrible : des Diafoirus, des oracles, des Fées, des conseillers… (moi je n’en suis j’ai mes vaches). Ils délivrent leur diagnostic issu de profondes analyses et l’une de leur posologie préférée face aux désordres du marché tient en cette préconisation miracle : il faut segmenter ! Pour preuve j’ai pris bonne note d’une question posée dans l’édito de Vitisphère : Faut-il segmenter les vins bios ?



J’en déduis donc que s’il faut segmenter les vins il existe des segmenteurs de vin ? Mias où sont-ils nichés donc ces manieurs de scalpels qui découpent une droite en plusieurs segments de droite ? Je ne sais, dans ma jeunesse j’ai connu les scieurs de long, des gars costauds pourvus d’une bonne descente qui maniaient à deux une longue scie à ruban, bien plus tard les saucissonneurs des beaux quartiers qui ont eu leur heure de gloire mais ils se contentaient d’empaqueter les bourgeois pas de les découper, et pour en finir avec mon ironie facile, et m’en tenir là, dans les mêmes quartiers officièrent les découpeurs d’immeubleslink, qui achetaient des blocs d’immeubles aux institutionnels pour les revendre appartement par appartement pour faire du blé, pas du jaja.


Longue digression, pas forcément inutile pour redonner aux mots leur valeur : segmenter c’est découper mais la seule question qui vaille c’est qui découpe quoi ? Est-ce une action volontaire émanant de découpeurs de segments de marché ou est-ce le marché qui de par les caractéristiques des consommateurs induit cette segmentation qui se traduit par un étagement des prix du type prix de marchand de chaussures avec des 99 juste après la virgule. Dans les produits de grande consommation issus de l’agro-alimentaire, ou aussi des entreprises d’autres secteurs, il est clair que la segmentation par les prix, le positionnement prix des produits est l’œuvre des petits génies des services de marketing. Ainsi, au travers de la Distribution nous avons : les Grandes Marques, les marques de distributeurs, les produits des hard-discounteurs, des gens qui sont passés maîtres dans ce sport très particulier de soi-disant offrir aux consommateurs le meilleur au plus juste prix. Tout dépend de la pression mise sur les fabricants et sur le fait d’inclure dans le prix les coûts publicitaires et autre mises en avant par exemple. C’est un raccourci rapide mais il est clair que les mêmes produits peuvent se retrouver à des niveaux de prix très différents.


Et le vin dans tout ça ? Peut-il faire l’objet d’une telle forme de segmentation en notre beau pays ? Sans grand risque de me tromper la réponse est non car nous n’avons pas l’équivalent d’une marque comme Jacob’s Creek. Les nôtres sont des reliquats du passé destinées à couvrir un maximum d’espace dans les linéaires de la GD et du HD et leur positionnement est au ras des pâquerettes. Les tenants du petisme vont applaudir à tout rompre sauf que le problème posé est bien réel : la lisibilité de l’offre de nos vins n’est pas claire et le positionnement prix est souvent lié à des éléments historiques : notoriété de l’appellation, conservatisme des acheteurs de la GD, habitudes des consommateurs les plus anciens… qui ne correspondent plus très bien à la réalité des vins.


Alors me direz-vous, c’est bien beau de se gausser, de charrier les braves petits soldats qui segmentent, mais que faut-il faire pour que le consommateur s’y retrouve ? La réponse est simple à formuler, et difficile à appliquer : prendre le problème par les deux bouts :


-         Au cep : produire le raisin dédié à un vin donné, ce qui signifie que l’on sort de l’ambigüité actuelle de beaucoup d’AOC de grande dimension et dans les vignobles mixtes des choix clairs et connus soient fait. Tant que nous produirons une ressource mal définie nous ne bâtirons rien de solide dans le bas de la pyramide.


-         À la bouteille : partir de la réalité des modes de distribution du vin en notre vieux pays et appréhender pour chacun d’entre eux ce qu’il est possible de faire de pour tenter de mieux coller aux réalités de la production.

Grande Distribution, cavistes, CHR, vente directe sous toutes ses formes… Chacun a suffisamment de quoi balayer devant sa porte pour sortir de la simple stigmatisation ou du refus de s’organiser. C’est pas l’optimum ! Les surcoûts sont partout et ce sont les vignerons qui trinquent.


Le chantier est ouvert depuis belle lurette mais les lieux de confrontation sont maintenant aux abonnés absents. Chacun pour soi, à hue et à dia, plus aucune réelle perspective d’ensemble, les bassins ne sont que des petites bassines pilotées par l’inefficace consortium administration-profession, je ne vais pas me perdre en conjectures mais j’affirme sans grand risque que, remettre un peu d’intelligence dans certains zinzins : l’INAO et le diverticule vins de FranceAgrimer, grand paquebot sans réel capitaine, ne saurait nuire à la nécessaire lisibilité de notre offre de vins. Silence, on gère des procédures ! Alors, pour entretenir l’illusion : segmentons, hiérarchisons, classons en chambre ça occupera les segmenteurs et autres conseilleurs et pendant ce temps-là nous continuerons de « vendanger » – et oui c’est facile mais je n’ai pas trouvé mieux – notre position en nous contentant d’esquiver et de tergiverser, laissant à d’autres le soin de récupérer des parts de marché en croissance.


Ce premier dimanche de vrai été j’ai payé mon Côtes du Rhône rosé de la coopé d’Estézargues 6,50€ aux Papilles. La question est-elle de savoir si il y avait entre ce flacon et moi une concordance segmentaire ou tout bêtement ne suis-je pas allé au bon endroit pour satisfaire mon besoin du moment ? Les 2 bouts vous dis-je : le vin et moi…

 

Sans aucun rapport avec ce qui précède, habitué à passer ses vacances dans le Finistère, Stéphane Le Foll a mis les pieds pour la première fois aux Vieilles Charrues, ce dimanche. Au côté de Jean-Luc Martin, co-président des Vieilles Charrues, le ministre de l’Agriculture s’est dit « très impressionné » par l’ampleur du festival et l’immensité du site. Certes labourages et pâturages sont les deux mamelles de l'agriculture française mais n'oublie pas la vigne monsieur le Ministre...


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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 08:00

La pluie est l’alliée du ciné. Mardi dernier, j’y suis allé, après un déjeuner au Sélect avec un vieux gauchiste déplumé et non révisé, ex-pote de DSK, Denis Kessler and Co, qui y a son rond de serviette. Le type m’avait saoulé pendant tout le repas sur le thème « de la gauche caviar qui ne vit que pour trahir les couches populaires, du scandale des Inrocks où Matthieu Pigasse, ce banquier imposteur, ancien collaborateur de DSK, venait d’imposer la mère Pulvar mais qu’il avait tout de même tweeté sur son compte @Cloportaporte : « Les #Inrocks c'était déjà de la merde. Je ne vois pas ce que l'arrivée de @Audrey_PULVAR va y changer. », et qu’il était raccord avec Thomas Legrand de France Inter qui venait de claquer la porte des Inrocks. Il m’avait même questionné sur le pourquoi de la fonte vertigineuse de Roselyne Bachelot, et sans attendre ma réponse, il m’avait éclairé « parce qu’elle est raide dingue amoureuse d’un baryton un peu rond, du moins c’est ce que prétend sa copine la Baronne qui est au courant des potins du marigot ». Je n’avais pu en placer une et je m’étais concentré sur ma sole meunière. En plus, le chablis était squelettique alors j’avais commandé un bock de Pilsner Urquell ce qui avait fortement froissé le bavard qui venait tout juste de me dire tout le bien qu’il pensait de ce nectar d’une minéralité exceptionnelle. Il n’en avait rien laissé paraître car, avant le dessert, selon une tradition bien installée chez lui, il me demandait un service « Toi qui les connais tous tu pourrais… »


En avalant à la hâte mon café, et prétextant un emploi du temps de Ministre, avant de le laisser en plan,  j’avais assuré le cher homme de mon soutien plein et entier dans sa quête d’une réelle accélération de sa carrière universitaire qui végétait, selon lui, du fait de ses engagements politiques trop à gauche. Bien évidemment je ne lui fis pas la mauvaise grâce de lui rappeler son flirt avancé avec Eric Besson au temps de sa splendeur et son forcing pour faire partie de la commission Attali. Dehors il pleuvait des cordes alors je me suis engouffré dans la bouche de métro Vavin sans trop savoir où j’allais. À Odéon j’ai quitté la rame pour ressortir à l’air libre car je suffoquais. Le métro ça pue et c’est plein de gens qui tirent la gueule c’est pour ça que je ne peux y séjourner très longtemps. Au dehors l’averse s’était transformée en crachin. Que faire ? Rien ! Mes pas, via la rue de l’Ecole de Médecine, me portaient jusqu’à la rue des Ecoles et là, je tombais nez à nez avec une copine de Jasmine. « Qu’est-ce-que tu fais là ? » me dit-elle en me claquant deux bises. « Rien ! » Elle se marrait « C’est tout toi ça ! Moi je vais au Champo. Tu m’accompagnes ? » ma réponse enthousiaste la ravissait et l’étonnait. Ma réputation bien établie d’ours mal léché, peu disposé à voir  les copines de Jasmine empiéter sur notre territoire, venait d’en prendre un sérieux coup. Le Champo est le spécialiste des rétrospectives et à un faible pour le cinéma italien. Ça faisait un bail que je n’avais pas mis les pieds dans une salle obscure et  « Pain, Amour et Fantaisie » de Comencini avec Gina Lollobrigida et Vittorio de Sica me redonnait envie de me taper des toiles. Pour moi les films c’est dehors, pas chez soi, même avec les écrans plats, je ne suis pas très friand des films sur DVD, bien sûr je pourrais me payer un home-cinéma mais alors je me croirais obligé d’inviter mes copines ce qui ne serait pas du goût de Jasmine.


À la sortie nous sommes allés prendre un verre dans un café pourri. Dans la conversation un peu languissante, la copine de Jasmine, dont j’avais dramatiquement oublié le prénom, pour lui redonner de la vigueur, mit Rachida Dati sur le tapis. J’eus droit à des renseignements de première main car la donzelle fricotait dans je ne sais plus quelle association caritative où l’ex Garde des Sceaux avait des attaches. Bref, je l’écoutais d’une oreille distraite tout en veillant à maintenir un air inspiré, les sourcils froncés, ponctuant ses tirades d’acquiescements appuyés. Il n’empêche que mes neurones se reconnectaient, chauffaient, accouchaient du temps où je fus, en 1969, membre du cabinet du bel Albin Chalandon, alors Ministre de l’Equipement, lors de l’affaire Aranda, et comme notre Rachida est, si je puis dire, un pur produit de ce cher homme qu’elle a séduit, je ne pouvais m’empêcher de penser que par ces temps de gros temps pour l’UMP que je devrais y remettre les pieds afin de me rappeler le temps de l’UDR. Banco ! Inconsciemment, je donnais un plat de main sur la table et nos verres tressautaient. Surprise, la copine de Jasmine elle aussi sursautait. Gentiment je la rassurais en posant mon grand battoir sur sa petite main : « C’est décidé, j’adhère à l’UMP ! ». À cet instant précis la pauvrette du douter de ma santé mentale mais, pour faire bonne figure, elle esquissait un faible sourire avant de murmurer d’une voix mal assurée « tu plaisantes, bien sûr… » Mon sourire, lui, fut carnassier « à peine jeune fille, sais-tu ce que c’est que l’entrisme ? » Elle secouait la tête avec force. « Très bien, ça vaut mieux. Tu sais la basse police, celle des caniveaux, c’est ma spécialité… Ne fais pas cette tête-là, j’adore faire mon petit numéro. Je suis en position hors-cadre donc loin de tout ça… » Son soupir d’aise souleva sa belle poitrine et je crus, un instant, qu’elle allait m’embrasser.

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 00:09

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La Bourgogne me tend les bras : présidence de la marche de Ladoix, intervention chez les amateurs éclairés au Clos Vougeot, seuls les politiques n’ont pas pris conscience de cette idylle : les 2 François sans doute encore grisés par le succès  du PNR, reste l’unique François qui sache ce qu’une souris veut dire : j’ai nommé François Desperriers qui ne manque jamais une occasion pour donner un coup de main au Taulier. Et puis voilà que tout d’un coup ça monte d’un cran :

 

Cher Monsieur,


Je fais suite à votre conversation téléphonique avec monsieur Benoît Goujon, Grand Prieur de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin.


Parmi les activités de la Confrérie, nous organisons depuis 1950 le Tastevinage.


Il s'agit d'une dégustation, comme vous le savez, réunissant 250 membres d'un jury composé de professionnels du monde viti-vinicole et grands amateurs de vins. Les vins sont présentés par les producteurs bourguignons et dégustés sous l'anonymat le plus complet.


La prochaine séance, la quatre-vingt dixième du nom, se tiendra le vendredi 7 septembre à 10 heures au Château du Clos de Vougeot.


Nous souhaitons tourner cette 90eme séance autour du web et envisageons de réunir pour la première fois en notre cellier plusieurs bloggeurs qui pourront participer activement à cette dégustation. Comme Benoît vous l'a indiqué il nous serait agréable de pouvoir vous compter parmi nous afin que vous puissiez présider cette séance.


Un déjeuner dans les salons Renaissance du château réunira après la séance les membres du jury  et se terminera à 15 heures après la lecture du palmarès ainsi que le discours du président de séance.

J'espère que vous pourrez accepter notre invitation, et, dans l'agréable perspective de prendre connaissance de votre réponse,

 

Cordiales salutations

 

Arnaud ORSEL

 

Conseiller d'Honneur

Confrérie des Chevaliers du Tastevin


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Je sais Léon va se gausser, d’autres ironiser, certains me charrier, mais qu’importe, votre Taulier qui n’a jamais couru après les intronisations ou les festivités, lui ça lui fait plaisir qu’on pense à lui. Bref, fier d’être Bourguignon d’occasion !


Cependant y’a un blème : votre serviteur séjourne à cette époque en Corse et Ajaccio-Dijon n’est pas en ligne directe, ce serait même plutôt galère genre Ajaccio-Nice-Lyon en avion 4H30 de trajet transit compris, puis Lyon-Dijon en TGV… bref une bonne demi-journée pour l’aller et autant pour le retour… À la limite pour la rapidité et le côté pratique c’est de faire Ajaccio-Orly-Gare de Lyon-Dijon : en s’y prenant bien 1h30 de vol+1h30 de train avec le trajet vers la gare : je pars la veille et je suis de retour le 7 au soir. Ça c’est la France : tout vers Paris.


Pour l’heure je n’ai rien décidé mais je remercie la Confrérie des Chevaliers du Tastevin de son invitation. Si je m’y rends je promets de faire un discours dans le plus pur style Taulier Bourguignon d’adoption.

 

Affaire à  suivre donc !

 

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 14:00

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Le poids des mots du titre d’une chronique sur la Toile, pour un vieux taulier blanchi sous le harnois qui se décarcasse chaque jour que Dieu fait – grand bien lui fasse, personne ne lui demande rien à ce type – est extraordinaire.


Si vous surfez sur l’actualité, si vous choisissez des titres à la Libé sur des sujets qui hérissent la blogosphère dans tous les sens des poils, c’est bingo ! Vous ramassez une cotriade de lecteurs, c’est la ruée, les compteurs s’affolent, les statistiques s’envolent. C’est la loi du surf à partir de mots-clés. Mais, il y a un gros mais, l’effet dure le temps que dure une surchauffe. C’est un feu de paille. Vite, trouver un nouveau  sujet brulant dans l’actualité et jeter les bons mots sur la Toile. C’est facile, c’est vite fait et, comme un shoot, ça vous envoie en l’air à tout coup.


En revanche, le sujet plus travaillé, qui sans forcément être de fond aborde des questions qui ne trainent pas dans toutes rubriques ou qui ne sont pas issues d’un communiqué de presse ou d’une visite guidée par une boîte de communication, va à sa publication être à la peine. Seuls, les curieux, ceux qui cherchent dans la lecture une source d’informations, prennent la peine d’ouvrir votre chronique. Je le dis tout net : ce ne sont pas mes meilleures chroniques qui font le buzz – si tant est qu’il y en eu de bonnes – mais je ne regrette jamais de les avoir mises en ligne. Pourquoi ?


Tout simplement parce que ce sont celles qui ont la plus longue durée de vie. Elles apportent, lorsqu’elles se sont installées, ou que le sujet par hasard s’immisce dans l’actualité, un flux régulier de lecteurs. Ainsi, des chroniques très anciennes vivent ou revivent. L’effet viral du Net joue à plein et je suis toujours surpris lorsqu’un commentaire émerge du diable vauvert. Exemple : une chronique du 9/04/2009 Signé Augustin Florent « négociant de nulle part »: avec Carrefour je ringardise…


En recherchant "la cave d'Augustin Florent" je suis tombé sur votre article qui m'a bien plu, même s'il date. Je n'ai pas l'habitude de faire mes courses dans la grande distribution, je suis adepte des marchés de producteurs. J'ignorais que "la cave d'Augustin Florent" était une marque crée par Carrefour.


Si je faisais cette recherche, c'est qu'à l'occasion de mes récentes vacances, je me suis dépanné d'une bouteille de vin d'Appellation Ventoux contrôlée 2011 dans une petite épicerie avec l'étiquette "la cave d'Augustin Florent", bouteille numérotée. Le vin était bouchonné et je voulais faire part de mon désagrément. Eh bien je comprends mieux à présent si c'est préparé pour Carrefour.


Je me suis promis de ne plus acheter d'Augustin Florent, mais encore plus à présent que je sais qui se cache derrière.


Mais alors vous allez m’objecter qu’en me laissant aller à pondre des chroniques sur des sujets chauds ou de pure actualité je cède donc à la facilité, à l’ivresse de l’audience et que je suis atteint du syndrome ebuzzing cher à l’un de mes collègues de la Toile.


Ma stratégie est tout autre. Depuis toujours je me suis fixé comme objectif : l’extension du domaine du vin et, ce n’est pas en s’adressant, comme le font la quasi-totalité des blogueurs de vin, à ceux qui en consomment déjà, que l’on fait œuvre utile. J’ai donc bien sûr choisi de centrer mes chroniques sur tout ce qui touche au Vin mais je ne m’en tiens pas à cette seule porte d’entrée. J’ouvre autant que je peux les portes et les fenêtres pour que ceux qui ne sont pas des nôtres soient tentés de venir y partager le pain et le sel, avec un verre de vin bien sûr. Ainsi des nouveaux lecteurs passent, certains ne reviendront sans doute jamais, mais une partie s’attarde, revient et s’abonne.


Simplement, pour terminer cette chronique de fin de semaine, permettez-moi de regretter que beaucoup de gens soient aussi chauvin, si peu curieux de tout ce qui  se passe autour d’eux, et là je ne fais pas référence à la jupe de Duflot, mais par exemple à ma chronique d’hier sur le hôchô japonais. Je suis frappé par le fait que les Français ne s’intéressent que de très loin aux traditions des pays qui nous achètent du vin. Très forts pour débiter leur boniment sur nos terroirs, leurs notes de  dégustation ou je ne sais quelle info usée jusqu’à la corde, mais totalement imperméable à tout ce qui touche à l’Histoire et à la vie de ceux qui se passionnent pour nos vins. Vendre du vin certes mais faire preuve d’empathie à l’égard de ceux qui l’achète me semble la moindre des politesses. Et Dieu sait que nos amis japonais y sont sensibles à la politesse.


 Je profite de cette chronique pour faire la courte-échelle aux deux régionaux de l’étape : qui apportent de leurs mains larges et généreuses un soutien massif à la révolte des soutifs de Banyuls : DANIEL A RAISON ET RÈDE A TORT :link 

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