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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 14:00

Il n’y avait que la montagne à passer pour que le grand jeu de piste normal de l’été débarque chez mon vigneron cul(te)

Leon.jpg

Petit retour en arrière : même si nous sommes en plein mois d’août, ici à Paris on ne s’en aperçoit guère, projetez-vous en plein mois de mai 2011 : les 9 et 10 très précisément.


Le taulier annonçait la couleur en référence à la célèbre campagne de l’annonceur Avenir en 1981 « Le 2 septembre j'enlève le haut » et « Le 4 septembre j'enlève le bas ».


Face au spectacle offert la blogosphère tremblait dans ses fondements les commentaires fusaient de partout (z’avez qu’à aller voir) et comme de bien entendu tout ce ramdam débouchait sur une interview de ce vigneron cul(te) le 18 juin 2011. De nouveau, les commentaires pétaient, si je puis m’exprimer ainsi à propos de l’exposition des 9 et 10 mai.


Bref, si vous avez suivi le Taulier, et si vous savez plonger dans les ARCHIVES du blog (colonne de droite) vous vous retrouverez dans mon méli-mélo.


Dans son interview du 18 juin mon vigneron-culte évoquait la cuvée phare de son vignoble quasi-latifundiaire : quel est son nom ?

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 00:09

En Vendée, dans le temps, comme disait pépé Louis pour regretter le bon vieux temps où l’on prenait le temps, en juillet-août, en fin de journée, les gens prenaient le frais sur le pas de la porte. Comme La Mothe-Achard était un village-rue, maintenant y’a des lotissements qui ont bouffés les champs avoisinants, construit autour de la Nationale menant aux Sables d’Olonne, la station balnéaire célèbre pour son remblai, l’attraction principale consistait à regarder passer les autos des estivants. Plaisir simple des gens de la terre qui jetaient un œil goguenard sur tous ces gens prenant des congés pour aller s’étendre sur la plage de sable de fin et s’entasser dans des appartements.


En ce temps-là pas de barbecue mais des feux de bois où l’on ne grillait que les anguilles du Marais de la Gachère et les grosses sardines fraîches sablaises qu’Eglantine, la grosse poissonnière, vendait en parcourant le bourg avec sa charrette tapissée de fougères. Tout le bourg sentait la sardine grillée ! En revanche, jamais on ne grillait de la viande ou des saucisses sur le feu de bois de la cheminée, les vendéens adeptes du beurre salé ne pratiquaient que la friture.


Autre sujet important, chez les paysans, le temps, source perpétuelle de récrimination Plau toutjour sus moulhats  disent les gascons : il pleut toujours sur les mouillés. Cette année c’est vraiment le cas de le dire et notre Eva, jamais en reste, pour charmer le Dieu soleil inconstant, en profite pour se jeter quelques verres derrière la casquette…


photo Eva

Il est enfin là, l'été !


Le vrai, le beau, le chaud !


Bon, ben en fait... Pas vraiment. Pas partout en fait. Dans certains coins, on en attend encore durablement le soleil, celui qui ferra mûrir les raisins, sécher les vignes et qui, ô miracle, ferait râler les Parisiens sur autre chose que le mauvais temps : sur la chaleur, du coup.

Bref, dire que cette année n'est pas facile est un doux euphémisme dans certaines régions et pour certains vignerons. Seulement nous, consommateurs, à part faire la danse du soleil, on ne peut pas faire grand-chose de plus, si ce n'est continuer à se régaler avec des vins que l'on aime.


Alors soyons deux minutes optimistes et décrétons que le soleil va rester, s’installer et qu'il va falloir sérieusement penser à mettre des bouteilles au frais pour les futures soirées à rallonge en terrasse.


Si, si, on y croit !


Mais une terrasse avec un barbecue pas très loin, remplie d'une ribambelle de potes assoiffés. Seulement, avec le soleil, faut voir à ne pas servir des vins qui cognent trop dur. Alors pourquoi ne pas aller vers des Beaujolais, à boire un peu frais?

 

Illustrations des liquides :


La cuvée du Garde-Robe, réalisée par Jean-Claude Lapalu, en Beaujolais Villages. Le Garde-Robe, c'est un bar à vins très sympa du 1er arrondissement de Paris que Stéphanie (http://unmetsdixvins.com/) m'a fait découvrir. La cuvée du Garde-Robe c’est un vin sympa, léger, sur le fruit et pas prise de tête. Ça tombe bien, on ne lui en demande pas beaucoup plus pour nous ouvrir un bon petit repas.


photogarde-robe.JPG

Sur la root, un Fleurie, de Lilian Bauchet, 2011 (http://www.bachelards.com/), c'est bon, servi un peu frais, et il a le mérite de désaltérer tout en ayant un peu de corps. Ça, ça se trouve au Coinstot Vino, Passage des Panoramas, métro Grands Boulevards, et ça se vide un peu trop vite.

photoRoot.JPG

Vin de Kav, Chiroubles, de Karim Vionnet, 2008 (http://www.oenos.net/2011/11/le-vin-de-kav-cest-karrement-bon/). Le plus enrobant, le plus charnel des trois. Il a plus de corps, plus de matière. Vous en perdriez presque votre géographie. Plus généreux, il saura séduire les palais un peu viandards, qui râlent parce que les saucisses au barbecue, ce n’est pas vraiment de la viande. Et puis dans une Kav, il fait frais.


Vin-de-KAV.jpg

Bref, il y a encore beaucoup d'autres bons Beaujolais à ouvrir pour un barbec en terrasse, les vôtres, ce sont lesquels?

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 14:00

20_houellebecqirlande.jpgÀ peine arrivé sur le territoire du confetti royal des Corbières, notre grand jeu de piste normal de l’été donne la parole à Raphaël Sorin, l’inventeur d’Houellebecq qui rappelle que celui-ci était un fan des « chaînes d’hôtels un peu cheap genre Campanile ou les Citadine (...) je l’ai toujours imaginé ainsi. Ce type, « En fait, ne sait pas vivre, ne connaît rien à la bouffe, rien aux vins. Vous pouvez lui servir n’importe quoi à table, il sera content. Quand il venait dîner chez moi, j’avais beau faire le maximum, il bouffait comme s’il était chez MC Do. »


Tout ça pour rappeler que j’ai commis une chronique dont je ne vous révèlerai pas complètement le titre car ce serait douter de votre sagacité « La carte et le territoire, Houellebecq m’a offert une bouteille de … » où je besognais un texte à la manière de… en me mettant dans la peau du pingre Houellebecq qui venait de se voir octroyer le Goncourt.


Tout ça pour faire une pub éhontée à une cuvée élue meilleur vin du Languedoc : laquelle ?

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 00:09

photoBosc2.JPG

 

Quand je lis ce que lis, vois ce que je vois, entends ce que j’entends, je pourrais tomber dans une profonde affliction, me désoler du triste spectacle donné par la représentation viticole sous toutes ses formes face aux dossiers de l’heure mais, confronté à ce degré zéro de la réflexion, à ce concert d’incantations, à ces moulinets ridicules, je préfère chaque jour me féliciter de ne plus en être, de ne plus avoir à subir tout ce beau monde. Vraiment je plains mes petits camarades en charge du secteur de la viticulture. Quant au nouveau Ministre, il ne lui suffira pas de mêler sa voix à ce concert de rases-moquettes pour impulser une nouvelle orientation au secteur.


Fin des Droits de Plantation, fin de l’aide à l’enrichissement par MC et MCR, extension de la chaptalisation : non merci n’en jetez plus même si la coupe est pleine…


Sur la fin des premiers, ceux qui ont été jeté au panier avec le vote de la France, j’ai déjà donné au service d’une parlementaire champenoise soi-disant missionnée par Bruno Le Maire pour trouver un produit de substitution, mais qui ne cherchait qu’à se pousser du col et dont je n’ai perçu ni la valeur ajoutée, ni la capacité à dépasser le stade du copié-collé. Un beau flop dû à une belle contradiction initiale : chercher un substitut aux droits de plantation relevait de la pure gesticulation politique destinée à faire oublier que le pompier était le pyromane.

 

Dans cette affaire je n’étais qu’une plume serve mais comme la manœuvre de diversion a échoué on m’a mis au piquet avec la complicité d’un directeur de cabinet, au nom prédestiné de Viné, adepte de l’à plat ventre et de la suffisance. Le courage n’étant pas l’apanage de ces gens-là me faire porter le chapeau de leurs insuffisances relevait d’une saine conception du brossage des professionnels dans le sens du poil. Que voulez-vous, moi, lorsqu’on met un carcan sur ma plume elle ne fait que transcrire la vacuité de la pensée de qui me dicte le texte. Par bonheur, nulle trace de mon labeur de tâcheron, la dame s’est attribuée tout le mérite d’un ensemble vide. Grand bien lui fasse mais tout ce temps perdu à écouter des professionnels dévider leur revendication simple comme un slogan : rétablir les droits de plantations relevait de l’inutilité.


Alors que fallait-il faire à cette époque ? Voilà une bonne question mais y répondre aujourd’hui n’a plus aucun sens puisque le dénominateur commun de tout le monde sur ce dossier c’est maintenant la RÉGULATION ! Mot quasi-magique utilisé à tout bout de champ ou de vigne, à tort et à travers, et surtout en évitant de prendre en compte tous les éléments constitutifs de cette fameuse régulation. Je rappelle pour les non-initiés que le volume d’une récolte c’est le nombre d’ha (le potentiel de production) multiplié par le rendement à l’hectare. Bref, au royaume des faux-culs et lds hypocrites nos grands défenseurs de la régulation par les droits de plantations sont les rois. Et puis, puisqu’il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages : enrichir ou chaptaliser permet de porter sur le marché des volumes supplémentaires de vin. Voilà de la bonne régulation par les volumes. Avant de braire pourrions-nous un jour balayer devant notre porte.


Oui mais tout ça c’est pour une grande cause : la défense de la QUALITÉ ! À ce stade de la mauvaise foi vous comprendrez pourquoi je rends mon tablier. Personne ne va s’en plaindre je le sais mais ça me fait du bien de mettre certains nouveaux chantres de la régulation le nez dans leur caca. Je m’explique : le vin quel que soit sa dénomination est un produit miscible et, en période de crise ceux de l’étage au-dessus ont une certaine tendance à se siphonner vers l’étage au-dessous : cette délicate opération s’appelle le repli. De proche en proche les volumes excédentaires se retrouvent dans la cuve du bas et, au temps de la distillation des vins de table, la régulation du marché du vin s’opérait par cette destruction de volumes invendables. Le seul frein à se transvasement était la chaptalisation : les vins de table ne pouvant être chaptalisés les VQPRD ne pouvaient s’y replier s’ils avaient été sucrés. Qu’à cela ne tienne : lorsque les Bordeaux se sont retrouvés dans cette fâcheuse position – en dépit d’une gestion « remarquable » de leur potentiel par les droits de plantation – ni une, ni  deux ils ont réclamé la distillation.


Bien sûr ce genre de gestion des volumes passe totalement au-dessus de la tête des grands amateurs qui vivent dans leur bulle et pour qui, tout se  résume aux beaux flacons. Alors, ces braves gens, sont de libéraux forcenés car ils croient qu’ainsi seuls les bons et vrais vignerons auront une place au soleil et que les assistés de tous poils disparaîtront. C’est d’une naïveté et d’une candeur qui force le respect mais ça n’est pas ainsi que les choses se passent dans la réalité. La vraie et seule question qui se pose pour un grand vignoble généraliste comme le nôtre est comment gérons-nous la mixité de nos vignobles ? AOP, IGP et des Vins sans IGP comment gère-t-on le potentiel de production ? Par le marché ou par des mécanismes contractuels entre les producteurs et les metteurs en marché ? Il ne s’agit plus de produire pour produire mais d’être en capacité de répondre à la demande solvable de certains marchés.


Et c’est là où les dirigeants du monde viticole atteignent le degré zéro, aussi bien du côté des producteurs que du négoce en se contentant de leur faux-semblant dans la grande galère de FranceAgrimer et de leurs délégations avec check-list incorporée chez le Ministre. Ça serait risible si ça n’engageait pas l’avenir d’une grande part de notre viticulture. Il ne faut donc ne pas s’étonner que le débat sur la réintroduction des droits de plantations se résume en une confrontation stupide entre le clan des OUI il le faut et le clan des NON il ne le faut pas. Il ne s’agit pas d’un débat de principe : que je sache Angela Merkel qui soutient la position du retour des droits de plantations n’est pas une étatiste forcenée et le petit monde du Champagne et du Cognac des héritiers de la planification soviétique.


Croyez-vous vraiment, au cas où les droits de plantation seraient supprimés à l’échéance, que des investisseurs se précipiteraient comme des morts de faim pour planter à tour de bras dans nos grandes appellations régionales ou dans les IGP du Sud ? Vu la rentabilité actuelle de ces investissements ça me paraît hautement improbable. Le risque, et celui-là il est bien réel, c’est que ces investisseurs aillent placer leurs beaux capitaux dans des vignobles communautaires à fort potentiel afin de produire des vins sans IG de qualité, à des coûts de production moins élevés. Je signale que la Roumanie de Ceausescu était le cinquième producteur mondial de vins.


Et qui croyez-vous que ces vins concurrenceraient sur les marchés en croissance ? Sans aucun doute nos AOC et nos IGP volumiques, celles qui passent par les prix et non par leur origine. Vous avez dit qualité ? Allons, allons, dans cette part basse de la pyramide la qualité c’est ce qui se vend et si l’on veut que ceux qui assurent le sourcing en vivent il est nécessaire que le couple volume x prix d’achat dégage de la rentabilité. Je sais que j’exaspère à la fois les tenants de la bonne ambigüité à la française et les grands amateurs qui n’imaginent pas un seul instant que cette piétaille de vins constitue l’essentiel du marché. Le marché mondial du vrac existe et se développe. Tant que les vins français, avec un négoce qui en est resté au stade de marchand de vin : le prix, le prix, le prix…, et une production en cave coopérative qui ne fait pas correctement son métier de sourceur, nous bricolerons et nous entonnerons tous en cœur : »Non, aux droits de plantations ! »


C’est beau comme une unanimité à la française du sénateur Gérard César en Gironde en passant par Roland Courtaud l’audois de service, pour aller jusqu’au député européen champenois Philippe Martin. Tous ensembles, tous ensembles, pour un beau et grand combat d’arrière-garde, ça évite de poser les vrais problèmes et d’aborder le devenir de notre viticulture des analyses prenant en compte la réalité de notre vignoble, son potentiel, ses forces et ses faiblesses. Mais à quoi bon user ma plume puisque j’ai rendu mon sifflet et que je suis parti planter mes choux ailleurs… et je suis sûr que personne ne s’en plaindra, moi le premier…

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 14:00

Pour cette troisième étape du grand jeu de piste normal de l’été, toujours chevauchant Pégase, nous ne tirons qu’une petite route mais elle serpente pour nous amener jusqu’à un confetti royal des Corbières.

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« Le secrétaire de Mairie de Losse-en-Gelaisse le 8 décembre 2010 jour de la fête des Saints-Innocents.

 

« Suite à une demande d’inscription en questions diverses du Conseil Municipal du 8 décembre par Marcellin Gourret, alerté conjointement par le club Facebook « Tous derrière les vins de Losse-en-Gelaisse » que, soit-dit en passant sans que ce soit écrit dans la délibération vu que nous sommes à la veille de Noël, ce mécréant d’Ulysse Vergnes appelle, vu son appellation, le club Fesses Bouc, et par le club du 3ième âge de tricot féminin de Losse-en-Gelaisse  « Les aiguilleuses du ciel » qu’Achille Gauche, qu’est en cave particulière et qu’à toujours été plus porté sur les jupons que sur la vinification, appelle « les chroniqueuses du fiel » vu que la présidente en est  Eugénie Poulain, l’ancienne bonne du curé, qui a dit à qui à bien voulu l’écouter, et elles sont nombreuses « que c’est parce qu’il faisait porter des cornes au maire et à son principal opposant président de la coopé qu’il s’est mis à faire son vin. »

Le Conseil Municipal s'est saisi de la question suivante : « pourquoi Google Maps ignore l'existence de Losse-en-Gelaisse ? »

 

Dans ma chronique « Délibération du Conseil de Losse-en-Gelaisse en date du 8 décembre : faut-il faire appel à Robert Parker pour le mondial de l'aramon ? » le dit Conseil à la quasi-unanimité décide en vue de la fusion des deux coopératives La Moderne et L’Etoile de consulter un grand oracle président d'une coopérative connue dans le monde entier...

 

Où habite ce grand oracle ?

 

AVIS aux participants du Grand Jeu de Piste Normal de l’été


1-   Lisez attentivement les questions. Certains d’entre vous répondent à côté de la plaque car ils vont un peu vite en besogne.


2-   Seules les réponses contenues dans mes chroniques citées font foi. Le recours à Wikipédia ne vous donne pas forcément la réponse estampillée par le Taulier.

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 00:09

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Jean-Paul Kauffmann est né 4 ans avant moi, le 8 août 1944, juste au-dessus de chez moi en Mayenne avant de migrer à l’âge de 9 mois avec ses parents qui venait d’acheter une boulangerie en Ille-et-Vilaine, dans un bourg, au sud de Rennes nommé Corps-Nuds. Comme lui « j’ai passé toute ma jeunesse dans une société rurale identique à celle des années 1930, laquelle était la même qu’avant la Première Guerre mondiale de 1914. Il y avait encore des chevaux, des bourreliers, un hongreur (celui qui castraient les chevaux) » Nous avons donc connu l’ordre ancien, c’est-à-dire le vieux monde. L'illustration ci-dessus est de Richard Yeend.


Comme lui « j’avais une grande liberté ». Comme lui j’accompagnais, moi mon père, lui son père ou sa mère, dans des tournées dans les coins les plus reculés de la campagne. Comme lui « j’ai connu des gens qui vivaient avec des poules dans la maison, le sol en terre battue. » Comme lui, un peu plus jeune que lui, j’ai connu le pensionnat et je partage avec lui ce qu’a dit Flaubert « Quiconque a connu l’internat à l’âge de 11 ans sait tout de la société. » Comme lui « j’ai été plongé dans un monde impitoyable, cruel, basé sur la force. Un monde clos où il n’y avait pas d’élèves externes. » Comme  lui il m’a fallu trouver un dérivatif et ce fut la lecture. « Je n’avais personne pour me guider ; j’absorbais seul en entrevoyant quelque chose de mystérieux : la vie rêvée, la littérature, cette vie  « pleinement vécue » dont parle Proust. »


Lui est devenu journaliste, puis écrivain, moi j’ai pris un autre chemin et là s’arrête mon comme lui, même si j’ai toujours un réel sentiment de proximité secrète avec lui. Je ne sais s’il lit encore mes chroniques mais il fut un temps où je le comptais dans mes lecteurs assidus. Sans nous suivre à la trace, nous nous retrouvons de temps en temps, pas physiquement bien sûr, mais au travers des traces écrites que sont ses livres. Aujourd’hui, c’est dans le N°19 de la revue XXI qu’il m’a donné signe de vie dans une conversation « l’enchantement d’être vivant » qu’il a eu avec Pierre Bottura, un jeune homme qui travaille dans une maison d’édition.


Face à ce texte je me suis dit : vais-je privilégier le Jean-Paul Kauffmann amateur de vins, ce qui serait logique dans un espace de liberté dédié au vin ? Il répond à la question « comment avez-vous découvert le vin ? » et il y a, comme toujours avec Jean-Pierre, une belle réflexion sur le vin capteur du temps passé. « Le vin est la seule matière vivante qui devient délectable en vieillissant, je n’en connais pas d’autres. Avec l’histoire, il permet de remonter le sens interdit du temps. » Je vous ai mis en appétit ? C’était le but, si vous souhaitez découvrir l’intégralité des propos de Jean-Paul il vous faudra acheter XXI : 15,50€. La revue ne vit que de ses ventes et le contenu est vraiment de très haute tenue. Soutenez l’écrit de qualité, chers lecteurs, achetez ! Ça représente à peine 15c d’euro par jour (c’est un trimestriel).


Mon choix s’est porté sur un voyage que Jean-Paul a effectué le long de la Marne, du confluent avec la Seine jusqu’à sa source qui va faire l’objet d’un livre. «  Ces 530 kilomètres incluent un rapport au temps, au silence ainsi qu’aux gens rencontrés. Je me suis attaché à décrire des êtres qui vivent dans une forme de retrait. Faute de mieux, je les appelle les « conjurateurs » : ils conjurent les esprits maléfiques d’aujourd’hui tels que la lassitude, le goût de la dévastation, la jouissance du mal et de l’avilissement.


Vous n’imaginez pas le nombre de gens qui vivent dans les interstices de notre société. Le monde actuel a beau être quadrillé, il existe encore beaucoup de trous, de failles. Pendant ce voyage, j’ai rencontré des personnes qui vivent dans une forme de dissidence. S’ils ne sont pas dupes du système, ils ne revendiquent pas non plus. Disons qu’ils ne sont pas pris dans le jeu et se tiennent dans les fissures, les écartements de notre société. Ce ne sont pas non plus des résistants, leur société n’est pas secrète. Ils peuvent être chômeurs, avoir un travail.


Sans être des exclus de notre époque, ces conjurateurs ne veulent pas faire partie du flux. Ils viennent d’horizons très différents… »


Suivent des quelques croquis de ces conjurateurs… à lire donc si vous faites l’emplette de XXI… « Promenez-vous à travers la France, vous en rencontrerez beaucoup. Notre pays est rempli de mini-sociétés. Il favorise encore une multitude d’ilots. Voilà  ce qui m’intéresse. À ma façon je suis comme eux. J’ai toujours aimé l’entre-deux. Tous les mondes que j’ai visités étaient flottants, situés à la limite. »


Ha, les plis et les replis de la France, les territoires secrets, les gens de peu, j’attends avec impatience ce livre, cher Jean-Paul Kauffmann et profite du jour pour vous souhaiter un bon anniversaire avec un « vin perdu » tel le Vouvray 1947 que vous aviez dégusté, sur le coup de 11 heures, avec Gaston Huet, ancien maire de Vouvray, aujourd’hui décédé.


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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 14:00

 

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Puisqu’hier nous étions dans une ville, dont on dit qu’elle est la plus sportive de France, continuons notre jeu grand jeu de piste normal de l’été en poussant plus avant.


« En 1953, notre Replongeard,  Raymond Dumay « arrive à Carcassonne à six heures trente-deux. Il a troqué sa Terrot « 100 » pour une « 125 » et il va entamer son périple dans le plus grand vignoble du monde afin d’y rencontrer, non des vignerons, mais des gens de plumes. »


Dans ma chronique : « Ma route de Languedoc : le Replongeard ne s’égare point dans les vins du coin » je note que « même si un vieux Languedocien lui fait cette remarque « Notre pays est sec, mais il est heureusement irrigué par trois fleuves : le Vin, la politique et l’Opéra.» sur les 208 pages de Ma route de Languedoc, jamais Dumay ou presque n’évoque le fait qu’il ait bu un verre de vin. »


À une exception près : « Seul Limoux sauve l’honneur « Nous devons à Limoux deux produits connus : la blanquette, vin blanc délicat, un peu sucré et les romans de Magali »

En lisant la suite de cette chronique vous saurez avec quel auteur  Dumay déguste de la blanquette : quel est le lieu de naissance de cet auteur ?

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 00:09

Nulle provocation dans ce titre un simple constat qui ne jette en rien le discrédit sur les vignerons qui ont choisi, depuis fort longtemps pour certains, contre vents et marées pour beaucoup, cette voie. Bien au contraire, mon ironie vise essentiellement ceux qui, dans notre Union Européenne, n’ont de cesse de définir, de normer, de mettre dans ces cases carrées ou rectangulaires des processus, des pratiques, qui n’ont eu nul besoin d’eux pour s’épanouir, exister. C’est leur pain quotidien aux fonctionnaires européens, ils n’existent que par cette prolifération règlementaire.

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Le seul problème pour eux c’est que leur petite prose résulte toujours d’un compromis politique lié à un tour de table qui rassemble 27 pays et où il faut assembler des majorités pour transcrire en Règlement les projets des Directions au service de la Commission. Je passe sans insister lourdement sur le poids des lobbies sur tout ce petite monde assemblé en une nouvelle Tour de Babel pour mieux souligner le caractère boiteux, inachevé de définitions, qui se voudraient universelles mais qui ne sont que trop souvent des PPCM, plus petit dénominateur commun. Pour autant je n’ai rien contre la démarche, bien au contraire, mais je la resitue à son juste niveau celui d’un label européen qui se veut concurrent des « organic » du Nouveau Monde ou d’ailleurs. Franchement ça n’a rien d’une Révolution ça ressemble plus à un accouchement dans la douleur d’un bébé pas très bien formé.


L’entrée en vigueur d’un Règlement définissant le « Vin biologique » lui donne une existence officielle : la mention «Vin biologique», assortie du logo européen vert sur fond blanc, supplante celle indiquant «Vin issu de raisins de l’agriculture biologique». Pour le consommateur ce n’est pas un changement sémantique puisque la grande majorité d’entre eux ignoraient la nuance. « Désormais, pour obtenir le label bio, un vigneron devra non seulement utiliser du raisin bio, mais aussi - et là réside le principal bouleversement - des techniques de vinification certifiées bio. Si le producteur ne les respecte pas, il devra retirer l’actuelle mention «AB» (agriculture biologique) de ses bouteilles, et ne pourra afficher le label «Vin biologique» sur les futures cuvées. »


Au risque de cultiver le paradoxe je trouve que les gros sabots européens vont permettre de cliver plus encore le marché de cette catégorie de vins. En clair, puisque les gros faiseurs vont s’engouffrer dans la brèche, ça va faire progresser le vin bio par rapport au vin dit conventionnel et lui faire occuper plus de place en GD. En revanche, les vignerons bios des origines, attachés à des pratiques, dans la vigne comme au chai, bien moins interventionnistes et exogènes, et qui vendent dans des circuits courts ou traditionnels bénéficieront à terme de ce repyramidage. Ceci, à une seule condition, qu’ils puissent mettre en avant leur spécificité, leur différence, par une approche commune expurgée des éternelles batailles de chapelles.


Pour moi, contrairement à ce que pensent les rédacteurs de la revue « le Rouge et le Blanc » ce règlement va servir de révélateur, obliger les soi-disant maîtres du jeu de l’INAO à sortir de leur petite bistrouille de défenseurs des droits acquis. Que le bio soit un nouveau créneau du marché ça n’est pas le fait du nouveau règlement mais un fait de société. Que les consommateurs de vin ne soient pas tous au niveau de connaissance de nos amis du Rouge et le Blanc est un constat que nul ne peut nier. Que ce « bio de masse » qui est, selon eux peu respectueux du caractère « vivant du vin », n’aura que peu d’effet sur les amateurs de vins de haute expression, de terroir, vivants, « naturels »… car par construction ils ne sont pas sensibles aux sirènes et aux prix de la grosse cavalerie fusse-t-elle bio. 


Dans cette affaire les débats franco-français entre les différentes chapelles de vignerons, à propos du soufre tout particulièrement, est pour moi sans grand fondement. Dans le mesure où le consommateur est clairement informé, et il l’est dans le cas des sans soufre qui font de cette absence le point de passage obligé des vins dit naturels, je ne vois pas où est le problème.  Pour moi, comme je l’ai écrit dans une récente chronique « nous sommes très au-delà d’une banale opposition de goût qui se résumerait par tous les goûts sont dans la nature donc laissons à chacun son échelle de sensations. Pour moi c’est un schisme qui menace les fondements de la conception traditionnelle du vin, un mouvement qui s’apparente à la Réforme, à une forme de rejet radical sur la base du refus de dérives, de facilités de la période passée, d’une recherche de pureté originelle, de retour à la simplicité des pères fondateurs. »


En clair, les puristes bios rejettent dans les ténèbres extérieures, comme ils le faisaient pour ceux pratiquant une viticulture dite raisonnée, ces « nouveaux bios » qui n’appliqueront pas dans toute leur rigueur, leur rectitude morale, les règles du « vrai bio ». À quoi bon suis-je tenté de dire ? Les excommunications ne font que figer les radicalités et ne font pas progresser leur cause. Même que, si par un coup de baguette magique, leurs vœux les plus chers étaient exhaussés, le marché serait inondé d’un produit qui ne trouverait pas suffisamment de consommateurs solvables pour l’acheter et, comme au bon vieux temps du Vin de table, il faudrait le détruire, le distiller. Je plaisante à peine, mais ceux qui raillent les créneaux de marché se mettent dans la position très inconfortable de nier la réalité.


Le vin, même paré de tous les attributs jugés obligatoires par certains, est une marchandise proposée, au travers divers circuits, à des acheteurs en capacité de l’acheter. Alors, je ne vois pas en quoi la substitution du nouveau label vin bio avec logo européen va changer radicalement la donne par rapport au vieux logo AB qui certifiait le caractère biologique de la culture du raisin. Sauf à prendre le consommateur ancien ou néo de ce type de vins pour un crétin congénital, ce qu’il n’est pas car sa démarche prouve le contraire, ses critères de choix vont bien au-delà de la simple référence à un logo. Ceux-ci, une fois la volonté de se tourner vers des vins bios, seront les mêmes que ceux des autres consommateurs et ils dépendront largement de facteurs sociologiques et économiques que certains grands prêtres font semblant d’ignorer. Bref, le vigneron, son vin, son prix, resteront les déterminants de l’acte d’achat des amoureux des vins dit vivants.


Le « vin biologique » made in UE existe, ça vaut, comme je l’ai déjà souligné, ce que valent les réglementations européennes, rien de plus, rien de moins. Ça n’est en rien une régression, à peine un progrès, sauf au plan commercial pour l’exportation de ce type de vin sur les marchés exports comme le Canada ou l’Europe du Nord, alors je ne vois pas l’intérêt de dépenser une grande énergie à se battre contre ce bio dit de masse. C’est un combat d’arrière-garde qui ne vaut guère mieux que celui des gens d’en face qui ont moqué la démarche bio. Pour ma part, et j’attends que l’on me démontre le contraire, tout marché est pyramidal, celui des vins bios l’est aussi, et s’appuyer sur une base saine clairement identifiée au plan réglementaire est le gage du développement des strates supérieures. Les tenants du bio des origines ont tout à gagner à terme de cet afflux de nouveaux consommateurs passant par la case « bio de masse ». Générer des nouveaux consommateurs est le b.a.-ba de l’extension des amateurs de vin, de bons vins, à chaque consommateur de se faire sa culture encore faudrait-il que nous lui soyons accessibles et intelligibles. Tel n’est pas le cas en ce moment, nos débats de cornes-culs n’intéressent que nous, et encore…

Vignes : le bio joli nouveau est arrivé Libération  3 août 2012    link

Le nouveau réglement link

 

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Nouveau label européen de vin bio : "le consommateur est le grand perdant" Michel Issaly dans la RVF link
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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 14:00

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« L’été en pente douce » avec la merveilleuse Pauline Laffont, l’incomparable Jean Bouise et un Jacques Villeret tel qu’en lui-même, donne le départ du jeu de piste de l’été du Taulier.


-         Tout part de Jean Bouise, que le Taulier évoquait dans une chronique « Les seconds rôles », allez la consulter vous y découvrirez un autre grand second rôle du cinéma français qui, paradoxalement, tient le premier rôle dans un film-culte du Taulier.


-         Ce film, lui aussi cité dans la chronique, se déroule dans une grande ville : laquelle ?

 

Bien sûr au bout du bout du jeu de piste, pour ceux qui auront tout bon, y’aura de belles surprises, mais il vous faudra jouer en respectant les règles du Taulier :


1-     Répondre au jour le jour à l’adresse du Taulier berthomeau@gmail.com  (ceux qui prendront le train en route auront toujours la possiblité de rattraper d’un seul coup leur retard).


2-   Ne pas répondre à la rubrique COMMENTAIRE (elle sera d’ailleurs désactivée)

 

À vous de jouer !

 

Bon été…quelle qu'en soit la pente...


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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 00:09

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Votre Taulier aime, aux beaux jours, si rares cette année, se lever avec le soleil, sortir tranquillement de la brume du soleil en prenant un bon café noir et en écoutant le 5-7 de France Inter pour  découvrir les premières nouvelles du monde. Pendant l’été, cette tranche horaire, est animée par une femme Dorothée Barba – Radio France fait des efforts de parité et c’est heureux – et chaque jour la parole est donnée à un grand quotidien régional (PQR). Vendredi dernier, 3 août, c’était Bernard Stephan, rédacteur en chef adjoint de la Montagne à Clermont-Ferrand et le sujet traité : Côtes d'Auvergne, du pire au meilleur (écouter le podcast link


Bien évidemment, même si je ne suis pas tout à fait ignorant de ce que sont en train de devenir les Vins d’Auvergne, j’ai écouté avec attention cette brève matinale très intéressante. Mais hormis cet intérêt pour un vignoble en plein renouveau je ne puis m’empêcher de penser, à l’évocation  du Journal La Montagne, à Alexandre Vialatte et à ses célèbres chroniques que ce journal à partir de 1952. « Deux colonnes, parfois un peu plus, parfois un peu moins : La Montagne laissait Vialatte vraiment libre, d’une façon qui serait impossible de nos jours, où la maquette s’adapte moins aux auteurs que les auteurs à la Maquette. »


Comme l’écrit Charles Dantzig dans la Préface des Chroniques de la Montagne 1952-1961 Robert Laffont « Vialatte voit et éclaire par petits bouts. Jamais il ne fait de tableau en pied ni de vue panoramique ; au contraire, il prend une série de détails et bondit de l’un à l’autre. À la fin, l’ensemble se dégage. Par exemple, sur le Midi :


Car c’est ici la civilisation de l’olive, de l’huile, du vin,  de la poussière, de la mouche, de la sandale et du moustique, de la terre cuite et du forum. De l’éloquence, des tribuns à belle barbe. Une civilisation qui est morte avec Jaurès. Exténuée de perfection, de poésie, d’expérience, de mariage d’amour avec le sol. Elle avait inventé, à force de sagesse et d’adaptation au climat, ces « persiennes à l’italienne » qui s’ouvrent de trente-six façons pour régler la lumière et la température, le courant d’air, l’angle du jour, la mortalité du moustique et la vitalité humaine. Des barbares, arrivés du Nord, ont apporté la maison de verre. (Prétentieusement !...) Les ustensiles de la kermesse accèdent aux instruments de la civilisation.


« Vialatte tire le fil, le lecteur reconstitue le pull (…)


Que seraient devenus les hommes s’ils n’avaient pas eu de mères ? L’Humanité se composerait d’orphelins.


« Content de lui, le faiseur de bons mots s’arrêterait là. Vialatte passe à la ligne et continue :


Recueillis par l’assistance publique, ils se promèneraient par deux, le jeudi, en longues files, sur des routes mouillées, sous la surveillance tatillonne d’une vieille sœur un peu moustachue. Avec interdiction de fumer. Honteux de leur barbe, de leur ventre, de leurs cinquante ans, de leur calvitie. Coiffés d’un béret basque et vêtus d’une capote de couleur bleu marine, avec des boutons d’or.


« Voilà comment on peut allonger sans être long. Être rapide avec des phrases qui ne sont pas brèves… »


Pour le petit chroniqueur journalier que je suis un horizon inatteignable. « Le merveilleux commence à notre voisin, l’exotisme est à notre porte. Tout le romanesque tient dans un mur mitoyen : c’est une défense de franchir, c’est un défi et une barrière, c’est un mica qui laisse voir, mais s’interpose. »


Reste que je suis le voisin de Vialatte qui, à partir de 1934, habitait face à la Prison de la Santé, au 158 rue Broca « La cheminée de la santé fume à gros bouillons noirs, jamais le drapeau de cette prison n’a été aussi sale. » Appartement qu’il quittera en 1966 pour le 3 rue Méchain qui donnait lui sur l’hôpital Cochin.


Sa citation favorite « Le bonheur est sur l’autre rive » Dante.

 

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