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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 00:09

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Ma mémé se prénommait Marie et j’éprouve pour ce prénom une tendresse infinie. Pour autant, dans mes fonctions d’enfant de chœur comme dans ma petite tête de raisonneur le culte de la Vierge Marie ne m’a vraiment touché. Bien sûr, pendant le mois de Marie, j’ai chanté à plein poumons, accompagné par l’harmonium diabolique de Gégène l’aveugle qui avait de faux-airs de Stewie Wonder rural,

 

Au ciel, au ciel, au ciel,

J'irai la voir un jour,

Au ciel, au ciel, au ciel,

J'irai la voir un jour.

J'irai la voir un jour !

Au ciel dans ma patrie.

Oui j'irai voir Marie,

Ma joie et mon amour…

 

J’avoue humblement que c’était là où le bas blessait : l’AMOUR !

 

Dans une  très ancienne chronique, d’avril 2007 vin de messe je donnais la clé de mon scepticisme  « Ce que j'adorais par-dessus tout dans mes fonctions d'enfant de chœur c'était la distribution de la communion. En ces temps reculés les paroissiens venaient s'agenouiller à la sainte-table et je précédais le curé, tenant dans ma main un petit plateau en métal doré que je plaçais sous le menton juste avant que le curé n'enfourna l'hostie ou plus exactement la plaça sur la langue tirée. Pourquoi diable ce plaisir ? Tout simplement parce qu'ainsi je pouvais contempler à souhait les beautés de la paroisse, leurs toilettes, leurs audaces parfois : certaines au lieu de baisser les paupières plantaient leurs yeux dans les miens, leurs lèvres faites - suprême audace - leurs mains jointes emmitouflées dans des gants de dentelles où pour certaines flamboyaient des ongles peints - provocation ultime - , j'ose : leurs poitrines si proches, leur façon de quitter la sainte-table sur leurs talons hauts en balançant leurs hanches et en roulant des fesses. Rien que pour ces pensées impies on aurait dû m'excommunier sur le champs. Mais nul ne pouvait soupçonner mes jouissances intimes sauf qu'un jour, las de la pression d'un recruteur de l'Evêché chargé de peupler les nombreux séminaires de la Vendée ultra-catholique, à sa question sur les raisons de mes atermoiements je lui répondis droit dans les yeux : « j'aime trop les filles... » ce qui le laissa sans voix de la part d'un moutard de 10 ans de la Vendée profonde. 


Cette profession de foi, sans cesse renouvelée, respectée, m’amène en ce jour de l’Assomption de Marie à la célébrer avec une des plus belles chansons d’Adamo « Je voudrais mourir dans tes bras… »

 


 

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 14:00

Mon pépé Louis chantait j’ai deux grands bœufs dans mon étable et pendant ce temps-là Marguerite Donnadieu écrivait, au château de Duras son premier roman « Les Impudents » où elle exaltait la beauté des paysages de son adolescence et elle devint célèbre sous le pseudonyme de Duras. Bien plus tard votre Taulier acculturé écoutait Zazie chanter « Un point c’est tout… un point c’est elle… »  avant de rendre visite aux Rebelles de Duras qui, retranchés à Paris, lui offraient des canons de beaux calibres pour qu’il en fasse bon usage pour faire feu sur le quartier général !

photoDuras

Ben oui c’est cela un jeu de piste normal : il faut faire bien des détours pour atteindre un but qui en fait était juste sous votre nez. Si j’ai un conseil à vous donner : inscrivez DURAS dans la case du moteur de recherche et lisez ce que vous y trouverez et dans l’une des chroniques vous découvrirez que le Taulier accorde une mention spéciale « à un petit bijou, une rareté (6500 b), un vin éclatant, rond sans artifice, du velours à fines côtes, c’est vigoureux, vif, du fruit plein la bouche sur un bar de ligne à la croûte de sel : à se sucer les doigts et à finir son verre… »

 

Le nom de ce petit bijou m’agréerait chers compétiteurs ?

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 00:09

 

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Cher Hervé Bizeul,


Deux de tes chroniques récentes : « Liberté, Egalité, Fraternité » et « Risque de Burn Out » m’ont interpelé à la fois en tant que citoyen ordinaire et comme rouage de la machine de l’État. Ce statut actuel, salarié de droit public du Ministère de l’Agriculture, pourrait laisser à penser que je ne suis pas le plus qualifié pour me pencher sur les maux générés par la bureaucratie puisque j’en suis. J’assume mon statut et mon parcours professionnel qui m’a conduit à exercer des responsabilités dans le secteur privé, à la SVF tout particulièrement, en tant que travailleur indépendant pendant 5 ans, et dans le public à un niveau décisionnaire au cabinet de Ministre et PDG de la SIDO.

 

La très belle photo d’Hervé est l’œuvre d’Armand Borlant© merci beaucoup Armand


J’aurais pu me contenter de joindre ma voix à toutes celles qui se sont élevées pour te dire « on te comprends… ». La compréhension, tout comme l’acceptation de la situation, ne me vont pas car, comme tu le sais, je cherche autant que je le peux à faire émerger des solutions. Nous nous sommes connus au temps où, médiateur dans la crise des Vins Doux Naturels, je tentais, dans un sac de nœuds indescriptible, à faire prendre conscience aux dirigeants de l’époque que les temps avaient changé. Tu doutais déjà, à juste raison sans doute, de la réussite de ma mission. Depuis ce temps, en dépit du scepticisme de ton environnement, tu as construit une belle entreprise ce qui donne à ta voix, même isolée, une réelle légitimité.

 

Oui tu as raison de proclamer :


-         Que les vignerons ont perdu leur liberté nos chaines « administratives » étant désormais impossibles à briser. Chaque jour, de nouvelles contraintes, que nous suivons, en MOUTONS que nous sommes devenus, dont on ne sait qui les a inventées mais que, si l'on sort du rang, la « justice » fera respecter, sachant, comme disait je ne sais plus qui, « qu'il vaut mieux taper toujours sur les mêmes, afin de mécontenter le moins possible de citoyens... »

 

-         Que sur l'égalité, cela fait longtemps que les jeux sont faits. Il n'y a nulle hiérarchie, dans la notion d'AOC, tout le monde nait, théoriquement, à égalité. Mais voilà, il en y a qui naissent plus égaux que d'autres... C'est du Coluche, je crois. Qui s'est soucié, il y a dix ans, de l'arrivée d'une carrière à Vingrau ? Qui est venu nous soutenir ? Qui viendra, lorsque la nouvelle carrière, en mouvement, viendra lécher les vignes du Clos des Fées ? Personne, bien sûr, parce qu'on se soucie dans les médias bien plus des vignobles à deux millions d'euro l'hectare, pas de ceux à 10 000.... Et quand le TVG mangera hectare après hectare de Fitou, de Corbières, de Roussillon, aucun média ne criera aussi fort que qu'il s'était agi de faire passer l'autoroute par le Médoc ou le TVG à Côte-Rôtie...

 

-         Que sur la fraternité, enfin, la longue lutte que nous avons menée à Vingrau, aujourd'hui oubliée parce que perdue, elle m'a surtout montré que nous avions perdu toute solidarité entre vignerons, et depuis bien longtemps. 1 500 personnes ont signé la pétition à l'heure où j'écris ces lignes. Bien. Combien de vignerons ? Combien de vignerons "star", surtout, prêts à aller s'engager dans une belle manif à Tain ? Sur 23 ou 24 000 caves particulières, si on ne parle que d'eux ? Une poignée de figues... Nous ne sommes plus solidaires, et nous avons de ce fait tant perdu…


Hervé, j’en conviens, le risque de Burn Out est donc là et bien là : « Le burn-out est une sensation d'épuisement qui survient lorsque la personne a le sentiment que ses efforts sont vains, improductifs ou non reconnus. Cette forme de souffrance est fréquente dans les professions socialement ou économiquement sinistrées. » En bon français : un ras-le-bol, un j’en ai plein le cul, la coupe est pleine n’en jetez plus…


Dans ta longue et intéressante chronique link tu dresses une liste kafkaïenne de tracasseries en tout genre qui justifie amplement ton ire désabusée. Les reprendre une à une serait fastidieux. Je vais me contenter d’apporter ma contribution pour mieux cerner le niveau de responsabilités.


Tout d’abord, et là je le vis depuis un an et demi dans ma mission de médiation auprès des producteurs laitiers, « la souffrance sociale » je l’ai eu en direct ou par l’intermédiaire de mon téléphone cellulaire (les éleveurs ayant mon numéro). Oui, Hervé, lorsqu’un dimanche matin, un homme de 50 ans t’appelle pour te dire « je jette l’éponge » il n’est pas facile de trouver les bons mots. Alors, l’écouter te dire sa détresse de vendre ce beau troupeau, son désarroi, sa tristesse… Faire en sorte que les tracasseries administratives, les délais impératifs, les non-réponses lui soient épargnées. Oui, Hervé se glisser dans les plis et les replis de la France dite profonde permet de toucher de très près le silence assourdissant dans lequel sont cernés beaucoup de nos concitoyens. Et, sans vouloir établir une échelle de pénibilité, la production laitière est sans nul doute l’une des plus astreignantes.


Deux chroniques pour mémoire :


-         Et si un instant vous quittiez vos clichés pour vous intéresser un peu à la vie quotidienne des « Fils de la Terre »link 


-         Afterwork du taulier : modeste contribution au soutien des producteurs de lait de la Fourme de Montbrison (Forez-Fourme)link 


Pour en revenir aux responsables de l’embrouillamini administratif permet-moi Hervé de distinguer 2 niveaux de responsabilités :


-         Celle de la puissance publique stricto sensu : Douanes, Inspection du Travail, FranceAgrimer, Fraudes…

-         Celle des professionnels eux-mêmes : MSA, INAO, ODG, Interprofession…


Sur le premier niveau de responsabilité de la prolifération tatillonne, de l’empilage de contraintes, même si j’ai quitté depuis plus de 15 ans toute responsabilité en ces domaines, il est clair que dans notre pays la déconnection des parlementaires, qui votent des textes de loi sans trop se soucier de leur application, s’en remettant purement et simplement à leur Administration, en est bien la cause. Le problème est que cette Administration n’est pas vraiment dirigée : les hauts cadres et les membres des cabinets ministériels gèrent leur carrière pas leurs fonctionnaires. Ce n’est pas simple, les rigidités sont grandes, la tâche est ardue, peu valorisante, mais il n’empêche que ce travail de dépoussiérage, de nettoyage des textes, de prise en compte des nouveaux outils de l’Internet ne mobilise pas grand monde. Qui aura le courage, au-delà des bonnes intentions, des commissions de simplifications, des rapports de la Cour des Comptes, de machins pilotés par en haut, de se colleter au cambouis. Pas grand monde Hervé, et crois-moi beaucoup de fonctionnaires, qui ont fait des études d’ingénieur, en ont eux aussi ras-le-bol de faire chier le monde avec la paperasse communautaire (UE) mais s’ils ne s’y soumettent pas les contrôleurs de l’UE sanctionneront financièrement la France. Oui, c’est Kafka mais pour avoir subi à la SIDO des audits, contrôles, de fonctionnaires britanniques, suédois ou finnois, je puis t’assurer Hervé que la bureaucratie est un mal largement partagé.


Reste que la paperasse franco-française existe et qu’il est possible et souhaitable de ne pas baisser les bras. Alors comment faire pour ébranler le carcan ? Faire ! Et c’est là que le second niveau de responsabilité : les organisations professionnelles chargés de vous représenter entrent en action ou le plus souvent en inaction. Oui Hervé, comme tu le notes très justement : « vous n’êtes plus solidaires », où est passé le Mutualisme ? Que je sache : MSA signifie Mutualité Sociale Agricole et que les cotisants, salariés comme employeurs élisent des représentants au Conseil d’Administration des Caisses. Si c’est pour du beurre, à qui la faute ? De même l’entraide, qui existe toujours rassure-toi Hervé sous des formes inventées par des agriculteurs, ne doit pas être concédée à l’Administration. Que je sache les dirigeants professionnels qui occupent des postes de responsabilités dans tous ces zinzins n’y sont pas par génération spontanée. Dans une démocratie les pouvoirs publics ont besoin de s’appuyer sur des corps intermédiaires représentatifs pour, si possible, faire fonctionner le mieux possible leur Administration. Et là Hervé que dire, qu’écrire, sur le fossé qui s’est creusé entre les vignerons et leurs dirigeants : pas grand-chose mais tout simplement de noter qu’à trop laisser le champ libre à ceux qui n’ont que cela à faire on s’expose à confier son destin à des gens déconnectés de la réalité. Sans être mauvaise langue, au temps où j’étais face à des délégations je m’amusais à mettre en face des noms une interrogation : vend-il son vin ? Le résultat était calamiteux.


Alors Hervé que faire ? Que puis-je faire ? Moi tout seul pas grand-chose mais je suis partant pour tenter un état des lieux à quelques-uns et ensuite proposer la mise en chantier, non pas de réformes lourdes, mais des ajustements pragmatiques, concrets, facilitant la vie de chacun. C’est modeste, je n’ose pas écrire normal, car le nouveau locataire de l’Elysée te semble bien plon-plon cher Hervé, mais qui trop embrasse mal étreint. Il ne me reste plus qu’une petite année avant que l’on ne me mette au rancart alors, si je peux vous être utile, retroussons-nous les manches et soyons une force de proposition auprès de ceux à qui nous avons, par notre vote, donné le pouvoir de nous gouverner. Pas sûr que les grands maîtres du troupeau nous aident je crains même qu’ils nous mettent des bâtons dans les roues.

 Bien à toi. Bonnes Vendanges.

 

Jacques Berthomeau

 

PS. Dès que les chefs seront rentrés et que j’aurai terminé mon séjour Corse je vais tenter de faire avancer l'idée d'utiliser la dématérialisation de la douane pour pouvoir faire circuler les vins.

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 14:00

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Nous entamons la deuxième semaine de notre grand jeu de piste normal de l’été en passant le seuil de Naurouze, situé à la frontière du département de la Haute-Garonne et du département de l'Aude sur la ligne de partage des eaux entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée, à 189 mètres il constitue le point le plus élevé du canal du Midi, qui permet de relier la Méditerranée à l’Atlantique.


Je file donc vers Toulouse puis cap sur Gironde/Dropt où je débarque chez Hélène et David Barrault car depuis que j’ai découverts « Les Malbecs du château Tire Pé : un Bordeaux étonnant ! » je suis addict. En effet, en août 2009 j’écrivais dans cette chronique  :


« Donc pour résumer la situation :


1° faire un Bordeaux pur Malbec est possible ;

2° faire un pur Malbec à Bordeaux qui ravit les amateurs de vin plaisir est possible ;

3° faire une chronique sur les Malbecs de château Tire Pé en avant-première, ou presque, sur tous mes collègues blogueurs du vin c’est presque possible ; »

 

Mais j’écrivais aussi : La Côte de Tire Pé doit son nom à une scène agraire quotidienne et bien connue des autochtones, … »


En quoi consiste cette scène agraire ?

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 00:09

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Comme vous le savez sans doute je ne suis pas un adepte du métro mais avec la météo pourrie de cet été où les ondées j’ai dû souvent me résoudre à m’engouffrer sous terre. Départ à Saint-Jacques ligne 6, la plus aérienne, sauf dans la partie qui me mène jusqu’à Pasteur où je change pour la 12 dites ligne des péquenots puisqu’elle conduit à la Porte de Versailles qui donne sur le Salon de l’Agriculture. Je m’arrête à Volontaires pour gagner à pied mon splendide bureau du Conseil Général de l’Agriculture et des Espaces Ruraux. La répartition de ceux-ci, les bureaux, ayant été fait en fonction du degré de proximité des individus avec le pouvoir en place, je croupis au premier étage loin de mes chefs qui eux occupent le troisième. À propos de chef je viens d’en toucher un nouveau le 25 juillet, l’ancien partant à la retraite, et c’est un compagnon de route, lui aussi parqué au premier, Bertrand HERVIEU qui a été Président de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) de 1999 à 2003. Avant, entre autre il avait été Conseiller du Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Jean GLAVANY (1998-1999) ainsi que Conseiller Technique du Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Louis LE PENSEC (1997-1998).


Bien évidemment la vie de votre Taulier ne va pas pour autant s’en voir modifié, il va continuer de s’occuper de ses veaux, vaches, cochons, couvée, sans trop se préoccuper de la crémière ou de la  fermière, bien que…  Mais loin de l’encens du pouvoir, assis sur un strapontin, mon esprit d’escalier vaguait et énumérait sur le plan placé dans la rame le nom des stations : du beau monde Pasteur, D’Estienne d’Orves, Lamarck, du bucolique ND des Champs, de héroïque Solferino, de l’officiel Assemblée Nationale,  des classiques Concorde et Madeleine, du canaille Pigalle et puis des noms sous lesquels il me fallait chercher une histoire :


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-         au sud Corentin Celton, né en 1901 à Ploaré, est un syndicaliste et résistant communiste, fusillé par les nazis à Suresnes, le 29 décembre 1943.( la station se dénommait Petits Ménages et fut baptisé ainsi le 15 octobre 1945)


-         au nord Jules Joffrin, né à Troyes, en Champagne, le 16 mars 1846 et mort le 17 septembre 1890, est un homme politique français. En 1889, il se présente face au général Boulanger, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Ce dernier obtient deux mille voix de plus, mais son élection est invalidée. Jules Joffrin, est enfin admis à la Chambre après maintes palabres et une discussion enflammée, il continue à être la cible privilégiée des nationalistes.


-         Marx Dormoy est un homme politique français, né le 1er août 1888 à Montluçon (Allier) Socialiste SFIO il consacre principalement ses activités à la lutte contre la Cagoule, laquelle est démantelée à la fin de novembre 1937. Il défend une ligne d'opposition intransigeante face aux régimes fascistes et se prononce contre les accords de Munich. Le 5 avril 1938, lors d'une séance particulièrement houleuse qui se finit en bagarre, et alors que les cris « A bas les Juifs! » se font entendre à l'Assemblée nationale, il rétorque à un député breton antisémite : « Bande de salauds. Et d’abord un Juif vaut bien un Breton !» En juillet 1940, il fait partie des 80 parlementaires refusant de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le 20 septembre 1940, il est suspendu de ses fonctions de maire de Montluçon, puis emprisonné cinq jours plus tard. Il est incarcéré à Pellevoisin, puis à Vals-les-Bains avant d'être mis en résidence surveillée à Montélimar. Assassiné dans la nuit du 25 au 26 juillet 1941 par une bombe à retardement placée sous son lit par d'anciens cagoulards. Inhumé discrètement, il aura le droit à des funérailles solennelles à Montluçon le 9 décembre 1945. Il est cité à l'ordre de la Nation en 1946 et médaillé de la Résistance française avec rosette en 1947.


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Ainsi donc, samedi dernier, le soleil étant au rendez-vous je me suis dit je vais pousser jusqu’à Marx Dormoy. J’ai gagné à vélo la station rue du Bac pour m’embarquer dans le tube de la ligne 12. Pas beaucoup de monde mais comme y’a des travaux au bout de la ligne nous nous arrêtons à Jules Joffrin. La RATP nous offre le restant du voyage dans un bus à soufflets qui a les couleurs de l’Afrique. En surface c’est fluide et je débarque à Max Dormoy pour mon reportage en terra incognita. Mes antennes se déploient, ne pas déranger, au loin il y a la Porte de la Chapelle où je n’irai pas me recueillir et pourtant. À l’embouchure de la rue de Torcy j’aperçois sur le rivage : un tonneau. Ça fleure bon le nectar. Je m’engouffre. La boutique se détache de son voisinage par son côté soigné, minimaliste. Le 38 Gourmet j’entre.  


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Le lieu est très agréable et a un côté café-épicerie, sagement rangé certes mais qui rompt avec la monotonie habituelle des cavistes. Tout au fond un coin de restauration, fermé en août, et un bar. La jeune tenancière me propose de goûter – à l’aveugle – un vin dont elle vient de déboucher une bouteille. J’accepte tout comme un couple de jeunes. Le breuvage est glacé mais garde un beau nez. Je le réchauffe tout en commençant mon inventaire des nectars exposés. Belle collection de vignerons connus du Taulier, grande diversité avec une pointe de favoritisme pour la naturalité. Qu’importe, si les clients sont contents. Je déguste, plus précisément je savoure le nectar : du fruit, de la structure, du début à la fin il se tient bien. Bien en phase avec la météo du jour : désaltérant certes mais pas comme une lettre à la poste, ce vin laisse à la bouche une belle empreinte. C’est Braucol des Plageoles. La demoiselle explique au jeune couple, le cépage, Gaillac, la singularité de ce vin. C’est bien dit. Votre Taulier se remet au boulot : il lui faut choisir !


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Sur quelles bases, quels critères : les miens bien sûr qui valent que ce que vaut la façon de faire de votre Taulier : un étrange mélange de sentiments, de souvenirs, du présent qui rejoins la passé…


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Volcanique Côtes du Forez rouge 2011 AB O. Verdier J. Logel Marcilly-le-Chatel 42130 8,20€ la raison se trouve ICI modeste contribution au soutien des producteurs de lait de la Fourme de Montbrison (Forez-Fourme)link


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Gros Plant du Pays Nantais sur Lie 2010 Domaine de la Bretonnière Bertrand Cormerais Maisdon s/Sèvre 44 690 5,40€ pour la défense d’un vin modeste de mon pays qui vaut, lorsqu’il est élaboré par de bons vignerons, beaucoup mieux que la réputation que lui ont accolé les faiseurs des dites réputation.


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IGP Pays  de l’Hérault Carignan 2010 Talons Aiguilles L’Ancienne Cordonnerie 10,95€ Yann Le Bouler 34 760 Boujan/Libron pour le fun «  Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie » et comme j’ai l’esprit d’escalier, je relie ces talons aiguilles à Nathalie CAUMETTES du domaine de l’Ancienne Epicerie, présidente du cru Faugères, et l’une des deux femmes du Comité National de l’INAO. Dans l’Hérault, l’ancien fait du neuf  et c’est heureux.


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Voilà, mon choix était fait. J’y ajoutai un autre flacon 13€ (il vous faudra attendre une prochaine chronique pour en découvrir l’identité) et une tranche de Friton de porc moulé Laborie. www.maison-laborie.com/ Ensuite pour transporter non butin j’ai acheté au bazar du coin un petit cabas coloré pour 1,50€ puis j’ai repris la navette africaine puis le métro puis mon vélo. Et pendant ce temps-là les autos tournaient sur le périphérique… ainsi va la vie d’un Taulier qui par les fortes chaleurs, comme Tintin au Pays de l’Or Noir, est sujet aux mirages… black is black…


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Pour ceux que ça pourrait intéresser un bref rappel de l’historique de la ligne 12 :


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La construction de la ligne 12 est proposée à la Ville de Paris par l'ingénieur Berlier. Ce dernier propose de réaliser une ligne tubulaire à grande profondeur à l'image du tube de Londres, à double voie dans deux tunnels parallèles constitués d'une succession d'arceaux métalliques. Cette méthode permet un tracé le plus rectiligne possible, afin de s'affranchir des contraintes de tracé de la voirie et de passer sous les immeubles1. Le Conseil municipal de Paris est tenté par cette expérience. Il accorde le 28 décembre la concession d'une ligne Montmartre - Montparnasse à MM. Berlier et Janicot, la concession prévoit que la construction de la ligne sera à la charge exclusive de la compagnie. Mais dès les premiers sondages, la nature inconsistante du sous-sol parisien, saturé d'eau sous la nappe phréatique, compromet le projet, vu l'impossibilité d'y assembler les tubes métalliques initialement prévus. Établir la ligne à une profondeur encore plus importante devenait excessivement coûteux et rendait la construction des accès bien plus difficile. La ligne est donc finalement établie sous la chaussée, à l'image des lignes de la CMP. Le cahier des charges définitif est ainsi celui du réseau métropolitain existant1. La ligne doit en conséquence se soumettre aux contraintes de la voirie urbaine : elle possède de ce fait un profil particulièrement difficile, avec de nombreuses rampes de 40 ‰ et une multitude de courbes.


    28 décembre 1901 : concession d'une ligne Montmartre - Montparnasse à MM. Berlier et Janicot par la Ville de Paris

    5 novembre 1910 : inauguration du tronçon Porte de Versailles - Notre-Dame-de-Lorette de la ligne A de la Compagnie Nord-Sud

    8 avril 1911 : prolongement au nord à Pigalle

    30 octobre 1912 : prolongement au nord à Jules Joffrin

    23 août 1916 : prolongement au nord jusqu'à Porte de la Chapelle

    1er janvier 1930 : absorption de la Compagnie du Nord-Sud par la CMP

    24 mars 1934 : prolongement jusqu'à Mairie d'Issy

    30 août 2000 : un déraillement, résultant d'un excès de vitesse, entraîne le renversement d'une voiture à la station Notre-Dame-de-Lorette et occasionne 24 blessés

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 00:09

Le journal signale que le dit Michel Barnier a été ministre de l'agriculture de juin 2007 à juin 2009. Rappel salutaire car les politiques ont tous, sans exception, l’art de s’exonérer à bon compte de leurs responsabilités passées. Entre 2007 et 2009, début du quinquennat du précédent Président de la République, régnait un vif climat de dérégulation et l’agriculture n’était vraiment pas la tasse de thé de l’homme de la rupture.


Formellement adoptée par le Conseil des ministres en avril 2008, une nouvelle organisation commune du marché (OCM) vitivinicole a été publiée au Journal officiel. «Les changements qui seront mis en œuvre permettront d’équilibrer le marché vitivinicole, d’éliminer les mesures d’intervention sur les marchés et leur cortège de coûteux gaspillages, et de réorienter le budget au profit de mesures plus positives et plus proactives de nature à renforcer la compétitivité des vins européens.» Dans ce sens, il est donc prévu d’abolir les droits de plantation avant la fin de 2015. Ceux-ci pourront être maintenus au niveau national jusqu’en 2018. Dès le 1er janvier 2019, tout le monde pourra donc planter de la vigne n’importe où dans l’Union européenne.


Au second semestre 2008, du 1er juillet au 31 décembre, ce fut la présidence française du Conseil de l'Union européenne. Voici vu de la rue de Varenne l’accord du 20 novembre 2008 sur le bilan de santé de la PAC

 

En quelques lignes il permet :


-         de préserver l’efficacité des mécanismes d’intervention sur les marchés des céréales et des produits laitiers, déterminants dans un contexte de forte volatilité des prix,

-         de maintenir les aides couplées à des productions spécifiques, essentielles à certains territoires, jusqu’en 2012,

-         d’encadrer l’évolution des quotas laitiers avec deux rendez-vous en 2010 et en 2012, au cours desquels les ministres de l’agriculture pourront décider de leur évolution,

-         de disposer d’outils permettant de faire évoluer les aides de la politique agricole dans la perspective de 2013, afin de lui donner du sens et de la rendre plus juste,

-         d’accompagner l’agriculture durable dans le cadre de la politique de développement rural.


L’évolution des quotas laitiers se traduit par mis en œuvre en 1984, les quotas laitiers seront supprimés en 2015.


Monsieur Barnier lors de son passage au 78 rue de Varenne aura donc été un grand dérégulateur puisqu’il a contribué très efficacement à la suppression d’outils de régulation. Pourquoi pas, dans la course à la compétitivité, aux gains de part de marché, tout cela peut en effet paraître d’une saine logique de la concurrence : la régulation se fera par les marchés. Pourquoi pas ! De plus, le coût de la PAC n’ayant pas très bonne presse dans l’opinion publique réduire les politiques de soutien aux produits agricoles semble aller dans le bon sens.


Merci cher Michel Barnier de nous avoir libéré de tous ces carcans bureaucratiques, vive l’air cinglant du grand large ! Par bonheur après votre brillant passage au 78 rue de Varenne vous fûtes libéré de vos attaches nationales pour occuper au sein de la Commission de l’UE le prestigieux poste de Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services. Comment chacun le sait cette grande maison est le temple de la dérégulation alors vous devriez vous y sentir à l’aise. Oui mais, patatras, la crise ou les crises bancaires et financières sont passées par là, et il est de bon ton d’entonner des hymnes à la régulation, surtout pour un ex-responsable politique français.


Vous le faites, dans une Tribune Libre du Monde avec cette élégance de gendre idéal qui vous caractérise, ce lisse propre sur lui, en abordant la question, en bon montagnard que vous êtes, par la face qui émeut le bon peuple : la faim dans le Monde et l’insécurité alimentaire. En dehors de quelques adeptes de la Marine tout le monde s’accorde avec vous : la hausse brutale des cours des matières premières agricoles met en danger des populations. Ensuite vous tremper votre plume dans le plus pur BHL : « il faut un changement de paradigme dans les politiques internationales. La sécurité alimentaire, la capacité à nourrir le monde, ne pourra être que le résultat de politiques volontaristes menées dans la durée… »


Oui, Michel Barnier, je ne doute pas de vos bonnes intentions, d’une forme de retour à ce qui a fait le succès du gaullisme votre lointaine famille d’origine, mais je ne suis pas sûr, j’en suis même certain, on ne fait pas de la régulation avec de bonnes intentions mais avec des outils physiques de régulation. L’UE les a pratiquement tous jetés à la poubelle avec votre complicité active alors régulons, régulons, mais comment ? Je conviens que les outils de régulation de la PAC n’étaient pas parfaits, qu’ils induisaient des effets pervers, des coûts parfois élevés ou injustifiés, mais plutôt que de les casser n’eut-il pas été judicieux de les réformer à temps pour les améliorer. Dans cette anticipation réformatrice, Michel Barnier, la France a été aux abonnés absents sous les présidences de Jacques Chirac car il ne fallait pas fâcher la clientèle électorale des paysans. Le résultat de cette résistance soi-disant inflexible à des réformes intelligentes de la PAC : vous avez tout abandonné en rase campagne.


Alors, Michel Barnier, tout ce que vous écrivez est bel et beau mais vous souffrez d’un double handicap de crédibilité : votre action passée et la faiblesse de votre voix dans le collège des commissaires. La France, grand pays agricole, se devait d’être motrice d’un renouveau de la PAC à la fois pour défendre ses intérêts mais aussi jouer un rôle majeur dans le défi alimentaire mondial. Tel n’a pas été le cas, et je ne suis pas sûr que les nouveaux occupants du 78 rue de Varenne puissent infléchir le cours des choses. Régulons donc, à la française, avec des mots, des incantations, et si vous êtes de passage à Paris, cher Michal Barnier, allez donc rendre visite à la CNAOC au 12 rue Sainte Anne à Paris : vous qui avez détricoté les droits de plantation vous devriez pouvoir les aider, eux qui sont dans la peine, à les retricoter. Et ne me dites pas que vous ne les avez guère entendus pendant que vous étiez rue de Varenne ça fâcherait beaucoup monsieur Paly qui occupe maintenant de hautes fonctions à l’INAO.

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Plus de régulation européenne et de transparence

Chaque jour, les écrans télé et les journaux nous interpellent par leurs titres chocs sur la crise des dettes souveraines et de l'euro. Aussi grave soit-elle, cette crise des pays riches et de l'insouciance des années passées ne doit pas faire oublier aux Européens une autre crise : celle de la faim et de l'insécurité alimentaire.


Dans la Corne de l'Afrique et dans le Sahel, la sécheresse, les conflits armés condamnent à la faim et à la mort enfants et adultes. Au Niger, au Burkina Faso, en Gambie, au Mali et au Tchad, 18 millions de personnes sont sans nourriture, sans eau potable, sans aide vitale. Cette menace de l'insécurité alimentaire a pris une ampleur nouvelle depuis 2007-2008 avec la hausse brutale des cours des matières premières agricoles. Il ne fait aucun doute que l'alimentation sera l'un des principaux enjeux de ce siècle : selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la demande alimentaire mondiale augmentera de 70 % d'ici à 2050, pour nourrir une population qui passe de 6 à 9 milliards.


Pour y répondre, il faut un changement de paradigme dans les politiques internationales. La sécurité alimentaire, la capacité à nourrir le monde, ne pourra être que le résultat de politiques volontaristes menées dans la durée. Au-delà de l'aide alimentaire d'urgence, pour nourrir il faut d'abord produire plus et mieux. Sans soutien à l'agriculture et à l'élevage, en particulier vivrier, nous n'empêcherons pas de nouvelles crises demain.


Nous devons pour cela augmenter les capacités de production là où elles manquent le plus : en encourageant l'investissement durable dans l'agriculture, au niveau mondial avec les grands bailleurs de fonds, parmi lesquelles l'Union européenne doit maintenir son rang ; mais aussi au niveau des pays en développement, conformément aux engagements pris à Maputo de consacrer 10 % de leur budget au développement agricole.


Il faut aider chaque région du monde à se doter de vraies politiques agricoles. Je pense en particulier à l'Afrique de l'Ouest, dont les pays commencent à mettre en place des outils pour gérer les défis communs : calamités naturelles, meilleure gestion de l'eau et des stocks agricoles. Bref, mutualiser comme nous l'avons fait nous-mêmes en Europe. Nous devons aussi travailler à un code de conduite pour les investissements fonciers et l'usage non agricole des terres, et agir pour tempérer la volatilité des prix : par une transparence collective sur les stocks existants pour que les marchés jouent mieux leur rôle de formation des prix ; en développant des outils de couverture innovants et sûrs.


Cette volatilité des cours m'interpelle aussi en tant que commissaire européen chargé des services financiers, car elle interroge le rôle des marchés financiers où s'échangent des produits dérivés agricoles. Ces contrats sont dits " dérivés ", car leur valeur " dérive ", c'est-à-dire qu'elle dépend de l'évolution des prix des denrées agricoles sur les marchés dits " physiques ". Les dérivés agricoles ont été créés pour permettre à des producteurs ou à des acheteurs de denrées physiques de se couvrir contre une évolution défavorable de leur cours.

Or, ces marchés ont explosé entre 2002 et 2008, le nombre de dérivés agricoles a été multiplié par trois, et leurs échanges par quatorze ! Cette explosion, qui les a détournés de leur but originel, est due à des acteurs financiers au comportement " spéculatif ". La grande mobilité de ces capitaux, couplée à des effets d'emballement collectif et à des techniques comme le trading automatisé à haute fréquence, peut alimenter des bulles à répétition.


Cette financiarisation des marchés agricoles est aussi allée de pair avec une plus grande volatilité des prix physiques, en accentuant les conditions climatiques ou l'asymétrie entre l'offre et la demande.


Les prix du blé, du maïs et du sucre s'emballent. C'est une menace pour les consommateurs, et les populations vulnérables, qui en supportent in fine le coût. Les agriculteurs et les éleveurs, eux aussi, en paient le prix : quand les intrants coûtent plus cher, ou parce qu'ils doivent financer leurs contrats de couverture avant d'avoir vendu leur récolte. La régulation par les pouvoirs publics est donc nécessaire. C'est pourquoi l'Europe agit dans ce domaine. Nous imposerons la transparence aux produits dérivés pour savoir qui vend quoi et à qui. Un nouveau cadre entrera bientôt en application pour dissuader les transactions opaques de gré à gré, standardiser les contrats, les enregistrer dans des référentiels centraux et les diriger vers des chambres de compensation.


Depuis le 1er janvier 2011, une Autorité européenne des marchés financiers assure une coordination plus étroite entre les superviseurs nationaux, ainsi qu'avec les régulateurs des marchés physiques. A l'avenir, ils auront aussi de nouveaux pouvoirs. Les opérateurs devront révéler le niveau de positions qu'ils prennent, et les superviseurs pourront intervenir en cas de volatilité excessive pour plafonner ces positions. Nous proposons de renforcer les sanctions contre les abus des marchés, et notamment les manipulations des marchés physiques et financiers des produits agricoles.


Il faut des réponses fortes et efficaces qui nécessitent une convergence mondiale et des efforts collectifs. L'Europe doit y tenir son rôle et sa place. Afin de rester un partenaire crédible pour les autres pays, face à la crise alimentaire autant qu'à celle de la zone euro, c'est à l'évidence une nécessité d'être de plus en plus solidaires et de plus en plus européens.

 

Michel Barnier

 

Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 00:09

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

En plein mois d’août, je biche, car ma « pouliche », on dit bien son poulain alors j’ose, qui brigue la présidence de mon nouveau parti, rue dans les brancards, elle prend même le mors aux dents l’altière NKM pour dénoncer les réactions «méprisantes» des socialistes à l’encontre du scotché à son Smartphone, le cycliste du Cap Nègre qui s’emmerde comme un rat mort chez sa belle-mère. J’adore lorsqu’elle s’en prend à Lolo Fabius et à la mère Aubry car je pense à son cher mari, ce cher Jean-Pierre Philippe, l’amorti de service, qui a roulé tout un temps dans l’écurie du sémillant Laurent. C’est du taillé à la serpe avec des échardes : « Pour Nicolas Sarkozy, il faut agir. Pour François Hollande, il suffit de faire semblant», affirme-t-elle. C’est beau comme de la surenchère d’amour pour son ex-dieu vivant. Après, en bonne polytechnicienne, elle y va à la truelle, j’oserais même écrire à la galoche «Quand des massacres étaient en cours ou menaçaient, comme en Géorgie, Nicolas Sarkozy n’attendait pas la fin des congés payés pour intervenir», torche-t-elle, en en remettant une couche épaisse «le gouvernement de François Hollande renvoie aux réunions inscrites à l’agenda, et à une tournée de Laurent Fabius la semaine prochaine dans la région». Pourquoi seulement la semaine prochaine ? Les vacances priment elles ?», s’interroge-t-elle. «En France, des commissions, à l'étranger, des réunions, et nulle part, des résultats». Trop de mots Nathalie ça nuit à la crédibilité, si j’osais je suggèrerais que notre Nicolas, shérif du monde libre, soit nommé en lieu et place de Koffi Annam en Syrie vu les bons rapports qu’il entretenait avec le boucher de Damas et maintenant les opposants. Bien sûr, je ferme mon clapet car je ne suis pas sûr que mon humour soit très prisé à l’UMP. L’auvergnat, qu’à la gueule des aryens épris de boisson, joue aussi les matamores de salon : «avec Nicolas Sarkozy, il y avait une action forte, action forte en Libye, action forte en Côte d’ivoire, action forte en Géorgie, il y avait une action permanente qui était impulsée, la France était en pointe. Et aujourd’hui la France a disparu».


« On peut légitimement se demander si, en regrettant que la nouvelle majorité n'intervienne pas en Syrie, Nicolas Sarkozy se soucie prioritairement du sort des Syriens bombardés dans Alep et ailleurs ou s'il veut mettre dans l'embarras son successeur et sortir d'un silence qui commence à lui peser. Sans même polémiquer sur le fait qu'il soit étrange pour un tout récent ex-chef d'État de faire savoir qu'il a appelé au téléphone le responsable de l'opposition d'un pays en guerre, il faut rappeler que la Syrie n'est pas la Libye. Sur aucun plan. » ce que je viens de lire n’émane pas d’un défenseur de notre PNR, accusé de se dorer la pilule au fort de Brégançon par les séides de son ancien parti, mais d’une journaliste de l’hebdomadaire le Point, Mireille Duteil. Très justement elle pointe la premier obstacle, bien connu des va-t-en-guerre puisqu’il existait déjà lorsqu’ils étaient au manettes avec le petit Nicolas : la menace du veto Russe et Chinois au Conseil de Sécurité. Une broutille auxquels s’ajoutent des détails sans importance : la taille de la Syrie : 22 millions d’habitants, une mosaïque de communautés et de religions, la crainte d’une partie des Syriens de voir les Frères Musulmans prendre le pouvoir,, la position géographique du pays qui font de ce conflit une sorte de guerre froide « soft » sur le dos de la population. Les Iraniens ont rassemblé 29 pays à Téhéran, ce 9 août, pour appeler à l'ouverture d'un dialogue national en Syrie. « Ni la Russie ni l'Iran ne laisseront tomber la Syrie de Bachar el-Assad. Ils ont trop à perdre, surtout l'Iran. Sans Damas, Téhéran n'a plus de pays alliés dans la région et sera coupé du seul mouvement dont il est proche, le Hezbollah libanais. »


Si j’étais blagueur je ferais passer un petit mot à JPP du style « Tempère les ardeurs de ton épouse car si elle veut rester crédible ce genre de dérapage incontrôlé laisse des traces… » mais comme je ne vais pas brûler des cartouches que je n’ai pas en ramenant ma fraise sur la Syrie je juge plus sage de m’abstenir. Pendant que je butinais le Point tombait dans ma boîte mail une info que me communiquaient mes amis corses « Pierre MOSCOVICI : visite et inauguration de la coopérative oléicole de Balagne (Haute-Corse) - Le Mercredi 8 Août 2012 à 17h00 - Pierre MOSCOVICI, Ministre de l’Economie et des Finances a accepté l’invitation de René COLOMBANI, président de la coopérative oléicole de Balagne (Haute-Corse)

Le Ministre va inaugurer le mercredi 8 aout 2012 à 17h00 la rénovation de la coopérative oléicole de la Balagne, située dans la Zone artisanale de la Commune de Corbara, en présence du Député de la Haute- Corse et Président exécutif de Corse, Paul GIACOBBI, du Président de l’assemblée de Corse, Dominique BUCCHINI, du Président du Conseil général de la Haute-Corse, Joseph CASTELLI, du Maire de Corbara, Paul LIONS et du Président de la Chambre régionale d’agriculture, Jean-Marc VENTURI. Cette coopérative produit environ 50% de l’huile d’olives produite en corse sous le label européen A.O.P (appellation d’origine protégée) et est le gros metteur en marché d’huile d’olives de Corse.


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Déroulement de l’inauguration :


17h15 : Discours du Président de la coopérative (René COLOMBANI)

17h30 : Discours du Maire de la commune de Corbara (Paul LIONS)

17h45 : Discours du Député et Président de l’exécutif de Corse (Paul GIACOBBI)

18h00 : Discours de Pierre MOSCOVICI, Ministre de l’Economie et des Finances

Puis visite des nouvelles installations.


J’y serais bien allé en compagnie de ma belle amie mais, comme dans l’île tout se sait, mes nouveaux alliés de l’UMP  en seraient vite informés par leurs réseaux corses. La prudence me conseillait donc de m’abstenir mais pour ne pas froisser mes amis corses, toujours aussi sourcilleux, je prétextais un déplacement programmé à Londres pour les Jeux Olympiques.  

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 14:00

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En juin lorsque l’appel avait été lancé ça m’avait échappé mais vendredi matin sur France-Inter j’ai entendu parler de cette initiative intéressante des ouvrières et ouvriers de l’atelier de façonnage haute-couture en lingerie Les Atelières de l’entreprise Lejaby.  Elle ne relève en rien d’une forme de charité publique mais d’un geste citoyen pour un projet qui me semble tenir la route.


Le fils de couturière que je suis, l’amateur de belles fringues et de dessous chic vous relaie l’info en publiant le texte de l’appel des ouvriers et ouvrières des Atelières.

 

Les Atelières, atelier de façonnage haute couture en lingerie et bain, sera créé́ à l’automne prochain après la rencontre, en janvier 2012, entre d’une part, un groupe d’ouvrières et d’ouvriers de l’entreprise Lejaby conduit par Nicole Mendez et d’autre part, Muriel Pernin, chef d’entreprise.


Sur ce champ de ruines qu’est l’industrie de la corsetterie en France, notre objectif est de maintenir vivant ce savoir-faire. L’atelier, qui comptera 25 personnes à son ouverture, aura pour premier client la nouvelle Maison Lejaby puisque Alain Prost s’est engagé́ à nous confier la réalisation de ses collections haute couture.


Si notre aventure réussit, elle sera la preuve qu’un nouveau modèle est possible conjuguant, sur le marché du luxe, l’audace industrielle et l’excellence du savoir-faire français. Notre initiative est soutenue par la préfecture du Rhône pour son caractère expérimental. La dimension innovante de l’entreprise porte également sur l’organisation sociale de l’atelier qui fonctionnera avec un management participatif.


Soutenez-nous avec 10 euros

 

La souscription débute ce lundi 18 juin 2012 et se poursuivra jusqu’à l’automne. Son objectif est de récolter les fonds nécessaires à l’équipement de l’atelier qui sera installé́ en proximité́ de la gare de la Part-Dieu, selon toutes vraisemblances à Villeurbanne.


A l’heure qu’il est, au regard de l’avancement du projet, nous devrions être en mesure d’ouvrir l’atelier en octobre. En revanche, même si tous les atouts sont réunis, l’aventure demeure incertaine, en particulier au regard des premiers besoins en trésorerie, par exemple pour louer les locaux dès cet été́ ou pour équiper l’atelier afin de le rendre plus ergonomique pour le personnel.


10 euros : c’est le montant demandé !

 

Nous avons voulu qu’il soit modeste, pour qu’il soit accessible au plus grand nombre. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Chaque soutien comptera. Les donateurs seront des bienfaiteurs qui pourront suivre la création puis la vie de l’atelier.

 

Comment donner ? Où iront les fonds ?

 

• Il est possible de donner dès maintenant, par chèque et par courrier : Les Atelières, L’association, 25D rue Chevreul, 69100 Villeurbanne. Ordre : Les Atelières, L’association.

• A partir de début juillet, en ligne, via notre page Facebook, Les Atelières.

 

Les fonds recueillis iront à «Les Atelières, L’association», dont l’ambition est de préserver les savoir-faire de couture qui disparaissent. Aujourd’hui, co-présidée par Muriel Pernin et Nicole Mendez, l’association entrera demain au capital de la société́ commerciale et participera aux décisions stratégiques de l’atelier.

 

Et pour ceux qui veulent donner plus ?

 

Ils peuvent nous contacter par mail :info@lesatelieres.fr  ou www.facebook.com/Lesatelieres

 

INFORMATION

Muriel Pernin 06 66 72 93 04

Nicole Mendez 06 82 58 87 01

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L'atelier des anciennes employées de Lejaby va bien voir le jour. L'appel au don lancé il y a deux mois sur Facebook a porté ses fruits. Près de 50.000 euros ont été récoltés. Des dons qui permettront aux anciennes ouvrières du fabricant de lingerie de créer dès le mois d'octobre leur propre atelier de façonnage de lingerie et de maillots de bain haute-couture.

 

La moitié du chemin parcouru

 

"Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Chaque soutien comptera. Les donateurs seront des bienfaiteurs qui pourront suivre la création puis la vie de l’atelier", pouvait-on lire sur la page Facebook des anciennes couturières. Depuis la publication de ce message, la moitié de la somme nécessaire pour ouvrir un atelier a été récoltée.

Mais Muriel Pernin, actuellement à la tête de l'agence de communication Cités Plume, se montre très confiante pour récupérer les 50.000 euros restants. Certains donateurs se montrent d'ailleurs très généreux. "La majorité des dons se situent entre 10 et 20 euros, mais nous avons également eu des dons de 1.000 euros", se réjouit Muriel Pernin, ajoutant que "tous les donneurs, peu importe leur profil, ont en commun l'intérêt pour l'industrie et le savoir-faire français".

 

Miser sur la filière du luxe

 

Et c'est bien sur l'aspect "made in France" que les "Atelières" comptent miser. "Au vu des circonstances actuelles, le luxe est le seul secteur où l'on peut se positionner pour avoir des chances de réussite. Aujourd'hui, nous avons déjà plusieurs marques de luxe qui sont intéressées par notre projet, on avance donc sereinement", commente Muriel Pernin, interrogée par Le Figaro.fr.

 

En complément des financements des pouvoirs publics, un partenariat a été signé entre Alain Prost et les collaborateurs qui ont repris Lejaby. Pour Alain Prost, "il y a un vrai marché à conquérir dans la lingerie haut-de-gamme, qui est pour l'instant quasiment inexistant en France. Nous avons déjà lancé Lejaby Couture, dont les articles seront fabriqués dans l'Hexagone, mais nous avons besoin de partenaires comme Mme Pernin pour développer ce marché."

 

Une fois la totalité des fonds collectés, les anciennes de Lejaby devraient installer leurs équipes dans de nouveaux ateliers, situés dans la banlieue lyonnaise.

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 00:09

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Mea culpa, mea maxima culpa… j’ai fauté... j’ai péché... je me suis laissé aller à aimer un breuvage d’appellation d’origine contrôlée, un Côtes-du-rhône qui avait fichtrement goût de raisins. Tout ce qu’il me fallait ce jour-là pour, à la fois, me désaltérer et accompagner mon petit mâchon d’été. Mais une fois mon forfait perpétré, alors que je baillais aux corneilles je fus pris soudain de remords : n’étais-je pas en train de commettre un péché mortel  en consommant un vin qui ne répondait pas vraiment aux canons de la loi tels que définit par les détenteurs du savoir du vin : tous ces grands consultants qui donnent le la, juge et partie, qui sillonnent le monde, font du vin pour eux, pour d’autres, j’en connais même un qui siège dans le Saint des saints du Comité national de l’INAO : ne l’appelez pas Hubert il ne vous entendrait pas… En clair, un vin doit avoir goût de vin et non goût de raisins… Bien sûr, dans ma tête de mécréant je minorais ma faute, la qualifiant même de vénielle, puisque le vin bu  avait reçu l’estampille officielle de son appellation. Il était donc jugé typique par les caciques mais… ce goût de raisins, si affriolant, si excitant, n’était-il pas la preuve d’une réelle déviance que je devrais avouer toute honte bue aux juges du bien boire, du boire officiel, tel que défini pour les siècles des siècles.


Si j’allais quémander auprès d’eux le blanchiment de mes fautes en me drapant dans une contrition parfaite, soit la promesse de ne plus recommencer, je ne ferais que ce que je faisais avec le curé en confession : je me soumettrais à une pure parodie. Mais, plus j’y pense plus je me dis que je suis bien con de me faire du mouron car les gardiens des tables de la Loi m’ont déjà excommunié. Boire ainsi, se régaler d’une poignée de raisins c’est démontrer son incapacité congénitale à entrer dans l’univers des grands vins. Je suis un hérétique, un schismatique, pire un acculturé qu’il faut mettre au piquet. Certains vont dire que je décoconne grave avec mon histoire de poignée de raisins, en sont-ils aussi sûr que cela ? Certes, à dessein, j’ai poussé le bouchon aussi loin que possible afin de faire toucher du doigt la ligne de partage entre deux générations de buveurs de vin. Les peintres officiels ont méprisés les nouvelles écoles, les ont rejetés, bannies et puis… les amateurs ont choisis… ainsi va la vie… même dans le monde du vin…

 

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Appellation   Côtes du Rhône Rouge

 

Site :   plusieurs parcelles des plus jeunes vignes du Domaine, situées à Gramenon sur la commune de Montbrison sur Lez.

 

Cépage : Grenache et Cinsault

 

Taille Cordon de Royat et Gobelet

 

Age des vignes :de 5 à 30 ans

 

Rendement : 35 hl/ha

 

Sol : Argilo-calcaire

 

Vinification :            vendange manuelle en caisses avec tri

 

Macération de 10 jours en cuve ciment brut

 

Vendange partiellement éraflée

 

Levures indigènes

 

Elevage 6 mois en cuve

 

Mise en bouteille mars avec un sulfitage à 2g/hl

 

Garde à boire dans les 3 ans

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 14:00

Il n’y avait que la montagne à passer pour que le grand jeu de piste normal de l’été débarque chez mon vigneron cul(te)

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Petit retour en arrière : même si nous sommes en plein mois d’août, ici à Paris on ne s’en aperçoit guère, projetez-vous en plein mois de mai 2011 : les 9 et 10 très précisément.


Le taulier annonçait la couleur en référence à la célèbre campagne de l’annonceur Avenir en 1981 « Le 2 septembre j'enlève le haut » et « Le 4 septembre j'enlève le bas ».


Face au spectacle offert la blogosphère tremblait dans ses fondements les commentaires fusaient de partout (z’avez qu’à aller voir) et comme de bien entendu tout ce ramdam débouchait sur une interview de ce vigneron cul(te) le 18 juin 2011. De nouveau, les commentaires pétaient, si je puis m’exprimer ainsi à propos de l’exposition des 9 et 10 mai.


Bref, si vous avez suivi le Taulier, et si vous savez plonger dans les ARCHIVES du blog (colonne de droite) vous vous retrouverez dans mon méli-mélo.


Dans son interview du 18 juin mon vigneron-culte évoquait la cuvée phare de son vignoble quasi-latifundiaire : quel est son nom ?

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