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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 14:00

La gare de Libourne est-elle en sursis ? La LGV va sans doute la reléguer au rang de station ferroviaire pour tortillards. Pauvre Baronne G ! Et pourtant au temps de son père « La Ve République, avec la déferlante UNR post 58, puis ses technocrates énarques, avait érigé le « parachutage » en adoubement des nouveaux barons du régime et de ses jeunes turcs. Venus du « ciel » les nouveaux arrivants se devaient pour survivre de s’enraciner dans le terroir de leur circonscription. Le cas Boulin est intéressant du fait des spécificités du « pays Libournais ». En effet, celui-ci montre « une sensibilité aigue, voire épidermique, face aux autres territoires girondins et à la métropole de Bordeaux » Qu’une petite ville 10 fois moins peuplée que sa voisine soit doté d’une succursale de la Banque de France, d’une Caisse Régionale de Crédit Agricole indépendante de celle de la Gironde (le St-Émilionnais est rattaché à cette dernière), d’une Chambre de Commerce et d’Industrie témoigne d’un  « patriotisme de clocher » dont le « parachuté » Boulin doté d’une envergure nationale a dû tenir compte en « jouant le jeu » des spécificités du monde du vin libournais. »

 

Votre taulier a donc pris son billet de seconde carte senior 24,20€ :

 

 Départ à : 09h57  de la gare de LIBOURNE arrivée à 10h20 à la gare de BORDEAUX SAINT JEAN puis à 10h40 embarquement dans le TER 65367 arrivée à la gare de LA ROCHE SUR YON à 13h58, changement pour l’Intercités 14h12 3842 arrivée à 14h44 à la gare de LES SABLES D’OLONNE ;

 

4h47 de voyage, j’aurais été plus vite en auto mais je n’aurais pas eu le plaisir entre la Roche s/Yon et Les Sables d’Olonne de faire un arrêt à la gare de La Mothe-Achard (pas vrai Henri-Pierre Troussicot !)


Mais pourquoi diable aller aux Sables d’Olonne ? Pour aller saluer mon vieux copain Dominique Remaud et mon oncle Gilbert Renaut, dit Gomina, du côté de la Chaume ? Pourquoi pas ! Mais comme je suis un peu vicieux sur les bords ma question est plus tordu  qu’un vieux cep de Carignan cher au Forgeron de Dana, l’ami Michel très porté avec Léon sur les soutifs.

jacques-dupont-j-ai-toujours-fait-un-lien-entre-vin-et-hist.jpg

Pourquoi ai-je dans une chronique « Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble » affublé le plus beau nez du PDF (paysage dégustatif français) de cet étrange qualification ?

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 00:09

Lucia4-0192.JPG

 

Chers amis aoûtiens,


Je rebondis sur l'appétante chronique de Jacques sur le sensible Jean-Paul Kauffmann link(sensible étant un compliment pour ceux qui ne comprennent rien a rien) à qui j'ai envie de rendre hommage, en vous parlant, à mon tour, d'un de ces mondes parallèles, entre parenthèses, ici une parenthèse enchantée, qu'il doit aussi bien connaître et qui permet à tous les sensibles de vivre et/ou de se ressourcer.


Une bulle avant la rentrée dont on nous prédit qu'elle sera d'enfer – mais qui connaît vraiment l'enfer dans nos sociétés civilisées –  un coma neuronal volontaire où le corps est à la fête et la tête au repos – ou l'inverse, selon les moments.


Absolument rien de spécial dans ce monde parallèle, ma parenthèse enchantée, dont je tairai le nom, de peur qu'il ne devienne comme le Cap Ferret que j'ai tant aimé et qui est juste devenu autre chose que le paradis sauvage de mon enfance.


Un monde entre-parenthèses, disais-je, très simple : juste un bord d'océan sauvage aux couchers de soleil jolis comme un dessin d'enfant, une mer fraiche et revigorante, des baignades dangereuses pour les idiots, des vagues exaltantes pour les surfeurs roulant leurs jeunes biceps avantageux, un bout de  plage surveillée ou se mélangent serres colles textiles et nudistes, et quelques cent mètres plus loin, à perte de vue... plus personne, juste  la mer, les dunes, un bunker, le sable, tout ça rien qu'à soi, en plein mois d'aout, vide, bleu, jaune, eau cristalline des poches de mer tièdes laissées a marée basse ou l'on flotte les bras en croix, liquide amniotique, aucune radio, aucun cri d'enfant surexcité qui peut se lâcher enfin des tensions de l'année, aucun parasol aux couleurs vert pomme ou jaune fluo.


Rien.


Pas même une mouette.


Le vent chaud, il fait 34.


C’est l'heure du goûter et la pèche acidulée coule sur le menton.

 

L'esprit clapote, le corps prend ses aises, la bouche s'entrouvre.

 

S'ensuivent, selon l'humeur, un petit somme ou une belle marche, les yeux dans les vagues, une baignade sans maillot, et toujours nus au soleil, BB avait raison, y a rien de meilleur, pardon à tous les dermatos et cancérologues du monde.


Vers 19h30, retour au petit village d'été. (L'arrivée s'étant faite vers 16h, après les heures trop chaudes, après la sieste divine ou tout est permis, l'amour, le sommeil, la lecture, Sibelius en sourdine...)


Un peu mercantile, cette bourgade d'été, comme il se doit : on y vend un chouia de fripes terriblement baba cools, des glaces trop flamboyantes pour être honnêtes – pas d' italiens pour lever les yeux et les mains au ciel mais de nombreux hollandais et de non moins nombreux enfants ravis ;  il y a une mini superette chère avec des petits pliants de plage tous turquoises et  des aliments sous plastique ; à cote un magasin de surf bariolé, un café sans tabac, aucune librairie et une  presse réduite – lire, pourquoi faire – des maisons  éparpillées derrière les dunes, en parpaing, hétéroclites, mal construites, trop modestes pour prétendre au bois et à l'acier de quelques maisons d'architectes plantées ça et là comme de beaux objets incongrus; beaucoup d'énormes campings cars venus du Nord et des estafettes qu'on ne voit plus que dans les films des années 60 avec des petits rideaux cachant des matelas de mousse, des tentes, des vêtements sableux, des combinaisons de surfeurs, des foulards fleuris.


C'est l'heure d'emprunter la rue principale avec son « hôtel de la plage » en bois, première verrue du boboïsme, un magasin de déco rempli de fort jolies petites choses inutiles qui, tiens, appartient au même propriétaire que l'hôtel, comme c'est classique; c'est l'heure de dire non au  boulanger aux mauvais pains mais aux tentants pastis-délicieuses brioches étouffe chrétien du coin, de s'installer dans LE petit restau sympa du coin. Tables bois, chaises plastique, serviettes rouges en papier. Si l’on ne le connaît pas, on passe son chemin.

Mais c'est une erreur : la nourriture y est saine, bonne, roborative. Il y a une salade de belles tomates aux oignons rouges, des vraies pommes de terre sautées –  croustillantes à souhait, avec juste ce qu'il faut de  toutes petites miettes très grillées et salées qu'on picore à la main au fond du plat – des côtes d'agneau fondantes... Et pas de  musique de fond, un miracle, aujourd'hui.


On dévore, la conscience tranquille – c'est les vacances-


Et on finit juste à temps, vers  21h, pour repartir voir, à pied, la claquette trainante, le coucher de soleil, à quelques mètres.


Les surfeurs forment des ombres photogéniques, les derniers enfants et chiens plongent et  s'ébrouent en jappant, le soleil est rouge cerise, la foule des estivants  soudain se tait d'un commun accord, émue par cette carte postale somptueusement gratuite.


La mauvaise buvette sur la plage destinée aux « jeunes-qui-surfent » (hamburgers  et frites surgelées)  a allumé ses lampions sous les canisses.


Même la musique y est mauvaise.


Aucune importance : le meilleur cinéma du département  vous attend, car oui, le meilleur dans ce village d'été, c'est la rencontre avec  deux fous amoureux de la Toile qui passent des bons films en VO toute l'année; ce soir-là  passe « the Sapphirs » un film swinguant épatant en accord total avec la légèreté et le bonheur de l'après-midi. Samedi, on passera toute l'après-midi dans le noir, même s'il fait beau, pour voir « Welcome in  Vienna » une trilogie comme on les aime sur le nazisme et la vie sous l'occupation.


Voilà.


Je vous avais prévenu, ce monde entre-parenthèses, ma parenthèse enchantée, n'a rien de vraiment original.


On peut aussi le trouver au Louvre, dans les Abruzzes, à Fakarava, au bord d'un torrent corse, dans une conversation sur la vie, l'amour, la mort entre amis bienveillants et chaleureux, dans un couvent, dans un livre de poésie, que sais-je encore.


Le tout, avec les mondes parallèles, les parenthèses, c'est de les voir, et de savoir plonger, s'immerger dedans, sans retenue.


Ce qui n'est pas donné à tout le monde.


Nous sommes d'accord, Jean Paul Kauffmann.

 

Restons en contact, voulez-vous ?

 

Tante Aline

 

Ps: Une recette des années 60 revisitée, à mettre en Tupperware pour la plage: la fameuse salade de riz.

Pour 6 à 8 (si vous êtes moins, il en restera pour le lendemain, mais ça m'étonnerait):

 

Faire cuire du riz  bio normal, un grain qui se tient, pas trop fin (donc pas du basmati)   110gr/personne (avant je mettais 80gr mais je vois bien que la plage donne faim et que tous ici lèchent les derniers grains de riz de leur Tupperware)


Dans le riz encore chaud et bien égoutté,  rajoutez :


Du thon émietté (un à deux flacons de thon germon, flacon de verre et thon encore en filets, sinon (soupir) en boite.)

Puis coupés en très, très petits morceaux ( toute la bonté de cette salade vient de là):

2 ou 3 citrons confits

3 ou 4 tomates cœur de bœuf sans leur peau mais avec leur jus (cf. mon avis sur les vraies et les fausses dans une autre chronique),

Un oignon moyen, très doux,

un énorme bouquet de coriandre

Une bonne grosse poigne de pignons. (Ou selon goût, des  pistaches ou des  amandes concassées, ce qui est important c'est d'avoir un peu de croquant sous la dent)

Faites une sauce relevée (moutarde forte, citron, sauce soja, vinaigre balsamique, huile olive la plus fruitée possible).

 

Versez.

 

Mélangez le tout avec le riz. Goutez. Salez, poivrez comme il vous chante.

 

Mettez au frais.

 

Dévorez lentement avec des petits sandwichs de pain noir ou campagne ou seigle coupes fin, grillés juste sur un côté,  fourrés de tapenade noire ou verte.

 

Un petit vin  de jeunes vignes, 100% merlot, bien rond et  fruite (Plaisir de Siaurac, excellent Lalande de Pomerol à moins de 10€, à mettre 30mn au frais. www.chateausiaurac.com )

 

Une salade de pêches abricots à la menthe fraiche pour terminer, avec un soupçon de  miel liquide, un jet de citron et quelques framboises pour rougir le jus. Des pailles d'or régressives ou des Traou Mad (les vrais, svp)  qui fondent dans le jus.

 

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Jean-Marcel Bougereau sonne la charge dans le Plus du Nouvel Obs. « Monsieur Henri Guaino se veut gaulliste. Il en prend volontiers la pose. Le gaullisme, c’était, dit-on, une certaine idée de la France. De la grandeur. De Gaulle expliquant qu’il n’y avait plus la gauche et la droite, ajouta un jour : « Il y a les gens qui sont en haut (…) et il y a les gens qui sont en bas et qui s’agitent dans les marécages. » Henri Guaino, fait partie de ces gens du bas. De ces gens qui s’agitent dans les marécages. » Notre néo-député fait feu de tout bois pour continuer d’exister, il manie l’injure avec l’élégance d’un buffle qui ne sait plus où donner du museau, il fulmine « Peut-être que Monsieur Hollande se sent plus proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l'armistice ? Ce n'est pas ma France. » Très doctement il remet ce foutu usurpateur à sa place « Ce qui a été commis au moment de la rafle du Vél d'Hiv est une abomination. C'est une horreur (...) Mais la France, qu'est-ce qu'elle a à voir avec cela? » Le père Bougereau la moutarde lui monte au nez, il tacle sévèrement l’agité des Yvelines qui rêve de l’Elysée pour son auguste personne « Eh oui, bien sûr que la France avait quelque chose à voir avec le Vel' d'Hiv'. La France concrète, pas la France des rêves d’Henri Guaino. La France, c’est Charles de Gaulle ET Philippe Pétain, Pierre Dac ET Jacques Doriot, Robert Brasillach ET Louis Aragon, Adolphe Thiers ET Louise Michel, que ça vous plaise ou pas. La France des flics qui ont raflé les Juifs, ceux qui, sachant ce qui allait se passer, ont prévenu des Juifs et leur ont permis de fuir. Et bien sûr l’écrasante majorité de ceux qui n’ont rien fait. »


Ce mois d’août est vraiment formidable, même le cocker qui fait du scooter comme un pied à Capri remue la queue depuis son grabat, le collaborateur libéré de son maître gonfle ses petits poumons, fronce ses gros sourcils pour exhorter notre PNR à sortir du Fort de Brégançon « Si j'étais François Hollande, je prendrais l'avion maintenant pour Moscou, si possible avec (la chancelière allemande) Angela Merkel, et je chercherais à offrir à la Russie de véritables garanties sur sa sécurité et sur une relation de confiance avec l'Otan » Quel homme, quel allant, pas va-t-en-guerre quand même il dit être opposé à une intervention militaire, qui constituerait d'après lui une « très grave erreur stratégique ». L’ex-syndic de faillite somme François Hollande de  prendre des risques, « qu'il abandonne ses postures bourgeoises et atlantistes version guerre froide. Qu'il parle avec la Russie ». Notre personnel politique se surpasse et les deux ex porteurs d’eau de Philippe Séguin sont admirables. Je décide de m’inscrire sur Twitter pour leur apporter mon soutien le plus enthousiaste. Je baptise mon compte « paderépit » et je balance à tout va en m’inspirant du roquet de Meaux ou du permanenté de Haute-Marne qui, s’inspirant de son grand voisin de Colombey-les-deux églises, fait lui aussi dans la dentelle « Capitulation face aux promesses de campagne qui ne sont pas tenues, capitulation face à la situation économique (...) et puis capitulation face à la situation internationale où l'absence de la France, alors qu'elle préside le Conseil de sécurité des Nations unies, se fait cruellement sentir ».


Le journal Sud-Ouest m’apprend que « dans le cadre de la campagne interne à l'UMP pour prendre la présidence du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet sera demain en fin d'après-midi (de 16 à 18 heures) près de la capitainerie du port de Capbreton. »  Récusant son étiquette de grande bourgeoise elle dit s’inscrire clairement dans la filiation de l'action de Nicolas Sarkozy, basée sur des « valeurs de droite, travail, autorité, responsabilité, mais (avec un) esprit de réformes » Sa profession de foi, quoiqu’elle en dise fait quand même assez bobo, parisienne exilée à Longjumeau avec big Jean-Pierre « Ma droite à moi, elle n'est pas conservatrice. On est là pour produire des idées nouvelles, éventuellement aussi (pour) casser les codes, aller à l'encontre de la pensée unique. Je souhaite par exemple que l'on continue à défricher les nouveaux champs comme le numérique, l'écologie. Ça n'a pas toujours été la position des leaders de ma famille politique » Bof, ça ne m’enthousiasme guère et je me tourne vers l’autre outsider Bruno Le Maire qui lui  avance à pas de Sioux « Je me prononcerai définitivement fin août sur une éventuelle candidature. J’attends de passer la barre de 1.000 parrainages pour pouvoir me prononcer ». Il veut continuer, quoiqu’il arrive, à jouer dans la cour des grands, sa seule place, « Ce que je souhaite, a-t-il lancé à l’adresse des autres candidats, François Fillon et certainement Jean-François Copé, c’est que l’on passe justement à la culture du débat. Quelles sont les propositions ? Qu’est-ce que vous nous proposez, vous les éventuels candidats, pour l’avenir de notre famille, pour gagner les élections de 2014, comme projet politique ? » Franchement je préfère la castagne, NKM et Le Maire ne m’intéressent pas, ils sont sortis du même moule et je sens poindre sous leur lisse le même orgueil démesuré, la même suffisance. Mon départ en Corse va me faire le plus grand bien, la droite française, en dehors de Buisson, n’a aucune  espèce de colonne vertébrale, ce n’est que du mou dans des tuyaux de poêle.

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 00:09

Après un mois  de juillet mouillé et plutôt frisquet au virage du 15 août nous avons basculé dans une vraie canicule surtout dans le grand Sud-Ouest. Les autorités sanitaires qui, au temps du Phœnix du Poitou, avec leur art consommé d’être toujours en retard d’une guerre, englués dans leurs procédures, avaient par leur inertie largement contribué à éclaircir les rangs des personnes âgées, nous balancent des conseils par la voie des ondes ou de la télé. Restez au frais et BOIRE.


Les gens du Sud le savent mieux que quiconque, tenir leur intérieur au frais, en tirant les volets, en retenant la fraîcheur de la nuit, est la règle de base. En effet, lors des pics de chaleur l’amplitude entre le jour et la nuit étant très faible si l’on trouver le repos il faut que la maison ne se transforme pas en four. Donc, si possible, restons au frais ou cherchons le frais là où il est. C’est plus simple à la campagne que dans les villes. Chez moi, au neuvième plein sud, sans vis-à-vis ça cogne dur. J’ai des stores, des ventilos, mais c’est chaud.


Alors boire !


De l’eau fraîche bien sûr, pas glacée, mais l’eau c’est fade et l’eau du robinet pas terrible, quand à l’eau en bouteilles on a vite fait d’épuiser le stock du magasin du coin. Alors boire oui mais aussi se désaltérer, se désoiffer.

 

Mes conseils :


1-      L’eau coupée de vin rouge avec une variante sympathique : mettre de la glace pilée dans votre vin rouge que vous choisirez fruité. À chacun ses proportions mais le vin doit rester largement minoritaire ;

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2-     Le blanc limé bien connu : un blanc acidulé avec une bonne limonade artisanale ;

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3-     Une bière tchèque Pilsner Urquell ou Budweiser qui ont une belle amertume désaltérante ;

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4-     Un vrai panaché : une larme de limonade dans une bière blonde artisanale (on en trouve de plus en plus comme la Mystic au chanvre)

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5-     Un granité au vin rouge ou avec un vin à bulles… apporte le plaisir d’un sorbet et la fraîcheur d’une boisson ;

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6-     Café ou thé glacé fait maison, là-aussi le mieux est de rajouter de la glace pilée pour frapper le café ou le thé.

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7-     Le citron vert pressé : pour le sucrer ajouter une larme de Cointreau.


8-    L’orange pressée : avec une larme de rhum blanc agricole.


9-     Cocktail orange-citron-pamplemousse : toujours avec un soupçon d’alcool blanc pour donner une petite pointe de peps !

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 14:00

Chère Hélène Thibon,


Vous étiez à la peine, quoi de plus normal de répondre présent, de vous entourer de notre amitié, d’essayer autant que faire ce peu à surmonter ce coup du sortlink 

 

La vie au Mas de Libian continue bien sûr et vous venez de nous donner de vos nouvelles :

viewerLibian2.png 

Vous écrivez : « De cette catastrophe est née une nouvelle cuvée issue des rescapés. Elle n’a pas de nom juste un grand vide sur l’étiquette.  Car c’est bien ce que nous vivons à Libian… un grand vide. »

rouge-2011.jpg

 

Alors pour moi le Taulier qui aime tant les peintres se sera la Cuvée « Sans Titre » 2011 du Mas de Libian et je la place dans le cabas des belles quilles à gagner pour ceux qui s’amusent avec moi à suivre mon grand jeu de piste normal de l’été.


Pour vous distraire un petit instant de vos soucis, chère Hélène, sachez que « Dans la peinture traditionnelle chinoise, il existe une technique d’expression qui s’appelle le « laisser vide », ce qui signifie littéralement « laisser blanc » c’est-à-dire que, dans un tableau, certains espaces sont laissés volontairement vierges par l’artiste. Ces espaces vides ne sont pas dénués de signification. Bien au contraire, ils font intégralement partie de l’œuvre. »Yu Zhou la baguette et la fourchette.


Dans l’esprit chinois  ce vide représente des possibilités infinies de traits, ce qui laisse au spectateur toute liberté d’imagination. Alors ce grand vide chère Hélène, vous et nous, en ferons le creuset d’une nouvelle page écrite par vous les gens du Mas de Libian.

 

Courage et avec mes amitiés.

 

Je vous embrasse.

 

Jacques Berthomeau

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 00:09

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Votre Taulier n’aime pas courber l’échine et la position du vendangeur, qu’il ne faut pas confondre avec celle du missionnaire qui n’est pas sa préférée, ne lui sied guère. L’an dernier, les braves et accueillants vignerons du Château Cheval Blanc – à ne pas confondre avec le Baron Frère et le petit Bernard – avaient organisé un voyage de presse pour blogueurs parisiens afin qu’ils vendangeassent de leurs blanches menottes pour qu’ensuite ils pondissent des tartinées de louanges sucrées après s’être tapés la cloche et humectés le gosier à grandes lampées de GCC. Vendanges d’opérette, pour du beurre, forme de succédanée des travaux agrestes de Marie-Antoinette, dont le Taulier ne peut se satisfaire. Du vrai, de l’authentique, du lever aux aurores après avoir dormi dans un lit cage ou même sur la paille de la grange, le café noir pain beurre dans la cuisine mal éclairée alors qu’on est à peine éveillé, le départ dans la remorque brinquebalant sur les mauvais chemins qui montent à la vigne, le sécateur, le labeur, la chaleur, l’horreur d’une échine où pointe la douleur, l’orgueil de ne pas céder un demi-mètre à la Loute qui elle va et vient telle une libellule, l’envie soudaine d’envoyer tout balader pour se vautrer au bord d’une piscine, siroter un cocktail glacé, mais non s’accrocher sans pester. En un mot bosser pour Luc Charlier au nom du soutien sans faille à l’internationalisme des petits vignerons qui font bon.


Mais le problème pour le Taulier c’est qu’il ne peut, ni ne veut louer sa force de travail en échange d’une rémunération sonnante et trébuchante. Bénévole qu’il veut être, pas saisonnier avec déclaration incorporée, le donneur de coup de main, l’entraide quoi ! Qu’on le nourrisse et qu’on le couche ça il veut bien mais surtout pas de paperasse ! Ouah, ouah, mais que va dire la MSA ? Et ne parlons pas de l’Inspection du Travail qui serait bien capable de tomber sur le rable du Taulier en lui attribuant le statut de clandestin. Bref le gros merdier assuré, alors que faire pour assurer la sérénité de Luc Charlier ? Écrire au Préfet des Pyrénées Orientales René BIDAL, au DDT Georges ROCH, à BERTOLOTTI Claude le président de la MSA Grand Sud, au Directeur Général de cette même MSA Grand sud Paul SCHURDEVIN (avec un tel patronyme il devrait se montrer compréhensif, à DELSENY Jean-Claude qu’est des Pyrénées Orientales. Bref toute personne susceptible de faciliter la venue du Taulier dans ces Pyrénées dites Orientales où par le passé il a exercé ses indéniables talents de démerdeur de sac de nœuds.


Comme vous vous en doutez la déclaration de bonnes intentions du Taulier a déclenché chez Luc Charlier ce doux mélange d’accueil à bras ouverts teintée de l’ironie d’un adepte du troisième type du Léon de la Quatrième Internationale. En effet, par missive personnelle il me fut dit qu’il y avait déjà « Le Sous-Préfet aux champs », voilà un (ex-) Chef de Cabinet à la vigne à présent » Et là, bien qu’il s’en défendît notre Luc prend le travers des gens du Sud pour qui le Pouvoir se résume tout entier dans le Titre de CHEF alors qu’au nord, les grands propriétaires eux donnent du DIRECTEUR à qui occupe le poste de bras droit du Ministre. En effet, cher Luc du Sud, le Taulier ne fut jamais chef de cabinet, poste consistant à assurer l’intendance du dit cabinet, mais celui hautement prestigieux de Directeur du Cabinet du Ministre.

   

Donc par la présente, afin de t’éviter, cher Luc, des démarches ennuyeuses et des courriers administratifs risquant de se perdre ou de ne rencontrer que des réponses dilatoires, j’annonce à toutes les autorités compétentes de tous poils des Pyrénées Orientales que je demande le statut de Vendangeur Bénévole à une date et pour une période non encore précisée mais qui devraient se situer après le 15 septembre. Si le Préfet veut prendre des renseignements pour s’assurer de ma moralité il peut passer un coup de téléphone à ses collègues de Toulouse et de Bordeaux avec qui je m’occupe de caser des litres de lait de vache en déshérence. Je ne pousse pas le bouchon jusqu’au Ministre de l’Intérieur, qu’à du lait sur le feu en ce moment, car ça prendrait trop tournure de piston et, pour ce qui concerne celui de l’Agriculture je ne suis pas sûr qu’il me donnerait un ordre de mission de vendangeur eut égard à ma faible implication dans ce secteur.


Voilà, moi Taulier sans terre, je vais me glisser dans la peau d’un vendangeur prolétaire, me préparer psychologiquement, moralement, physiquement à assumer, sous les ordres d’un étranger, pas exploiteur pour deux sous, ce rude labeur. Bien évidemment je solliciterai un bon de sortie de mon nouveau chef bien aimé avant de m’aventurer sur les terres catalanes. Reste tout de même un point à régler celui des vignes sises à Maury : est-ce que Bernard Rouby va accepter dans son aire de production un gougnafier de mon espèce qui, lors de son dernier passage dans ce charmant village, avait fomenté avec une poignée d’insurgés un putsch à la coopé ?

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 14:00

Quand on se retrouve à Libourne, à qui pense-t-on lorsqu’on est un Taulier nourri dans sa prime jeunesse au lait politique du gaullisme ? À son ancien député-maire : Robert Boulin dont la disparition tragique a défrayé la chronique de la Ve République. Afin d’éclairer les jeunes générations le Taulier lui a consacré une chronique « Robert Boulin dans son fief viticole de Libourne : le labour du terroir par un parachuté. »


Robert-Boulin.jpg

 

Dans celle-ci y sont évoqué des noms connus : Gérard César, Pierre Martin premier président de la Confédération Nationales des Caves Coopératives, André Lurton Président du CRCJA… mais votre Taulier vous demande le nom du premier suppléant de Robert Boulin lorsqu’il se présenta à la députation à Libourne ?

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 00:09

Mon titre peut vous paraître enfoncer une porte ouverte, il en est ainsi de tous les fleuves et rivières jusqu’au plus modeste cours d’eau, mais, comme je ne suis pas non plus dénué de malice, cette évocation des deux rives se veut un clin d’œil à la toute-puissance bordelaise qui se les est appropriées de façon quasi-exclusive. Comme j’ai de solides attaches à Châteauneuf-du-Pape après un passage remarqué, à défaut d’être apprécié par certains link, vous ne m’en voudrez pas, hormis de décortiquer le vote au deuxième tour des dernières élections législatives des Castel-Papaux link, de m’intéresser aux liens qui unissent les vignobles de Châteauneuf et de Lirac via des vignerons avec qui j’ai gardé de solides liens.


À tout seigneur tout honneur : le président de l’ODG Lirac, mon ami Alain Jaume (ce n’est pas un secret d’État lire ICI link ) qui, lors d’un récent déplacement à Orange pour les journées des Vignerons Indépendants, m’a permis de découvrir à la tombée du jour le magnifique terroir de Lirac. Je lui ai promis de revenir, et comme chacun le sait ici, le Taulier tient toujours ses promesses. J’apprécie à sa juste valeur la nouvelle devise de Lirac : «  Le cru sobre et discret » car je trouve qu’il va comme un gant au Président du cru, dont la simplicité est bien connue.


Comme on n’est jamais si bien servi que par les autres j’emprunte les écrits du site du cru Lirac.


Remercier la géologie


Des sols prédestinés pour les grands vins 

 

La disposition des terroirs du Cru Lirac est exceptionnelle : les plateaux calcaires du Gard lancent vers Avignon une sorte de promontoire, à l’extrémité duquel le vignoble de Lirac s’est établi. Les sols sont bien drainés et ont tout le calcaire nécessaire à l’élaboration de grands vins charpentés, corsés et de grande garde.

 

Lirac-carte.jpg

Des terrasses de quartz précieuses


Autre atout : les terrasses de quartz et d’argile rouge mêlée. D’origine alluvionnaire, charriés depuis les Alpes, ces galets composent une terrasse précieuse pour l’excellence des vins. Ce type de sol a la même origine que ceux du Cru voisin Châteauneuf-du-Pape.

 

Des sables porteurs de finesse


Sur les pentes de cette terrasse, on trouve des sols plus sablonneux à petits galets ; c’est ici que Lirac produit des vins au fruité incomparable.

 

L’alchimie de l’assemblage


La grande richesse des vins de Lirac provient de l’assemblage précis et inspiré de vins issus de plusieurs types de sols ; ce savoir-faire est l’affaire des Femmes et Hommes de Lirac. Il se fonde sur une expérience millénaire de la viticulture et de la vinification.


Afin de ne pas tomber sous le coup d’une accusation de favoritisme en rentrant de mon périple je m’étais dit que j’attendrais mon prochain déplacement pour chroniquer sur Lirac. C’était sans compter sur un autre compère et ami Jean Abeille (voir ICI link) du Château Mont-Redon qui s’est rappelé à mon bon souvenir prun de ces clins d’œil du hasard que j’aime.


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Je m’explique : comme vous le savez j’ai poussé une pointe samedi dernier via la ligne 12 du métro jusqu’à Marx Dormoy afin d’y explorer un vendeur de bon jaja www.legourmet.com link et dans mon repérage de belles quilles je suis tombé nez à nez avec le Lirac 2010 blanc du Château Mont-Redon 13€. J’ai acheté.

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Comme je tiens les Châteauneuf-du-Pape blancs du Château Mont-Redon comme de grands blancs, parmi les meilleurs de cette prestigieuse appellation, je fais confiance au savoir-faire maison pour que le petit frère de Lirac soit à la hauteur.


Les chiffres clés de l'appellation Châteauneuf du Pape :


         100 à 105 000 hectolitres de production annuelle en moyenne.

         13 750 000 bouteilles vendues chaque année.

         320 exploitations produisent du Châteauneuf du Pape.

         7% de la production vinifiée par une cave coopérative. Le reste de la production est vinifiée en caves particulière.

 

Pour Lirac au total, seuls 715 hectares de vignes sont en production, environ 150 vignerons et 65 metteurs en marché se partagent la commercialisation Les coopératives vinifient environ 30 % des vins de l’Appellation. La production annuelle est d’environ 23000 hectolitres, soit moins de 2 millions de bouteilles. C’est à peine 0,5% des vins AOC de la Vallée du Rhône Les Vignerons sont environ 150

 

Lirac en couleurs :

Lirac rouge 80 %

Lirac rosé 10 %

Lirac blanc 10 %

 

J’ai donc acquis, dans un vignoble confidentiel, un must pour un prix très doux et j’en suis fort aise. Bien évidemment votre Taulier dès qu’il en aura l’occasion mariera ce Lirac du Château Mont-Redon avec un mets de son choix et il délivrera sa note tel un nouveau Parker du terroir profond.

 

Pour en revenir à ma prochaine visite au cru Lirac je propose au Président du cru Alain Jaume de me faire accompagner par quelques fines gâchettes triées sur le volet des blogueuses ayant une bonne descente, afin que nous puissions, avec sobriété bien sûr, mais pas trop  de discrétion, quadriller ce beau terroir et grâce à notre puissante influence mettre du Lirac sur nos tables parisiennes. Le bouche à oreille, le buzz c’est bon pour le confidentiel…

 

Reste que mon titre à la noix, comme les trains de la SNCF, en cachait un autre, absolument incorrect : Lirac la banlieue de Châteauneuf que, bien sûr, j’ai remisé au rang des titres à la Libé qui attirent le chaland mais qui ne sont pas du meilleur goût. Que Lirac et Châteauneuf, via des vignerons qui ont les pieds sur les 2 rives du Rhône, marchent du même pas moi ça me plaît bien, surtout que ce ne doit pas plaire à tout le monde.


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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 14:00

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Restons dans la culture mais en nous rendant sur la rive gauche où j’écrivais « Ce début d’automne étonnamment chaud laissait aux femmes un répit, elles offraient, en cette fin de journée, leurs bras et leurs épaules couleur pain d’épices aux dernières ardeurs du soleil déclinant. Les hommes, en Lacoste ou Fred Perry, pantalons de toile et espadrilles s’empressaient autour d’elles. Certains papillonnaient. D’autres, verres à la main, se laissaient aller à philosopher. La vendange était en chais. L’alchimie du vin se faisait. Des parfums mêlés de terre grillée, d’herbes, de feuillages roussis, de fruits mûrs flottaient sous les ramures du grand parc du château de Siaurac. L’air était tendre. Charme d’une nature préservée, loin des gens pressés, je gravissais les marches du perron et, cédant à l’esprit du lieu, dans le grand salon, j’imaginais un piano à queue Steinway ouvert et, dans mon oreille, « La Fantaisie pour piano à 4 mains en fa mineur, op. 103 D 940: Allegro molto moderato » de Frantz Schubert évoquait, en un étrange patchwork d’images, le bleu barbeau des yeux effarouchés de Michel Pfeiffer dans les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears et le charme latin du grand virtuose italien Arturo Benedetti Michelangeli »


Ce jour-là Aline et Paul Goldschmidt jouaient de bonne grâce à mon petit jeu « Du côté de chez la baronne Guichard : Aline&Paul répondent à 4 mains au questionnaire de Proust »


A la question : Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? : quelles sont leurs réponses ?

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 00:09

Au temps où Philippe MARTIN le président du Conseil Général du Gers demanda à son voisin Jean Glavany, alors Ministre de l’Agriculture, de me missionner dans le Gers pour jeter mon regard acéré sur la viticulture de ce département berceau d’un Armagnac en petite forme et d’une reconversion de son vignoble vers des vins modernes. C’est là que j’ai connu, l’homme au black béret, André Dubosc. L’homme chargé de l’agriculture au CG, dont j’ai oublié le nom, qu’il m’en excuse, m’invita au festival de jazz in Marciac. Pour des raisons que j’ai oubliées aussi je n’ai jamais pu m’y  rendre. Et pourtant en marge de ce festival de renommée mondiale se déroulaient un colloque : les Controverses de Marciac où des gens forts sérieux débattaient sur le devenir de l’agriculture et des agriculteurs. Comme je ne suis pas un garçon très sérieux je ne me suis jamais mêlé à ce beau monde.


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Pour  tout vous dire je trouvais les débats trop convenus, entre soi, circulaire, pas suffisamment en phase avec le cambouis du monde. Et pourtant, mon nouveau chef et ami Bertrand Hervieu en était un des piliers mais comme il connait mon goût immodéré à mettre les pieds dans le plat ça lui est toujours paru dans l’ordre des choses. Plus grave aujourd’hui, le nouveau Ministre, Stéphane Le Foll, faisait lui aussi parti des meubles. Enfin, et André DUBOSC peut en témoigner, le vin n’a jamais eu vraiment sa juste place à Marciac, pour des raisons qui sont propres aux organisateurs. Dans leur esprit la viticulture ce n’est pas vraiment de l’agriculture puisque le vin n’entre pas dans la ration alimentaire, elle n’est que le vecteur le plus puissant de notre commerce extérieur. Dans le groupe de réflexion saint-Germain je me heurtais au même scepticisme et pourtant ils auraient dû relire André Braudel pour qui un ha de blé ne vaudrait jamais son équivalent en vigne.  Un peu de douceur dans un monde de brutes, franchement le Secrétaire Perpétuel autoproclamé de l’ABV ferait un peu tache aux Controverses de Marciac.


Pour autant je ne dénie pas à cette manifestation sa fécondité mais cette année, du 1er et 2 août, elle allait se retrouver face à un nouveau paysage politique qui allait confronter les débateurs à la nécessité de traduire leurs réflexions en action. Le thème de cette 18me édition des Controverses était « l’agriculture a-t-elle le droit d’être moderne ? »

 

Pourquoi ce choix ?

 

Valérie Péan de la Mission Agrobiosciences, cheville ouvrière des Controverses répond : « on constate aujourd’hui une mise en tension de l’agriculture entre une critique du progrès technique, du productivisme et un besoin de se ré-ancrer dans les terroirs, une nostalgie qui se traduit par une demande d’authenticité, de lien avec le monde agricole.

Entre ces deux pôles, il se passe beaucoup de choses pour les agriculteurs. Il s’agit de passer d’une modernité technologique, scientifique, à une modernité sociale, une modernité des modes de vie, une modernité professionnelle, dans le respect des équilibres écologiques.


Les progrès techniques des années 60 ont été nécessaires, mais ils interrogent aujourd’hui le domaine social, culturel et environnemental. Les attentes de la société ont évolué, on assiste à un certain malaise des agriculteurs qui se sentent parfois dépossédés du sens de leur métier. Nous avons voulu creuser ces différentes dimensions.


Comment les agriculteurs peuvent-ils être de leur temps aujourd’hui ? C’est une question aux réponses multiples, qui interroge des champs d’étude et d’expérience variés, d’où l’intérêt de ces débats, qui aboutissent à une réflexion originale, dont il ressort des pistes de réflexion et des préconisations pour l’action publique.


Nous y voilà, l’action publique, c’est le boulot de Stéphane Le Foll qui s’est rendu, le 1er août dernier, dans le Gers pour rencontrer un exploitant qui mise sur l'agroforesterie.  Bien évidemment, le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt s’est aussi rendu aux 18es Controverses de Marciac, l’université d’été de l’innovation rurale. « L’occasion pour lui de lancer des pistes pour développer de nouveaux modèles de production mais aussi pour valoriser les bourgs et les villages avec, pour toilede fond, l’ambiance estivale du festival Jazz in Marciac. » nous indique son service de presse.


Je vous livre les réponses qu’il a donné à une interview lors de se déplacement car elle aborde, sous un angle très précis, un vrai sujet : le retour à l’agronomie.


Interview de Stéphane Le Foll : « La performance économique et écologique passe par un retour à l’agronomie »


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Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez tenu à vous rendre à Marciac?


« C’est devenu rituel. Depuis six ou sept ans, je viens à Marciac. Ces Controverses me permettent de réfléchir sur la manière d’aborder les grandes questions agricoles et rurales, dans une ambiance conviviale.


Le festival Jazz in Marciac réussit à amener le jazz là où il n’aurait jamais été. Le pire pour les territoires, qu’ils soient ruraux ou urbains, c’est de considérer qu’ils sont déconnectés de la société.


Le cadre rural offre des valeurs et des conditions de vie et de liens qui peuvent être différentes des grands ensembles urbains et qu’il faut valoriser. C’est pour cela que je veux valoriser les bourgs et les villages, parce que je pense qu’il faut aussi les remettre au centre de nos réflexions sur le lien social. »


Vous vous intéressez de près aux nouvelles techniques innovantes de production, comme l’agroforesterie. De tels modèles vous paraissent-ils prometteurs pour ces territoires?


Ces modèles présentent un gros potentiel. Par exemple, l’agroforesterie [2] produit de la biodiversité et de la fertilité pour les sols, ce qui est essentiel. Ce sont donc des principes qui sont extrêmement productifs, car ils permettent de faire cohabiter économie et écologie, en utilisant au maximum les potentiels de la nature.


L’une des idées intéressantes, c’est de couvrir les sols et de les faire travailler de manière continue. Si on s’en occupe bien, tout en les faisant travailler, on augmente leur fertilité et on limite l’érosion. Il en résulte un haut niveau de production et un haut niveau de protection des sols.

Ainsi, la conciliation de la performance économique et écologique passe par un retour à une approche basée sur l’agronomie.


Certains agriculteurs sont convaincus par ces méthodes. Mais comment étendre le mouvement auprès des autres?


Je le dis de manière provocante : dans l’après-guerre, il y a eu une dynamique collective chez les agriculteurs pour la mise en place du modèle conventionnel avec les clubs de 100 quintaux [3]. Il y avait une forme d’émulation sur le niveau du rendement que chacun atteignait, qui était au cœur des conversations. Il faut arriver à renouveler cette volonté de réussir. Pour passer du modèle conventionnel à ces nouvelles méthodes de production, il faut retrouver cette dynamique collective. Sans nier les risques de pertes de rendement pendant les 4 ou 5 années de la phase de « conversion » aux nouveaux modèles, il faut encadrer et appuyer les agriculteurs pour engager les adaptations nécessaires.


Selon moi, la performance économique et écologique de l’agriculture ne peut pas se résumer à une succession de décisions et de normes appliquées exploitation par exploitation. Le moment est arrivé où il va falloir créer des cadres juridiques plus collectifs, en développant ce que j’appelle les groupements d’intérêt économiques et écologiques. Objectif : créer des dynamiques collectives dans lesquels les agriculteurs puissent s’inscrire. Aujourd’hui, nous nous contentons souvent de raisonner sur la correction des effets négatifs des modèles précédents. Nous avons besoin de créer des modèles nouveaux plutôt que de corriger ce que nous avons fait par le passé. Il vaut mieux travailler à construire l’avenir.

 

Notes

 

[2] L’agroforesterie consiste à planter des arbres au milieu des cultures. Elle peut également être l’association des arbres avec un élevage, on parlera alors de sylvopastoralisme. Ce mode d’exploitation tire parti de cette complémentarité pour réconcilier production et protection de l’environnement.

L’agroforesterie se pratique déjà traditionnellement en Normandie avec les prés-vergers, dans le sud de la France où oliviers et vigne cohabitent dans les parcelles agricoles, ou encore en Dordogne avec les noiseraies. L’idée de décloisonner la forêt, de mettre les arbres au milieu des champs n’est donc pas nouvelle, mais elle est remise au goût du jour.

 

[3] Le club des 100 quintaux regroupe les céréaliculteurs qui atteignent ce rendement de blé à l’hectare.

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