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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 00:09

Celui qui affirme modestement « Je ne suis qu’un Jean Moulin des terroirs, un résistant qui tente de sauver ce qui existe. » notre Périco Légasse national pleure son amour déçu pour son maître Jean-Pierre Coffe et le confie au magazine branché sur courant alternatif Grand Seigneur.


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Photos BALTEL/SIPA sur link

 

Lors de l’Assemblée de Marianne à Poitiers les 14 et 15 juin, où votre Taulier fut lui aussi invité avec Périco en modérateur de son débat link, les deux hommes s’étaient retrouvés à la tribune ICI link et Coffe avait répliqué « Mon combat n’a pas changé  »


Ce dernier jour de juillet je vous livre franco de port : la charge de « Dom Périco » et une forme de réponse en défense de Coffe via un article de Capital.fr « Pourquoi Leader Price a confié à Coffe les clés du garde-manger »


1-      « C’était une référence éthique, l’un de mes pères spirituels. Il fut le premier à faire prendre conscience aux Français des méfaits de la malbouffe et à donner des solutions pour s’en sortir. Et puis, patatras… Le naufrage moral avec la vente de son âme contre un plat de lentilles de Leader Price. Tout ça pour promouvoir à coups d’arguments alambiqués la malbouffe du hard-discount. Quarante ans d’engagement à la poubelle, c’est triste. » La suite dans Grand Portrait le Jean Moulin des bistrots dans Grand Seigneur by Technicart.


2-      « Ambassadeur et chef. Jean-Pierre Coffe a tranché. Dans sa vieille ferme restaurée aux confins de la Beauce et du Perche, le célèbre chroniqueur culinaire, pourfendeur de la malbouffe, goûte et évalue les produits… de Leader Price. Depuis quatre ans, le distributeur hard discount l’emploie en effet comme ambassadeur de marque, dans ses pubs et ses linéaires. Mais aussi comme chef cuisinier. A charge pour lui de revoir les recettes du millier de références alimentaires sous marque de distributeur. Autour de la table, les responsables de l’enseigne, venus du siège parisien, transcrivent scrupuleusement ses observations et sa sélection finale.

Tribunal du goût. Aujourd’hui, la séance va se prolonger tard dans l’après-midi : des rillettes au cassoulet en passant par la crème brûlée et le rosé d’été, une centaine de produits défileront au tribunal du goût façon Coffe. Les jugements sont précis – zeste de citron trop faiblard dans la marinade d’anchois, pointe d’huile trop accentuée dans la terrine aux saint-jacques… Ses yeux brillent derrière les grandes lunettes rondes quand le résultat est à la hauteur. Dans le cas contraire, la sentence tombe dans un gros soupir : «C’est dégueulasse, les enfants !» Des journées de dégustation de ce type, Jean-Pierre Coffe en effectue deux ou trois par mois, dans sa ferme ou dans des locaux de Leader Price. Mais elles ne sont que le point d’orgue d’un travail de fond… » la suite ICI link   

 

 

Au-delà  de l’histoire personnelle des deux hommes que je connais bien le problème de fond reste : comment concilier le pouvoir d’achat de ceux qui n’en n’ont pas ou si peu avec la mise en rayon d’une nourriture de qualité. La pure dénonciation chère aux défenseurs de l’élitisme culinaire ne suffit pas car elle se heurte à l’indifférence ou à l’incompréhension de la grande masse des consommateurs qui ne se recrutent pas tous dans les couches les plus démunies de la population. Deux éléments jouent un rôle déterminant dans cette affaire : le temps, celui consacré aux courses et à la cuisine, et les choix budgétaires qui privilégient d’autres postes que l’alimentaire.

 

Serge Papin le boss de Système U « téléphonez moins et mangez mieux ! »

 

« Affreux, sales et méchants… » les grandes surfaces sont-elles en bout de course ? link 


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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 07:00

Leopardi m’attendait sur la terrasse du Stucky sous un grand parasol. Toujours aussi élégant dans un costume de lin bleu ciel, il tirait d’un air extatique sur un cigare de belle taille. Face à lui une très jeune fille brune en short blanc et bustier noir allongeait des jambes vertigineuses sur un transat et pianotait sur son Smartphone. Présentations, Leopardi pris l’initiative « ma fille, Lucia… » j’enchainais « Adeline, ma coéquipière… Matteo Leopardi… » Le grand Sarde dépliait sa grande carcasse pour mieux s’incliner face à une Adeline qui n’en croyait pas ses yeux. Ensuite nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre et nous nous embrassâmes comme des parrains. La « poucette » avait à peine levé les yeux de son écran. Nous nous installâmes autour d’une table. Matteo commanda des rafraîchissements. Sans attendre le retour du garçon, sans détour, il allait droit au but. « J’ai besoin de toi ! Comme tu le sais je suis associé dans un grand cabinet d’avocats américains. Mon cabinet est à Milan mais je travaille beaucoup avec Paris  qui est notre siège européen. Jusqu’à ces derniers temps la pratique déclarative à Tracfin, ce que nous appelons dans notre jargon la déclaration de soupçon, était considérée par  le Conseil national des barreaux et le Barreau de Paris comme un dispositif violant le secret professionnel et les principes fondamentaux du droit français. Le lobbying était efficace et les déclarations de soupçon aussi rare que les cheveux de votre Ministre des Affaires Etrangères. Le problème c’est que successivement Le Conseil d’État en juillet 2010, puis la Cour européenne des Droits de l’Homme en décembre 2012, ont rejeté les requêtes déposées. La CEDH a certes souligné l’importance de la confidentialité des échanges entre les avocats et leurs clients ainsi que du secret professionnel des avocats mais elle a estimé cependant que l’obligation de déclaration de soupçon poursuivait le but légitime de la défense de l’ordre et de la prévention des infractions pénales puisqu’elle visait à lutter contre le blanchiment de capitaux et les infractions associées, et qu’elle était nécessaire pour atteindre ce but. Donc plus rien ne s’oppose, malgré les difficultés pratiques, à ce que les avocats entre dans ce jeu… »

 

Adeline semblait fascinée par ce qu’elle entendait. Elle me confiera le soir lors de notre dîner « pour la première fois je jouais dans la cour des grands… » J’interrogeais Matteo « tu as du lait sur le feu ?

-         Pas  encore mais c’est imminent…

-         Qu’attends-tu  de nous ?

Ce nous fit rosir de plaisir Adeline.

-         Que tu me rapportes un maximum d’informations de Kiev.

-         Sur quoi ?

-         Lis cela !

Matteo me tendait une courte note dactylographiée.

 

Tracfin : La montée des risques dans le secteur vitivinicole

 

« L’analyse des déclarations de soupçon réceptionnées par Tracfin montre une vigilance croissante des déclarants concernant l’acquisition de vignobles français par des investisseurs étrangers. Sous l’effet combiné de la baisse de la consommation intérieure de vins et de l’augmentation de la taille moyenne des exploitations, le nombre de propriétés vitivinicoles diminue et de nombreux domaines pourraient ainsi changer de propriétaires dans un contexte haussier du prix de l’hectare. Parallèlement, l’activité de ce secteur est marquée par une hausse des exportations de la production de vins en lien avec le dynamisme de la demande dans certains pays émergents, et notamment la Chine. Les signalements réceptionnés par le Service mentionnent notamment des investisseurs russes, chinois et ukrainiens dans ce secteur jusqu’à présent majoritairement dominé par des groupes familiaux français.

Les investigations menées par Tracfin ont fait apparaître l’utilisation de montages juridiques complexes de sociétés en cascades installées dans des pays à fiscalité privilégiée. Des sociétés de droits français, dont l’objet social est la « prise de participation dans toutes entreprises existantes ou à créer » et qui se portent acquéreuses des domaines vitivinicoles en déficit d’exploitation, peuvent être créées avec un actionnariat composé de sociétés étrangères dont le siège est situé dans des pays à fiscalité privilégiée.

Le Service a ainsi noté la recrudescence de cas de montages juridiques. Au cas présent : une holding chypriote détenue par une société écran basée dans un pays à fiscalité privilégiée, appartenant à une personne physique de nationalité russe qui apparaît comme étant, in  fine, le bénéficiaire effectif de cet investissement. Néanmoins, si la Russie est un investisseur de premier plan dans le secteur vitivinicole, les investigations effectuées par le Service ont fait apparaître l’émergence croissante des investisseurs en lien avec la Chine.

Eu égard à la complexité des montages juridiques élaborés pour procéder au rachat de domaines vitivinicoles, l’identification du bénéficiaire effectif et l’origine des fonds peuvent être difficiles à établir.

Ce faisceau d’indices auquel doit être ajouté l’importance des montants mis en jeu pour le rachat de domaines présentant souvent des déficits d’exploitation importants, doit inciter les déclarants, notamment ceux occupant une position privilégiée en matière d’observation des transactions foncières et immobilières, à une vigilance accrue. »

-         D’accord Matteo mais nous ne faisons qu’accompagner Antoine à Kiev…

-         C’est bien pour cela que tu m’intéresses vieux frère. Ton cher Antoine c’est que qui se fait de mieux comme intermédiaire dans ce genre d’opération.

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 00:09

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Que lis-je sur un blog du Monde ?


« Une mère et son fils s'interrogeaient sur une idée de cadeau pour l'anniversaire du père. Le petit garçon de 5 ans, sans l'ombre d'une hésitation, pensa à un pyjama ! Cet enfant, dont le père dormait nu et se promenait ainsi sans souci, signifiait par cette réponse directe, concrète, que cette nudité exposée le dérangeait, lui qui d'ailleurs dormait en pyjama ! »


C’est une réflexion de psys sur la pudeur assez bien argumentée La pudeur : une valeur à ne pas jeter au panierlink 


Pour ma part je ne vais pas m’aventurer sur ce terrain car je ne suis ni exhibitionniste ni pudibond mais dans la sphère privée je considère que le pyjama au lit est une parfaite ineptie.

 

Pourquoi se priver dans l’espace de la nuit du plaisir extrême de redonner à son corps toute sa liberté ?

 

Le vêtement est certes une seconde peau choisie, celle qu’on porte au regard des autres au-dehors. Chez soi, au lit, à quoi ça peut bien servir de se vêtir d’un pyjama ? Sûrement pas à entretenir les feux de l’amour auprès de celle ou de celui  avec qui vous faites couche commune.


Reste l’argument massue de la frilosité, surtout pour les adeptes des économies d’énergie, qui est tout à fait défendable. Cependant ce sont essentiellement les épaules qui sont alors exposées surtout dans les positions du coucher sur le côté qui ont l’avantage d’être un bon antidote au ronflement. Mais alors, en ce cas, pourquoi enfiler un pantalon de pyjama ? Mieux vaut se contenter d’un haut ou beaucoup plus seyant d’une ample chemise de nuit. Sans être vulgaire je crie « libérez vos glaouis ! Dormez nu sous la couette »


Mais revenons un instant à ce fichu pyjama qui, tiré de l'hindi pajama, originaire du mot perse پايجامه Payjama , signifiait bien un vêtement de jambe et désignait donc un pantalon ample. La vie du pyjama en France a commencé sur les plages des années 20 et c’était un vêtement féminin. Ce n’est qu’ensuite il se transforma en vêtement d’intérieur puis en vêtement de nuit. Jusqu'aux années 1940, les hommes lui préféraient la chemise de nuit, vêtement qui deviendra par la suite féminin. Les années 1970 lancent la tendance du vêtement unisexe et bien évidemment des femmes portent des pyjamas.


Billet d’Asie : Quand le pyjama était signe de richesse à Shanghai !link

Françoise Thibaut, correspondant de l’Institut le 5 avril 2009

 

« Les autorités de Shanghaï ont fort à faire : il y a une quinzaine d’années, au début de « la grande opulence » (comme on dit), elles ont encouragé les shanghaïens à porter des pyjamas pour dormir : c’était un signe de réussite que de pouvoir changer de vêtements pour dormir : on ne dormait ni avec ses vêtements de jour, ni avec de vieilles loques. Peu à peu ces pyjamas ont envahi la rue, souvent jolis, décontractés, dans cette « finette » suave qui fait la joie du dormeur, parfois en soie, l’hiver laineux. De plus en plus de shanghaïens, notamment les enfants, les retraités, les femmes au foyer, les commerçants, ont tendance à se trimballer partout et tout le temps en pyjama. Les jours de congés le pyjama est roi, notamment chez les yuppies saturés du strict costume occidental. Désormais, les autorités font campagne, tout comme la presse, la télévision, les instituteurs et les services sociaux pour que ce souple compagnon vestimentaire retourne au lit, ou du moins dans la sphère privée et ne déambule plus dans le métro…mais il y aura fort à faire ! »

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 11:00

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Sans doute attends-je mon départ pour la Corse pour consacrer une chronique à l’affaire du saucisson Corse qui se corse ? se référant à « Vive la Malbouffe, à bas le bio ! » l’opus à la lecture insoutenable de Christophe Labbé, Olivia Recasens, journalistes au Point, Jean-Luc Porquet et Wozniak, journaliste et dessinateur au Canard Enchaîné je vous propose la lecture d’un article fort intéressant de The Economist « Forte d'une riche tradition gastronomique héritée des Aztèques et des Incas, l'Amérique latine est pourtant confrontée aux ravages de la malbouffe. »


 “Sometimes governments meekly swallow this. Nestlé, which describes itself as a “nutrition, health and wellness company”, has been signed up to Mexico’s main nutritional programme, the “National Crusade Against Hunger”, to encourage businesswomen to make puddings in which they may use Nestlé products. The initiative is called “My Sweet Business”.link

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 00:09

Qui se souvient de BSN-Gervais-Danone, l’œuvre d’Antoine Riboud. ?

 

Qui se souvient du carré frais Gervais ?

 

Moi, bien sûr, mais au-delà de mes souvenirs c’est une histoire qui a fait l’Histoire de notre pays au travers d’un homme Antoine Riboud que j’ai eu l’occasion de connaître lors de l’acquisition par son groupe de Volvic et de nos discussions sur le prix du blé dur.


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Antoine Riboud né à Lyon le 25 décembre 1918 est décédé le 5 mai 2002. Il était le frère du grand photographe Marc Riboud et de Jean Riboud président de Schlumberger et grand ami de François Mitterrand (mort en 1985). Son fils Frank Riboud, est l’actuel président-directeur général de Danone

 

Sans tomber dans l’hagiographie type grand capitaine d’industrie je dois avouer une belle dose d’admiration pour cet homme à la personnalité forte et attachante. Tout le contraire de l’image compassée des patrons de vieille école de ce qui était alors le CNPF. Homme d’idées, d’imagination, de vision stratégique, il est entré dans ma vie en décembre 1968 lors de sa fameuse OPA sur le géant Saint-Gobain Pont-à-Mousson présidé par M. de Voguë. link David contre Goliath. Antoine Riboud échouera mais, comme il le dit fort bien dans la vidéo sur l’histoire de son groupe ce fut pour lui sa chance.


Dans le cadre de mon cours de Droit Commercial, notre prof Emmanuel du Pontavice, un ponte parisien, nous fit faire une étude de cas qui me passionna.


Et puis, pour ne rien vous cacher le Michel Rocard et Antoine Riboud étaient parfois raccord, même sur le fameux dossier Lip.


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Qui se souvient du « discours de Marseille » d’Antoine Riboud du 25 octobre 1972 aux Assises du CNPF ? link 


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« La responsabilité de l'entreprise ne s'arrête pas au seuil des usines ou des bureaux. Les emplois qu'elle distribue conditionnent la vie entière des individus. Par l'énergie et les matières premières qu'elle consomme, elle modifie l'aspect de notre planète. Le public se charge de nous rappeler nos responsabilités dans cette société industrielle. (...) La croissance ne devra plus être une fin en soi, mais un outil qui, sans jamais nuire à la qualité de vie, devra au contraire la servir ».

 

En 1942, à l'âge de 24 ans, il intègre le groupe Verrier Souchon-Neuvesel, contrôlé par son oncle maternel. Il apprend sur le tas et prend des responsabilités, qui lui facilitent l'assimilation du métier, jusqu'à en prendre les commandes en 1965.


 En 1966, Antoine Riboud fusionne la société avec Boussois, fabricant de verre plat, pour créer la société Boussois-Souchon-Neuvesel (BSN), qu'il fait passer de l'industrie du verre à l'industrie agroalimentaire.


En 1970, BSN devient le leader français de la bière, des eaux minérales et de l'alimentation infantile.


En juin 1973, il concrétise la fusion entre BSN et Gervais Danone, pour créer BSN-Gervais Danone, première entreprise agroalimentaire en France. Quelques années plus tard, il renforce sa politique de désengagement du verre et de recentrage vers l'agroalimentaire, en rachetant les marques de biscuits LU puis Belin.


En 1994, BSN se rebaptise Danone, actuel acteur clé de la scène agroalimentaire. Ce groupe œuvre sur quatre secteurs d'activité : produits laitiers frais, eaux minérales, nutrition médicale et nutrition infantile. Il est présent dans plus de 120 pays et est le leader mondial du marché des produits laitiers frais et le deuxième producteur mondial des eaux embouteillées.


En mai 1996, pour le trentième anniversaire du groupe, Antoine Riboud annonce qu'il se retire. Il propose alors de passer le relais à son fils Franck Riboud.


Si vous souhaitez en savoir plus aller ICI link  et surtout visionnez la vidéo qui, tout en étant un film d’entreprise, est très riche d’enseignement et qui mériterait mieux que le confinement sur le site de Danone.


En effet, avec l’irruption des réseaux sociaux, la communication d’un groupe comme Danone si elle se contente de ne s’adresser qu’au grand public via ses marques et qu’aux investisseurs et actionnaires sur des documents quasi-inaccessibles, se prive d’un vrai levier et surtout, contrairement à ce qu’a fait avec brio son père fondateur ensemencer un terreau sociétal qui a bien besoin de nouveaux repères. Les mots font sens encore faut-il les diffuser en les débarrassant de la gangue du langage des affaires. Tout un travail qui devrait être un nouveau et grand défi pour Danone.


Un regret sur cette vidéo : mais où sont passées mes vaches ?


Pour revenir à elles, celles qui font du lait en Normandie, j’ai retrouvé mon Carré Frais mais il n’est plus de Gervais car en 1999, Bongrain a racheté Carré Frais à Danone mais sans pouvoir garder la caution Gervais car la marque Gervais continue d’exister au sein de Danone. Le « carré frais » est donc  fabriqué maintenant dans l’Ain par la fromagerie Bressor.



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Un mot sur Charles Gervais, l’inventeur du Carré frais mais aussi du Petit Suisse : En 50 ans, Charles Gervais, le génie du fromage frais, révolutionne la filière lait.


« En 1850 le jeune et fringant Charles tourne dans le pays de Bray en quête d’un fromage de garde pour alimenter le marché parisien. Il fait affaire avec Mme Héroult. Elle connait le secret du « petit suisse » que lui ont révélé ses comis, des vachers suisses qu’elle a fait venir du canton de Vaud.… C’est parti. En 50 ans, Charles Gervais révolutionne la filière. Il collecte le lait, le transforme en « petit suisse » et en « petit carré » et le livre dans les vingt-quatre heures aux Parisiens, comme l’excellent lait du Pays de Bray et son bon beurre. Obsédé par la qualité et l’hygiène, Charles crée des ateliers modèles et saute sur la nouvelle technique de réfrigération pour assurer une filière saine. Selon les textes officiels de l’époque, « les vaches de Gervais sont soignées suivant des procédés scientifiques. » Leur alimentation est surveillée, les éleveurs sont liés par contrat (y compris sur les soins aux animaux) et tout est consigné sur leur carnet. Ils sont payés au mois ; les pots sont fournis par la maison Gervais, les bouteilles de lait en verre ou en porcelaine sont cachetées au plomb, les fromages frais sont réalisés de nuit aux Halles de Paris pour être vendus dès le lendemain…


Face à de redoutables concurrents comme Maggi, Pommel, Ancel et les Fermiers Réunis qui drainent le même secteur, Charles Gervais s’organise pour réussir vite. Ce succès rapide lui assurera en prime une élection au sénat.


L’immense usine de Gournay-en-Bray, à la lisière de la Normandie, s’installe près de la gare. L’alliance du chemin de fer et du cheval permet de livrer Paris en un temps record. Dans le bocage, Gervais dispose de bons Boulonnais pour collecter les denrées dans le bocage et les amener des ateliers à la gare. A Paris, il choisit de légers trotteurs réformés des courses pour livrer 13 000 crèmeries chaque matin. Ils repassent le soir chercher les invendus qui reprennent le train vers l’Oise où ils nourrissent des cochons. Rien ne se perd, l’été, le saint-paulin et le camembert absorbent bientôt le surplus de lait. La société recrute de jeunes cochers qui sont logés, nourris, blanchis, obsédés par la ponctualité, soumis à une discipline de fer et attachés à la maison. Comme tous les employés de Gervais ils touchent un salaire conséquent et ont des avantages sociaux. Et attention, ceux qui passent à la concurrence doivent plier bagage avec femme et enfants, car on appartient à Gervais, on y fait carrière, on y travaille toute une vie et en famille.


En 50 ans, l’industrialisation mise au point par Charles Gervais a fait apparaître un produit standard et disparaître les Neufchâtel, bondon, malakoff, fromage de foin, de Songeons ou de Gournay… En 1850 le fromage était une affaire de fermières qui transmettaient leur tour de main à leur fille et vendaient au marché. En 1892, quand Charles Gervais meurt, le fromage est devenu un monde d’hommes : des ouvriers d’usine, des mécaniciens et des transporteurs. «  La création d’une industrie si importante n’a pas été sans apporter de grosses modifications dans les spéculations laitières ménagères ; toutes les fermes du rayon préparaient des beurres vendus à Gournay, cette fabrication a disparu. » (L’Oise au XIXème, la crèmerie de Paris, cahier de l’écomusée). » source  Région Picardie.


Je reviendrai sur cette histoire via les Petits Suisses… mais pour l’heure je vous ai assez gavés…


Gervais Danone est née en 1967 de la fusion de Gervais et de Danone. En 1970, elle devient le plus gros fabricant de pâtes de France après le rachat de la société Régia-Panzani, qui s’ajoute à celui, en 1968, de Milliat Frères… 

 

 

à bientôt sur mes lignes…

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 11:00

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En ma prime jeunesse, nos curés, qui en ce temps-là savaient cultiver leur fond de commerce, organisaient à espace régulier des «missions» afin de réchauffer, de raviver la pratique de leurs ouailles. Ils invitaient donc des prêcheurs à venir faire des sermons incendiaires en chaire. A la manière des prêcheurs US ces porteurs de soutanes tonnaient, appellaient ceux et celles qui vivaient dans le péché à la repentance, promettant aux mécréants les flammes éternelles de l'enfer. C'était impressionnant même si moi ça me faisait doucement rigoler, sous ma soutane d'enfant de choeur, car je savais bien que passé l'effet de manche du prêcheur la femme du maçon, qui baissait les yeux sous sa mantille, continuerait de s'envoyer en l'air avec le brigadier de gendarmerie et que le marchand de vaches ne se priverait pas de plumer les fermiers sur le foirail de la Mothe-Achard. Le côté machine à laver les âmes de la confession, contrition, absolution relevait pour moi de la pure hypocrisie.


Combien de fois, dans le confessionnal, ai-je mouliné, tel un Paganini de la repentance, l'acte de contrition ?


Je ne sais...


En revanche, ce que je sais c'est que j'étais un adepte de l'« attrition » ou « contrition imparfaite » qui « marque une étape vers la contrition parfaite.» En clair, j'estimais que mes fautes étaient bien vénielles et que tout ça ce n'était que du cinéma.


« Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé

parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable,

et que le péché vous déplaît.

Je prends la ferme résolution,

avec le secours de votre sainte grâce

de ne plus vous offenser et de faire pénitence.»


Je n'aborde ici que la repentance individuelle, celle que je maîtrise, laissant de côté l'épineux débat sur la repentance collective.


Faute avouée est à demi-pardonnée dit-on.


Je ne sais, mais ce que je sais c'est que parfois mes doigts sur le clavier se laissent aller à des mots outranciers qui peuvent blesser.


Quand je me relis (quelque temps après) je le regrette.


Que faire ?


Succomber à la facilité : les effacer, les remplacer par des mots doux... Pourquoi pas, reconnaître que l'on s'est laisser aller et se corriger me semble un acte de réelle humilité. S'excuser aussi n'est pas interdit.


Ainsi l'autre jour, j'ai écrit «torche-cul papier glacé» à propos d'un brave magazine culinaire. Dans mon esprit cette expression se référait à une pratique de mon enfance où le Petit Echo de la Mode ou Mode de Paris de ma mère couturière, finissaient leur vie, comme les journaux, sur le trône en bois des cabinets du fond du jardin. Nous pestions contre le papier glacé des magazines. J'avoue donc ma faute, je me repens de ce recours peu appétissant. Nous à la campagne on ne faisait pas de chichis mais je comprends que la qualification puisse choquer même si je ne faisais que me référer dans ma chronique au côté peu pratique non au contenu de ce beau magazine pour ménagères de moins de 40 ans.


Mais ce n'est pas tout, ce n'est pas tout, bien plus graves sont les fautes d'ortographes, de grammaire, de syntaxe... évoquées par le perfide Roger Feuilly approuvé par l'escrimeur Luc Charlier qui révère Maurice Grévisse bien plus que Léon Trotsky.


Ce n'est pas nouveau, déjà le 22 janvier 2008 je répondais à Denis Saverot Bonnet d'âne mérité, merci la RVF * link


Et pourtant, à cette époque, j'écrivais peu et j'écrivais court alors je n'avais aucune excuse.


Si une seule : j'ai l'orthographe manuelle, c'est-à-dire qu'avec un porte-plume tout allait bien j'étais le roi du zéro faute. Tout a déraillé avec l'irruption du clavier. La vitesse ça change tout. De plus la relecture sur écran ne me fait déceler aucune de mes incongruités. Si je veux me corriger il me faut imprimer mon texte, ce que bien sûr je ne fais jamais et ne ferai jamais car je n'aime pas gaspiller du papier.


En 2008, j'avais proposé à mes lecteurs de jouer le rôle de correcteur - profession exerçant dans la presse écrite et l'édition - l'un d'eux releva le défi et jeta l'éponge très vite. La raison ne fut pas la profusion, car en ce cas l'encre rouge jaillit vite, mais le côté fastidieux de débusquer les fameuses fautes.


Nous sommes en 2013, je ponds beaucoup, beaucoup trop diront certains, et sans doute que ça va de mal en pis. Je faute, je faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute... (ça c'est le Je confesse à Dieu qui précède la mise en machine des fautes)


Que faire alors ?


Demander aux sieurs Feuilly et Charlier réunis de me corriger moyennant une juste rétribution ?


Je suis pour.


Sinon, à quoi bon ça servirait de me rouler dans les délices hypocrites du repentir si, après contrition parfaite, nul ne venait à mon secours de pécheur afin qu'il ne retombât point dans mes odieux péchés, souillant ainsi la belle langue française, ou italienne pour les spaghetti et les macaroni du sieur Feuilly.


Accord du participe passé - Les fautes que j’ai commis / commises ?

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 11:00

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Dans sa [Check-list] le Monde.fr nous offre chaque matin ses « Bulles d’été » avec en ce moment « Les apéros de l'été », par Lulu d'Ardis, auteur ou auteurs à votre goût  de  BD, d’illustration, de dessin de presse, elle croque la génération Y depuis 2011, sur son blog « Lulu d'Ardis paye son coup »link. Le Monde lui a ouvert ses portes l'année suivante, pour le blog Mondanités et fumisteries.link 


J’ai bien aimé la 4ième Bulle : Un rosé de liberté, normal pour le Taulier d’un espace de liberté.


Et en prime aussi celui-là.


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Blogs à suivre mes petites louves et petits loups dotés du chromosome économique Y.

 

Sur face de Bouclink  et sur Twitter @ luludardis

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 00:09

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C’est un gus qui ose déclarer « Merci les bobos ! Faut arrêter de leur taper dessus, les bobos, c’est juste des gens gentils qui aiment la vie »


1-      Il pèse 95kg

2-      Il mange trop et boit trop.

3-      Son problème c’est le vin, il aime ça et il en boit beaucoup.

4-      Il ne regarde jamais la télé mais il en fait.


Votre Taulier s’est spécialisé ces jours-ci dans la chronique d’assemblage en se voulant le Gaston Chaissac des mots. Ça le détend et ça mets en valeur des propos noyés dans de longues interviewes un peu beaucoup convenues.


J’aime la franchise du gars « à déjeuner avec des amis, je peux vite me descendre six bouteilles à quatre ». J’adore cet aveu de se descendre 6 bouteilles à quatre 


En plus, comme votre Taulier déteste l’élitisme de ceux qui vendent une assiette de tomates basilic 22€ du côté du Dali au Meurice en appelant ça « tomates précieuses » parce qu’elles ont poussées dans le Val d’Oise. Ça le met hors de lui. Moi aussi.


Et puis face un mec qui dit aussi « Si je pouvais changer quelque chose dans ma carrière, ce serait de maîtriser la culture du vin. Le travail de la terre, de la vigne, la technicité des vendanges, tout ça me fascine. Et pourtant, je ne suis qu’un buveur de vins, pas un dégustateur… » je fonds comme du bon gras.


Cerise sur le gâteau pour lui « c’est clair, le vin c’est la vie, encore plus que le cuisine. J’ai d’ailleurs bien plus de relations avec les vignerons qu’avec les cuisiniers… »


Mais qui c’est ce gars-là ?


Un gars qui en réhabilitant une cuisine d’amitié et d’appétit a rejoint la démarche de Marcel Lapierre… nous dit Sébastien Lapaque.


Je ne vous en dirai pas plus les amis, c’est ainsi en ce moment car votre Taulier doit aussi se reposer sur ses lauriers.


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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 11:00

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Telle Maya l’abeille, même allongée sur le sable de sa plage privée, mademoiselle G link inlassablement butine et lance des Tweets à ses fans enamourés.

 

Ainsi mardi soir avant d’aller danser elle a, dans un geste gracieux, fait voleter jusqu’à nos yeux à l’aube du sommeil, un charmant petit livre qui raconte le vin aux enfants. C’est intelligent nous confie-t-elle et nous, de bonne grâce, opinons.

 

Votre Taulier, qui a la chance d’être doté de 3 petits-enfants charmants,  remercie mademoiselle G de ce miel et s’empresse de relayer cette information qui était passée au travers des mailles de son filet.


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« Conçu entièrement à partir d’illustrations, ce livre est aussi très interactif. Le jeune lecteur peut répondre à de nombreux quizz, nommer les animaux amis de la vigne, conduire des vendangeurs au chai ou apprendre ce qu’est une fermentation en macération.

 

Loin d’être une incitation à la consommation, ce livre édité par la jeune maison d’édition Mama Josefa souhaite qu’un des éléments majeurs du patrimoine de nos régions ne reste pas en dehors du champ de compréhension de futurs adultes.link 

 

Grand merci mademoiselle G et bonnes vacances….

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 00:09

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C’est un provocateur mais quand il déclare « J’ai pris six kilos en deux ans, ça fait une bonne moyenne de trois par an. Je pense que c’est lié au bonheur, ça fait grossir le bonheur… » j’ai tendance à y trouver des accents de sincérité. D’autant plus qu’il ajoute « Pardon, il y a trois choses que j’adore dans la vie comme dans la grande cuisine : le pain, le beurre et les fromages ! Je pourrais faire un repas entier à l’ossau-iraty, au pont-l’évêque, au camembert, au reblochon et au vin rouge. De préférence en attaquant par un petit chèvre au lait cru Garralda link et un verre d’Irouleguy : le bonheur sur terre. Probablement le plus grand voyage des sens après Dieu, le sexe et Don de Lillo. Le problème, c’est qu’après on ne peut plus embrasser les filles pendant un certain temps. »


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Attention mon coco c’est l’heure du « bedonnement » !

 

« De 30 à 35 ans, le ventre se porte haut et reflue pour ainsi dire vers la poitrine. On étouffe un peu quand on mange. Pour rattraper son souffle, on desserre sa ceinture. Mais cette lutte n’a qu’un temps. On finit par laisser aller les choses. Il faut se résigner. La lutte est impossible quand l’heure du ventre a sonné » (1)

 

L’amour, l’amour certes mais le risque est grand de voir l’homme empâté s’inquiéter et de se voir répondre par une conquête potentielle.

 

-          Ne me trouvez-vous pas passable ?

-          Je vous trouve passé. (2)


Ou bien alors la maîtresse s’exaspérer « Ne pas tromper cet homme-là, ce serait offenser le Bon Dieu. » (3)


Bien sûr je peux te comprendre puisque tu affirmes qu’avant tu avais vraiment une vie de merde puisque tu t’alimentais qu’à base de « pizzas, de burgers, de Coca et de crocodiles Haribo » et que depuis que tu séjournes à Guéthary tout, absolument tout est bon et peu cher au Pays Basque « Les oranges, les pommes Juliette, les betteraves rouges, les asperges d’Arengosse, les saucissons de mouton, la confiture de kiwaÏ… Tout est incroyable ! »


Mais qui es-tu donc ?


Je le sais bien sûr mais je laisse le soin à mes chers lecteurs de le deviner…


(1)    A. Bertall La comédie de notre temps. La civilité, les habitudes, les mœurs… 1874

(2)    Le Charivari 19 août 1888

(3)    JL Forain La Comédie Parisienne 1892

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