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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 00:09

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« Le monde de la viticulture français est en effervescence. Une bataille cruciale est en train de se jouer dont l'issue conditionnera le futur des vignerons, des territoires, des négociants et du secteur économique du vin. En jeu, la mise en place des autorisations de plantation de nouvelles vignes… »


Je me frotte les yeux. Roulez tambour : c'est la guerre !


Comme l’avait dit, avec un humour féroce, l’un de mes Ministres, à un directeur départemental de l’agriculture tenant un discours très costaud, qui accompagnait une délégation de maïsiculteurs cornaquée par un Henri Emmanuelli, à gauche toute à Paris, mais très corpo dans ses Landes, « vous êtes le porte-parole de la FNSEA ? »

 

Là, Laurence Girard, se fait elle le porte-voix du lobby de la CNAOC et du Syndicat des Vins de Pays d’OC réunis. Comment peut-on enfourcher un tel canasson fourbu, usé d’avoir trop servi, dans un journal de référence comme le Monde ?


Réduire le débat qui se déroule en ce moment à une opposition entre des vignerons attachés aux systèmes des AOC-IGP et des négociants qui souhaitent l'industrialisation du secteur et sa prise en main par quelques grands groupes, relève d’une méconnaissance absolue des réalités du secteur viti-vinicole français.


Si c’était aussi simple que cela ça se saurait !


Souvenir, souvenir, de la mission de porte-plume auprès de Madame Vautrin, députée de la Marne – comme c’était étrange – sur le maintien du régime des droits de plantation qui, rappelons-le avait été aboli en 2008 avec la voix du Ministre de l’Agriculture français de l’époque. Le pire moment de ma carrière de « nègre ». Pas la queue d’une idée nouvelle énoncée lors des auditions de la kyrielle des représentants de toutes obédiences. Je n’avais pas voix au chapitre alors j’ai laissé la très impérieuse parlementaire s’enferrer dans un rapport ni fait, ni à faire. Vive le statuquo, le ne touchez pas à nos petites cuisines entre nous, on verrouille tout du côté producteurs et on fait du mi-chèvre, mi-chou du côté du négoce.


Depuis, rien de nouveau sous le soleil et je plains vraiment le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, qui a demandé à FranceAgrimer de préparer « un Plan stratégique de la filière viticole 2025 » qui devrait lui être remis en juin. La copie besogneuse risque d’aligner de belles analyses mais bien peu de propositions opérationnelles pour redynamiser le secteur qui, sous le vernis des bons chiffres du commerce extérieur, régresse doucement et sûrement.


Étant rangé des voitures je ne vais pas m’échiner ce matin à refaire encore une fois le film, ce serait prétentieux et vain. Mais désolé madame Girard le futur de la vigne France, des hommes qui en vivent et des territoires qui la porte, ne dépend pas des modalités de gestion des autorisations de plantation.


L’épisode présent n’est qu’une minuscule tempête dans un verre à dents. J’ironise à peine.


Je contente de vous donner en pâture :

1-      Négociants et vignerons s'affrontent sur l'avenir de la viticulture française l’article de Laurence Girard du Monde link  


2-      Le négoce veut accéder au « robinet des volumes » La Vigne link 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 09:54

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« Fragile, menacé, le sol joue de tout temps, et aujourd'hui plus que jamais, un rôle déterminant : produire les aliments, réguler le cycle et la qualité de l'eau, accumuler du carbone et limiter l'effet de serre, recycler les matières organiques, entretenir la biodiversité, fournir des matériaux pour la construction et l'industrie, participer à la valeur esthétique des paysages... »


« Le sol est une composante essentielle de l’environnement. Il rend de nombreux services écosystémiques : ce milieu complexe et multifonctionnel filtre les eaux, abrite une abondante biodiversité, régule le cycle du carbone et de l’azote, jouant ainsi un rôle essentiel dans les problématiques du changement climatique. Enfin, il est à la base de l’alimentation des populations, en servant la production agricole et forestière. A l’interface avec le sous-sol, la biosphère, l’hydrosphère et l’atmosphère, le sol est traversé de flux de matières et d’énergie, liés aux grands cycles biogéochimiques» 


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Synthèse des connaissances actuelles sur le sujet, le livre « Le Sol » aux éditions Quæ link  aborde la nature et la constitution des sols, leurs fonctionnements écologiques et leur gestion. Pédagogique, richement illustré de schémas et de photographies, il est accessible à un large public. Les enseignants et les étudiants du secondaire et du supérieur y trouveront matière pour leurs cours. Mais tous ceux pour qui le sol est un objet à la fois lointain et banal prendront également plaisir à le découvrir.


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Les éditions Quæ sont une maison d'édition scientifique et technique issue de la recherche publique. L'INRA, l'Ifremer, le Cemagref et le Cirad ont réuni, depuis le 1er juillet 2006, leurs activités éditoriales en une maison d'édition unique, les éditions Quæ, sous la forme d'un groupement d'intérêt économique (GIE).

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 00:09

« Gestion de la flavescence dorée en agriculture biologique ». C’est le titre de la plaquette que viennent de publier Sudvinbio et la Chambre d’agriculture de l’Hérault.


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Le document a été rédigé par Nicolas Constant – Sudvinbio link  et Joaquim Lernoud (Agricultures et Territoires, Chambre d’agriculture de l’Hérault).


« Fruit de vingt ans de travaux de recherche et d’expérimentation des différents organismes impliqués dans la viticulture biologique, ce doc fait la synthèse des informations connues à ce jour et des stratégies de lutte contre cette maladie.


La flavescence dorée est une maladie de la vigne due à un phytoplasme inoculé par la cicadelle Scaphoideus titanus. La maladie étant incurable au vignoble, l’unique moyen de limiter sa propagation, en plus d’arracher les souches contaminées, est de lutter contre la prolifération de son vecteur. Elle est listée comme « maladie de quarantaine » au niveau européen et fait l’objet d’une « lutte collective obligatoire » sur le territoire français.

 

Depuis 1984, de nombreuses expérimentations de produits naturels et de méthodes culturales ont été testées pour lutter contre la cicadelle de la flavescence dorée. Les essais ont été mis en place dans différents vignobles du sud de la France et plus récemment dans les vignobles plus septentrionaux (ex : Bourgogne) par divers organismes(*). Ceux-ci ont testé six substances bio-insecticides agissant sur les larves voire sur les adultes, des produits agissant sur les oeufs (deux substances seules ou combinées), deux produits à action insectifuge attendue, trois myco-insecticides et deux autres produits ainsi que des méthodes culturales et des auxiliaires.

 

(*)  liste des organismes concernés : Civam Bio Languedoc-Roussillon et de l’Hérault, Sudvinbio (ex AIVB-LR), Service Régional de l’alimentation et de la protection des végétaux d’Aquitaine et du Languedoc-Roussillon, Chambres d’Agriculture du Languedoc-Roussillon, Civam Viti Corse, Civam Bio Gironde, Groupe de recherche en Agriculture Biologique, IFV (station d’Orange), GRAB, FREDON PACA, Chambres d’agriculture de Gironde, de Saône et Loire, SEDARB, Vitinnov, Vinipôle Sud Bourgogne.

 

Sur les larves et adultes de cicadelles, aucun produit naturel autre que le pyrèthre ne présente d’efficacité significative lorsqu’il est utilisé dans des conditions économiquement acceptables. Des résultats intéressants ont été obtenus avec des applications sur larves de kaolinite calcinée. Ces résultats ont été obtenus avec 4 applications cumulant des doses très importantes d’argile (200 kg/ha). Ils n’ont pas été confirmés avec des doses d’utilisation inférieures.

 

Des résultats significatifs ont été obtenus par application de traitements ovicides (huiles minérale et soufre mouillable). Ces résultats ont été obtenus uniquement dans des situations à très forte population de cicadelles (au moins 100 cicadelles pour 100 feuilles lors du printemps précédent l’application). Ils n’ont pas été confirmés sur des populations inférieures (environ 50 cicadelles pour 100 feuilles lors du printemps précédent).

 

Dans les secteurs où la lutte contre la flavescence dorée est obligatoire, les viticulteurs en agriculture biologique doivent lutter efficacement contre la cicadelle en réalisant des applications de pyrèthre naturel, dans les conditions fixées par les arrêtés préfectoraux. Cette lutte insecticide peut être complétée par la mise en œuvre de mesures prophylactiques (épamprage, sorite des bois de taille). Dans tous les cas, cette lutte insecticide doit être complétée par la prospection et l’arrachage rigoureux des souches contaminées. »


Tout le document ICI link 

 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 10:00

Y’ a des jours où, lorsque je lis ce je lis sur certains murs de Face de Bouc, je me dis, tout vieux con que je suis, que cet étalage d’autant d’insignifiance, de suffisance, de bonne conscience, a quelque chose d’obscène au sens de la vraie indécence. N’ont-ils rien d’autre à faire de leur pauvre journée ? Comme les défunts Shadocks ils pompent, s’épandent et se répandent en des joutes assez minables où l’on taille, sans grand risque, en pièces « l’ami » d’en face.

 

Y’a pourtant vraiment mieux à faire près de chez nous comme au plus loin, il suffit d’ouvrir sa porte et ses fenêtres pour recueillir de vrais sujets d’intérêt et d’y consacrer un peu de son temps.


Ce matin en voilà un :


Samedi dernier mon ami vigneron David Barrault du château Tire-Pé link m’a écrit :


Bonjour Jacques,


Je me permets de vous adresser la demande d'aide de mon ami vigneron Ludo, suite à la destruction quasi totale de sa récolte 2013 par la grêle; peut-être avez-vous déjà été sollicité, mais dans le doute, si vous pouvez l'aider à étendre sa requête...


Merci.


J'espère que vous allez bien, et vous savez que vous êtes le bienvenu si vous passez dans notre secteur. Je ne désespère pas 

 

Amicalement

 

David


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Je relaie donc le courrier de Ludovic Barthe que je ne connais pas mais dont le cas mérite qu’on s’y arrête et que l’on joigne le geste à la parole :

 

Chers amis, chères amies,

 

Comme vous le savez, les ravages de la grêle l'année passée ont secoué notre propriété, et comme vous le savez aussi, je ne comptais pas en rester là...

 

Pour rebondir dans l'urgence, j'ai lancé l’opération « Bireau-Box »** il y a quelques mois déjà, et vous êtes une trentaine d’heureux consom’acteurs à avoir investi dans une box (un grand merci !). Mais cela ne suffit pas pour sortir de cette crise passagère.

 

Il devient indispensable pour moi de réunir les 100 000 € de trésorerie sur lesquels je comptais en lançant l'opération Bireau-Box. Ils me permettront de couvrir tous les frais de production jusqu’aux vendanges 2014, qui s’annoncent belles et généreuses. Aujourd’hui, l’heure est à la mobilisation pour que mon initiative Bireau-Box prenne le bon élan.

 

 3 bonnes raisons d’acquérir une Bireau-Box :

 

- Etre solidaire d’un viticulteur qui a perdu 98 % de sa récolte lors de la grêle d’août 2013 et s’inscrire dans une action militante en soutenant l’agriculture locale, biologique et biodynamique,

 

- Bénéficier d'une offre sympathique qui vous permettra de découvrir ou redécouvrir mon vin, le «Grand Bireau bio», fait avec beaucoup d'amour (certes, il faudra attendre la récolte 2014...).

 

- Vous donner l'occasion d'être vous aussi un peu vigneron et boire « votre » propre vin (étiqueté selon vos envies), avec la possibilité pour ceux qui le souhaitent de s'impliquer dans la vie du vignoble (investir et s’investir : participation aux 4 journées de découverte de la vigne et du vin, taille, assemblages, etc…)

 

Alors n’hésitez plus : si vous souhaitez boire du Grand Bireau demain, achetez-en aujourd’hui !

 

Et surtout, comme je le constate après plusieurs semaines, l’opération fonctionnera surtout si vous en parlez autour de vous. Je compte sur votre mobilisation : faites circuler dans vos réseaux, envoyez ce mail à toutes les personnes que vous connaissez, faites de la pub sans modération !

 

Merci pour votre engagement à mes côtés,

 

Amicalement,

 

Ludovic Barthe

 

www.bireaubox.com 

 

www.facebook.com/BireauBox

 

**Le principe consiste à acheter quelques bouteilles de vin en avance pour permettre à l’exploitation de passer le cap jusqu’aux prochaines vendanges et récupérer vos bouteilles dès qu'elles sont disponibles.

 

 

Une journée « Assemblage et Biodiversité » est organisée le samedi 24 mai à la propriété.


Ouvert à tous !


Vous pouvez contacter Ludovic ou moi-même pour plus d’informations.

 

À bientôt et merci

 

Amitiés

 

Damien Morat

06 09 96 25 42


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* Maurice Biraud ce fut le gentil graveur de faux billets dans Le cave se rebiffe de Gilles Grangier, l’intello François Gensac d’un Taxi pour Toubrouk, l’un des grands seconds rôles du cinéma français qui savait avec naturel incarner les médiocres et les parfaits salauds link  

 


FRANCE GALL + MAURICE BIRAUD La Petite par jojon26

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 00:09

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En dépit d’un temps pourri sur Paris, venteux, pluvieux, je chevauche encore entre les gouttes et les bourrasques ma flèche d’argent. Tout au long de mes parcours je croise sur les panneaux du sieur Decaux des placards publicitaires, sur lesquels, je le souligne sans perfidie, je ne vois guère d’affiches vantant le vin, comme c’est étrange : c’est pourtant permis. Les rois de la réclame sont sans contestation ceux qui s’adressent aux femmes : sous-vêtements, parfums, produits de maquillage… Des crèmeries qui gagnent beaucoup de sous avec les dessous et les dessus des belles qui nous ensorcellent.


En ce moment Chanel nous propose des visages de belles très nature pour vanter « les beiges » un fond de teint maison. Comme je suis toujours à l’affut de tout j’ai lu tout en bas de l’affiche le slogan de la campagne : « le naturel est une question de style »  et je me suis dit dans ma petite Ford intérieure : en voilà t’y pas un beau titre pour narguer les détracteurs des naturistes.


Cette petite idée m’est venue tard dans la soirée, pour être honnête à une heure où les honnêtes gens sont couchés depuis longtemps, et le matin en prenant mon petit déjeuner j’ai écouté le sieur Sébastien Lapaque link, grand amateur de vin nature et auteur d’un livre sur Marcel Lapierre Chez Marcel Lapierre, Stock, collection Écrivins, 2004 link, nous parler des cartes postales son dernier opus Théorie de la carte postale, Éditions Actes Sud, Arles, 2014.link


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Aucun rapport me direz-vous entre le slogan de Chanel dont je voulais faire mon miel et les cartes postales. Oui bien sûr, mais le facteur commun fut par le hasard de ma recherche sur la Toile : Sébastien Lapaque.


En effet, pour retrouver la publicité de Chanel j’ai renseigné le moteur de recherche : le naturel est une question de style et, résultat je suis tombé sur un papier du dit Lapaque dans le Figaro du 01/04/2009 titré « Le vin naturel, une question de style »


Que du bonheur, nul besoin pour moi de m’échiner à tartiner ma prose, je me voyais, tel les oiseaux du ciel qui ne sèment ni ne moissonnent, profiter de l’aubaine.


C’est ce que je fais avec un plaisir non dissimulé.


J’en profite pour vous signaler un plaidoyer en 10 points pour le vin naturel d’Antonin sur No Wine is Innocent link 

 

« Depuis trente ans, on trouve partout en France des vignerons qui ont laissé de côté les engrais chimiques, les désherbants, les fongicides, les insecticides et repris le travail de la terre avec l'ambition d'être de parfaits jardiniers. Parmi eux, Antoine Arena à Patrimonio, Frédéric Cossard à Saint-Romain, Bruno Duchêne à Banyuls, Charles Hours à Jurançon, Marcel Lapierre à Villié-Morgon, Eric Pfifferling à Tavel, Hervé Villemade à Cheverny. C'est toujours un plaisir d'aller se promener dans les parcelles de leur domaine : on y voit des libellules et des boutons d'or, des coccinelles et des fauvettes, des vignes taillées avec amour et des fruits lents à mûrir. À ces artisans rebelles aux sirènes de l'agro-industrie, il faut associer les héritiers de vieilles maisons familiales qui n'ont pas changé leur façon de travailler au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : Jean-Pierre et Pascal Amoreau dans les Côtes de Francs, Joseph et Christian Binner en Alsace, Alain et Jérôme Lenoir à Chinon.


Les raisins que ces artisans vendangent chaque année bénéficient parfois de la mention «issu de l'agriculture biologique». Mais ce n'est pas tout. À quoi servirait-il de ramasser de beaux fruits si on pouvait ensuite les accabler de cosmétiques œnologiques, d'acide tartrique, de levures synthétiques et d'anhydride sulfureux ? De la vigne à la cave, les vignerons qui participent aujourd'hui à la renaissance des vins français ont choisi d'être exemplaires. Ce n'est pas une affaire idéologique, c'est une histoire de gourmandise. Mieux encore : une question de style. «Je me méfie du soufre en tant qu'il dégrade les éléments d'élégance du vin», explique Anselme Selosse, installé à Avize, au cœur de la Côte des Blancs, où il produit quelques-uns des plus beaux champagnes du monde. «Je ne produis pas un vin biologique ou biodynamique. Je produis un vin expressif et naturel», s'empresse-t-il d'ajouter, pour que les choses soient claires.


Bombardement chimique

 

Il faut en effet savoir que le vin «bio» n'existe pas - et cela ne trouble guère les buveurs de goût. Si certains artisans vinifient du raisin «issu de l'agriculture biologique» comme nous l'avons dit, aucun d'eux ne peut prétendre produire de vin «biologique», puisqu'il n'existe aucun label européen certifiant qu'un jus a été vinifié sans additifs œnologiques : levures sélectionnées, acide tartrique, enzymes, glycérine, lait en poudre, copeaux de bois.


Jusqu'à ce jour, il faut se contenter de la vague mention «contient des sulfites», qui ne signifie pas grand-chose puisqu'elle n'oblige pas à indiquer le volume d'anhydride sulfureux (SO2) ajouté. Selon la législation en vigueur, les quantités peuvent varier de 10 à 210 mg/litre pour un blanc sec et de 10 à 400 mg/litre pour un liquoreux. Pas moyen de faire la différence entre le travail propre d'un vigneron circonspect et le bombardement chimique d'un laborantin fou préparant le buveur innocent à subir, au réveil, une double barre frontale et un bourdonnement continu à l'occiput. Il en va de même pour tous les additifs. Un vigneron peut charger ses cuves en E 517 (sulfate d'ammonium employé en fermentation), en E 501 (carbonate de potassiumrectifiant l'acidité) et en E 202 (sorbate de potassium employé comme agent conservateur) sans le faire savoir. Pire encore : rien ne lui interdit ensuite de revendiquer un label bio - AB ou Terra Vitis - qui concernera uniquement la culture de la vigne et jettera le trouble dans l'esprit des profanes.


Parmi les artisans-vignerons qui ont laissé de côté intrants, insecticides et pesticides, seule une minorité pousse jusqu'au bout la quête d'une expression naturelle du raisin fermenté. Cette élite se passe très bien des labels certifiant que leurs vignes ont été travaillées proprement et que leurs jus sont vinifiés sans chimie de synthèse. Le combat qu'elle mène n'est pas une guerre administrative, c'est une guerre du goût. «Ce n'est pas à nous d'écrire vin bio sur les étiquettes, c'est aux autres d'indiquer vin chimique», s'amusait un jour Jean-Claude Chanudet à propos du beaujolais qu'il produit avec Marcel Lapierre au Château Cambon. »


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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 07:00

Temps pourri sur Paris, du gris, de la pluie, l’ennui, soigné par ma belle par une thérapie de lit : sous la couette, dans notre jus et nos odeurs, nous dérivons. Face à nous un écran plat : nous nous gavons de ciné. Ma programmeuse adorée, dont, je dois vous avouer sans aucune honte, j’ai, depuis l’origine, falsifié le prénom pour la protéger du quand dire-t-on, s’en donne à cœur joie. Nous vivons d’amour et d’eau claire pimentée de ciné. Ma gueuse de programmeuse flatte odieusement mes mauvais instincts en me projetant aussi des films d’espionnage à la sauce guerre froide bien sûr. Ainsi, La Taupe, du suédois Thomas Alfredson, d’après le célèbre livre du même nom de John Le Carré. Les critiques sont dithyrambiques me dit-elle en se glissant à mon côté : «grandiose», «chef d’œuvre», «subtil», «éblouissant», etc. Je lui réponds « T’as de beaux seins tu sais… », ce qui pure vérité mais ce qui me vaut un sourire carnassier qui me laisse augurer d’un after de la plus haute intensité. Le film, c’est certain, c’est du Le Carré pur sucre : « des digressions, des non-dits, des silences, de faux-semblants, de fausses pistes, le brouillard londonien, l’architecture déprimante des années 60, l’odeur de tabac froid, une intrigue tortueuse à souhait, des personnages suspects à force d’être gris, le tout enrobé dans une ambiance plus british que british L’ennui c’est qu’à force d’ellipses et d’understatement, on n’y comprend rien —à part le fait qu’il y a une taupe soviétique infiltrée au plus haut niveau dans les services secrets britanniques. Le récit est bourré de trous et de points d’interrogation. Sans compter les silences, qui doivent bien faire la moitié du film. Déjà, l’espionnage, ce n’est pas toujours simple, mais quand en plus, il est britannique et à moitié muet, on en perd son latin… » Ma chérie me dit aussi et, afin de retarder mon passage à la casserole je le branche sur Philby.


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L’affaire Philby, Harold Adrian Russel Philby, dit Kim Philby, nom de ce fameux espion anglais passé à la postérité pour avoir livré aux Soviétiques une quantité non négligeable d’informations hyper sensibles. Ce n’était pas un espion ordinaire, le jeune Harold Adrian Russell Philby, dit Kim, ancien élève de Cambridge, où il est entré en 1929 au Trinity College pour y étudier l’économie et l’histoire  et il rencontrera des étudiants qui formeront avec lui le Groupe de Cambridge ou Magnificent Five. Des intellectuels, tels George Bernard Shaw ou George Orwell, à l'époque compagnons de route du communisme, auront une influence très forte sur lui et toute sa génération. Trésorier de la Cambridge Socialist Society, il est remarqué en 1930 par l'un de ses professeurs, communiste, à Cambridge, Maurice Dobb. Celui-ci l'aiguille vers le GPU (services secrets soviétiques) pour lequel il accepte de travailler. En 1934, après ses études, il se lance dans une pérégrination à travers une Europe hantée par le spectre de la guerre. On y découvre ce milieu de la gentry anglaise des années 30, sans souci d’argent, séduite par le communisme. On se promène dans l’Autriche pré-nazie, l’Espagne pré-franquiste, et la France d’avant l’occupation. À Vienne, il rencontre Alice surnommée Litzi, qui travaille pour le Kominterm et ils se marient. Pour elle il accepte de transporter des fonds secrets à destination de cellules clandestines dans l'Allemagne hitlérienne et en Grande-Bretagne. En 1934, il part pour l'Espagne en tant que correspondant pour le Times. Devant Teruel il est blessé par un éclat d'obus républicain ; ce qui lui vaudra d'être décoré par le Caudillo de la croix de l'Ordre du mérite militaire (Rioja Cruz). Il se constitue ainsi une couverture parfaite d'anticommuniste. En 1935, il entre au British Foreign Office. » Philby, agent double à coup sûr, mais peut-être aussi agent triple…


Ma compagne me caresse la nuque et, oh ! suprême plaisir, de ses beaux doigts effilés,  aux ongles acérés, elle me griffe doucement, lentement, le dos. Elle sait que je vais rendre les armes, me soumettre sans combattre. Je lutte, cherche au fond de mes entrailles une défense ultime. À mon grand étonnement, en un éclair, je la trouve nichée dans mes neurones assoupis «Je me battrai pour que Zemmour puisse nous offrir le meilleur et le pire de lui-même » Le coup porté est rude, le blitzkrieg se mue en ligne Maginot hérissée de barbelés.


-         T’es devenu ouf mon grand !


-         Non, pour une fois que je suis d’accord avec cette vieille robe bavarde de Bilger je le dis…


-         Je n’aime pas les cravates de Bilger !


-         Moi aussi mais il n’empêche que son papier du Figaro est bien torché…


-         Tu lis le Figaro toi ?


-         Ça m’arrive lorsque je vais au cabinet…


-         Arrête de déconner espion à la manque, dis-moi ce qu’écrit monsieur j’ai des opinions sur tout à propos du petit coq de basse-cour Zemmour !


-         Ok ! Je te le lis au lit…


-         Et tu te trouves drôle ?


-         Non, mais je viens d’échapper à tes œuvres gourgandine…


-         Salaud, tu ne perds rien pour attendre.


Ma tablette s’ouvre sur la prose Bilgérienne.


« Éric Zemmour, à nouveau au cœur d'une polémique suscitée par l'une de ses chroniques sur RTL, le 6 mai.

Le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) s'en est ému et je peux le comprendre.

Éric Zemmour est journaliste et écrivain. Il est l'une des plumes du Figaro. Dans cette chronique il fait, d'abord, une analyse politique pour célébrer des sociétés homogènes, par exemple comme le Japon qui, ayant su refuser l'immigration de masse et protégées par des barrières naturelles, a échappé à la violence. Même si ce constat est sujet à caution, on a le droit de le formuler.

Ensuite Éric Zemmour, emporté par un élan qui est autant de conviction que de provocation, tant l'une et l'autre sont liées dans et par son esprit, s'abandonne à la vision globalisante, apocalyptique et, à mon sens, outrancière d'une France qui serait livrée «à une bande de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins et d'Africains qui dévalisent, violentent ou dépouillent les villes et les campagnes françaises». Comparaison est faite avec les «hordes médiévales» et la terreur qu'elles inspiraient!

Je n'aurais pas dit cela, je n'aurais pas écrit cela.

Le CRAN abuse en dénonçant «une politique de purification ethnique».

Derrière ce paroxysme angoissé, je perçois d'abord l'angoisse. Derrière ce propos à la fois argumenté et ravageur, je sens l'amour d'un pays et l'obsession crépusculaire, qui n'est pas risible, du risque de son effacement singulier sous l'emprise d'un pluriel hétérogène qu'il ne saura plus maîtriser, dominer.

Je me battrais pour qu’Éric Zemmour ait le droit de nous offrir le meilleur ou le pire de lui-même.

Je n'aurais pas écrit cela, je n'aurais pas dit cela. Je n'aurais pas adopté ce ton au pire d'un Obertone vitaminé, au meilleur d'un Céline du pauvre.

Mais, parce que je n'approuve pas tout ce que sa chronique a diffusé mais que la liberté d'expression compte autant moins autant que mes états d'esprit - comme il y a des états d'âme -, je demande qu'on laisse Éric Zemmour en face de lui-même pour qu'il devienne son propre juge.

Qu'on ne joue pas aux inquisiteurs, qu'on ne mette pas en demeure RTL et qu'on n'alerte pas le CSA comme si notre société était composée de citoyens infantiles, incapables de se déterminer, à gouverner, à guider et à soigner. Inaptes à distinguer le vrai du faux. L'odieux ou l'excessif du critique ou du légitime. Des citoyens mûrs pour un processus totalitaire visant à réglementer paroles ou écrits pour éviter la mauvaise surprise de la liberté et de l'imprévisibilité.

Je n'aurais pas dit ou écrit cela.

Si le CRAN n'avait pour ambition que de faire connaître son indignation, c'est fait. Et c'est beaucoup et, pourquoi pas?, nécessaire. Qu'il n'ait pas invoqué pour la façade des foudres judiciaires d'ailleurs inconcevables juridiquement est à porter à son crédit.

Je me battrais pour qu’Éric Zemmour ait le droit de nous offrir le meilleur ou le pire de lui-même. Chacun appréciera.

Il y a toujours un moyen, dans une démocratie, de s'en sortir par le haut. En laissant la controverse et la contradiction mettre à bas ce qui doit l'être.

Philippe Bilger »

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 00:09

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En effeuillant la marguerite elle ou il s’interroge « Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout… »


« L’amour est une fumée de soupirs ; dégagé, c’est une flamme qui étincelle aux yeux des amants ; comprimé, c’est une mer qu’alimente leurs larmes. Qu’est-ce encore ? La folie la plus raisonnable, une suffocante amertume, une vivifiante douceur ! » William Shakespeare.


Laissons de côté l’amour entre êtres humains pour nous limiter à une question simple posée lors d’un du symposium tenu le 27 janvier 2012, « L’amour du Vin » associant la Société de géographie et l’Académie du Vin de France, « Pourquoi aimer le vin ? »


« Roger Dion n’aurait pas renié cette question simple, lui qui écrivait à la première page de son grand livre : « L’homme […] aime le vin comme l’ami qu’il a choisi ; par préférence non pas obligation. Aussi l’histoire du vin est-elle, jusque dans ses expressions géographiques, plus fortement marquée d’arbitraire humain que ne le sont celle du blé ou celle du riz. »


Jean-Robert Pitte poursuit la démonstration « On entre dans un vin comme dans une poésie ou comme on entre en religion. En la matière, seuls sont comparables au vin l’alimentation, la bonne chère, et, par ailleurs, l’œuvre de chair, deux des besoins humains les plus vitaux et avec lesquels le vin s’harmonise si bien.


Ces palettes de perceptions complexes et subtiles dépassent ou plutôt stimulent l’imagination (…) Dès lors que l’on veut en parler, on est contraint de faire appel à tout un vocabulaire comparatif ou métaphorique. Sont convoqués les parfums de minéraux, de fleurs, de fruits, d’atmosphères (un sous-bois de feuillus un soir d’automne tiède pour un chambertin assagi, les embruns marins iodés pour un muscadet, une garrigue chauffée par le soleil pour un bandol, etc.), les comparaisons anthropomorphiques : une jeune femme épanouie, un fougueux adolescent, un très beau vieillard, « une volupté callipyge », un champagne « enfantin et sérieux (…)


Un amateur éclairé n’hésitera pas à frôler l’oxymore, comme en témoignent ces commentaires extraits de la même source « une ferme rondeur », « une minéralité miellée », « un gras nerveux », « un doux amer », « un moelleux allègre », « une puissance toute en dentelle », « une soyeuse fraîcheur », un léoville-barton « terriblement velouté », le « taffetas salin » du pouilly de Dagueneau et pour terminer cette voltige littéraire à propos du pouilly Clos du Calvaire 2008 du même Dagueneau qui « danse en bouche une ultime chorégraphie, sur des pointes minérales et des entrechats vibrants de fruit ». C’est que le vin, comme l’espèce humaine, est riche de paradoxes et que l’harmonie apaisée est souvent ennuyeuse, elle marque, pour l’un comme pour l’autre, le commencement de la fin. »


Oui, le vin stimule l’imagination mais les mots pour traduire les émotions qu’il procure ne m’ont jamais séduit ou accroché. Est-ce un péché mortel que de l’avouer ? Ce que j’ai fait en ironisant, sans doute bêtement, sur « les pensées d’un dégustateur » de Pierre Poupon. Pour autant dois-je être excommunié pour faute grave ? Que Pierre Poupon fut un grand amoureux du vin, je n’en doute pas un seul instant, mais affirmer que ses propos soient poétiques il y a un pas que je ne franchirai pas. C’est mon droit. Sans doute aurais-je pu être plus respectueux mais ma vulgarité n’enlève rien au côté art officiel des propos de Pierre Poupon.


Ce point-de-vue, qui n’est que le mien, posé dans un espace de liberté en libre accès, n’engage que moi et ne relève d’aucun blasphème qui traduirait le peu d’amour que je porte au vin. Si affirmer du haut de sa supériorité que ne pas aimer les écrits d’un grand dégustateur de vin, grand amoureux du vin, aussi estimable soit-il, c’est ne pas aimer le vin équivaut à dire que ne pas apprécier les commentaires d’un grand critique de cinéma c’est ne pas aimer le cinéma. Ceux qui me reprochent mon ego surdimensionné devraient s’interroger sur celle d’un petit cercle de grands amateurs qui cultivent l’entre-soi.


La révérence très peu pour moi !


Le courroux dont j’ai fait l’objet dépasse très largement les écrits de Pierre Poupon qui n’est plus là pour me répondre, et en cela mon ironie facile était déplacée, il se situe dans le cadre de ce que j’écris à propos du petit village de Saint-Émilion via une concierge à la langue bien pendue. Ça ne se fait pas, il faut respecter l’omerta, garder son genou à terre, laver son linge sale en famille. Ce n’est pas le petit monde de Don Camillo, mais presque Dallas. Qui puis-je ? Rien ! Si ce n’est que je n’ai que peu de goût d’exprimer du respect ou de l’admiration pour des gens qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Ça brûle, comme le soulignait finement Francis Blanche.


Quand à mon amour du vin je n’ai nul besoin d’un quelconque Diafoirus pour venir le mesurer !


« Il y a deux sortes d’amour : l’amour insatisfait, qui vous rend odieux, et l’amour satisfait, qui vous rend idiot. » Colette

 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 10:00

En mai « fais ce qui te plaît » et je le fais sans me soucier des donneurs de leçon de poésie. À mon âge il très facile de passer outre, d’être indifférent à ce qui est excessif, dérisoire, de laisser sur le bord du chemin ceux qui exigent que l’on pensât comme eux. Cloué au pilori, excommunié, marqué au fer rouge, condamné sans procès, officiellement pour une petite pochade, certes pas de la meilleure veine, mais surtout pour atteinte à l’art officiel.

 

Qu’importe, je rebondis et file mon chemin mon inculture en bandoulière.

 

 

« Le légume n’est pas un produit noble, c’est la nature humble, ignoble, au sens propre. »

 

C’est pour cela que j’ai choisi pour cette chronique « amis de la poésie, bonsoir » de vous offrir l’une des rares poésies dédiée à un légume : la salade. Et c’est signé Pierre Ronsard, un maître en ce domaine.


 

« Le légume a été aussi, pendant longtemps, le parent pauvre de la gastronomie. Il joue les utilités, les à-côtés. On lui donne une fonction d’entremets – un entre-deux, donc – ou d’accompagnement. Il orne la viande, le gibier ou le poisson, il les complète, a une fonction subalterne de décoration,  de faire-valoir. »


 

La salade, c’est pire encore même si, dans un retournement lié à notre suralimentation, elle est devenue le luxe du fait de sa légèreté, de son évanescence.


 

Les salades modernes, forcées, sont molles et sans goût.

 

 

J’aime les salades fortes, sauvages, craquantes, comme celle-ci.


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Et boire avec ceci.


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Place à la poésie ! En français d’origine…

 

La salade

 

À Amadis Jamin

 

          Lave ta main blanche gaillarde et nette,

Trace mes pas, apporte une serviette,

Allons cueillir la salade et faison

Part à noz ans  des fruits de la saison.

          D’un vague pied, d’une vue escartée

Deça delà jettée et rejettée

Or’sur la rive, ores sur un fossé,

Or’sur un champ en paresse laissé

Du laboureur, qui luy-mesme apporte

Sans cultiver herbes de toute sorte.

 

Je m’en iray solitaire à l’escart.

           Tu t’en iras Jamyn, d’une autre part

Chercher songneux, la boursette toffue,

La pasquerette à la fueille menue,

La pimprenelle heureuse pour le sang

Et pour la ratte, et pour le mal au flanc :

Je cueilleray, compagne de la mousse,

La responsette à la racine douce,

Et le bouton des nouveaux groiseliers

Qui le printemps annoncent les premiers :

              Puis en lisant l’ingénieux Ovide

En ces beaux vers où d’amour il est guide.

Regagnons le logis pas-à-pas.

Là recoursant jusqu’au coude noz bras,

Nous laverons noz herbes à main pleine

Au cours sacré de ma belle fontaine :

La blanchirons de sel en meinte part,

L’arrouserons de vinaigre rosart,

L’engresserons de l’huile de Provence :

L’huile qui vient aux Oliviers de France

Rompt l’estomac, et  ne vaut du tout rien…

 

Pierre de Ronsard Le second livre des poèmes Tome IV

 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 00:09

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Il est toujours salutaire de lire ce que pensent de nous nos voisins, même lointain par la distance mais proche par le cœur, surtout lorsque ce sont de fidèles acheteurs de nos vins. Dans Le Devoir Libre de penser du 9 mai  Jean Aubry l’auteur du Guide Aubry 2014. Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $.s’interroge avec malice :


« Les esprits retors vous diront que les Français ont le don inné de se tirer dans le pied, de se faire piquer leurs idées et de se reposer sur leurs lauriers. Les optimistes vous diront que la conjoncture actuelle, avec l’euro, ne favorise tout simplement pas le commerce extérieur. Pour le moment, la France du vin a mal. On dit qu’elle est morose. La communication du vin va dans tous les sens. Pourtant, les mots « vins » et « France » peuvent sans peine accéder au rang des synonymes consacrés qu’assimilent sans peine tous les habitants de la planète.


Alors, que se passe-t-il ? »


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Photo : Jean Aubry La mention « Vin de France » : étiquetage simple, packagings visibles et attractifs pour une communication simple et décomplexée.

 

La suite est ICI link


Mais alors qu’un Olivier de Moor, vigneron d’excellence, va se trouver brider dans ses projets de croissance par les chefs de la tribu des touche pas à notre grisbi qu’il est intéressant de lire, dans cette langue française fleurie « Oui, mais encore ? Grosso modo, et pour ne pas s’enfarger dans les fleurs du tapis passablement épais et touffu de la réglementation européenne et française, tout vin qui se place sous le chapiteau Vin de France doit bien sûr être produit à partir de raisins récoltés dans l’Hexagone, peut être vinifié en monocépage ou être issu d’un assemblage avec possibilité de mention de cépage comme de millésime sur l’étiquette. Aussi, et c’est là qu’on innove à mon sens, il peut être issu de l’assemblage d’autant de cépages qu’on veut en provenance d’une région comme de toutes celles de France (mais pas de Navarre). »


« Les points forts de cette nouvelle vague de vins français sont pourtant nombreux :

1) étiquetage simple ;

 

2) packagings plus visibles et attractifs ;

 

3) apport du mot « France », déjà une marque rassurante et crédible en soi, sans avoir à être brevetée ;

 

4) assemblages souvent innovateurs de cépages, de terroirs, de millésimes, mais surtout, surtout, et voilà qui pèse gros dans la balance pour l’industrie, possibilité de volumes homogènes conséquents.

 

Je vois mal ce qui empêcherait maintenant — hormis l’élite des stars du vignoble souvent trop paresseusement cantonnée dans ses prestigieuses appellations d’origine contrôlée respectives — la grande majorité des vignerons français de se replier en VDF (chose faite pour bon nombre).

 

Pensez-y une nanoseconde : plus de ces contraintes réglementaires aussi absurdes qu’ubuesques, pour une liberté d’action à vous redonner le goût de faire du vin.

 

Le rêve, quoi ! »

 


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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 09:00

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« La Vieille Dame indigne » un film oublié de René Allio, inspiré d’une nouvelle de Berthold Brecht, à la mort de son mari, Madame Bertini décide de vivre pour elle-même malgré l'offre intéressée de deux de ses enfants, Albert et Gaston, qui désirent l'héberger. Elle vend tout, s’achète une voiture et part à l’aventure en compagnie d’une serveuse de bar, Rosalie, une jeune femme très libre, pour laquelle elle s’est prise d’amitié... Sa nouvelle façon de vivre, choquante pour tous, surtout pour sa famille, lui permet de découvrir l'amitié libre et le vaste monde.


L’amitié libre, y’en a qui ne comprennent pas, ça les dépasse, bien faire et laisser dire, oui je suis un vieux monsieur indigne et j’aime ça.


« Prenons garde à ce que la vieillesse ne nous attache pas plus de rides à l’esprit qu’au visage » Michel Eyquem de Montaigne.


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Le gingembre, le Zingiber officinale, plante vivace tropicale herbacée, est la racine noueuse d’un frêle roseau d'environ 0,90 m de haut, qui aurait la vertu de stimuler le désir sexuel Mme du Barry, née Jeanne Bécu, dernière favorite de Louis XV, le servait à ses amants. Utilisé depuis plus de 4 400 ans en Chine et en Inde comme assaisonnement culinaire, le gingembre fut rapporté par les Romains il y a près de 2 000 ans. Depuis, il s'est rapidement répandu à travers l'Europe et le reste du monde, où il est unanimement utilisé comme aphrodisiaque ou pour raviver la flamme amoureuse.


Ça vous émoustille bande de chauds lapins !


Désolé de vous décevoir mais une madame la science du Point douche un peu froidement vos phantasmes « Ainsi, si le gingembre n'active pas proprement dit le désir, il a bien une action bénéfique de tonicité générale et agit sur les spermatozoïdes : en protégeant leur ADN et leur qualité, il favorise ainsi une meilleure fertilité masculine. De ses propriétés fécondes, la légende en a sans doute imaginé des prouesses sexuelles décuplées... »


Reste que le gingembre est très tendance. Notre Ribaut national écrit dans Régal « alors qu’il n’était que figurant sur la scène culinaire, ce rhizome biscornu prend de plus en plus de place dans nos assiettes. »


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On peut lui faire confiance à cet écumeur d’étoilés, son carnet d’adresses est aussi rebondi que l’était celui d’un maquignon.


Je lui pique quelques recettes :


1-      Il parfume « le beurre blanc léger de Guy Savoy qui accompagne son exceptionnel pavé de thon en panure d’herbes, d’abricots secs et de pignons de pin. »


2-      Chez Auguste, link  le jeune chef breton Gaël Orieux, fan du gingembre, le met à toutes les sauces, mais avec parcimonie, « même imperceptible au palais, le gingembre donne du montant. » dit-il.


3-      Christophe Boucher, le jeune pâtissier de Dessance link, « a mis au point une composition radicale de fraises marinées au vinaigre de framboise, pickles de radis noir, émulsion givrée de gingembre-citron vert, accompagné d’un crumble au gingembre. »


Sachez aussi qu’au Moyen Âge, dans une majeure partie de l'Europe, on consommait l'hypocras, une boisson à base de vin et de diverses épices dont notamment du gingembre et qu’une bière de gingembre (soda sans alcool) est produit à la Jamaïque, et est connue sous l’appellation anglaise «Ginger beer».


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Sachez encore que, dans le Paris de la nuit, un trio magique officie au Lapin Blanc link : Claire, Gaëlle et Stéphane propose dans son terrier décalé et haut perché de la rue de Ménilmontant, au 84, une bière au gingembre de leur cru. Là-bas il y a toujours à boire nature et à manger à pas d’heure, Claire au piano, avec ses doigts de fée sait tirer de son chapeau de quoi vous rassasier aux plus blanches des heures de la nuit avec de la musique où Stéphane et Gaëlle sont des orfèvres en la matière et bien sûr tous les liquides nature qui vont avec.


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À ce propos, je vous propose de découvrir le « Saint Gros Lô » de François Saint-Lô que m’a fait goûter récemment ma copine Fleur Godard. « Un Saint-gro-lô, 100% grolleau en magnum, la rivière n’est pas en crue, la côte d’alerte n’est pas dépassée, le baromètre indique 9% d’alcool, un vin superbe, nerveux, très « digeste », avec un peu plus de différences qu’un autre comme dirait les Deschiens… »


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« Vieillir, c’est encore le seul moyen qu’on ait trouvé pour vivre longtemps » 

 

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