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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 00:09

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Les images ont la vie dure dit-on mais celle du français black béret vissé sur la tête, kil de rouge et baguette de pain dans sa musette chère à nos collègues anglo-saxons est à tout jamais engloutie. Même la baguette est, à leur dire, en danger en dépit de ses 10 milliards d’unités annuelles qui fait des Français sans nul doute les plus gros consommateurs de pain en Europe : 99% d'entre eux déclarent le faire quotidiennement avec en moyenne 140 g de pain par jour.


Pas mal non, il subsiste encore dans notre vieux pays 38.000 boulangeries artisanales (la résistance est plus forte que pour d’autres artisans de bouche) Même qu’à Paris il existe un prix de la meilleure baguette : en 2013 c’est Rhida Khadher, de la boulangerie « Au Paradis du Gourmand » 156, rue Raymond Losserand dans  qui l’a reçu link et est devenu le fournisseur officiel de l'Elysée pendant un an. 


Et pourtant, après avoir combattu le pain quotidien, les nutritionnistes recommandent de consommer entre 3/4 et 1 baguette par jour pour couvrir notamment les besoins en glucides complexes et protéines végétales.


Mais combien coûte une baguette de pain traditionnelle ? Évitez de poser cette question à Bruno Le Maire mon ancien patron, il pourrait prendre la mouche car il avait séché dessus en février 2011. Comptez aujourd'hui en moyenne 88 centimes pour une baguette traditionnelle en boulangerie et 57 centimes en grande surface ! Depuis 1987, les boulangers fixent librement le prix de leur pain.


Répartition du coût d'une baguette en France en 2011. (Chambre syndicale de la boulangerie)


19% imputable aux coûts de la farine, la levure, le sel et l'eau.

53% pèsent sur les salaires et les charges.

11% de frais divers (impôts, emballage, transport, amortissement).

11% pour l'énergie et le loyer.

6% de revenu.


Comparatifs de la baguette et du SMIC (Chambre syndicale de la boulangerie)


En 1970, le smic est à 593 Fr, la baguette à 0.57 Fr.

On peut acheter 1040 baguettes.

En 1980, le smic est à 2392 Fr, la baguette à 1.67 Fr.

On peut acheter 1432 baguettes.

En 1990, le smic est à 5286 Fr, la baguette à 3.14 Fr.

On peut acheter 1683 baguettes.

En 1997, le smic est à 6664 Fr, la baguette à 3.97 Fr.

On peut acheter 1678 baguettes.

En 2008, le smic est à 1309 Є, la baguette à 0.80 Є.

On peut acheter 1636 baguettes.

En 2011, le smic est à 1365,03 Є, la baguette à 0.90 Є.

On peut acheter 1436 baguettes.

NB: En 2000, on est passé à 151 heures au lieu de 169.


La baguette standard est « large d'environ 5 à 6 cm, haute d'environ 3 à 4 cm et longue d'environ 65 centimètres. Les différentes sortes de pains sont caractérisées entre autres par leur poids. Celui de la baguette est d'environ 250 grammes.

La croûte des baguettes est très croustillante et dorée, tandis que l'intérieur, la mie, est blanche et moelleuse. En principe, elle reprend sa forme si on la presse. C'est un critère pour savoir si le pain est de qualité. »


L’article 2 du Décret n°93-1074 du 13 septembre 1993 pris pour l'application de la loi du 1er août 1905 en ce qui concerne certaines catégories de pains indique « Peuvent seuls être mis en vente ou vendus sous la dénomination de : "pain de tradition française", "pain traditionnel français", "pain traditionnel de France" ou sous une dénomination combinant ces termes les pains, quelle que soit leur forme, n'ayant subi aucun traitement de surgélation au cours de leur élaboration, ne contenant aucun additif et résultant de la cuisson d'une pâte qui présente les caractéristiques suivantes :

 

1° Etre composée exclusivement d'un mélange de farines panifiables de blé, d'eau potable et de sel de cuisine ;

2° Etre fermentée à l'aide de levure de panification (Saccharomyces cerevisiae) et de levain, au sens de l'article 4 du présent décret, ou de l'un seulement de ces agents de fermentation alcoolique panaire ;

3° Eventuellement, contenir, par rapport au poids total de farine mise en oeuvre, une proportion maximale de :

a) 2 p. 100 de farine de fèves ;

b) 0,5 p. 100 de farine de soja ;

c) 0,3 p. 100 de farine de malt de blé. »


Elle est là, et bien là notre sacro-sainte baguette de pain, alors pourquoi diable les médias anglo-saxons s’inquiètent-ils en évoquant notre désamour vis-à-vis d’elle ?


Elaine Sciolino a récemment publié un article dans le New York Times intitulé «Un essentiel de l'alimentation française n'a plus sa place à table».link Cœur du problème: les Français mangent moins de pain et délaissent la baguette, emblème culinaire s'il en est.


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« Si la modification des habitudes alimentaires a conduit à la réduction de la consommation de pain, la qualité de la baguette est également pointée du doigt. Elle ne fait pas le poids face à ses concurrentes plus sophistiquées, à l'instar des baguettes «tradition» réputées plus savoureuses. L'Observatoire du pain a lancé une contre-offensive sous la forme d'une campagne d'affichage encourageant les Français à faire du passage à la boulangerie une habitude quotidienne. Les panneaux «Coucou! Tu as pris le pain?» essaiment dans l'Hexagone. » commente le Figaro.


Il est vrai que la baguette est de plus en plus menacée par le marketing : « la Banette, la Tradition, le Bon’heur, la Rustique, la Rétrodor, la Saint Albin, la Paysanne, la Gallega, la Gourmet, la Campaiette, sans oublier l’exotique Finlandaise : Prévert n’aurait pas renié pareil inventaire, hélas loin d’être exhaustif. Car tous ces mots, tantôt latin de boulange, tantôt marques déposées, sont censés remplacer avantageusement le terme de baguette. » note un puriste.


Plus sérieusement selon Steven L. Kaplan, l’historien américain de référence sur le pain, la raison est que panification a suivi deux tendances au cours du siècle dernier : une baisse constante de la qualité de la plupart des produits, et l'émergence d'une nouvelle race des boulangers artisanaux consacrés à l'excellence et de tradition. Pour lui la baisse de la qualité a commencé en 1920 avec le passage de panification lente avec une base de levain à un processus rapide en utilisant des levures. Mécanisation dans les années 1960 qui a contribué à la fabrication du pain qui manquait goût et l'arôme. La tendance a commencé à s'inverser dans les années 1980. Les meuniers français ont fourni aux boulangers de la meilleure farine et un plus grand soutien de la commercialisation. Lionel Poilâne a conjugué production à grande échelle avec pratiques artisanales comme la longue fermentation au levain et four à bois à pâte. La «tradition», comme on l'appelle, est plus chère que la baguette ordinaire, qui utilise des additifs, la fermentation rapide montante et la mécanisation, et représente environ 75 % des ventes de pain du pays.


La journaliste américaine cite Philippe Levin, boulanger dans le 9e arrondissement de Paris depuis 25 ans « Les procédés de fabrication des deux pains ne sont pas du tout les mêmes. Le secret pour faire une bonne tradition c’est le temps, le temps, le temps. La fermentation est très, très lente. Les arômes, le sucre doivent émerger. Il faut de 3 h et demie, à quatre heures du début à la fin. » Pour montrer la différence il tranche une tradition et une baguette classique en deux et la longueur comme pour faire un sandwich. «Regardez toutes les cavités irrégulières, la belle croûte dorée» pour la tradition. « Sentez l'arôme, doux et épicé. Chacune est faite à la main. C'est magnifique! » Pour la baguette, «C'est différent, plus blanc, fait à la machine. » M. Levin vend plus de traditions que les baguettes, même si les baguettes coûtent 20 centimes de moins.


L'art de vivre à la Française est-il vraiment en péril ? Nos chers voisins anglo-saxons ne profitent-ils du relatif déclin de la baguette traditionnelle pour pratiquer encore une fois  le «French bashing» ? Je le crois mais je concède que notre morosité affichée favorise ce sport. John Simpson de la BBC se demande «Qu'est-il arrivé à la joie de vivre française?» Roger Cohen, journaliste au New York Times en fonce le clou «le malaise et l'ennui sont à la France ce que l'enthousiasme est aux Etats-Unis: un emblème dont on est fier».


Cependant, sous cette ironie, ces critiques récurrentes, se cachent souvent, comme le note le Figaro, « des compliments, voire parfois des déclarations d'amour à la France et ses habitants, aussi moroses soient-ils. » Dans sa tribune Roger Cohen conclut en estimant qu'il «vaut mieux être malheureux qu'hypocrite, écœuré que naïf - et il vaut même beaucoup mieux être morose qu'idiot».


Morale de cette histoire : si au lieu de nous auto-flageller, de ronchonner, nous prenions enfin conscience que nous vivons dans l’un des endroits de la Terre où il fait encore bon vivre. Cet optimisme, qui d’ailleurs existe dans la sphère privée des Français, nous permettrait de retrouver de l’allant. « J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. » Henri BERGSON


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La suite ICI link

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 11:00

« Disons qu’elle s’appelait Mme Anserre, pour qu’on ne découvre point son vrai nom.


C’était une de ses comètes parisiennes qui laissent comme une traînée de feu derrière elles. Elle faisait des vers et des nouvelles, avait le cœur poétique et était belle à ravir. Elle recevait peu, rie, que des gens hors ligne, de ceux qu’on appelle communément les princes de quelque chose. Être reçu chez elle constituait un titre, un vrai titre d’intelligence ; du moins on appréciait ainsi ses invitations.


Son mari jouait le rôle de satellite obscur. Être l’époux d’un astre n’est point chose aisée. Celui-là cependant avait eu une idée forte, celle de créer un État dans l’État, de posséder son mérite à lui, mérite de second ordre, il est vrai ; mais enfin, de cette façon, les jours où sa femme recevait, il recevait aussi ; il avait son public spécial qui l’appréciait, l’écoutait, lui prêtait plus d’attention qu’à son éclatante compagne.


Il s’était adonné à l’agriculture ; à l’agriculture en chambre. Il y a comme cela des généraux en chambre, – tous ceux qui naissent, vivent et meurent sur les ronds de cuir du ministère de la Guerre ne le sont-ils pas ? – des marins en chambre, voire au ministère de la Marine ; – des colonisateurs en chambre, etc., etc. Il avait donc étudié l’agriculture, mais il l’avait étudiée profondément, dans ses rapports avec les autres sciences, avec l’économie politique, avec les arts, – on met les arts à toutes les sauces, puisqu’on appelle bien « travaux d’art » les horribles ponts des chemins de fer. Enfin il était arrivé à ce qu’on dit de lui : « C’est un homme fort. » On le citait dans les Revues techniques ; sa femme avait obtenu qu’il fut nommé membre d’une commission au ministère de l’agriculture.


Cette gloire modeste lui suffisait.


Sous prétexte de diminuer les frais, il invitait ses amis le jour où sa femme recevait les siens, de sorte qu’on se mêlait, ou plutôt non, on formait deux groupes. Madame, avec son escorte d’artistes, d’académiciens, de ministres occupait une sorte de galerie, meublée et décorée dans le style Empire. Monsieur de retirait généralement avec ses laboureurs dans une pièce plus petite, servant de fumoir et que Mme Anserre appelait ironiquement le salon de l’Agriculture.


Les deux camps étaient bien tranchés. Monsieur, sans jalousie, pénétrait quelquefois dans l’Académie, et des poignées de mains cordiales étaient échangées ; mais l’Académie dédaignait infiniment le salon de l’Agriculture, et il était rare qu’un des princes de la science, de la pensée ou d’autre chose se mêlât aux laboureurs.


Ces réception se faisaient sans frais : un thé, une brioche, voilà tout. Monsieur, dans les premiers temps, avait réclamé deux brioches, une pour l’académie, une pour les laboureurs ; mais Madame ayant justement observé que cette manière d’agir semblerait indiquer deux camps, deux réceptions, deux partis. Monsieur n’avait point insisté ; de sorte qu’on ne servait qu’une seule brioche, dont Mme Anserre faisait d’abord les honneurs à l’Académie et qui passait ensuite dans le salon de l’Agriculture.


Or, cette brioche fut bientôt, pour l’Académie, un sujet d’observations des plus curieuses. Mme Anserre ne la découpait jamais elle-même. Ce rôle revenait toujours à l’un ou l’autre des illustres invités. Cette fonction particulière, spé& Il s’était adonné à l’agriculture ; à l’agriculture en chambre spécialement honorable et recherchée, durait plus ou moins longtemps pour chacun : tantôt trois mois, rarement plus ; et l’on remarqua que le privilège de »découper la brioche » semblait entraîner avec lui une foule d’autres supériorités, une sorte de royauté ou plutôt de vice-royauté très accentuée.


Le découpeur régnant avait le verbe plus haut, un ton de commandement marqué ; et toutes les faveurs de la maîtresse de maison étaient pour lui, toutes.


On appelait ces heureux dans l’intimité, à mi-voix, derrière les portes, les « favoris de la brioche », et chaque changement de favori amenait dans l’Académie une sorte de révolution. Le couteau était un sceptre, la pâtisserie un emblème ; on félicitait les élus. Les laboureurs jamais ne découpaient la brioche. Monsieur lui-même était toujours exclu, bien qu’il en mangeât sa part.


La brioche fut successivement taillée par des poètes, des peintres et des romanciers. Un grand musicien mesura les portions pendant quelque temps, un ambassadeur lui succéda. Quelquefois un homme moins connu, mais élégant et recherché, un de ceux qu’on appelle, suivant les époques, vrai gentleman, ou parfait cavalier, ou dandy, ou autrement, s’assit à son tour devant le gâteau symbolique. Chacun d’eux, pendant son règne éphémère, témoignait à l’époux une considération plus grande ; puis quand l’heure de sa chute était venue, il passait à un autre le couteau et se mêlait de nouveau dans la foule des suivants et des admirateurs de la « belle Mme Anserre ».

 

à suivre...

 

Guy de Maupassant : Le gâteau. Texte publié dans Gil Blas du 19 janvier 1882 sous la signature de Maufrigneuse.

http://youtu.be/N_ITv5-Onqg

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 00:09

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Rassurez-vous vignerons de Pomerol, petits ou grands, avec ou sans chais, il n’est pas écrit sur le front du Taulier « soutien à l’ODG Pomerol» car n’est pas localier de Sud-Ouest qui veut ou qui peut. Sans être mauvaise langue Dominique Richard drichard@sudouest.fr se prend les pieds dans la moquette, à défaut de la fumer, lorsqu’il mélange joyeusement dans un article du 25 juillet arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux, juridiction civile et  arrêt du Conseil d’État, juridiction administrative. L’impératif utilisé en titre : « les Pomerol doivent être vinifiés sur place » relève de la prise de position en faveur des thèses de l’ODG de Pomerol, le journaliste se faisant le relais pur et simple de Me Jean-Philippe Magret l’avocat de la dite ODG, allant même jusqu’à parler de « fâcheuse posture » pour les plaignants alors que l’arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux n’a pas  tranché pas sur le fond, c’est-à-dire le bien-fondé de la vinification dans l’aire de production. Le plus drôle dans cette histoire c’est que Terre de Vins après avoir relayé l’article sous le même titre partisan a rectifié le tir en remettant les pendules à la bonne heure en titrant « la carte et le territoire » et en exposant les deux points de vue sans parti pris.

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Je me permets de rappeler que le Conseil d’État a retoqué sèchement le premier décret excluant les sans-chais de Pomerol link et que le dernier considérant du Conseil d’Etat sur les sans-chais de Pomerol en dit plus long qu’un long discours link


« Considérant que si le ministre de l'agriculture et l'INAO motivent cette nouvelle délimitation, qui aura pour effet de retirer à des vignerons producteurs de vins bénéficiant depuis des décennies de l'AOC Pomerol la possibilité de procéder à la vinification et à l'élevage de leurs vins en dehors de l'aire géographique, par la nécessité de limiter le transport et la manipulation du vin afin de préserver sa qualité, il ne ressort pas des pièces du dossier que le transport sur les distances mentionnées ci-dessus des grappes de raisins, et non du vin, entre le lieu de la récolte et celui du chais de vinification aurait une incidence sur la qualité du vin produit, alors qu'il est par ailleurs constant que certains exploitants sont amenés à transporter leur vendange à l'intérieur de l'aire géographique de production sur des distances parfois plus longues que celles sur lesquelles les requérants transportent leur récolte ; qu'au regard du seul motif invoqué par le ministre de l'agriculture, les requérants sont fondés à soutenir que la délimitation ainsi retenue de l'aire dite de proximité immédiate induit une différence de traitement entre des exploitants qui bénéficiaient jusque-là pour leur production de vin de l'AOC Pomerol, les uns conservant ce bénéfice parce que leurs chais sont implantés sur les parcelles comprises dans cette zone et les autres se voyant retirer ce bénéfice à terme, et qu'il n'apparaît pas que cette différence de traitement serait en rapport avec les objectifs du cahier des charges ; que, dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de leur requête, les requérants sont fondés à demander l'annulation du décret attaqué homologuant le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Pomerol, en tant qu'il a homologué la délimitation de l'aire de proximité immédiate. »


Qui vivra verra et attendons ce que nous dira le second arrêt du Conseil d’État au lieu d’enfourcher comme le journaliste de Sud-Ouest la cause d’une des parties.


Pour autant je n’abandonne pas mon « Vin du Conseil d’État » qui arborera une collerette distinctive et sera servi aux hôtes du Gouvernement vaudois lors de certaines manifestations officielles et je vais même en faire tout un fromage.


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« Pour la deuxième année consécutive, le gouvernement a choisi - à l'aveugle - un vin Vaudois qui sera honoré tout au long de l’année, jusqu’au 30 juin 2014. Cette année, c'est le Domaine de Fischer Féchy Premier grand cru, qui a séduit le gouvernement. Pour rappel, en 2012, L'Ovaille 1584, produit dans les hauteurs d'Yvorne, avait été désigné. Pour la première fois cette année, le Conseil d'Etat a aussi choisi un «fromage d'excellence». C'est le Gruyère AOP de la Fromagerie du Haut Jorat qui a remporté cette désignation. »


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Un peu coquins nos Vaudois d’avoir choisi un Gruyère AOP voir ICI link


Selon les critiques « Il présente une robe jaune pâle brillante et se caractérise par de fins arômes frais de raisin mûr, pêche et tilleul. La bouche offre une riche palette de saveurs intensément fruitées. La finale est d’une belle persistance gustative. Le Premier Grand Cru du Domaine de Fischer possède un potentiel de garde de 10 ans minimum »


Si par hasard, sur le Pont des Arts, notre Conseil d’État à nous confirmait son premier arrêt resterait plus qu’aux sans chais à apposer une collerette « Vin du Conseil d’État » à leur Pomerol pour fêter ça.


Je plaisante bien sûr !

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 11:00

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L'humoriste Andy Borowitz du New-Yorker dépeint un Jeff Bezos cliquant de façon frénétique sur la Toile, avec manifestement l'esprit ailleurs. Il fait dire au patron d'Amazon : « Je crois que j'étais en train de surfer sur leur site sans trop faire attention à ce que je faisais. En aucun cas je n'avais l'intention d'acheter quoi que ce soit ». Son rachat du Washington Post aurait donc résulté d'un « énorme malentendu », dont Jeff Bezos se serait rendu compte en découvrant sur son relevé de carte bancaire un débit de 250 millions de dollars. »link

 

J’adore !


Même la très officielle agence de presse Chine nouvelle (Xinhua) a pris pour argent comptant un canular.


Dans notre vieille France, où la presse est bien moins impertinente même qu’elle en devient chiante, nous sommes obligés de nous rabattre sur un petit bouquin d’un journaliste « infiltré » (embauché comme intérimaire) dans un entrepôt d’Amazon à Montélimar. J’ai écouté l’auteur sur France-Inter et je dois avouer qu’il ne m’a pas convaincu de la pertinence de son enquête. Je n’achèterai donc pas son livre sur Amazon car, ironie de la vente en ligne, le site Amazon s’affiche en premier lorsque vous cherchez son livre En Amazonie: Infiltré dans le « meilleur des mondes » de Jean-Baptiste Malet chez Fayard. Vous pouvez lire une interview de lui ICI link  et 2 critiques link et link


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J’avais un vieux compte Amazon qui traînait je l’ai clôt, non parce que les arguments de Malet m’ont ébranlés, c’était bien avant de prendre connaissance de l’existence de son reportage, mais tout bêtement parce que la « facilité » de la commande chez Amazon s’apparentait à une complicité avec un système qui s’apparente à la GD et qui ne fait que fabriquer des emplois sous-qualifiés et précaires.


« Le Syndicat de la librairie française considère aujourd’hui que, à proportions égales, la librairie indépendante française représente une activité qui génère deux fois plus d’emplois que les grandes surfaces culturelles, trois fois plus que la grande distribution et, selon les chiffres de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, dix-huit fois plus que le secteur de la vente en ligne dont Amazon est le fleuron. (…)


Mais au-delà de ce geste il faut aussi soutenir la nouvelle génération d’éditeurs qui se lève et qui renouvelle, y compris graphiquement le livre lui-même. Tel est le cas de la nouvelle maison d’édition Zones Sensibles et du studio graphique Le Théâtre des Opérations qui produit ses livres. Je vous propose de lire son manifeste link, de découvrir son Comité de parrainage scientifique et son superbe graphisme.


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1-      Manifesto (extraits)


« Zones sensibles est une nouvelle maison d'édition belge, basée à Bruxelles et spécialisée dans les sciences de l'homme (et fruit de 15 ans d'expérience dans le domaine éditorial). « Sciences de l'homme » désigne ici un vaste domaine se rapportant à l'humain dans ses divers modes d'existence (sociale, artistique, politique, culturelle vs naturelle, etc.), domaine qui peut concerner tout autant l'anthropologie que le roman graphique, les études culturelles que l'histoire de la médecine, les mondes sonores que les atlas géographiques, les constructions urbaines comme les environnements non humains.


Les zones sensibles sont justement ces lieux autres, des hétérotopies où s'entrecroisent les disciplines et les sujets récalcitrants, les autochtones et les allochtones, des lieux de décloisonnements et de rapprochements, des zones grises car le monde n'est ni noir, ni blanc ; des zones bariolées (à l'image du zinneke) qui contrastent avec l'homogénéité des milieux de ceux qui « pensent » ou qui « gouvernent » (il n'est pire ghettos que ceux-là) ; des zones sensibles qui sont celles de la société - ni de droite, ni de gauche (mais en faveur du livre-échange), minoritaires et indisciplinées.


2-      Comité de parrainage scientifique


Philippe Descola (Collège de France, FR)

Jacques Le Goff (EHESS, FR)

Jean-Claude Lebensztejn (université de Paris-4, FR)

Lucienne Strivay (Université de Liège, BE)

Bruno Latour (Sciences Po, FR)

Alexandre Vanautgaerden (Musée de la Maison d'Erasme, BE)

Philippe Vendrix (Centre d'études supérieures de la Renaissance, FR; université de Liège, BE)


3-                  Le Théâtre des Opérations


C’est un studio graphique établi à Bruxelles et spécialisé dans la production de livres. Parmi mes clients figurent entre autres le Centre d'études supérieures de la Renaissance, université François Rabelais (Tours), Le Fresnoy (Lille), le Centre Pompidou, le Palais de Tokyo, les éditions Kargo, les Presses universitaires de France, les Presses du réel, les éditions de l'Eclat, les revues Nomad's land et Fresh Theorie (Paris), la Maison d'Erasme (Bruxelles), le Royal Museum for Central Africa (Tervuren) ou les éditions Zones sensibles.link 

 

Le livre ci-dessous a fait l'objet d'une chronique ICI link


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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 00:09

Les grands dégustateurs de la LPV ne reculent devant aucune expérience gustative, ainsi Valéry M le jeudi 1 novembre 2012 posait à ses petits camarades la question qui tue : « bonjour, voici encore un truc impossible, comme le fruit lui-même, que boire avec un durian ? (durion) » Bien sûr il répondait à sa propre question (voir à la fin de cette chronique) mais comme tout va si vite dans notre petit monde mondialisé, la réponse est venu de Singapour : « des scientifiques de Singapour ont eu du succès le mois dernier en créant un vin à base d'un fruit décrit comme très odorant et au goût de chaussettes et d'oignons pourris. Fabriqué avec le durian - connu comme le fruit le plus malodorant au monde - ce vin contient 6 % d'alcool et est épuré de presque toute sa mauvaise odeur. »link


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Mais c’est quoi exactement ce fameux Durian dont raffolent les asiatiques ?


La réponse se trouve ICI link mais je vous conseille de visionner la première vidéo en anglais qui donne une image idyllique de ce fruit et la seconde en français plus pédagogique. Trip Gourmand : Le durian - le fruit qui sent le fromage.


Mon attention sur le durian avait déjà été attirée lors de la lecture du beau livre de Kim Thúy mãn link 


« C’est la dernière fois que Maman a vu son père : sous les durians, que les Vietnamiens appellent sãu riêng. Jusqu’à ce jour, elle n’avait jamais pensé au nom formé par ses deux mots, qui signifie littéralement « tristesses personnelles ». On l’oublie peut-être parce que ces tristesses, comme leur chair, sont scellées dans des compartiments hermétiques, sous une carapace hérissée d’épines. »


Quelques pépites sur le Durian


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« Les durians sont interdits dans l’établissement. » En Asie du Sud-Est, il n’est pas étonnant de voir ce signe à l’entrée des hôtels, agences de voyage et autres…


Son parfum est lourd. Gras. Profond. Entêtant et complexe (…) On a plutôt l’impression d’un mélange qui ne fonctionne pas, comme si on avait mis ensemble plusieurs produits dont les parfums mélangés donnent un résultat proche de l’odeur du pourri. Certains évoquent carrément un cadavre en décomposition. Et il faut l’avouer, ce n’est pas faux.


Ensuite, lorsqu’on le goûte, on n’est pas surpris. En fait, on mange cette odeur. Sa chair est l’expression solide de cette puanteur : douceâtre, complexe, tenace. »


« Le naturaliste Alfred Wallace, qui s’est spécialisé dans l’Asie du Sud-Est, plus particulièrement l’Indonésie et les Philippines, a décrit les arômes du durian de manière très vivace lors de sa visite à Bornéo, au milieu du XIXème siècle. On croirait lire Alice au pays des merveilles et l’absurde description que Lewis Caroll fait de la potion rapetissante. « Une crème riche aux amandes », mais avec des notes de « fromage, sauce aux oignons, et de vin».


« Pourtant, il n’est pas sans danger.

« En ce qui concerne les overdoses, c’est la vérité. Chaque année, plusieurs décès sont reportés par la presse en Thaïlande, en Indonésie et dans le reste de la région. Effectivement, il est fortement déconseillé aux personnes souffrant d’hypertension d’en consommer. Et aussi aux femmes enceintes. Mais le véritable cocktail molotov, c’est le durian associé à l’alcool. Des scientifiques japonais de l’université de Tsukuba ont récemment établi que le durian, sans doute à cause de sa haute teneur en soufre, est capable d’inhiber l’enzyme ALDH, qui est la principale défense de notre foie contre les sous-produits toxiques de l’alcool. »


L’auto-réponse sur la LPV


« En fils ingrat, j'ai servi à mes parents un dessert des plus originaux : un durion. Il faut dire que je les avais déjà régalés de glaces au même fruit et que je les sentais prêts. Mais que boire avec ? Un essai infructueux me fit essayer les restes des Bordeaux du repas. (Je relève au passage que le Château de Francs Cerisiers 2006 s'en est largement mieux sorti que Cambon la Pelouse 2002, peut-être grâce au boisé plus présent)


Puis m'est venue cette bonne idée : du Cognac. Et là l'accord s'est fait. Quelqu'un a-t-il fait une expérience similaire ? Ou testé un liquoreux ? (j'avais aussi testé un fond de Banyuls sans trop y croire et ce n'était effectivement pas terrible). »

 

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 11:00

« Mener les gens en bateau » tel devrait être le nouveau slogan du site de vente de vin 1855 depuis l’acquisition des caves de la Transat. Plus sérieusement quelques infos :


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Le ­26 juillet dernier les stocks du site de vente 1855 ou une partie, je n’ai pas d’informations précises «Saisie vente à la demande de la SCP PEYCHEZ-GUITOU-BOUSQUET Huissiers de justice d'un site de vente en ligne de grands crus 2700 bouteilles (que fait la presse papier qui crie famine mais qui ne fait plus son travail d’information ? Tout particulièrement le journal Sud-Ouest qui me semble plus prompt à se faire le haut-parleur de l’avocat de l’ODG de Pomerol dans le dossier sans-chai qu’à relayer cette info) ont été saisis et vendus aux enchères à Bordeaux à l’Hôtel des Chartrons)… « Une nouvelle vacation a eu lieu le 31/07, avec le même cabinet d'huissiers à la saisie. 1150 bouteilles dont pas mal de bourgognes de Louis Jadot » source LPV


Voir ci-dessous la listelink

 

Je m’étonne vraiment que cette information n’ait pas été relayée par des organes de presse, tout particulièrement par les magazines nationaux et bien évidemment par la grande muette : la Revue des Vins de France.


Et pendant ce temps-là les dirigeants du groupe 1855 amusent la galerie des jobards avec une dose de foutage de gueule non mesurable sur l’échelle de Richter de la provocation. Du grand art tout de même.


19 Juillet 2013 - Nouvelle plateforme logistique - COMMUNIQUE DE PRESSE


Le groupe 1855 annonce l'ouverture d'une nouvelle plateforme logistique dédiée à la réception, au stockage et à la préparation des commandes de vins de toutes les marques du groupe.


« Nos clients demandent aujourd'hui une livraison toujours plus rapide et à coût compétitif. Pour atteindre ces deux objectifs, nous avons décidé d'internaliser notre plateforme logistique » déclare Fabien Hyon Directeur général.


« En réintégrant ce métier, nous sommes confiants de pouvoir répondre aux attentes légitimes de nos clients ».


« Depuis un peu plus de six semaines, ce changement de plateforme a malheureusement généré des retards de livraison. Nous sommes confiants pour que ces retards soient absorbés d'ici quatre semaines environ ».


« En termes de calendrier, cette nouvelle plateforme logistique est aujourd'hui en phase de test et sera pleinement opérationnelle courant août 2013. Nous serons donc prêts à organiser des livraisons rapides pour toutes les commandes de notre pic d'activité annuel (septembre à décembre) ».


Et en plus ils gagnent de l’argent comme le souligne N de R le grand connaisseur des arcanes des GCC « Avec ce merveilleux angélisme attribué le plus souvent aux enfants, la gouvernance de 1855 (.com, oui) annonce une deuxième année consécutive bénéficiaire. Bref, ça marche très bien pour ces jeunes gens qui ont complètement dévalué la célèbre expression américaine « take the money and run ».link


Signalons à ceux qui ne le sauraient pas que le groupe 1855 a ajouté à son escarcelle : Château-Online et cave privée et dernièrement les Caves du Transat auprès de STEF, le spécialiste européen de la logistique du froid.link

 

A cette occasion Emeric Sauty de Chalon, Président de 1855. le petit génie des Chartrons, qui a eu une Rolex à 30 ans, déclarait:


« Du point de vue stratégique, le groupe fait l'acquisition avec cette opération d'un nouveau savoir-faire : la vente en magasins physiques. Et aujourd'hui, à l'ère du commerce multicanal intégré, il était essentiel de positionner le groupe sur ce canal complémentaire du e-commerce ».


« Enfin, du point de vue financier, cette acquisition va générer des synergies évidentes grâce à la mutualisation des fonctions supports au sein du groupe (achats, finance et comptabilité, systèmes d'informations). Cependant, les Caves de la Transat bénéficieront de la plus grande autonomie de fonctionnement pour ce qui est du marketing, de la politique produits et de la relation clients, le groupe étant organisé comme une fédération de PME indépendantes, autonomes et réactives ».


« Cette nouvelle acquisition va contribuer à renforcer le poids de l'activité Vins, à nourrir la croissance de l'activité et à développer le niveau de rentabilité du groupe »


Vraiment nous vivons une époque formidable où vendre du vin est présenté par des « petits cons prétentieux » comme une activité s’apparentant à de la haute-technologie et que des jobards se précipitent la tête la première sur leur miroir aux alouettes. J’ai du mal à plaindre les nouveaux entrants, quant aux anciens qu’ils aillent voir du côté de ce site link pour se dépêtrer de ce site dont la valeur ajoutée, sauf pour ses actionnaires, ne m’est jamais apparu très importante pour les clients. 

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 00:09

Le fils de couturière qui sommeille en moi me fait aimer l’expression de fil en aiguille apparue au XIIIe siècle qui signifie passer d'une chose à une autre de manière progressive. En effet la traduction latine «ab acia et acu» fait référence au domaine de la couture mais cette expression est aussi influencée par le « fil » en tant que « courant d'eau » symbolisant un mouvement fluide. Cette dernière référence colle bien au dernier livre de Jean-Paul Kauffmann « Remonter la Marne »link 


Hormis ces deux références j’ai utilisé cette expression pour bien montrer que sur cette fichue Toile, tant décriée par certains, il est possible de pratiquer une forme moderne de la conversation. En l’occurrence :


-          partir du côtes-de-provence mystérieux, millésime 1985 bu par JPK et ses deux compagnons de marche dans un petite baraque perdue au Val Travers sur les îles Kerguelen link,


-          poser la question à JPK : se souvient-il d’où venait ce côtes-de-provence,


-          recevoir de Jean-Paul Kauffmann en retour la réponse :


Cher Jacques Berthomeau,

Il s'agit de Puyloubier, vignoble détenu par la Légion étrangère. Je crois qu'une cuvée se nomme Esprit de Corps. Je ne le mentionne pas dans le livre mais j'avais apporté six magnums de Lynch Bages 82 dégustés avec les hivernants à Port aux Français (…)


-          rechercher sur la Toile des éléments sur ce vignoble de la Légion étrangère,


-          trouver un très bel article du Monde Lifestyle du 21.05.2010 par Carole Rap Puyloubier, légion de vin d'honneur link dont voici quelques extraits.


« Le vin fait partie de la culture de la Légion. Avant, à table, il y avait le quart de vin réglementaire. Après plusieurs jours sur le terrain, on buvait un bon coup, pour se décontracter et faire la fête", se souvient Nicolas Dadiani, un Géorgien de 62 ans dont vingt-cinq passés à la Légion ; »


« En janvier, ils sont une dizaine à tailler les sarments, parfois chaussés de rangers ou vêtus de pantalons treillis. "Mes respects mon adjudant-chef", lance un ouvrier agricole en passant devant le chef de viticulture Alain Lonjarret, retourné à la vie civile depuis peu, après trente ans de Légion. "Bonjour Picard", rétorque celui-ci, usant du seul nom de famille comme il le faisait en "opération", quand tout devait aller très vite. »


« Le raisin, apporté à la cave coopérative du mont Sainte-Victoire (la plus grosse cave en appellation Côtes-de-Provence), est désormais vinifié à part, dans cinq cuves en inox spécifiques à la Légion. Ainsi est née la cuvée Esprit de Corps – 80 000 bouteilles en 2008, plus haut de gamme que les cuvées dites Classique et Terroir – 60 000 bouteilles chacune, destinées aux régiments. Bien que réduite de 20 %, suite à la grêle du début août, la récolte 2009, de 227 tonnes, porte ses fruits. Pour la première fois, Esprit de Corps en rouge sera assemblé à partir de Mourvèdre, aux côtés des traditionnels cépages syrah et grenache. »


-          Me rendre à la boutique de la Légion étrangère link 


-          Mettre en ligne les photos des 3 couleurs d’Esprit de Corps.


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Merci Jean-Paul Kauffmann d’avoir éclairé ma lanterne et de me permettre d’en faire profiter mes fidèles lecteurs du mois d’août.

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 00:09

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Pas très original me direz-vous, sauf que mon père Arsène était entrepreneur de battages et, avant l’irruption des moissonneuses-batteuses, après la moisson avec sa batteuse Société Française de Vierzon et le matériel qui allait avec, le monte-paille puis la presse-botteleuse, la locomobile Merlin puis le tracteur SFV, il allait de ferme en ferme, selon une tournée qui alternait : les premiers de la saison précédente étaient les derniers de la saison suivante. Le prix du battage n’était à l’heure passée mais au sac de grains récolté ce qui associait l’entrepreneur à la bonne ou à la mauvaise récolte.


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Le mois d’août chaque année était donc le mois de mon père. Dieu qu’il aimait ses battages. Il était dans son élément au contact des gens. Moi j’allais trainer mes culottes courtes sur les sacs de blé qui étaient tarés à la bascule et surveillés par le maître (le propriétaire) ou son régisseur (nous étions sous le statut du métayage avec partage des fruits et rappelez-vous celui de la Terre qui meurt de René Bazin, guêtré, vêtu de vieux velours à côtes, craint et détesté) et j’étais « le petit gars d’Arsène ». Ce qui nous amusait beaucoup avec les autres galopins  c’était d’aller nous faire « flageller » face au tuyau qui projetait la balle du blé en un grand tas. Les batteries c’était une vraie fête si bien décrite par mon pays Henri-Pierre Troussicot ICI Les batteries à Pied-sec : « Bue au goulot, la bouteille* fait le tour du pailler. » (* de noah) link 


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Ainsi donc chez les Berthomeau on ne se mariait qu'en septembre : après les battages…


Aujourd’hui, dans beaucoup de villages on organise des fêtes des battages mais je n’ai pas le cœur d’y aller ça serait pour moi qu’un ersatz d’une jeunesse sauvageonne à jamais engloutie. Je suis tout, sauf nostalgique lire ICI « Non je n’ai pas la nostalgie de mon pays natal, de ma jeunesse sauvageonne oui ! » link 


En revanche, se plonger dans la mémoire d’un temps où le temps avait une toute autre valeur permet de relativiser l’impérialisme actuel de l’instantanéité. L’accélération du temps, ne plus avoir de temps, aller vite toujours plus vite, je l’ai vécu lorsque mon père a dû se résoudre, dans les années 60, se résoudre à investir dans une moissonneuse-batteuse de marque Class. C’est-à-dire à s’endetter, à courir après les clients jamais contents, moi le premier ma récolte est urgente. Le temps de l’individualisme était venu. Papa sentait bien que tout un pan de notre monde paysan, avec cette nouvelle fracture mécanique, disparaissait. Les battages ne seraient plus ce rituel ordonné et immuable. Une fête collective ! On entrait dans le chacun pour soi  « mon champ est prêt à battre », l'urgence, la rapidité, l'insouciance du produit. Dans la symbolique aussi le blé perdait son pur statut nourricier, avec l'explosion des rendements il devenait de plus en plus fourrager, simple ingrédient pour les aliments composés pour le bétail, au même titre que les résidus de maïs importés des USA. 


Si vous souhaitez tout savoir sur les batteuses il y a un beau livre : « Histoire des batteuses de nos campagnes » par Patrice Vaissband aux éditions ETAI.


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Et un texte trouvé dans la revue Autrement consacrée aux Paysans : mémoires vives 1900-2000, récits d'un monde disparu, je suis tombé sur un texte : La locomobile Merlin de Vierzon. Je dédie donc, ce texte, à mon père, Arsène Berthomeau, qui aimait tant ses battages que, plutôt que d'attendre chez le médecin, il est allé s'asseoir, un après-midi de foire de Mothe, en bout de champ, dans la cheintre, sur une botte de paille expulsée par sa grosse machine grise, pour se laisser glisser doucement sur le flanc et nous quitter avec son éternel sourire.


« Mes grands-parents avaient une locomobile probablement dès avant la "guerre de 14", raconte Alain Bordes. C'était des gens qui aimaient les machines, ils aimaient surtout la mécanique, ils en avaient le virus. Non seulement ils travaillaient leur ferme au Pesch, mais ils avaient monté dans le village une scierie, ils faisaient l'entreprise de battage et très rapidement mon père est devenu agent d'une marque de tracteurs et réparateur de machines agricoles. La locomobile, c'était une Merlin de Vierzon. Il n'y avait pas trente-six constructeurs en France à cette époque. La grande industrie du machinisme agricole était née dans une zone géographique où on avait besoin de machines en raison de l'immensité des surfaces cultivées. Les établissements Merlin, c'était quelque chose. Leurs voyageurs de commerce allaient partout. Mon père, quand j'étais gosse, me racontait qu'il avait souvent vu venir dans la maison le voyageur de Vierzon qui restait là deux ou trois jours pour conclure les affaires. Ces locomobiles à vapeur entraînaient les batteuses avec de très longues courroies. C'était des machines qu'il fallait chauffer comme une locomotive à vapeur. C'était très long. Une fois chaudes, il n'y avait plus qu'à entretenir le foyer et ça tournait parfaitement. Pour les battages, les gens s'entraidaient d'une ferme à une autre. Ils se rendaient à la ferme concernée lorsqu'ils entendaient le sifflet de la locomobile. En effet, lorsqu'elle avait atteint son point de chauffe normal et la bonne pression, le conducteur tirait le sifflet qui émettait un bruit de corne de locomotive à vapeur. »

 

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 00:09

Ce matin, après la grosse bouffée de chaleur que nous venons de subir et en espérant que les orages qui vont lui faire suite épargneront les vignes de nos amis vignerons, je vous fais descendre à la cave car il y fait frais. C’est de l’ethnologie sur une période récente : les années 80, il y a une trentaine d’année donc, où la tournée des caves en Vendée était une véritable institution.


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La cave y était un espace de la sociabilité masculine qui s'exprimait tout particulièrement au cours des descentes et des visites que se rendaient les hommes à l'occasion de tournées rituelles qui concernaient aussi les jeunes hommes. Par elles, chaque garçon était conduit jusqu'à l'âge d'homme. Il en gravissait les degrés, pris en charge par le groupe qui en avait défini coutumièrement les passages. Cet apprentissage, en Vendée, se faisait dans le cadre d'une institution : la conscription.


Temps englouti, la conscription n’est plus, mais croyez-moi  mais, croyez-moi, les émules de la Croix d'Or et leurs héritiers hygiénistes ont puisé dans ce terreau des motivations pour leur lutte sans merci contre le vin.


Lire :


Des caves et des hommes en Vendée link 

 

Mon maître vigneron : le frère Henri Bécot « Ce qui le préoccupait, c’était le bonheur du vigneron occasionnel, dont le labeur céréalier ou le soin asservissant des bêtes méritait la récompense du fier plaisir de la vendange (…) son action se situait dans la quotidienneté du laboureur dont la profession principale n’était pas de faire du vin »link


La Croix d'or link 

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 11:00

« Les jours suivants, Cook reconnaît quelques caps de la côte nord et s’avance jusqu’à l’entrée de la Passe Royale. Avec son flair infaillible, il en déduit que les Kerguelen ne sont pas un continent, comme l’avait pensé son découvreur, mais une île « sans grande étendue, qu’en raison de sa stérilité j’appellerai l’île de la Désolation ». La relation de son troisième voyage parut après sa mort. Le récit n’est pas authentique. Il comprend des ajouts dus à son éditeur, le chanoine Douglas. Ce dignitaire de la cathédrale Saint-Paul insère dans le texte des réflexions de son cru. Ainsi, il se permet de préciser : »Mais je ne veux pas dérober à M.de Kerguelen l’honneur qu’elle [la Désolation] porte son nom. »


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Si les îles portent le nom de Kerguelen, c’est donc à cause d’un prélat peu scrupuleux. Tout comme l’Amérique, les Kerguelen ne furent pas nommées par un navigateur, mais par un érudit. Au moins ce chanoine manipulateur a-t-il fait preuve d’équité »


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« Notre repas du soir se compose de pâtes arrosées d’un côtes-de-provence retrouvé au fond d’une touque. J’en apprécie l’aimable rusticité. Qui a consenti à alourdir son sac pour boire un côtes-de-provence à val Travers ? Nous tentons d’imaginer l’odyssée de cette bouteille qui s’achève en énigme dans cette cabane. Née dans une propriété des environs d’Aix, embarquée à Marseille, elle a franchi le canal de Suez, a été soumise à la chaleur des tropiques puis aux secousses des « quarantièmes rugissants ». On l’a descendue à terre à Port-aux-Français puis elle a été emportée par un hivernant à l’autre bout de l’archipel.


Le bouchon n’indique qu’une date : 1985. Nous le tenons entre nos doigts, chacun à son tour, palpant le liège, caressant l’empreinte de la date comme si elle devait nous révéler un secret. »


Une seule question posée à Jean-Paul Kauffmann : se souvient-il de quelle propriété provenait ce côtes-de-provence ?

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