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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 11:00
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Que ma sainte mère se rassure dans les sphères célestes où elle séjourne depuis qu'elle a quitté le Bourg Pailler, l'ancien enfant de choeur que je suis, ne ne blasphème pas. Une hostie non consacrée n'est pas encore transmuée en corps du Christ. Si je puis m'exprimer ainsi, dans la sacristie de l'église saint Jacques à la Mothe-Achard j'en ai charroyé des tas d'hosties. J'en ai même croqué quelques-unes. Bref, pour les mécréants, je signale que l'hostie, qui en latin signifie " victime offerte en expiation ", est ronde pour évoquer la couronne d'épines de Jésus.

Depuis que nous avons un pape sud-américain nous en apprenons de bien bonnes sur le destin des hosties dans certains pays lointains qui font aussi du vin " les mexicaines peuvent avoir des couleurs inspirées de Frida Kahlo ; en Colombie, elles sont recouvertes de confiture de lait ; à Sào Paulo, elles deviennent des sucreries pour les anniversaires, le baptême ou encore le mariage... "

La confection de l'hostie est règlementée par le droit canon, article 924 (c'est pour le Luc Charlier qui est très attaché aux règles de notre sainte mère l'Eglise apostolique et romaine) " Le pain doit être de pur froment et confectionné récemment en sorte qu'il n'y ai aucun risque de corruption." Pour chaque kilo de froment, on ajoute 1,2 litre d'eau.

La production mensuelle de l'usine de Joào Tadeu Benatti, à Mococa dans l'Etat  de Sào Paulo, utilise 20 T de farine pour 15 millions d'hosties qui approvisionnent des chapelles d'Amazonie, des églises de Rio et des cathédrales comme celle de Sào Paulo. Notre homme, en bon homme d'affaires, ne dédaigne pas les applications culinaires de son produit "J'ai déjà fait des hosties goût jambon, fromage, oignon, poivre...". Nos fabricants de bidules pour l'apéro, genre craker Belin, devrait y penser pour accompagner le rosé bien frais des vacances, avec des glaçons svp...

Cependant, la tendance est plutôt à la sucrerie avec l'hostie. Le chef Luca Corazza à Sào Paulo a pour spécialité le genre petit sandwich sucré, les hosties jouant le rôle de pain. Pour la garniture c'est au bon vouloir du client : confiture de lait, miel, gelée. " Les plus prisés ce sont les brigadeiros [gâteaux au lait concentré recouverts de chocolat] nature, à la rose ou à la pistache..."

J'attends avec impatience que la nouvelle race de jeunes pâtissiers s'empare des brigadeiros ce qui ouvrira encore plus largement le champ des petits louves et des petits loups qui n'aiment rien tant que de marier les mets et les vins. Même que le bougon du Morgon dans les veines vient de s'y mettre lui aussi en lançant chez son pote Antonin, de rue 89, la mode des associations à la con.

Alors les vieux briscards du pinard " Que boire avec des hosties brigadeiros à la rose ou à la pistache ? "

Cette chronique s'inspire de l'article Sacrées gourmandises de Junior Milério Piaui de Sào Paulo publié dans le Courrier International de n°11184.
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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 00:09

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Le grand blond avec une chaussure noire a soufflé le 16 août (j’écris cette chronique ce jour) son 79ème anniversaire et il se confie à Chloé Valette, de « La Russie d’Aujourd’hui »link


Comme beaucoup d’entre vous le savent en 1986, Pierre Richard a été séduit par « la beauté sauvage des paysages des Corbières et son vin de caractère. C’est au bord de la Méditerranée, près de Gruissan, sur l’île Saint-Martin, qu’il acquiert une petite propriété et ses 20 hectares de vignobles, bordés de garrigue et d’étangs. » www.chateau-beleveque.com/


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J’en extrait 2 Questions sur le vin de son domaine Bel Evêque et l’autre sur sa popularité en Russie.


Question : Lorsque vous achetez le domaine Bel Evêque, il y a plus d’un quart de siècle, cette région fait encore partie des lieux réputés sauvages en France. Qu’est-ce qui vous a attiré et convaincu d’acheter des terres ici ?


Pierre Richard : Au départ, je n’avais pas de projet d’achat, et encore moins celui d’un domaine viticole. J’étais parti en week-end, histoire de me changer les idées. Et quand j’ai vu la propriété, ce n’est pas tant la maison, qui n’est pas exceptionnelle, qui m’a plu.


Ce ne sont pas non plus les vignes, auxquelles je ne m’intéressais pas vraiment. C’était l’eau: les étangs, la mer ! Ce n’est que plus tard, en discutant avec un œnologue de la région qui était aussi régisseur à l’époque, que je me suis intéressé au vin. Je me suis dit : « Finalement, c’est un beau métier ! »


Question : Mais curieusement, à l’époque, les Corbières est un terroir absolument méconnu...


Pierre Richard : C’est exact. Ou plutôt non, les vins des Corbières étaient connus, mais avec une pas très bonne réputation. Depuis 25 ans, les choses ont beaucoup changé. Les fils des viticulteurs de la région ont compris que les Français boivent moins de vin, mais qu’ils boivent mieux. Donc il fallait suivre cette tendance. Et je suis moi-même entré dans cette phase ascendante de la réputation du Corbière.


Les gens reconnaissent aujourd’hui qu’il y a de très bons Corbières, dont le mien fait partie. Je m’y suis pris de goût. C’était un challenge pour moi de faire du vin, du bon vin, le meilleur possible, et on continuera encore à faire des progrès...


Je ne voulais surtout pas qu’on me dise, vous voulez un conseil, restez dans le cinéma et arrêtez de faire du vin. J’ai réussi à faire les deux.


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Question : Comme vous le savez sans doute, vous êtes l’une des personnalités françaises préférées des Russes, y compris chez la jeune génération. On se souvient de votre premier passage à Moscou, et notamment de votre rencontre avec Mikhaïl Gorbatchev... Quelle a été votre première impression de la Russie ?


Pierre Richard : La première impression que j’ai eu, c’était d’abord un énorme étonnement, parce que même si j’étais entouré de plein de gens du cinéma français, des acteurs, des metteurs en scène, j’ai eu rapidement l’occasion de m’apercevoir que les Russes m’aimaient beaucoup...


Je suis arrivé un dimanche, et la première chose que tout le monde a eu envie de visiter, c’est la tombe de Tchékhov. Le chauffeur du car est allé voir la concierge du cimetière qui lui a dit : « C’est fermé le dimanche ». « Ah, c’est dommage parce qu’il y a là M. Pierre Richard... ». « C’est ouvert ! ». Et j’ai compris qu’effectivement, j’étais très populaire sans le savoir.


Depuis le temps, j’ai pu le constater un peu partout en Russie : Samara, Novossibirsk, Mourmansk...


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Et puis pour mieux connaître le vin en Russie ci-joint quelques articles de la Russie Aujourd’hui


1-      Le roi du vin pétillant russe à la conquête de la Champagne 20 septembre, 2011 Vladimir Rouvinskylink 


2-      « L'avenir radieux » des vins australiens en Russie 19 novembre, 2012 Anton Moisseenko link


3-      Les aventures du vin en terre de vodka 16 avril, 2013 Denis Pouzyrev link


4-      Se retrouver autour d'un verre de vin à Moscou 23 mars, 2013 Anton Moisseev link

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 11:00

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Ma copine Magalie avec un e qui n’est pas une exilée fiscale à Bruxelles mais une excellente ambassadrice de nos fromages au lait cru qui puent qu’elle vend au Benelux et au sud de l’Angleterre pour le compte de la société Fromi link m’a fait parvenir hier matin un lien avec une chronique « Brussel's French Connection! » de Carlo de Pascale « Juriste de formation – sur un malentendu - napolitain pour une moitié, champenois pour l'autre et bruxellois pour ce qui reste, quarante et X année au compteur, consultant en Public Affairs européennes au début des années 90, patron et chef dans la restauration italienne à Bruxelles pendant huit ans, je me lance fin 2003 dans l'aventure Mmmmh!, cours de cuisine et boutique, chaussée de Charleroi 92, Bruxelles 1060. J'ai la chance aussi de collaborer à différents media (la RTBF - La Première et la Une - Ambiance Culinaire) et de réaliser avec mes collègues chefs chez Mmmmh! des livres de cuisine chez différents éditeurs. »


Quelques amuses bouches de Carlo de Pascale pour vous appâter :


« A côté - ou grâce à eux , qui sait- des réfugiés économiques hexagonaux, le mangeur bruxellois curieux aura vu débarquer ces dernières années une French Connection de l'assiette qui nous secoue utilement les papilles (…)


« … si en Belgique nous nous réclamons d’une cuisine française qui compterait nombre de plats… à la belge, si de fait, la France est faite de régions dont certaines  –la Lorraine, la Picardie, la Flandre – sont partagées entre nous, il est des différences, non tant dans la cuisine en elle-même, mais dans la façon de manger.


Nous avons aussi un rapport aux produits un tout petit peu différent, qu’il me soit permis ici de donner un exemple sociologiquement tout à fait scientifique: s’il m’arrive d’inviter une jolie quadragénaire bruxelloise dans une bonne table française tenue par un français à Bruxelles, tiens, chez Max[1] par exemple, je n’oserai même pas commander une andouillette, de peur de décourager pour toujours la belle d’envisager, ne serait-ce qu’un instant de mélanger sa langue et la mienne (après l’andouillette). La même situation vécue avec une parisienne aux muscles saillants sculptés par la marche forcée et obligatoire dans les rues de Paris verra notre interlocutrice commander elle-même l’andouillette en question, avec une gourmandise affichée, poire provocante, si, si. »

 

L'intégrale ICI link

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 00:09

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Chère Laure Gasparotto,

 

À la veille de la Noël 2005, jeune chroniqueur esseulé sur le Net, après avoir lu « Aventures d'un gourmand vagabond » de Jim Harrison j’écrivais :

 

Chers lecteurs,

 

Joyeux Noël, j'espère que ces quelques lignes contribueront à votre sérénité, ajouteront un petit supplément d'âme, un soupçon de légèreté et de convivialité dans notre monde de brutes...

 

« Enfin, mais c'est peut-être là le plus important, car nous ne savons pas ce qui se passe après la mort, je dois au vin le fait d'être toujours vivant. Il y a quelques années j'étais en mauvaise santé et plusieurs médecins ont ainsi appris que j'étais complètement accroché au V.O., un whisky canadien qui, certes délicieux, n'en constitue pas moins un substitut déplorable de l'eau ou du vin. J'ai exposé ce sérieux problème à Michael Butler, qui travaille pour ce grand importateur de vins français qu'est Kermit Lynch. Nous avons alors décidé que quelques magnums de châteauneuf-du-pape Vieux Télégraphe pourraient m'aider à affronter l'épreuve terrible qui m'attendait. Un soir, dans notre petite casita, j'ai pris une bouteille de V.O. et je me suis installé dans un fauteuil à bascule en regardant pendant quatre heures cette potion redoutable, ne buvant rien d'autre que l'esprit du reniement. Si je ne pouvais pas arrêter de siroter du whisky, il me faudrait alors renoncer à l'alcool en général, et que deviendraient alors les bouteilles esseulées dans ma cave ? Je me balançais comme un enfant autiste. Les larmes m'ont rempli les yeux, mais j'ai gagné. J'ai vidé la bouteille de whisky dans l'évier, j'ai bu un verre de Vieux Télégraphe, j'ai caressé ma chienne et je suis allé me coucher, un homme nouveau dans une vieille bouteille. »


Jim Harrison in "aventures d'un gourmand vagabond" page 341 chez Christian Bourgois éditeur link 


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Vous, Laure, ayant le privilège de travailler pour le grand journal de référence Le Monde mon voisin du Boulevard Arago vous vous êtes rendu dans sa maison près de Missoula dans le Montana, le Middle-West légendaire, capitale de la pêche à la mouche où les boutiques connues des amateurs du monde entier se succèdent dans ses rues longilignes. »

 

Dans la cuisine de sa casita sont entreposés plusieurs cartons de bandols estampillés Domaine Tempier. « Harrison a toujours déclaré que ce bandol de Lulu Peyraud, ainsi qu’il l’appelle familièrement, lui faisait office de nectar quotidien. » Il débouche donc la cuvée Tourtine alors qu’un grand camion blanc de Fedex lui livre un « énorme sac sous vide qui contient… des fromages français ! « Ah, le mariage heureux, complice, parfait ! » semble penser votre hôte. « Silencieuse, l’épouse de l’écrivain, Linda » préparait « une salade du jardin et découpe finement quelques charcuteries. »


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Vous étiez donc, chère Laure, au centre d’une image d’Épinal « sauf qu’ici Jim mange comme ça le plus souvent possible. » et que lorsqu’il vient rendre visite au Manoir de Pron, près de Nevers, « au Michaël Jordan » de la cuisine française, Gérard Oberlé « Jim continue d’apprendre donc tout des crus et des mets français. »


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Tout allait donc bien dans le meilleur des mondes lorsque, chère Laure, je ne sais quelle mouche vous a piquée dans le meilleur restaurant de Missoula, le Red Bird, le chef vous sert son « meilleur et gigantesque morceau de bœuf, accompagné de quelques légumes préparés avec raffinement. » et que vous déclarez « souhaiter goûter un Kenefick Ranch de la Nappa Valley. » Jim fait la tronche : « Tout à coup, le visage de mon cyclope* s’assombrit. Puis retrouve vite sa lueur lorsqu’il déclare : « Tu fais comme tu veux ! Mais je te le laisse. Pour moi et rien que pour moi donc, ce sera le châteauneuf-du-pape du Château Beaucastel »

 

Comme l’aurait dit ma mémé Marie « le Bon Dieu t’a punie »  Laure d’avoir choisi ce « jus de planche » et j’aime beaucoup la relation de ce tête à tête :

 

« On s’est retrouvé chacun avec notre bouteille à côté de notre assiette. On a toujours dit que le vin créait des liens ; il peut aussi se révéler clivant. Comme mon commensal n’avait même pas l’intention de humer le vin que j’avais choisi, jamais il ne m’a proposé de goûter le châteauneuf dont il se resservait à chaque fois avec délectation, en me regardant malicieusement, satisfait de son petit tour. « Alors il est bon ce vin californien ? ». Il était boisé à mort, et je n’avais pas dû choisir le meilleur… Selon Jim, j’étais puni pour avoir trahi le vin français.

 

Faute avouée est à demie pardonnée Laure mais il me semble que ce ne fut là que le résultat de la confrontation entre un buveur de vin et une goûteuse de vin.

 

Ceci écrit se retrouver face à un type qui déclare que « L’acte physique élémentaire consistant à ouvrir une bouteille de vin a apporté davantage à l’humanité que tous les gouvernements dans l’histoire de la planète. » et ce, bien sûr, avec un tire-bouchon qui « tutoie les sommets de l’imagination humaine. » est un privilège que j’aurais bien aimé partager chère Laure Gasparotto.

 

Merci à vous Laure pour cet article « le vin français…selon Jim Harrison » illustré par des photos de Michael Friberg  publié dans le Hors Série du Monde à table.


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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 07:00

Le lendemain matin j’appelais Antoine pour lui dire qu’Adeline et moi prolongions un peu notre séjour à Venise pour régler une affaire urgente. Il ne fit aucune objection se contentant de me demander « Je t’envoie le jet pour quel jour ? ». Sans réfléchir je lui répondais que nous avions besoin de huit jours. « Ok, je vous fais porter vos bagages où ? » Je lui donnais l’adresse du palazzo de Matteo Vialle Guiseppe Garibaldi. Adeline qui se baladait en string battait des mains. « Fantastique ! Tout ce temps rien que pour nous, tu es vraiment chou… » Je soupirais en levant les bras au ciel. « Habille-toi, nous partons faire notre marché au Rialto… » Le maître d’hôtel qui débarrassait notre petit-déjeuner m’indiquait que bien évidemment la vedette de Matteo était à notre disposition. « Merci…nous prendrons le vaporetto… et nous déjeunerons sur place… » Adeline voulait s’acheter un short et des sandales. J’ironisais « Tu veux provoquer une émeute ?

-         N’importe quoi, j’en ai marre de me trimballer toujours en jean et basket. Besoin d’air !

-         Vos désirs sont des ordres jeune fille.

-          

Après avoir fait nos emplettes au marché de la Pescheria du Rialto, nous déjeunâmes, loin des gargotes à touristes dans une petite trattoria que j’eus bien du mal à retrouver. Adeline ne passait pas inaperçue avec son mini short blanc qui lui moulait les fesses et donnait à ses longs compas des allures vertigineuses. Bien évidemment, je dus remettre le couvert sur mes années Citroën, la fameuse « opération double chevron » en sirotant une merveilleuse Grappa di Bassano de Capovilla un assemblage à base de merlot et de cabernet, complété d'autres cépages comme le tokaji, de faible degré, 41° tout de même.


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« À la reprise du lundi, Nez de bœuf, un ancien flic pote du sinistre commissaire Dides, dont le seul boulot consistait à foutre son tarin – d’où son sobriquet – dans nos petites affaires, la perruque*, la fauche et, bien sûr, le boulot syndical, donc à nous pourrir la vie, me chopait juste avant la grille d’entrée. Tout dans ce type suintait la vérole. Ce matin-là il arborait la tenue du parfait gestapiste : long manteau de cuir ceinturé qui lui battait les mollets et dont le col était relevé, galure de feutre noir incliné et rabattu sur son regard de faux-derche, cigarette américaine collée au coin de ses lèvres épaisses, gants fins et des écrases-merde à bout ferré et à semelles renforcées de plaques d’acier. Sa voix de fausset et son tortillement de cul à peine perceptible lorsqu’il parlait, juraient avec ses airs de stümbahnfhurer. Quand il posa sa main gantée sur mon bras. Je la repoussai avec énergie : « ils ferment dans une minute, je n’ai pas envie de me faire sucrer un quart d’heure de salaire… » Nez de bœuf éclatait d’un petit rire grasseyant qui agitait sa cigarette dont le bout incandescent rougeoyait dans la nuit. « Tu te fous de ma gueule l’intello, ces pieds plats : je claque des doigts et ils me taillent une pipe, alors tu t’arrêtes et tu m’écoutes… »

- Non…

- Fais gaffe, ici je pèse lourd…

- Le poids d’une grosse merde, lâches moi j’ai mieux à faire qu’écouter les conneries d’un mec qui a du sang sur les mains…

- Là tu pousses le bouchon un peu loin sale gauchiste. Ton compte est bon je vais t’en faire baver à mort. Tu vas ravaler tes paroles et tu regretteras même d’être né…

- La gégène, l’entonnoir ou le merlin… T’es bon à tous les étages ordure. T’as de la bouteille, surtout ne te prive pas de repasser les plats ça réveillera en toi de beaux et grands souvenirs…

Nez de bœuf me laissait m’en aller. Ses trous du cul fermaient les grilles. Je les bousculais. Ils voulaient me faire barrage mais dans mon dos l’ordre claquait : « laissez-le passer ! » Je hâtais le pas car il ne me restait que tout juste cinq minutes pour pointer, enfiler mon bleu et aller rejoindre mon poste de travail.

Deux heures plus tard, Dahan, le régulateur de la chaîne, m’apostrophait :  « t’es attendu au bureau du planning… »

-         C’est où ?

-         Au fond de la cour.

-         Qu’est-ce qu’ils me veulent ?

-         Je n’en sais fichtre rien. Grouille-toi !

 

Là-bas, un ingénieur en blouse grise sans même me prêter attention, jetait à ses loufiats un «Mettez-le au 86 ! ». Si j’avais su ce qui m’attendait, mon moral en aurait pris un sale coup. Bien sûr, je voyais, derrière ce changement d’affectation, la main de Nez de bœuf et je m’attendais au pire. Ce ne fut pas le pire mais l’horreur. Le 86 c’était l’atelier de soudure. En apparence, le boulot qu’on me demandait me parut simple lorsque j’observai l’ouvrier qui me montra le geste : poser un point de soudure à l’étain d’un mouvement de chalumeau. L’atmosphère de l'atelier saturé d’une odeur âpre de ferraille et de brûlé, le rougeoiement des étincelles jetant sur les murs gris des flammèches infernales donnaient à la cohorte des soudeurs, aux yeux masqués par de grosses lunettes noires, courbés sur leur tâche, des airs de hannetons aveugles s'agitant en enfer ; un enfer bombardé d'une avalanche de bruits assourdissant. Très vite je m’aperçus que je ne parvenais ni à acquérir le coup de main, ni à coordonner mes mouvements avec ceux de la chaîne. Celle-ci avançait, calmement, inexorablement et je n’arrivais pas à suivre : toujours un temps de retard. Je cafouillais. Mélangeais les procédures. Mes mains et ma tête ne connectaient plus. J’avais envie de chialer.

 

À la pause je m’apprêtais à me tirer lorsque je croisai le regard d’un type qui semblait encore plus désemparé que moi. Les humains sont de drôles de petites bêtes : le malheur de leurs semblables exerce sur eux à la fois de la fascination et une forme d’attraction irrépressible. Certains s’en gavent sans retenue comme des charognards, d’autres s’apitoient, d’autres encore compatissent, mais très peu se mettent en position de comprendre. Et pourtant, non que je fusse touché par la grâce, face à ce pauvre bougre, je puisai la force de rester en poste. Je découvrais un frère de chaîne. À nous deux, je le sentais, nous formions l’embryon d’un étrange noyau assemblant les fêlés qui étaient ici par choix. Robert, puisqu’il se présenta ainsi lorsque je lui tendis la main et qu’il s’y accrocha comme à une bouée, expiait. Dans son regard de pauvre hère, tout le malheur de l’intellectuel qui a failli et qui vient se plonger, se ressourcer, dans le bain purificateur des prolétaires. Il s’en défendait : bien sûr que non sa plongée en usine n’était pas destinée à le nettoyer des souillures de sa classe. L’embauche prenait son sens dans un travail politique aux côtés des si fameuses, et si insaisissables « larges masses ». Le problème c’est que la chaîne, n’avait rien à voir avec le ballet de Charlot dans les Temps Modernes, elle avançait avec lenteur mais sans cesse, sans aucun temps mort, tel un sablier inexorable. Il fallait pisser, chier, se moucher, se gratter, aux temps morts chronométrés. Alors, les belles paroles lancées dans un bistro du Quartier Latin sur la nécessaire implantation au cœur de la classe ouvrière se dissolvaient dans la fatigue de bête de somme et l’évanescence de la dite classe que ce pauvre Robert cherchait en vain. »

 

* la perruque : emprunter du matériel pour faire des travaux personnel.       

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 00:09

Mon affirmation tient à deux raisons, l’une d’enfance et l’autre plus administrative.


Enfant j’allais à Noirmoutier avec la famille Remaud, dans le C4 qui sentait bon le pain, le p’tit Louis était boulanger, nous empruntions le passage du Gois et je n’ai jamais le sentiment que je me rendais sur île car, pour moi, comme celle d’Yeu, seul un bateau pouvait m’y transporter. J’aime bien ce qu’écrivait Marie Maugeret en 1830 « Un pays qui ne tient à la terre ferme que certaines heures, et, pour ainsi dire, du bout du pied, vraiment c’est comme un rêve. »


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Maintenant, depuis la construction du pont, la coupure biquotidienne du cordon ombilical routier du Gois qui rendait à Noirmoutier son insularité fait que la question se pose avec plus d’acuité. Même si, comme le souligne, Éric Bouhier, dans son livre Noirmoutier inventaire inachevé éditions Litote en tête, celle-ci « relève avant tout de la provocation et de la litote, il est symptomatique que Noirmoutier ne fasse plus partie officiellement des îles du Ponant (15 îles, de l’île d’Aix aux îles Chausey) depuis la construction du pont. »


Noirmoutier je l’ai évoqué ici en proposant à la lecture en juillet 2007 un beau texte d’Octave Mirbeau extrait de son petit opus Noirmoutierlink


Et puis, pour un gars marnant chez le Ministre de l’Agriculture j’ai mis à l’honneur la nouvelle star de l’île la Bonnotte link et link 


Quand j’étais enfant, chose rare car nous n’achetions guère de légumes, le jardin y pourvoyait, et surtout pas des patates, maman achetait des pommes de terre nouvelles de Noirmoutier qu’elle faisait cuire à l’eau et que nous mangions chaudes avec du beurre salé.


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Mais la vedette incontestée en ce temps-là était le mimosa de Noirmoutier.


Éric Bouhier, dans l’origine du mimosa écrit « Venant d’Australie, ayant fait son succès un détour par la Côte d’Azur, le mimosa trouve au milieu du  XIXe siècle sol et climat favorables à son implantation dans l’île. S’il est planté dans un premier temps dans le bois de la Chaize, appelé parfois bois des Mimosas, où il est destiné à rompre la monotonie des pins et des chênes verts, il colonise assez vite toute l’île, illuminant les allées sombres de certains jours d’hiver de ses taches jaune d’or éclatantes et du vert tendre de ses frondaisons. Recherché en une période où les fleurs sauvages sont rares, il fait l’objet d’un commerce, d’une cueillette respectueuse et parfois d’un véritable saccage. Sa variété d’hiver, celle que l’on admire de janvier à mars, est l’Acacia dealbata, à ne pas confondre avec le mimosa des quatre saisons, Acacia retinodes, qui porte curieusement ce nom alors qu’il ne fleurit qu’une fois en juillet, sans l’éclat comparable de son prestigieux cousin. Petit arbre fragile, il est sensible au vent et aux gelées, et s’il n’était pas doué d’une étonnante capacité de résurrection par un marcottage spontané, les hivers 1962-63 et le « général Hiver » 1986-87 lui aurait été fatal. »


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En ce qui concerne le Gois la littérature est abondante et Éric Bouhier en fait un recensement exhaustif dans son livre. Je m’en tiendrai donc à une simple anecdote « la tradition rapporte qu’un certain cordonnier-tailleur du nom d’Auguste Gauvrit, petit homme boiteux et bossu, ose le traverser à cheval en 1766, en suivant à peu près le tracé que l’on connaît aujourd’hui. Une plaque apposée deux cents ans plus tard sur un restaurant à l’entrée du Gois, côté continent, en témoignait, jusqu’à ce que le propriétaire la décroche. »


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Reste le cinéma, les admirateurs de Claude Sautet, j’en suis, savent « que l’île prête ses décors » à de deux de ses films où il fait appel à Yves Montand. « Les témoins du tournage se rappellent sa bonne humeur et le plaisir qu’il eut de passer du temps dans l’île. La plage de Mardi-Gras au Vieil, un des décors de César et Rosalie, garde un charme intact et, en regardant la maison Domalba, on se plaît à imaginer Montand, Romy Schneider ou Samy Frey en sortir. »


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Aussi Agnès Varda et Jacques Demy, ce sera pour une prochaine chronique...


Noirmoutier L’Inventaire inachevé d’Éric Bouhier fait partie, comme le souligne la 4e de couverture, de « ces recueils popularisés sou le nom de « miscellanées » ou « cabinet  de curiosités », et dont le but est de donner envie au lecteur curieux, averti ou non, de partir lui-même à la découverte des personnages, des lieux, des histoires, des ouvrages cités, et de tout ce qui fait » de Noirmoutier, un lieu unie et attachant.

 

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 11:00

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Erik Emptaz conclut son édito du dossier du Canard Enchaîné « Corsa Nostra » en écrivant « Du nord au sud, des mafieux aux bandits manchots, des indépendantistes aux natios, des ferries aux yachts de Bonifacio, en passant par les figatelli made in China, les casinos corsafricains, les pipoles, les paradis perdus et les « nuits bleues », il nous a fallu plus d’une étape (référence au Tour de France 2013 partant de Corse NDLR) et d’une centaine de pages hautes en couleur. Bonne lecture et bonnes vacances. »


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Du côté des 11000 tonnes de charcuteries corses, ce n’est pas un scoop… le n°2 de la DGCCRF en Haute-Corse a vendu la mèche dès le début 2011 « seulement 10% de ces montagnes de lonzu, coppa et autres prisuttu ou ficatellu sont fabriqués avec du cochon insulaire, le porcu nustrale « une bête du cru, élevé en semi-liberté sous les châtaigniers pendant au moins douze mois, nourrie aux glands en hiver, au blé au printemps, à l‘orge en été, et qui se muscle les jambonneaux dans la montagne. »


 

Au mieux nous confie le palmipède déchaîné « les cochons débarquent à 6 mois, en direct des porcheries industrielles de Bretagne, pour être « finis » sur l’île, où ils sont nourris aux glands pendant 45 jours »


 

« Au pire, et c’est le plus fréquent, ce sont des carcasses ou morceaux prédécoupés des bêtes qui sont importés d’Espagne ou des Pays-Bas (…) Le cochon vient parfois de très loin. Par exemple de Chine, où les porcs sont engraissés aux granulés énergétiques – oubliés les glands – ce qui les fait grandir trois fois plus vite. »


 

Une bonne nouvelle dans ce tableau : « Depuis mars  2011, la vraie charcutaille corse est sensée être protégée. Après 10 ans de bataille, 200 producteurs locaux qui en avaient assez de ces procédés de margoulin ont fini par décrocher la fameuse AOP. »


 

NB. Ce sont ces petits producteurs qui  engraissent et transforment les « 2000 porcs bio élevés chaque année sur les terres de la prison pour délinquants sexuels de Casabianda au sud de Bastia. »


 

Le problème c’est que la figatellu (la saucisse à base de foie de porc) est exclue de l’AOP et que le Consortium des salaisonniers de l’île (10 industriels 75% de la production soit 4500 tonnes)  réclame une IGP qui comme chacun le sait n’exige que la viande de porc soit salé, fumé et séché en Corse.


 

Pour terminer le Canard casse les pattes à la légende  du saucisson d’âne inventé par Goscinny et Uderzo dans Astérix en Corse même si les charcutiers de l’île le fabriquent à la pelle « avec des cochons importés et des morceaux d’âne argentin. »

 

 

Enfin, j’en reviens à mes vaches et à mes chèvres, car la DGCCRF de Haute-Corse (toujours elle)  a levé un lièvre en mars de cette année en épluchant les comptes des établissements Ottavi, coopérative implantée à Ghisonaccia, bardée de médailles au Concours Général Agricole, qui est suspecté d’avoir « fabriqué son fromage de chèvre U Fiu’Orbu, estampillé « produit de l’agriculture corse » avec du lait de chèvre acheminé depuis le continent. Pour son brocciu AOP, elle aurait importé du lait de Sardaigne, et même remplacé une partie de sa production par de la brousse, un fromage provençal moins cher à fabriquer. »


 

Affaire à suivre en correctionnelle « usurpation d’appellation » et « tromperie sur la qualité des fromages. »


 

Le palmipède déchaîné ne peut pas s’empêcher de faire un bon mot « la maison prenait ses clients pour des glands. »


photo270

 

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 00:09

Bolduc 8387

 

Votre Taulier qui est, sans contestation possible, le mieux informé de la Toile, vous relatait hier les tribulations, non d'un chinois en Chine, mais celle des hauts dirigeants de la coopé d’Embres&Castelmaure.link


Pour dire la vérité, en fin limier, sentant qu’il y avait anguille sous roche, j’ai prêché le faux pour savoir le vrai afin de lever le lièvre. Vous pouvez admirer la richesse de mes images très chasse, pêche, nature.

 

En effet, feuilletant négligemment la sélection, dites Foire aux Vins, du superbe et génial magazine papier glacé Régal qui tombe par l’opération du Saint-Esprit dans ma boîte aux lettres, mon regard acéré est tombé sur « la cuvée des pépés » Corbières rouge 2012 cave de Castelmaure en vente chez Auchan. (Voir la photo d'hier).


De suite je sentais qu’il y avait un blème, comme un léger malaise :


1° ce que j’entrevoyais de l’étiquette n’avait rien de Poussonnien,

2° que Pousson roi de la communication eut omis de m’annoncer la naissance de cette nouvelle cuvée relevait de l’inconcevable.


En revanche qu’une cuvée de la coopé d’Embres&Castelmaure se retrouva dans une foire aux vins de la GD me paraissait dans l’ordre des choses. Mais pourquoi diable cette cuvée sortie de nulle part affublée d’une étiquette marronnasse ?


Ni une ni deux je sommais les hautes autorités de la coopé de m’éclairer !


Y tombèrent de très haut du tonneau.


Quant au sieur Pousson outragé, plagié, il se murait dans un silence hautain. Ruminant au fin fond d'une cave profonde ligérienne il pensait " et puis, j'ai ce coup de téléphone que j'aimerais donner, tirer au clair cette histoire qui me turlupine, une histoire d'aujourd'hui qui pue le tergal et le vin sans idées." 


Pourtant l'affaire dont le Taulier avait levé le voile était bien plus claire que du jus de boudin. Le coup de Jarnac venait du côté du groupe Advini, de Jeanjean précisément, qui pour son offre Foire aux vins, tsouin-tsouin, voulant plaire au beau Pierre Chanau, se parait des appâts gouleyants des gars de la coopé en « plagiant », pour faire genre innovant, le Pousson des Corbières. Bien évidemment le jus venait d’Embres&Castelmaure, en vrac embouteillé par le négociant.


Morale de l’histoire : « C’est bien la première fois que je vois un négociant mettre en avant une coopé pour capter sa notoriété. D’ordinaire, les dites coopés, elles se planquent, font comme si elles étaient des petits vignerons embouteillant à la propriété, se font châtelaines parfois, bref cachez-moi donc ce vin de coopé que je ne saurais boire. »


À toute chose malheur est bon, la cuvée des pépés, même avec une étiquette relou, est un coup de chapeau incontesté au marketing paysan cher au trio étincelant d’Embres&Castelmaure. 


Reste à courir à Auchan lors de sa Foire aux Vins pour se procurer cette bouteille collector que, bien évidemment,     les dégustateurs blanchis sous le harnois s’empresseront de noter et de commenter.

 

Merci par avance de leur future contribution.

 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 11:00

Dans la touffeur de l’été, pendant que les membres du club du 3e âge d’Embres&Castelmaure « les antidépresseurs » assemblés dans la salle communale se désaltéraient en coupant le nectar de la « Buvette » avec de l’eau fraîche, les hauts dirigeants de la coopé négociaient avec des étrangers venus au petit matin dans un 4x4 aux vitres fumés. Ils portaient des costards Hugo Boss et leur regard d’aigle prédateur étaient masqués par des Ray Ban Aviator. Les pales du grand ventilo du bureau présidentiel brassaient l’air surchauffé. Les types venus du Nord dégoulinaient, s’épongeaient le front, faisaient tourner leurs lourdes chevalières sur leur annulaire. La négo entamée depuis l’aube trainait en longueur, le prix le prix, mais aussi le nom de baptême de la cuvée. Fallait-il mettre le Pousson pourfendeur de la GD dans le coup ? Le grand président PDHM avait tranché « Pas question de laisser le richissime Pierre Chanau faire une OPA sur la coopé pour faire la Foire ! » Et pendant ce temps-là, en bras de chemise, Bernard Pueyo, lui, se fendait la pêche sous sa barbe fleurie. Des picaillons il en faut pour maintenir le train de vie de la maison…


La solution vint des entrailles du club du 3e âge qui, en prévision de la fête des vendanges, répétaient quelques couplets. C’est le plus égrillard de la bande, dont je tairais le nom bien sûr, qui entonna « Cigarettes et whisky et p'tites pépées» Tu sais que l'tabac c'est mauvais pour la voix / Tu sais que l'alcool c'est pas bon pour ton foie / Quand aux p'tites pépées c'est fatal pour ton cœur / Toi qui prends les trois tu dis qu'il n'y a rien de meilleur… Marché conclu ce serait la cuvée des p'tites pépées car les gros costards du Nord étaient séduits par le côté sexy d’Annie Cordy. Le contrat gravé dans le bronze du terroir des Corbières les représentants de Pierre Chanau firent valser la poussière en repartant ventre à terre.


Les hauts dirigeants de la coopé se félicitaient de ce juteux contrat mais s’inquiétaient des réactions du Sieur Pousson. N’allait-il pas se laisser aller pour se venger à jeter les starlettes dénudées sur l’étiquette de la cuvée des p'tites pépées ? Il fallait trancher vite. Le grand président PDHM le fit avec sa célérité bien connue. Ce serait la cuvée des pépés, en hommage ajouta-t-il à la contribution décisive du club du 3e âge  « les antidépresseurs » au dénouement du contrat avec les gros bras venus du Nord.


photo274.JPG

 

Bien évidemment, la relation que je viens de faire de la passation de ce juteux contrat avec Pierre Chanau sera démentie par des voix autorisées de la coopé mais je puis vous assurer que c’est la stricte vérité. Même la caisse que la coopé m’a fait porter pour que fasse silence n’est pas venue à bout de mon espace de liberté.

 

Héroïque le Taulier, non !

 

Pas tant que cela car j’ai senti dans ce geste de la perfidie : ne voulait-on pas par-là me signifier mon nouveau statut. Faut pas pousser pépé dans les c… disaient-on finement sur la cour de récré.

 

PS. en dernière minut monsieur de sources sûre me fait savoir en off que les gars du Nord étaient accompagnés d'un gars du Sud qui a joué l'entremetteur mais il n'y a pas eu de rétrocommission, donc comme disent à tout bout de champ les petites louves et les petits loups : pas de souci...



Annie Cordy --cigarette,whisky et p"tites... par trizone

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 00:09

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Quand je des, ce n’est en l’occurrence qu’un seul mais pour moi c’est exemplaire de certains comportements d’éternels mauvais coucheurs.


Je m’explique.


Mon hébergeur offre la possibilité de s’abonner à mes chroniques.


Sur le bandeau de mon blog j’ai écrit « Si vous souhaitez recevoir mes chroniques chaque matin abonnez-vous à la newsletter, colonne de droite (c'est gratuit) et surtout ne décochez-pas la case chroniques (sinon vous ne recevrez rien) ou placez www.berthomeau.com  dans vos favoris. Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires. »


Fort bien, 1130 d’entre vous ont donc choisi ce mode de réception qui fait qu’un message annonce mes chroniques dans leur boîte e-mails lors de la mise en ligne. Soit ces derniers temps 2 par jour : 00 : 09 et 11 : 00.


Comme je ne suis ni le Point, ni l’Express, ni le Nouvel-Obs. je ne fais aucun racolage, avec cadeau à l’appui, pour qu’on s’abonne, et donc tous mes abonnés sont des abonnés spontanés, libres. Libres d’ailleurs de se désabonner à leur guise.


Tel n’est pas le cas de beaucoup de feuilles de choux qui se déversent dans ma boîte e-mail sans que j’y sois pour quelque chose. Dans ce cas je peux parfaitement comprendre l’irritation surtout lorsque le désabonnement s’avère une partie de cache-cache.


Et là la semaine dernière je reçois sur le ton pincé d’un constipé :


Cher Monsieur,

 

Je me suis abonné à votre newsletter mais à chaque fois que j’ouvre ma boîte, je reçois des nouvelles de votre blog.

Je suis au regret de vous dire que chaque bonne chose se consomme avec modération et donc : « enough is enough »

Avec regret, je vais devoir me désabonner.

Respectueusement.


Pourquoi m’écrire, ça encombre ma boîte e-mail (je plaisante) ? Que je sache ce cher homme ne m’a pas écrit pour m’informer qu’il s’abonnait.


Si 2 messages par jour sont de trop pour lui je peux comprendre sauf que ceux-ci ne le mettent pas dans l’obligation de lire. Un clic et c’est la poubelle. Plus écologique que les prospectus.


Sans doute a-t-il voulu me tancer en me donnant la leçon « chaque bonne chose se consomme avec modération » ?


J’ai en sainte horreur la modération, je l’ai écris link les un tout petit peu me gonflent.


Lorsqu’on subit une indigestion, une overdose, on n’exprime pas, comme mon interlocuteur, par deux fois des regrets.


Enfin j’adore le recours à l’anglais : « enough is enough » ça fait très chic, très cadre supérieur qui bosse dans une multinationale. On sent poindre l’exaspération contenue « assez c’est assez… »


Pourquoi se faire tant de mal avec mes chroniques ? Vraiment je ne comprends pas ce masochisme et cette manie de me tancer par courrier.


Pour dire le vrai je n’en ai rien à péter. Si recevoir 2 messages par jour est au-dessus des capacités de ce monsieur je comprends parfaitement qu’il se désabonne. Je l’approuve. Je le souhaite.


Deux chroniques par jour c’est beaucoup pour moi qui les écrit et chaque jour que Dieu fait je me dis que je vais, non pas ralentir le rythme, mais m’arrêter. Si je me livre à cet exercice, qui ne me prend pas autant de temps que vous pouvez le croire, c’est pour cultiver l’agilité de mes neurones. Quand on prend de l’âge c’est aussi utile que de faire du vélo. Je fais les deux, et je ne vois pas en quoi ça indispose même les mauvais coucheurs. Nul n’est tenu de me lire. Par bonheur, il y a ceux qui s’inquiètent dès qu’ils ne reçoivent pas les dits messages. Merci à eux.


La gratuité des contenus publiés sur le Net n’a pas éradiqué ce type de comportement d’insatisfait. Je le regrette. Sous sa politesse pincée ce monsieur ne faisait qu’exprimer son incapacité à choisir. Je suis abonné à la version électronique du Monde et je reçois 3 messages par jour : [check List], Que dit le Monde ?, le 12/15 avant la publication intégrale plus les messages d’alerte. Est-ce trop ? Bien sûr que non car nous vivons dans un temps où toute l’information est accessible en temps réel. Bien sûr il faut choisir, trier, c’est la règle. Bien sûr si on préfère ses pantoufles on coupe l’écran.


Merci de votre fidélité, si vous souhaitez vous désabonner c’est simple comme un clic. Il viendra bien un jour où je poserai mon sac mais je ne suis pas tenu de donner mon préavis…


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