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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 06:00
Hello Alessandra Pierini : dis-moi ce fortanina que l’on boit sur les rives du Pô du côté de Parme c’est quoi ?

J’ai toujours lu des polars, à l’époque surtout étasunien avec aussi dans mes années SNCF un focus des premiers San Antonio de Frédéric Dard.

 

Le genre longtemps jugé mineur par l’intelligentsia germanopratine, est maintenant reconnu par les hautes instances cultureuses de notre vieux pays : même France Culture a encensé la Daronne.

 

Notre nouveau Premier Ministre en a écrit 2 : « L’Heure de vérité » (2007) et « Dans l’ombre » (2011)

 

En savoir plus ICI

 

Après une période islandaise avec un auteur au nom imprononçable : Arnaldur Indriðason qui mangeait de la tête de mouton à la petite cuillère, puis une addiction française à Olivier Norek, je suis entré dans une séquence italienne avec Mimmo Gangemi, Antonio Marzini et aujourd’hui Valerio Varesi.

 

Le premier situant ses enquêtes dans le Sud profond pouilleux, les deux derniers dans le Nord industrieux.

 

Leurs livres valent bien plus que des enquêtes de sociologues, dit sérieux, on y plonge dans la vraie vie de la mosaïque italienne. Nul n’y est ménagé, le héros en premier incarné par des commissaires ou « préfets » désabusés, vieillissant, sans illusions, mais œuvrant pour la beauté du geste avec un certain panache.

 

Ils sont juste ce qu’il faut machos à l’italienne mais pas trop et leurs compagnes leur en font voir de toutes les couleurs, et ils aiment ça.

 

Mais ce qui me plaît aussi c’est que dans ces polars, la table occupe une place de choix : nos amis italiens aiment se restaurer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Fleuve des Brumes de Valerio Varesi

 

Il est né à Turin le 8 août 1959 de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l'Université de Bologne, il est aujourd'hui journaliste et auteur de onze romans au héros récurrent. Le Fleuve des Brumes a été nominé au prestigieux Gold Dagger Award.

 

Le thème du roman : le Pô

 

La crue menace dans la campagne parmesane. La pluie tombe sans relâche, nuit et jour, le Pô est à saturation et l'eau commence à dangereusement flirter avec les rives. Une péniche, comme un bateau ivre, passe sous le nez des hommes chargés de surveiller le fleuve, elle n'a aucune attache, dérive sans moteur dans le courant, mais parvient tout de même à éviter les arches difficiles du pont.

 

Aperçue échouée au petit jour, son pilote est introuvable, il est pourtant hautement improbable qu'elle ait réussi à ne pas se briser sur les piles du pont sans être guidée. Le batelier, un solitaire qui gagnait sa vie de quelques transports, avait un frère. Celui-ci est découvert quelques heures plus tard défenestré. Assassinat ou suicide ?

 

Ces deux hommes avaient très activement participé aux méfaits des milices fascistes à la prise du pouvoir par Mussolini, cinquante ans plus tôt. Les anciens de la région, tous communistes ou ex partisans, s'en souviennent. Le commissaire Soneri, au fur et à mesure de l'avancée de son enquête pense que ce lourd passé est directement lié à cette mort et cette disparition.

 

Les années passent, les rancœurs restent.

 

« L'écriture est belle comme les volutes de brume sur l'eau aux aurores. Elle accompagne la promenade têtue du commissaire, le courant du fleuve charriant des vérités qu'il faut savoir scruter et découvrir lentement. C'est la mémoire des anciens qui recèlent les alluvions du passé, c'est là que ce sont déposées les vérités, il faut le talent de Varesi pour les en extraire sans artifices. »

 

Un beau et sombre polar, une atmosphère magnifique, sobre, puissante comme le flot du fleuve qui modifie les terres et fait vivre les hommes.

 

Notes de lecture :

 

Le lieu : l’auberge du Sordo

 

Soneri le commissaire

 

« Il promena son regard dans la pièce et il vit les murs recouverts de photographies de grands interprètes d’opéra. Rien que des personnages de Verdi. Il fixa ses yeux sur un Rigoletto tandis que, en guise de fond sonore, s’élevaient les notes d’une romance.

 

« Aureliano Pertile », se pressa de dire Ghezzi*.

 

Le Sourd souhaitait rester silencieux, mais à ses clients il offrait de la musique. Il réapparut avec cinq bols en faïence remplis de vin mousseux et une bouteille en verre épais. Soneri reconnut le fortanina, un vin peu alcoolisé et riche en tanin, aussi pétillant qu’une limonade.

 

« Je croyais qu’il avait disparu de la circulation, dit-il.

 

  • Il est interdit par la loi parce qu’il ne contient pas beaucoup d’alcool, mais le Sourd le prépare dans sa cave l’informa Vernizzi *. Vous n’avez pas l’intention de nous dénoncer ?

 

  • Non, si vous m’apportez un peu de jambon blanc, répondit le commissaire. Je m’occupe d’un autre genre de délits.

 

[…]

 

Soneri, respectant les pauses, souleva le bol en faïence et but une longue gorgée de fortanina. Il s’apparente au vin nouveau, quelque chose à mi-chemin entre moût fraîchement pressé et le lambrusco noir des terres du Pô. »

 

[…]

 

« Personne ne fit de commentaires avant que n’arrive le Sourd et que les notes lentes de la Messa da Requiem submergent l’auberge, en provenance de cavités mystérieuses. Ils levèrent alors les verres de fortanina mousseux en mimant un toast muet. La tension atteignit un degré insupportable après la première gorgée, dans le plaisir sourd du vin… »

 

[…]

 

« Le fortanina est la meilleure chose de la basse plaine du Pô après Verdi et le cochon, déclara Torelli. *

 

  • Et celui du Sourd est incomparable », ajouta Vernizzi.*

 

[…]

 

* des hommes du fleuve communistes

 

« Lorsqu’il sortit, le fortanina pétillait encore dans son estomac. »

 

Question à Alessandra Pierini : est-il possible de déguster chez toi du fortanina interdit ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis chère Alessandra du côté des plats consommés par le commissaire Soneri il en est un qui va faire se dresser les cheveux des défenseurs des animaux.

 

  • Anolini au bouillon et au sanglier accompagné de polenta. Le gutturnio était de règle.

 

  • Tortelli aux herbes et à la ricotta

 

« C’est ce qui je dis toujours : la sonnerie de ces portables fait tourner la ricotta »

Alceste de la trattoria Le Milord

 

  • Les pâtes “mal coupées” aux haricots chez le Sordo

 

Barigazzi *

 

« Vous avez bien choisi, le félicita-t-il en indiquant les pâtes aux haricots. »

 

  • « Il s’assit à la table d’un restaurant sans prétention, qui promettait de l’âne en daube s’annonçant tout à fait alléchant. »
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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 06:45
La Culture aura 1 éditrice novatrice Françoise Nyssen, l’Agriculture 1 sénateur très sénateur Jacques Mézard …

Les pronostiqueurs et pronostiqueuses agricoles ont eu, comme souvent, tout faux, ils ou elles devront manger leur chapeau. Ayant vécu de près la constitution d’un gouvernement je savais que souvent le Ministère de l’Agriculture sert en dernier ressort d’une variable d’ajustement des équilibres gouvernementaux. Je n’ai donc pas participé à ce petit jeu.

 

Le Foll lors du premier gouvernement Ayrault Stéphane Le Foll fut rattrapé par les cheveux car Hollande voulait y nommer le patron du PRG, le « veau sur sous la mère » JM Baylet. La FNSEA se fâcha et Le Foll arriva et resta au 78 tout au long du quinquennat.

 

Avant d’évoquer le nouveau titulaire du maroquin agricole une plaisanterie de garçon de bain : comme certains pensent que lorsque l’on a occupé un poste au plus près du pouvoir on ne pense qu’à y retourner, mes arguments forts pour rejeter toute idée de retour étaient dans l’ordre : mon âge et mon sexe.

 

Hé ! bien, là j’avais tout faux le nouveau Ministre de l’Agriculture est Jacques Mézard, 69 ans, ancien avocat aujourd’hui en retraite, fils de sénateur, est l’une des personnalités de la gauche au sein d’un Massif central ancré dans le centre droit.

 

« Il est né à Aurillac, dans le Cantal, tout comme la présidente de la FNSEA Christiane Lambert ainsi que l’ancien président de la République Georges Pompidou.

 

Membre du Parti radical de gauche, il est président de la communauté d’agglomération d’Aurillac depuis 15 ans (après en avoir été longtemps conseiller municipal). Il est aussi sénateur du Cantal depuis 2008 et préside au sein de la chambre haute le groupe Rassemblement démocratique et social européen. Elu de terrain, bon connaisseur de l’élevage et de l’agriculture dans les régions difficiles, il est d’ailleurs membre de plusieurs groupes d’étude sur ces thèmes au Sénat.

 

La suite ICI

 

Comme je suis un grand lecteur, la nomination d’une femme de culture, la présidente d'Actes Sud, Françoise Nyssen, comme ministre de la Culture, me comble. Cette femme de 65 ans, d’origine belge naturalisée, est connue pour son engagement citoyen et une détermination sans faille qui a fait d'une "petite" maison un des fleurons de l'édition française.

 

« Françoise Nyssen est l'heureuse éditrice de trois Prix Goncourt (Laurent Gaudé, Jérôme Ferrari et Mathias Enard) et de trois prix Nobel de littérature (Naguib Mahfouz, Imre Kertész et Svetlana Alexievitch).

 

Défricheuse en littérature, elle a publié des auteurs comme l'Algérien Kamel Daoud, le Britannique Salman Rushdie, la Turque Asli Erdogan ou l'Américain Paul Auster.

 

Mais sa maison est également l'éditeur de la série de polars suédois "Millenium", imaginée par Stieg Larsson et poursuivie par David Lagercrantz, ou du best-seller mondial "Le charme discret de l'intestin" de l'Allemande Giulia Enders. »

 

Lire la suite ICI 

 

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 06:00
Moi, ménagère de + 65 ans, j’ai du mal à dénicher des fraises nature pour les baigner dans mon vin nu ?

Commençons par le commencement à l’attention des petites louves et les petits loups qui pensent que les fraises poussent dans des barquettes en carton, la fraise est un faux fruit... la partie consommée est en réalité un réceptacle floral fécondé et ainsi transformé ; ce faux-fruit contenant lui-même une multitude de vrais fruits, appelés akènes, qui le recouvrent.

 

Laissons de côté les bubons bodybuildés, rouge brique, remontés sur nos étals par des gros camions diesel en provenance du sud de l’Espagne, ils sont sans goût, dégueulasses.

 

Revenons aux remontantes et à celles qui ne le sont pas : Elvira, Gariguette, Favette, Surprise des Halles, Belburi, Madame Moutot, Gorella, Maraline, Marascor, Bogota, Senga, Talisman, la Mara des Bois, la Gento, La Rabunda, la Selva, la Profusion, la Saint-Claude....

 

Toujours pour les ignorants, plus ou moins insoumis, les fraisiers se multiplient par plantation de stolons (rejets) issus de pieds-mères jeunes et vigoureux.

 

Mais la bonne question est : ses belles fraises poussent-elles en pleine terre ou hors-sol ?

 

« La plupart des grands producteurs de fraises travaillent hors-sol. Cette technique de plus en plus répandue consiste à faire pousser ses fraisiers sur un substrat inerte (fibres de coco, écorce de pin…) alimenté par des minéraux dissous dans l’eau d’irrigation (ou de brumisation). Les fruits poussent à environ 1,20m de hauteur et sont abrités par des serres. Ils sont ainsi protégés des intempéries et des bestioles, ce qui permet de pratiquer une agriculture raisonnée bannissant l’utilisation de produits chimiques et d’allonger la période de récolte. A première vue que des avantages, si ce n’est de ne pouvoir obtenir ce fameux label bio…

 

Et c’est là que le bât blesse. Selon Ecocert, l’organisme qui délivre et valide le label AB, il est inconcevable qu’une culture sans lien avec le sol (en hydroponie notamment) puisse être considérée comme "bio". La conversion est lente (3 ans pour passer du conventionnel au bio), les critères stricts.

 

Du coup, et malgré une indéniable montée en puissance de la filière bio en France – selon l'Agence bio, au 30 juin 2016, la France comptait 1,57 millions d'ha de surfaces agricoles converties au bio, 20% de plus que l’an dernier, soit 5,7% de son territoire agricole - nombreux sont les producteurs de fraises qui se refusent à suivre cette voie. Pour lutter contre la pénibilité du travail, mais aussi parce qu’ils affirment qu’en pleine terre il est quasiment impossible de lutter contre les attaques ciblant les fraisiers sans recourir à la chimie. La fraise est une plante très fragile qui supporte mal la culture intensive :

 

La suite Pourquoi est-ce si difficile de trouver des fraises bio ? ICI 

 

Si vous souhaitez cultiver des fraisiers dans votre jardin ou sur votre balcon sachez :

 

1- La diversité des variétés permet de cultiver la fraise sous la plupart des climats, et ce jusqu'à 1500 m d'altitude.

 

2- Le fraisier est parfaitement adapté aux terres acides ou neutres mais redoute le calcaire (bien que certaines variétés y soient adaptées). En sol lourd ou humide, il sera opportun de cultiver les fraisiers sur buttes.

 

3- Avant la plantation, épandez et incorporez du compost mûr en quantité importante (30 à 50 kg pour 10 m2 soit une brouette à une brouette 1/2).

 

4 - Constituez éventuellement (en particulier en terres lourdes) de petites buttes d'une vingtaine de cm de haut pour permettre à l'eau de s'évacuer facilement (les fraisiers n'apprécient pas une humidité excessive) ;

 

5- Préparez des trous de plantation (remplis d'un mélange de compost, terre de jardin et terreau – 1/3 de chaque) sur 2 lignes écartées de 50 à 70 cm et à 30-50 cm sur la ligne ;

 

6- Juste avant la plantation, pralinez les racines dans une bouillie à base de terre argileuse ;

 

7 - Transplantez les stolons en ayant soin de diriger le système racinaire vers le bas (N'utilisez pas un plantoir à légumes mais creusez plutôt à la main ou avec une petite pelle). Le collet ne doit pas être enterré, ni dépasser du niveau du sol.

 

8- Arrosez au pied après la plantation et jusqu'à la reprise du plant.

 

9 - On peut planter, entre les lignes de fraisiers, des salades ou encore des épinards afin d'y occuper utilement l'espace en attendant le développement des fraisiers ;

 

10 - Intercalez quelques alliacées (ail, oignons échalotes, poireaux) dans la fraiseraie. Ces légumes sont réputés protéger les fraisiers des moisissures.

 

11- Une fraiseraie est en principe renouvelée tous les 3 ou 4 ans. Mais, si l'on respecte les consignes d'entretien figurant ci-dessous, la production peut durer bien au-delà...

 

Entretien d'une fraiseraie

 

Le fraisier apprécie un sol riche en humus. Chaque année, apportez du compost.

 

Plant frigo déjà démarré moins d'une semaine après la plantation...

 

Plant frigo déjà démarré moins d'une semaine après la plantation...

 

Paillez, de préférence avec des matériaux acides (écorces de pins broyées, épines de pin, BRF de résineux...) surtout si le sol est calcaire.

 

Arrosez au pied (goutte à goutte).

 

Coupez régulièrement les stolons inutiles, ils épuisent la fraiseraie. Conservez uniquement ceux qui comblent un vide ou destinés à être transplantés.

 

Protections naturelles contre les principaux ravageurs et maladies du fraisier

 

Surveillez l'apparition de la maladie des tâches pourpres ou de l'oïdium (poudre blanche sur les feuilles). Pour traiter vos plants, attendez une période sans fleurs ni fruits : traitez au souffre naturel contre l'oïdium, et à la bouillie bordelaise contre les tâches pourpres et le mildiou.

 

Prévenez le risque d'apparition du mildiou en évitant toujours de mouiller le feuillage pendant les arrosages.

 

Protégez vos fraisiers avec de l'anti-limaces biologique.

 

JE RÉCOLTE !

 

Les variétés remontantes donnent une première récolte de mai à juin puis une seconde à l’automne. Les autres variétés ne donnent qu’une récolte au printemps ou en été. Dégustez-les autant que possible dès la récolte. Si vous devez les conserver quelques jours, cueillez-les avec un petit bout de queue. La congélation leur convient très bien pour une utilisation en tartes.

 

Toute nouvelle plantation donne quelques fraises gigantesques, qui étonneront tout votre entourage. Mais cette faculté disparait dès la 2ème production.

Moi, ménagère de + 65 ans, j’ai du mal à dénicher des fraises nature pour les baigner dans mon vin nu ?
Moi, ménagère de + 65 ans, j’ai du mal à dénicher des fraises nature pour les baigner dans mon vin nu ?

Ma recette de fraises au vin. Je l’ai commise il y a quelques années et je l’avais baptisée : Soupe de fraises des Bois. Je vous la livre en vous demandant de vous livrer aussi au jeu de remplacer les points de suspension par le nom du flacon. Merci par avance.

 

« Avec le plus beau de ses sourires il demandait à son ex-dulcinée un grand saladier et un tablier. Ce qui fut fait d’un petit air pincé. La nuée des nanas faisait cercle. L’avantage des fraises des bois c’est qu’elles sont équeutées alors il n’eut qu’à les déverser au fond du saladier.

 

Ensuite en un geste ample, au pif, il les saupoudrait de sucre de canne roux non raffiné. Pour les novices, notez : 150 grammes de sucre pour 750 grammes de fraises. Puis, avec des mines de chanoine il pressait un citron vert, râpait un bâton de cannelle et parsemait le tout de clous de girofle.

 

Enfin, instant suprême, après avoir débouché un flacon de ..., il le versait avec doigté sur les fraises des bois émerveillées.

 

Avec une grande cuillère en bois d’olivier il touillait.

 

Les filles s’extasiaient.

 

Mais, il y avait un mais. Il réclamait à la chouette Ginette une passoire pour réserver les fruits puis il versait le vin aromatisé dans une belle casserole de cuivre. Portait le liquide à ébullition puis, à feu doux, pendant 10 mn, le laissait chanter. Toujours avec des gestes de maestro il plongeait le cul de la casserole dans un bac de glace pilée. Attendait.

 

Décidait qu’il fallait maintenant passer aux choses sérieuses : goûter le flacon de... »

Moi, ménagère de + 65 ans, j’ai du mal à dénicher des fraises nature pour les baigner dans mon vin nu ?

Mais pourquoi donc les fraises n'ont-elles pas de queue ?

 

Un dimanche ordinaire en famille, avant le premier tour de la présidentielle. Les esprits sont échauffés par une discussion un peu vive sur les programmes respectifs d'Hamon, Mélenchon ou Macron. Ici, on vote à gauche depuis toujours et l'on mange sans chichi. Arrivent les fraises. Et un peu de sucre. Jean-Claude, professeur à la retraite et 84 printemps, tente d'en attraper une. Le fruit glisse de ses doigts. Il réitère l'expérience, en vain, avant de se résoudre à en agripper les feuilles entre le pouce, l'index et le majeur. C'est à ce moment-là que sa colère, ravalée pendant la discussion précédente, éclate:

 

"Mais bon sang, pourquoi, aujourd'hui, les fraises n'ont plus de queue ?"

 

La suite ICI 

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 06:00
Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Ce lundi je m’étais lancé un défi.

 

Alors que la météo annonçait qu’il ferait beau je décidai de me planter, sitôt pris mon petit-déjeuner, devant mon écran.

 

Pourquoi diable me direz-vous ?

 

Tout simplement que je trouvais étrange que la passation des pouvoirs à l’hôtel de Matignon était annoncée dès potron minet.

 

Le jeune Emmanuel, homme pressé, aurait-il bouclé en un dimanche fort occupé la nomination de son Premier Ministre de droite.

 

Secret de polichinelle, ce serait Édouard Philippe, le député-maire LR du Havre juppéiste.

 

Sauf que votre serviteur, grand connaisseur de la cuisine politique, se posait légitimement une question : le dénommé Philippe n’allait pas descendre dans la fosse aux lions, comme un vulgaire Kouchner, sans assurer ses arrières.

 

Il lui fallait discuter le bout de gras une dernière fois avec le tout nouveau locataire de l’Elysée des équilibres, de qui en serait avec les règles édictées par le Président de la République.

 

Exercice difficile de haute voltige qui se révéla bien plus long que prévu par les jeunes communicants.

 

Le temps passait.

 

Twitter était muet. Les addicts retenaient leur souffle.

 

Et puis vers 10 heures tomba un fake

 

Retweeted Édouard Philippe (@EPhlippeFr):

 

Conversation avec Emmanuel Macron. Il m'annonce une convocation à l'Elysée. Je serai le nouveau Premier Ministre. Merci!

 

Bien sûr sitôt démenti :

 

Retweeted D. de Montvalon (@demontvalon1):

 

Un faux compte au nom d'Edouard Philippe. Bien dérisoire, cette manip.

 

À l’hôtel de Matignon les gardes républicains allaient et venaient.

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

L’impatience gagnait.

 

Je me risquais même à twitter avec un certain succès :

 

Jacques Berthomeau

 

Patience en 1981 le premier gouvernement Mauroy avait été annoncé à 21h #passationdepouvoir #Philippe #PremierMinistre

 

Le taxi du futur était filé par BFM TV

 

Matgoa @Matgoa il y a 7 heures

 

Résumé de l'info télé à midi : Edouard Philippe a quitté son domicile, a pris un G7 plutôt qu'un Uber et n'a pas été à l'Elysée

 

Une matinée à patienter. Et que faire en attendant? Les collaborateurs de Bernard Cazeneuve se sont posé la question ce lundi 15 mai pendant qu'Emmanuel Macron tardait à annoncer le nom de son premier ministre. Alors qu'on attendait le nom de l'heureux élu dans la matinée et que celui d'Edouard Philippe revenait avec insistance, il n'était pas connu à la mi-journée.

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Et puis on annonçait :

 

sylvie maligorneCompte certifié @maligorne

Le nom du Premier ministre annoncé à 14h30. (Communiqué Élysée)

 

Twitter s’amusait

 

Le Nain Somniaque @beno_ide

 

Le nom du #PremierMinistre devrait être connu avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Info BFMTV.

 

Les belges s’y mettaient

 

Maître Hippo

 

@Maitre_Hippo

 

Punaise 2h sans #PremierMinistre et c'est la panique. Vous auriez jamais pu vivre en Belgique

 

Du côté de Matignon on notait :

 

Retweeted Guillaume Daret (@GuillaumeDaret):

 

Clin d'œil: Bernard #Cazeneuve repartira de #Matignon en #DS. Elle vient tout juste de pénétrer dans la cour. @CitroenFrance @DS_Official

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Je partais acheter mon beefsteak.

 

Je le mangeais et je me postais à nouveau devant mon écran.

 

Rien !

 

Retweeted Olivier Biffaud (@bif_o):

 

Pas d'inquiétude, la montre du secrétaire général de l'Elysée est toujours calée sur l'heure d'hiver...

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Enfin fin du suspense !

 

Retweeted L'Obs (@lobs):

 

Edouard Philippe est nommé Premier ministre par Emmanuel Macron

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe
Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Dans son discours au moment de la passation de pouvoir avec Bernard Cazeneuve, lundi, le nouveau Premier ministre Edouard Philippe a esquissé un autoportrait politique. Il a revendiqué son appartenance à la droite, tout en se plaçant dans la lignée de Charles de Gaulle et de Clemenceau. «Vous avez dit que vous étiez un homme de gauche (...) Il se trouve que je suis moi-même un homme de droite (...). Comme vous je sais (...) que l'intérêt général doit guider l'engagement des élus, l'engagement des agents de l'État, et d'une certaine façon l'engagement de nos concitoyens», a-t-il déclaré au côté de son prédécesseur, dans la cour de Matignon.

 

«Je voudrais (...) vous dire, M. le Premier ministre, combien vous avez constitué un exemple, au-delà de désaccords qu'il nous est arrivé de formuler, mais un exemple de caractère», a poursuivi Edouard Philippe, rendant un hommage appuyé à Bernard Cazeneuve.

 

«Les six mois que vous venez de passer à diriger l'action gouvernementale à Matignon constituent le point d'orgue d'un parcours ministériel (...), depuis mai 2012, assez exceptionnel. Au milieu des négociations européennes, puis de la machinerie budgétaire, au coeur des défis pour la sécurité de nos compatriotes (...) puis ici, vous avez (...) souhaité servir l'État», a dit le nouveau chef du gouvernement, au début de sa courte allocution.

 

Rappelant que tous deux ont été «maires de villes portuaires et de villes normandes», Edouard Philippe a souligné avec humour que «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants, et vous êtes complètement normand, et moi aussi».

 

C’est le bordel à droite :

 

Édouard Philippe premier ministre: NKM et une vingtaine d'élus LR et UDI veulent saisir "la main tendue" par Macron

 

POLITIQUE - Une vingtaine d'élus LR et UDI, dont des juppéistes et lemairistes, ont jugé ce lundi 15 mai que leurs familles politiques "doivent répondre à la main tendue" par Emmanuel Macron, qui vient de nommer Premier ministre Édouard Philippe, issu de leurs rangs.

 

Cette nomination "représente un acte politique de portée considérable" et "la droite et le centre doivent prendre la mesure de la transformation politique qui s'opère sous leurs yeux", plaident dans un communiqué commun ces élus, dont le député Benoist Apparu et la sénatrice Fabienne Keller, proches d'Alain Juppé, le député Thierry Solère, soutien de Bruno Le Maire, mais aussi le maire de Tourcoing Gérald Darmanin, ancien proche de Nicolas Sarkozy, et le maire LR de Nice Christian Estrosi.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet a fait savoir en fin de journée à l'AFP qu'elle signait cet appel. L'ex-ministre appelle également les élus LR et UDI à "adopter cette démarche constructive". L'ex-directeur de sa campagne pour la primaire, Grégoire de Lasteyrie, maire LR de Palaiseau (Essonne), a lui aussi décidé de rejoindre les signataires.

 

C'est aussi le cas de Jean-Louis Borloo, fondateur de l'UDI, qui a annoncé qu'il signait l'appel.

 

"Être à la hauteur de la situation de notre pays"

 

"Plutôt que les anathèmes, les caricatures, les exclusions, nous demandons solennellement à notre famille politique d'être à la hauteur de la situation de notre pays et de l'attente des Français, qui, au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron, attendent de nous d'être au rendez-vous de l'intérêt général", estiment ces 22 élus.

 

"Nos familles politiques de la droite et du centre doivent répondre à la main tendue par le président de la République", appellent-ils.

 

Parmi les autres signataires figurent Christophe Béchu, sénateur-maire LR d'Angers, Dominique Bussereau, député et président LR de la Charente Maritime, des soutiens du maire de Bordeaux, ainsi que le député-maire de Reims Arnaud Robinet ou le député-maire de Coulommiers Franck Riester, des soutiens de Bruno Le Maire.

 

S'y ajoutent notamment Laurent Degallaix, député-maire UDI de Valenciennes et proche de Jean-Louis Borloo, le maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc, et le maire de Mulhouse Jean Rottner. Certains sont régulièrement cités comme ministrables.

 

J’en ai assez fait pour aujourd’hui… ce soir je mange des raviolis de Giovanni Passerini.

 

Et pendant ce temps-là notre Emmanuel dîne avec Angela…

Comme 1 lundi d’une si longue attente «les Normands sont certes violemment modérés, ils sont aussi parfois conquérants » Edouard Philippe

Edouard Philippe, Premier ministre et vieux “pote de droite”

 

François Ekchajzer

 

En 1988, Michel Rocard est Premier ministre. Edouard Philippe, qui vient d’être nommé au même poste par Emmanuel Macron ce lundi, étudie en hypokhâgne à Paris lorsque Laurent Cibien fait sa connaissance. « Il était rocardien et fan de Mendès France. Ça me semblait incompatible avec le fait d’être de gauche ; nous nous entendions quand même bien », se souvient celui-ci. Quinze ans plus tard, l’un est devenu documentariste ; l’autre, un « clone de Juppé ». « Comment peut-on être de droite ? », s’interroge alors Laurent Cibien, qui entreprend de le filmer au long cours, bénéfiçiant d’une confiance que les années renforceront. Diffusé sur France 3 au cœur de l’été dernier, Edouard, mon pote de droite suit la campagne municipale d’Edouard Philippe au Havre, en mars 2014. France 3 le reprogramme demain à 23h20. Quant à Laurent Cibien, il a de nouveau filmé son « pote » dans la fonction de porte-parole d’Alain Juppé qu’il occupa durant la primaire à droite, recueillant la matière d’un deuxième film, actuellement en montage. Le suivra-t-il à Matignon, sur les pas de Michel Rocard ? A voir…

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 06:00
En marche arrière : «La dictature, c'est ferme ta gueule. La démocratie, c'est cause toujours ! » Coluche

C’est l’histoire d’un mec, comme disait le regretté Coluche, qui grâce à ses RTT et autres joyeusetés de notre France des 35 heures et des tripotées de ponts, va s’oxygéner et reposer son nez, dans une chaumière posée dans une minuscule rue de 5 numéros d’un petite village de 74 âmes, sis en Basse-Bourgogne, faisant partie de la communauté de communes de Puisaye-Forterre dans l’Yonne.

 

À la fin du mois février dernier, notre homme, à peine arrivé de Paname, extirpa de sa boîte aux lettres, gorgée de publicité pour les saucisses en barquette de 25 en promotion chez Super U, un étrange feuillet intitulé : « Campagne de suppression des marches arrière »

 

« Bizarre, vous avez dit bizarre… » se dit-il dans sa petite Ford d’intérieur, deux mots le frappèrent : campagne et marche, était-ce un vulgaire tract d’opposition au mouvement En Marche du sieur Macron qui commençait à donner de l’urticaire aux barons du vieux monde politique ?

 

La réalité du « poulet » était encore plus triviale : on y traitait d’ordures…

 

Rassurez-vous, il ne s’agissait pas de propos orduriers puisque le feuillet émanait d’un zinzin tout ce qu’il y a de respectable : le service déchets de la communauté de communes de Puisaye-Forterre (Yonne)

 

« Madame, Monsieur,

 

Dorénavant, les marches arrière sont totalement interdites. Aussi, le camion de collecte ne peut plus venir collecter vos déchets dans les conditions actuelles… »

 

Quand le diable se niche ou se cache dans les détails, il faut vite aller se plonger dans l’univers impitoyable de la bureaucratie paperassière et avoir recours à l’analyse sémantique.

 

Notre homme, plus habitué à trouver la vérité au fond des verres, une fois passé sa stupéfaction proche de l’irritation, affuta sa plume pour questionner, dans une lettre de la meilleure eau, le président de la communauté de communes, Jean-Philippe Saulnier-Arrighi.

 

Celui-ci lui répondit courtoisement que les marches arrière «ne sont plus possibles» à la suite de la « recommandation R437 de la CNAMTS (Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés) publiée en février 2009.

 

Une préconisation de nature à éviter les opérations accidentogènes dommageables.

 

Notre goûteur patenté, habitué à l’inconfort des sièges de moissonneuses-lieuses des ODG, s’empressa de noter (les notes ça le connaît) un petit glissement sémantique : on passait de « totalement interdites » à « plus possibles ». Et l'interdiction formelle se révélait une simple recommandation de la CNAMTS.

 

Ces glissements progressifs, non du désir, chers à Alain Robbe-Grillet, mais des emmerdements. Comme le disait le Président Pompe : arrêtez d'emmerder les Français ! poussaient notre bas-bourguignon d’adoption à se fendre d’une seconde missive au président de la communauté de communes, Jean-Philippe Saulnier-Arrighi

 

Il y signalait que des élus s'étaient déjà inquiétés de la portée de cette recommandation. Ainsi, la députée Marie-Jo Zimmermann avait interpellé en 2009 le ministre de l'Intérieur. Cette élue soulignait les pressions exercées par les sociétés privées. « Elle lui demandait également s'il ne serait pas opportun de clarifier la situation, car des recommandations émises à tort et à travers, sous la pression des sociétés concessionnaires, finissent par créer une incertitude juridique.»

 

Le ministre répondait en 2010 qu'il s'agissait de «préconisations» de nature à «éviter les opérations accidentogènes dommageables».

 

Donc en aucun cas il n'était fait état d'une interdiction.

 

Avec une pointe d’ironie justifiée il s'interrogeait sur la dangerosité réelle de l'usage de la marche arrière.

 

  • À quel moment est-ce le plus périlleux ?
  •  

Lorsqu'elle est utilisée par des professionnels avisés équipés d'un matériel doté de gyrophares et d'avertisseurs sonores ou bien quand un particulier sort de son garage, effectue un créneau, quitte une place de parking de supermarché ?

 

Mais ce n'était pas tout, se transformant en Hercule Poirot de la Puisaye, découvrait que d'autres voisins chez qui, pour ramasser les poubelles, il n'était nullement besoin d'utiliser la marche arrière avaient, eux, reçu un avis à peu près identique quant à la conclusion : plus de collecte devant chez eux.

 

Pourquoi diable ?

 

Vous le saurez en lisant Le Front national aussi se niche dans les détails

 

ICI 

 

Affaire à suivre, la résistance s’organise…

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 08:00
La foule priant face au miracle de la danse du soleil à Fatima le 13 octobre 1917 ©public domain

La foule priant face au miracle de la danse du soleil à Fatima le 13 octobre 1917 ©public domain

Dans ma jeunesse, la tante Valentine, la sœur de ma mémé Marie, qui vivait à la maison, veuve de la guerre 14-18, grande bigote, gardienne des horaires des messes, vêpres et autres cérémonies inscrites au calendrier liturgique, grâce à sa pension allait au pèlerinage de Lourdes mais elle n’a jamais osé s’expatrier pour aller à Fatima au Portugal.

 

La Vendée était constellée de répliques de ces étranges lieux où la Vierge faisait ses apparitions toujours devant des innocents. La tante Valentine m’y trainait. Ce que j’aimais c’est que nous pique-niquions, les dévotions n’étant pas ma tasse de thé.

 

En tant qu’enfant de chœur je suis allé à Lourdes dans la Dauphine du curé Bailly avec Dominique Remaud et, lors de ma seule expérience de colonie de vacances je suis allé à La Salette.

 

Tous ces pèlerinages n’ont fait qu’amplifier mes doutes sur les enseignements de l’Église romaine, ses saints, ses indulgences, son haut clergé, et ses pratiques souvent bien éloignées des prêches.

 

L’hypocrisie des évêques de France, à quelques exceptions près, lors de la dernière présidentielle en est encore la preuve.

 

Laissons donc le pape François à sa visite à Fatima qui est « un rendez-vous personnel que le souverain pontife a à Fatima, presque un rendez-vous avec l’histoire. Il y a le centenaire des apparitions de Fatima, bien sûr, mais il y a aussi, plus intimement pour lui, un autre anniversaire : ce samedi 13 mai, cela fera 25 ans très exactement que le père Bergoglio, alors simple jésuite exilé en Espagne par ses supérieurs, a reçu un appel lui annonçant qu’il allait devenir évêque auxiliaire de Buenos Aires. »

 

Revenons à nos excitations françaises et tout d’abord rions !

 

Retweeted Professeur Bang (@ProfesseurBang):

La passation de pouvoirs du Cabinet Noir se déroulera dimanche 14 à minuit au sous-sol de l'Elysée. On est prié d'apporter sa cagoule.

 

Et charrions la Boutin qui n’en rate pas une :

 

Pas de #Messe @France2tv pour passation de pouvoir! C'est la 1ere fois qu'elle a lieu un Dimanche! Les choix @EmmanuelMacron sont très clairs

- christine Boutinن (@christineboutin) May 12, 2017

 

Dimanche pas de Messe @France2tv ! Ouvrons les yeux: les messages sont clairs! Volonté de banaliser le Dimanche, malades, handicapés... "Out"

- christine Boutinن (@christineboutin) May 12, 2017

 

Sauf que c’est faux puisque l'horaire de sa diffusion a simplement été avancé.

 

Passons pour finir à l’assaisonnement de notre Mélenchon les gens par Marcel Sel

 

Marcel Sel est un écrivain, blogueur, chroniqueur et compositeur belge né à Bruxelles.

 

Sel est un pseudonyme, mais il utilise d'autres pseudonyme comme Marcel Zout ou Marcel Quaybir

 

En 2008, il écrit "Walen Buiten, Révélations sur la Flandre flamingante", un essai romancé sur la "Crise belge", qui sera publié en 2010.

 

En juin 2009, après avoir été longuement simple commentateur du blog Coulisses de Bruxelles, UE de Jean Quatremer, il ouvre son propre blog, Un Blog de Sel, principalement axé sur la crise belge et le nationalisme flamand. Quelques mois plus tard, il publie un recueil d'articles du blog, "La Flandre, ça n'existe pas", en édition à la demande chez TheBookEdition.com.

 

La suite ICI

 

Mélenchon, l’insoumise trumperie. par Marcel Sel

 

« Depuis mes 14 ans, ils ont essayé de me convaincre. Je les ai toujours trouvés amicaux, généreux, beaux, sympathiques. Ils ont le monopole du cœur, mais plus en chœur encore que les socialistes. Ils vont changer le monde. Je les croise à chaque décennie, ces militants de l’un ou l’autre gauchisme radical. Mais ils n’ont rien changé du tout. Jamais.

 

C’étaient les maos, d’abord, que j’ai beaucoup fréquentés. Ils m’expliquaient que la révolution culturelle était un formidable outil d’émancipation. Je lisais les magazines venus de Chine qu’ils me donnaient. La Chine en Construction, si je me souviens bien. C’était bien écrit, en Chine, parfois remarquablement, et ça ne coûtait rien. Je n’y voyais pourtant qu’une seule opinion, trop enthousiaste pour être vraie. J’appris plus tard que ces magnifiques messages de liberté, de solidarité et de progrès cachaient une hideuse oppression, un million de morts. Tout cela accompagné d’une haine systématique des libertés à l’occidentale et surtout, toujours, toujours, toujours, de l’Amérique.

 

Quand on leur faisait remarquer, une décennie plus tard, qu’ils avaient soutenu sans le savoir un régime totalitaire, oppressif et meurtrier, on se faisait traiter d’imbécile, de traître ou de facho.

 

Avant-guerre déjà. Fascinés par le soviétisme, de grands intellectuels français ont découvert trop tard l’horreur stalinienne. Mais ce n’était pas la faute aux soviets, à les entendre ensuite. C’était la faute à l’Amérique. Puis, il y eut Budapest. Prague. Mais ce n’était pas la faute au communisme. Puis il y eut Pol Pot. Mais ce n’était pas la faute aux… Et ça n’a jamais arrêté.

 

Mélenchon, Canada Dry du communisme

 

Jean-Luc Mélenchon n’est que le énième avatar de cette chanson sempiternelle qui finit toujours de la même façon. Ah, je vous entends : il n’est pas « communiste ». OK. Mais c’est toujours la même rengaine. Elle a muté. Ils ne se disent plus communistes, en effet. Mais crient toujours haro sur l’entreprise, l’Amérique, le patronat, les journalistes, etc. Et ils vont toujours vous sauver grâce à une autre révolution socialiste, plus à gauche que le socialisme passé à droite (Marchais disait ça, déjà, en 1980…), et à peine moins communiste que le communisme. Ça a le goût du communisme, le programme du communisme, mais ce n’est pas du communisme, c’est du mélenchonisme.

 

Je perçois mal la différence.

 

Voyez Cuba. Aujourd’hui, pour les mélenchonistes, tout ce qu’on dit sur le régime est évidemment faux, ou alors, c’est pas la faute à Castro. La presse n’y est pas libre, mais c’est la faute aux Américains. Les syndicalistes continuent à subir des arrestations arbitraires, des menaces, des pressions. Mais ça aussi, c’est la faute aux Américains ! Et au pire, quand on leur met le nez dans le caca vénézuélien, après avoir tenté de défendre l’indéfendable pendant deux heures, après avoir accusé Obama, ils vous lancent « mais pourquoi vous nous emmerdez avec ça, on ne défend pas le Vénézuéla » ! Haha ! Pendant que leur patron, sur BFMTV, ne nie pas qu’il défend Maduro, mais hurle plutôt qu’on devrait l’interroger sur autre chose.

 

Quand un politicien dit à un journaliste quelles sont les bonnes questions à lui poser, c’est qu’il n’a pas de bonnes réponses. Ou qu’il n’admet pas qu’on le critique. Ce qui est pire. Georges Marchais, un leader communiste français répondait de la même façon à ce genre de questions, en haussant la voix, en plaisantant, en criant à la manipulation, en exigeant qu’on change de sujet. Ou alors, en rejetant la faute sur la presse, comme dans cette vidéo (à partir de 1’00) où il nie les révélations de Sakharov et Soljénitsine ! « Ce n’est pas parce que je suis prosoviétique que j’aime Brejnev ! », aurait-il pu dire ensuite. Remplacez soviétique par chaviste et Brejnev par Chavez et vous aurez la version Mélenchon. Et vogue la galère.

 

Pourtant, j’ai toujours été fasciné par l’idéal communiste. Une société où tout le monde est égal, où le travail est universel, où l’argent n’est pas nécessaire pour faire le bonheur, quel bel idéal !

 

Sauf que jamais, nulle part, ça n’a marché. Probablement parce que l’homme a une autre organisation sociale dans les gênes. Pire : ceux qui ont, de tout temps, payé le prix fort de cet idéal, ce n’étaient tant les « millionnaires », les grands banquiers, les vrais riches, que le communisme prétendait éliminer. Eh non ! Parce que ceux-là sont généralement partis à temps, quitte à perdre leur fortune, mais pas la vie ! Pire : ces régimes ont ensuite — tous — créé leurs propres millionnaires en produisant inconsciemment une Nomenklatura fidèle au leader. Les familles Chavez et Castro ne sont que des clones de leurs prédécesseurs. Et Mélenchon, un clone de Marchais.

 

La Nomenklatura profite, les petits payent.

 

Non. De tout temps, ce sont les petits, les paysans, les travailleurs, les ouvriers, les indépendants qui ont payé. Cher. Parfois horriblement cher. De leur faim, de leur sueur, de leur peur de la délation, de leur confort, devenu sommaire, enfermés dans des appartements communautaires, privés de vie privée. Et parfois de leur vie. Holodomor, pour ne citer qu’une des innombrables abominations des régimes soi-disant populaires.

 

Quand l’oppression était plus ou moins supportable, ce sont les petits, et non les gâtés du régime, qui ont cherché à fuir. En Albanie, ils grimpèrent sur les bateaux pour l’Amérique dès que le régime s’assouplit. En RDA, ils rêvaient de voir les boutiques d’Allemagne fédérale et, pour la première fois de leur vie, de manger… une banane ! En Roumanie, la fuite. À Cuba, la fuite, en Hongrie, la fuite, en Pologne, la fuite, au Viêt-nam, la fuite, en Chine, la fuite… Et toujours, absolument toujours, à cause de l’Amérique !

 

Aujourd’hui, Mélenchon part du même principe que ces prédécesseurs : la haine de l’Amérique d’abord, tout le reste ensuite. Et il nous rappelle son soutien à Castro et à Chavez, dont on voit les ruines fumantes et les victimes futures : Maduro, successeur de Chavez, va armer 400 000 civils pour disposer d’une milice capable de tenir tête au peuple. Au peuple, bordel ! La semaine dernière, une gamine de 16 ans a été tuée par balle dans une manifestation. C’est la cinquième ou la sixième victime. Qu’un seul militant mélenchoniste se fasse simplement regarder de travers par un flic dans une manif, et c’est du fascisme ! Mais quand, à l’autre bout de la planète, on bute des gosses au nom d’un régime longtemps soutenu par ce même Mélenchon (s’il ne l’est pas toujours), et c’est une simple bavure, un détail, et celui qui oserait faire remarquer qu’il y a comme une incohérence se voit qualifier… de fasciste !

 

Dans le populisme, il y a toujours un leader charismatique qui a toutes les réponses

 

 

Eh oui, la solidarité merveilleuse du mélenchonisme s’arrête au peuple de gauche radicale, et à l’océan. Solidarité ? Ah, interdire les délocalisations, c’est évidemment indispensable. Tous les travailleurs sont unis, n’est-ce pas. Mais faudrait pas que des chômeurs d’ailleurs viennent prendre le travail des Français, môssieur ! L’internationale sera hexagonale surtout, ou ne sera pas !

 

Fantastique ! Le peuple de Mélenchon approuve, exulte, jouit, et insulte le reste du peuple qui ne succombe pas à la totale nécessité d’adorer Mélenchon. Je suis abasourdi.

 

« Tu n’es pas de gauche ! » me hurle-t-on alors. Et arrivent les attaques ad hominem ou à personam en réponse à des questions pourtant simples : comment Mélenchon peut-il affirmer qu’il va faire modifier les traités européens alors qu’il faut l’accord de 26 autres pays pour le faire et qu’aujourd’hui, aucun n’est demandeur, et la plupart y est même farouchement opposé ? Réponse : tu es un suppôt du grand capital !

 

Question : comment les 32 heures à salaire égal peuvent-elles redresser la France sachant que le coût de l’emploi n’y est déjà pas compétitif ? Réponse : tu as mal lu programme ! Question : Comment espérer taxer les revenus qui dépassent 390 000 € à 95 % sachant que la libre circulation des personnes permet à ces revenus de s’échapper dans l’heure ? Réponse : écoute le Maître. Question : Comment empêcher ça en taxant les Français sur leur nationalité et non leur résidence alors qu’une telle double taxation est contraire, à nouveau, à la libre circulation des citoyens en Europe ? Réponse : on sort de l’Europe, alors. Question : Et la France payera des droits de douane pour exporter chez tous ses voisins, elle qui n’exporte déjà pas assez ? Réponse : ta gueule ! Question : comment fera-t-elle avec, en plus, une main d’œuvre plus chère qu’en Allemagne ? Réponse : en sortant de l’euro, évidemment, réfléchis, décérébré de droite ! Question : la France ferait donc ce que la Grèce (de Tsipras, excusez du peu) a renoncé à faire parce que cela impliquait une véritable catastrophe humaine ? Réponse : facho !

 

Question : qui d’autre qu’un fou furieux serait prêt à faire prendre à 65 millions d’êtres humains un risque pareil ? Réponse : faaaachoooooooo !

 

Le dégoût dans la bouche

 

Non. Je suis de gauche, ne vous déplaise. Et c’est parce que je suis de gauche que Mélenchon me dégoûte. Parce que si sa politique (si tant est qu’elle puisse être appliquée : avec quelle majorité ?) mène à la catastrophe, ce n’est pas lui qui payera, mais ceux qui, justement, voient en lui l’homme qui les sortira de leur misère, de leurs problèmes, des licenciements secs et que sais-je !

 

Il me dégoûte parce qu’il n’en a rien à glander du travailleur : son assiduité au Parlement européen montre qu’il se fiche même de son employeur, à savoir, le contribuable. Autrement dit : vous !

 

Et ça me débecte profondément qu’il y ait à gauche des clones inversés de Donald Trump ou de Marine Le Pen, aussi faussaires, aussi manipulateurs. Et qu’il y ait là aussi des électeurs qui, comme ceux des deux populistes, plongent leur bulletin de vote dans leur rancœur ou leurs peurs, pissent leur colère dessus, le chargent de tous leurs problèmes, puis vont dans l’isoloir, qu’ils prennent pour le réceptacle de tout ce qu’ils haïssent — les immigrés pour Le Pen, les Américains pour Mélenchon, les musulmans pour Le Pen, les patrons pour Mélenchon. La haine des élites, des journalistes, des opposants, ils l’ont en commun. Les solutions faciles, aussi. Le bouc émissaire, aussi. L’agitation et la peur, aussi. Aussi.

 

Aussi.

 

Oui, chez les électeurs de Le Pen, Trump ou Mélenchon, la colère est la même, il n’y a que les cibles qui divergent. Le rejet est identique, brutal, inargumenté, violent, hystérique, pour tous ceux qui pensent différemment. Les mélenchonistes ont, en plus la mauvaise habitude de brandir son programme (qu’ils n’ont pour la plupart pas lu du tout, ils ne réagissent qu’à des slogans) comme preuve de la bêtise d’autrui. On se croirait revenu au temps du Petit Livre rouge !

 

La gauche se cherche et ne trouve plus

 

Cela dit, je peux comprendre. On ne sait plus ce qu’est la gauche, en effet. On ne le sait plus depuis que le mur est tombé. Auparavant, le communisme était un coin sous la porte, qui effrayait les puissants. Une menace psychologique diablement efficace qui en faisait un excellent outil de contrepouvoir face aux excès du capitalisme, au thatchérisme et aux multiples formes du (néo)conservatisme. En même temps, les épouvantables nouvelles de l’Est limitaient le développement des partis communistes. Aujourd’hui, certains prennent de l’ampleur et visent le pouvoir. Il sera absolu ou ne sera pas. L’indispensable aiguillon est alors une menace. Poutou est nécessaire. Arthaud est nécessaire. Mélenchon, lui, est dangereux parce que sa conception de la liberté déteint sur ses militants. Elle est exclusive, déjà !

 

Aujourd’hui, la gauche traditionnelle a gagné ses combats fondamentaux. Les vacances. La retraite. La sécu. La semaine de cinq jours, les 35 heures. Ses valeurs s’affichent même fièrement dans le traité européen. Pas de discrimination. Droits pour les LGBT. Salaire égal à travail égal. Égalité des sexes. Droit au travail. Droits syndicaux.

 

Le vrai combat ne consiste plus à révolutionner la société, mais à prévenir ses dérives et à la guérir de ses excès. On est passé de la refondation à de la mécanique. Ajuster les inégalités, installer un turbo qui assure le travail universel, améliorer la sécu et lui adjoindre un dispositif antigrignotage, bâtir un système parallèle d’abris-SDF. Démonter ce putain de plafond de verre que les femmes doivent encore se farcir 50 ans après la révolution « sexuelle ». Contrer les dérives des trop grandes entreprises et des banques.

 

Tiens, les banques. C’est ce qu’a fait le Parlement européen en 2013-14, sous la houlette du député vert belge Philippe Lamberts, en adoptant des mesures financières indispensables qui « faisaient peur à la City ». Pendant ce temps, Mélenchon, comme Le Pen, ronflait dans le fond de la classe. Assis sur votre pognon. Rien à foutre.

 

Être de gauche, c’est tout, sauf se pavaner et lancer des chocolats gratis aux électeurs en extase.

 

Être de gauche, aujourd’hui, c’est agir pas à pas, bloc par bloc, le plus efficacement possible, et là où c’est nécessaire. Ce n’est pas exterminer le capitalisme, immuable au fond, parce qu’il colle au fonctionnement des sociétés humaines — même les Chinois ont fini par le comprendre ! Mais c’est l’aménager, l’améliorer, le subvertir, l’équilibrer. Être de gauche, c’est bosser. Être de gauche, c’est émanciper tout le monde en protégeant les plus faibles. Ça requiert qu’on comprenne d’abord la société. Ce n’est (plus) jamais une révolution. Aucune n’a bien fini.

 

Être de gauche, c’est tirer petit à petit l’énorme bateau démocrate vers le bien-être pour tous, tout en sachant qu’on ne l’obtiendra probablement jamais. C’est faire mieux, pas pire. C’est surveiller nos représentants et être encore plus sévère avec eux qu’avec ceux « d’en face », plutôt que de les soutenir dans leurs pires errements sous prétexte de solidarité.

 

Être de gauche aujourd’hui, c’est être volontaire, borné, patient, inquisiteur, et surtout, cohérent. C’est rechercher la synthèse plutôt que l’affrontement. Ça n’a rien d’enthousiasmant. Ça n’a rien d’une fête. Ça n’a même rien d’héroïque. Être de gauche, c’est ne pas s’approprier plus que nécessaire à titre personnel. Être de gauche, au fond, c’est franchement chiant.

 

 

Après, je ne me fais plus d’illusion : ce papier ne servira à rien. Les fanatiques du mélenchonisme ne comprendront pas. La valise est bouclée. Car ce n’est pas de la politique qu’ils veulent, c’est de l’engouement, des cris, des chants, des coupables à pourchasser, des opposants à connardiser, la certitude de bâtir un monde nouveau et le Nirvana pour demain.

 

Le seul problème, c’est qu’aucune société n’a jamais rien offert qui ressemble à ça. Et qu’ils cherchent donc la réponse à leurs questions existentielles au plus mauvais endroit : celui où se conçoit le bien commun. Mais comme tous ceux qui un jour se sont entichés d’un tribun qui les gavait de réponses attirantes, ils iront jusqu’au bout et, si Mélenchon est élu, face à la catastrophe ou au néant prévisible, ils s’écrieront, comme Georges Marchais sur Ceaucescu : « nous ne savions pas ! »

 

Marcel Sel

 

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 06:00
L’amour pour les cordons bleus du Président Macron : quel accord avec le vin Virginie Routis la sommelière de l’Elysée ?

Au soir du premier tour, les médias et les réseaux sociaux ont fait des gorges chaudes de la petite fête organisée par Brigitte et Emmanuel Macron, à la Rotonde, pour célébrer la qualification pour le second tour en pole position.

 

Le parallèle avec le Fouquet’s me parut bien exagérée, la Rotonde est certes l’une des dernières institutions d’un Montparnasse en déclin, mais ce n’est qu’une brasserie classique, sans grande originalité, tenue par des Aveyronnais depuis 3 génération.

 

Et ça va mal pour les grandes brasseries de Montparnasse : le Dôme, la Coupole...

 

« Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir y refaisaient le monde. Picasso y donnait ses rendez-vous en terrasse. « Modigliani y a vendu des dessins, poursuit Thomas Dufresne, historien, spécialiste de Montparnasse. Dans le roman La femme assise, du poète Guillaume Apollinaire, le café y figure ». Ainsi que dans « Paris est une fête » de l’écrivain américain Hemingway.

 

La mythique brasserie du Dôme va-t-elle disparaître ?

 

Cette institution, revendiquée comme la plus ancienne de Montparnasse, fondée en 1898 par l’Auvergnat Paul Chambon, tenue aujourd’hui par une famille et située à l’angle de la rue Delambre (XIVe), vient d’être placée en redressement judiciaire le 10 novembre 2016 par le tribunal de commerce de Paris.

 

Le 5 mai à Rodez, à l’issue de son meeting sur la place du Vigan à Albi, Emmanuel Macron a souhaité terminer sa longue campagne électorale à la table du Bowling du Rouergue.

 

« Je vous avais bien dit que je reviendrais».

 

Après une chaude poignée de mains avec Gilbert Bastide, infatigable « patron » de l’établissement, Emmanuel Macron s’est excusé de ne pas être « allé à Laguiole », non loin du fief familial du restaurateur.

 

« Ça m’a mis un bordel la dernière fois que je suis allé chez les Cantalous ! Vous avez vu à La Rotonde. Je suis allé chez vos copains, ça m’a mis un bordel international ! »

 

Et pourtant, selon Stéphane Bern présent :

 

À la Rotonde, « il y avait des radis et des croque-monsieur »

 

Marc Vigneau-Desmarest, lui aussi, a pris la défense du futur Président.

 

« Monsieur Macron, merci d’avoir fêté votre victoire au premier tour de l’élection présidentielle à LA ROTONDE !!! »

 

ICI 

 

Épisode passé à la trappe à la vitesse grand V.

 

Et ce matin, alors que je flemmardais au lit, dans la revue de presse de France Inter, j’entends que dans le documentaire de TF1 a diffusé le lundi 8 mai Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire sur la campagne du candidat désormais élu à la présidence de la République, une scène est devenue culte sur les réseaux sociaux : celle des cordons bleus.

 

Quèsaco ? Me dis-je…

 

J’ignorais ce qu’étaient les cordons bleus.

 

La séquence :

 

« Emmanuel Macron et son équipe rentrent du Touquet pour rejoindre le QG d’En Marche à Paris quand ils s’arrêtent pour déjeuner sur une aire d’autoroute. Celui qui ne sait pas encore qu’il sera qualifié le soir même pour le second tour passe commande en lâchant : « Moi, j’aime bien les cordons bleus. » «C’est avec le menu enfant» lui répond la cuisinière. Face à cette déception culinaire, le candidat se ressaisit : « Bon, je vais prendre le saumon alors… ».

 

Wikipédia

 

Le cordon-bleu est un plat préparé avec une escalope (de veau, de poulet ou de dinde) roulée autour de jambon et de fromage, puis panée.

 

On retrouve une origine du cordon-bleu en Suisse en tant qu'escalope viennoise farcie au fromage dans un livre de cuisine de 1949. On trouve une référence à un «cordon-bleu de poulet» dans le New York Times en 1967.

 

La suite ICI 

 

Je ne vais pas vous servir de la psychologie de comptoir sur les goûts d’enfant du nouveau Président, je laisse ce soin à l’aigre Onfray.

 

Notre Président aime le vin et Audrey Bourolleau : la Madame Agriculture d'Emmanuel Macron est une championne du vin ! ICI 

 

Donc je demande à la sommelière de l’Elysée Virginie Routis, la première sommelière de l’Elysée, de me faire un accord avec les cordons bleus du Président.

 

Depuis 2007, cette trentenaire est à la tête de la cave de la présidence de la République, qui compte près de 12 000 bouteilles. Un poste qui fait d'elle l’ambassadrice du vignoble français. ICI 

L’amour pour les cordons bleus du Président Macron : quel accord avec le vin Virginie Routis la sommelière de l’Elysée ?

La belle et triste histoire des Cordons Bleus

 

« Mes chers enfants,

 

Je vais vous raconter une histoire belle, mais un peu triste.

 

C’était il y a fort longtemps, bien avant l’invention des surgelés et du four à micro-ondes.

 

A cette époque, il n’y avait ni pizzas sous cellophane, ni lasagnes en barquette. Les gens ne mangeaient pas encore avec des couverts en plastique, ni dans des assiettes en carton.

 

Ils allaient au marché pour acheter des produits frais. A la maison, ils cuisinaient sur des gazinières, et mangeaient tous ensemble autour d’une table. C’était il y a très longtemps, à une époque où même le Coca-Cola n’existait pas, et où les enfants buvaient de l’eau.

 

Une personne faisant très bien la cuisine était appelée « Cordon-Bleu ». Cette drôle d’expression se référait au ruban bleu que portaient les titulaires de l’Ordre du Saint-Esprit, la plus haute distinction de la monarchie créée par Henri III. A l’époque, ruban se disait « cordon », d’où l’expression « Cordon-Bleu ».

 

Un jour,l’un de ces cuisiniers exceptionnels inventa un moyen particulièrement délicieux de préparer les escalopes de veau.

 

Un « escalope » est une mince tranche de viande, qu’on fait en général revenir dans du beurre, avec de la chapelure pour que cela croustille. Les meilleures escalopes sont les escalopes de veau. Ce sont aussi les plus chères, le veau étant une viande tendre et savoureuse, très recherchée.

 

Au lieu de faire cuire les escalopes directement dans la poêle comme c’était l’habitude, ce cuisinier eut l’idée de mettre sur chaque escalope une tranche de succulent jambon et d’un délicieux fromage venu des alpages suisses, le gruyère. Puis il les plia en deux, les roula dans la chapelure et les fit cuire dans du beurre, avec du sel et du poivre. Il les servit accompagnées d’une sauce à la crème fraîche, aux échalotes et au vin blanc.

 

Comme vous l’imaginez, le résultat fut exquis : le fondant de l’escalope de veau était redoublé par celui du fromage de gruyère. Le jambon tiède au goût relevé donnait du caractère. Les convives furent enchantés. En la mémoire de ce cuisinier, qui était un « Cordon-Bleu », la recette fut baptisée « escalopes Cordon-Bleu » et devint un plat traditionnel français servi dans les grandes occasions.

 

Puis un jour, des personnes eurent l’idée de fabriquer directement des escalopes Cordon-Bleu dans des usines. Le succès fut immédiat : on s’aperçut que c’était un plat idéal pour la restauration collective. Le cuisinier n’avait qu’à ouvrir le paquet, mettre les escalopes Cordon-Bleu à chauffer, et hop, c’était terminé. C’était dans les années 1980.

 

Les escalopes Cordon-Bleu, qui avaient été rares jusque-là, devinrent un plat de base dans les cantines scolaires et dans les menus les moins chers des cafétérias.

 

« Les moins chers ? Mais comment est-ce possible ? »

 

C’est bien simple : le veau fut remplacé par du poulet, puis par de la dinde, et enfin par une pâte à base de viande reconstituée, bien moins chère encore. Le gruyère fut remplacé, comme dans les « Cheese Burger » de McDonald’s, par un liquide gluant rappelant le fromage fondu. Le jambon fut remplacé par de la dinde également, cuite avec des arômes et des colorants pour rappeler le goût du jambon. Seulement les gens ne s’en apercevaient pas vraiment puisque, de l’extérieur, les « Cordons Bleus » (que l’on n’ose quand même plus trop appeler « escalopes »), avaient toujours la même apparence. Et pour que les gens aient l’impression de manger quelque chose de consistant, les Cordons Bleus furent recouverts d’une chapelure molle et huileuse, de plus en plus épaisse.

 

Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de salir une poêle pour les préparer puisque les Cordons Bleus peuvent être réchauffés directement au micro-onde !

 

Et pour les absorber, il suffit de ne pas penser à ce qu’on mange, en laissant par exemple la télévision allumée pour regarder le match de foot pendant le repas.

 

Quant aux enfants, la plupart mangent aujourd’hui des Cordons Bleus depuis le plus jeune âge. N’ayant aucune idée de ce à quoi ressemblait le plat à l’origine, ils ne voient aucune raison d’être malheureux. »

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 06:00
Il serait «vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan» de Gaulle

Le 49-3 sous Valls et maintenant les ordonnances, les petites louves et les petits loups, plus ou moins insoumis, fans d’une potentielle VIe République, crient au déni de démocratie.

 

C’est de bonne guerre mais ces 2 procédures résultent de la volonté du père de la Constitution de la Ve République, Michel Debré de traduire l’exécration de Charles de Gaulle pour ce qu’il qualifiait avec mépris de régime des partis, qui trouvait là sa plus haute expression. Devant ses ministres réunis le dimanche 20 janvier 1946, il expliquait qu'il serait « vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan ».

 

Il s'agit, dans son esprit, de bien choisir entre un gouvernement qui gouverne et une assemblée omnipotente, ne faisant que déléguer à un gouvernement pour accomplir ses volontés.

 

Dans ses Mémoires de guerre (Le Salut), de Gaulle s’expliquait : « J'entrai, serrai les mains et, sans que personne s'assit, prononçai ces quelques paroles : « Le régime des partis a reparu. Je le réprouve. Mais, à moins d'établir par la force une dictature dont je ne veux pas et qui, sans doute, tournerait mal, je n'ai pas les moyens d'empêcher cette expérience. Il me faut donc me retirer. Aujourd'hui même, j'adresserai au Président de l'Assemblée nationale une lettre lui faisant connaître la démission du Gouvernement. Je remercie bien sincèrement chacun de vous du concours qu'il m'a prêté et je vous prie de rester à vos postes pour assurer l'expédition des affaires jusqu'à vos successeurs soient désignés. »

 

L’implosion des 2 grands partis de gouvernement lors de la Présidentielle nous replonge dans un entre-deux qui risque d’un retour de l’instabilité parlementaire.

 

En effet, les joies du scrutin uninominal d'arrondissement à 2 tours risquent de rendre caduque les petits calculs de ceux qui veulent ramasser la mise.

 

Prophétie inquiétante pour la gauche de l'expert électoral Xavier Chinaud: « le PS et Mélenchon vont se cannibaliser aux législatives. Ils s'élimineront du second tour et les mélanchoniste qui s'imaginaient faire élire plus de 50 députés se trompent lourdement ! » Quant aux socialistes, ils pourraient se retrouver moins nombreux qu'en 1993 où ils n'avaient fait élire que 52 députés. ». En privé, les dirigeants socialistes lui donnent raison, et pour certains redoutent même « de ne pas dépasser les 20 ou 30 élus ».

 

À quand le retour des apparentements que le gouvernement de la Troisième Force avait fait voter dans une loi électorale de mai 1951 qui instaure les apparentements. La Troisième force fut une coalition politique française sous la quatrième qui rassemblait les socialistes de la SFIO, le MRP et les radicaux plus quelques petits partis centristes. Cette loi prévoyait que, dans un scrutin proportionnel, deux listes distinctes pouvaient annoncer qu'elles s'apparentaient. Dans ce cas, elles additionnaient le nombre de voix qu'elles ont obtenues. Si à elles deux elles obtenaient la majorité absolue des suffrages, elles recevaient tous les sièges au sein d'une circonscription. Ce système favorisait les partis de la Troisième Force qui pouvaient s'apparenter, alors que les gaullistes ou les communistes ne pouvaient pas le faire. Le triomphe du régime des partis !

 

Les ordonnances : article 38 de la Constitution :

 

« Le Gouvernement peut, pour l’exécution de son programme, demander au Parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi.

 

Les ordonnances sont prises en Conseil des Ministres après avis du Conseil d’État. Elles entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé́ devant le Parlement avant la date fixée par la loi d’habilitation. Elles ne peuvent être ratifiées que de manière expresse.

 

A l’expiration du délai mentionné au premier alinéa du présent article, les ordonnances ne peuvent plus être modifiées que par la loi dans les matières qui sont du domaine législatif. »

 

Les ordonnances sont des actes pris par le Gouvernement en matière législative en vertu d’une habilitation du Parlement.

 

Les ordonnances prennent la suite des décrets-lois pratiqués sous la IVe République. La confusion qui était née de cette pratique a poussé́ le constituant à poser de nombreux garde-fous en 1958.

 

Les ordonnances résultent toujours de projets de loi et non de propositions de lois -> le Parlement ne peut prendre l’initiative de son propre dessaisissement.

 

Le Gouvernement doit expliciter son « programme » puisque les ordonnances sont prises pour l’exécution de celui-ci. Le Conseil Constitutionnel a jugé que par ce terme, on attend du Gouvernement qu’il expose « quelle est la finalité́ des mesures qu’il se propose de prendre et leurs domaines d’intervention » (Décision 86-207 DC). L’habilitation doit donc être précise et ne peut être inconditionnelle et générale.

 

Cette habilitation est donnée par le Parlement, après une procédure législative classique, pour un « délai limité ». Celui-ci est le plus souvent de quelques mois mais il peut être plus long. Ainsi il est arrivé́ qu’avant la fin du délai, le gouvernement change. De même, il est arrivé́ que le délai puisse dépasser la durée restante de la législature.

 

Les ordonnances sont ensuite prises par le Gouvernement en Conseil des Ministres après avis du Conseil d’État.

 

Enfin les ordonnances doivent être signées par le Président de la République (article 13 de la Constitution). Le Président de la République peut-il refuser cette signature ? On aurait pu penser que sa compétence était liée comme pour la promulgation des lois (article 10 de la Constitution). Mais en 1986, le Président Mitterrand a refusé́ de signer 3 ordonnances présentées par le Gouvernement Chirac, estimant qu’il n’était pas tenu de le faire : pour lui c’était un pouvoir discrétionnaire. Le Gouvernement a reculé́ et a finalement renoncé à ses ordonnances. C’est donc la pratique qui a tranché́ : le Président de la République peut refuser de signer les ordonnances.

 

Les ordonnances sont ensuite publiées et non promulguées. Elles entrent immédiatement en vigueur.

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 06:00
Quand 1 futur prix Goncourt disséquait au scalpel une réunion au Ministère de l’Agriculture.

Le 78 rue de Varenne, l’hôtel de Villeroy, va au début de la semaine prochaine connaître l’effervescence qui marque l’arrivée d’un nouveau Ministre.

 

Stéphane Le Foll, dont le portrait va s’ajouter à ceux de ces prédécesseurs dans la galerie Sully (pour les petits loups et louves plus ou moins insoumis, le dit Sully c’est « labourages et pâturages sont les 2 mamelles de la franc »), quittera le grand bureau du rez-de-chaussée qu’il a occupé sans discontinuité pendant tout le quinquennat. C’est la pièce la plus agréable, ses deux porte-fenêtre donnent sur le petit parc (je le sais puisqu’il fut mien pendant 2 ans).

 

Qui va lui succéder ?

 

Une femme, ce serait la seconde car Tonton osa Édith Cresson qui dut être exfiltrée pour laisser la place à Michel Rocard envoyé en mission de pacification des campagnes.

 

Pourquoi pas, la FNSEA a bien mis à sa tête une femme, Christiane Lambert !

 

Nous verrons bien, j’ai ma petite idée mais je la garde pour moi.

 

Le 78 a été le marchepied du 57 de la rue de Varenne, l’Hôtel Matignon, pour Jacques Chirac, Michel Rocard et Édith Cresson.

 

C’est bonne école de formation à la gestion de crise.

 

Q : Dans votre dernier ouvrage – le livre d’entretiens Si la gauche savait [1], vous décrivez votre présence au 80, rue de Varenne, siège du ministère de l’Agriculture, comme « les deux plus belles années » de votre vie politique. Il ne faut pas oublier que vous preniez une succession délicate. Le ministre sortant, Édith Cresson, était impopulaire…

 

MR : C’est une litote.

 

MR : « Pourquoi ? D’abord, on ne sait plus quoi faire de moi au Plan parce que je suis encombrant. Mais je suis trop populaire pour qu’on se débarrasse de moi comme ça. L’idée de me coller à l’Agriculture a tous les avantages puisqu’il y a de grandes chances de s’y planter ou d’y échouer, ce qui débarrasserait la scène politique française de mon modeste personnage. Et si je réussis, ce qui va être le cas, c’est pour le compte du gouvernement tout entier et du président de la République qui, dans sa sagesse, m’aura mis là. Donc, tout le monde y gagne. »

 

Trêve de souvenirs, j’offre, en cadeau de bienvenue, à celle ou celui qui va s’installer au 78 rue de Varenne, un petit bijou vachard d’un ingénieur agro, extrait d’un de ses tous premiers livres, ce n’est pas tous les jours qu’un ancien de l’Institut national agronomique Paris-Grignon (INA P-G) rafle un Goncourt.

 

« Six personnes sont maintenant réunies autour d'une table ovale assez jolie, probablement en simili-acajou. Les rideaux, d'un vert sombre, sont tirés ; on se croirait plutôt dans un petit salon. Je pressens subitement que la réunion va durer toute la matinée.

 

Le premier représentant du Ministère de l'Agriculture a les yeux bleus. Il est jeune, a de petites lunettes rondes, il devait être étudiant il y a encore peu de temps. Malgré sa jeunesse, il donne une remarquable impression de sérieux. Toute la matinée il prendra des notes, parfois aux moments les plus inattendus. Il s'agit manifestement d'un chef, ou du moins d'un futur chef.

 

Le second représentant du ministère est un homme d'âge moyen, avec un collier de barbe, comme les précepteurs sévères du Club des Cinq. Il semble exercer un grand ascendant sur Catherine Lechardoy, qui est assise à ses côtés. C'est un théoricien. Toutes ses interventions seront autant de rappels à l'ordre concernant l'importance de la méthodologie et, plus généralement, d'une réflexion préalable à l'action. En l'occurrence je ne vois pas pourquoi : le logiciel est déjà acheté, il n'y a plus besoin de réfléchir, mais je m'abstiens de le dire. Je sens immédiatement qu'il ne m'aime pas. Comment gagner son amour? (...)

 

Le troisième représentant du ministère est Catherine Lechardoy. La pauvre a l'air un peu triste ce matin ; toute sa combativité de la dernière fois semble l'avoir abandonnée (...)

 

Le quatrième représentant du ministère est une espèce de caricature du socialiste agricole : il porte des bottes et une parka, comme s'il revenait d'une expédition sur le terrain ; il a une grosse barbe et fume la pipe ; je n'aimerais pas être son fils. Devant lui sur la table il a ostensiblement posé un livre intitulé : « La fromagerie devant les techniques nouvelles. » Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il fait là, il ne connaît manifestement rien au sujet traité ; peut-être est-il un représentant de la base. Quoiqu'il en soit il semble s'être donné pour objectif de tendre l'atmosphère et de provoquer un conflit au moyen de remarques répétitives sur « l'inutilité de ces réunions qui n'aboutissent jamais à rien », ou bien sur « ces logiciels choisis dans un bureau du ministère et qui ne correspondent jamais aux besoins réels des gars, sur le terrain».

 

 

Qui a écrit ce petit bijou de compte-rendu d'une réunion ordinaire au Ministère de l'Agriculture ?

 

Quand 1 futur prix Goncourt disséquait au scalpel une réunion au Ministère de l’Agriculture.
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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 06:00
«Il y a une colère sourde du monde paysan» 1 éleveur laitier de la Somme, lointain parent du Président Macron, lui écrit.

Ma dernière mission de médiation m’a mis en contact avec des producteurs laitiers, dans le Grand Sud-Ouest, la région Rhône-Alpes, la Normandie. Avant de poser définitivement ma valise j’ai tenté d’alerter aussi bien le Ministre de l’Agriculture que les éleveurs des risques que faisaient courir à l’équilibre du marché la fin des quotas laitiers.

 

En pure perte, la conjoncture mondiale était excellente, l’administration du Ministère enfumait le dossier avec ses habituelles barrières de papier communautaires, le Ministre avait d’autres chats à fouetter, comme d’habitude il serait toujours temps de trouver des rustines pour juguler la future crise.

 

Elle vint, elle dure même si la conjoncture s’est retournée. Le mal est fait et la lettre de Jérôme Caillerez, 44 ans, installé à Humbercourt, un village de la Somme situé à la frontière du Pas-de-Calais, entre Doullens et Pas-en-Artois où il élève des vaches laitières et cultive 120 hectares de terres, notamment à Authie, le village où l’arrière-grand-père d’Emmanuel Macron a été maire de 1953 à 1964 et où sa famille côté paternel est enterrée.

 

Dans sa lettre ouverte au vainqueur de l’élection présidentielle, il exprime son espoir de le voir relancer l’agriculture française en la protégeant de la dérégulation des marchés mondiaux.

 

« Il y a une colère sourde du monde paysan. C’est un message en mémoire de ceux qui ont fait ce geste fatal de se suicider. »

 

« Je veux lancer un cri d’alarme et en même temps faire profession de foi pour l’avenir, explique l’agriculteur picard. Il y a une colère sourde du monde paysan. C’est un message en mémoire de ceux qui ont fait ce geste fatal de se suicider. Ils seraient entre 500 et 600 dans ce cas chaque année. »

 

Lire ICI « Il n’y a qu’un problème philosophique sérieux : le suicide » Albert Camus et si vous vous intéressiez un peu à la vie quotidienne des «Fils de la Terre» ?

 

Au-delà du côté personnel de cette lettre ouverte ce qui est important c’est la question posée aux politiques de tous bords, aussi bien les tenants du « productivisme » purement technique que les partisans d’un virage à 180°, comment faire ?

 

S’accrocher au vieux modèle comme vouloir le jeter d’un revers de main aux orties, c’est insulter l’avenir.

 

Plus que des annonces, des coups de gueule, c’est une méthode qu’il faut élaborer pour permettre, plus particulièrement dans le secteur laitier, de changer la donne pour ceux qui sont confrontés à une situation de quasi-faillite.

 

Les citoyens consommateurs ne devront pas se contenter de rester des spectateurs compatissants, ils devront changer leurs habitudes d’achat.

 

Ce n’est pas simple, ça ne se fera pas par décret !

 

Je ne suis pas certain que l’équipe du nouveau Président aie prit la mesure de l’extrême difficulté de ce chantier.

 

La « Lettre ouverte d’un paysan à Emmanuel Macron »

 

« Comme je vous sais féru de belles lettres, je prends ma plume pour vous exhorter à sortir notre pays et son agriculture de l’ornière. Vous avez été perçu comme le candidat des villes et il est regrettable que vous n’ayez pas plus évoqué vos racines rurales : votre arrière-grand-père fut maire d’Authie et tous vos ancêtres étaient des artisans charpentiers. Loin de cette image de chantre du libéralisme, soyez à nouveau un Macron bâtisseur ! En soutenant nos investissements ; en demandant à nos chers fonctionnaires d’être les facilitateurs de nos initiatives. Pour redynamiser nos territoires ruraux, je vous invite à vous appuyer sur les paysans car ils ne sont «pas assez savants pour raisonner de travers».

 

Nous ne nous connaissons pas et pourtant, il y a cinq générations nous avions un aïeul en commun à Authie. Et c’est de par ce lien, mon lointain cousin, que je cultive encore aujourd’hui les quelques hectares ayant appartenu à votre famille. Une terre qui n’est plus guère rentable car «ça eût payé» : comment un jeune peut-il aujourd’hui envisager sereinement de s’installer ?

 

« Nos concitoyens devront-ils bientôt dire alors que le lait tombe : adieu veau, vache, cochon, couvée si l’État ne protège pas enfin mieux ses éleveurs ? »

 

J’ai repris en 2004 la ferme familiale par passion pour le métier. Comme je n’ai pas voulu à la fin des quotas laitiers me résoudre à envoyer mes vaches laitières à l’abattoir et ma salariée chez Pôle emploi, aujourd’hui je dois puiser dans les économies de vingt ans de travail pour maintenir à flot ma trésorerie. Après deux ans de crise, la plupart des agriculteurs sont en grande difficulté et se retrouve en petite culotte (il vaut mieux être «Sans» pour mener la Révolution rue de Varennes, me direz-vous !)… Se claquemurant dans le silence, comme honteux de ce qu’ils subissent, certains se sont réfugiés dans un vote contestataire alors que tout bon éleveur sait que pour lutter contre le parasite, il suffit d’un bon vermifuge !

 

Nos concitoyens devront-ils bientôt dire alors que «le lait tombe : adieu veau, vache, cochon, couvée» si l’État ne protège pas enfin mieux ses éleveurs ?

 

Ce n’est pas un sang impur qui abreuve désormais nos sillons, mais celui de nos frères et sœurs paysans qui, désespérés, usés ou ruinés, sont allés jusqu’à commettre l’irréparable…

 

De grâce, soyez aussi un Macron protecteur ! Nous avons besoin que les pouvoirs publics français garantissent la répartition des marges pour avoir une juste rémunération de notre labeur et nous aident à restaurer notre compétitivité. Et dans le même temps, nous avons besoin d’une Europe qui nous aide à traverser les soubresauts de cette économie casino qui nous broie.

 

Depuis la réforme de 1992, nos prix agricoles sont tirés vers le moins-disant mondial et la valeur ajoutée de nos efforts en termes de qualité et traçabilité ainsi que les subsides de la PAC (la politique agricole commune) sont captés par l’aval et la grande distribution. Finissons-en avec cette hypocrisie institutionnalisée : sous prétexte de faire profiter le consommateur du meilleur prix, depuis trente ans nos dirigeants politiques, de droite comme de gauche, ont acheté la paix sociale sur le dos des agriculteurs. Réunissez l’ensemble des acteurs pour établir enfin un Pacte citoyen de l’alimentation.

 

Le 21 avril 2002, j’étais comme vous en stage à l’étranger, non pas au Nigeria, mais en Australie, et pour pouvoir encore écrire ton nom Liberté, j’ai écourté mon périple afin de voter à temps.

 

Face à la démagogie et l’ineptie économique du programme du FN, je n’ai eu aucune hésitation à voter pour vous. Pour couvrir le bruit des bottes qui s’éloignait dimanche soir, j’écoutais le Messie de Haendel. Sans triomphalisme ni naïveté, mais le cœur plein d’espoir car même si vous êtes né quatre jours trop tôt, je veux croire que, par votre avènement en politique, il nous a été donné un sauveur pour catalyser les énergies et redresser ensemble le pays. »

 

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