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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 06:00
La poule aux œufs d’or de papy Godart est de retour : contre le rouleau compresseur de l’œuf bio achetez de l’authentique ferme des Grands Champs…

Bonne nouvelle, nous avons pu trouver de nouveau des poules aux «œufs d'or» qui font de si jolis œufs à la coquille foncée.

 

C'est signé Etienne Godart qui est le papa de Fleur Godart, la grande-prêtresse de Pur Jus épisode 1 et 2, il élève des volailles dans le Périgord, nourries de céréales locales, en vadrouille dans la nature à partir de 10 semaines, occis à partir de 15 semaines (12 semaines pour les poulets industriels sous label), l’âge étant le facteur primordial pour le goût.

 

Si j’ai qualifié Etienne Godart de papy c’est que dans sa dernière lettre, oui il écrit beaucoup, il informe ses clients que Fleur, le 22 janvier, vient de lui offrir « un petit Odilon de frangin à Isidore. Poids et taille ? Chaiplu, mais tour de tête oui ; 42,5 cm. Mazette ! Bientôt on aura le nombre de doigts et la longueur des jambes ! »  

 

 

Etienne est un producteur militant et ambulant : on le trouve sur les salons et ses bestioles sont vendues sur le marché des Enfants Rouges. On peut aussi les trouver dans des boutiques Papa Sapiens (7e, 17e, 2e), Viande (10e)… Fleur en même temps que ses jus ultra nu fournit la fine fleur des restos qui sont dans la tendance.

 

Etienne est militant, il défend son modèle « Nous avons 1000 poules en code 1 (plein air). Cela peut sembler industriel. En réalité nous sommes minuscules. Les élevages bios de 24 000 poules par ferme se développent. Ça y est, l’industrie s’est organisée pour fournir de l’œuf bio ou autre. Nous sommes désarmés face à ce rouleau compresseur qui avec un bel emballage et des appellations genre « l’œuf de nos campagnes » donnent une fausse idée de la réalité. Privilégiez les producteurs indépendants clairement identifiés. Notre seule défense, c’est la transparence. »

Voici venue l’ère du poulet

Une enquête de la Royal Society britannique nous révèle qu’en quelques décennies, avec l’élevage intensif, les hommes ont totalement modifié la morphologie des poulets d’élevage. Ainsi, leurs fossiles pourraient devenir un marqueur de l’anthropocène.

Par Frédéric Joignot Publié le 26 janvier 2019 

 

Je veux que chaque laboureur de mon royaume puisse mettre la poule au pot le dimanche. » C’est vers 1600 que le bon roi Henri IV (1553-1610) aurait émis ce vœu, signifiant qu’il allait ramener la prospérité en France après plusieurs décennies de ruineuses guerres de Religion. Aujourd’hui, la poule au pot connaît un succès phénoménal… En effet, la France élève chaque année 500 millions de poulets de chair et 47 millions de poules pondeuses, et les Français mangent 26 kilos de poulet par an.

Et le Gallus gallus domesticus est devenu l’oiseau le plus répandu du monde, avec 22,7 milliards de têtes en 2018 – comparativement, les dindes sont 0,3 milliard et les canards 1,1 milliard. En 2016, sur les 70 milliards d’animaux terrestres abattus pour nous nourrir, 66 milliards sont des poulets. Les chercheurs se demandent s’ils ne constituent pas la population d’oiseaux la plus nombreusede l’histoire connue.

Croissance en flèche

Ces chiffres, publiés en décembre 2018 par une vaste ­enquête de la Royal Society britannique, nous révèlent combien nous vivons une « reconfiguration sans précédent de la biosphère terrestre » du fait de notre alimentation ­carnée. En Europe, le nombre de poulets domestiqués dépasse les 144 espèces d’oiseaux sauvages les plus populeuses, et, si celles-ci sont en chute libre depuis des décennies (voir l’angoissante enquête Muséum-CNRS de mars 2018), les populations d’humains et d’animaux de boucherie ont tant augmenté que « leur biomasse dépasse maintenant celle de tous les vertébrés terrestres sauvages » – eux aussi en régression, comme nous l’enseignent les enquêtes ­récentes renseignant une « sixième extinction animale ».

 

La Royal Society nous en prévient : la croissance en flèche de l’élevage industriel du poulet domestique devient un « marqueur potentiel » de la nouvelle ère biologique – et géologique – façonnée par les activités humaines : l’anthropocène. Ainsi, le corps du Gallus gallus domesticus a profondément changé au XXsiècle du fait de ses conditions d’élevage et de sa sélection génétique : « Sa taille a doublé depuis la fin du Moyen Age (…), sa masse corporelle a été multipliée par cinq. »

Il s’agit d’un « nouveau morphotype » de gallinacé qui ne vole plus, vit brièvement (cinq à sept semaines pour un poulet, un an pour une poule pondeuse), exploité industriellement (comme 97 % des poulets de chair aux Etats-Unis), massivement parqué en batterie au niveau mondial (en France, en 2017, 68 % des 47 millions de poules pondeuses vivaient en cage, 56 % en batterie). Ils sont de plus élevés dans des conditions effroyables de proximité, sans compter que, dans les fermes modernes, on épointe le bec des poussins et beaucoup des mâles sont broyés vivant.

La marque du « capitalocène »

Autres conséquences biologiques directes : la production mondiale de poulets se fait au détriment des terres cultivables : la Royal Society estime que « la superficie [mondiale] des terres et l’azote réactif émis par les engrais lors de la production d’aliments pour poulets sont nettement plus élevés [plus du double] par rapport aux cultures de base [riz, blé et pommes de terre]. » Une étude de 2007 de ­l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « Poultry and Environnent », nous a aussi appris que l’élevage et l’abattage aviaire massifs sont extrêmement polluants : prolifération d’insectes, pollution des sols et des eaux du fait des déjections, du fumier, des eaux usées et des carcasses enterrées, perturbateurs endocriniens contenus dans les litières, grande consommation d’eau, etc.

Ils contribuent encore, du fait des traitements prophylactiques, à accroître la résistance humaine aux antibiotiques, comme nous l’apprend Big Chicken(National Geographic, 2017), une étude de la journaliste scientifique Maryn McKenna. Enfin, les ossuaires de poulets, renforcés par les abattages de masse asiatiques consécutifs aux épidémies de grippe aviaire, constituent d’ores et déjà de telles traces fossiles qu’on peut raisonnablement penser, estime la Royal Society, « que le poulet de chair laisse un signal biostratigraphique étendu et distinctif de l’enregistrement sédimentaire, en tant que taxon-clé d’indice de fossile de l’antrhropocène ».

Dans leur ouvrage Comment notre monde est devenu cheap (Flammarion, 2018), l’économiste Raj Patel et l’historien Jason W. Moore, tous deux américains, préfèrent parler de notre faramineuse consommation de poulet comme d’un signe fort de notre entrée dans « l’ère du capitalisme cheap ». Ils voient dans l’universalisation du nugget à bas prix vendu dans des grandes surfaces low cost, fourni par les milliards de sous-poulets bon marché, ­surveillés et tués par des ouvriers sous-payés, nourris au soja subventionné, la marque du « capitalocène » : un système en quête perpétuelle de profit qui a mis « la nature au travail » et transformé la planète en une grande usine de bioproduits bon marché.

Frédéric Joignot

 

 

L’industrie alimentaire se détourne en masse des œufs de poules en cage

Le groupe Les Mousquetaires vient de bannir les élevages de volaille en batterie. Il suit un vaste mouvement de la grande distribution.

Par Audrey Garric Publié le 09 janvier 2017

ICI 

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15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 06:00
Ceux qui ont lu Révolution d’1 seul brin de paille de Masanobu Fukukoa lèvent le doigt ? « J’ai vite senti qu’il n’était pas un homme prétendant délivrer des clefs à ses interlocuteurs… ni gourou ni 1 grand maître. »

Anselme Selosse et moi, et bien sûr « il » voir plus bas.

 

Le 23/03/2009 je publiais anonymement, avec son accord, le texte d’un vigneron. Ce garçon discret m’avouait qu’il ne goûtait guère le côté place publique de la blogosphère, qu’il n’avait nulle envie de devenir un icône de tous les milieux alternatifs du microcosme de la viticulture française, qu’il ne souhaitait pas rejoindre telle ou telle micro mouvance, qu’il n'avait rien demandé à personne et n’avait aucune aspiration de la sorte.

 

Je pense, que son expérimentation est intéressante, la méthode Fukuoka, après avoir occupée pas mal les jardiniers dans les années 70/80, n'était à ma connaissance pas (ou rarement) pratiquée sur vigne - une des raison: comme le « maître l'avait mise en pratique sur d'autres plantes, il fallait soi-même « décider », si on osait faire une entrave à la doctrine, en taillant les vignes - mesure d'intervention dans le « naturel » pas négligeable et bien décisive, comme le dit aussi Éric Texier dans son texte.

 

« J'ai en horreur la confusion, savamment entretenue par beaucoup, entre méthodes d'agriculture bio ou «naturelle» et vins «nature» ou «naturels »

 

Ce texte avait provoqué une discussion très vive : 27 commentaires ce qui à l’époque était peu coutumier.

 

Si je le republie c’est qu’il pose assez crûment certaines questions. Bonne lecture.

 

ICI 

 

 

« Il » page 91 de son opus note :

 

« C’est grâce à Anselme Selosse, se souvenait-il en reprenant les notes préparatoires de Théorie de la bulle carrée, qu’il avait découvert les travaux de l’agronome Masanobu Fukukoa, grâce à lui qu’il avait lu La Révolution d’un seul brin de paille et l’Agriculture naturelle, théorie et pratique pour une philosophie verte. Mort en août 2008 à l’âge de quatre-vingt-quinze ans, Masanobu Fukukoa était un philosophe-paysan japonais qui avait tenté d’apprendre à ses contemporains à effacer les catastrophes de la société industrielle en revenant aux sources mêmes de la civilisation paysanne dans une espèce de corps-à-corps amoureux avec la terre. Limiter autant que possible les interventions humaines pour laisser faire la nature : voilà la philosophie du non-agir de Masanobu Fukukoa. Anselme Selosse l’avait adoptée en faisant en sorte qu’elle soit une pensée vivante, jamais une coquille aussi dure que l’acier.

 

En février 2004, à l’occasion d’un premier voyage au Japon, le vigneron avizois avait même eu le privilège d’être présenté à l’agronome nippon. « J’avais entendu parler de lui par l’Italien Francesco Batuello, ami de Freddy Girardet, le chef suisse du restaurant de l’Hôtel de Ville à Crissier. Francesco Batuelllo est un gastronome étonnant, qui a tout vu, tout lu, tout bu. Il n’est pas considéré par hasard comme le meilleur gourmet du monde par les Américains. Dans les années 1999-2000, lorsqu’il m’a parlé de Masanobu Fukukoa, j’ai retenu son conseil et lu la Révolution d’un seul brin de paille. Quelques années plus tard, lorsque des clients japonais m’ont invité dans leur pays, je leur ai demandé s’il était possible de rencontrer Masanobu Fukukoa. J’avais un contact grâce à Yasuko Goda, la directrice de Racines, le plus grand importateur de vins naturels au Japon. Cette grande dégustatrice connaissait Masanobu Fukukoa et allait me permettre de lui être présenté. »

 

Lui, ça ne l’étonnait pas que toutes les portes se soient ainsi ouvertes devant Anselme Selosse à l’occasion de son premier voyage au Japon. À l’est des nuages, le vigneron était l’objet d’une vénération singulière. Entendons ce mot selon la définition du Littré : « Grand respect joint à une sorte d’affection. » L’estime, l’admiration et la considération que l’on portait à cet homme n’allaient jamais sans un élan sensible, tant son caractère était attachant : de l’affinité, de la tendresse, de l’amitié. »

 

[…]

 

«… les amis nippons d’Anselme savaient l’importance qu’avait eue la découverte de l’œuvre de Masanobu Fukukoa dans son itinéraire « J’ai l’impression qu’il y a chez eux une reconnaissance de notre mise en avant de Masanobu Fukukoa. Nombre d’entre eux sont heureux d’avoir redécouvert le penseur qui leur a donné une autre vision de la nature et de l’agriculture. » On s’en souviendra dans un siècle. Jetant un pont entre l’Orient e l’Occident, la visite d’Anselme Selosse à Masanobu Fukukoa avait été un moment capital de l’histoire de l’agriculture moderne à l’instant où elle était en train de se perdre. »

 

[…]

 

« Quand je suis allé rendre visite à Masanobu Fukukoa dans sa ferme familiale, sur l’ile de Shikoku, il avait déjà plus de quatre-vingt-dix ans. Il était alité. Ce n’est pas facile d’avoir une conversation avec quelqu’un dont on ne comprend pas la langue. J’étais tétanisé, attentif à ne perdre aucun des mots qui sortaient de la bouche du traducteur. Masanobu Fukukoa m’a dit «  Seul le paysan peut comprendre son pays. » Il parlait peu, mais savait trouver des métaphores capables de tout illuminer. Je le sentais dans la compréhension,  dans l’aide. Mes questions le faisaient réfléchir, mais il n’était pas dans la posture d’un enseignant ou d’un maître s’adressant à son élève. Il m’a proposé de m’envoyer des graines d’orge pour que je les sème. J’ai vite senti que Masanobu Fukukoa n’était pas un homme prétendant délivrer des clefs à ses interlocuteurs. Il n’avait pas la vanité de les rendre intelligents comme quelqu’un qui dominerait tout. J’ai été frappé par son humilité. Le mot s’applique à tous ses compatriotes que j’ai rencontrés depuis, mais à lui de manière plus forte encore. Ce qu’il voulait faire partager, ce n’était pas tant son savoir que sa sagesse. C’était l’époque où j’avais décidé d’abandonner la biodynamie. À côté de cette école trop normative, j’avais besoin de poser quelque chose de beaucoup plus libertaire, envisageant l’homme non plus comme l’organisateur de la nature mais comme son découvreur. J’ai expliqué à Masanobu Fukukoa que je n’aimais pas les églises et les chapelles. Comment a-t-il entendu cela, lui qui vivait à proximité des temples Ni gourou ni un grand maître, il a dû comprendre. Sa conviction était que seule une personne intimement liée à une terre peut ressentir toutes les subtilités. »

 

 

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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 06:00
La coquillette star des mouflettes&mouflons fait partie de mon ADN, je vous la propose, en mode c’était mieux avant, aux gésiers de canards pour étonner vos amis… hé oui Christine-and-the-chef !

Bien sûr, tout commence avec la coquillette au beurre qui sonne comme la chevillette cherra de notre enfance, si vous voulez faire un tabac auprès des mouflettes et des mouflons inscrivez-là souvent au menu, modeste, elle se prête à toutes les préparations, chaudes ou froides, même en risotto.

 

 

De mon temps, c’était la coquillette Rivoire&Carret en boîte cartonnée. La marque a failli disparaître mais lire ICI   

 

Mes 2 petites-filles sont même capables d’en réclamer au menu du Réveillon.

 

Striées ou lisses, les pâtes appelées coquillettes en France et connues en Italie sous les noms Gomiti ou Chifferi doivent ces appellations à leur forme tubulaire courbée proposée dans toutes les tailles. À l'origine, ces pâtes coudées proviennent du Centre-Nord de l'Italie où elles sont en général utilisées pour les soupes. Les Suisses et les Québécois les nomment  cornettes.

 

Ne comptez pas sur moi pour vous proposer de faire genre comme Christine-and-the-chef avec « Coquillettes au jambon, truffe noire, comté, jus de rôti de mon enfance » je n’ai aucun pedigree de chef, je ne suis qu’un modeste gargotier solitaire du XIVe sis côté boulevard Saint-Jacques.

 

Alors au lieu de gésir face à la concurrence néo-libérale je vous propose de revisiter le gésier avec mes coquillettes de bébé Cadum.

 

Le mot « gésier » vient du nom latin gigeria qui veut dire « entrailles de volailles ». Il fait partie des abats de volaille. En cuisine, le gésier se consomme depuis toujours et reste très apprécié des consommateurs.

 

GÉSIER, subst. masc.

 

Troisième poche digestive, fortement musclée, des volailles et des oiseaux granivores, ayant pour fonction le broyage des aliments.

 

« Les doigts experts de la gorgeuse vont et viennent le long du cou (...). Le gésier plein, l'oie est lâchée. Une autre lui succède (Pesquidoux, Chez nous, 1921, p. 48).

C’est pour cela que les gésiers sont très riches en minéraux et en protéines.

En matière de saveur, les gésiers de canard et d’oie sont meilleurs ; plus rare les gésiers de pigeon.

 

 

 

Après la culture passons à la pratique :

 

Voici ma recette pour 4 personnes

 

• 400 g de coquillettes sèches

• gésiers de canard ou d’oie  confits (on utilisera la graisse  pour faire revenir les coquillettes)

• 200 g de parmesan de vache rouge et pecorino romano.

• câpres au sel de Pantelleria

•250 g champignons crème

• huile d’olive douce

• 80 g de beurre salé

• Fleur de sel

• Poivre du moulin

• ciboulette et persil plat

 

 Dans ma petite cuisine :

 

• Dans une sauteuse Mauviel, faire revenir dans un peu d’huile d’olive les champignons ; les réserver au chaud.

 

 

• Dans la sauteuse faire réchauffer doucement les gésiers de canard dans leur graisse ; les réserver au chaud.

 

• Dans la sauteuse, toujours dans la graisse de canard, ajouter les coquillettes. Les faire suer sans qu’elles prennent de couleur. Ajouter progressivement le bouillon de poule, comme pour un risotto, jusqu’à cuisson al dente (environ 8 min).

 

 

• Dans la sauteuse  retirée du feu, ajouter les gésiers, le beurre, les câpres, les champignons,  et un peu de fleur de sel si vous aimez salé, du poivre. Mélanger délicatement jusqu’à ce que le beurre soit fondu.

 

• Dresser les coquillettes dans une assiette creuse. Ajouter les lamelles de parmesan et de pecorino parsemez de la ciboulette et du persil plat ciselés.

 

Servez !

 

Que boire avec ça ?

 

Du rouge !

 

Mais quel rouge ?

 

Léger et gazouillant car mon plat tient au corps.

 

 

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 09:35
« On ne veut pas de problèmes, vous savez, on est plus traqué que les bandits! » Vincent Pousson tel le concombre masqué nous mène chez son dealer de pibales.

Je m’inquiétais, Vincent Pousson depuis son grand retour en Gaule serait-il atteint du syndrome de la page, lui si prolifique, hormis ses vœux qu’il m’a expédié le 11 janv. 2019 à 05:36 En 2019, ne jamais laisser s'éteindre la lumière, une seule chronique sur son terrain de jeu préféré : des idées liquides& solides

 

Je me suis dit : il bosse puisque le 14 janv. 2019 à 19:56 il m’envoyait une bouteille à la mer m’invitant à me jeter dans la gueule du Loup.

 

 

« À Paris, il y a quelques années, on aurait dit un pop-up, ici dans les garrigues montpelliéraines, on va appeler ça une association de malfaiteurs. Anne-Sophie Anache, la plus barcelonaise des sommelières mexicaines (un peu agathoise sur les bords aussi…) et Vincent Pousson, le rêveur professionnel d'Idées liquides & solides viennent foutre le feu au Pic Saint-Loup pour fêter Millésime Bio et sa cohorte de offs.

 

Le feu, donc, chaud comme la braise (de vigne) sur laquelle, après une rafale de tapas occitanes, naturelles, Vincent, Aurélien et Julien grilleront ensemble tout ce qui nous chante, cochons de montagne, bœufs racés, légumes du jardin et peut-être même poissons ruisselants (si le vent veut bien se calmer et permettre à nos pêcheurs héraultais de sortir en mer!)

 

Le feu, et de quoi l'éteindre (enfin bon…), des beaux canons, petits ou grand, jeunes ou vieux, locaux mais pas que, dénichés par Anne-Sophie et Sophie, pour une grande java du jaja »

 

Fort bien me dis-je mais bon un Pousson muet de la plume c’est comme un Macron s’abstenant de faire de la provocation, on dit dans le monde parisien boboïsé, foodïsé, perfusé de vin nu d’évier, que vénère notre Pousson, qu’il est disruptif ! (1)

 

Vous comprenez alors aisément mon inquiétude, l’angoisse me rongeait.

 

Dans ma Vendée crottée on aurait dit : « Le Pousson ça durera aussi longtemps que les contributions indirectes… »

 

Pour les petites louves et petits loups incultes, qu’adore notre Pousson, je signale que le Service des Contribution Indirectes traquaient en mon vieux pays la fraude à la goutte des bouilleurs de cru (mon père étant bouilleur ambulant, j’étais aux premières loges)

 

Mon petit rappel historique n’est pas innocent car en un vendredi pluvieux et venteux alors que je suis plongé dans la lecture d’un roman danois qui a pour fond les Brigades Internationales luttant contre Franco, et que je fais pause en consultant mon fil Twitter,  que vois-je ?

 

Une chronique du 31 janvier qui enfin parvenait jusqu’à moi (dans le temps c’était sitôt écrit sitôt Twitté)

 

Un titre très Poussonnien : Mais arrêtez donc d'emmerder les Français !

 

Un soir de 1966, Pompidou était alors Premier ministre… un chargé de mission à Matignon du nom de Jacques Chirac, présente à son patron une pile de décrets à signer. Colère de Pompidou, rapportée par Chirac : « Mais arrêtez donc d’emmerder les Français. Il y a beaucoup trop de lois, trop de règlements dans ce pays »

 

C’est du pur Pousson…

 

 

« La crue couleur café-au-lait de l'Adour a dévoré une partie du jardin et des prés environnants, devenus mangrove. Les palombes et les ramiers s'en foutent, les bœufs de Chalosse un peu moins. Debout dans sa cuisine, le type est solide. C'est de rugby d'ailleurs qu'il est question (pas du XV de France et des conneries du genre, juste du club du village) alors qu'à l'heure de l'apéritif, nous poussons la porte de sa maison. Sa maison, par parenthèse, ne la cherchez pas sur les photos qui illustrent cette chronique. Vous ne la verrez pas, pas plus que vous n'apercevrez le gaillard qui me tend une pogne vigoureuse mais vaguement méfiante, bien que celui qui m'accompagne, un habitué, l'a rassuré au téléphone, lui précisant (parole d'honneur) que je n'étais pas "un Parisien".

 

Ne ricanez pas, l'absence de clichés témoignant de cet étonnant moment n'est pas du à l'abus de blanc landais moelleux, virilement servi et resservi à ras le buvant par notre hôte. C'est juste sa volonté, une demande expresse. "On ne veut pas de problèmes, vous savez, on est plus traqué que les bandits!"

 

Il est vrai qu'on vient ici au bord de la rivière instable comme on se rend chez un dealer. Une drogue de riche, autrement plus rare que la désormais démocratique cocaïne. Regardez comme ça bouge, regardez comme c'est beau! 

 

Philippe G.* vend des pibales. Le pire d'ailleurs, c'est qu'il ne les vend pas illégalement. Il est pêcheur professionnel, j'ai vu sa carte officielle. Il m'a d'ailleurs fait une facture en bonne et due forme, loin du temps où l'on se glissait quelques images dans la poche, comme je l'ai connu, par exemple, au marché de Saint-Vivien en bas-Médoc dans les années quatre-vingt-dix. »

 

La suite ICI 

 

La pêche à la pibale autorisée du 1 novembre au 31 mars

 

Jusqu’aux années 1970, appelées « plat du pauvre » les civelles ou pibales étaient en surpopulation, n’avaient aucune valeur financière, et étaient consommées d’octobre à avril par tous, données même aux animaux de basse-cour.

 

L’anguille était considérée comme nuisible.

 

Depuis ces années-là, en particulier avec une accélération folle depuis les années 1990, la demande n'a cessé d'augmenter : espagnols et japonais raffolent des civelles et la Chine en recherche pour l'élevage d'anguilles.

 

La demande a fait exploser les prix, engendrant la surexploitation, le braconnage massif de tous ceux en quête d'un enrichissement facile, souvent encouragé ...

 

Mais la ressource, en diminution constante depuis 20 ans a brutalement plongé ces dernières années. Les avis, bien sûr, s'opposent : surexploitation des pêcheurs professionnels, braconnage (estimé par certains au même niveau que la pêche professionnelle), causes naturelles (variations des courants océaniques, qualité des eaux estuariennes)...

 

Il faut savoir que l'enjeu est d'importance : si l'on sait élever les civelles pour en faire des anguilles (qui peuvent alors atteindre en élevage 3,5 kg), on ne sait toujours pas faire reproduire des anguilles en captivité pour donner naissance aux civelles . S'il n'y a plus de civelles venant des Sargasses il n'y aura plus d'anguilles ...

 

Pêche traditionnelle à pied

 

Les amateurs ne peuvent pécher que depuis la rive, avec une licence, difficile à obtenir, et uniquement depuis certaines rives privées hors estuaire et sous certaines conditions précises (voir sur le site de la fédération de pêche de Gironde)

 

Cette pêche se pratique en général la nuit, de préférence par temps doux avec un vent de sud-ouest.

 

Lorsque la marée montante fait entrer les civelles dans les canaux et rivières, le pêcheur, éclairé par une lampe posée non loin et chaussé de cuissardes sur la berge face à l’eau, tamise celle-ci à contre-courant, avec dans les mains une grande "épuisette à pibales", le pibalour. Celui-ci est régulièrement vidé dans une caisse équipée d'un tamis ne laissant entrer que les pibales et permettant de remettre à l'eau les autres espèces d'alevins.

 

La pêche depuis un bateau

 

Elle est réservée aux professionnels.

 

Certains de ceux-ci utilisent depuis 1996 un procédé de pêche appelé le drossage : le bateau, de moins de huit mètres et de moins de cent chevaux, déploie latéralement deux grands filets de 1,2 m de diamètre maximum, véritables "tamis" à mailles très serrées (la civelle mesure moins de 1 cm !) et avancent à contre-courant, 'filtrant" le maximum d'eau pour capturer un maximum de civelles.

 

C'est cette technique, considérée comme trop "productiviste" que certains voudraient voir disparaître en cherchant à faire annuler l'arrêté préfectoral autorisant le drossage en Gironde.

 

  1. « En continuant de “disrupter”, Macron semble défier toutes les lois dont ont été victimes ses prédécesseurs »

ICI 

 

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe qu’en dépit d’une communication chaotique, le président pourrait gagner la bataille du grand débat. En attendant, il remonte dans les sondages.

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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 06:00
Aux « gauchistes à clavier » harceleurs de la Ligue du LOL : ce n’est pas parce qu’on présente des excuses tardives qu’on en a…

Suis sans doute un Vieux Con mais lorsque j’étais un Jeune Con passé par la case 68 hard jamais au grand jamais ma génération, qui a proféré beaucoup de conneries, se serait vautrée dans votre boue de pseudo-intellos satisfaits. Vous êtes des merdes, des grosses merdes, vous me faites gerber avec vos bordées d’excuses bien tardives. Pris la main dans le sac, la queue basse, vous n’allez pas à Canossa vous tentez, je l’espère vainement, de préserver vos positions.

 

Ce qui a contribué à ce que cette « ligue » soit si discutée, pendant des années, c'est justement que des membres occupent aujourd'hui des postes de pouvoir dans les médias (qui plus est de gauche). Forcément ça pose des questions, et ça génère des frustrations légitimes.

 

Vous êtes des gros beaufs, votre contrition est, comme vos convictions, en peau de lapin, croyez-vous vraiment que je vais vous croire lorsque vous venez nous déclarer, la main sur le cœur, que vous avez changés ?

 

Cette « ligue », même si elle ne produit plus, existe toujours .

 

Si la majorité des faits dénoncés ont pris fin depuis plusieurs années, le groupe Facebook rassemblant ses membres n'a pas disparu, selon Libération. « Ils se sont tous achetés une crédibilité féministe. Et comptaient sur l'amnésie collective et la trouille des victimes de pas bosser, la crainte de remettre une pièce dans la machine », estime sur Twitter la journaliste Nadia Daam, elle-même récemment victime d'une campagne de harcèlement partie des réseaux sociaux.

 

Fondateur du groupe "Ligue du LOL" sur Facebook, le journaliste de "Libération" Vincent Glad, qui passe son temps aujourd’hui à nous faire des leçons d’éthique dit avoir enfanté un monstre, mais en bon Ponce Pilate s’en lave les mains : « Je m'en excuse auprès de tous ceux qui ont pu se sentir harcelés, mais je ne peux pas assumer moi-même toutes les conneries qu'ont pu faire des gens à l'époque sur Internet ».

 

Beurk !

 

Sur Check News, l'auteure féministe Daria Marx se remémore plusieurs années de cyber harcèlement :

 

« Un jour, l’un des membres de cette ligue a pris une image porno d’une nana grosse et blonde qui pouvait vaguement me ressembler et a commencé à faire tourner l’image sur Twitter en disant qu’il avait trouvé ma sextape. »

 

Sur la trentaine de personnes qui appartenaient à la "Ligue du LOL", la plupart étaient des hommes, même si le groupe comptait également quelques femmes.

 

L'internaute "@Yelling_", qui ne faisait pas partie de la "Ligue" mais qui les a côtoyés, a elle aussi témoigné de ces années dans un thread Twitter :

 

« Moi aussi, j'ai beaucoup cherché à plaire à ces gens-là, sans savoir pourquoi je voulais plaire à des connards sur Internet. [...] Cette période de ma vie a profondément marqué mon identité de femme, mon rapport aux hommes et à internet. »

 

L'ex-ligueur du LOL Olivier Tesquet de "Télérama"  s’essaie à l'introspection :

 

https://pbs.twimg.com/media/DzClzYHWkAAYKqu.jpg:large

 

 

J’en reste là mais si la leçon pouvait servir à tous les éructeurs des réseaux sociaux, à toute chose malheur est bon dit-on, qui fondent sur tout ce qui bouge comme la vérole sur le bas-clergé, rien que des mouches à merde.

 

Les mecs de droite se marrent :

 

 

Il y a dans les excuses des ex de la la même structure verbale que chez les ex-communistes sourds ou aveugles (parfois volontairement...) sur le goulag, Budapest,Prague, Mao ou les khmers rouges et finissant par dire : "pardon, je me suis trompé", "j'aurais pas dû"...

 

 

LIRE ICI "Ligue du LOL" : le cercle des pas-gentlemen pas-disparus

 

PS.  La direction de Libération a annoncé la mise à pied "à titre conservatoire" de ses journalistes Alexandre Hervaud et Vincent Glad dont les noms apparaissent dans une affaire de cyberharcèlement sur les réseaux sociaux

 

 

Aux «Inrocks», David Doucet () a été mis à pied à titre conservatoire. Une procédure de licenciement pour faute grave a été engagée.

 

Les mouches vont-elles changer d'âne ?

«Ligue du LOL» et conséquences
Par Laurent Joffrin, Directeur de la publication de Libération  

Le traitement honteux infligé à ses victimes par la «Ligue du LOL» sous couvert d’un humour affligeant oblige à réfléchir au culte de l’invective et de l’insulte qui infeste les réseaux sociaux. «Libération» a procédé à deux mises à pied conservatoires.

Honteux. Le traitement infligé à plusieurs jeunes femmes ou jeunes hommes par certains membres d’un groupe informel appelé «la Ligue du LOL» soulève le cœur. Harcèlement, insultes, canulars graveleux, toute une panoplie d’agressions numériques a été utilisée dans cette entreprise. L’humour a bon dos. D’abord parce qu’il consiste, en principe, à se moquer de soi-même plus que des autres. Ensuite parce que, sous couvert d’une ironie qui se perd dans les limbes byzantins du 22e degré, il véhicule en l’espèce une tripotée de clichés sexistes, machistes, homophobes et parfois racistes. Enfin parce qu’au travers d’une agressivité systématique dont on proclame qu’elle constitue «une culture» alors qu’elle traduit surtout une régression de la culture, elle a blessé la sensibilité de jeunes gens honorables, souvent en situation plus fragile que celle de leurs courageux agresseurs.

 

Cette «Ligue du LOL» comprenait parmi ses animateurs ou contributeurs deux journalistes de Libération et deux autres qui y ont travaillé. Découvrant ces faits, révélés par un article du service Checknews de Libération, la direction du journal a pris, dans les meilleurs délais, les mesures qui s’imposaient en procédant à deux mises à pied conservatoires. Il n’est pas d’usage au journal de sanctionner quiconque sans effectuer auparavant une enquête interne qui permette d’établir la responsabilité des uns et des autres. Or cette «Ligue du LOL» est un groupe informel et mouvant relié sur Facebook et agissant en général sur Twitter. Certains l’ont quittée, d’autres se sont contentés d’une participation intermittente ou lointaine, d’autres enfin – en tout cas, on peut le supposer – ont posté des messages sans pour autant se livrer aux actions de harcèlement qui heurtent tout un chacun au sein de Libération et ailleurs. D’où cette mesure, qui ne présage pas des décisions qui seront prises une fois mis au jour les éléments requis.

 

Le journal lancera, parallèlement, une réflexion sur les règles qui doivent présider à l’expression des journalistes sur les réseaux sociaux quand ils ne s’expriment pas au nom du journal. Chacun est libre de ses opinions. Mais le caractère public des réseaux sociaux fait que le journal est de facto concerné, de près ou de loin, par les messages postés sur Twitter ou Facebook par ceux qui y travaillent. Plusieurs médias ont déjà mis en place des règles de fonctionnement. Libération s’attellera à son tour à ce travail. Tout cela ne dispense pas d’une réflexion sur cette «culture» du clash, de l’invective, de l’insulte permanente, de la parodie cruelle, de l’attaque au-dessous de la ceinture, de l’acharnement obsessionnel, qui infeste les réseaux, et en particulier Twitter, souvent camouflés derrière des pseudonymes à l’humour douteux. La plupart du temps, ceux qui se livrent à ce sport anonyme et défoulatoire (on utilisait jadis les toilettes des cafés), sont des pleutres qui n’oseraient pas proférer le dixième de ce qu’ils postent en présence de la personne concernée.

Loin d’être une «libération de la parole», cet épandage d’immondices verbaux est avant tout une régression de la vie en commun, qui consiste à tourner en dérision le respect minimal dû aux personnes, surtout lorsqu’elles font partie d’une minorité ou d’un groupe particulier. Elle correspond à la montée concomitante de l’agressivité en politique des discours sommaires tenus aux extrêmes, des anathèmes et des imprécations qui remplacent si souvent la délibération rationnelle. Or cette délibération, qui consiste à désigner non des ennemis mais des adversaires et à s’efforcer de comprendre les arguments d’autrui, quitte à les réfuter, est un pilier du système démocratique. Pilier dangereusement fissuré avec le concours des soi-disant modernistes d’Internet

 

Journalistes, réseaux sociaux et harcèlement : comprendre l’affaire de la « Ligue du LOL »

 

Un groupe d’utilisateurs de Twitter a été accusé d’avoir harcelé des internautes, généralement des femmes, déclenchant une vague de réactions sur le réseau social.

ICI

"C'est un juste retour de bâton" : victime de "La Ligue du LOL", Matthias Jambon-Puillet a fini par dénoncer ses harceleurs

Pris pour cible sur Twitter, ce publicitaire et blogueur raconte comment il est "devenu parano" sur internet et sans doute dépressif en dehors.

 

ICI 

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 06:00
J’aime expliquer et convaincre, je tiens ça de mon père…

Mon premier job salarié, j’avais 18 ans, j’entamais ma seconde année de Droit, je voulais ne plus être une charge pour mes parents, je l’ai occupé comme prof à mi-temps au CEG de Pouzauges ; un établissement de l’enseignement catholique bien sûr, j’ai fourni mon certificat de baptême et le curé-doyen, à qui je venais d’acheter sa 2CV, m’a pistonné.

 

J’étais le bouche-trou, en dehors de l’histoire-géo en 6e, la direction me fourgua tout ce que les autres profs ne voulaient pas : le dessin et la musique. Je fis l’objet d’une inspection pendant un cours d’histoire, le censeur me félicita mais me reprocha de n’avoir rien préparé par écrit. Je lui répondis que ça me permettait de mieux coller à l’attention de mes élèves.

 

J’aime improviser, capter l’attention de mon auditoire, le convaincre.

 

Mais si je vous parle de ma première expérience de prof c’est que j’ai dû affronter l’indifférence de mes mouflets de 6e en cours de musique. Comment les intéresser à autre chose que les chansonnettes dont ils étaient friands ?

 

J’ai réfléchi, tâtonné, et puis j’ai choisi de leur faire découvrir en leur faisant auditionner les disques:

 

  • Carmen de Bizet

 

  • Chansons éternelles de France de Guy Béart.

Et ils ont mordu à l’hameçon mes petits loulous dont les parents travaillaient chez Fleury-Michon, tant et si bien qu’ils m’ont offert, le 33 tours de Guy Béart, lors de mon départ.

 

 

 

Bien plus tard, lorsque je me suis retrouvé, d’abord au cabinet de Michel Rocard Ministre de l’Agriculture, j’ai dû monter en tribune à de multiples congrès dont sont friands les adhérents des syndicats spécialisés de la FNSEA, et y’en a une flopée.

 

Et c’était dans un climat hostile, nous négociions l’élargissement du Marché Commun à l’Espagne et au Portugal, deux anciennes dictatures, je dis ça pour les gilets jaunes, afin de les amarrer à la démocratie.

 

Souvenir d’un Congrès des Vignerons alors  en Caves Particulières, le premier où un représentant du Ministre allait, c’était à Blois, le  Président et ses sbires me servirent des discours incendiaires, limite insultants, je débitais le mien mezzo voce, sur le ton de la confidence, ils m’écoutèrent religieusement, m’applaudirent et m’invitèrent au banquet d’après congrès ; je déclinai.

 

Puis devenu directeur du cabinet du Ministre de l’Agriculture, sous Michel Rocard Premier Ministre, je me tapai encore les congrès importants, Louis Mermaz détestait ces cérémonies où il se faisait houspiller. Je n’avais plus le temps de me taper l’écriture des discours, les conseillers du cabinet avec les services tartinaient des laïus impossibles.

 

Les discours écrits, trop bien écrits par les technos des services, sont des carcans, les suivre c’est ramer, perdre pied et couler. Alors, un jour, au Palais des Congrès de la Porte Maillot, devant l’Assemblée des planteurs de betteraves, Confédération Générale des planteurs de Betteraves (CGB), des bien-pourvus par la PAC, des qui n’aimaient pas la gauche, 1500 personnes (les épouses sont invitées), un discours du Président George Garinois franchement hostile, nous négociions la première réforme de la PAC, je me suis dit mon gars faut que tu le prennes à son propre jeu.

 

Ce que je fis en montant à la tribune, dans un silence même pas poli. Je tenais à la main les feuillets de mon discours écrit, avec une théâtralité que j’assume je le déposai sur le pupitre en proclamant à l’assistance qu’il contenait tout ce qu’ils attendaient, qu’il ferait les délices du Betteravier Français mais que j’allais répondre point par point aux mises en cause du Président.

 

Ce que je fis, en mêlant ironie politique et bonne connaissance des quotas sucriers, la salle m’écouta, ne broncha pas, je plaidai, en me servant un peu de la cote de mon Premier Ministre au zénith de sa popularité, que nous n’avions aucune leçon à donner mais que nous n’en n’avions aucune à recevoir sur le dossier de la réforme de la PAC où la FNSEA et ses gros spécialisés les céréaliers et les betteraviers tenaient un double langage.

 

11 janvier 2015

La betterave fourragère, potagère, sucrière la bonne à tout faire même le degré du vin…

 

« Le président Garinois n’aimait guère le Président de la République de l’époque et, dans son discours, sans notes, avaient lourdement moqué le couple Kohl-Mitterrand. Applaudissements nourris pour le Président qui entamait son dernier mandat. Je monte à la tribune avec mes feuillets mais au lieu de les poser sur le pupitre je les tends au Président Garinois en lui disant « je vous confie ces pages qui feront le suc du rédacteur-en-chef du Betteravier Français… » Rires dans la salle, ce qui était déjà une performance de la part d’un représentant d’un Ministre de Gauche.

 

Et je me lançai dans une improvisation qui répondait point par point à l’ironie de ce cher Garinois. Je mouillais le maillot, soulignant à plaisir le génie des sucriers à se préserver de la concurrence du sucre ACP ou du fameux aspartam… La salle surprise par mon audace m’écoutait. J’en profitais pour lancer quelques piques sur la nécessaire évolution des prix face à la concurrence de l’éthanol. Bref, je ne fis aucune concession et, à ma grande surprise, je fus applaudi chaudement. Rassurez-vous c’est plus la performance que le fond de mes propos qui déclencha ces bravos. Le Betteravier Français me consacra même son édito ce qui bon pour l’ego.

 

C’était un peu décousu mais sans rien concéder la salle en fin de parcours m’applaudit.

 

Par la suite, dans mes missions de médiation, lorsque je tenais le soir mes réunions dans les salles communales, j’aimais me colleter à mes plus farouches contradicteurs jusqu’à pas d’heures.

 

Suis ainsi fait mais rassurez-vous dans le privé, comme sur les réseaux sociaux, je m’abstiens de toute joute avec  des interlocuteurs enfermés dans leurs certitudes, des obtus quoi…

 

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 07:00
Je contourne avec un malin plaisir les lieux dit incontournables… y compris ceux de Saumur... la Dive, la Dive...

En ces temps de ronds-points, fleurons de l’alliance entre les élus et les ingénieurs des Ponts, qui sont par construction fait pour être contournés, non pour être occupés par des jaunards en déshérences, je suis frappé par l’abus que font les communicants de l’adjectif incontournable, mot valise à effet boomerang. En effet, si c’est incontournable on peut en déduire que c’est un mur infranchissable, une sorte d’enceinte de prison.

 

J’exagère bien sûr, mais de même que certains qualifient de « tuerie » un vin ou un met qui les séduit, je considère que c’est la porte ouverte à des outrances du genre : pris en otages, gueules cassées, gazés…

 

Que nous dit-on d’incontournable chez les linguistes du CNRTL :

 

« XXe siècle. Dérivé de contourner. Qu'on ne peut tourner, qu'on ne saurait ignorer, négliger. Une difficulté incontournable.

 

L'emploi de ce mot est déconseillé dans la plupart des cas ; on utilisera de préférence Inévitable, Indispensable. »

 

Et voilà que je lis dans les gazettes respectables : la RVF et Vitisphère que Sylvie Augereau affirme que « progressivement la Dive Bouteille est devenue quasiment incontournable »

 

Eulala me dis-je, que vais-je aller y faire ?

 

Faut que je confesse que je n’ai jamais beaucoup aimé faire salon, et pourtant Dieu sait que j’en ai fait des salons, les salons de carton-pâte : Vinexpo, Vinisud, Val  de Loire,  les salons parigots chicos : B&D, RVF et les populos : les VIF, le bio de Montpellier, le salon des bobos : rue 89 made in Paris puis Lyon, les salons plus modestes fait de tables alignées derrière lesquelles des bras vous servent des lichettes de vin dans un verre syndical. 

 

N’exerçant aucune fonction mercantile en arpentant les allées je me suis toujours demandé : mais qu’est-ce que tu fous ici ?

 

Au temps où, soi-disant, je mettais mon petit capital de réflexion au service de mon employeur je me rassurais en me disant : cette concentration te permet de voir du beau monde en un minimum de temps. Certes, je ne vais pas, comme on dit, cracher dans la soupe, mais en fin de journée, souvent obligé de me taper des banquets, sourires, conversations convenues, je pensais je serais mieux au ciné, au concert, dans mon lit avec un livre… ou…dans le mitant du lit.

 

Retiré des voitures je n’ai que les obligations que je me donne, donc fini les salons à la con qui sont d’ailleurs de plus en plus vide de tout intérêt sauf pour ceux dont c’est l’intérêt...

 

Restait la Dive bouteille, le salon des vins nu, ou presque, où je n’ai jamais mis les pieds pour de multiples raisons qu’il est inutile ici de donner.

 

Mon environnement amical me serinait : « Tu viens à la Dive… » et, de guerre lasse j’avais fini par dire « oui cette année je vais aller à la Dive. »

 

Va pour dimanche, et j’irai en auto pour faire un reportage sur le biotope de la Dive dont Sylvie Augereau donne le couleur ci-dessous :

 

Quels sont vos critères de sélection ?

 

« Nous choisissons de bons vins et de bonnes personnes. Ce qui fait la différence, c’est l’ambiance. Les vignerons me disent passer leur temps à faire la bise. C’est un événement pro, mais amical. Je veille à ce qu’il y ait une participation et une implication de tout le monde. »

 

Samedi soir je jette un œil sur l’itinéraire, Saumur c’est à 3 heures d’auto, je fais cuire des œufs, achète une baguette, prépare mon matos photo, dodo, réveil à 6 heures.

 

À 6 heures ce dernier grelotte, je dormais comme un loir, j’étais bien sous ma couette, dans ma tête : 2 fois 3 heures d’auto ça fait 6 heures dans la même journée, c’est trop pour ton vieux corps, alors reste au chaud… »

 

Et puis la petite musique « qu’est-ce que tu vas y faire, voir les mêmes têtes, déguster des vins qui viendront vers toi dans les semaines qui viennent… »

 

J’ai pioncé jusqu’à 10 heures.

 

Vous allez me dire que vous n’en n’avez rien à cirer des errements de mon emploi du temps, et je vous comprends parfaitement, mais en vous le narrant je ne suis pas complètement innocent : pour moi ce type d’événement, à l’origine, rassemblement de marginaux plutôt sympathiques, en s’institutionnalisant, 20 ans déjà, en s’embourgeoisant : interview  dans la RVF, Vitisphère, est en passe de ressembler comme un cousin-germain aux grands salons de carton ou de papier glacé.

 

Le Vinexpo des vins nu ou presque… avec « son noyau dur d’indétrônables : les Arena, Vallet, etc., qui attirent des visiteurs »

 

Que serais-je allé faire dans les caves Ackerman ?

 

Claquer la bise aux indétrônables ?

 

Croiser la fine fleur des licheurs de vins nu ?

 

Tailler le portrait des hipsters ?

 

Me congratuler avec mes copines ?

 

Déguster des « vins barrés » ?

 

Là, Sylvie Augereau sort le carton jaune :

 

« Je fais régulièrement des petits mails un peu sévères pour rappeler à l’ordre. Ce qui m’embête le plus, ce sont ceux qui font goûter leurs cuvées un peu daubées, avec plein de vol’ (acidité volatile, ndlr), par exemple. Pour moi, c’est ça qui fait le plus de mal à l’image du vin naturel…»

 

Étonnez-moi Benoît ! chantait Françoise Hardy… paroles de Patrick Modiano...

 

M’étonner, c’est le seul argument qui pourrait me faire changer d’avis. Mais en étant brut de décoffrage je dois avouer que, depuis quelques mois, je ressens dans ce petit univers des vins nature, hormis l’entre-soi naturel, une forme d’enfermement, de calcification, d’incapacité à se fédérer, de donner corps à un véritable ferment qui fasse vraiment bouger les lignes du monde du vin.

 

  • Pour vous, est-il possible, et souhaitable, de définir ce qu’est un vin nature ? Comme l’INAO l’avait tenté en 2018.
  •  

Pourquoi créer une catégorie à part dans l’INAO ? On devrait revenir aux propositions de René Renou, faites il y a dix ans, de créer une catégorie supérieure qui tire les AOC vers le haut. La définition d’un vin nature est difficile, car il est compliqué de fédérer. Beaucoup de gens ne veulent pas rentrer dans des cases, ils préfèrent faire les choses pour eux. Je le comprends, moi-même je ne suis pas certifiée [NDLR : Sylvie Augereau exploite 1,5 hectare en appellation Anjou].

 

Vous avez échappés à ce titre :

 

Ils sont venus, ils sont tous là, y’a même des gars du Sud de l’Italie : voir la DIVE et mourir…

 

J’ai préféré dormir…

 

Bises troglodytiques

 

 

"O Bouteille


Plaine toute


De mysteres,


D'une aureille


Je t'escoute :


Ne differes."

 

Telle est la Dive, comme la présenta le pontife Bacbuc à Pantagruel dans le livre cinquiesme de Rabelais. Le livre vingtième de la Dive bouteille de Sylvie Augereau vient tout juste de se tenir dans les caves troglodytiques de Saumur. Cela méritait bien le détour, tout plein de bises, et même un film.

ICI

 

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 06:00
« En principe, je devrais bouffer les pissenlits par la racine depuis longtemps. Pour une raison que j'ignore, j'ai été arraché aux mâchoires de l'enfer et il m'a été donné une seconde chance. » Éric Clapton Life in 12 bars

Après une longue période de sevrage je me suis remis au ciné, je fréquente de préférence les salles indépendantes de mon quartier, l’Escurial, les 3 Luxembourg, l’Arlequin… J’ai droit au tarif vieux. Je m’assieds au dernier rang. J’éteins mon grelot. Je me tape 15 mn  de pubs débiles.

 

Ma première sortie, à la séance de 19 h à l’Escurial fut pour la Mule de et par Clint Eastwood

 

« C'est vraiment un très bon Clint Eastwood de fin de carrière. » Pierre Murat

 

Je vous gratifierai d’une petite chronique sur ce film de vieux qui m’a beaucoup touché.

 

Si je commence par le second, Éric Clapton Life in 12 bars, vu aux 3 Luxembourg c’est qu’il aborde, pas que bien sûr, les addictions violentes d’Éric Clapton, dont l’alcoolisme.

 

Par je ne sais quel phénomène je suis entré dans une séquence alcoolisme, sans doute les ondes  de ce lou ravi de Ministre de l’Agriculture.

 

Vendredi soir dernier, en dépit d’un crachin glacé, j’enfourche ma nouvelle monture et je pédale prudemment jusqu’aux 3 Luxembourg.

 

Pour l’édification des petites louves et loups incultes : « les Trois Luxembourg existe depuis le milieu des années 1960. De façon générale, c’est vraiment un cinéma mythique du Quartier latin, très marqué par les manifestations qui y sont organisées. Dès ses débuts, en mai 68, les Trois Luxembourg ont accueilli les États généraux du cinéma. Plus tard, le cinéma a appartenu à Frédéric Mitterrand, qui en était directeur au début des années 1980. »

 

Difficile de faire du vélo sous la pluie lorsqu’on porte des lunettes. Suis comme un chat mouillé. Petite salle, grand écran, j’attends. Suis venu voir le film parce que j’aime ce que fait Clapton.

 

Et dès le début du film je découvre que le jeune Éric,  né à Ripley, à proximité de Guildford, dans le Surrey au Royaume-Uni, découvre à l’âge de 9 ans que sa prétendue grande sœur est en réalité sa mère. En effet, il est le fils d'un soldat canadien et sa mère, qui n'a alors que seize ans, est trop jeune pour s'occuper de lui, aussi le jeune Éric est confié à ses grands-parents maternels  Il sera plus tard définitivement abandonné par sa mère, partie à son tour au Canada au bras d'un autre soldat.

 

Clapton adolescent raconte comment ses comportements se sont mis en place : « Je finis par me mettre dans la tête que le meilleure moyen d’attirer l'attention était de se soûler régulièrement, comme si d’une manière ou d’une autre, je devenais plus intéressant ou plus viril… Quand je sortais le soir à Kingston, je buvais jusqu’à dix pintes de Mackeson milk stout, une bière brune, suivies par du rhum-cassis, gin tonic ou gin et orange. J’essayais d’arrêter juste avant de tomber dans les pommes, mais, invariablement, je finissais par être malade comme un chien et vomir tripes et boyaux. Inutile de dire que cette méthode de séduction échoua misérablement. »

 

 « Pendant au moins 20 ans j'ai été un cas désespéré », a reconnu Clapton sur la BBC. « J'ai bu quotidiennement plus que ce que vous pouvez imaginer », a-t-il ajouté, détaillant notamment un breuvage à base de vodka qu'il s'envoyait comme si c'était de la bière. « Et ça été de pire en pire »

 

« Je m’imaginais que, d’une façon ou d’une autre, j’étais à l’abri et que je ne deviendrai pas accro. Mais la dépendance ne négocie pas et elle s’est emparée de moi, comme si un brouillard m’enveloppait doucement. Pendant un an environ, j’ai vraiment aimé prendre de l’héroïne, de manière plutôt irrégulière, tout en consommant beaucoup de coke et d’autres drogues et en buvant aussi. Puis soudain, je suis passé du stade où j’en prenais tous les quinze jours à celui où j’en prenais une, deux ou trois fois par semaine, puis tous les jours. Ma dépendance à l’héroïne fut si insidieuse qu’elle prit le contrôle de ma vie sans que je m’en aperçoive vraiment. »

 

La critique par Samuel Douhaire de Télérama

 

La vie d’Eric Clapton est un roman. Une ascension fulgurante vers le panthéon du rock, ponctuée par les tragédies intimes (une mère qui le rejette, un fils qui meurt défenestré à 4 ans...) et les addictions diverses — « Si je ne me suis pas suicidé, expliqua un jour le guitariste, c’est parce que les morts ne boivent pas. » Ce documentaire, très classique dans sa forme mais captivant, s’appuie sur d’étonnantes images d’archives et de nombreux témoignages inédits (dont celui, sans tabou, de Clapton lui-même) pour retracer une existence digne d’une chanson de blues. Sans dissimuler la face obscure du génie (un individualisme à la limite de l’arrogance, les dérapages en public), et en réservant une place importante, et bienvenue, à la musique. L’émotion est à son comble quand Eric Clapton raconte sa passion pour Pattie Boyd, l’épouse de son ami George Harrison et l’inspiratrice du tube Layla : un amour fou, impossible, digne des grands mélodrames de Douglas Sirk.

 

Le 12 janvier 2019

 

Un documentaire puissant sur la vie bouleversée et bouleversante de l’un des meilleurs guitaristes de tous les temps.

 

ICI 

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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 06:00
© Pidji-Photography / Pierre-Jérôme Adjedj

© Pidji-Photography / Pierre-Jérôme Adjedj

Qui se souvient de la RDA d’Honecker ?

 

Dans Le pays disparu Sur les traces de la RDA Nicolas Offenstadt raconte :

 

 

Question préalable : quand la RDA a-t-elle disparue ?

 

Lisez bien c’est très instructif.

 

L’alcoolisme en RDA, République Démocratique Allemande c’est la partie communiste de l’Allemagne, parti unique, Stasi, une démocratie comme l’aime les insoumis et les gilets jaunes, fut une question politique, pas seulement une affaire individuelle. En effet, le sujet socialiste que l’État voulait former se devait de mener une vie saine, et les vices du capitalisme devaient disparaître dans ce monde nouveau : « L’abus d’alcool est non-socialiste unzozialistisch »  (brochure de 1964). L’alcoolisme n’est reconnu que progressivement et tardivement comme une maladie (165), qui n’est pas seulement la conséquence d’un comportement asocial. Le processus de prise en charge s’améliore, dès lors, dans les années 1970, alors que les caisses d’assurance maladie s’étaient montrées jusque-là réticentes à payer pour les maladies déclenchées par l’alcoolisme.

 

Pourtant, la réalité, dont témoigne Harry (ndlr un chauffeur routier alcoolique), était loin de l’idéal. D’abord l’accès à l’alcool était extrêmement facile, pas de pénurie ici. Si le vin n’est pas très répandu, en revanche, les eaux-de-vie et autres alcools forts sont extrêmement consommés, et peu chers ; la bière également. Tout au long de l’existence de la RDA, la consommation augmente dans des proportions considérables. Elle fait partie de l’affirmation d’une masculinité socialiste et aide à pallier les difficultés du quotidien.

 

L’État prend d’ailleurs un ensemble de mesure contre cela – mais sans limiter la production –, qu’il s’agisse de développer des lieux alternatifs aux habituels « bistrots » (Kneipe), d’augmenter les prix ou de limiter la publicité pour les boissons alcoolisées. À la Schwarze Pumpe, les ouvriers ont droit au « Schnaps du mineur » selon une vieille tradition, que les autorités, malgré leur lutte contre l’alcoolisme, n’arrive pas à briser.

 

L’alcoolisme n’est pas en effet éradiqué. Une enquête conduite parmi les patients de la clinique de la même ville, Schwerin, montre qu’un bon nombre de  sujets consomment, comme Harry, de l’alcool sur leur lieu de travail. Les occasions collectives de boire au sein de la brigade, dont on a vu la fonction de socialisation, sont d’ailleurs nombreuses : les fameux jours des métiers… les attributions de titres… Pour Sandrien Kott (Le communisme au quotidien) « si l’ivresse est tolérée, voire magnifiée, si les petits vols sont excusés, l’ivrognerie débridées ou les vols répétés sont assimilés à des maladies mentales et le salarié, considéré comme asocial, et alors menacé de traitement ou d’enfermement psychiatrique. »

 

Dans les archives de la Stasi, Emmanuel Droit (La Stasi à l’école) a relevé aussi l’ampleur de l’alcoolisme chez les enseignants.

 

En 2017

DDRDA. Éclats de la RDA. Institut français de Berlin, 211 Kurfürstendamm. Commissaires : Rita Aldendorf-Hübinger et Nicolas Offenstadt. Photographies de Pierre-Jérôme Adjedj.

 

ICI 

 

Rien d’aussi imposant dans l’exposition de l’Institut français. Collées à même le mur, conformément à la volonté du photographe, et hors de tout cadre qui leur aurait attribué un statut contraire à l’esprit de l’exposition, les photographies de Pierre-Jérôme Adjedj ont visé l’anodin à partir duquel « faire parler ces lieux » : des images qui accrochent paradoxalement le regard par leur insignifiance finalement dérangeante. Des photos de friches industrielles, de fragments d’affiches, de carreaux cassés, d’échelles qui ne conduisent nulle part, forment le support de textes distribués sur papier libre recyclé où l’on peut lire des pans d’histoire de la RDA. Ni didactique, ni accusatrice, une histoire qui informe sur ce qu’on entendait par « culture socialiste » aussi bien que sur l’alcoolisme en RDA ou sur des réalisations comme celle de la ville « sortie de rien » et fierté du régime, Eisenhüttenstadt, du temps où l’acier était trempé.

La belle histoire de "Petit chaperon rouge", le vin mousseux qui a séduit l'Allemagne

 

 

Né en RDA, le mousseux Rotkäppchen ("Petit chaperon rouge") a conquis le coeur des Allemands. Ce "champagne communiste" est le vin de fête par excellence Outre-Rhin. Retour sur son histoire atypique.

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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 06:00
Non Le chinchard n’est pas 1 poisson ringard, la preuve dans ma belle assiette du samedi…

Allez savoir pourquoi le chinchard a si mauvaise réputation en France alors qu’il est adoré au Japon, pays du poisson cru, alors que ce poisson a pourtant un sacré pouvoir de séduction.

 

Et pourtant, en ces temps de revendication sur le pouvoir d’achat, contrairement à d’autres poissons, il est présent quasiment toute l’année sur les étals et, bonne nouvelle pour le porte-monnaie des particuliers et des restaurateurs, son prix reste extrêmement abordable.

 

Un seul bémol il est fortement menacé, l’état de certains stocks est considéré comme inquiétant et les populations sont sensibles aux modifications environnementales. Si les stocks de chinchards ont été divisés par 10 en vingt ans, passant de 30 millions de tonnes à moins de 3 millions en 2012, il reste encore de l’espoir pour cette espèce, notamment pour les prises attrapées dans l’Atlantique, au large du Portugal.

 

En ce qui concerne la Mer du Nord, le stock reste à un niveau très bas même si l’on voit des signes nets d’amélioration. Dans l’Atlantique Nord-Est, le chinchard est exploité au niveau du Rendement Maximum Durable (RMD) mais le stock continue de baisser depuis 2011. Il faut dire que c’est de là que proviennent la majorité des prises.

 

Puisque nous gaulois de France, de Navarre et d’ailleurs ne sommes pas très friands du chinchard nous pouvons en consommer sans mauvaise conscience.

 

Alors en un énième samedi de gilets jaunes en errance à l’heure du déjeuner constatant le vide sidéral de mon frigo je me suis dit : où trouver à manger ?

 

Et si j’exprimais « mon mépris de classe » rien que pour faire un bras d’honneur à tous les donneurs de leçon qui passent leur temps (leurs gros culs posés sur une chaise face à leur ordinateur) sur les réseaux sociaux ?

 

Excellente idée : je consulte le menu à 49 euros chez un étoilé du 7e  ICI dans cette rue de Lille qui fut longtemps le siège du RPR du grand Jacques qui habite pas loin dans l’appartement d’un copain.

 

Et là que vois-je ?

 

En entrée :

 

Chinchard de Bolinche,

Mariné au jus d’orange sanguine Moro ; salade d’hiver et crème crue au raifort.

 

Jouissance extrême que d’aller goûter cru se poisson réprouvé au nez et à la barbe des autoproclamés détenteurs de la parole du peuple (à propos de barbe, le dénommé Rodriguez Jérôme, soi-disant « gueule cassée », simplement blessé ce que je condamne, je le croiserai lundi vers 12 h 30 aux Halles descendant d’un UBER cool Raoul, frais comme un gardon, le l'hyper-libéralisme quoi !) nous vivons une époque déglinguée où n’importe quel crétin devient un porte-parole du peuple.

 

Oui, je suis remonté contre ce qui se passe en ce moment mais là n’est pas le sujet du jour.

 

Pourquoi chinchard de bolinche ?

 

Un bolincheur ou senneur est un bateau de pêche à la sardine, à l'anchois ou au chinchard, utilisant un filet tournant nommé bolinche.

 

                                                            Un bolincheur à l'entrée du port de Concarneau

 

Traînée depuis l'embarcation, la bolinche ou petite senne permet d'encercler rapidement le banc de poissons, comme l'anchois ou la sardine, dès qu'il est repéré à l'aide du sonar. Un filin, glissé dans sa partie inférieure, assure sa fermeture. La bolinche forme alors une poche ramenée progressivement à bord.

 

Ce type de pêche facilite la qualité du poisson qui n'est pas étouffé dans le chalut.

 

Poisson grégaire de la famille des carangidés, le chinchard est une espèce pélagique que l’on peut également trouver à proximité du fond. Il se distingue par une nageoire caudale très échancrée et la présence de scutelles osseuses (dans la partie postérieure de la ligne latérale) qui accentuent son éclat argenté. Le chinchard commun (Trachurus trachurus) fréquente les eaux côtières au cours de ses deux premières années, puis il s’éloigne sur le plateau continental. Il ne revient sur la côte qu’à l’âge adulte, au cours de sa migration d’été. Le mâle acquiert sa première maturité sexuelle à 3 ans, quand il mesure environ 20-22 cm, alors que la femelle l’acquiert à 4 ans, quand elle mesure 26-30 cm. Le chinchard peut vivre jusqu’à 15 ans. Comme tous les autres petits pélagiques, les populations de chinchard sont sensibles aux modifications environnementales.

 

Le jeune chinchard se nourrit de petits crustacés, des copépodes. Adulte, il se nourrit de poissons, de mollusques et de crustacés. Il vit en moyenne 15 ans.

 

En Europe, les chinchards juvéniles sont prioritairement ciblés pour approvisionner les marchés du sud de l’Europe ; les poissons plus âgés sont exportés vers le Japon et les poissons de grosse taille sont dirigés vers les marchés africains où cette espèce est très appréciée.

 

Il existe deux espèces de chinchard (Trachurus) : le chinchard commun qui vit en Atlantique sur un large territoire s’étendant des côtes norvégiennes jusqu’en Afrique du Sud, en passant par la mer Noire, la mer de Marmara et la Méditerranée ; le chinchard à queue jaune vit quant à lui dans une toute petite aire se limitant au Golfe de Gascogne et aux côtes méditerranéennes.

 

On peut le trouver sous d’autres noms : caringue, maquereau anglais, saurel commun ou sévereau.

 

Le Rendement Maximal Durable (RMD) parfois appelé Production Maximale Equilibrée (PME) est la plus grande quantité de biomasse que l’on peut extraire en moyenne et à long terme d’un stock halieutique dans les conditions environnementales existantes sans affecter le processus de reproduction (définition FAO).

 

ICI 

 

Février c’est aussi le temps des oranges dites sanguines :

 

« On ne les connaît le plus souvent en France que sous leur dénomination générique de «sanguines», sans nul respect pour leurs diverses variétés. Elles sont les sœurs mal-connues et mal-aimées des oranges blondes, dont les variétés Navel et Valencia ont conquis le monde, grâce à leurs qualités « passe-partout ». Mais les Navel ne sont cultivés en Sicile que depuis les années 70, alors que leurs grandes sœurs rouges le sont depuis plus d’un siècle…

 

Les oranges rouges sont les plus cultivées en Sicile

 

Les oranges rouges représentent environ 70% de la production totale d’oranges et sont principalement cultivées dans la plaine de Catane et ses alentours. Elles trouvent là un terroir et des conditions climatiques spécifiques, – dues à l’Etna et à son activité volcanique millénaire – qui rendent leur goût et leur composition organoleptique uniques au monde. Les oranges rouges de cette zone bénéficient à ce titre du label européen IGP « Arancia rossa di Sicilia ».

 

Trois variétés principales d’oranges rouges sont cultivées en Sicile : la Tarocco, la Moro et la Sanguinello. Toutes trois doivent leur pigmentation plus ou moins prononcée à la présence, dans leur pulpe et leur écorce, d’anthocyanes. Ces pigments naturels, dont la coloration peut s’étendre du rouge au bleu, se retrouvent, aussi et entre autres, dans les baies de sureau, les aubergines, les cerises et la peau de raisin.

 

 

L‘orange Moro (décembre- février) est plus petite et plus pigmentée. Sa pulpe est la plus riche en anthocyanes, elle peut se teinter d’un pourpre-violet très profond. Son acidité est un peu plus prononcée que celle de la Tarocco. »

 

ICI 

 

 

Ce chinchard de Bolinche,

Mariné au jus d’orange sanguine Moro ; salade d’hiver et crème crue au raifort.

 

Un délice de fraîcheur et de saveur, la chair blanche translucide, fine, ferme du chinchard est moins puissante que celle du maquereau ou de la sardine, mais elle est délicieuse et bluffera les plus sceptiques, habitués à se tourner vers des espèces plus nobles.

 

Bravo le chef !

 

Et avec j’ai bu ça

 

 

Corse, terre d'agrumes
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