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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 06:00
Mais jusqu’où iront-ils dans le saccage de nos beaux terroirs ? Voici 1 saucisson sec au fromage de Camembert AOP de Normandie

J’imagine l’effroi et la fureur, à la fois de la papesse des fromages au lait cru, la citoyenne Richez-Lerouge, et de Me Morain qui adore tout ce qui pue, les vins nus et les croûtes fleuries, face à ce crime lèse-terroir.

 

C’est le début de la fin mes chers paroissiens.

 

Ce jour-là j’avais faim, l’horloge marquait 13 H 30, mon ventre gargouillait alors que je hâtais le pas je tombais nez à nez devant une étiquette où je ne retenais que la mention AOP de Normandie en me disant tiens l’INAO fait très fort en reconnaissant une AOP pour le saucisson sec.

 

Ce n’est que de retour at home, comme disent les snobs, en rangeant mes courses que je découvrais le forfait des normands.

 

J’ignorais que le saucisson au camembert exista.

 

Recherche faite je constatai que la maison Lhoste proposait à son aimable clientèle un CARRÉ AU CAMEMBERT

 

Saucisson sans boyau : la Carré au camembert | Maison Loste

 

« Le Carré au Camembert est un saucisson sec sans boyau et avec un hachage fin. Son goût de Camembert ravira les papilles des amateurs de fromage et de charcuterie ! »

 

La Maison Conquet à Laguiole fait aussi un Saucisson sec au Camembert

 

« Mais que vient faire ce camembert au pays du Roquefort et du Laguiole (le fromage de vache, pas le couteau) me direz-vous ? La légende raconte qu'un Normand perdu en pleine tourmente au milieu de l'Aubrac sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle trouva un refuge inespéré dans un buron et offrit au buronnier en guise de remerciement un camembert bien affiné qu'il gardait dans sa besace. Le pauvre homme remercia son invité mais fut bien embêté avec ce produit odorant fort différent de la tomme de ses vaches qu'il avait l'habitude de consommer. Afin de ne pas laisser perdre le fromage (nous sommes en Aveyron, rappelons-le) il eut l'idée de l'incorporer dans un fond de boyau avec un reste de viande de porc. C'est ainsi que serait né le saucisson sec au camembert avec sa forme singulière de pavé arrondi. »

 

J’adore ces histoires pour vendre de la soupe à peine fraîche.

 

Mais rien à redire tu peux faire du camembert sur la terre entière sans subir les foudres de qui que ce soit.

 

Mais là, Jésus, Marie, Joseph, comme disait ma mémé Marie lorsqu’elle ne comprenait plus le monde dans lequel elle vivait, oser associer une AOP à une cochonnerie vulgaire est un crime de lèse-terroir. Périco, au bord de l’apoplexie, va ressortir la Grosse Bertha pour occire ces laquais de l’impérialisme européen qui n’a de cesse de rabaisser nos terroirs au rang de déversoir de l’industrie. J’attends avec hâte le poulet au vinaigre de madame Polony.

 

 

On m’avait « enduit en erreur », je n’avais qu’à faire plus attention mais « ventre affamé n’a point d’oreilles »  c’est inspiré du proverbe latin attribué à Caton : « Il est difficile de discuter avec le ventre, car il n’a pas d’oreille. ».

 

Alors que faire de ce saucisson ?

 

Le goûter bien sûr.

 

Quelques précisons écrites en tout petit :

 

  • La viande porc est française

 

  • Y’a 7% de camembert de Normandie AOP

 

  • Y’a pas de gluten (ouf !)

 

  • Ne pas mettre au frigo.

 

  • Les cochons sont élevés sans antibiotiques

 

  • Les éleveurs sont Carpentier à Sévis 76 850 et de Sutter à Croixmare 76190

 

  • Les fabricants sont Thierry et Stéphane Malandain fabricant indépendant normand Les Roches Blanches.

 

Comme je suis un malandrin je ne vais pas le déguster à la minute, un peu de patience mes cocos !

 

Que boire avec ?

 

Je ne sais pas, je vous dirai ça dans une prochaine chronique consacré à une merveille de saucisson : le saucisson de coche corse.

 

Pris de remords je l'ai goûté, du côté du goût de camembert peau de zibi, pas la plus petite trace du bon goût de terroir normand, faudra forcer sur le pourcentage les gars ! Rien qu'un saucisson bien banal...

 

Et puis, un petit coup de cidre suisse pour me remonter le moral.

 

Note en bas de page : le sieur PAX sera taxé pour n'avoir pas lu la chronique sur le caddie...

 

 

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 06:00

Pour faire plaisir à mon cher PAX qui se dore la pilule au pays du Banyuls et de Balbino Giner Garcia : « Le peintre des âmes » sachez que le caddie est une histoire alsacienne.

 

 

Je lui  tire le portrait plus loin.

 

Alors pourquoi ce matin tartiner une chronique ?

 

Le Nord !

 

Rassurez-vous je ne l’ai pas perdu.

 

Deux raisons :

  • Un polar de l’anar Jean-Bernard Pouy : Ma Zad qui se passe dans les Hauts-de-France.

 

Ma ZAD par Pouy

 

  • L’annonce que chez AUCHAN la maison brûle En 2018, Auchan Holding a perdu plus d’1milliard d’euros. La responsable? Sa filiale Auchan Retail. En un an, la branche de grande distribution du groupe nordiste a vu son chiffre d'affaires chuter de 3,3% à changes courants. Le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement, lui, a reculé de 20,5%. Les difficultés d'Auchan ne sont pas nouvelles. Depuis des années, l'enseigne souffre, notamment en France, son pays d'origine, qui représente encore 35% des ventes.

 

Revenons au polar de Pouy qui m’a donné l’envie de chroniquer (Long soliloque à peine interrompu par les personnages secondaires, ce roman est l’œuvre d’un Pouy au meilleur de sa forme littéraire : clins d’œil à ses maîtres, références picturales nombreuses, calembours, turlupinades et facéties... mais je trouve que la fin est bâclée)  

 

Son héros Camille a travaillé dans un supermarché dont il s’est fait virer mais dans sa cavale alors qu’il stationne sa camionnette TOYOTA dans une aire de stationnement d’une supérette il voit une enfilade de caddies alignée devant l’entrée.

 

« Je me suis figé.

 

De les revoir  m’a ramené vers ma vie d’avant, mon monde, mon mien, j’étais dans le caddie, un caddie plein, et qu’a dit le caddie ? En réalité ça ne valait qu’un euro un caddie, ou alors un jeton plastique, y avait toujours des trucs qui restaient au fond, et puis un caddie, ça ne se volait pas, ça se remettait là où on l’avait pris, ça se sodomisait en plein vent, entre les bagnoles, ça brillait vaguement dans l’obscurité, des fois, ça grinçait, ça coinçait, des fois ça roulait de traviole, on se croyait aux autos tamponneuses, mais c’est sublime, un caddie, c’est démocratique puisque tout le monde a le même, tous les caddies sont pourris, il n’y a pas de quoi être fier, tout le monde pareil, à la traîne de cette saloperie à roulette, on se démerde avec ce petit wagon de marchandises, lourd comme un gros chien mort, ça précède des centaines d’humains, tous les mêmes, tout ça pour quoi, qu’est-ce qu’il y a en général dans le caddie ? Des nouilles, bordel, des nouilles ! C’est important les nouilles, c’est ce qui ressemble le plus à un cerveau, un cerveau bien rond, bien tiède, compressé, le cerveau, car un cerveau, ça ne doit bouillir que six minutes, comme moi, au bout de cinq minutes, je bous et, alors, je balance des nouilles partout, à la tête de tout ce qui remue, ou alors ça ressemble aussi à une partouze d’asticots, les nouilles, tous ces vers qu’on a dans la tête, et qui sentent la mort. »

 

La sentence :

« Ce ne sont pas les supers et les hypers qui manquent, la région en est pourrie. On se demande bien pourquoi, les gens du coin sont de plus en plus pauvres. »

 

Mais revenons au vacancier Pax :

 

Tout commence avec un petit Alsacien :

 

En 1928 Raymond Joseph vit en banlieue de Strasbourg, à Schiltigheim. Avec compagnons, il se lance dans la création d'une petite manufacture: Les ateliers réunis. Et ça marche assez bien, ils fabriquent des mangeoires, des paniers à salades, des égouttoirs... Tous les ustensiles alimentaires sont fabriqués en fils d'acier. C'est un matériau très à la mode à cette époque. Les ateliers de Raymond Joseph sont prospèrent mais ce n'est pas encore un leader mondial.

 

En 1950, l'entrepreneur part en vacances aux Etats Unis.

 

Là-bas il découvre une invention qu'il trouve formidable : le supermarché. Et surtout, l'accessoire indispensable pour faire ses courses dans une grande surface : le chariot. Il revient en Alsace avec cette idée de génie, fabriquer des charriots de supermarché comme en Amérique. Et il a bien raison puisque quelques années plus tard, les grandes surfaces arrivent en France. Dès l'ouverture du premier supermarché en 1958 à Rueil Malmaison, Raymond Joseph est là avec son chariot. Il devient le partenaire de Carrefour quand ouvre le premier Hypermarché de France en 1963 dans l'Essonne.

 

Il sent le succès venir, il dépose le nouveau nom de son entreprise : Caddie.

 

La petite manufacture de Schiltigheim devient le partenaire numéro un des supermarchés. Raymond Joseph vend alors à toutes les grandes surfaces ses chariots en fil d'acier. Et c'est comme ça que naît, le CADDIE.

 

Ainsi naît la génération des « pousses-caddies » cher à Pousson elle adore cette invention qui permet de transporter plus de provision qu'avec un sac de course, et surtout c'est beaucoup moins fatigant !

 

Pendant des années l'entreprise est le leader du chariot de supermarché. Il s'exporte dans 120 pays et créé au-delà d'une marque un mot qui rentre dans le langage courant.

 

Son nom est devenu d'un usage commun, mais ce n'est pas pour autant que l'entreprise aime qu'on parle d'elle...

 

À la mort du fondateur Raymond Joseph en 1984, c'est sa fille Alice qui prend la tête de l'entreprise. Elle continue de cultiver le secret autour de la marque. Et attention on ne peut pas parler de caddie à tort et à travers. Les journaux comme le monde ou le Figaro avaient l'habitude d'utiliser le mot caddie comme synonyme de chariot de course. Et bien l'entreprise les a attaqué en justice et a remporté le procès.

 

Aujourd'hui l'usine Caddie se trouve à Drusenheim, elle emploie 225 salariés et traverse quelques difficultés financière depuis le début des années 2000.

 

La chute :

 

Le caddie développé par Caper intègre un lecteur de code-barres et un terminal de paiement grâce auxquels on peut faire ses courses et payer sans passer par une caisse. La jeune pousse travaille sur une technologie d'identification encore plus élaborée.

 

ICI 

 

Et qui c’est qui fait les course sur la vidéo ?

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 06:00
Poulet à la Kiev, « ne te laisse pas abuser par le nom. La recette a été inventée à Moscou. Pas par les fascistes de Kiev. »

Plat déconseillé au hallebardier de B&D, c’est bourré d’ail.

 

Vous commencez à me connaître, du moins les fidèles, dès que je chronique sur un livre des effluves de chroniques remontent jusqu’à ce qui me reste de neurones vifs.

 

Tel fut le cas une fois fermé La fille du traître de Leif Davidsen.

 

 

La cuisine totalitaire chez Gaïa le même éditeur. ICI 

 

Ce qui est drôle c’est qu’il est signé par deux vrais russes : Wladimir Kaminer né à Moscou en 1967 et sa femme Olga né sur l’île Sakhaline, derniers Russes à avoir obtenu la nationalité est-allemande avant la réunification. Donc des allemands tout court maintenant.

 

Ils écrivent :

 

« La gastronomie russe est la seule au monde qui fasse passer la nourriture au second plan »

 

« En effet, les Russes ne vont pas au restaurant pour manger ou boire, ils peuvent aussi bien le faire chez eux. Ils sortent pour faire la fête. Et tout ce qui, pour des raisons de sécurité, n’est pas permis à la maison, doit l’être  au restaurant : chanter, faire la danse du ventre, se balancer au lustre. L’ingrédient le plus important de la cuisine russe est l’humeur du cuisinier. Dans un bon jour, il est capable de sortir de sa toque un esturgeon rempli de caviar, de jongler avec des brochettes devant la table, ou de cracher du feu avec de la vodka. Dans un mauvais jour, cela peut devenir encore plus acrobatique. Il faut absolument vider son assiette, car les cuisiniers russes sont très susceptibles

 

Tor cuisine pour sa demi-sœur Laila

 

« Laila observait Tor tandis qu’il faisait à manger. Il était comme un poisson dans l’eau en cuisine. Il préparait une soupe et un plat avec du poulet, qui paraissait extrêmement compliqué, avec des œufs de la farine et de la chapelure. Il fit une incision dans deux gros filets de poulet et les farcit avec une noisette de beurre congelé avec de l’ail et du persil haché, puis avec des lardons grillés finement coupés, avant de les enrouler et de les refermer avec des brochettes en acier. Ensuite il les trempa dans de la farine, puis dans un œuf battu et enfin dans la chapelure, dans laquelle il avait mélangé du fromage râpé. Il les mit à griller dans une poêle, tandis que dans une casserole il fit cuire des pommes de terre qu’il avait coupées grossièrement. Leila comprit qu’il avait prévu de faire une purée.

L’odeur de nourriture lui avait ouvert l’appétit.

 

[…]

 

Elle était assise avec sa quatrième bière de la soirée et se sentait légèrement ivre.

 

[…]

 

Il remua le contenu de la casserole. Une bonne odeur de cuisine embaumait la pièce, et elle sentait légèrement engourdie par l’ivresse.

 

[…]

 

Ils éclatèrent tous les deux de rire. Tor sortit une bouteille de vodka d’un placard et remplit à ras bord deux verres qui ressemblaient à des verres de schnaps, mais en plus grands. Il lui en tendit un.

 

  • À la nôtre, dit-il.

 

  • À la nôtre.

 

  • Tu es une femme, tu n’es pas obligée de boire cul-sec.

 

Il vida son verre d’un trait. Laila l’imita et sentit aussitôt une intense chaleur se répandre dans son ventre à ses membres. C’était fort, mais exquis. Elle allait devoir faire attention. Elle était en train de s’enivrer, il valait mieux ne pas perdre le contrôle. Généralement, elle tenait plutôt bien l’alcool, mais les Russes étaient réputés pour avoir une bonne descente.

 

Tor prit un cornichon et se mit à le mâcher avec délectation. Il en planta un sur sa fourchette et le lui tendit. Il était délicieux et atténua quelque peu le goût puissant de la vodka.

 

  • Seuls les alcooliques boivent sans manger…

 

[…]

 

Goûte ta soupe.

 

Elle était chaude et veloutée. C’était une soupe de légumes aux brocolis, choux-fleurs, oignons, carottes et céleri, avec du bouillon de volaille et de l’ail. Elle avait un goût fantastique.

 

  • Merde, c’est délicieux, Tor.

 

  • Merci.

 

L’espace d’un instant, il parut heureux et son visage enfantin resurgit. Il leur servit un autre verre de vodka.

 

  • Doucement, Tor, je vais être soûle.

 

[…]

 

C’est vraiment bon. Santé, frangin.

 

Cette fois, elle s’abstint de vider son verre, contrairement à lui. Puis il remplit à nouveau leurs verres à ras bord. Lorsqu’ils eurent terminés de manger leur soupe, il retira les assiettes et les mit dans le lave-vaisselle. Il vida l’eau des pommes de terre et les écrasa à l’aide d’un presse-purée, avant d’ajouter du lait, puis du beurre dans la casserole, qu’il posa sur la table. Il prit les filets de poulet, les disposa dans les assiettes et les apporta.

 

Suivant son exemple, Laila se servit une cuillerée de la purée onctueuse et coupa en deux son filet de poulet, d’où s’écoulèrent un filet de beurre fondu à l’ail et au persil et les petits morceaux de lardons grillés. C’était une sensation merveilleuse d’avoir en bouche ce mélange de viande de poulet tendre et de beurre chaud, qui se marient à la perfection avec la panure.

 

  • Tu n’as jamais songé à ouvrir un restaurant ? Qu’est-ce que c’est demanda-t-elle.
  •  

Il la gratifia de son sourire juvénile.

 

  • Du poulet à la Kiev. Mais ne te laisse pas abuser par le nom. La recette a été inventée à Moscou. Pas par les fascistes de Kiev.

 

  • Des fascistes ? C’est comme ça que tu les vois ?

 

  • Oui.

 

 

LLes meilleures Vodkas ICI
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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 07:00
Crédit Photo: L’attaque du Palais d’Hiver, à Petrograd, le 25 octobre 1917. DR

Crédit Photo: L’attaque du Palais d’Hiver, à Petrograd, le 25 octobre 1917. DR

Oser se moquer de l’orthographe douteuse du leader gilet jaune Éric Drouet c’est du mépris de classe selon la corporation des sociologues de salon, pourtant l’intéressé l’avoue lui-même, il n’est pas issue d’un milieu défavorisé, il est allé à l’école où il n’en a pas foutu une rame, mais pour nos intellos parisiens majoritaires nous devons ne pas brocarder les c’est pas de leur faute.

 

Les inégalités je ne les nie pas, elles existent, mais la grosse valise du « mépris de classe » me gonfle.

 

Tous ces « chanteurs de charme » devraient se souvenir que le meilleur booster du fameux néo-libéralisme fut la faillite du socialisme réel que la plupart d’entre-eux ont soutenu jusqu’au bout et que le pays phare du néo-libéralisme est la Chine communiste tant encensée au temps de Mao.

 

Mais ils ne sont pas à ça près, leur principal ennemi ce sont les socio-démocrates, ces social-traîtres tels Mendès-France, Rocard d’Estaing, le candidat de l’URSS en 81 était le déplumé de Chamalières, ce brave Georges Marchais éructait avant de venir la queue basse, via Juquin, à la grande fête de la Bastille de mai 81.

 

Tout ce petit monde est le meilleur allié d’Emmanuel Macron pour sa réélection !

 

Les gilets jaunes et leurs soutiens intéressés devraient se souvenir du précédent de mai 68 où le mouvement soutenu par une majorité déboucha aux élections de juin sur un raz-de-marée gaulliste.

 

La France, grand pays de râleurs est un pays conservateur, la conjonction de l’irruption de Macron, de la connerie de Fillon, le ralliement de Bayrou, ont démontré que la majorité de ce pays était dans le marais du en même temps.

 

C’est pour ça que Mélenchon, contrairement à sa vieille idole de Mitterrand, ne croit pas que le pouvoir est dans les urnes mais dans la rue.

 

Troskyste un jour, trotskyste toujours, le vieux Léon reste un avatar bolchévique.  

 

La France reste le dernier grand refuge de l’extrême-gauche Alain Dugrand, dans « Libération : un moment d’ivresse » écrit

 

« Se réclamant des thèses de la révolution ininterrompue chère à Léon Trotsky, le gros des étudiants communistes selon les chapelles se répartissaient en multiples sacristains de la Ive Internationale. Ils se divisaient, à grands traits entre posadistes, pablistes, frankistes, bourdiguistes ou lambertistes. Sous pseudonyme – les « faux blazes » –, la piétaille avait l’embarras du choix : Organisation communiste internationale (OCI), ses segments, Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS), Comité de liaison des étudiants révolutionnaires (CLER). C’était encore l’énigmatique Lutte Ouvrière (LO), jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), Voie communiste (VO), enfin une foldingue alliance marxiste-révolutionnaire (AMR). Un Who’s Who discret permettait d’identifier sympathisants trot’s et notables recrues. Chez les lambertistes OI, dits « lambertos », on comptait un futur Premier Secrétaire du PS, Lionel Jospin, beaucoup de gens du spectacle, Alain Corneau, Nadine Trintignant, Pierre Arditi  et Bertrand Tavernier. À chaque congrès syndical, un fort détachement OCI renouvelait l’état-major de l’antistalinienne Force Ouvrière, ainsi les bureaucrates et futurs parlementaires socialos Cambadélis, Assouline ou Mélenchon. « Lamberto » alors est une expression dépréciative en usage chez les militants JCR qui deviendra Ligue Communiste révolutionnaire (LCR) après sa dissolution d’État en 1968. »

 

« Tout comme la syndicaliste du Crédit lyonnais Arlette Laguiller, la voix du jazz Nicole Croisille se revendiquait de LO, tandis que la LCR d’Alain Krivine accueillait le comédien Michel Piccoli, le futur réalisateur néo-com Romain Goupil, les journalistes Hervé Chabalier, Edwy Plenel, le philosophe libertaire Daniel Bensaïd, Philippe Constantin, futur directeur artistique de la firme discographique Pathé, l’Ariégeois moniteur  de tennis Jean-Pierre Bel, qui deviendra président du Sénat… Adeptes de l’entrisme dans les associations socialos, « sociflardes », les ateliers « philosophiques », on remarque le futur sénateur européiste Henri Weber, une brassée de secrétaires fédéraux du futur PS, ainsi que l’inspecteur du travail Gérard Filoche, mais encore Julien Dray, préposé de SOS-Racisme, machin mitterrandien communautariste… »

 

Que du beau monde !

 

Les survivants au rang duquel trône notre Raïs des insoumis Mélenchon, et les petits nouveaux : le gentil facteur du NPA Olivier Besencenot et le pauvre Poutou, le médiatique Ruffin, la féministe Clémentine Autin, les seconds couteaux Garrido et son homme Corbière, les bourgeois Miller et Lancelin se sont jetés sur les gilets jaunes comme la vérole sur le bas-clergé.

 

Nous avons vu le nouveau documentaire « J'veux du soleil » de François Ruffin ICI 

 

Le PC, longtemps dominateur, vilipendant les gauchistes , le gauchisme étant la maladie infantile du communisme, est subclaquant et comme le PS qui lui permettait de survivre est lui-même en pleine déliquescence grâce au gros Hollande.

 

En appui, bien sûr, les pondeurs de copie, en rangs serrés, tout ce que notre beau pays compte d’experts en sociologie. Des immeubles entiers.

 

Des petits bourgeois qui feraient bien d’aller partager le pain et le sel avec ces gilets jaunes sur le dos desquels ils adoptent la stratégie du coucou. Ruffin qu’est un petit futé, Mélenchon devrait se méfier il a des ratiches longues le petit François qui hait l’Emmanuel, s’est contenté de les filmer. Ça permet de maîtriser le scénario.

 

Dans mon boulot de médiateur j’en ai eu beaucoup de gilets jaunes en face de moi, des en chair et en os pas des fantasmés que l’on couche dans un point de vue dans Libé.

 

Ça me rappelle une anecdote rapportée par Bernard Lambert lorsqu’il fut élu député contre André Morice et qu’il se retrouva à la table de grands bourgeois de gauche, et y’en avait un paquet sous la IVe, se vit traiter comme le péquenot qu’il était. ICI 

 

Mon grand-père Louis, mon père son fils Arsène n’avaient pas leur certificat d’études ils écrivaient et s’exprimaient dans un respect de la langue. Mon père, grand amateur de politique, fut conseiller municipal, adjoint chargé des travaux. Ils sont mes références bien plus que la cotriade des sociologues ou pire les ramenards cavistes qui vendent du vin nu aux bobos.

 

Bref, le mépris de classe je l’ai vécu dans ma Vendée crottée du temps des maîtres.

 

Dans La vie d’un simple Émile Guillaumin retrace la vie des métayers au service de propriétaires profiteurs. La vie de ces paysans est précaire et soumise aux » ordres » du prêtre et du propriétaire. Nous sommes dans le Bourbonnais, M. Fauconnet le propriétaire rend visite à la ferme de tiennon tous les quinze jours.

 

« Les femmes se précipitaient pour tenir sa monture, appelaient bien vite mon père qui s’empressait d’accourir – tant loin fût-il – pour lui montrer les récoltes et les bêtes, lui donner toutes les explications désirables. M. Fauconnet tutoyait tout le monde, jeunes et vieux, hommes et femmes. »

 

« Bonjour notre maître… »

 

Souvenir du maître derrière la bascule lors des battages qui tarait lui-même les sacs de blé soumis au partage des fruits du métayage.

 

Mépris de classe, oui.

 

Même aujourd’hui j’en conviens, les BHL, les hauts fonctionnaires, les grands patrons, le pratique sans aucune retenue.

 

Mais, les nouvelles bonnes sœurs de l’extrême-gauche pratiquent plus insidieusement le mépris de classe en brossant dans le sens du poils des gilets jaunes avec lesquels ils  ne passeraient pas leurs vacances dans leurs datchas apparatchiks.

 

C’est la stratégie chère à Lénine, Trostsky et consorts qui a enfanté un Staline puis plus d’un siècle de règne d’apparatchicks corrompus et incompétents.

 

Alors cueillir le pouvoir dans la rue c’est possible mais pour quoi en faire en suite ?

 

Faire du chavisme mâtiné de castrisme...

 

Là est la question et je ne suis pas sûr que les Français soient mûrs pour l’aventure.

 

Quelques infos sur le les bolcheviks puisées à des sources « amies »

 

« L’année 2017 marquera le centième anniversaire de la révolution d’Octobre en Russie. Le mérite de l’historien américain Alexander Rabinowitch est de rendre à cette insurrection, dont Petrograd (Saint-Pétersbourg) fut l’épicentre, sa dimension concrète, humaine et politique, loin des poncifs. Il raconte les événements et les mobilisations qui amenèrent les bolcheviks à renverser le gouvernement d’Alexandre Kerenski par un travail systématique et efficace dans la classe ouvrière et dans l’armée. Si l’on ne peut sous-estimer le rôle personnel de Lénine, l’ouvrage montre que le parti bolchevique, loin d’être monolithique, était traversé à tous les niveaux par des contradictions et des débats. Ses différentes instances disposaient d’une autonomie d’action grâce à laquelle elles pouvaient mesurer au plus près le degré de mobilisation politique dans la ville et éviter l’aventurisme. Cette souplesse et cette diversité leur permirent de traduire les aspirations populaires — la terre aux paysans, la fin de la guerre —, ce qui rendit possible leur victoire. »

Version officielle dans le Monde Diplomatique repère d’anciens communistes Alain Gresh

 

« Ils ont osé ! » : Les bolcheviks et le choix de la prise du pouvoir

Tiré du site NPA

 

« Lénine, Trotski et leurs amis ont été les premiers qui aient montré l’exemple au prolétariat mondial ; ils sont jusqu’ici encore les seuls qui puisent s’écrier : J’ai osé ! ». Par cette phrase, Rosa Luxembourg mettait le doigt sur une leçon majeure de la révolution d’Octobre : si les crises révolutionnaires ont été historiquement nombreuses, rares sont les cas où elles ont pu permettre aux socialistes de prendre le pouvoir.

 

Pour ce faire, il est en effet nécessaire de disposer d’une direction capable « d’oser » au risque de tout perdre, ce que les dirigeants du parti communiste allemand n’ont par exemple pas su faire en 1923, lorsque leurs tergiversations leur ont fait perdre une occasion historique de prendre le pouvoir, condamnant la classe ouvrière allemande à subir les horreurs du nazisme.

 

Une stratégie pragmatique ICI 

 

Le terme de bolchevisme, dérivé du substantif abstrait bolchinstvo (majorité), désigne la théorie révolutionnaire de Lénine et la praxis du Parti bolchevique dont celui-ci fut le fondateur, le dirigeant et le stratège. Les origines et l'évolution sémantique de ce mot, lointain souvenir d'un jargon d'exilés qui n'est entré dans le langage politique qu'à partir de la révolution de 1917, illustrent les vicissitudes, les métamorphoses du phénomène même qu'il désigne.

 

« D'abord, c'est un mot parfaitement incolore » (Berdiaev). Son origine remonte à 1903, au IIe congrès du P.O.S.D.R. (Parti ouvrier social-démocrate de Russie). Réuni initialement à Bruxelles, puis contraint de siéger à Londres, ce congrès fut le point de départ de la plus grave division qu'ait connue la social-démocratie. Après le congrès, pour désigner les protagonistes des deux tendances majeures qui s'y étaient affrontées, on nomma « bolcheviks » (c'est-à-dire membres de la majorité) les partisans de la conception de Lénine, et « mencheviks » (minoritaires) ceux dont le chef de file fut Martov.

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 06:00
Klement Voroshilov, Maxim Gorki, Joseph Stalin  Global Look Press

Klement Voroshilov, Maxim Gorki, Joseph Stalin Global Look Press

Djougachvili, Iossif Vissarionovitch dit Staline

 

Pechkov, Alexeï Maximavitch, dit Gorki Maxime

 

En russe, les noms de personnes se composent du prénom, du patronyme (formé sur le prénom du père, en – evna ou – ovna pour les femmes, en – evitch ou – ovitch pour les hommes) et du nom de famillee (par exemple, Maria Fedorovna Andreëva, Alexeï Maximavitch Pechkov)

.

Nommer ou interpeller quelqu’un par son prénom et son patronyme est une marque de respect.

 

Lire un roman traduit du russe est un réel chemin de croix car il faut mémoriser nom et prénom, dans le roman Diavolina de György Spiró il y a un index de 9 pages et demi des noms.

 

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« Entrée comme bonne dans la maison du grand écri­vain russe Maxime Gorki, celle qu’il surnomma Diavolina (diablesse) devint avec le temps son infirmière, sa confidente, son rempart contre le monde.

À l’automne de sa vie, elle se souvient. Avec iro­nie, humour et perspicacité, elle fait le portrait de son maître, mais aussi de son entourage : H. G. Wells, Romain Rolland, Moura Budberg, Nina Berberova, Stanislavski, Lénine, Staline, Molotov… et se délecte de leurs faiblesses et hypocrisies. Ici, c’est une femme du peuple qui observe sans concession ceux qui pré­tendent le diriger en son nom…

 

Le romancier et homme de théâtre hongrois György Spiró parvient à rendre palpables toutes les facettes et contradictions de la vie de Maxime Gorki – loin des stéréotypes et des livres d’histoire – grâce à cet impertinent récit de celle qui accompagna sa vie sans jamais devenir sa femme.

 

« Inculte, rigide, violente, limitée, hypocrite, pudibonde, jalouse, méchante, bornée, glaciale, cruelle, le type même de la nouvelle génération de communistes. »

 

« En dépit d’un index à mon goût un rien sommaire, le lecteur est assommé par une profusion de noms, de présences autour de Gorki. Pas toujours facile de démêler qui ils sont et surtout quelle fut leur place dans les saloperies, surveillances et délations, qui pullulaient dans la cours du grand auteur. Il faut abandonner sa posture de surplomb, accepter cette version de l’histoire pour jouir de toute sa virtuosité, son très haut comique d’un point de vue attendrie mais jamais dupe pour raconter les « haines tenaces {qui} sous-tendaient cette compagnie. » Un regard domestique, proche de tout ceci mais assez en retrait pour en voir les dissimulations nous offre alors un portrait assez saisissant de Gorki, de ses silences et de ses protestations, les manières dont il voulait aider les écrivains et dont son soutien fut un piège. Sans doute fallait-il alors toute cette présence pour donner à voir cette surveillance sans visage, cette trahison sans nom, cette responsabilité à la fois individuelle et collective. »

 

ICI 

 

EXTRAIT

 

Peu de temps avant que Gorki ne meure :

 

« Krioutchkov est venu nous annoncer qu’il avait reçu un appel téléphonique – Staline, Molotov et Vorochilov devaient venir.

 

Alexis (n.d.l.r. Gorki) s’est animé. Même Vorochilov ?

 

Krioutchkov et Timocha ont cru qu’il s’agissait d’une manifestation de joie, et j’ai failli éclater de rire : il tenait Vorochilov pour un crétin.

 

Ils sont arrivés ivres et ont demandé du vin rouge. Le chef de cuisine est allé chercher en toute hâte trois bouteilles de bourgogne et les a ouvertes.

 

Staline était furieux de nous voir nous presser autour d’Alexis. Moura, qui était assise à son chevet toute vêtue de noir, lui déplaisait. Qui est cette femme en noir, une bonne sœur ? Krioutchkov lui a expliqué qui elle était. Staline  a dit qu’il manquerait juste qu’elle tienne une bougie, puis il a dit en me montrant du doigt que la femme en blanc qui le soignait pouvait rester, mais les autres du balai ! Moura, Katerina et Timocha se sont éclipsées, honteuses. Krioutchkov les a suivies. Staline a encore aperçu Iagoda, en bas, et lui a crié brutalement d’aller au diable. Iagoda s’est retiré. Rakitski avait déjà quitté la pièce en douce, en entendant arriver la voiture.

 

[…]

 

Ils avaient bu leur vin ; Staline a demandé du champagne, on en a apporté. Staline, le grand guérisseur des peuples, a dit à Alexis de ne pas boire. Les autres buvaient. Comme si nous étions à un repas funèbre avant l’heure. Vorochilov était cramoisi ; en partant, il a embrassé Alexis sur la joue.

 

Staline, Molotov et Vorochilov sont revenus le 12, à deux heures du matin, ils ont eu du mal à descendre de voiture. Parmi les médecins, Kontchalovski était de garde, les autres dormaient ; il est entré, ressorti, et a déclaré qu’Alexis dormait et qu’il n’allait pas le réveiller. Les trois ivrognes se sont à nouveau entassés dans leur voiture. Je n’aimais pas Kontchalovski, c’était une enflure, mais il avait fait preuve de courage, vu qu’il aurait pu en prendre pour dix ans.

 

[…]

 

En apprenant que les dirigeants revenaient, je lui ai fait neuf injections de camphre, soit vingt centimètres cubes, ce que tus les livres interdisent. Alexis s’est animé. Nous l’avons assis dans son fauteuil, je lui ai lavé le dos, mis du talc sur ses escarres, et il a dit : C’est le paradis. Speranski est revenu à la charge avec le bêtabloquant, mais je ne lui en ai pas administré. Quand les visiteurs sont rentrés, Alexis leur a parlé avec ardeur de la situation des paysans français. Staline et les camarades étaient embarrassés. Alexis me faisait des clins d’œil. J’ai tourné le dos pour qu’on ne voie pas rire. Il avait l’impression de les avoir vaincus, il tenait des propos hors sujet, et ils étaient obligés de l’écouter. Il avait de nouveau roulé Staline. C’était sa principale occupation depuis des années.

 

Les dirigeants ont bu deux bouteilles de vin chacun, puis sont repartis.

 

NB. Gorki était tuberculeux depuis l’âge de 11 ans et en ce temps-là il n’existait pas de médicament pour l’éradiquer.

 

Krioutchkov Piotr Petrovitch (1889-1938) secrétaire de Gorki et amant de Maria Fiodorovna accusé de l’assassinat de Gorki fusillé

 

Timocha Pechkova Nadejda Alexeïevna (101-1971) épouse de Maxime le fils de Gorki

 

Molotov  Viatcheslay Mikhaïlovitch (1890-1986) diplomate soviétique membre du Politburo de 1926 à 1957

 

Vorochilov Kliment Iefremovitch (1881-1969) militaire et homme politique soviétique

 

Moura, Budberg née Zakrevskaïa, Maria Ignatevna (1992-1974) secrétaire maîtresse de Gorki et de H.G. Wells

 

Katerina Pechkova Ekaterina Pavlovna (1876-1965) ex-épouse de Gorki, mère de Katia et de Maxime

 

Iagoda Guenrikh Grigorievitch (1891-1938) chef de la Tchéka police secrète soviétique amant de Timocha liquidé par Staline.

 

Rakitski Ivan Nikolaïevtich peintre

 

Kontchalovski médecin de Gorki accusé de l’assassinat de Gorki fusillé

 

Speranski médecin de Gorki  lui s’en ai tiré

 

Tout de même, que savait-il (Aragon)  sur le Goulag?

 

Pierre Daix : La capacité des hommes à vouloir croire est immense. Ceux des années 30 ont misé sur Staline contre Hitler. Evidemment, le pacte germano-soviétique a dessillé les yeux de la plupart. Pas ceux d'Aragon. Gorki, l'homme des exclus, considérait le goulag comme une extraordinaire école de rééducation. En 1935, Aragon l'a simplement cru. Mais dès 1952 il a commencé à savoir des choses et l'on peut à juste titre lui reprocher de ne jamais s'être expliqué sur le sujet. C'était son côté membre du comité central.

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 06:00
Crédit photos ©SandrineKauffer

Crédit photos ©SandrineKauffer

À l’origine fut le faisandage :

 

« Un ami vétérinaire me dit plus tard qu’il était parfaitement sain de manger le « steak siffleur ». les bacilles qui empoisonnent les humains, disait-il, sont sur la viande uniquement lorsqu’elle commence à pourrir. Quand elle devient verte elle n’est plus toxique. L’eau et le feu avait à la fois détruit le bacille et l’odeur. »

White 1981

 

Le faisandage cher aux bécasses de Montaigne, le faisan conservé jusqu’au verdissement de l’abdomen de Brillat-Savarin, n’est plus prisé de nos jours, il faut dire qu’il engendrait la goutte, mais les viandes sont maturées en chambre froide.

 

La maturation du bœuf depuis Le Bourdonnec est tendance.

 

Si le faisandage a disparu, ou presque, les produits carnés fermentés existent toujours au XXIe siècle surtout sous la forme de viandes séchées salées ou non.

 

« Des fermentations de produits carnés séchés en lamelles, identiques à celles des chasseurs-cueilleurs du paléolithique, se pratiquent encore sur tous les continents, sous la même forme aujourd’hui qu’hier. »

Marie-Claire Frédéric 

https://nicrunicuit.com/

 

« Ils mangent indifféremment de toutes sortes de chairs mortes ou tuées ; car entre tant de troupeaux de bêtes qu’ils ont, il n’est pas possible qu’il n’en meure beaucoup d’elles-mêmes ; toutefois en été, tant que leur koumis ou vin de jument dure, ils ne se soucient pas d’autre nourriture ; de sorte que si alors il arrive que quelque bœuf ou cheval meure, ils le sèchent, coupé par petites tranches, le pendant au soleil et au vent ; ainsi la chair se sèche, sans sel ni aucune mauvaise senteur. »

Rubrouquis 1888

 

Après le séchage, la salaison figure parmi les plus anciens de moyens de conservation de la viande. Elle fait intervenir une fermentation lactique. La viande peut être salée à sec avant d’être séchée, ou fumée, comme les jambons crus.

 

« Les Égyptiens, eux, salaient la viande des palmipèdes, des cailles et d’autres petits oiseaux. Au IVe siècle, les Cosséens (un peuple des montagnes de Perse vaincu par Alexandre le Grand) salaient la chair des animaux carnassiers, raconte Diodore de Sicile. En Mésopotamie, d’après Strabon, on salait et on consommait la chair des chauves-souris. En Éthiopie, selon Pline, en Lybie, selon Jérôme de Stridon, les Acridophages (littéralement les « mangeurs de sauterelles ») récupéraient les sauterelles qui s’abattaient au printemps en grosses nuées, en les étouffant grâce à de la fumée. Ils les salaient et elles constituaient, dit-on, leur seule nourriture car ils ne s’occupaient ni d’agriculture, ni d’élevage. »

 

« Les viandes salées et en même temps fumées sont encore des spécialités de pays de l’Europe du Nord. Ces régions, longtemps couvertes de forêts, abritaient des civilisations de chasseurs (ou de pêcheurs près de la mer) habitués à un régime carné.

 

Renne, mouton, canard, porc, sanglier…

 

Aujourd’hui cap sur la Norvège !

 

« 1554, les historiens ont retrouvés les premières traces du Fenalår dans les épopées des vikings », raconte Eidis W. Biehler. gérante de Saveurs de Norvège. « Ils ont ramené de leurs voyages des techniques de salaison apprises en Espagne, au Portugal et en France pour les associer avec leur matière première; l'agneau d'excellente qualité. »

 

C’est un produit haut de gamme, qui a obtenu l'IGP Norvégienne en 2014 auprès de Matmerk (équivalent de l’INAO Français en Norvège)

 

L’IGP européenne (je rappelle que la Norvège ne fait pas partie de l’UE) a été obtenue le 26 septembre 2017

 

Nina Sundqvist, la directrice Générale de Matmerk s'est dit ravie que la France découvre « enfin le met de nos ancêtres les vikings que nous apprécions depuis plus de 1000 ans ». 

 

« Cette IGP, nous la devons également à la France qui l’an dernier a invité la Norvège comme pays d’honneur au festival de l'AOC qui s'est déroulé en Normandie. Ce rendez-vous nous a inspiré et donner envie de faire connaître le Fenalår en France. Le résultat est visible aujourd'hui", dit-elle, « Les vikings importent le Fenalår en France, le pays le plus réputé pour sa Gastronomie », sourit-elle.

 

Un consortium de 9 producteurs, présidé par Per Berg (Gilde) s'est fédéré pour promouvoir le Fenalår

 

Les agneaux sont élevés au grand air dans les fjords norvégiens.

 

Le Fenalår est le gigot des agneaux salé, séché et affiné pendant 8 longs mois.

 

C’est un must, un produit rare, seul 30 producteurs le fabriquent dans le monde, donc c’est un produit haut de gamme.

 

« Nous avons en Norvège une longue tradition de salaison et de production de charcuterie qui remonte à l’époque des vikings. Cette tradition s‘ancre dans les montagnes et le climat norvégiens, particulièrement adaptés au séchage de nombreux produits dont la viande. Les agneaux broutent dehors dans la nature sauvage de Norvège de mai à septembre et leur alimentation est naturellement riche en Omega 3. Le salage, artisanal, est réalisé avec le plus grand soin (pas d’injection de sel) et le séchage dure de 5 à 9 mois. Le Fenalår de Norvège a une belle couleur rougeâtre uniforme, une texture moelleuse mais ferme et un goût salé équilibré.

 

Dans la variante « Traditionnelle », le taux de sel est au maximum de 9% et la « perte » est d’au moins 30% (la perte représentant la différence entre le poids du gigot frais et celui du Fenalår).

 

La variante « Affinée » présente un taux de sel inférieur à 7% et une perte de minimum 35%.

 

Le Fenalår de Norvège peut être aromatisé avec des épices, des herbes, des baies ou du miel. Celui de Tind spécialement sélectionné par la Grande Epicerie est parfumé à l’ail et au romarin.  (déconseillé au hallebardier de B&D)

 

 

 

La dénomination « Fenalar fra Norge » désignant un jambon d’agneau ou de mouton d’origine norvégienne est enregistrée en tant qu’indication géographique protégée (IGP). 26 septembre 2017

 

« Fenalar fra Norge » désigne un jambon d’agneau ou de mouton d’origine norvégienne qui est salé, séché et affiné, parfois fumé. Il se décline en deux variétés : « traditionnel » et « affiné ». Le jambon peut être soit entier, soit partiellement ou complètement désossé. Les sabots et la partie inférieure de la patte sont généralement entièrement ou partiellement retirés.

 

Le « Fenalar fra Norge » a une belle saveur de viande équilibrée et ne présente pas un goût d’ovin très marqué. Son odeur doit être franche, celle d’une viande maturée, et son goût, moyennement salé. La teneur en sel de la variété affinée doit être inférieure à 7 %. Celle de la variété traditionnelle doit être inférieure à 9 %. Les pièces marinées ou épicées prendront le goût des épices utilisées. Les parfums les plus communs sont le romarin, l’ail, le poivre, le thym, les baies et le miel.

 

Le « Fenalar fra Norge » doit présenter une couleur uniforme rougeâtre, être tendre et avoir une consistance moyennement ferme à ferme, et être exempt de moisissures. La viande ne doit pas être sèche sur les bords et sa graisse doit avoir une couleur légèrement dorée.

 

La variété traditionnelle doit présenter un taux de dessiccation de 30 % minimum et la variété affinée, de 35 % minimum. La durée normale de séchage et d’affinage est de 3 à 6 mois pour le « Fenalar fra Norge » traditionnel et de 5 à 9 mois pour l’affiné. D’une manière générale, le « Fenalar fra Norge » est vendu avec une aw (activité de l’eau) inférieure à 0,90.

 

La méthode de fumage habituelle consiste à fumer la viande à froid avec des copeaux de bois de hêtre. Dans certains cas, le hêtre est remplacé par du genévrier.

 

Le poids normal d’une cuisse entière après séchage est compris entre 1,4 et 2,1 kg pour l’agneau. Pour les animaux adultes, ce poids est compris entre 2,0 et 4,2 kg.

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 06:00
Le jour où les producteurs de chou-fleur de la ceinture dorée en eurent marre de se serrer la ceinture ils partirent en « guerre » contre de Gaulle…

Au matin la nouvelle est tombée sur mon télescripteur Twitter : « consommation de #choufleur représente 2 kg par ménage acheteur et par an »

 

Ha, le chou-fleur breton de Saint Pol-de-Léon ! La ceinture dorée...

 

La ceinture dorée ?

 

La proximité de la mer (Manche) et l'influence de la Dérive nord atlantique, prolongement du Gulf Stream, a favorisé l'agriculture maraîchère et en particulier les primeurs, surtout à partir de la 2e moitié du XIXe siècle, lorsque la création du réseau ferroviaire en 1883 a facilité l'acheminement des productions vers les grandes villes et régions de consommation. La richesse du sol (couverture de lœss d'origine périglaciaire recouvrant un plateau granitique) explique aussi pour partie cette agriculture maraîchère. La richesse de sa terre était aussi traditionnellement accrue par l'utilisation d'engrais (goémon) et d'amendements (maërl) marins.

 

 

saint-pol champ

 

Qui se souvient que le 8 juin 1961, éclatait la guerre des choux-fleurs ?

 

A sa tête, Alexis Gourvennec qui a été élevé dans les champs de choux-fleurs et d'artichauts. Fils de paysan miséreux, il est repéré par les curés qui l'incitent à poursuivre ses études. Dans les années 50, les charretées de choux-fleurs se vendent encore de gré à gré entre le producteur et l'expéditeur.

 

Né à Henvic au cœur de la zone légumière Alexis Gourvennec a 20 ans à cette époque. Tribun hors pair et doté d'un pragmatisme à couper le souffle il réussit à mobiliser une « armée de paysans » en leur proposant simplement d'être acteurs de leur propre développement.

 

« Les exploitants, qui ne tiraient pas le juste prix de leur production, ont voulu reprendre la main sur les expéditeur »  explique Louis-Roger Dautriat, auteur d’Alexis Gourvennec : paysan-directeur général. Alexis Gourvennec va bouleverser les relations producteurs-revendeurs.

 

Le 8 juin, les agriculteurs occupent la sous-préfecture de Morlaix pour asseoir le nouveau pouvoir des organisations de producteurs. Les barrages routiers et les sabotages de lignes téléphoniques gagnent toute la Bretagne puis la France jusqu'en août. La justice inflige quinze jours de prison aux leaders du mouvement, mais Alexis Gourvennec sort vainqueur du bras de fer. Edgar Pisani est nommé ministre de l'Agriculture, et le renforcement des organisations de producteurs est entériné.

 

« Quelques 4000 paysans montés sur des tracteurs envahirent la ville de Morlaix et occupèrent la sous-préfecture pendant quelques heures – à titre symbolique et sans recourir à la violence. Cette nuit-là, les deux principaux organisateurs (ndlr Gourvennec et Léon) furent arrêtés, et les représentants du gouvernement annoncèrent leur intention de faire des exemples avec les coupables. Malheureusement pour le gouvernement, ces organisateurs se trouvaient être parmi les jeunes dirigeants syndicalistes les plus en vue de la région. L’un d’entre eux, Alexis Gourvennec, était un ancien jaciste qui, à 24 ans, était déjà vice-président de la fédération départementale d’exploitants agricoles. En autre région de la France, les jeunes syndicalistes n’étaient si nombreux ni si bien organisés ; beaucoup s’étaient récemment battus en Algérie, et étaient familiers des techniques de guérilla et de contre-guérilla. »

 

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À l’image des Veiling hollandais, qui fonctionnent selon un système d'enchères dégressives va créer une Société d'intérêt collectif agricole (Sica) en mars 1961, et impose le marché au cadran. La SICA de Saint-Pol-de-Léon plus connue de nos jours par la marque Prince de Bretagne.

 

Il obtiendra des pouvoirs publics la construction d'un port en eaux profondes à Roscoff, il lancera une compagnie maritime afin d'exporter les choux fleurs du pays de Léon vers le marché anglais et accessoirement transporter des passagers et leurs voitures : Brittany Ferries, bien plus connue en Grande-Bretagne qu'en France, navigue toujours, se situe au premier rang de l'armement naval français et emploie quelque 2.500 personnes.

 

Gourvennec, le révolté devenu un puissant notable, président du Crédit Agricole du Finistère, fut aussi un des pionniers de l'agro-business breton, en créant une des toutes premières porcheries industrielles. Ce  «modèle» reposait sur un certain nombre de paramètres qui ne soulevaient aucune objection à l'époque mais qui, contrairement à Brittany Ferries, ont très mal vieillis. « Le mépris de l'environnement, les usines à cochons ou à poulets rejetant tranquillement leurs effluents nocifs et nauséabonds dans la nature, avec les effets que l'on sait sur l'état des nappes phréatiques en Bretagne et la dangereuse puanteur des algues vertes qui envahissent chaque année les plages du littoral breton, juste pour l'arrivée des estivants. La souffrance animale qui soumet producteurs et reproducteurs à un régime concentrationnaire. L'essor de la grande distribution, cheval de Troie de la «malbouffe», au nom de prix évoluant comme la qualité des produits, toujours plus bas. Et enfin, last but not least, les subventions massives à l'exportation apportées par la PAC (politique agricole commune), appelées «restitutions» dans le jargon bruxellois, et qui permettaient de déverser les excédents de production dans pays du Tiers Monde (on ne disait pas encore «émergents») au détriment des agriculteurs locaux expulsés de leurs propres marchés. »

 

Alexis Gourvennec s'est éteint le 18 février 2007 à Morlaix, à l'âge de 71 ans, des suites d'une grave maladie.

 

Le 27 février j’écrivais sur mon blog :

 

Ce matin, en saluant la mémoire d'Alexis Gourvennec, avec qui je me suis frictionné assez souvent, je  voudrais souligner qu'il faut, avant de vilipender ou de condamner un système, chercher à en expliquer les ressorts.

 

L'exploitation familiale à 2 UTH, invention des premiers technocrates de la Vème République, scellée dans le bronze des lois d'orientation agricole de Pisani, est la mère du productivisme tant décrié de nos jours. En décrivant cela, je ne justifie pas le système, je l'explique.

 

Quel choix autre laissait-on au jeune agriculteur s'installant sur une poignée d'hectares, pour vivre, pour tenter de vivre comme ceux de ses copains partis à la ville, bien logés dans des HLM flambants neuves, avec salle d'eau et chambre individuelle.

 

C'était tout de même mieux que la cohabitation avec les parents et les grands-parents, non ! Alors quand les tous nouveaux industriels de l'aliment du bétail : les Guyomarc’h et consorts faisaient le tour des fermes pour proposer des élevages intégrés, avec un revenu monétaire palpable, ils trouvaient des candidats.

 

Je peux en parler d'expérience, mon frère aîné Alain fut ainsi dragué par BVT la marque de Guyomarc’h, rattrapé par les cheveux grâce à la SICA-SAVA de Bernard Lambert, elle-même tombée dans l'escarcelle de Tilly pour finir dans celle de Gérard Bourgoin. Il n'a pas pollué les rivières, il s'est contenté d'élever des poules qui pondaient des œufs pour la reproduction. Le début de la chaîne industrielle, rien qu'un petit maillon, sans pouvoir sur la finalité du système qui l'intégrait.

 

Tout ça pour dire qu'on ne sort pas d'un système en le stigmatisant ou en proposant des solutions qui ne sont que des copié-collé d'une vision passéiste de la petite exploitation respectueuse de l'environnement. Que celle-ci soit une voie intéressante et importante pour certains produits, pour certains marchés c'est l'évidence. En faire le modèle unique, en revanche, participe de la même vision que celle qui animait les défenseurs de l'exploitation familiale à 2 UTH.

 

Je viens de nouveau de vous gratifier de mon petit couplet, reste à vous parler du chou-fleur.

 

Il y a chou-fleur et chou-fleur Quelle différence entre un chou-fleur italien des Pouilles et un chou-fleur de Paimpol ?

 

Le consommateur réclame de la qualité et de la sécurité pour ses aliments mais, en fin de compte, il s’attache surtout au prix. Les producteurs de légumes frais bretons veulent leur ouvrir les yeux...

 

La filière légumière (et elle n'est pas la seule) s'arrache les cheveux pour faire comprendre que la profession, ses producteurs et ses coopératives, ne ménage pas ses efforts pour répondre aux attentes sociétales en matière de qualité et d'environnement. Cette reconnaissance, qu'elle recherche avec insistance, elle ne la perçoit pas à sa juste valeur dans les rayons des grandes surfaces, qui devraient être une  'passerelle active' en direction des consommateurs, selon Jean-François Proust, responsable de la démarche qualité-environnement au Cerafel.

 

Première région légumière française, la Bretagne produit 850.000 tonnes de légumes frais de Saint-Pol-de-Léon à Saint-Malo, en passant par Paimpol. La moitié est vendue à l'étranger, essentiellement dans les pays de l'Union Européenne. « Nous avons sans doute commis l'erreur de ne pas faire connaître la politique de Prince de Bretagne dans ces domaines alors que notre marque commerciale est connue dans la France entière et sur le territoire européen », commentait Alexis Gourvennec, le président du Cerafel.

 

Des efforts qui ont un coût

 

La démarche de l'organisation économique régionale, aboutissant à la charte Qualiprince, peut se résumer en quelques points-clés : des cahiers des charges pour chaque légume, avec des règles précises de production et de conditionnement, le respect de bonnes pratiques agricoles, la sélection des variétés, la fertilisation raisonnée, la protection biologique intégrée...

 

« L'un des principaux objectifs est de réduire l'utilisation des produits de traitement phytosanitaires et des engrais minéraux», précise Jean-Guy Guéguen, le président de la section technique du Cerafel. A terme, l'objectif est d'arriver à la certification de la démarche. François Lafitte, le président d'Interfel, l'interprofession légumière nationale, affirme que « les producteurs bretons sont exemplaires ».

 

Acceptons-en l’augure et revenons au nom courant de « chou-fleur » qui prête à confusion car la partie que l’on consomme n’est pas une fleur contrairement au brocoli dont les parties mangées sont effectivement des fleurs au sens littéral du terme.

 

Le terme « chou-fleur » est apparu dans la langue française en 1611. Il vient de l'italien cavalo-fioreet, avant de prendre sa forme définitive, ce légume s’appelait en français « coliflori ». Le nom latin de la sous-espèce à laquelle il appartient, botrytis, signifie « grappe de raisins » par analogie de forme entre les fleurons du chou-fleur et la grappe de raisin.

 

 

Le chou-fleur est une plante herbacée bisannuelle de la famille des brassicacées (crucifères) cultivée comme plante potagère pour son méristème (Tissu biologique constitué de cellules indifférenciées formant une zone de croissance où se font les divisions cellulaires (mitoses), floral hypertrophié et charnu.

 

Le chou-fleur est une variété de chou commun, brassica alcacera, issue de plusieurs siècles de sélection. Son méristème a le plus souvent l’apparence d’une boule blanche tendre et compacte. Il s’agit d’un organe pré-floral, qui, si on le laisse évoluer continue sa croissance en tiges florales portant des fleurs jaunes ou blanches typiques -du genre brassica- puis finalement des graines.

 

Le chou-fleur classique, traditionnel est de couleur blanche, mais depuis quelques années des choux de couleur apparaissent sur les étals, ils sont jaunes, violets ou verts. Ces couleurs sont dues à des anthocyanes (Pigments naturels des feuilles, des pétales et des fruits situés dans les vacuoles des cellules).

 

D’où vient le chou-fleur ? Où est-il produit ? De quoi a-t-il besoin pour  bien pousser ? Que nous dit ce légume qui prend depuis quelques années des couleurs insolites sur les étals de nos marchés ?

 

Le chou-fleur est originaire du Proche-Orient, où on le récoltait déjà il y a plus de 2000 ans (le chou-fleur était cultivé en Égypte 400 ans avant notre ère). Très apprécié dans l'Antiquité par les Grecs et les Romains. Il tombe dans l'oubli avant que les Italiens ne l'introduisent en France et que le jardinier de Louis XIV, La Quintinie, ne le mette à la mode. Celui-ci importe alors ses graines de Chypre.

 

Au 17ème siècle, la culture du chou-fleur se développe de manière considérable. Il devient véritablement célèbre grâce à Louis XV en raffole…

 

Aujourd’hui, les plus importants pays producteurs sont la Chine, l’Inde, la France,  l’Italie et les Etats-Unis.

 

En France, la Bretagne (Finistère, côtes d’Armor, Ile et Vilaine) ainsi que la Normandie et le Nord sont les principales régions de production de chou-fleur. La Bretagne s’est tout particulièrement imposée en Europe dans la production du chou-fleur d’hiver avec des variétés à cycle long.

 

Le chou est un légume est symbole de fécondité, en effet selon la légende populaire, les garçons naissent dans les choux !

 

Source ICI  

 

Production (à destination du frais, hors transformation)

 

France : 269 098 tonnes

 

Essentiellement en :

 

- Bretagne: 84%

- Nord-Pas-de-Calais: 5%

- Normandie: 5%

 

Europe : 2 319 667 tonnes

 

La France est le troisième pays producteur, derrière l’Espagne et l’Italie.

 

Un chou-fleur pèse 1,5 kilo en moyenne. Il est généralement blanc mais peut aussi être vert, violet ou orange.

 

Le chou-fleur se déguste cru ou cuit. En salade, en gratin, en flan, en beignet, etc., vous trouverez forcément une recette qui vous plaise !

 

Le chou-fleur est l’un des légumes les moins caloriques. Par ailleurs, bien pourvu en vitamine C et en fibres, vous pouvez le consommer sans modération !

Le chou-fleur est disponible toute l’année.

 

J’en achète souvent. Je le fais cuire à la vapeur et le consomme en gratin avec une béchamel légère.

 

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 06:00
Au Mardi gras, l'hiver s'en va.  À mardi gras on mange gras c’est le beurre et l’argent du beurre

À tout seigneur tout honneur commençons par notre Emmanuel I er sous qui perce le futur Empereur des français, ils adorent ça les français,  même si notre cher Victor Hugo trempa sa plume dans le vitriol pour le dernier : Napoléon le petit (pourquoi tant de haine ? ICI 

 

« Je ne suis pas là pour beurrer les tartines » Emmanuel Macron, septembre 2016

 

« Au bon beurre », les BOF, ça mettra du beurre dans les épinards, compter pour du beurre, avoir un œil au beurre noir, faire son beurre, être beurré (éventuellement comme un petit LU), pas plus que de beurre en broche, tu n’as pas inventé le fil à couper le beurre (très gilets jaunes), comme dans du beurre (genre le gardien belge Thibault Courtois gardien du Real Madrid), battre le beurre, vouloir le beurre et l’argent du beurre et le sourire de la crémière, pas plus que de beurre en branche, la tartine tombe toujours du côté beurré, et ta sœur, elle bat le beurre ?

 

Je ne vais pas vous la beurrer épais comme le disent nos cousins de la belle province, le Québec : exagérer, mardi gras vient de passer sous mon nez sans que je ne vous ponde une de mes incomparables chroniques.

 

Désolé mais je faisais dans la chronique prise de tête.

 

Oui ça m’arrive, faut bien que quelqu’un s’y colle de temps en temps.

 

Bref, le mardi gras c’est quoi ?

 

Le Mardi gras est la journée festive qui précède le mercredi des cendres, un jour de fête dont la date variable est fixée 47 jours avant la Pâques.

 

Le Mardi gras ne donne pas lieu à un événement liturgique spécifique, mais consiste plutôt en des réjouissances avant  le carême qui aux temps anciens du moyen-âge était un long chapelet de privations : plus de fête, plus de danse, plus de plaisir et de sexe, et bien sûr ceinture du côté bouffe et buvaison.

 

Pourquoi gras ?

 

L'expression « faire gras » signifiait manger de la viande, par opposition à « faire maigre », soit jeûner.

 

Pour de rire aujourd’hui les vegan font maigre tous les jours, ça leur va bien au teint.

 

Mardi gras c’est dans certaines villes : le carnaval.

 

Le mot carnaval vient du latin « carne levarer » enlever/ôter la chair, c’est donc un jour où le fidèle peut faire bombance avant de commencer le jeûne qui durera jusqu'à Pâques.

 

En France, le plus connu est le carnaval de Dunkerque et en Italie celui de Venise.

 

« Si cette pratique n'est pas la reprise exacte d'une fête romaine, elle semble fortement s'inspirer de fêtes de l'Empire romain. Notamment la fête des Saturnales, laquelle se traduisait par un renversement provisoire de l'ordre établi. Concrètement, les esclaves jouissaient temporairement d'une grande liberté et pouvaient ainsi se livrer à des comportements interdits le reste de l'année. Mais aussi les calendes de Mars qui célébraient la venue prochaine du printemps, rite païen par excellence, lequel autorisait le déguisement et la transgression des interdits. On notera que les Bacchanales ou les Lupercales ont pu aussi servir de ferment au Carnaval sous sa forme actuelle.

 

Le carnaval a donc synthétisé une partie de ces traditions pour se traduire, à partir du 11e siècle, par un défilé populaire où chacun était libre de se déguiser et de parader dans les rues. Cette fête avait par ailleurs une importance particulière au Moyen-Age où elle donnait lieu à l'élection d'un « pape des fous », signalant ainsi que c'était non seulement l'ordre social qui était inversé, mais aussi l'ordre du monde tout entier. Le chapitre V de Notre-Dame de Paris donne un aperçu particulièrement vivant de cette tradition à l'époque médiévale. »

 

En France, le plus connu est le carnaval de Dunkerque et en Italie celui de Venise.

 

Pour les pékins de base à mardi gras on mange des beignets, des bugnes, des crêpes, on mange gras.

 

21 février 2012

Les Tourtisseaux, les Bottereaux, les Foutimassons, les Bugnes ne sont-ils que des Pets de Nonne ?

 

Mon jeune âge en Vendée m’a privé de Carême, m’a seule privation était tout au long de l’année de ne pas manger de viande le vendredi. De toute façon, comme les hommes, eu égard aux travaux des champs, ne modifiaient pas eux aussi leur régime alimentaire. Seul, le clan des femmes, jeûnait. Mardi gras, qui précède le mercredi des Cendres marquant le début du Carême, ne marquait pas chez moi la fin de la «semaine des sept jours gras» mais le «carême-entrant»

 

À l’heure du déjeuner de Mardi Gras la grande cuisine commune (la maison familiale était une ancienne auberge relais de Poste à l’entrée de la Mothe-Achard, sur les murs de la façade subsistait les anneaux de fer où l’on attachait les chevaux) sentait l’huile chaude et la pâte frite.

 

Le rituel était bien établi :

 

-    Les crêpes dites bretonnes

 

-    Puis les crêpes « crapauds »

 

La suite ICI 

 

Bref, cette histoire de manger gras m’a fait penser au grand débat sur le bon gras, la lutte sans merci du beurre contre la margarine puis l’huile surtout l’huile d’olive.

 

Je ne vais pas vous la beurrer gras sur ce sujet.

 

Lisez !

 

7 novembre 2015

« Margarine ! Quel nom pour une fille… » La margarine nous baratine… de Marlon Brando à JP Géné en passant par Périco Légasse sus à l’ersatz du beurre !

 

JP Géné dans LE MONDE du 05.11.2015 publie La margarine, un pur produit d’usine

 

« Voici l’exemple parfait de ce que peuvent engendrer les multinationales de l’agroalimentaire avec le soutien sans faille du marketing, de la pub et de la grande distribution. Rien que des huiles et des additifs, le tout bien emballé et bon marché. Pas un poil de produit frais à l’intérieur, et pas question d’en trouver en circuit court ou chez le paysan du coin (sauf dans son frigo s’il a été lui-même contaminé). Vous l’avez reconnue, c’est la margarine, l’ersatz du beurre, celui du pauvre dont le leader mondial s’appelle Unilever, qui vient de financer le premier magazine du même nom en collaboration avec Menu Fretin : Margarine, le corps gras qui ne compte pas pour du beurre.

 

En effet sur le marché des corps gras solides, soumis en permanence aux alertes hygiénistes, la margarine connaît une nouvelle jeunesse et soutient la concurrence avec l’original. En 2012 (selon Agrimer), la France a produit 410 000 tonnes de beurre et reste leader mondial avec une consommation annuelle de 8 kg/habitant. Mais, depuis trente ans, les ventes baissent régulièrement face à la concurrence des huiles végétales et de la margarine. En 2012, la production française de margarine a atteint 93 000 tonnes pour des ventes estimées à 471 millions d’euros et une consommation annuelle de 2,66 kg par habitant. »

 

Suite ICI 

 

Beurre 1, margarine 0 : les dessous d'une défaite de l'industrie agro-alimentaire après une guerre de 20 ans

 

Unilever, qui avait bâti une grande partie de ses ventes sur le "tout margarine" par opposition au beurre, réputé mauvais pour la santé, opère un changement radical de stratégie en se tournant vers ce produit laitier pourtant honni pendant de longues années.

 

ICI 

 

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6 mars 2019 3 06 /03 /mars /2019 06:00
Francois Baco Buste peinture crédit Centre culturel du pays d'Orthe

Francois Baco Buste peinture crédit Centre culturel du pays d'Orthe

Voilà t’y pas que pendant le Salon des vaches, cochons, couvée mais aussi des médailles en chocolat du Concours Général, monsieur Xavier Planty copropriétaire de Château Guiraud se fend d’une tribune dans le Monde « C’est une grave erreur que de parier sur un avenir stérile pour le vin »

 

Baptisé viticulteur par l’ex-journal de référence, auquel je suis abonné, Xavier Planty qui sans doute comme notre cher Hubert met la main au sécateur, y dénonce, l’introduction en France de cépages résistants au mildiou qui, à terme, risquent de mettre en péril le patrimoine des vignes en modifiant l’intégrité de nos AOC.

 

« Guiraud, c’est quatre compères, Robert Peugeot, majoritaire grâce à son holding familial, Xavier Planty, qui fait les vins du domaine, Olivier Bernard du Domaine de Chevalier et Stephan von Neipperg de Canon La Gaffelière, La Mondotte et autres vignobles. »

 

C’est signé par un expert l’inénarrable François Audouze le licheur de vins vieux.

 

Xavier Planty

 

Olivier Bernard, Xavier Planty 

 

Né le 30 mars 1955 à Bordeaux, Xavier Planty est depuis toujours un passionné de la nature et du vin.

 

Après des études de Biologie (Maîtrise en physiologie et génétique végétale) et l’obtention d’un Diplôme National d’Œnologie, il commence à travailler dans le négoce bordelais.

 

En 1982 il travaille dans un premier grand cru de Saint-Emilion avant de rejoindre en 1983 le Château Guiraud, 1er Grand Cru Classé de 1855 pour en devenir le gérant dès 1986.

 

Très vite il y engage une réflexion écologique globale de l’exploitation viticole qu’il continue aujourd’hui.

 

Xavier Planty est aussi propriétaire avec son épouse du Château du Carpia à Castillon de Castets, lui aussi est en agriculture biologique.

 

Il se définit comme viticulteur et agriculteur.ICI 

 

Qu’écrit donc M. Planty :

 

« Face à la pression sociétale contre les pesticides et face aux défis du réchauffement climatique, les pouvoirs publics et certains syndicats de vins d’appellation d’origine contrôlée (AOC) engagent d’importants moyens financiers et déploient leur lobbying pour favoriser l’introduction de cépages hybrides résistants. Cette solution signe à terme la mort de nos AOC.

 

Un peu de botanique est nécessaire pour comprendre en quoi cette approche peut s’avérer destructrice à plusieurs titres. A l’origine de notre vigne, on trouve Vitis vinifera, une espèce européenne qui a donné naissance à près de 5 000 variétés de cépages. En France, on en dénombre quelque 250 dont, parmi les plus utilisés, le merlot, le grenache, le syrah pour les rouges ou l’ugni et le sauvignon pour les blancs.

 

Malheureusement, notre vigne de prédilection n’est pas résistante au mildiou, ni à l’oïdium, au contraire d’espèces sauvages venues d’Amérique. L’idée a donc germé de croiser notre espèce, domestiquée depuis des siècles, avec une autre, Vitis muscadinia, fière sauvage qui arrive tout droit du sud-est des Etats-Unis où elle fait merveille dans les climats chauds et humides. L’objectif étant de rendre résistante notre Vitis vinifera en l’hybridant avec sa cousine d’Amérique.

 

Mais ce choix se heurte à une question génétique de base : Vinifera et Muscadinia sont deux espèces différentes et leur croisement ne peut engendrer que de la stérilité. Comme elles ne peuvent être fécondées avec leur parent direct, il faut les croiser à plusieurs reprises avec des lignées très éloignées qui, inévitablement, vont faire perdre ses caractéristiques au cépage d’origine. Faisons l’expérience avec un cabernet sauvignon, cépage emblématique du Bordelais. Au bout de l’aventure, Vitis vinifera, en dernier croisement, pourra ne représenter que 1,56 % de la variété obtenue et au mieux 50 %.

 

Apprentis sorciers la suite ICI 

 

J’ai lu mais ignorant comme je suis-je n’ai rien compris même si je suis un élève du frère Bécot grand défenseur et promoteur des hybrides.

 

«  Bécot, dans l’immédiat après-guerre 1945, fit avancer l’idée d’un vin de qualité primant sur le vin de petite façon, donc de quantité. On l’a dit apôtre des hybrides. Des bons hybrides, oui ; mais des grands cépages aussi. Quand il me conviait à la découverte d’une cave, c’était avant tout pour apprécier tel sauvignon, tel groslot, tel traminer (eh ! oui) ; je ne me souviens pas qu’il m’ait « débauché » pour quelque seibel, ravaz ou orberlin, même s’il ne les dédaignait pas. Ce professeur de géographie et d’histoire, né au pays de Vallet, mais originaire de Bazoges-en-Pareds, fidèle à ses racines paysannes, n’avait cure d’économie vinicole. Ce qui le préoccupait, c’était le bonheur du vigneron occasionnel, dont le labeur céréalier ou le soin asservissant des bêtes méritait la récompense du fier plaisir de la vendange. Il condamnait fermement les étranges fidélités qui l’attachaient, ce paysan, aux plants américains et prêchait pour qu’on les remplaçât par les meilleurs hybrides français couronnés à la foire annuelle de Chantonnay où son inusable soutane et son rabat bleu flottaient au vent de son enthousiasme comme l’emblème de la vigne vendéenne. 

 

Mais le frère Bécot est allé rejoindre Bacchus et Dionysos me restait plus qu’à m’adresser au pape actuel des hybrides le dénommé Lilian Bauchet.

 

Le Lilian Bauchet vu par la Fleur Godart

 

Celui-ci, en partance pour le Japon vendredi prochain, ces naturistes sont toujours par monts et par vaux pour vendre leurs vins qui puent, a pris le temps de me transmettre des éléments de réponses au sieur Planty.

 

Ce n’est pas une tribune mais ça tient la route.

 

Schéma trouvé sur le site de l'IFV qui montre une génétique à 98 % vinifera, contrairement à ce qui est écrit dans l'article du Monde.

 

 

Le genre Vitis est divisé en 65 espèces regroupées en deux sections différentes, la section Vitis, nommée aussi Euvitis, qui compte 62 espèces et la section Muscadinia qui comprend trois espèces. « Toutes les espèces de la section Vitis peuvent se croiser entre elles et donner des descendances viables et fertiles » écrit l'ampélographe Pierre Galet en intro de son dictionnaire encyclopédique des cépages.

 

A Bouquet, seul chercheur de l'INRA à travailler jadis sur l'hybridation et sans doute plus à des fins de recherche que dans la volonté de créer des variétés resistantes cultivables par les vitis a croisé avec muscadinia. Les anciens hybrideurs et les hybrideurs étrangers ont croisé au sein du genre vitis et ont donc obtenu des individus parfaitement fertiles qui peuvent être à nouveau croisés (rétrocroisement)

 

Sur la biodiversité, il n'y pas meilleure pratique que l'hybridation qui entraine du brassage génétique.

 

Le bémol, c'est le catalogue national qui contraint les vitis voulant experimenter les cépages résistants à se "servir" dans un panel d'une trentaine de variétés, quand il en existe des milliers. le problème, ce n'est donc les cépages résistants, mais la législation

 

 

Variétés anciennes, une fausse bonne idée. il y a un avant et un après introduction du phyloxéra et maladies américaines. Rien dans la génétique de nos variétés anciennes pour lutter contre les pathogènes de la vigne, c'est bien dommage, mais c'est ainsi.

 

Si on veut limiter les traitements, il faut donc revenir aux recettes des hybrideurs pionniers, croiser américains/asiatiques et vinifera.

 

De mon côté, les premiers résultats sont encourageants, ma petite parcelle expérimentale se porte à merveille sans traitement, je plante cette année une autre parcelle de 5 vieilles variétés hybrides, et l'année prochaine une derniere parcelle d'un cépage suisse.

 

Le problème de fond, c'est le foncier et la perte du leadership des + vertueux d'entre les vitis, le reste c'est plus ou moins du baratin.

 

Chez moi, où la valeur vénale du foncier est tombée à 10 000 euros l'hectare, et où l'appellation Beaujolais-Village a pris un sérieux coup dans l'aile, ce n'est pas un problème de basculer en vin de France. Mais quand le foncier atteint des montants délirants comme en Bourgogne ou en Champagne, où le million d'euros l'hectare est allègrement franchi sur certains terroirs, la question est plus difficile à envisager 😉 Ce n'est pas Bernard Arnault ou François Pinot qui, après avoir investi des centaines de millions d'euros dans l'acquisition du clos des lambrays et du clos de tart, vont demain arracher leur pinot et leur chardonnay pour planter des cépages résistants.

 

Les cépages résistants vont donc logiquement se développer en priorité sur les terroirs les moins prestigieux. Le mouvement est déjà amorcé, et d'après mon pépiniériste la demande en pieds de vigne est déjà impossible à assurer. Des caves coopératives s'y mettent, qui produisent des vins de consommation courante pour la grande distribution.

 

On risque dès lors de vivre une drôle de situation, où les "méchants" d'hier avec leurs gros tracteurs, tout juste bon à faire pisser la vigne, deviendront les "gentils" de demain qui cultivent leurs vignes sans traitements ! Et il m'est d'avis qu'ils ne se gêneront pas pour le faire savoir ! En réaction, il sera de bon ton de critiquer les qualités gustatives des cépages résistants. Comme une sorte de remake du passé, où les cépages résistants seront dénigrés, comme ils le furent hier, par ceux qui veulent préserver leur leadership et leurs intérêts. Je le sais, je l'ai déjà entendu à de maintes reprises et nous en avons avec cette tribune une illustration parfaite.

 

Sauf que l'histoire aura du mal à bégayer, car un nouveau paramètre de taille vient bouleverser les équilibres qui s'appelle le réchauffement climatique. Toute la société civile attend de l'agriculture des pratiques plus vertueuses. Et quoi de plus vertueux que de cultiver des cépages résistants ? Bonne soirée.

 

Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de donner la parole au docteur Michon, qui présida en 1902, le 3 ieme congrés international de l'hybridation, et qui dit bien mieux que je ne pourrai le faire tout l'intérêt à cultiver les cépages résistants.

 

« ... Il ne faut pas perdre courage, si le résultat cherché n'est pas atteint du premier coup, il ne pouvait l'être et nous avons eu tort de l'escompter, ou si la marche en avant est trop lente au gré de notre impatience.

 

Faisons donc crédit aux hybrideurs et collaborons à leur travail d'utilité publique en les renseignant exactement, sans puéril enthousiasme et sans préoccupations mercantiles, sur les vertus et les vices de leurs enfants. Dans leur intérêt autant que dans le nôtre, ne craignons pas d'être sévères.



(...). Il faut qu'il chante dans nos verres, rubis chatoyant, nectar ensoleillé, composto di umore e di luce, comme l'a si bien défini Galilée. Alors il regagnera les faveurs de tous ses amants perdus. Agréable et hygiénique, solide et abondant, ce vrai vin, qui réchauffera le cœur sans monter à la tête, sera du vin bon marché, facile à faire, et ne nécessitant, pour sa réussite et sa garde, pas plus de soins et de drogues que les cépages robustes qui l'auront produit n'en exigeront pour leur culture.



En disant adieu aux sulfures et aux sulfates, il nous faudra prendre congé également des acides et du sucre.



Du bon vin par le raisin et par le raisin tout seul, tel sera le miracle de l'hybridation !



Ce retour aux simples procédés du temps jadis et à l'honnête routine sera un grand progrès; cette marche en arrière sera une course triomphale en avant !


Et nous reverrons enfin le sang de la vigne, débarrassé de ses impuretés industrielles, régénérer encore une fois le sang de la France et rendre à ses citoyens, énervés par l'alcool, la santé et la gaieté que, seul, donne le vin. « 

 

Plaise au ciel que les vœux du Docteur Michon soient enfin exaucés ! 🙂

 

PS. À propos des cépages autotochnes et de leur culture séculaire / respect tradition aoc, Gallet nous dit que le merlot était considéré comme un cépage secondaire jusqu'au 19ieme . Il fait maintenant la gloire de Pétrus...

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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 06:00
Glané sur la toile 249

Glané sur la toile 249

Raymond Aron, un penseur qui revient à la mode, fut le premier à écrire qu’une « révolution silencieuse » était en marche dans les campagnes, une révolution qui pourrait bien finir par transformer la France.

 

Peu d’observateurs du monde agricole, de politiques, de syndicalistes paysan prirent  cette observation au sérieux.

 

Et pourtant, à l’aube des années 60 des signes évidents montraient qu’Aron avait vu juste « les révolutions si silencieuses sont de  celles qui ne se découvrent qu’après coup »

 

Le Commissariat général au Plan constitua la matrice de ce grand chambardement, en effet la formulation des  objectifs à moyen et long terme de l’économie nationale mirent en relation les besoins de l’agriculture avec ceux de l’Industrie, du commerce et du travail.

 

« … cela amena les représentants agricoles à comprendre les vertus d’une plus grande productivité et d’une expansion continue et les dangereuses limites des vues malthusiennes étroitement défensives qui avaient dominé l’agriculture française par le passé. »

 

Ainsi, les élites agricoles et politiques défendirent qu’on puisse affronter sans appréhensions réelles le Marché Commun car l’expérience promettait plus de profits que de risques.

 

Le choc politique de 1958, un grand dégagisme oublié, y aida dans la mesure que ce nouveau climat favorisa des idées nouvelles, des attitudes nouvelles, des hommes nouveaux.

 

Il était clair qu’en France coexistaient deux agricultures mais, face à cet état de fait, on persistait à appliquer une politique unique conçue par les chefs d’exploitations modernisées, grandes cultures, et leurs alliés politiques, avec pour conséquence le départ vers des emplois industriels urbains des bras inutiles des exploitations de polyculture, l’exode rural ne datait pas de l’après-guerre.

 

Les jeunes turcs du CNJA, dont Marcel Bruel et Michel Debatisse issus de petites exploitations de l’Aveyron pour le premier et du Puy de Dôme pour le second, se trouvèrent plus proches des « techniciens », pas encore baptisés « technocrates », de l’entourage de de Gaulle et de Debré premier Ministre.

 

Le mythe de l’unité paysanne commençait à se lézarder.

 

La mise au pas par de Gaulle du Parlement pour en finir avec la République des partis, fit passer le centre des décisions en direction des cabinets ministériels dans lesquels de petites équipes de techniciens et de fonctionnaires jouissaient d’une liberté sans précédent pour lancer des plans et des réformes dans tous les domaines.

 

Le principal conseiller sur les problèmes agricoles du Premier Ministre Debré, Antoine Dupont-Fauville, est un bon exemple de cette nouvelle élite technocratique ; né en 1927, il est Inspecteur des Finances et a travaillé au Commissariat au Plan.

 

Autre personnage, qui fut nommé par Michel Rocard Président de l’INAO, Jean Pinchon, Agro, normand, ayant fait ses premières armes à la FNSEA de Blondelle, est alors conseiller agricole du Ministre des Finances Wilfrid Baumgartner inspecteur des finances. Pinchon sera directeur de cabinet d’Edgar Faure avant de rejoindre la compagnie Louis Dreyfus.

 

La genèse de la fameuse loi d’orientation agricole de 1960, qui n’était qu’un cadre ou une déclaration d’intentions, est marqué par un affrontement violent en mai 1961, « la jacquerie la plus étendue et la plus violente que la France moderne ait connue.

 

Elle commence en Bretagne du sud avec à sa tête un ancien jaciste de 24 ans Alexis Gourvennec épaulé par Léon. C’est violent « les voies ferrées et les routes furent barrées, les villes envahies par des manifestants en tracteurs, les lignes téléphoniques sabotées, le Premier Ministre pendu à plusieurs reprises en effigie. »

 

Le Massif central, le Midi et la vallée du Rhône prirent le relais pendant presque 6 semaines, seule la région de grandes exploitations du Nord-Est resta en retrait.

 

Conséquence, de Gaulle et Debré virèrent Henri Rochereau du Ministère de l’Agriculture, un notable vendéen, pour le remplacer par Edgard Pisani, ancien préfet des friches de l’Est, plus politique et en capacité de renouer les fils avec les jeunes turcs du CNJA.

 

Le fruit de ce travail fut une loi dites complémentaire destinée à renforcer la loi d’orientation de 1960 qui fut présenté au Parlement au début de 1962. Elle reprenait pratiquement toutes les propositions du programme du CNJA, dont les fameuses SAFER avec leur droit de préemption pour lutter contre les « cumulards » c’est-à-dire souvent des marchands de bestiaux rachetant des fermes pour les faire exploiter à leur compte. Mais aussi le Fonds d’action sociale destiné à accélérer le départ des paysans âgés.

 

La loi Pisani fut attaqué par la droite et le PC, les conservateurs virent un glissement vers le socialisme et les communistes un « tortueux projet capitaliste destiné à faire passer la terre des mains des petits paysans à celles d’aspirants koulaks. » Le PC au 16e Congrès, en 1961, porte Waldeck Rochet au poste de secrétaire-général adjoint, et héritier présomptif de Maurice Thorez. Il est issu du monde paysan.

 

La proportion des paysans dans la population active est de 20%, le plus élevé d’Europe occidentale, 80% des exploitations ont moins de 20 ha et plus de la moitié moins de 10 ha.

 

À partir de ce socle qui promeut à la foi l’exploitation familiale à 2 UTH et une modernisation basée sur un modèle d’intégration à l’économie de marché, le modèle agricole français va s’installer, conforté par le deal franco-allemand fondateur de la PAC, opposé au modèle batave.

 

Les OCM, les organisations communes de marché seront l’œuvre des technocrates français, avec des degrés de protection décroissant : les grandes cultures surprotégées en position de rente, la production laitière choyée avec un prix du lait garanti, les productions animales peu protégées, les fruits et légumes aussi et le vin encore dominé par la production de masse.

 

Ce bel édifice permettra :

 

  • L’émergence de productions hors-sol sur les exploitations trop petites de l'Ouest : volailles-porc nourris à grands coups d’importation : PSC, soja car les céréales françaises sont trop chères.

 

  • Le confort de la production laitière, prix garantis, qui débouchera sur l’instauration des quotas qui permettra de mettre à la retraite la moitié des producteurs.

 

  • La consolidation de la rente des exploitations de grandes cultures qui débouchera lors de la première réforme de la PAC sur les fameuses aides compensatoires.

 

  • La fameuse vocation exportatrice de la France à coup de restitutions communautaires permettant de maintenir l’URSS sous perfusion et d’inonder les pays en voie de développement, essentiellement céréales, poudre de lait, matières grasses.

 

  • Après le lancement de l’Uruguay Round, dernier cycle du GATT, la grande bataille avec les USA et les pays du groupe de Cairns sur les subventions aboutira via l’OMC au démantèlement de la PAC protectrice, la fameuse préférence communautaire.

 

  • Les agriculteurs français, tout particulièrement les producteurs de lait vont découvrir la notion de minerai, les commodities du marché international, amplifié par les pratiques de la GD.

 

  • Contrairement à l’image que donne la grande vitrine du salon de l’agriculture notre agriculture et notre élevage sont majoritairement en voie de paupérisation : comment sur de petites et moyennes structures gagner sa vie avec un modèle intensif ? L’Allemagne réunifiée et la Pologne nous taillent des croupières.

 

  • C’est l’impasse, même l’accélération du modèle bio versus  « industriel » ne permettra pas de sortir du corner.

 

Que faire alors me direz-vous ?

 

En tout premier lieu prendre en compte la complexité de la situation dans laquelle notre agriculture, nos productions agricoles, notre élevage, nos élevages, se trouvent.

 

Il n’y a sur la table aucune solution miracle permettant de sortir de l’ornière dans laquelle nous sommes. Rêver du retour d’une agriculture paysanne ou parier sur le triomphe de l’agro-business est le meilleur moyen de pratiquer notre sport favori : l’immobilisme.

 

En revanche, le seul mérite qu’a, à mes yeux, le jeu de rôle sur la disparition du glyphosate, c’est qu’il permet d’éroder la bonne conscience des consommateurs adeptes « du moins cher du moins cher, cher à notre GD.

 

La réponse de Philippe Mauguin président d’un INRA qui se réveille est pour moi significative.

 

LE FIGARO. - Pourquoi le glyphosate est-il si rapidement devenu indispensable aux agriculteurs?

 

Philippe MAUGUIN. - Cette molécule développée dans les années 1970-1980 s'est très vite répandue dans l'agriculture mondiale car elle est très efficace contre les mauvaises herbes. C'est ce qu'on appelle un herbicide total, son application est simple et son coût relativement limité. Parmi les herbicides, le glyphosate est sans aucun doute le plus performant et il est potentiellement moins toxique que ses prédécesseurs.

 

Si nous voulons, comme le proclame le Président de la République, que nos produits agricoles montent en gamme, il nous faudra introduire dans leur prix de la valeur autre que marketing, du sens, du savoir-faire.

 

Le discours du PDG de Danone E. Faber au salon sur l’agriculture régénérative à propos de sa marque pour enfant Blédina, tout comme celui du groupe coopératif laitier Sodiaal qui redécouvre que ses adhérents ne sont pas que des fournisseurs de lait pour sa marque Candia sont les symptômes visibles d’un mouvement de fond.

 

Dans le fameux grand débat national le couple alimentation-modèle de production est absent, la bonne vieille cogestion 78 rue de Varenne-FNSEA est toujours à l’ordre du jour, tout est verrouillé avec un slogan très porteur dans les grands médias « cessons le bashing sur notre agriculture nourricière ». Il est vrai que les écolos politiques, comme le fait remarquer un expert en ce domaine Noël Mamère « En tant qu'entité politique, les écologistes n'ont pas été particulièrement brillants » ICI 

 

En effet, ni la stigmatisation, ni le misérabilisme, ou la compassion pour nos agriculteurs (le suicide est et a toujours été un fléau dans nos campagnes), de la part d’urbains protégés, permettront de déverrouiller  le non débat actuel.

 

Dans le numéro du 1 n°237 Glyphosate comment s’en passer ?

Christian Huyghe agronome déclare « Je suis optimiste : nous avons mis une génération à devenir dépendants aux pesticides, nous allons mettre une génération à en sortir. » ICI 

 

M. Huyghe explique :

 

« Le glyphosate ne fait pas partie des pesticides les plus dangereux. Mais il est devenu un sujet sociétal. Pendant le repas de Noël, tout le monde a parlé du glyphosate au moins une fois. Pourtant c’est une molécule dont le principal défaut est d’être extrêmement efficace et peu chère, surtout depuis que le brevet est tombé dans le domaine public en 2000. Elle marche partout, dans toutes les conditions et est extrêmement facile à utiliser. C’est cela qui a expliqué sa généralisation. Et c’est parce qu’elle a été généralisée qu’elle a fini par être rejetée. Pourtant de toutes les molécules pesticides, elle est loin d’être la plus problématique. La question du glyphosate est très illustrative. On a dépassé le fait de nous demander si c’est dangereux ou pas; on est arrivé au point de nous dire qu’on n’en veut plus. Sortir du glyphosate va faire partie des grandes transitions, comme l’agriculture en a déjà connu.

 

Ce qui est nouveau dans ce paysage c’est qu’il faut manipuler avec beaucoup de précaution la logique de l’impact sur la santé. Parce qu’on manipule la peur. Et la peur est une très mauvaise conseillère, c’est bien connu. La recherche doit éclairer cette question mais on voit que cette question est éminemment politique et sociétale. »

 

Le glyphosate a fini par être rejeté pour une autre raison : il a été instrumentalisé par des forces politiques, économiques et sociales avec des objectifs divers mais convergents.

 

Il a aussi fini par être rejeté parce que des voix autorisées ne se sont pas élevées. Pire encore, elles ont contribué à accréditer l'idée qu'on pouvait s'en passer... quasiment d'un claquement de doigts, sauf dans quelques situations marginales.

 

Vous allez me dire que je n’ai pas fait avancer beaucoup le schmilblick.

 

J’en conviens mais n’attendez pas de moi que je vous ponde clé en mains un mode d’emploi car hors de ma portée et de ma volonté. Quand on est sur la touche mieux vaut éviter de se draper dans la posture du grand sage.

 

Ce que j’ai mis ce matin sur la table c’est qu’on ne fait jamais table rase du passé, et surtout on ne pourra générer de nouveaux modèles de production que si on cesse de se raconter des histoires : en dépit de la concentration des exploitations des 50 dernières années nous restons sur un modèle encore très ancré sur des structures moyennes qui, à mon sens, ne sont pas aptes à soutenir la concurrence de modèles hyper-intensifs. Rester le cul entre deux chaises ne fera qu’amplifier les dégâts que nous connaissons.

 

Gouverner c’est choisir, et choisir pour notre agriculture c’est sortir d’une ambiguïté mortifère, et malheureusement je ne vois pas dans le paysage politique actuel des signes avant-coureurs de ces décisions. Seuls des projets individuels naîtront et prospéreront car nous ne sommes plus au temps du Plan « ardente obligation des années 60 »

 

Je reste imprégné de la citation que nous avions placée en tête de Cap 2010 le défi des vins français :

 

« J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. »

Henri BERGSON

 

Nous étions un peu en avance, non que nous lisions dans le marc de café mais nous nous étions contentés d’affronter les faits et de proposer que des choix soient faits.

 

Ils n’ont pas été faits, les maîtres ont étouffé le débat, mais, peu importe car comme chacun sait la vigne France se porte comme un charme, tout va très bien madame la marquise, sauf que dans le paysage  d’éclopés les vignerons vont globalement moins mal que les autres.

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