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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 06:00
7 ans déjà : Sébastien Itard, ce fils de la terre du Lot est toujours là avec ses vaches laitières, pourquoi ?

Les réseaux sociaux lorsque ceux qui les utilisent le font, non pour épancher leur bile, leur colère, leur mal être, leurs frustrations, mais pour relayer des informations sur les gens de peu, remplissent leur fonction de créer des liens entre nous tous.

 

Merci à Bruno Laborde, qui a rafraîchit ma mémoire sur Face de Bouc, à propos d’un garçon rencontré lors de l’une de mes dernières missions de médiateur laitier dans le grand Sud-Ouest,  Sébastien Itard.

 

« Retour sur : Sébastien Itard, éleveur qui a sauvé sa ferme » voir vidéo ci-dessous

 

Bruno Laborde « Si je me souviens bien, Jacques Berthomeau en avait parlé il y a quelque temps déjà. »

 

22 février 2012

 

Et si un instant vous quittiez vos clichés pour vous intéresser un peu à la vie quotidienne des « Fils de la Terre »

 

J’en ai conscience, mais peu m’importe, qu’un type comme moi, bien installé, sans souci d’argent, occupant des fonctions confortables, viennent, tel un témoin de Jéhovah sonnant à votre porte, vous interpeler sur la vie que vivent les paysans d’aujourd’hui, en l’occurrence ici celle d’un producteur de lait du Lot : Sébastien Itar. Je l’ai rencontré dans mon bureau avec ses collègues le matin de la première du documentaire d’Edouard Bergeon, « Les fils de la terre », au Gaumont-Opéra. C’est l’un des 29 producteurs de lait de Cantaveylot (contraction de Cantal, Aveyron, Lot) petit groupe d'éleveurs laitiers qui se sont pris en main et avec qui je travaille dans le cadre de ma mission de médiateur dans le grand Sud-Ouest. Ces 29 producteurs, lorsque le GIE Sud-Lait qui collectait leur lait a dû mettre la clé sous la porte car son principal client Leche-Pascual (entreprise espagnole) n’était plus preneur n'ont pas baissé les bras. Bref, ce petit collectif, qui se bat, qui fait, je vous invite à découvrir son site pour commencer à comprendre que votre lait quotidien, cette brique, ce pack, n’est pas un produit anonyme, mais le fruit d’un labeur quotidien de femmes et d’hommes accrochés à leur terre.

 

La suite ICI 

 

Il aura donc fallut 7 ans pour que l’on prenne conscience de la faillite de la filière laitière fondée sur l’idée de minerai sourçant des marques de lait UHT : Lactel et Candia principalement.

 

SODIAAL

« Les laitiers responsables » devient une marque transversale

Sodiaal - « Les laitiers responsables » devient une marque transversale

Le cahier des charges des « Laitiers responsables » engage les éleveurs à nourrir leurs vaches sans OGM et à assurer le bien-être de leur troupeau, qui doit rester en moyenne 150 jours par an au pâturage.

 

En retour, la charte d'engagement doit assurer une meilleure rémunération des éleveurs et des coopérateurs en général. Sur un prix conseillé d'1 euro le litre, 41,5 centimes iront aux éleveurs, dont 1,5 centime aux éleveurs engagés dans la démarche et « une rémunération solidaire » de 6 centimes « reversée à l'ensemble des 20 000 éleveurs de la coopérative », a souligné Yves Legros, directeur général de Candia, lors d'une conférence de presse.

 

ICI 

 

De temps à autre, même si c’est du lait UHT, j’achète une brique de lait Cantaveylot ICI 

boite-lait-vallee-lot-353x500.jpg

Enfin, je dédie avec un grand sourire ironique cette chronique au sieur Bizeul qui, dans sa haine recuite de ceux qui travaillent pour la République, sur Face de Bouc affirmait que j’avais été grassement payé  à ne rien foutre.

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 10:15
« On me poursuit parce que je témoigne de ce que j'ai vu et de ce que j'ai vécu » soutenons l’écrivain égyptien Alaa El Aswany auteur de J’ai couru vers le Nil mon livre de chevet du moment

Je lis en ce moment J’ai couru vers le Nil le dernier roman d’Alaa El Aswany écrivain égyptien. Je découvre ce matin qu’il est poursuivi par la justice militaire de son pays.

 

Je relais un appel des Nouveaux dissidents.

 

Pour le soutenir : achetez J’ai couru vers le Nil c’est un très beau roman (lire plus bas)

 

Jai couru vers le Nil

 

Quant aux décérébrés gilets jaunes et autres soutiens hypocrites qui proclament que nous vivons dans une dictature je leur dit : direction l’Égypte.

 

Enfin, notre beau pays dit des droits de l’Homme soutient le régime du le maréchal al-Sissi pour des raisons géostratégiques, comme il l’a fait en d’autres temps pour des dictateurs régionaux en Irak, Syrie et Libye.

 

La Gazette des Nouveaux Dissidents #9

 

Le 17 mars 2019

 

 Vendredi 15 mars 2019, nous apprenions que l’écrivain Alaa El Aswany était poursuivi par la justice militaire égyptienne pour, entre autres, insulte contre l’État. La cause de cette inculpation est une série d’articles qu’il a publiée dans un média allemand. Alors qu’il est exilé aux États-Unis, Les Nouveaux Dissidents ont pu s’entretenir avec lui par téléphone, samedi après-midi, et lui poser plusieurs questions sur sa situation.

 

  • Vous venez d’apprendre que vous êtes poursuivi par un tribunal militaire pour insulte contre le président, les forces armées et judiciaires ainsi que l’État égyptiens. Quels sont les faits qui vous sont reprochés ? 

 

D’avoir dit ce que je pense. De m’être exprimé et d’avoir donné mon opinion. Je suis un écrivain et ce que j’écris déplaît à ce régime. Outre mes articles dans un journal allemand, c’est aussi mon dernier roman La République comme si (publié en français sous le titre J’ai couru vers le Nil) qui est inclus dans cette procédure judiciaire parce qu’il dénonce les exactions du régime et de l’armée commises pendant la révolution de 2011. Par ailleurs, il faut savoir qu’en Égypte, la justice militaire n’est pas indépendante. Un officier supérieur de l’armée peut faire ce qu’il veut d’un jugement rendu par un tribunal militaire. Il peut annuler la peine ou au contraire la durcir, il peut amnistier ou au contraire infliger une condamnation beaucoup plus lourde. On me poursuit parce que je témoigne de ce que j’ai vu et de ce j’ai vécu, on me poursuit à cause de mes textes, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales, à l’article 65 de la Constitution égyptienne qui garantit la liberté de pensée et d’opinion à tous les citoyens, ou à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dont l’Égypte est signataire.

 

  • Vous ne vivez plus en Égypte. Il vous est impossible de vous exprimer dans les médias égyptiens. Vos livres, vos romans ne peuvent plus y être publiés. Pourquoi le pouvoir s’acharne-t-il contre vous ?

 

Dès que le maréchal al-Sissi est devenu président de la République, il m’a été interdit d’écrire dans la presse égyptienne alors que je le faisais de façon hebdomadaire auparavant. Depuis maintenant cinq ans, je ne peux plus publier une ligne dans mon pays. Cependant, je continue de m’exprimer dans les médias internationaux. Et j’écris en arabe sur le site de la radio allemande Deutsche Welle ainsi que sur les réseaux sociaux. Mon compte Twitter est suivi par trois millions deux-cent trente mille personnes (ce qui est certainement un chiffre plus important que les tirages de tous les quotidiens égyptiens réunis). Et puis, mon dernier roman est traduit et publié en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud… Ils savent que j’ai encore une influence. Bien qu’ils aient fait tout pour l’empêcher, je continue à écrire et à être lu.

 

  • Quels sont les risques que vous encourez ?

 

Tout est permis contre les opposants au régime ! Une procédure judiciaire via un tribunal militaire peut autoriser qu’on saisisse les biens, qu’on bloque les comptes bancaires, etc. Je suis inquiet pour ma famille, pour mes proches qui sont en Égypte. On peut imaginer des scénarios effrayants, qu’ils soient enlevés, qu’ils disparaissent. C’est arrivé à de mes amis, des amis révolutionnaires dont les proches ont été kidnappés ou qui, du jour au lendemain, ont disparu. Ce régime est terrifiant. Récemment, un libraire a été condamné à cinq ans de prison parce qu’il avait vendu un (seul !) exemplaire d’un livre interdit par la censure.

 

  • Comment peut-on vous aider ?

 

Le soutien moral est très important pour moi. Je sens que je ne suis pas seul. Mes amis, mes éditeurs, mes camarades écrivains sont là et cela m’apporte du réconfort. Faire savoir ce qui m’arrive peut aussi m’aider. Un écrivain n’est pas un terroriste, il n’est pas un criminel. Je me suis exprimé et je n’ai fait que mon devoir, qu’obéir à ma conscience. Qu’un écrivain soit jugé par un tribunal militaire, c’est quelque chose d’extrêmement grave. Mais j’ajoute que c’est aussi grave quand il s’agit d’un simple individu qui défend les valeurs de la démocratie.

 

Propos recueillis par Estelle Lemaître

 

Né en 1957 dans la vallée du Nil, Alaa El Aswany est l’un des écrivains les plus célèbres du monde arabe. Son premier roman L’Immeuble Yacoubian, publié en 2006, est devenu un véritable phénomène éditorial international. Longtemps, il a exercé le métier de dentiste dans le centre du Caire. Romancier, nouvelliste, essayiste, il est traduit en une trentaine de langues et a reçu une quinzaine de prix littéraires. Chroniqueur engagé, il défend ardemment les valeurs de la démocratie dans de nombreux articles qui ont paru dans la presse égyptienne et internationale. Il est l'un des membres fondateurs du mouvement d'opposition « Kifaya » (Ça suffit). En 2011, il prend une part active au Printemps arabe et participe au mouvement de la place Tahrir, cette expérience lui inspire son roman J’ai couru vers le Nil. Alaa El Aswany vit aujourd’hui aux États-Unis où il enseigne la littérature.

 

A très bientôt !

 

Flore de Borde, Michel Eltchaninoff, Adélaïde Fabre, Estelle Lemaître,Sumi Saint Auguste, Maryna Shcherbyna, Alice Syrakvash

 

La nostalgie a laissé place à la colère. A une férocité qu’on ne lui connaissait pas, aussi. A une liberté de ton inédite. Car la révolution égyptienne est passée par là. Et ce qu’a vécu Alaa El Aswany place Tahrir, au Caire, en janvier 2011, cette aspiration à un monde plus juste enfin à portée de main, irradie J’ai couru vers le Nil. Tout comme le gâchis qui s’ensuivit, symbolisé par le retour au pouvoir des militaires avec l’aide des Frères musulmans. Alors, pour ne pas oublier, pour mettre ses compatriotes face à leurs responsabilités, El Aswany a écrit ce dernier roman d’une ambition folle. Mêlant la petite histoire à la grande, il raconte ces quelques jours qui ébranlèrent son pays et un ordre jusque-là considéré comme immuable.

 

Comme à son habitude, l’auteur de L’Immeuble Yacoubian a convoqué une ronde de personnages qui se croisent, se frôlent, se fréquentent, luttent côte à côte, s’aiment ou se tuent, dans des chapitres courts, haletants, portés par ce style direct qui le caractérise. Autant d’hommes et de femmes de tous âges et de tous milieux qui disent l’Egypte d’aujourd’hui, la corruption endémique, l’hypocrisie avec laquelle certains se servent de la religion pour ­arriver à leurs fins. Il y a parmi eux ce général très pieux, et pourtant responsable d’un centre de torture. Un ancien gauchiste, directeur d’usine, mettant en garde ses salariés contre les méfaits de la révolution. Un prédicateur introduit jusqu’au sommet de l’Etat, une présentatrice télé prête à tout, un comédien copte marginal au sein du pays comme de sa propre communauté. Et tous ces jeunes sur lesquels reposent les ­espoirs de l’écrivain. Conteur extraordinaire, Alaa El Aswany réussit ici le grand roman de la révolution égyptienne.

 

| Traduit de l’arabe (Egypte) par Gilles Gauthier, éd. Actes Sud, 432 p., 23 €.

Yasmine Youssi

Telerama n°3589

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 06:00
Brexit no deal « Messieurs les anglais sautez les premiers ! » mais souvenez-vous de l’amour que vous portez depuis toujours à nos vins…

Nous, les farouches gaulois, râleurs, de France, de Navarre et d’ailleurs, adeptes du nombrilisme, pendant que le monde affronte de lourds périls, nous nous passionnons pour les « exploits » de Benalla et les errances des gilets jaunes

 

Pauvre petit pays rabougri, racorni, en panne, immobile, prêt à s’embarquer dans les fourgons de pires démagogues, je m’en désole mais, sans aucun doute, mon grand âge m’épargnera de vivre un temps qui ne me va pas.

 

Coup de bourdon ?

 

Non !

 

Comme une envie de moucher sur les réseaux sociaux ceux qui passent leur temps à donner de leçons sur tout et le contraire de tout, mention spéciale pour certains cavistes dit engagés.

 

Alors, afin de ne pas me laisser aller à un pugilat sans intérêt avec des gens qui n’en ont pas un gramme j’ai décidé ce matin de donner la parole à un anglais.

 

  • Pour faire plaisir au sieur Jacques Dupont

 

« Selon moi, il faudrait rassembler les fanatiques de la santé qui ont empoisonné tous nos plaisirs naturels et les enfermer dans un lieu où ils pourraient se casser les pieds entre eux avec leurs remèdes de charlatans. »

 

  • Le crachat à 100£ pour honorer les vrais dégustateurs

 

Ça se passe lors de dégustation organisée par Corney&Barrow le marchand londonien possédant les droits anglais exclusifs sur les vins du Domaine de la Romanée Conti.

 

« C’était la première fois que je prenais conscience de la véritable souffrance du critique de vin. Car comment peut-on faire tourner quelque chose dans sa bouche après une expression aussi béate tout en sachant que la bouteille vaut 1500£, et tout cela pour griffonner ensuite « sacrément bon » sur son carnet ? Je voyais leurs sourcils se froncer tandis qu’ils s’efforçaient de rallonger leur paragraphe, d’ajouter un peu d’encre par-ci, de raboter par-là et, d’une façon ou d’une autre, de se faire pardonner leur crime puisqu’ils jetaient dans l’évier l’équivalent d’une mensualité de leur emprunt immobilier. »

 

  • Pour mes nombreux lecteurs bourguignons

 

« Le Charlemagne (un vignoble donné à l’abbaye de Saulieu par Charlemagne en 775) se situe sur la pente favorable de la colline de Corton, non au-dessus d’Aloxe mais au-dessus de Pernand. L’Île de Vergelesses se trouve juste en-dessous, planté avec du pinot noir. Mais entre les deux, se trouve un minuscule vignoble appelé « Les Noirets » qui n’est ni un grand cru comme le Charlemagne ni un premier cru comme l’Île de Vergelesses, mais un simple vin de pays de Pernand. Il est planté avec du chardonnay et produit un vin aux arômes fins et nets, à la richesse profonde de noisette qui sont la marque d’un bourgogne blanc noble. Ceux qui dépensent une fortune pour une bouteille de corton-charlemagne n’ont pour la plupart jamais entendu parler du pernand-vergelesses, et aucun sans doute n’a entendu parler des noirets. Je suis profondément désolé de vous en parler. Mais à quoi servirait ce chapitre si je n’en parlais pas. »

 

 -       Pour le grand président Chapoutier

 

« Pourquoi l’appeler « shiraz » ? Ce raisin – la syrah – n’a rien à voir avec la ville de Shiraz, nonobstant la légende qui est mise ici et là sur les rives du Rhône, selon laquelle les Croisés auraient rapporté ce raisin de ces contrées et nonobstant la célébrité de Shiraz, lieu de naissance du grand buveur Hafiz. La syrah est le raisin de l’hermitage, un vin qui vieillit durant des décennies pour donner le plus délicat et le plus parfumé de tous les produits du Rhône. Le nom de « shiraz » donne au vin un côté sauvage et velu qu’il faut descendre au goulot avec le stoïcisme d’un converti qui vient de renoncer à la bière. Forcer le syrah à atteindre les 14 degrés (ou plus en rusant) pour accélérer la maturation, afin de mettre le produit sur le marché avec toutes ses saveurs de réglisse indomptées – crachant son souffle de feu comme un vieux coureur de jupons qui se penche vers vous et met sa main poilue sur votre genou – c’est massacrer un raisin qui, correctement traité comme c’est la cas sur la colline de l’Hermitage ou sur la Côte Rôtie, est le plus lent et le plus civilisé des séducteurs. »

 

  • S’ouvrir au monde

 

« Aussi, retournons vers la véritable justification du vin, c’est-à-dire la pratique vertueuse. Voici une manière de l’exercer. Tout d’abord, entourez-vous d’amis. Puis servez quelque chose d’intrinsèquement intéressant : un vin enraciné dans un terroir qui vient vers vous depuis un lieu privilégié, qui invite à la discussion et à l’exploration, qui éloigne l’attention de vos propres sensations et l’ouvre au monde. Dans l’arôme qui s’échappe du verre, faire apparaître du mieux que vous pouvez l’esprit des choses absentes. Partagez chaque souvenir, chaque image et chaque idée avec vos compagnons. Recherchez un état d’esprit détendu et sincère, et surtout pensez au sujet en vous oubliant. »

 

Je bois donc je suis de Roger Scruton est publié dans la collection l’autre pensée chez Stock 20€ traduit de l’anglais par Elsa Boyer

Tim Martin, ce patron de pubs qui rêve d’un « no deal »

Le fondateur de la chaîne Wetherspoon a même supprimé les alcools européens de son enseigne de 900 pubs.

Avec ses polos mal coupés, ses cheveux mi-longs et son curieux accent traînant, héritage d’une jeunesse passée entre l’Irlande du Nord et la Nouvelle-Zélande, Tim Martin incarne le parfait patron de pub, bien planté derrière son comptoir en bois. Carrure de rugbyman (1,95 m et 130 kg), l’homme parle avec des phrases simples, frappées au coin du bon sens.

Comme beaucoup de ses confrères, il soutient le Brexit avec ferveur. Il renvoie les experts, qui avertissent des dangers de la sortie de l’Union européenne (UE), à leurs chères études. « Les élites, les énarques, comme on dit en français, sont ce que j’appelle des “européistes” : ils ont une croyance presque religieuse en l’UE. »

ICI 

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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 06:00
Mathieu Marfisi, à la tête de l'AOP Patrimonio, accompagné d'Antoine Arena, vigneron de renom.

Mathieu Marfisi, à la tête de l'AOP Patrimonio, accompagné d'Antoine Arena, vigneron de renom.

L’amateur de vin éclairé, type géotrouvetout en verre noir, est l’opposé de l’amateur éteint, ses lumières percent la nuit d’encre des ignorants, lui sait, lui dit, sa parole est d’or, sa bouche d’argent, son nez intraitable, son regard incomparable, sa plume fleurie, il éblouit, aveugle…

 

En vin, le prototype d’amateur éteint c’est ma pomme, en effet je bois du vin comme je lis, et quand je lis je ne suis ni une lumière, ni un phare même s’il m’arrive de pondre une chronique sur un livre lu.

 

Mais vous allez me dire pour le saucisson qu’est-ce donc qu’un amateur éclairé ?

 

Moi !

 

Pourquoi ?

 

Parce que j’ai soutenu ma thèse de doctorat sur le cochon, j’ai un « diploume » comme disait Francis Blanche, une peau d’âne certifié par la République.

 

Et pour la Corse j’ai beaucoup donné, Antoine Arena peut le certifier.

 

Je peux donc donner un avertissement sans frais pour les glands de pinzutu :

 

  • Le saucisson d’âne n’est pas une spécialité corse : « C'est lamentable de leurrer ainsi le consommateur. Quand on vient me demander du saucisson d'âne, je mets un point d'honneur à rétablir la vérité. Il n'y en a jamais eu en Corse ! » Dominique Poggi Producteur de charcuterie dans le Taravu.

 

  • Et le saucisson d'âne vendu dans tous les supermarchés et la grande majorité des épiceries spécialisées de l'île est présenté comme un produit typiquement corse. Les touristes et parfois les insulaires eux-mêmes ignorent qu'il s'agit en fait d'une supercherie, inventée à des fins purement commerciales.

 

Les charcuteries industrielles ne s'en cachent d'ailleurs pas vraiment. Elles produisent ce type de saucisson, à base de viande de porc mélangée à de la viande d'âne en provenance généralement d'Amérique-du-Sud, pour répondre à la forte demande estivale. Il est donc dans l'intérêt de ces industriels d'entretenir le mythe identitaire qui colle à la peau de ce saucisson, qui n'a pourtant rien de traditionnel, ni d'authentique.

 

  • Chaque année, les éleveurs traditionnels produisent 1 000 tonnes de charcuterie. Ils ne sont pas assez nombreux pour répondre à la demande. Alors les industriels s'en donnent à cœur joie. 10.000 tonnes de charcuterie sont vendues estampillées corse, mais en fait, la viande est au mieux importée et transformée sur l'ile.

 

  • Comment distinguer un vrai saucisson corse de sa copie industrielle ? « Les seuls conservateurs (dans la charcuterie corse, ndlr) sont le sel et le poivre, donc la texture de la viande ne va pas être la même. (L'industriel) si vous le tordez il revient sur luimême, alors que celui-ci il casse, on voit vraiment que la viande est un produit naturel » Nicolas Capodimacci, président du syndicat « Salamaria Corsa ».

 

Qu'est-ce qu'une coche ?

 

La coche désigne, en charcuterie, une truie reproductrice qui arrive en fin de carrière de reproduction et destinée à être abattue.

 

Ces truies peuvent atteindre 250 kg, soit plus du double d'un porc moyen, et leur chair est beaucoup plus riche que celle de ces derniers. Leurs éleveurs sont rares, car élever ce type de bête prend beaucoup plus de temps que d'élever des cochons de boucheries, environ 24 mois contre 10 mois habituellement.

 

 

SAUCISSON FERMIER DE COCHE – ENTIER 

 

Maigre de jambon de coche (5 ans) légèrement fumée au bois de châtaignier, mis dans des boyaux naturels et attachés à la main.

Séchage à partir de 8 semaines.

Emballage sous vide environ 280g

Goût traditionnel

Ingrédients : maigre de truie, poitrine de coche, gras de bardière, sel, poivre noir.

Sans allergène et sans OGM

 

Pascal Flori, L'homme https://www.charcuteriepascalflori.com/l-homme

 

Et avec ça un Antoine-Marie Arena :

Antoine-Marie Arena San Giovanni 2017

Cépages : Carcaghjolu et Morescone

 

À Patrimonio les vignerons disent non au glyphosate  ICI 

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 06:00
La vigne n’a pas toujours été l’impeccable monoculture que nous connaissons aujourd’hui, ce végétal mené « à la baguette », attaché, taillé, épampré, effeuillé.

C’est toujours pour moi un grand plaisir de recevoir un livre par la poste, en effet comme je n’achète mes livres chez des libraires j’ignore ce que contient ce paquet plat.

 

Tout commence par un petit papier de la concierge glissé dans la boîte aux lettres, je sonne, je la salue, je tends mon billet, elle farfouille puis me tend le paquet par le petit guichet, genre demoiselle de la Poste, survivance du passé, je la remercie, je la salue. Au dehors, je consulte l’adresse de l’expéditeur.

 

Deux sont de gentils expéditeurs : Actes Sud et Rouergue, aujourd’hui c’est ce dernier, éditeur des livres de Catherine Bernard, qui provoque mon impatience. Je tire sur la languette du paquet, je désincarcère le livre, le voilà entre mes mains, belle couverture et titre alléchant.

 

La vigne et ses plantes compagnes

Histoire et avenir d'un compagnonnage végétal

Yves Darricau

Léa Darricau

 

Je me réjouis, je jouis presque en allant déposer l’enveloppe cartonnée dans la poubelle jaune.

 

Là, je peste contre les crétins de  mon immeuble qui y déposent leurs ordures en sac ; certains ne savent pas lire, d’autres s’en foutent mais je soupçonne beaucoup de n’avoir pas le courage de faire les 20 mètres qui séparent les poubelles jaunes des poubelles vertes.

 

C’est sur leur chemin de sortie, pourquoi se cailler le lait pour si peu, c’est un truc de bobos le tri.

 

Je m’égare à peine, la presse, l’opposition à madame Hidalgo, que je ne trouve pas très bon maire par ailleurs, proclame : Paris est sale !

 

Oui, c’est la réalité mais si Paris est sale c’est que les Parisiens, et plus largement les franciliens qui viennent y travailler sont sales, les suremballages, les bouteilles, les canettes et autres saletés ne tombent pas du ciel. Seules les feuilles des arbres et les fientes de pigeon tombent du ciel.

 

Sur ma contre-allée, j’ai compté face à une poubelle de la ville 15 canettes de bière…

 

Pour calmer mon juste courroux je me plonge dans la lecture de l’introduction : Non solus.

 

« La vigne, celle de nos actuels paysages viticoles si géométriques, si épurés, tels des prolongements de jardins à la française, a fini par ressembler à un arbuste de haie, fortement canalisé dans sa croissance et sa fructification ; un végétal mené à la « baguette », attaché, taillé, épampré, effeuillé, mis au carré par souci de productivité, vivant encore souvent sur sol nu, dans une monoculture impeccable.

 

On en oublierait presque que la vigne est une liane, un végétal social, naturellement exubérant, doté de vrilles pour s’agripper solidement sur ses voisins, et capable de mouvements dans son espace, en recherche de contacts avec des supports qui, opportunément, lui permettront de se hisser toujours plus haut, au-dessus de tout concurrent pour la lumière, jusqu’à l’étage ultime, le plus lumineux, celui de la canopée ; là où la lumière lui permettra de fleurir et de fructifier à son aise.

 

Notre vigne, Vitis vinifera, est en effet la proche parente de Vitis sylvestris, la vigne sauvage, dite aussi lambrusque, adepte des forêts alluviales et des trouées claires. Cette sauvage, pollinisée par les abeilles et dispersée par les oiseaux, qui a été vite repérée et appréciée pour ses baies capables de fermenter facilement, aura été domestiquée dans le Caucase puis progressivement disséminée hors des forêts, principalement en zone méditerranéenne, en milieux très lumineux et parfois très secs où elle a prospéré grâce à sa remarquable adaptabilité.

 

La démarche des premiers planteurs-sélectionneurs aura été de repérer des pieds bisexués, hermaphrodites, capables de s’autoféconder ; une démarche générale en matière de domestication des plantes. Les vignes « sauvages » étant majoritairement dioïques à sexes séparés (en fait il s’agit d’un hermaphrodisme non fonctionnel : certaines plantes présentent un gynécée fonctionnel et des étamines atrophiées, d’autre l’inverse… quelques-unes, moins de 5%, étant hermaphrodites fonctionnelles) et donc à fructification plus aléatoire, qu’on aurait dû mener en culture comme les Kiwis, en intercalent pied mâles et pieds femelles.

 

En parallèle, il leur a fallu retenir les pieds porteurs de baies de plus en plus grosses, les multiplier par bouturage ou provignage, et enfin concentrer dans leurs champs le pieds les plus robustes et bien entendus fournisseurs des meilleurs jus aromatiques après fermentation.

 

La vinification des débuts faisait usage des raisins de la vigne sauvage locale mais aussi de ceux de pieds dioïques domestiqués, et de divers autres issus de croisements entre sauvages et formes domestiques, si l’on en croit les données génétiques récentes. De grands brassages ont finalement constitué le patrimoine variétal viticole. Ce long cheminement motivé par la passion du vin fait que nul autre végétal n’est aussi divers dans ses productions ! Il a mené à la sélection de plus de 5000 cépages subdivisés en de multiples clones, lesquels soumis aux effets des sols, des climats, des savoir-faire et de la créativité des vignerons et œnologues, ont abouti à une quasi inquantifiable diversité de vins, produits sur plus de sept millions d’hectares de vignobles à travers le monde.

 

Ce que l’on sait moins, c’est que nul autre végétal ne doit autant à des compagnes végétales pour en arriver là : en effet tout ce cheminement a été rendu possible par l’apport de plantes remarquables venues de diverses zones tempérées du monde – arbres, arbustes et autre herbes – qui ont soutenu de façon décisive, et soutiennent encore, la vigne et son économie.

 

Ce livre parle de ces compagnes qui ont guidé la vigne hors des forêts et la suivent dans les très divers sols et climats où les vignerons tentent d’en tirer le meilleur : arbres supports, arbres à piquets, racines porte-greffe, liens végétaux ; arbres fruitiers complantés ; arbres qui ont amélioré la vinification et le commerce du vin, fournisseurs d’outils et de pièces pour les pressoirs, les barriques et les bouchons ; et de ceux qui ont eu, ont et auront de nouveaux rôles paysagers et surtout écologiques pour les temps chahutés qui viennent, marqués par le réchauffement climatique et la baisse de la biodiversité : arbres et arbustes apporteurs de services à une viticulture durable, devenue écologiquement intensive, et économe – sinon exempte – en produits chimiques…

 

[…]

 

Tout ceci sans oublier le grand retour de l’herbe sous forme de couverts végétaux adaptés, capables déjà de revigorer les vers de terre et, bientôt, de dépolluer les vignes de leur excès de cuivre. De nouvelles complantations vont apparaître et les vignobles changer d’allure.

 

[…]

 

Une histoire vue du côté « vignes et vignerons », puis côté « plantes compagnes et planteurs » soucieux d’arborer nos paysages agricoles et viticoles trop simplifiés et fatigués par les excès de l’agrochimie. Une histoire que résume le fronton  d’une maison scientifique d’Amsterdam, reprenant la marque d’un imprimeur hollandais du XVIIIe siècle, éditeur d’Érasme, avec la devise « Non solus.. » énoncée par le philosophe humaniste discourant sous l’Orme enlacé par la vigne : pas seul pour progresser, pas seule pour fructifier !  

 

Non solus, comme règle de vie et programme en faveur de la biodiversité.

 

Maintenant, je vais m’attaquer à une matière qui me passionnait lorsque j’étais élève à l’école d’agriculture et, si je m’en sens la capacité je ne manquerai pas de chroniquer.

 

 

La vigne et ses plantes compagnes

Yves Darricau&Léa Darricau  Histoire et avenir d'un compagnonnage végétal paru le 20 mars 2019 Beau livre (broché) 29,50 euros

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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 07:00
«La méta-génération née entre 1946 et 1973 porte la responsabilité des immenses erreurs du passé, sur tous les sujets elle s'est lamentablement trompée, avec 1 jubilation malsaine elle persévère dans l’erreur» 1 pianiste insoumis

Ambroise DE RANCOURT DE MIMÉRAND 

 

Nous sommes nés adossés à un demi-siècle de barbarie, la grande boucherie de 14-18, l’immense saignée de la 2ième guerre mondiale, la Shoah, le triomphe de la guerre industrielle de fer et de feu. Nous ne l’avons pas fait exprès mais une fois tournée la page de ce siècle, petit à petit s’est installée l’idée, devenue vite condamnation, que notre insouciance, notre inépuisable esprit de jouissance, nos inconséquences, étaient la cause de tous les maux de notre Terre. Nous aurions nourri le Système, nous nous serions gavés du Système, maintenant retraités nous ne nous soucierions que de sauvegarder nos avantages accumulés, laissant derrière nous le déluge, la désolation.

 

Le mauvais esprit de mai 68, dénoncé par Sarkozy et repris avec gourmandise par une extrême-gauche de salon tel cet apprenti pianiste coulant des jours tranquilles sur les bords du lac Léman.

 

« Je crois qu'il faut à tout prix que quelqu'un écrive un livre, non pas seulement sur les baby-boomers, mais de façon générale, sur la méta-génération née entre, mettons, 1946 et 1973. Entre le rêve de la fin de la 2e guerre mondiale, et le formidable dépucelage qu'a constitué le premier choc pétrolier.

 

Parce qu'à bien y réfléchir, la moitié environ des gens avec qui je débats de politique sont nés dans ce créneau. Et il me semble de plus en plus manifeste que ces gens portent sur eux non seulement la responsabilité des immenses erreurs du passé (choix socio-économiques, mais aussi stratégiques), mais également celle des fiascos qu'ils nous préparent pour l'avenir avec une sorte de jubilation malsaine à persévérer honteusement dans l'erreur.

 

[Précision importante à ce stade : j'ai une foule d'amis et camarades nés dans cet intervalle qui ne correspondent absolument pas à ce que je vais dire maintenant. Je parle donc d'un climat générationnel d'ensemble, et absolument pas d'une sorte de malédiction collective, soyons clairs.]

NDLR. C’est dans le même ton j’ai des amis noirs, arabes… etc.

 

J'ai l'impression que sur tous les sujets, cette génération s'est lamentablement trompée, mais qu'elle prétend malgré tout souvent, depuis son crépuscule, continuer de toutes ses forces à nous faire poursuivre ses erreurs. Je ne compte plus les sujets, vraiment.

 

L'UE ? « Tu n'as pas connu la guerre, petit ». L'autre jour, même Bellamy, pourtant porteur d'un euroscepticisme excessivement mou, s'est fait traiter d' "enfant sans mémoire" par...Frédéric Mitterrand. On leur répond qu'il y aurait peut-être à redire sur l'Acte unique et sur l'euro ? La plupart du temps, ils ne savent même pas ce qu'est l'Acte unique. Et l'euro, c'est leur retraite : alors là, ils le défendent, avec l'énergie du désespoir. Une énergie qu'on aurait bien aimé leur connaître dans les années 80-90, au moment de faire travailler leurs méninges quant aux conséquences de leurs actes (politiques).

 

La mondialisation ?  « Arrêtez de vous plaindre, les jeunes ! Un peu d'optimisme, marre du populisme ! De mon temps on prenait le boulot qui venait, et ça marchait. » Tu cherches à leur expliquer que la mondialisation dont ils ont profité a malencontreusement abouti à la disparition de millions d'emplois en Occident, que ne pourront donc pas occuper, en toute logique, leurs descendants, puisqu'ils les ont laissé partir en Chine ou au Bangladesh ? Et qu'ils te récitent du Smith, du Hayek, qu'ils t'expliquent que le communisme, on a essayé, qu'on a bien vu les résultats...des dizaines de millions de morts, petit, tu sais ? Tu as beau tenter d'expliquer qu'il y avait peut-être des possibilités intermédiaires, un peu moins naïves, un peu moins bêtes : rien n'y fait. C'est une génération qui n'est pas du genre à se remettre en question.

 

Le plus savoureux : le modèle social. « Soyez agiles, les jeunes ! Créez vos boîtes, soyez votre propre patron ! Marre de cet État obèse qui se ruine en dépenses de santé ! » Venant de gens qui ont connu, pour l'essentiel, un marché du travail à 5-6% de chômage, ont bossé pour de grandes industries semi-publiques avec une sécurité de l'emploi que même un haut fonctionnaire vénézuélien pourrait jalouser, c'est toujours un immense bonheur que d'entendre ce genre de phrases. Ils ont profité de l'Etat-providence comme des nababs, d'une sécurité de l'emploi démentielle - et de l'assurance d'avoir une retraite, denrée rare pour toute personne née après 2000 - et maintenant, ils aimeraient bien fermer le robinet pour les clients suivants. C'est prodigieux, non ?

 

Vient maintenant le clou du spectacle : les populismes. Parce qu'une fois les constats ci-dessus faits, la grande et passionnante question qui se pose aux descendants de cette génération inconséquente parmi les inconséquents, naturellement, c'est : que faire ? Parce qu'il y a, c'est évident, tant à faire, tant de problèmes passionnants qui se posent aujourd'hui à nous, que notre époque s'apparente, politiquement, à un vrai jardin d'Eden pour névrosés. Eh bien là, nouveau tour de piste : « Fais ce que tu veux, fiston, mais reste raisonnable. La libre circulation des biens, des capitaux et des personnes ? Pas touche. L'UE ? Pas touche. Ma retraite ? Pas touche. Ma monnaie ? (rire gêné) » Et voilà ce que ça donne : des quinqua-sexa-septuagénaires nous expliquant aujourd'hui doctement que la première urgence, c'est de ne surtout rien changer au château de cartes consternant qu'ils ont bâti en soixante ans. À en écouter la plupart, il faudrait voter, comme un seul homme, Macron/Trudeau/Renzi/Merkel. Chercher, éventuellement, à négocier la couleur du papier peint, mais pour rien au monde, ne demander à abattre quelques cloisons : « Trop risqué (sous-entendu : pour eux), petit, trop risqué... »

 

Bref, je crois vraiment qu'il y a un bouquin à écrire là-dessus. Des ex-soixante-huitards devenus des clones de Cohn-Bendit, aux droitards terroir devenus macronistes bon teint, en passant par les libéraux-libertaires devenus de petits bourgeois conservateurs, accroc. »

 

C’est beau comme une petite copie de petit sous-doué, joliette comme une bluette, avec une pincée de piment populaire tel qu’un fils de bourgeois de Versailles peut l’imaginer, idées courtes, arrogance, mépris, mais que peut-on espérer d’autre de cette génération élevée dans la soie et qui se refait une virginité populaire en trouvant un bouc-émissaire tellement évident à dézinguer. Si c’était aussi simple, ça se saurait.

 

Je signale tout de même qu’il faudra attendre l’extrême queue de cette méta-génération avec Sarkozy né en 1955 et Hollande né en 1954 pour qu’elle soit portée au pouvoir suprême en ce pays.

 

Ça s’apparente à un grand n’importe quoi et n’attendez pas de moi que le je me couvre la tête de cendres, que je me batte la coulpe, que je réponde de nos fautes collectives, de nos insuffisances collectives, de nos aveuglements collectifs face à un petit procureur adulateur d’un Mélenchon qui est à mettre dans le même sac que nous.

 

En effet, par le hasard de ma date de naissance je suis tout prêt à prendre ma part responsabilité, rien que ma part, dans les dérives du Système car tout bêtement je suis un infime rouage de ce Système. Je l’assume, je la revendique sans honte ni satisfaction.

 

Face à tous ces petits et nombreux procureurs, dont on peut encore tirer du lait de leur nez, je cultive la plus totale indifférence, libre à eux de pondre des tribunes, c’est leur droit, je leur demande simplement d’arrêter de travestir l’Histoire, de la réécrire au profit de leurs rêves de révolutionnaires en chambre.

 

Tout ce petit monde passe par pertes et profits, la guerre froide, la faillite des pays dit socialistes, l’élargissement de l’UE aux ex-pays du bloc socialiste, l’irruption de la mondialisation, la financiarisation, la monté en puissance de la Chine, des BRICS, des pays émergents, la digitalisation, les GAFA, des peccadilles tout ça, la France peut tout, elle peut à elle seule se dresser contre, condamner, dire non, jeter à bas le Système et après, tout ira dans le meilleur des monde des pianistes.

 

Malheureusement, après ces effets de manche c’est morne plaine, comme sœur Anne nous ne voyons rien venir.

 

Tout ce petit monde est constitué d’idiots utiles au fameux Système. Grâce à eux qui agrègent dans le même sac les mécontents, les gilets jaunes, les brexiteurs, les frexiteurs, les RIC, le bon peuple conservateur  de notre doulce France, risque de faire une élection de maréchal à Emmanuel Macron.

 

Face à lui, hormis la fille du borgne, c’est l’armée mexicaine des miettes de la gauche qu’elle soit molle ou dure, verte, rouge-brune…

 

Lorsque le vieux Mitterrand a sonné la charge de la France Unie pour se faire réélire c’était le moment de la mettre en pratique cette France-là, non en débauchant quelques sous-fifres de droite, mais en s’engageant résolument sur le chemin de la social-démocratie de nos voisins du Nord.

 

Mauvaise pioche, la vieille garde mitterrandienne veillait avec la bénédiction des Mélenchon, Dray and Co, exit le petit Rocard, à la niche avant de le faire assassiner politiquement par ce brillant marchand de tapis, désolé c’est le Bernard Tapie tel qu’en lui-même.  

 

J’ai fait partie, derrière Michel Rocard, de ceux qui ont mis la main à la pâte pour réformer le système, le débloquer, lui redonner du souffle, les appareils nous ont balayés, vilipendés, renvoyés sèchement à notre naïve volonté de lutter contre l’immobilisme fédérateur de tous les conservatismes.

 

C’est la vie, ce fut ma vie, alors vous comprendrez que je ne vais pas me laisser coller sur le dos tous les maux du système par la cohorte des lendemains qui chantent.

 

J’ai lu les longs papiers du sieur de Rancourt, comme toujours chez ce genre de personnage, une bonne compilation de tous les errements, les insuffisances du système mais en revanche rien, queue de chique et eau de boudin sur les voies et moyens pour le rendre juste.

 

Y’a qu’à le foutre en l’air !

 

Sortez-les sortant !

 

Le peuple, le peuple, à la sauce gilets jaunes…

 

Je ne suis pas un grand admirateur de Guy Sorman mais sa tribune donnée au Temps de Genève me donne plus à réfléchir que les niaiseries du pianiste insoumis.

 

Guy Sorman: «Les «gilets jaunes» ont raison de manifester»

 

Le mouvement social français est révélateur d’un blocage de la mobilité sociale, estime l’essayiste libéral français. Estimant que tout se joue avant l’âge de 1 an chez l’enfant, Guy Sorman milite pour un revenu minimum universel

 

Surnommé le «Saint-Père du libéralisme», l’essayiste français Guy Sorman décrypte les raisons qui font qu’un tiers de la population des pays développés a perdu sa capacité à s’intégrer dans un monde en pleine transformation. Le Temps l’a rencontré à Genève en marge d’une conférence organisée lundi par la Banque Eric Sturdza.

 

Le Temps: Montée des populismes, migrants, «gilets jaunes»: ces phénomènes montrent que la société libérale n’apporte pas les solutions nécessaires depuis une quinzaine d’années. Qu’en pensez-vous?

 

Guy Sorman: Les «gilets jaunes» ne savent parfois pas pourquoi ils manifestent, mais ils ont raison de manifester. Ils ressentent quelque chose de très vrai et qui affecte toutes les sociétés industrielles. Etre 20 et 30% de la population vit au bord de la pauvreté, craint de tomber dedans et a le sentiment que la situation sera pire pour ses enfants. Les «gilets jaunes» ne savent pas vraiment analyser les raisons de cette situation, mais leur intuition est juste.

 

Quelles sont ces raisons?

 

Dans nos sociétés développées, si vous n’avez pas l’expertise nécessaire pour jouer dans la cour de la mondialisation, vous allez être largué. En conséquence, ces 20 à 30% de la société sont en voie d’être rejetés sur les bas-côtés du développement. Les enfants aussi, car la pauvreté est devenue transmissible: la mobilité sociale fonctionne de moins en moins bien. Les «gilets jaunes» sont le symptôme de la dévalorisation d’une partie de la société. Pour l’instant, personne n’a trouvé d’analyse ou de réponse satisfaisante.

 

Est-ce le signe que la société libérale ne fonctionne plus?

 

La société fonctionne, mais pas pour tout le monde. Dans nos sociétés très sophistiquées, si vous avez une expertise – technique ou de l’ordre de l’agilité intellectuelle, souvent acquise au cours de vos études ou au sein de votre milieu familial –, vous pourrez vous adapter au changement. Si vous ne venez pas d’un milieu familial qui a cette flexibilité ou cette expertise, vous n’allez pas l’acquérir, car on s’aperçoit que si vous n’avez pas deux parents formés, vous ne serez pas formé. On a une sorte de congélation de la mobilité sociale.

 

Comment la «décongeler»?

 

Pour des parents qui n’ont pas ce capital social, la seule solution pour compenser consiste à scolariser leur enfant dès l’âge de 1 an. A cet âge, l’avenir d’un enfant est déjà quasiment déterminé, selon la stimulation qu’il reçoit. Le vrai capital aujourd’hui n’est pas l’argent, c’est là que Thomas Piketty a complètement tort, c’est la connaissance.

 

Quelles mesures peuvent être prises maintenant pour ces 20 à 30% d’individus proches de l’exclusion ?

 

D’une part, élargir les accès à la formation, même d’élite. Le discours anti-élites est tout à fait ridicule. D’autre part, améliorer la solidarité et la redistribution, car la société libérale est injuste par nature. La chance y joue un rôle très important: il faut être né dans la bonne famille, en bonne santé, ou choisir le bon métier. Mais les méthodes actuelles de solidarité sont archaïques, car ce sont des aides très ciblées, pour le logement, ou l’isolation du logement. Depuis plus d’un demi-siècle, l’école à laquelle j’appartiens propose un système complètement différent: l’impôt négatif.

 

C’est ce qu’on appelle aussi le revenu minimum universel. Pourquoi pensez-vous qu’il s’agit d’une bonne solution?

 

Dans les sociétés suffisamment riches, on peut mettre de côté une certaine somme d’argent et la redistribuer à tout le monde. Chacun déclare son revenu. Ceux qui sont au-dessus d’un certain niveau de revenu paient un impôt; ceux qui sont en dessous reçoivent de l’argent. Ce revenu minimum universel repose entièrement sur la responsabilité des individus. La société fait en sorte d’éviter la pauvreté, mais ne décide pas de l’utilisation faite de cet argent. Des expériences ont été menées au Mexique, au Brésil, au Bangladesh, en Finlande récemment. On s’aperçoit que les gens sont assez raisonnables, surtout lorsqu’on donne l’argent à une mère de famille.

 

Vous vivez aux Etats-Unis et en France. Quel regard portez-vous sur Donald Trump?

 

Aux Etats-Unis, Donald Trump n’est pas si important. La vie américaine, un peu comme en Suisse, se passe beaucoup au niveau des Etats. Washington semble très lointaine. Donald Trump a peu de pouvoirs en politique intérieure, encore moins depuis les élections de mi-mandat. Il laisse les gens assez indifférents. Donald Trump est plus dangereux en politique extérieure. Je pense qu’il lui sera très, très difficile d’être réélu. Il a un noyau dur d’électeurs de 30%, qu’il n’arrive pas à élargir. Enfin, les institutions américaines sont plus fortes que les hommes. La Constitution a été écrite exactement pour les circonstances actuelles. Comme si les constituants avaient prévu Trump.

 

Ce pianiste insoumis est fécond en écriture, il pond beaucoup, du côté musical il enseigne à Genève, pas de concerts au programme, je vous offre donc deux prestations anciennes, qui je l’avoue, ne m’ont guère convaincues, c’est besogneux et lourd.

 

Comme tout bon insoumis qui se respecte le sieur Ambroise, suite à quelques remarques sous sa chronique publiée sur Face de Bouc, m'a bloqué. Des démocrates adeptes de la discussion entre soi bien sûr.

 

Il n'y a qu'un Maurizio Pollini par siècle, mais en dépit de mes 70 balais (Ambroise m'a souhaité finement une bonne fin de vie) je suis certain que le sieur de Rancourt ne sera pas celui du XXIe....

 

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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 06:00
La Philharmonie de Paris est 1 réussite acoustique exemplaire. C'est 1 salle magnifique ! Maurizio Pollini, le piano est toute sa vie : il s’y consacre corps et âme, avec sur scène une flamme et une conviction qui forcent l’admiration.

Qui peut nier que la salle de la Philharmonie de Paris conçu par Jean Nouvel a coûté un bras le coût s'est envolé à 386 millions d'euros contre 130 millions en 2006 mais comme le fait justement remarquer Stéphane Lissner c’est un projet fait pour les 150 ans qui viennent et au-delà. Comme Berlin, comme Madrid, comme Rome, comme les grandes capitales, il était tout à fait normal que Paris ait un grand auditorium pour la musique classique. »

 

Mais ce que je ne supporte pas c’est l’avis d’un obscur pisse copie « L’acoustique n’a reçu que des éloges, mais l’unanimité, avec la presse, il faut un peu s’en méfier. Effectivement le son est rond, chaleureux, enveloppant ; la première impression s’avère incontestablement positive. Mais en tendant l’oreille on s’aperçoit que le registre grave domine largement, au détriment des premiers violons qui peinent à émerger. Dans la 4e Symphonie de Brahms (nous étions au concert du 26 janvier), ceux-ci furent continuellement noyés alors que la partition les met souvent en avant, jamais On perçoit en permanence une sorte de halo, cela s’explique : les spectateurs étant rapprochés, le volume de la salle aurait manqué de se révéler trop réduit, et le son trop sec, en conséquence les acousticiens ont rajouté de grandes cavités entre les gradins et les murs de la salle ainsi que d’imposants réflecteurs acoustiques, une enveloppe qui se rajoute à l’espace du public et des musiciens. On retrouve ainsi du volume, donc de la réverbération, mais dans un espace circulaire et complexe, d’où une perte de précision. Le son a tendance à baver, à ressembler à de la soupe. L’effet plaira au spectateur occasionnel, mais le mélomane n’y trouvera pas son compte ; après l’exubérance de la presse généraliste, c’est bien sûr l’avis de ce dernier qui s’imposera.

 

Tout cela pour 400 millions d’euros, 386 exactement au dernier comptage, c’est bien cher payé ! Voilà qui n’encouragera pas les mélomanes à rejoindre cette salle excentrée (métro Porte de Pantin) et à supporter une ligne 5 bondée à l’heure de sortie des bureaux. Et cet échec rend encore plus scandaleux, s’il en est, l’interdiction faite à la Salle Pleyel de donner des concerts de musique classique, elle qui possède d’une acoustique certes un peu sèche, mais qui a au moins l’avantage de la sincérité et de la clarté .ils ne percèrent la masse orchestrale, tous les angles étaient émoussés. »

 

T’as tout faux mon coco.

 

Entre Maurizio Pollini et toi y’a pas photo, et son pronostic catastrophiste s’avère totalement faux la salle est blindée à chaque représentation et il faut dégainer vite pour avoir des places.

 

En cinquante ans de carrière, Maurizio Pollini n’a jamais quitté les sommets de la renommée. Avec l’urgence et l’engagement qui le caractérisent, le grand pianiste continue de défendre avec une passion intacte les plus grands compositeurs.

 

Le mardi 26 février 2019 je suis allé au récital  Maurizio Pollini — 20h30 Grande salle Pierre Boulez – à vélo bien sûr.

 

Au programme Chopin et Debussy.

 

 

« Serviteur de la musique s’il en est, Maurizio Pollini unit un talent rare d’architecte des sons à un engagement sur scène sur lequel les années n’ont pas prise. Le lien tissé avec son public n’est comparable à aucun autre.

 

Plus ronde qu’il y a plusieurs décennies, la sonorité de Maurizio Pollini frappe par sa chaleur, tout en irradiant une lumière éblouissante – son Steinway estampillé « Fabbrini » y est aussi pour quelque chose. Si son jeu a évolué au fil des décennies, ses goûts n’ont pas varié d’un iota. Il aime à défendre les compositeurs avant-gardistes apparus après la Seconde Guerre mondiale (Boulez, Stockhausen…), tout en jouant, plus que jamais, Beethoven et Chopin. Schumann, Debussy et Schönberg ont aussi toute leur place dans son panthéon.  Le piano de Pollini se fait l’intercesseur entre les compositeurs et le public, et n’a pour but que de tenter d’accéder à certains sommets de l’esprit humain. Folle ambition qui fait le prix de chacune des apparitions du maestro italien.

 

Ce jeune homme de 76 ans m’a transporté, moi l’ignorant, oui il m’a fait accéder à des sommets ignorés, je n’ai pas les mots justes pour exprimer ce que j’ai ressenti mais faut-il toujours trouver des mots lorsqu’après un moment de grâce, de volupté des sens, de transport d'admiration, d'allégresse, d’accepter d’être touché par la grâce, d’exprimer simplement autour de soi la joie d’avoir vécu un grand moment, de se sentir tout petit face Maurizio Pollini.

 

« Un père architecte, un oncle sculpteur, le jeune Maurizio baigne dans l’art depuis son enfance. À Milan, il entend les plus grands musiciens de son époque. À l’âge de dix-huit ans, il remporte le célèbre Concours Chopin mais, sagement, il préfère l’approfondissement de la musique plutôt que de se lancer immédiatement dans une carrière effrénée. Il choisit ses compositeurs avec soin : Beethoven voisine avec Boulez, Chopin avec Nono, Bach avec Schönberg. Pourtant, le virtuose ne se sent pas l’âme d’un missionnaire et entend tout faire par plaisir, son seul guide. Le piano est toute sa vie : il s’y consacre corps et âme, avec sur scène une flamme et une conviction qui forcent l’admiration. »

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 06:00
La chasse à l’enfant Prévert… La colonie pénitentiaire de Belle-Ile : un véritable « bagne » pour enfants

« La colonie pénitentiaire de Belle-Ile ouvre en 1880, dans les bâtiments annexes de la citadelle où furent enfermés les détenus politiques de la Commune de Paris, entre 1872 et 1879.

 

C‘est une des colonies publiques ouvertes en application de la loi du 5 août 1850, sur le patronage et l’éducation des jeunes de tenus. La colonie est constituée d’un ensemble austère de longs bâtiments sur le bord de la falaise ; un mur d’enceinte empêche de voir la mer.

 

Belle-Ile, qui reçoit des colons de 12 à 20 ans, privilégie la formation maritime ; faire des colons « des apprentis matelots ». En 1895, est installé dans la cour de la colonie un petit trois mâts où des colons font des exercices de marine. La colonie est dotée d’un bateau de 25 mètres « le Sirena » sur lequel quelques colons sont amenés à s’embarquer pour faire des exercices de pêche, à cela s’ajouteront 3 canots à rames et à voiles.

 

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A partir de 1902, l’administration pénitentiaire construit, à l’intérieur de l’île, une annexe sur le site de Bruté pour accueillir les colons de plus en plus nombreux, ils sont environ 320 en 1910.

 

En dehors de 4 ateliers centrés sur la marine et un atelier de sardinerie qui favorise la rentabilité de la colonie, les colons pratiquent l’agriculture. La discipline est très sévère, Henri Rollet, premier juge des enfants en 1914, visite la colonie dans les années 1890 et parlera d’une « véritable structure pénitentiaire ». En 1908, un incident grave est relaté par la presse, les colons pendront sur un des bateaux, le surveillant de marine à la drisse d’un mât.

 

En 1924, Louis Roubaud, journaliste au Quotidien de Paris, visite la colonie et dénonce ce qu’il y voit dans son reportage intitulé Les enfants de Caïn. Il conclut son enquête en ces termes : « Ces écoles professionnelles sont tout simplement l’école du bagne », « Il faut raser les murs de toutes ces institutions, c’est la seule réponse ».

 

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L’évènement marquant de l’histoire de la colonie Belle-Île est l’évasion massive de cinquante-six pupilles en 1934, que d’aucuns retiennent sous le nom de la « Chasse à l’enfant », en référence au titre du poème écrit par Jacques Prévert, ou encore « scandale des bagnes d’enfants ».

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux

Tout autour de l'île il y a de l'eau

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Qu'est-ce que c'est que ces hurlements

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C'est la meute des honnêtes gens

Qui fait la chasse à l'enfant

 

Il avait dit j'en ai assez de la maison de redressement

Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents

Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Maintenant il s'est levé

Et comme une bête traquée

Il galope dans la nuit

Et tous galopent après lui

Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C'est la meute des honnêtes gens

Qui fait la chasse à l'enfant

 

Pour chasser l'enfant, pas besoin de permis

Tous le braves gens s'y sont mis

Qu'est-ce qui nage dans la nuit

Quels sont ces éclairs ces bruits

C'est un enfant qui s'enfuit

On tire sur lui à coups de fusil

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Tous ces messieurs sur le rivage

Sont bredouilles et verts de rage

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent !

 

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux

Tout autour de l'île il y a de l'eau

 

Jacques Bourquin  résume ainsi cet épisode : « Depuis plusieurs mois, le climat est médiocre à l’intérieur de l’institution. Un soir d’août 1934 éclate un incident au réfectoire, un incident apparemment bénin. Contrairement au règlement, un colon a mangé son fromage sans avoir bu sa soupe. Il est puni [et passé à tabac], ses camarades du réfectoire se solidarisent avec lui, c’est le début d’une révolte que les personnels n’arrivent pas à contenir. Les pupilles franchissent les murs de la colonie, se répandent dans toute l’île où se trouvent, en cette période, beaucoup de vacanciers ».

 

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Une « battue » est organisée afin de retrouver les enfants. Les habitants de Belle-Île et les touristes sont mis à contribution, et pour les motiver, une récompense de vingt francs par enfant trouvé leur est promise, certains gagneront même jusqu’à deux cents francs. Cette forte mobilisation a permis de retrouver tous les enfants, qui ont reçu une sévère correction.

 

Une campagne de presse qui durera trois ans est alors menée par Alexis Danan, grand reporter pour le journal Paris-Soir, afin de dénoncer les pratiques de ces « bagnes » pour enfants et de sensibiliser l’opinion publique. Il lance des appels à témoignages et met en cause d’autres colonies telles que celle de Mettray, en Indre-et-Loire.

 

Au début des années 1950, L’IPES (Institution publique d’éducation surveillée) possède un assez large éventail d’ateliers de formation dont la section marine qui prépare au certificat d’apprentissage maritime en vue d’une embauche dans la marine de Commerce ou de Pêche. L’institution toutefois décline, environ 150 élèves en 1950, 90 dans les années 1960. A partir de 1970, l’Education Surveillée remet en cause la pertinence des gros internats de rééducation et évolue vers des structures plus polyvalentes, plus proches du lieu de vie des jeunes, de leur famille, ce qui est incompatible avec Belle-Ile.

 

L’institution fermera en 1977.

Le film maudit, tourné à Belle-Île, se dévoile enfin

En 1947, Anouk Aimée et Arletty jouent sous la direction de Marcel Carné. La fleur de l'âge ne sortira jamais au cinéma

« Pierrot (Claude Romain) et Barbara (Anouk Aimée) sur la plage, heureux d'être enfin ensemble. »

« Pierrot (Claude Romain) et Barbara (Anouk Aimée) sur la plage, heureux d'être enfin ensemble. » | Émile Savitry.

 

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 06:00
La force des émissions de carbone générées lors de la fermentation du vin est «cinq fois plus concentrée que celle des avions et des voitures», selon Roger Boulton, professeur à UC Davis.

Si jusqu’à maintenant le vin a en grande partie échappé aux récriminations quant à son empreinte carbone, ce n’était peut-être que partie remise. Drink Business rapporte les propos d’un scientifique qui signale que jusqu’à aujourd’hui, l’empreinte carbone a été, en effet, mise sous le tapis et que le problème vient, majoritairement, de la fermentation (ICI l’original en anglais avec les commentaires)

Les échos #9-2019 de la revue Sésame

par Yann Kerveno

 

S'exprimant lors de la deuxième célébration internationale du sauvignon blanc à Marlborough le mois dernier, le professeur de génie chimique a déclaré aux participants que la nécessité pour les viticulteurs de capter leurs émissions de carbone était l'un des problèmes environnementaux les plus pressants auxquels le secteur était confronté.

 

«Les empreintes de carbone ont été poussées dans un coin. Les vignerons doivent mesurer leurs empreintes, les posséder et en être fiers. L'éléphant dans la salle du monde du carbone dans les établissements vinicoles est la fermentation.

 

«Nous devrions capter le carbone dans les établissements vinicoles pour qu’ils deviennent neutres en carbone. Le carbone issu de la vinification est cinq fois plus concentré que les avions et les voitures. Un litre de jus produit 60 litres de dioxyde de carbone. Pourquoi ne le piégeons-nous pas?

 

«Une seule bouteille de vin contient 80 g de dioxyde de carbone. En tant que viticulteur, si vous voulez être un leader sérieux en matière de développement durable, vous devez capturer vos émissions de carbone - un bon moyen de le transformer en craie », a-t-il déclaré.

 

Le géant du vin espagnol Torres a ouvert la voie au développement d'une technologie qui capture et transforme avec succès le dioxyde de carbone généré pendant la fermentation via son programme CCR (Carbon Capture and Reuse).

 

Jusqu'à présent, l'équipe environnementale de Torres a effectué des tests avec huit technologies différentes offrant des utilisations alternatives pour le CO2 produit lors de la fermentation. L'une de ces expériences utilise des composés organiques pour capter le CO2 afin de créer un produit pouvant être utilisé dans l'industrie des peintures.

 

Torres explore également l’utilisation de l’électrolyse à l’eau de mer pour générer une solution de base à faible empreinte carbone pouvant ensuite être utilisée pour capter le CO2 sous forme de carbonate inorganique, qui peut être stocké en toute sécurité sur la terre sous forme de carbonate solide plutôt que de s'échapper dans l'atmosphère.

 

S’il est une entreprise parmi les leaders mondiaux qui s’est saisie de cette question, c’est bien le catalan Torres, depuis que son patron, Miguel A. Torres, a percuté en regardant le documentaire d’Al Gore (vous vous souvenez, c’était en 2006).

 

Depuis 2008, l’entreprise a investi 12 M€ dans son programme initiatives vertes et y consacre chaque année 11 % de ses bénéfices. L’objectif d’alors était de réduire les émissions de 30 % d’ici à 2020, puis à terme de devenir une entreprise « carbon neutral ». En 2017, l’empreinte carbone de chaque bouteille avait été réduite de 15 % et, depuis, l’entreprise mène des recherches pour capturer le carbone de la fermentation et le transformer en énergie.

 

La vision de Miguel A. Torres était juste, lui qui annonçait qu’un réchauffement climatique de 2°C serait catastrophique pour la viticulture espagnole. Selon l’université polytechnique de Madrid, c’est même le vignoble du monde qui est le plus exposé aux effets de ce réchauffement. Même en Allemagne la question est étudiée de près. Une expérience a été menée in vivo pour observer le comportement de la vigne dans le futur, en exposant les ceps aux doses de CO2 qu’ils pourraient connaître dans une trentaine d’années.

 

Peinant à convaincre ses collègues espagnols, depuis 2011 il n’a su convaincre que 20 bodegas du pays à rejoindre sa préoccupation, Miguel A. Torres vient de s’allier avec une autre entreprise, américaine celle-là, Jackson Family Wines, pour créer l’association internationale pour l’action climatique.

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 06:00
Y’a 10 ans Bashung partait sans laisser d’adresse « Je me le représente massif, comme s’il était 1 cavalier chevauchant son destrier en vue d’1 ville de sable à conquérir. » Gérard Manset

Quand je me rêvais écrivain j’allais flâner villa Poissonnière, une allée devenue privée entre la rue Polonceau et celle de la Goutte d’Or, où « Bashung avait une chaumière du passé, toute courte, toute rigolarde, et ses massifs de groseilliers, de tulipes, ses rosiers épineux, ses flutes en petites corolles…»

 

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Alain s’excusait de ce luxe – bien relatif d’ailleurs – de la possession,  comme une entorse à ses idées « Tu sais, j’ai acheté ça à un moment… maintenant on ne pourrait plus… »

 

Manset et Bashung se sont rencontrés trop tard, en 2005

 

Moi j’ai rencontré Manset en 1968 avec Animal on est mal.

 

« Je n'aurais jamais imaginé que cette chanson serait imperméable au temps. C'est peut-être une des seules, populaires, intelligibles de prime abord, qui résume aussi bien le parcours d'un artiste. Il y a des succès que certains traînent comme un boulet toute leur vie ; moi, il m'accompagne. Comme une niaiserie, une sorte de faiblesse, de légèreté, belle surtout à cause du piano. « Et voilà le miracle en somme, c'est lorsque sa chanson est bonne. » Ces paroles sont tellement bêtes et gentilles en même temps. Tout le monde peut pondre et chanter Il voyage en solitaire. »

 

« Je suis fait de 50 % de tristesse et de 50 % de sagesse. L'ombre et la lumière. A partir du moment où je me suis mis à m'exprimer en chanson, la création a été instantanée : le texte vient en un quart d'heure, la chanson se boucle dans la matinée. »

 

« Il faut remonter au SMS du samedi 14 mars : bashung est mort.

 

Le b en minuscule, dû à la sobre typographie du numérique et des cristaux liquides. »

 

Manset est chez des amis, « probablement aux environs de Rochefort, une ville, par sa topographie, sa linéarité, le quadrillage des rues, qui paraissait à ce moment-là le mieux correspondre à une révélation de cette sorte, intemporelle et froide. »

 

« Quelques fleurs dans un vase. C’était des roses, bien sûr, la chambre et son grand lit de métal »

 

61 ans, à 19h42 à l'hôpital Saint-Joseph à Paris, un cancer du poumon terrassait Alain Bashung en chimio depuis septembre 2007. Je passais Bleu Pétrole en boucle. Né le 1er décembre 1947 d'un père qu'il n'a pas connu et d'une mère ouvrière, Bashung avait été envoyé à l'âge d'un an vivre chez sa grand-mère, à Wingersheim, en Alsace.

 

Le 15 mars 2009 dès que la nouvelle me fut connue j’ai écrit :

 

« Un jour je parlerai moins, jusqu'au jour où je ne parlerai plus » Bashung Alain parti sans laisser d’adresse…

 

Mon cher Alain,

Que les autres cons, les comptables de la sinistre liste, qui vont t’agréger à leurs foutus statistiques, ne ramènent pas leur fraise sur les raisons du triomphe de ce putain de chancre immonde sur ta vie.

Moi je te dis grand merci.

ICI

 

1947, est un bien meilleur millésime que la mien 48, cette année l’une des années les plus chaudes du XXe siècle, « s’inscrivant dans un cycle d’années sèches (1945, 1946, 1947 et 1949). Le souvenir qui en reste aujourd’hui est pourtant celui d’un millésime de légende.

 

Rarement le ciel s’était montré plus favorable : du début avril à la fin octobre, la France ne connut que la chaleur, caniculaire à partir de juin. Rappelant celle qu’avait subie le pays deux ans plus tôt, la sécheresse fut particulièrement pénible pour la population qui dut faire face à des restrictions d’eau. Pour la vigne, elle constitua en revanche une véritable bénédiction.

 

Certes, dans un premier temps la situation ne parut pas extraordinaire. Une petite pluie de juin contraria la floraison, entraînant une diminution du volume de la récolte et une concentration des substances dans les baies. En été, les orages relancèrent la végétation qui commençait à souffrir cruellement de la sécheresse. Au bout du compte, le beau temps entrecoupé de quelques pluies au bon moment permit d’obtenir une maturité inégalée.

 

En Champagne, les vendanges commencèrent le 5 septembre. Il fallait remonter à 1893 pour avoir une date aussi précoce.

 

En Bourgogne, ce millésime fabuleux fut à l’origine de vins puissants. Depuis 1865, on n’avait pas récolté des raisins aussi riches en sucre.

 

Les bordeaux rouges comme les vins du Rhône furent de la même veine. Complets et charpentés, les premiers ont valu à l’année d’être souvent présentée comme l’un des millésimes du siècle. Beaucoup sont toujours à l’apogée et certains n’ont pas encore épuisé toutes leurs réserves.

 

Malheureusement, il est aujourd’hui très difficile de se procurer ce millésime. Qui ne rêve pourtant de savourer un grand sauternes de 1947 à la teinte jaune brunâtre et aux arômes de fruits confits ? Sans parler d’un Cheval Blanc du même millésime, aussi mythique aujourd’hui que les Yquem 1921, Mouton-Rothschild 1945, Latour 1961 ou Petrus 1982. »

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