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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 06:00
Il y a 10 ans 1 petit viticulteur métayer du Beaujolais m’écrivait : son père lui disait « le Beaujolais est perdu »  Qui sauvera le beaujolais ?

La question émane du journal Le Monde du 25 mars 2019

 

« Faute d’investissements, le vignoble a perdu 40 % de sa surface et 50 % de son chiffre d’affaires en quinze ans. Pour séduire à nouveau, la région, qui s’est longtemps reposée sur le « beaujolais nouveau », parie aussi sur la richesse de ses crus et sur le vin nature. »

 

ICI

 

Comme je suis un vieux de la vieille qui a roulé sa bosse je ne peux m’empêcher de penser : le Beaujolais n’a pas besoin d’être sauvé !

 

Pourquoi me direz-vous ?

 

Parce que j’en ai ma claque de ce genre de propos et que je n’userai pas ma plume à donner un point de vue.

 

Retour en arrière : la lettre du petit vigneron métayer du Beaujolais

 

Au tout début de février 2010 j’ai reçu dans ma boîte aux lettres ce message d’un de mes lecteurs :

 

« Je suis fils de viticulteurs, petit viticulteur du Beaujolais, métayer, donc loin des grandes dynasties Bourguignonnes. Malgré tout, je suis un amoureux de ce terroir, mais pour être franc je ne vois pas comment le sortir de cette crise qu'il connait. Mon père n'a de cesse de me dire chaque jour que le Beaujolais est perdu et qu'il vaut mieux vendre du Bourgogne ou du Champagne, et je trouve cela très triste. » Et de conclure :

 

« Je viens vers vous aujourd'hui pour avoir votre avis d'amoureux du vin et surtout de professionnel du vin sur l'avenir de ce Beaujolais, quel est votre point de vue sur sa situation ? »

 

J’avoue que j’étais à la fois assez ému de cette confiance et embêté car, contrairement à ce que pensent certains, je n’ai pas d’avis sur tout et, dans le cas spécifique du Beaujolais, j’estimais et j’estime encore, que mon éloignement du terrain, ce besoin que j’ai avant de me forger une opinion d’arpenter la région, d’écouter les uns et les autres, de voir, de sentir, de me plonger dans la complexité, de définir le champ des possibles, de tester des solutions, ne me permettait pas d’être en mesure de répondre de manière pertinente à mon correspondant.

 

La suite ICI

 

« Le Beaujolais est-il perdu ? » comme l’affirme le père de mon correspondant ou comme le journaliste de Lyon Capitale interrogeant Bernard Pivot : « est-il mort ? »

 

Celui-ci répond : « Non, je ne crois pas. Mais le Beaujolais a mal, il est souffrant, il demande une assistance. Si on ne lui porte pas remède, il ira de plus en plus mal... »

 

C’est donc avec mon petit balluchon que je me porte volontaire pour « aider » avec ma méthode semelles de crêpe, pas pour « assister », le Beaujolais n’a pas besoin de béquilles, d’infirmiers  ou de docteurs miracles – ce qui ne signifie pas pour autant que les conséquences sociales des difficultés ne doivent pas être traitées avec les moyens adéquats – mais d’un accoucheur de décisions.

 

Le salut – c’est mon côté vendéen qui ressort – du Beaujolais viendra de l’intérieur, de ses propres forces. C’est donc à dessein que j’ai titré ma chronique « Grand Corps Malade » en référence à ce grand garçon sympa qui a su, avec ses propres forces, surmonter son handicap lié à son accident pour « réussir ».

 

Flop absolu !

 

En ce temps-là j’étais tricard dans la maison Agriculture, « occupes-toi des vaches et fous-nous la paix… » Y’a déjà eu en 2007 un plan avenir Beaujolais en 2007 : pas un plan de plus mais plus qu’un plan…

 

Un monument de ce que les technostructures savent pondre…

 

En décembre 2015 on dépêcha l’Inspecteur Général Malpel l’homme des causes perdues qui rêvait d’accoler à son patronyme le mot rapport.  ICI 

 

RÉSUMÉ

 

Le vignoble du beaujolais connaît une crise structurelle.

 

Dans un contexte économique difficile, les organisations de gestion des AOP des crus du beaujolais ont décidé de quitter l’Union des Vignerons du Beaujolais, structure fédératrice de la production à laquelle adhérait également les ODG beaujolais- beaujolais villages.

 

Cette scission reflète un malaise institutionnel profond qui concerne également l’interprofession InterBeaujolais.

 

L’avenir économique de la viticulture du beaujolais doit être regardé en fonction de l’évolution du marché. Cette évolution concerne la commercialisation et la production. De nouveaux marchés doivent être recherchés et les produits adaptés. Les coûts de production de la viticulture doivent en particulier être réduits.

 

Une meilleure coordination des actions économiques avec le grand bassin de la Bourgogne doit être envisagée, ce qui correspond à une réalité de terrain. Le négoce est déjà dans cette perspective. La redéfinition des cahiers des charges AOP implique également des redéfinitions des conditions de la production. Un rapprochement des interprofessions doit être étudié par les parties prenantes.

 

Voili, voilà, ainsi va la vie dans notre beau pays, où il faut que tout change pour que rien ne change.

 

Quelques citations :

 

« Il est plus difficile de réussir le beaujolais primeur que le vin du château Lafite-Rothschild, de Petrus ou de Cheval-Blanc », lance Georges Duboeuf

 

« Ici, dans le Mâconnais, et jusqu’aux Pierres Dorées, plus au sud, le paysan vivait au rythme des saisons. Jusqu’en 1960, l’hiver, il coupe le bois, l’été il coupe le blé, et en septembre les raisins. Le reste du temps, il s’occupe de son potager et de ses vaches qui s’engraissent dans les champs et sont payées cher par l’abattoir. Le vin ne saurait le passionner, il n’en vit pas, ou si peu. Ce sont les coopératives qui vont le sauver et les gens de l’INAO lui apprendre à respecter la vigne. »

 

« La médaille a son revers. Le beaujolais nouveau fonctionne comme une super-marque. Les vignerons élevés par Georges Duboeuf dans le goût du bon vin sont devenus exigeants, un rien prétentieux question porte-monnaie et compte en banque. Le prix du beaujolais a monté de 30% en deux millésimes ; pas mal, non ? Les paysans qui font les vendanges en Renault 25 ont des envies de nouveaux riches. Oublié le temps de la mouise, quand le père Ramonet, à Chassagne, n’avait pas de chaussures pour sarcler ses vignes ! »

 

13 août 2010

« Opération Grand Corps Malade » Du beau, du bon, Duboeuf

 

À l’intérieur du livre acheté sur les quais « Beaujolais vin du citoyen » Georges Duboeuf par Henri Elwing, plié en quatre, j’ai découvert les 2 feuillets double-face d’un « reportage », signé par un esthète du vin Nicolas de Rabaudy, sur Georges Duboeuf pour le compte du Figaro-Magazine du 10 novembre 1990. Si je vous le propose dans son intégralité, dans le cadre de mon opération « Grand Corps Malade » c’est qu’il me semble très représentatif de l’ambiance du début des années 90. Hormis le ton et le style très Fig-Mag, un peu condescendant, et une certaine forme d’hagiographie, l’auteur ne pratique pas la langue politiquement correcte qui a cours de nos jours dans nos gazettes. Son enthousiasme pour le travail de Georges Duboeuf n’est pas feint, mais bien réel et il repose sur une réalité qu’on aurait tort de minorer ou de cacher. 20 ans après, il est facile d’ironiser, de jeter aux orties le Beaujolais Nouveau, d’instruire des procès, d’oublier le chemin parcouru. Pour ma part j’ai l’intime conviction que ce ne sont pas les savantes analyses du passé produites par de beaux esprits, moi y compris, qui apporteront à cette belle région un souffle nouveau mais la capacité de tous, vignerons et négociants, à se prendre en mains pour que la réalité des vins du Beaujolais, quelle que soit leur positionnement sur le marché, correspondent à ce qu’on dit qu’ils sont. C’est l’essence même des AOC : écrit ce que tu fais, et fais ce que tu dis... Sinon, vive les IGP !

 

« Georges Duboeuf a inventé le beaujolais nouveau et transformé le troisième jeudi de novembre en date-culte. Grâce à ce génie des vignobles, le vin des mâchons est devenu un phénomène médiatique mondial»

 

La suite ICI 

 

3 août 2010

« Opération Grand Corps Malade » Papa Bréchard c’était pépé primeur

 

C’est maintenant Papa Bréchard qui parle :

 

« Mais revenons à nos feuillettes. Longtemps, nos vins ont pu se contenter de n’être que de bons petits vins faits pour la carafe et le café. Sensible au charme « écologique » eu barriquaillage qui lui donnait la promesse d’un vin authentique de vrai vigneron – en direct du producteur au consommateur – la clientèle, essentiellement locale, pardonnait la faiblesse ou la rusticité de ce beaujolais de bonne franquette. Par exemple je me souviens de vin livré dans la précipitation et qui démarrait sa « malo » au comptoir, cette malo dont on ne savait pas grand-chose alors, sinon qu’elle faisait un temps le vin revêche et amer, quasi imbuvable et que l’on appelait seconde fermentation. Eh bien, personne ne se fâchait, on supportait cet avatar provisoire avec constance, comme une maladie infantile, la rougeole ou la varicelle, dont le vin sortirait plus fort et meilleur qu’avant. Essayez donc maintenant d’écouler du beaujolais qui n’aurait pas fait sa malo !

 

Avec la mise en place progressive du négoce qui a considérablement élargi les zones de diffusion de nos vins, mais aussi gommé le folklore, la clientèle frustrée de barriquaillage pittoresque, a retrouvé le goût juste et sans indulgence, elle exigé du primeur mieux élaboré, plus étoffé. Bon gré mal gré le vignoble a suivi pour le plus grand bien de tous. Les vignerons décidés à faire du primeur, ou ceux qui n’avaient pas de meilleure alternative – je pense surtout aux miens, ceux du Sud – se sont appliqués. Ils ont démontrés, nonobstant les tentatives ultérieurs d’autres vignobles attirés par la poule aux œufs d’or, que l’association terroir beaujolais/gamay noir à jus blanc, donnait par vocation et quand on le voulait bien, le meilleur primeur rouge du monde, souvent imité, rarement égalé, jamais dépassé et croyez-moi, c’est pas de la réclame mensongère...

 

La suite ICI 

 

 

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 06:00
Le péril jaune : LA BELT AND ROAD INITIATIVE Les ports italiens dans le viseur : Trieste point de passage des nouvelles routes de la soie

Dans notre vieux pays on n’a plus de grands projets reste l’ironie à la sauce Médiapart pour agrémenter le lourd ragoût insoumis, l’aigre paulée aux cochons des nationaux bas du front, les pauvres restes, les maigres épluchures gaullo-mitterrandienne…

  

Mon Président et le Péril jaune

 

Ah, mon Président ! Nous voici, comme à la fin du XIXe siècle, face au risque de voir notre belle Nation livrée à des hordes déchaînées. A l’époque, le Péril jaune était liée au danger que représentait un possible expansionnisme chinois puis, à partir du début du XXe siècle, japonais. Evidemment, vous pourriez dire que les Chinois sont réellement en train de devenir la première puissance économique de la planète, mais nous vous faisons toute confiance pour les stopper à nos frontières par quelque leçon de morale ou conseil bien senti.

Gérard Xavier blog Médiapart.

 

Et pendant ce temps-là la Chine de Xi Jinping dessine La Belt and Road Initiative, développée dans le cadre du « Rêve Chinois »…

 

Un mot d’explication sur le péril jaune :

 

Vers la fin du XIXe siècle, il y eu une période durant laquelle les Blancs craignaient que les Chinois ou les peuples venant d'Asie ne les surpassent et ne prennent la direction du monde. C'est pour désigner ce danger que le terme « péril jaune » a été inventé.

 

Associée à la « fourmilière asiatique », un terme entomologique métaphorique, l'expression « péril jaune » tirerait ses origines de l'Allemagne. Ce serait en effet Guillaume II qui en serait l'instigateur, en septembre 1895. A l'époque, il voulut fédérer les pays occidentaux qui avaient des colonies sur le continent asiatique contre la montée en puissance du Japon et de la Chine.

 

Il a ensuite encore été utilisé plusieurs fois vers le début des années 1900, comme lors du conflit qui opposa le Japon à la Russie.

 

ICI 

 

Pendant que nous nous lamentons, que nous contemplons avec délice notre nombril national, tous aux barricades, enfermons-nous, replions-nous sur nous-mêmes, vivons heureux, vivons cachés mais de grâce ne nous privez pas de nos smartphones car nous ne pourrons plus communiquer entre nous, pauvres de nous…la Chine communiste, le plus beau fleuron du néo-libéralisme tisse sa toile.

 

Cap sur l’Italie :

 

Géopolitique. L’Italie sur le ring entre la Chine et les États-Unis

 

LA REPUBBLICA – ROME

 

En visite officielle à Rome, le président de la république chinoise Xi Jinping, signera samedi 23 mars un accord pour faire rentrer l’Italie dans la Nouvelle route de la soie. Un projet d’infrastructures et géopolitique auquel Washington est farouchement opposé.

 

Sans s’en rendre compte, l’Italie s’est retrouvée sur un ring de boxe. Celui où les États-Unis et la Chine s’affrontent pour le titre de champion du monde des poids lourds. Le pays est ainsi exposé aux coups des uns et des autres, qui frappent au-dessus et en dessous de la ceinture. L’Italie s’offre ainsi à la fois à l’ire du champion en titre, les États-Unis – que nous considérons comme notre allié et qui est de fait notre maître de maison –, ainsi qu’à celle de son unique rival, la Chine, qui aimerait se servir de notre pays pour se rapprocher du centre du ring, occupé par le tenant du titre. Alors que le match menace de se prolonger au-delà du temps réglementaire, reste à savoir comment nous avons fait pour nous fourrer dans un tel pétrin. Et comment faire pour en sortir. Il faut donc comprendre ce que veulent, et ce que peuvent, dans l’ordre, la Chine, les États-Unis et l’Italie.

 

La Chine se sert de la brillante opération baptisée les “nouvelles routes de la soie” pour construire une contre-mondialisation à 360 degrés. Cela fait dix ans que Pékin est convaincu que le système géopolitique et économique centré sur les États-Unis est en pleine désintégration. Il n’entend donc pas y entrer pour y jouer un rôle d’acteur de second ordre : il compte au contraire établir les règles d’un nouveau jeu sino-centrique, auquel les autres pays pourront se joindre. La Belt and Road Initiative [nom donné en anglais aux nouvelles routes de la soie], comporte au moins trois grands piliers.

 

Primo : développer les infrastructures des routes maritimes et terrestres entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe, en investissant dans les ports maritimes et les ports intérieurs. Mais aussi les réseaux ferroviaires, les télécommunications et les routes de la soie numériques. Dans ce but, ces quatre dernières années, Pékin a investi 448 milliards de dollars dans 64 pays. Et 117 milliards de dollars d’investissements sont prévus pour 2019. Quand cela est utile et possible, les Chinois ajoutent à leurs investissements financiers l’exportation de main-d’œuvre (c’est surtout le cas en Afrique, pas en Italie), ainsi que la mobilisation de la diaspora locale (cela vaut aussi pour “nos” Chinois) et des lobbys sinophiles (il en existe chez nous aussi) pour soutenir ses projets.

 

Les États-Unis ne céderont pas la couronne mondiale sans ciller

 

Secundo : pénétrer les systèmes politico-institutionnels des pays impliqués selon le principe de moindre résistance ; ce qui signifie identifier les “ventres mous”, les infiltrer et, à partir de là, se développer. À la différence de la Russie, qui veut tenir l’Otan le plus loin possible de ses frontières, la Chine cherche à y entrer. L’expansion de la sphère d’influence américaine vers l’est de l’Europe lui va très bien parce qu’elle ne la menace pas.

 

Tertio : construire des bases militaires le long des routes concernées. La première se trouve déjà à Djibouti, goulet d’étranglement fondamental situé sur l’axe Pacifique-Indien-Suez-Méditerranée, où sont installées presque toutes les grandes puissances, parmi lesquelles l’Italie. D’autres bases suivront. Certaines (secrètes) existent déjà. Il est probable que le projet chinois, qui s’accompagne d’un discours inutilement arrogant, excède les ressources dont dispose l’empire du Milieu. Il pourrait peut-être même en accentuer la crise, déjà perceptible. Ou bien la transformer en un affrontement direct avec les États-Unis, hypothèse étudiée dans les moindres détails par les forces armées des deux titanesques rivaux. Quoi qu’il en soit, les États-Unis n’accepteront jamais de céder sans ciller la couronne mondiale. C’est pourquoi ils sont dans un état de préguerre contre la Chine (et la Russie). La bataille des droits de douane n’en est qu’une manifestation secondaire.

 

Les ambitions de Pékin se font contenir de toutes parts. Washington, qui considère la Belt and Road Initiative comme une menace vitale – après l’avoir longtemps sous-estimée –, est prêt à faire subir des représailles disproportionnées à tous ceux qui ouvriraient trop grand la porte à Pékin. En particulier si ce sont des alliés. Aujourd’hui, les États-Unis voient, dans l’ordre, la Chine, la Russie et l’Allemagne comme leurs principaux adversaires. Ils estiment que les intérêts de ces pays sont inconciliables avec la suprématie planétaire américaine, qui aujourd’hui se trouve dans un état de délitement manifeste.

 

Figure1.png

 

Les ports italiens dans le viseur ?

 

Aux yeux de Washington, l’Italie est une petite Allemagne : nous partageons notamment avec Berlin une approche douce face à Moscou et Pékin. Les États-Unis menacent de réduire les habituelles rations d’informations secrètes transmises aux Allemands et, parallèlement, aux Italiens ; cette menace ne peut être que rhétorique, car autrement l’Oncle Sam perdrait de sa crédibilité, déjà entachée auprès de ses partenaires et de ses adversaires.

 

Dans la bataille pour les nouvelles routes de la soie engagée par les gouvernements Renzi et Gentiloni [exécutifs guidés par le Parti démocrate, centre gauche, de 2014 à 2018] et accélérée par l’actuel président du Conseil, Giuseppe Conte, l’Italie était, et reste, à la recherche de capitaux. Coincés dans notre vision économiste, qui conçoit les relations de pouvoir comme un marché (voire un souk), nous ne nous sommes par rendu compte des énormes enjeux géopolitiques. Par exemple, si les Chinois essayaient d’installer des centres de collecte de données dans les ports de Gênes ou de Trieste, les Américains l’empêcheraient. Et ils nous donneraient une leçon pour l’avenir. Notamment par le biais des agences de notation (qui leur appartiennent), qui cesseraient d’édulcorer leurs évaluations de l’état de nos finances publiques.

 

Tout cela implique deux choses.

 

Primo, l’Italie a besoin d’urgence d’un centre stratégique national. Nous ne pouvons plus permettre que des autorités locales, des autorités sectorielles, voire de simples individus, prennent des engagements qui concernent la sécurité de l’État, souvent même sans s’en rendre compte. Alors que le match entre les grandes puissances se fait dur, nous, nous glosons sur la délégation d’autres fonctions aux régions [une réforme sur l’autonomie des régions du nord de l’Italie est à l’étude]. Et nous bavassons sur l’Europe, comme si elle existait. Nous nous fourvoyons.

 

Secundo, nous avons pleinement le droit, et même le devoir, d’attirer les investissements étrangers pour apporter du sang frais à notre économie paralysée. Une des priorités évidentes est de raccrocher solidement Gênes et Trieste aux nouvelles routes de la soie et aux infrastructures paneuropéennes en projet. Or si nous nous lions au principal concurrent (la Chine) de notre maître de maison (les États-Unis), nous devrons d’abord convenir avec Washington des lignes jaunes à ne pas franchir. Comme l’ont fait par le passé d’autres États membres de l’Otan mieux avisés que nous. Bref, moins de mémorandums [que l’Italie va signer avec Pékin cette semaine], dont la valeur symbolique irrite les États-Unis, et plus d’investissements, chinois, mais pas seulement.

Le temps de l’improvisation est fini.

Lucio Caracciolo

 

Le port de Trieste, point de passage des « nouvelles routes de la soie »

par Sergio Cantone  22/03/2019 -

 

Niché dans le golfe de l'Adriatique, à la pointe nord-est de l'Italie, Trieste a été pendant des siècles un important port de commerce. En déclin depuis plus de 70 ans, il pourrait redorer son blason en servant de centre logistique stratégique dans le projet pharaonique des "nouvelles routes de la soie" initié par Pékin. L'Italie, troisième puissance économique de la zone euro est en passe de signer un protocole d'accord avec la Chine.

 

" Nous sommes en train de devenir une jonction importante pour les échanges commerciaux internationaux. Il est clair qu'un tel carrefour devient pertinent aux yeux des grands acteurs du marché mondial dont les Chinois sont aujourd’hui l'un des acteurs majeurs", explique Zeno D'Agostino, président de l'autorité portuaire de Trieste.

 

Pour certains des partenaires occidentaux de Rome, en particulier les Etats-Unis, l’Italie risque, avec cet accord, de devenir le cheval de Troie de la Chine en Europe. Le gouvernement italien, lui, y voit plutôt une perspective alléchante.

 

"L'axe de la politique étrangère de Rome reste l'Europe et l'OTAN. L'accord avec la Chine est censé stimuler une économie italienne stagnante. Reste que le prix politique à payer pourrait être élevé".

 

Les entrepreneurs locaux sont convaincus que traiter avec les Chinois fera le lit de nombreuses opportunités dans leurs affaires, notamment dans le secteur des services.

 

"L'accord avec la Chine va permettre une expansion progressive du secteur tertiaire, notamment en ce qui concerne le port de Trieste. Cela va lui apporter une réelle plus-value sur le marché européen", dit Federico Pacorini, entrepreneur.

 

Tout le monde n’est pas de cet avis. Forza Italia, par exemple, estime qu'un renforcement des liens avec la Chine peut être dangereux pour l'Italie.

 

"L'Italie doit choisir entre ses 70 ans de relations avec la plus grande démocratie du monde, à savoir les Etats-Unis, ou la Chine. Si les Italiens pensent qu'ils obtiendront des avantages des deux, ils ne sont pas seulement naïfs, mais aussi stupides", exprime Giulio Camber de Forza Italia.

 

Pour d'autres, le protocole d'accord entre l'Italie et la Chine peut profiter à Trieste.

 

Pour l’écrivain originaire de Trieste, Paolo Rumiz, le protocole d'accord entre l'Italie et la Chine ne concerne pas seulement l'économie et le commerce.

 

"Cet accord n’offre pas seulement à l’Italie un nouveau rôle central, il lui redonne toute la place qu’elle occupait auparavant, du temps des grands empires. C'est ce qu'était Trieste, pendant ses années de prospérité, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, juste avant le début de la Première Guerre mondiale", dit-il.

 

Si Trieste attire déjà de nombreux investisseurs, l’envie légitime de la ville portuaire de renouer avec un passé glorieux pourrait la conduire en eaux troubles dans l’avenir. La Chine pourrait en effet, selon les analystes, s'avérer être un partenaire trop fort et trop grand pour l'Adriatique et l'Italie.

 

Journaliste • Raphaele Tavernier

 

LA BELT AND ROAD INITIATIVE : ENJEUX ET DÉFIS POUR LA CHINE

 

Résumé: La Belt and Road Initiative, développée dans le cadre du « Rêve Chinois » de Xi Jinping, souligne une grande diversité d’intérêts chinois. Ce projet de développement d’infrastructures à grande échelle pourrait être bénéfique diplomatiquement et économiquement pour nombre de pays si la Chine assure sa viabilité à long terme. Cet article vise à présenter les motivations à l’origine de l’élaboration d’une telle politique et à souligner les défis de sa mise en place.

 

ICI 

 

à suivre...

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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 06:00
Ha !  Le Cu, toujours le Cu, peut-on s’en débarrasser, s’en passer ? On tousse bleu, on mouche bleu, on pisse bleu ; tant pis ! Parce que le mildiou à présent peut venir s’il veut…

Le sujet est d’importance alors je verse 3 pièces au dossier plus en bonus une chronique de 2012 :

 

  • L’IFV alerte sur le risque de durcissement de la règlementation

 

  • L’INRA : Peut-on se passer du cuivre en agriculture biologique ?

 

  • Comment dépolluer les vignes saturées de cuivre ?

 

1) Lors du colloque « Comment relever le défi de la transition écologique au vignoble », que l’IFV a organisé à Colmar (Haut-Rhin) le 21 mars, Eric Chantelot a marqué les esprits. Le directeur de l’IFV pôle Rhône Méditerranée et expert Ecophyto national a expliqué qu’il était probable que tous les produits à base de cuivre soient ré-homologués par l’Anses  « avec systématiquement une ZNT de 50 m ». Et de poursuivre « Il est aussi fort probable que l’ensemble des ré-homologations incluent l’obligation du port d’un EPI pour les travailleurs qui interviennent dans les vignes traitées avec du cuivre même au-delà du délai de rentrée et sans limitation de durée, c’est-à-dire jusqu’aux vendanges ». Les réactions dans la salle ont été telles qu’il a eu du mal à poursuivre son intervention.

 

La viticulture bio survivra-t-elle à la baisse des doses de cuivre ?

 

EN ATTENTE D’AVIS DE L’ANSES

 

Suspens sur les modalités de lissage du cuivre au vignoble

 

Tous les cuivres ne pourront pas être utilisés en lissage

 

Et, ce n’est pas tout. Il a aussi précisé qu'il n'était pas certain que l'on puisse faire du lissage avec tous les cuivres. En effet, pour que leur produit puisse permettre un lissage, il faut que les firmes prouvent à l’Anses que celui-ci n’a pas d’effet sur les écosystèmes lorsqu’il est utilisé à plus de 4 kg. « Or il y a très peu d’études qui existent », a indiqué Eric Chantelot. Sachant que les firmes ont jusqu’au 30 mars pour déposer à l’Anses leur dossier de demande de ré-examen de leurs différentes préparations à base de cuivre, on comprend que cela va s’avérer très compliquée pour elles de répondre à cette exigence.

 

La suite :

 

  • Envisager l'avenir sans glyphosate

 

  • Plus de phytos durant la floraison

 

  • Des coûts supplémentaires

 

ICI 

 

2) Peut-on se passer du cuivre en agriculture biologique ?

 

Le cuivre est utilisé en Europe dans la plupart des types d’agricultures pour maîtriser certaines maladies fongiques ou bactériennes et tient une place importante dans la protection des cultures conduites en agriculture biologique. L’usage du cuivre est actuellement homologué dans plus de 50 cas en arboriculture, viticulture, maraîchage ou grandes cultures, avec des formulations autorisées par les cahiers des charges de l’agriculture biologique. Les usages actuels sont particulièrement importants dans les vignobles pour lutter contre le mildiou (Plasmopara viticola), en grandes cultures pour protéger la pomme de terre du mildiou (Phytophtora infestans) et, à un degré un peu moindre, en vergers de pommiers pour contenir la tavelure (Venturia inaequalis). Ces trois pathogènes sont à l’origine de pertes de récolte particulièrement dommageables.

 

Or, des concentrations excédentaires en cuivre ont des effets néfastes sur la croissance et le développement de la plupart des plantes, sur les communautés microbiennes et la faune des sols. Ces effets ont motivé des restrictions réglementaires d'usage (plafonnement des doses applicables par hectare et par an) et même les interdictions de son usage phytosanitaire prononcées par certains pays européens (Pays-Bas, Danemark) qui amènent à s’interroger sur les alternatives actuellement ou potentiellement disponibles pour limiter ou éviter le recours au cuivre.

 

Quelles alternatives au cuivre ?

 

La suite ICI

 

Résultat de recherche d'images pour "photos de la bouillie bordelaise"

 

3) Comment dépolluer les vignes saturées de cuivre ? in La vigne et ses plantes compagnes Léa&Yves Darricau Rouergue

 

Certaines vignes en effet ont reçu maintenant depuis plus d’un siècle des doses souvent trop lourdes de préparation cuivrées, comme la réputée bouillie bordelaise, mélange de chaux éteinte et de sulfate de cuivre, utilisée contre le mildiou depuis 1880. Le cuivre en excès freine le métabolisme de toutes les formes vivantes, champignons, végétaux et animaux… dont les vers de terre, qui, on l’a dit, disparaissent des sols trop pollués. Au même titre que les métaux lourds polluants, le cuivre reste dans les sols, sans en être délogé par le lessivage naturel assuré par les pluies ; il s’y accumule et les stérilise progressivement. On fait le même constat sur les sols d’épandage de rebuts de mines ou d’usines métallurgiques : les teneurs en métaux lourds les rendent stériles pour la flore locale, mais pas complètement car on y voit pousser quelques plantes qui étrangement survivent tout en accumulant des métaux dans leur organisme. La pollution joue un rôle sélectif qui explique la présence de rares plantes dont les habitats sont des îlots dispersés de sols lourdement pollués naturellement (mines affleurantes) ou artificiellement.

 

Autre originalité qui n’a pas échappé aux chercheurs lancés sur la piste de la dépollution par les plantes : certaines résistantes peuvent accumuler les métaux à doses élevée. C’est le cas par exemple de l’Arabette de Haller (Aradopsis halleri), particulièrement étudiée pour sa diversité observée selon les sites européens pollués (source : Ricado J. Stein et al, « Relations are element – specific, environnement – de – emerging model », in New Physilogist, 2016), mais aussi de L’armérie de Haller, (Armeria maritima halleri), de la Pensée calaminaire (Viola calaraminaria), et aussi du Silène humble (Silene vulagaris)…  des plantes métallophytes qui poussent sur les sites pollués par les métaux. Les recherches menées sur le sujet commencent à offrir des résultats pratiques pour ce qui se nomme la phytoremédiation des sols viticoles, et une première proposition brevetée est aujourd’hui expérimentée, basée sur une sélection de plantes qui vont récupérer le cuivre du sol, le concentrer er le restituer (pour réutilisation !) dans leurs cendres, une fois récoltées.

 

4 juillet 2012

  • On tousse bleu, on mouche bleu, on pisse bleu ; tant pis ! parce que le mildiou à présent peut venir s’il veut, on a de quoi le recevoir…

photosulfate.JPG

 

Bovard a appelé son fils ; à eux deux, ils ont installé devant la maison la grande cuve à sulfate.

 

Bovard donne à son fils un vieux pantalon, une vieille blouse, un vieux chapeau de paille à grandes ailes ; lui-même met un vieux pantalon, une vieille blouse, les plus vieux souliers qu’il ait trouvés. C’est le jour où les Savoyardes sont reparties ; et voilà que son fils va mieux, parce tout va mieux.

 

Son fils ne tousse plus, il a de nouveau bonne mine ; Bovard ne va plus être seul pour les sulfatages qui vont commencer.

 

La suite ICI

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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 07:00
Cesare Battisti, arrivant en Italie lundi 14 janvier. | ALBERTO PIZZOLI/AFP

Cesare Battisti, arrivant en Italie lundi 14 janvier. | ALBERTO PIZZOLI/AFP

J’avais lu les premiers romans de Fred Vargas, dont sans doute le meilleur : Pars vite et reviens tard (2001) alors, en 2004, un dimanche d’ennui j’étais allé l’écouter à l’auditorium du marché St Germain, c’était organisé par Télérama. Un public très Télérama, le personnage en chair et en os, plein de postures, d’une fausse gouaille, décontraction feinte, m’avait fait regretter d’être venu. Pourtant, je m’accrochai et, tout à la fin, cet auteur, par ailleurs bon écrivain, avait fait l’apologie de « pauvre » Cesare Battisti. C’était plein de mépris pour la justice italienne.

 

La Vérité sur Cesare Battisti par Vargas

 

« Déni de droit, non-respect de la parole de la France et désinformation, tout oblige à lever le voile sur l'affaire Cesare Battisti et sur l'homme, afin que chaque Français puisse atteindre, de manière objective et par l'usage de la Raison chère à Voltaire, à la vérité qui lui est scellée. Cet ouvrage, recueil de textes et de documents, met en évidence, par la seule présentation des faits et loin de toute polémique partisane, combien l'extradition de Cesare Battisti constituerait une injustice profonde pour l'homme, un affront à l'honneur de notre pays et de ses citoyens, et une faute gravissime au regard de l'Histoire. »

- Fred Vargas

 

Connaissant bien l’histoire des années de plomb, J’étais outré, furieux, tout à la fois de cette charge sans nuances et de la bonne conscience de la salle ; je me retins d’intervenir car j’aurais été très virulent, la colère n’est jamais bonne conseillère.

 

Cependant, je pris sur le champ une décision : plus jamais je n’achèterais ni ne lirais un livre de Fred Vargas.

 

Parole tenue, et comme le dit l’adage populaire : « La vengeance est un plat qui se mange froid»

 

Quarante ans après, Cesare Battisti avoue

 

Par Lucie Lespinasse — 25 mars 2019

 

L'ancien activiste italien d'extrême gauche, extradé dans son pays d'origine en janvier, a reconnu ce week-end sa responsabilité «dans quatre meurtres», commis dans les années 70.

 

Une «clarification» qui a surpris. Cesare Battisti, l’ancien activiste italien d’extrême gauche, a reconnu toutes les charges pesant contre lui et ses responsabilités «dans quatre meurtres» commis à la fin des années 70, lors d’interrogatoires samedi et dimanche, a annoncé ce lundi le procureur, Alberto Nobili. Condamné à la perpétuité pour quatre meurtres qu’il n’avait jamais reconnus, l’ex-militant de 64 ans a finalement avoué sa responsabilité dans ces évènements : «Quand j’ai tué, je pensais que je combattais pour une guerre juste. Maintenant, je comprends le mal que j’ai causé et je m’excuse auprès des familles des victimes.»

 

Pourquoi donc un tel revirement, alors qu’il a toujours nié toute implication dans ces meurtres, comme dans un portrait paru en 2012 dans Libération, alors qu’il était en exil au Brésil : «Tous ceux qui sont bien informés savent qu’il n’y a aucune preuve contre moi. Que je suis innocent. Le reste c’est de la machination.»

 

Contumace

 

Cesare Battisti est condamné en 1993 par la justice italienne pour le meurtre en 1978 d’Antonio Santoro, gardien de prison et celui d’Andrea Campagna, chauffeur de police, en 1979 ainsi que pour complicité de meurtre en 1979 d’un bijoutier, Pier Luigi Torregiani et d’un boucher, Lino Sabbadin. Le procès se déroule par contumace, puisque l’ex-activiste est en cavale depuis 1981 après son évasion de prison où il purgeait une peine de douze ans et dix mois pour «participation à une bande armée» et «recel d’armes».

 

Réfugié au Mexique puis en France pendant quinze ans, il profite de l’engagement de Mitterrand contre l’extradition des anciens activistes d’extrême gauche italiens. Mais en juin 2004, la justice française accepte la demande d’extradition de l’Italie et Battisti doit alors fuir un pays qu’il considère comme le sien. Il se réfugie au Brésil où il se voit accorder l’asile politique en 2009.

 

«Une image juste»

 

Pourtant, le 14 décembre 2018, la Cour suprême brésilienne ordonne l’arrestation de Battisti en vue de son extradition. L’ex-activiste italien se retrouve de nouveau dans la clandestinité et est arrêté le 12 janvier à Santa Cruz de la Sierra, dans le centre de la Bolivie, alors qu’il essaie de fuir la justice brésilienne. Il est finalement ramené en Italie où il est incarcéré en Sardaigne, mettant fin à une cavale de près de quarante ans.

 

En février, sa défense a demandé que sa peine soit ramenée à trente ans de réclusion, ce qui pourrait expliquer cette confession inattendue. Pourtant, l’avocat de Battisti assure que cette «clarification n’a pas été faite pour en tirer d’éventuels bénéfices. L’espoir était de rendre une image juste de (son) client, qui n’est pas le monstre qui peut encore frapper comme il a été décrit». Si les motivations de ces aveux ne se semblent donc pas très claires.

 

4 mars 2012

CHAP 9 : Brigate Rosse, mes années de plomb la « doctrine Mitterrand » offre en 1985 l’asile à ceux qui ont « rompu avec la machine infernale du terrorisme » de « poser leur sac »

 

Période complexe, particulièrement troublée, pleine de rumeurs, d’épisodes mystérieux jamais élucidés, des tentatives de complots manipulés par des services étrangers ou le crime organisé, qui a fait l’objet de relectures à posteriori, de reconstruction tendancieuse, erronées, ce que l’on dénommera en Italie la dietrologia : dietro, derrière.

 

Cette approche sera confortée en France par la « doctrine Mitterrand » qui offrit officiellement le refuge, au cours d’un discours lors du congrès de la Ligue des Droits de l’Homme en 1985, à tous ceux qui ayant « rompu avec la machine infernale du terrorisme » désireraient enfin « poser leur sac ». Le clivage gauche/droite à la française permettra de bien séparer en noir et blanc ce mouvement contestataire « unique en Europe par sa densité et sa longévité » en oubliant le fond historique de Guerre Froide et  de « stratégie de la tension ». Ce morceau d’histoire mal connu, enfoui sous la bonne conscience des pétitionnaires patentés de Saint-Germain des Prés, reviendra en boomerang dans le paysage médiatique après les évènements du 11 septembre 2001, lorsqu’en août 2002 le gouvernement français extradera Paolo Persichetti, ancien membre de la dernière branche des Brigades Rouges, les BR-UCC, reconverti grâce à la doctrine Mitterrand en professeur à l’Université Paris-VIII. Mais, bien sûr, l’affaire la plus médiatisée fut celle de Cesare Battisti, ancien animateur d’un groupuscule milanais : les Prolétaires armés pour le communisme (PAC), concierge à Paris et auteur de romans noirs, qui ne devra son salut qu’à la fuite au Brésil. Je garde le souvenir d’une conférence organisée par Télérama en 2004 où la délirante Fred Vargas délivrait sa version très germanopratine de l’affaire. Le BHL, non présent ce soir-là, délivrait avec plus de subtilité la même version.

 

Pas très glorieux tout cela, dans plusieurs textes publiés des années plus tard, Cesare Battisti indiquera avoir renoncé à la lutte armée en 1978, à la suite de l'assassinat d'Aldo Moro et se dira innocent des quatre assassinats revendiqués par les Prolétaires armés pour le communisme. Arrêté le 26 juin 1979 et condamné en 1981 pour appartenance à une bande armée il s’évade le 4 octobre 1981, avec l’aide de membres des PAC, de la prison de Frosinone et il s'enfuit d'Italie pour rejoindre la France puis le Mexique en 1982. C’est alors que Pietro Mutti, un des chefs des PAC recherché pour le meurtre de Santoro et condamné par contumace, est arrêté ; suite à ses déclarations, Cesare Battisti est impliqué par la justice italienne dans les quatre meurtres commis par les PAC, directement pour les meurtres du gardien de prison et du policier et pour complicité dans ceux des deux autres victimes. Le procès de Cesare Battisti est donc rouvert en 1987, et il sera condamné par contumace en 1988 pour un double meurtre (Santoro, Campagna) et deux complicités d'assassinat (Torregiani, Sabbadin). La sentence est confirmée le 16 février 1990 par la 1re cour d'assises d'appel de Milan, puis après cassation partielle, le 31 mars 1993 par la 2e cour d'assises d'appel de Milan. Il en résulte une condamnation à réclusion criminelle à perpétuité, avec isolement diurne de six mois, selon la procédure italienne de contumace.

 

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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 06:00
Sur ce marché de l’information devenu hyperconcurrentiel, ceux qui font profession d’en diffuser doivent leur survie à l’attention qu’ils sont capables de susciter : Marché de l’information et crédulité

Je suis né dans un pays de crédulité paysanne,  ce texte venu du Limousin l’illustre :

 

Jeanine, sa mère et sa sœur, servirent une « flaugnarde » avec du cidre pétillant, brun, sucré comme le champagne, et l’on réussit à obtenir de la grand-mère qu’elle contât. Philippe avait lu des études sur les traditions du « lébérou » ou loup-garou, du "drac", des « eschantis » — âmes des enfants morts sans baptême — dont la crédulité paysanne peupla jadis les chemins creux, les bois, les prés, le bord des ruisseaux, la nuit ; mais il n’avait jamais entendu raconter ces histoires. La vieille parlait des esprits comme de choses indubitables. Elle évoquait « lou drac » : le diable, ou les « lébérous » — qui enfermés dans leur peau de bête, doivent, chaque nuit, pendant sept ans, courir sept paroisses pour y semer le malheur — exactement comme on cite l’orage ou la grêle. Dans cette rustique salle d’où le jour se retirait et où la voix caillouteuse de l’aïeule prenait une singulière force suggestive, la poésie de ces créatures mythiques qui répondaient aux besoins romanesques de l’âme populaire, étonna Philippe.

 

Paru en 1946, Le Vin des vendangeurs de Robert Margerit

 

Mais la crédulité n’est pas l’apanage des gens simples.

 

Même si je ne suis pas, et n’est jamais été, un as des mathématiques, je me souviens en géométrie de la relation de Chasles 

 

Il s’appelait Michel Chasles. Il était mathématicien. Il était académicien. Et ce n’est pas rien.

 

Et pourtant il était crédule, si crédule, en matière d’histoire, d’écriture et de…. diplomatique.

 

Sorti de Polytechnique en 1812, membre de l’Institut de France, officier de la Légion d’honneur, Chasles s’était fait une réputation de savant de haut vol. Mais il est resté dans l’histoire comme l’exemple même du savant naïf, victime de son amour aveugle pour les autographes et pour l’histoire que, manifestement, il ne reconnaissait pas comme une science…

 

Entre 1861 et 1869, Chasles se laissa abuser par un « saute-ruisseau » nommé Denis Vrain-Lucas qui réussit à lui vendre environ 27000 lettres de personnages tous plus célèbres les uns que les autres (Galilée, Pascal, Charles Quint, mais aussi Pythagore, Alexandre le Grand, Judas Iscariote….), des « autographes » qu’il fabriquait au fur et à mesure, non sans une certaine habilité et une intelligence pratique que l’on peut saluer. Les forgeries (terme de diplomatique) étaient réellement grossières et, quelle que soit l’époque concernée, dans un même français vieillot. Extraits :

 

De Cléopâtre à César : « Mon très aimé, notre fils Césarion va bien. J’espère que bientôt il sera en état de supporter le voyage d’ici à Marseille où j’ai dessein de le faire instruire, tant à cause du bon air qu’on y respire que des belles choses qu’on y enseigne… »

 

De Charles Quint à Rabelais : « Vous qui avez l’esprit fin et subtil, me pourriez-vous satisfaire ? J’ai promis 1.000 écus à celui qui trouvera la quadrature du cercle, et nul mathématicien n’a pu résoudre ce problème… ».

 

La supercherie fut dévoilée par Chasles lui-même, non parce qu’il avait des doutes mais parce que, Vrain-Lucas tardant à lui livrer un lot de plusieurs milliers de lettres (l’officine de fabrication ne suivait pas le rythme des commandes !), il craignait que son fournisseur ne cherchât à le doubler avec d’autres clients qui paieraient davantage; il le fit surveiller une nuit et découvrit le pot aux roses !

 

La suite ICI 

 

CRÉDULITÉ, subst. fém.

 

Tournure de l'esprit portant quelqu'un, par manque de jugement ou par naïveté, à croire facilement les affirmations d'autrui portant sur des faits ou des idées sans fondement sérieux ou sans vraisemblance

 

Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion.

Paul Valéry la Pléiade, 1957, chap. instants, p. 376

 

Chaque jour nous constatons encore que, dans le jeu ambigu et souvent criminel de la politique, auquel les peuples confient toujours avec crédulité leurs enfants et leur avenir, ce ne sont pas de hommes aux idées larges et morales, aux convictions inébranlables qui l’emportent, mais ces joueurs professionnels que nous appelons diplomates, - ces artistes aux mains prestes, aux mots vides et aux nerfs glacés

Fouché de Stefan Zweig - Stefan Zweig

 

Des chercheurs partent d’un constat récent, qui a été révélé ces dernières années par l’analyse de nos cerveaux: rejeter une information demande plus «d’efforts» que d'y croire. Notre cerveau doit en effet analyser —la fiabilité de la source d’information et le caractère plausible ou non de l’histoire— avant de la rejeter. En comparaison, si on choisit d’y croire, notre cerveau peut faire une sieste...

 

Mais c’est plus compliqué que ça, écrivent le psychologue australien Stephan Lewandowsky et ses collègues. D’une part, si le sujet n’est pas déjà important pour vous, la fausse information risque de s’enraciner plus facilement dans votre esprit —et il sera par la suite très difficile de l’en déloger.

 

Or, même lorsque le sujet est important pour vous, et que vous prenez donc le temps d’analyser l’information, cela se fait si vite qu’il n’y a que quelques éléments auxquels vous portez attention:

 

  •  la source d’information est-elle crédible? Quelles sont les autres personnes de mon entourage qui y croient ?

 

  • Est-ce que cette information est «compatible avec d’autres choses auxquelles je crois» ?

 

  • Qu’ont en commun ces éléments auxquels vous portez attention?

 

Le groupe auquel vous vous identifiez, les idéologies auxquelles vous adhérez, bref, tout ce qui prédétermine déjà votre vision du monde, sera crucial dans votre choix de croire ou non à une information —et ce, qu'elle soit vraie ou fausse.

 

Ces conclusions n’étonnent pas quand on pense politique: l’électeur qui préfère le parti X sera davantage enclin à croire au chef du parti X. Mais quand on pense science, ces constats deviennent gênants: on peut pratiquement prévoir à l’avance quels groupes croiront spontanément que la vaccination cause l’autisme, que les OGM ne sont pas dangereux ou que le réchauffement climatique est un canular, pour reprendre trois des exemples cités par Lewandowsky et ses trois collègues américano-australiens.

 

Leur article a été mis en ligne le 18 septembre par la revue " Psychological Science in the Public Interest ".

 

Marché de l’information et crédulité

 

Un coup d’œil même très superficiel sur notre vie collective fait apparaître la persistance et même la vivacité de la crédulité collective. Pourquoi? Une piste d'analyse est la dérégulation massive du marché de l’information dans les sociétés occidentales contemporaines depuis l’apparition d’Internet.

Jeudi 26avril 2018 Gérald Bronner

 

Sa conclusion :

Je ne crois pas que l’on puisse dire qu’Internet rende les gens plus bêtes ou plus intelligents, mais son fonctionnement même savonne la pente de certaines dispositions de notre esprit et organise une présentation de l’information pas toujours favorable à la connaissance orthodoxe. En d’autres termes, la libre concurrence des idées ne favorise pas toujours la pensée la plus méthodique et la plus raisonnable.

 

La libre concurrence des idées ne favorise pas toujours la pensée la plus méthodique et la plus raisonnable.

 

D’autant que les médias conventionnels sont à présent prisonniers de cette concurrence effrénée sur le marché de l’information. Elle impulse un rythme de diffusion de l’information qui n’accompagne pas toujours celui de la connaissance car elle réduit le temps de vérification de l’information et provoque une mutualisation d’erreurs qui passeront pour du bon sens. C’est particulièrement évident dans le domaine de la perception des risques où l’on observe un peu partout la diffusion d’une idéologie de la peur dans le domaine sanitaire et environnementale qui n’est pas toujours fondée scientifiquement. En effet, une alerte sanitaire émise par une association animée des meilleures intentions, peut avoir des conséquences néfastes car il faudra à la science beaucoup plus de temps à défaire cette alerte (lorsqu’elle est infondée) qu’il n’en a fallu aux médias à la diffuser. C’est notamment le cas concernant la méfiance envers les vaccins qui se diffusent un peu partout alors que c’est probablement un des apports les plus remarquables de la médecine moderne à la santé publique. En d’autres termes, ces conditions vont organiser, sur certains sujets, un avantage viral à la crédulité. Sur ce marché de l’information devenu hyper-concurrentiel, ceux qui font profession d’en diffuser doivent leur survie à l’attention qu’ils sont capables de susciter. Dans ces conditions, il n’est pas incompréhensible d’observer une généralisation de la démagogie cognitive, c’est-à-dire une offre d’information qui s’indexe de plus en plus sur la nature de la demande. Pour autant, chacun a bien conscience de vivre dans une société post-vérité et cela contribue à une situation de méfiance généralisée : méfiance vis-à-vis des politiques, méfiance vis-à-vis des médias, méfiances vis-à-vis des experts, des scientifiques… La méfiance qu’inspire en particulier le pouvoir est consubstantielle à la démocratie comme le rappelle Rosanvallon (2006), mais dans le bras de fer qui s’engage entre la démocratie des crédules et celle de la connaissance, elle vient en renfort de la première, plutôt que de la seconde.

 

Toute la chronique ICI 

 

La Démocratie des crédules, de Gérald Bronner

 

ICI 

 

LA RÉVOLTE DU PUBLIC : INTERNET OU LA COLÈRE PERMANENTE

Tous les pays du monde sont aujourd’hui confrontés à une montée de la colère.

Peut-être que cette colère a toujours existé. Le problème, c’est qu’elle est désormais exprimée sur Internet par des individus connectés les uns aux autres. Elle débouche donc de plus en plus sur des crises politiques majeures, comme la décision de la Grande-Bretagne de sortir de l’UE, l’élection de Donald Trump ou encore celle de Jair Bolsonaro au Brésil.

Un livre nous aide à mieux comprendre pourquoi les individus sont à ce point en colère – et pourquoi cette colère a des conséquences dévastatrices pour la démocratie.

Son auteur : Martin Gurri, un ancien agent de la CIA. Sa spécialité ? L’exploitation des “informations publiquement accessibles” – c’est-à-dire l’analyse minutieuse de ce qui se dit dans les médias. Et il y a quelques années, il a quitté la CIA pour se mettre à son compte, offrant son expertise à des entreprises privées ainsi que sur son blog The Fifth Wave.

Autour de 2011, année du “Printemps arabe”, Gurri a observé une rupture brutale dans le rapport du grand public à l’information. Dans le monde entier, des informations émanant d’individus sans affiliation ou d’organisations émergentes ont commencé à prendre l’ascendant sur celles issues de sources plus institutionnelles. Les idées se sont mises à être diffusées en réseau plutôt que d’être imposées par le haut.

Résultat : les autorités autrefois les plus respectées, comme les pouvoirs publics, les grands organes de presse, les universités et les think tanks, ont été peu à peu marginalisées.

Cette rupture a tellement frappé Gurri qu’il en a tiré son livre, The Revolt of the Public and the Crisis of Authority in the New Millennium. La première édition, confidentielle, date de 2014, mais l’ouvrage vient tout juste d’être réédité par Stripe Press, filiale de l’entreprise numérique Stripe.

 

La suite ICI 

La récolte de spaghettis 1957 de la BBC

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 06:00
vaches au pré by eugène boudin

vaches au pré by eugène boudin

Mais jusqu’où iront-ils ?

 

Deux exemples :

 

  • la publicité TV pour la marque bio Céréal : Et si vous passiez au végétal, un monument de désinformation porté par la vague bio.

 

Résultat de recherche d'images pour "publicité télé pour la marque Céréal"

 

 

Contrairement aux fous qui taguent les boucheries à grand coup de peinture rouge, je ne développe aucune agressivité à l’endroit de ceux qui décident de ne plus manger de viande.

 

En revanche, je ne me lasserai jamais de ferrailler contre la coalition des partisans de substituts cellulaires à la viande qui se drapent dans des intentions, très nobles. Il s’agit de défendre les animaux et de protéger la planète.

 

Ne touchez pas aux vaches dans le pré !

 

« Parmi les vaches de Bruno Greind « il y a les petites moches débrouillardes qui sont dans leur coin, qui mènent leur vie de leur côté sans se faire remarquer ». Il y a aussi  les « grandes gueules, toujours les premières » et « les vieilles qui connaissent la chanson, qui ne se précipitent pas parce qu'elles savent »

 

Elle (la meneuse) remplit plusieurs rôles. Elle prend en charge de conduire le groupe et décide des déplacements. Les éleveurs disent d'elle qu'elle assure le calme et qu'elle peut tempérer l'inquiétude de ses congénères quand il y a lieu. La meneuse a généralement la confiance du groupe ; elle émerge du troupeau de manière consensuelle, notamment à cause de ses qualités particulières. Elle a de l'expérience, c'est souvent la vache la plus âgée. Souvent gourmande, toujours curieuse et avide d'explorer, c'est une vache « prête à faire des expériences », une vache « qui prend des risques ». C'est surtout une vache indépendante et qui a du tempérament.

 

« On rit parfois, raconte André Louvigny, du regard bovin de certaines personnes. Mais lorsqu'un groupe de bovins, en hiver, est dans des conditions de bien-être alimentaire et paillé et tout ça, et que tu entends qu'il pleut dehors, ça repose de les voir là. Tu dirais, en les voyant regarder par la porte alors qu'il pleut, qu'elles te remercient. »

 

C’est signé Jocelyne Porcher est sociologue à l’INRA, dans Être Bête, co-écrit avec Vinciane Despret, que j'ai acheté à ma sortie de la magnifique et instructive exposition Bêtes et Hommes à la Grande Halle de la Villette. ICI 

 

 

 

Elle m'a fait prendre conscience que le fait d'avoir gardé dans ma jeunesse les vaches du pépé Louis, Normandes aux yeux tendres, Parthenaises efflanquées et courageuses, et bien sûr ma préférée : la vieille Fidèle, aveugle, qui cheminait à mes côtés, le mufle collé à mes flancs, doucement, le pis lourd, heureuse de rentrer dans la tiède chaleur de l'étable du pépé. Chemin faisant nous devisions. Elle m'a donné le respect de la différence, le goût des choses simples, l'art de perdre son temps à écouter, à comprendre. Compagne de mes jours heureux de sauvageon, ma Fidèle méritait bien que des « filles » savantes rendent hommage à sa sensibilité.

 

Jocelyne Porcher l’auteure de « Vivre avec les animaux, une utopie pour le XXIe siècle ». (La Découverte, 2011). Elle s’apprête à faire paraître « Cause animale, cause du capital », aux Editions Le Bord de l’eau.

 

Elle signe dans le Monde une tribune revigorante :

 

« La viande de culture est un poison alimentaire, social, écologique et intellectuel »

La viande dite « propre », parce que créée en laboratoire, est une illusion morale, car elle ne sert qu’à promouvoir les visées d’industriels qui ne cherchent qu’à contrôler plus étroitement ce que nous consommons.

 

La clean meat, ou « viande propre », ou « viande cultivée », représente aujourd’hui un nouveau graal pour les biologistes et un incroyable eldorado pour les investisseurs. L’innovation biotechnologique présentée en 2013 par le scientifique Mark Post, pionnier de la viande in vitro, a, en quelques années, donné naissance au « clean meat movement », un rassemblement de scientifiques, d’industriels, de fonds d’investissement, de multinationales, de milliardaires, de fondations, de théoriciens des droits des animaux promoteurs d’un monde meilleur à portée de pipette.

 

Un nombre croissant de start-up, partout dans le monde industrialisé, s’implique dans le développement de ces substituts cellulaires à la viande. En développant la « viande propre », leurs intentions, affirment-ils, sont très nobles. Il s’agit de défendre les animaux et de protéger la planète. Car comme nul ne peut l’ignorer maintenant, « l’élevage » est une calamité pour les animaux et pour l’environnement – pour les défenseurs des animaux, tout comme pour les industriels, l’administration nationale et européenne, les organismes internationaux, le terme « élevage » désigne aussi bien les « productions animales », c’est-à-dire les systèmes industriels et intensifiés que le fait d’élever les animaux, que l’on peut nommer pour le distinguer des précédents « élevage paysan ».

 

L’intérêt de la médiatisation

 

Les vaches généreraient autant voire plus de gaz à effet de serre que toutes les voitures et les avions qui sillonnent le monde en tous sens et la vie des animaux de ferme, depuis l’aube des temps domesticatoires, ne serait qu’un incessant martyrologe, tenu à jour par une communauté d’écrivains, journalistes, philosophes et autres universitaires autoproclamés défenseurs de la « cause animale ».

 

Ainsi que le militant vegan américain Paul Shapiro, le philosophe australien Peter Singer (tous deux membres de la Cellular Agriculture Society, association américaine à but non lucratif) et autres thuriféraires de la charité bien ordonnée nous l’affirment, la défense de la cause animale passe par notre consentement à ingurgiter la bouillie que nous préparent les start-up. Les produits d’élevage issus des animaux seraient « sales », et a contrario, la viande in vitro serait « propre ». Propre pour l’environnement, propre du point de vue de l’hygiène, propre moralement puisqu’elle ne participerait à la mort d’aucun animal.

 

Il faut noter que cette innovation technologique, présentée comme révolutionnaire par ses promoteurs, s’inscrit dans le droit-fil de l’industrialisation de l’élevage. A partir du milieu du XIXe siècle, scientifiques et industriels s’emparent des animaux de ferme pour en faire des outils rentables du capitalisme industriel. De partenaires du travail paysan, les animaux deviennent des machines productrices de matière animale, bovine, porcine, avicole… Mais cette industrie lourde montre aujourd’hui ses limites d’un point de vue environnemental et sanitaire bien davantage que du point de vue de nos relations aux animaux, car la violence industrielle est connue depuis longtemps.

 

« La stratégie la plus efficace pour convaincre les consommateurs est de leur expliquer combien l’élevage est mauvais »

 

Rappelons en effet que l’ouvrage Animal Machines. The New Factory Farming Industry, (Des machines animales, la nouvelle industrie de l’élevage, CABI, non traduit) de l’auteure britannique Ruth Harrison, a été publié en 1964, et que Le Grand Massacre (Fayard) d’Alfred Kastler, Michel Damien et Jean-Claude Nouet, l’a été en 1981. On sait donc depuis des décennies ce qu’est la violence industrielle envers les animaux. Mais dans les années 1980, elle représentait un enjeu économique trop important pour faire la une des médias.

 

Aujourd’hui, les cartes ont changé de main et les scientifiques, les industriels et les multinationales ont intérêt au contraire à ce que cette violence industrielle soit médiatisée. Car, comme l’expliquent les consultants en communication, la stratégie la plus efficace pour convaincre les consommateurs de passer des produits issus d’animaux à des produits issus de la « Cell-Ag », l’agriculture cellulaire, est de leur expliquer combien l’élevage est mauvais. Ce à quoi servent en tout premier lieu les associations de défense des animaux qui ont mis en place un lourd arsenal de propagande pour dégoûter nos concitoyens de la viande – les associations de défense des animaux, telles PETA et L 214, militent pour une rupture des liens de domestication et promeuvent le véganisme et la viande in vitro ; les associations de protection des animaux, comme Welfarm, CIWF, s’intéressent, elles, à l’amélioration de leurs conditions de vie. En 2017, la fondation Open Philanthropy Project, qui finance des bourses de recherches sur la clean meat, a ainsi versé une obole de plus d’un million d’euros à l’association L 214.

 

Le triomphe de la technique sur la vie

 

La clean meat est propre car elle ne provient pas d’un animal dégoûtant. Elle est produite en laboratoire par des âmes pures en blouse blanche et non dans la boue par des brutes en cotte verte. Elle est propre moralement car elle ne nécessite pas de tuer les animaux. Elle est propre pour l’environnement car les éprouvettes ne produisent pas de méthane.

 

« Pas d’animal, pas de liens, pas d’affects, pas de sensibilité, pas d’histoire, pas de travail vivant, pas de doutes »

 

La clean meat est surtout un poison. Un poison alimentaire car sa fabrication est tout aussi opaque que celle des produits industriels sortis de l’industrie agro-alimentaire. Un poison social car cette production hors sol accroît notre asservissement aux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). Un poison écologique car sa production, en fonction des sources d’énergie utilisée, est potentiellement tout aussi productrice de CO2 que les productions industrielles. Un poison intellectuel car nombre d’universitaires et de politiques, du fait de leur ignorance du travail réel avec les animaux, sont pris au piège d’une pensée simpliste, dé-historisée, manichéenne qui refuse la mort des animaux, nos supposés prochains, au nom du « bien », et en arrive ainsi à refuser leur vie.

 

Car s’il n’y a pas de mort dans la clean meat, c’est parce qu’il n’y a pas de vie. Il y a du vivant mais il n’y a pas de vie. Pas d’animal, pas de liens, pas d’affects, pas de sensibilité, pas d’histoire, pas de travail vivant, pas de doutes. La clean meat, c’est le triomphe de la technique sur la vie, l’exclusion même de la vie. Et c’est aussi la destruction de la culture. Car, comme l’écrit le philosophe Michel Henry, la culture est culture de la vie. Sa destruction, cela s’appelle la barbarie.

 

Jocelyne Porcher  ICI 

 

La viande de culture est la seule manière de mettre un terme à l’élevage industriel 

Lorsque son prix sera abordable, la viande cellulaire offrira la promesse au consommateur d’un produit débarrassé des antibiotiques dont les animaux d’élevage sont gavés, estime l’essayiste David Chauvet, dans une tribune au « Monde ». ICI 

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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 07:00
David Merveille le bruxellois porte vraiment bien son nom, son Hello monsieur Hulot est un beau cadeau, une pépite…

Quand il pleut sur Paris, soit je me terre en mes appartements de petit bourgeois, de vieux bobo amorti, profiteur d’une retraite non méritée, pour me gaver de livres, soit j’erre dans les allées de mes librairies fétiches pour emplir ma besace afin de pouvoir soutenir un siège puisque certains révolutionnaires en chambre, qui frappent leurs claviers debouts, nous annoncent le retour du grand soir (j’ai des bougies, des allumettes, un stock des sardines à l’huile, de l’eau, des biscuits de campagne…)

 

Et bien entendu, j’ai du vin.

 

En attendant l’irruption de la Révolution, oui, je baguenaude, je divague, je flâne, je maraude, je batifole, je rôde, je folâtre, je vagabonde, tel un mort de faim.

 

Oui je l’avoue je dépense mes sous, avec les livres je suis cigale, panier percé, je ruisselle, je préfère léguer des livres que des paquets d’actions ou d’obligations… Ha, qu’elle était belle la rente Pinay qui permettait de mettre le pépé au frais, avant la mise en bière, d’en acheter pour échapper aux droits de succession.

 

Légère digression :

 

On prête, par exemple, un mot, un de plus, au général de Gaulle. Son jeune ministre des Finances, décidé à lancer un emprunt, aurait demandé au général le droit de lui donner son nom. Il y aurait eu, en France, l'emprunt Giscard d'Estaing, comme il y a eu l'emprunt Pinay. En plein conseil des ministres le général de Gaulle aurait répondu : « C'est un beau nom...d'emprunt. »

 

Je divague mais jamais je ne suis sorti d’une librairie les mains vides.

 

Il est des jours de grande et belle moisson, d’autres de vaches maigres, de rares déceptions, et puis soudain une pépite.

 

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Publié au Rouergue en septembre 2012

 

C’est un très beau livre

 

 

« Entre poésie et humour, elles font la part belle à Monsieur Hulot. Ce personnage, qui paraît trop grand avec son pantalon trop court, traverse la vie en l'égayant. Il nous emmène à travers des balades enchantées, d'où il fait sortir du merveilleux du quotidien : un passage piéton devient un saut d'obstacle, un salon de thé un saloon, la rue une zone pour une bataille de boules de neige... »

 

David Merveille

 

David Merveille vit à Bruxelles et travaille principalement pour la presse, l’édition jeunesse et la publicité. Fin connaisseur et amateur des films de Jacques Tati, il est l’auteur au Rouergue, entre autres, de trois albums inspirés du personnage de M. Hulot : Le Jacquot de M. Hulot, Hello M. Hulot ! et Monsieur Hulot à la page. Il travaille actuellement à la réalisation d’un film d’animation mettant en scène M. Hulot.

 

Pour la chronologie :

 

  • En 2006 Le jacquot de monsieur Hulot

 

  • En juin 2012 Monsieur Hulot s'expose

 

  • mai 2015 Monsieur Hulot à la plage

 

  • En avril 2019 va paraître : Hulot domino

 

ICI 

 

https://www.lerouergue.com/sites/default/files/styles/article-cover/adaptive-image/public/catalog/cover-images/9782812607530.jpg?itok=G1BbQF51

https://www.lerouergue.com/sites/default/files/styles/article-cover/adaptive-image/public/catalog/cover-images/9782812604096.jpg?itok=3K24gKNS

Le jacquot de m. hulot

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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 06:00
Musique à tous les étages pour les vieux musiciens et chanteurs à la Casa Verdi « Verdi, né paysan, n'était pas un érudit mais un artisan d'une radieuse intelligence. »

À la manière de Salvador Dali « Je suis fou de Verdi… »

 

Verdi l'appelait « l'oeuvre la plus belle » de sa vie. Près de 120 ans plus tard, sa « maison de retraite pour musiciens » accueille toujours, dans un espace majestueux de Milan, une soixantaine de pensionnaires ayant dédié leur vie à la musique.

 

http://blog.lambrusco.it/wp-content/uploads/2016/10/verdi-casa-300x174.jpg

 

« La carrière de Verdi n'a pas duré moins de cinquante-quatre ans, qui ont vu naître de sa plume des œuvres très diverses, sobres ou foisonnantes, spectaculaires ou intimistes. Partout s'exprime une personnalité robuste, explosive, d'une capacité d'invention mélodique et rythmique aussi efficace qu'entraînante, et d'un sens dramatique exceptionnel. Musique lumineuse et franche, toute brûlante de chaleur humaine, qui ne veut rien de plus que l'expression directe et poignante des passions qu'elle fait vivre sur le théâtre. Verdi, né paysan, n'était pas un érudit mais un artisan d'une radieuse intelligence. Ses opéras sont ainsi conçus qu'ils montrent tous la lutte de l'homme contre le monde, une lutte perdue d'avance mais dont ils disent la noblesse. On lui a reproché parfois de verser dans un style emphatique : constatons plutôt qu'il existe un Verdi plus secret, porte-parole des parias, des laissés-pour-compte et de leurs douleurs intimes, un poète de la marge et du mystère. Indémodable, toujours actuel et toujours aimé, Verdi nous reste proche et nécessaire. »

Jean-Michel Brèque ICI 

 

Tournée vers la place où trône le Monument à Giuseppe Verdi d'Enrico Butti (1913), la maison de retraite pour musiciens « G. Verdi » est réalisée entre 1895 et 1899 par volonté précise de Verdi, qui confie le projet à Camillo Boito, le frère du célèbre librettiste Arrigo.

 

Cette maison est située sur la Piazza Buonarroti, tout près de San Siro

 

Voir ICI 

 

Destiné à devenir une maison de retraite pour les musiciens et les chanteurs en situation économique précaire le bâtiment est inauguré en 1902. L’architecte fait appel à un style néoromantique sévère qui semble prendre ses distances d’avec l’éclectisme : une façade en briques avec d'élégantes fenêtres géminées et trigéminées s'élève sur un haut soubassement aux surfaces rugueuses. Par la grande cour rectangulaire, avec un monument à Arrigo Boito, on accède à la chapelle et à la crypte qui accueille les sépulcres de Verdi et de sa deuxième épouse Giuseppina Strepponi. Parmi les salles intérieures, il faut mentionner le grand Salon d’Honneur et la Salle arabe, qui conserve le piano dont jouait le Maestro. Un petit musée abrite œuvres d'art, souvenirs et mobilier provenant de ses demeures de Gênes et de Sant’Agata (Busseto).

 

« C'est tout sauf une maison de retraite ! C'est une maison de villégiature ! »

 

« Le temps vole... Le matin, il y a un pianiste, et tout le monde, y compris ceux en fauteuil roulant, viennent écouter. Nous chantons tous ensemble, c'est très beau, et puis il y a des concerts tous les après-midis. »

Marisa Terzi, 79 ans, arrivée il y a quatre mois

 

La Casa Verdi n'ouvrira qu'en 1902, après la mort du musicien à 87 ans, ce dernier refusant qu'on puisse le remercier.

 

Et 117 ans plus tard, elle fonctionne comme au premier jour, sans dette ni soutien public, un « vrai miracle »

 

« Les pensionnaires versent une contribution mensuelle, calculée en fonction de leurs revenus, mais qui représente moins d'un cinquième du coût réel de leur séjour, « grâce à l'argent généré par le patrimoine que nous possédons »

 

 « Verdi a laissé à la Casa Verdi tous ses droits d'auteur, ce qui pendant 60 ans a représenté des sommes non négligeables, qui ont été en partie investies" dans 120 appartements, aujourd'hui loués. »

 

Le président de la Casa Verdi Roberto Ruozi

 

La Casa Verdi a aussi bénéficié de donations, comme celle de 6 millions d'euros faite par la fille du chef d'orchestre Arturo Toscanini, qui génère elle aussi des revenus grâce aux placements effectués.

 Source ICI 

 

A la découverte de la Casa Verdi ICI 

 

OTELLO

Giuseppe Verdi

Opéra Bastille — du 07 mars au 07 avril 2019

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 06:00
DMITRY KOSTYUKOV/NYT-REDUX-REA

DMITRY KOSTYUKOV/NYT-REDUX-REA

Un petit coup de Bashung pour la route pour commencer :

 

Ma petite entreprise

Connaît pas la crise

Épanouie elle exhibe

Des trésors satinés

Dorés à souhait

J'ordonne une expertise

Mais la vérité m'épuise

Inlassablement se dévoile

 

Ruffin François est apparu dans mon radar lorsqu’il a fait un coup de maître lors de la sortie de son film Merci Patron produit par 1000&une productions le boîte de ma fille et de mon gendre.

Producteurs : Johanna Silva, Edouard Mauriat, Anne-Cécile Berthomeau

 

23 février 2016

Sous l’or des belles filles de Dior se cache aussi la misère : allez donc voir « Merci Patron » de François Ruffin et soutenez les petits producteurs !

ICI 

 

César 2016 du meilleur film documentaire

3,8 millions USD

 

Il récidive, en volant de ses propres ailes, avec J'veux du soleil : après Merci Patron, François Ruffin donne la parole aux Gilets Jaunes.

 

Faut dire que depuis, le gars d’Amiens qui a fréquenté le même lycée privé qu'Emmanuel Macron, est devenu député, sans la bénédiction de Mélenchon (pas d’investiture LFI). Il parle de sa propre sœur : « Ils étaient dans la même classe et tous deux très bons élèves, à se tirer la bourre. Mais elle a choisi un chemin différent, dont je suis fier, dans l'économie sociale et solidaire. Ils ont d'ailleurs eu l'occasion de rediscuter, mais les points d'accord n'étaient pas nombreux ! »

 

C’est un communicant hors-pair !

 

Un livre anti-Macron (« Ce pays que tu ne connais pas », Les Arènes), un documentaire sur les « gilets jaunes » (« J’veux du soleil ! »), François Ruffin est sur tous les fronts. Mais il n’oublie pas la défense de la classe ouvrière. Ainsi, sous son sweat, il arbore une chemise à imprimé Vichy, renvoyant à une époque où de nombreuses filatures étaient installées dans la ville de l’Allier. Le bon vieux temps.

PATRICK SICCOLI/SIPA

« Le député prépare minutieusement ses sorties, aidé notamment par ses collaborateurs parlementaires, les contributeurs de Fakir ou les militants du réseau Picardie debout !, bannière sous laquelle il s'est fait élire et qu'il a transformée en association ou, selon certains, en micro-parti, en février. Il bénéficie aussi d'un gros relais sur Internet : 77 000 abonnés à sa page YouTube, 110 000 à son compte Twitter, 400 000 à sa page Facebook, sans compter les innombrables groupes de soutien sur les réseaux sociaux. »

 

Ruffin, c'est une marque à lui tout seul avec son journal, son implantation locale, son micro-parti… Tous ces éléments le personnalisent. Il le refuse en même temps qu'il en joue.

Romain Mathieu, chercheur à l'Université de Lorraine

 

Richard Ramos, lui, n'est pas dupe : « Il agace LFI, il est en train de réduire Mélenchon à de la politique politicienne, il lui prend de l'espace sur le peuple de l'extrême gauche ». D'ailleurs, en "off", les langues se délient. « Le bouquin est bien mais après il n'y a pas de réponses politiques », remarque un responsable du mouvement, avant de se faire plus sarcastique : « Dans ses remerciements à la fin du livre, il rend hommage à tout le monde. Il y a une liste interminable et un mot sur 'Mélenchon et ses collègues parlementaires', point. On bosse, on fait des trucs ensemble, et pas un mot pour ses collègues ».

 

Mercredi 20 février, 13 heures. « Bon, bonjour ». Le micro-cravate attaché à sa chemise blanche, une boîte de cartons à ses côtés, François Ruffin commence son Facebook Live, assis derrière un bureau désordonné. Les soutiens du député s'apprêtent à découvrir quelle est cette "opération coup de poing menée dans le plus grand secret" qu'il leur a promise. "Là, on n'est pas dans ma cuisine, on est chez mon éditeur, Les Arènes, poursuit le journaliste de Fakir. Pourquoi on est là ? Parce que paraît aujourd'hui mon nouveau bouquin : Ce pays que tu ne connais pas, Bienvenue en France M. Macron !". Pas peu fier de son effet de surprise, François Ruffin sort trois exemplaires de son livre adressé au chef de l'Etat.

 

https://pbs.twimg.com/media/Dz22zEBX4AAealf.jpg

 

Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. Je vous le martèle parce que, avec votre cour, avec votre campagne, avec la bourgeoisie qui vous entoure, vous êtes frappé de surdité sociale.

François Ruffin à Emmanuel Macron

 

François est un homme politique national, il va essayer d'occuper l’espace entre lui et Macron.

Richard Ramos, député du MoDem et ami de François Ruffin

 

LA STRATÉGIE DE L'ÉLECTRON LIBRE

 

J'appartiens à un groupe parlementaire mais, il faut l'avouer, je suis à la fois ici et ailleurs, je fais un peu bande à part.

François Ruffin

 

L'AMBITION ASSUMÉE

Je trouve que pour quelqu'un qui veut briser le présidentialisme, il y pense beaucoup, il faut qu'il fasse un peu attention.

Un responsable LFI

 

Le tout ICI

 

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22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 06:00
Tout va très bien madame la marquise : la vigne France se porte bien ! Et pourtant pourquoi y-a-t-il déprise dans certaines régions et déficit d’installation de jeunes vignerons ?

Si j’étais là où j’ai été j’irais voir le Ministre de l’Agriculture, dans son grand bureau du rez-de-chaussée en l’hôtel de Villeroy au 78 rue de Varenne, pour lui dire « Chef, vous feriez bien de vous préoccuper de la vigne France, les chiffres sont trompeurs, les Rafales (terminologie utilisée pour démontrer la grande contribution des vins et spiritueux à la balance commerciale) survolent des vignes arrachées, de la déprise en l’absence de vignerons pour les cultiver… »

 

Et de lui mettre sous le nez :

 

  • NE LAISSER PERSONNE MOURIR : Voir une vigne mourir abandonnée n’est pas chose courante.  ICI  

 

Ce n’est pas du René Bazin dans la Terre qui meurt  mais ça fait pleurer du côté de la LPV, du père Gerbelle et quelques commentateurs.

 

  • NE LAISSER PERSONNE MOURIR, DEUXIÈME ACTE  ICI 

 

« Je n’ironise pas monsieur le Ministre, s’il est un territoire que je connais bien c’est celui des Pyrénées-Orientales, j’y ai traîné mes souliers pendant 18 mois lors de l’effondrement des Vins Doux Naturels, moi aussi ça m’attriste mais au lieu de me lamenter, de traquer les fautifs au premier rang desquels il y a votre grande administration de concert avec celle des Finances, je voudrais que vous preniez les choses en main pour redresser la situation. »

 

Ce n’est pas tout, prenez une autre région la Savoie dont le Monde souligne  le renouveau « L’ascension des vins de Savoie »

 

Longtemps boudés, apremonts et mondeuses connaissent un remarquable renouveau par Rémi Barroux Publié le 08 mars 2017

 

ICI 

 

Que lis-je dans la presse régionale :

 

Devenez propriétaire de vignes de Savoie pour 500 euros

 

La cave des Vignes des Alpes lance un financement participatif pour sauver ses hectares de vignobles savoyards en Chautagne et dans la région d'Apremont. Pour 500 euros, vous pouvez sauver un bout de terre viticole.

 

500 euros et vous devenez propriétaire de vignes en Savoie, ça vous tente ?

 

La cave Le Vigneron Savoyard tente un coup de poker pour sauver ses hectares de vignobles d'Apremont et de Chautagne grâce au financement participatif.

 

La cave a créé « Les Vignes des Alpes - le vignoble coopératif » une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) il y trois mois, où chacun peut prendre part au sauvetage des terres exploitées pour l'instant par une cinquantaine de vignerons. La cave survit et les deux terroirs sont en difficultés. « Sur la région d'Apremont, les vignobles de blanc de Savoie à base de Jacquère sont les plus demandés mais la pression économique est trop importante. Le risque est de perdre nos exploitations. En Chautagne, il n'y a pas assez de vignerons ou de repreneurs pour exploiter les terres » explique Fabien Danjoy, le directeur de la Cave du Vigneron Savoyard.

 

« Il faut au moins six à douze hectares pour pouvoir vivre de son travail en tant que vigneron coopérateur »- Fabien Danjoy, directeur de la Cave du Vigneron Savoyard

 

Pas besoin d'être un professionnel du vin pour se lancer, les particuliers, les sociétés peuvent investir dans les terres agricoles et devenir sociétaire de la SCIC. La cave a près de 160 hectares de vignes, elle aimerait pouvoir en sauver au moins 50 grâce à la société coopérative. "Avec 500 euros, le sociétaire achète une part de la SCIC qui sera investie en achat de vignoble ou simplement en exploitation d'un vignoble déjà existant. Les sociétaires vont vivre une réelle expérience viticole, ils pourront approcher de près le métier de vigneron. Ils seront rétribués en bouteilles, on organisera des événements pour qu'ils apprennent ce qu'est la taille, les vendanges, on fera aussi des dégustations", ajoute Fabien Danjoy, directeur de la Cave du Vigneron Savoyard.

 

L'objectif est aussi de pouvoir aider de jeunes vignerons à se lancer et à reprendre des terres actuellement en friche.

 

Le vignoble de la Cave du Vigneron Savoyard peut être sauvé grâce à un financement participatif - 

 

Le vignoble de la Cave du Vigneron Savoyard peut être sauvé grâce à un financement participatif - Page Facebook Les Vignes des Alpes

 

Trente-cinq sociétaires ont déjà investi dans la SCIC. L'objectif est de réunir 1.000 à 2.000 sociétaires et un capital d'un million d'euros pour remettre à flot cave du Vigneron Savoyard.

 

Voilà, monsieur le Ministre, je n’irai pas au-delà de ces simples exemples qui m’interrogent sur la pertinence des modèles économiques, tout aussi bien des caves coopératives que des vignerons indépendants, pour affronter la nouvelle donne du marché du vin.

 

Vous disposez dans votre belle maison d’une palanquée d’Ingénieurs et d’Inspecteurs, sis rue de Grenelle, demandez-leur , il y en a des bons, d’aller se pencher sur le chevet de la vigne France, de poser un diagnostic avant de vous proposer des lignes d’action afin que notre potentiel viticole ne se rétrécisse pas comme une peau de chagrin.

 

En effet, pourquoi diable une activité en « pleine santé » n’attire pas plus de nouveaux entrants dans des régions où le prix des terres viticoles reste plus que raisonnables ? Au lieu de se focaliser sur la petite poignée des vignes et des vins qui passionne les amateurs éclairés et les prétendus journalistes du vin, ausculter la masse vigneronne, celle qui fait le volume, celle qui ne sait pas vendre son vin parce qu’elle ne pèse rien face à la GD.

 

Vaste programme !

 

Bon courage les loulous, vous pourrez aller faire un tour du côté de la Petite Sibérie si ça vous dit...

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