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Jeudi 24 avril 2014 4 24 /04 /Avr /2014 07:52

Mon collègue et ami des 5 du Vin, Michel Smith, se désole ce matin dans sa chronique Le vin n’est qu’un perpétuel grand marronnier : « Si, si, je vous le jure ! En trente ans, qu’est-ce qui a vraiment changé dans le discours sur le vin ? C’est bien simple, pas grand-chose et je me le disais l’autre jour en lisant l’article d’un confrère, je ne sais plus lequel et de toute façon cela n’a que peu d’importance, qui se lamentait sur l’excès de bois que la dégustation d’un Bordeaux, je crois, faisait ressortir. Et c’est alors qu’après une de ces siestes au cours desquelles il m’arrive de réfléchir, je me suis dit que mille milliards de mille sabords, mais je tenais peu ou prou les mêmes propos il y a 30 ans sur tous ces «super pinards» boisés que l’on voyait fleurir et qu’on nous infligeait sous le nez. Conséquence : hormis la croisade des vins « nature », les discours n’ont guère évolués et les sujets non plus, soit-dit en passant. Il n’y a qu’à lire les blogs du vin pour s’en rendre compte… » link 


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Qu’est-ce donc que ce marronnier qui n’est pas de l’Altenburg – minute culturelle faisant référence à un opus méconnu d’André Malraux Les noyers de l’Altenburg – ?


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Un expert répond : « À l’origine, le marronnier, expression du jargon journalistique fait référence à un marronnier qui fleurissait chaque année sur la tombe des Gardes-Suisses morts à Paris en 1792.


Vraisemblablement, c’est au premier jour de printemps qu’un article paraissait dans la presse pour commémorer cet évènement. Depuis lors, cette pratique est devenue un véritable outil au service de l’organisation éditoriale »


Il ne faut être sorti de Polytechnique pour constater que les marronniers journalistiques poussent aujourd'hui en massif quasiment forestier « Recopier la liste des 160 derniers titres de couvertures de L'Express, Le Nouvel Observateur, et Le Point -- soit 480 manchettes --, a confirmé la perception qu'on en avait a priori: le vocabulaire, la structure des phrases et des questions sont toujours les mêmes. Tout est «caché», tout est «livre noir», tout est «secret». Il y a toujours «Ceux qui», au choix, «ruinent la France», «profitent», «fraudent» ou «massacrent l'école». Les newsmags, dans leurs manchettes, nous promettent toujours de révéler «la vérité», ou de nous montrer «les coulisses».


Le même traitement existe pour la presse quotidienne, la radio et la télé : tout le monde aborde les mêmes sujets en même temps, avec un ordre des facteurs différents en fonction de la ligne éditoriale, c’est panurgisme à tous les étages.


Et sur la Toile alors, ses blogs, ses réseaux sociaux de Face de Bouc à Twitter, qu’en est-il ?


Comme pour les radios dites libre, nées en 1981 par l’ouverture de la bande FM, au foisonnement, au débridé, au n’importe quoi, à la spontanéité, succède une mise aux normes. Les illusions des origines s’envolent, telles des feuilles mortes de l’automne, pour laisser la place à des réalités plus triviales : écrire c’est bien mais encore faut-il être lu alors chacun s’en remet aux bonnes vieilles recettes des anciens : flatter son lectorat, le brosser dans le sens du poil, étriller ceux qu’il ne peut pas piffer, lui écrire ce qu’il a envie de lire. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre mais plutôt avec du miel.


Bien évidemment le monde des médias du vin, déjà fort étroit et très nombriliste, n’échappe pas à cette dérive, il tourne en rond avec une suffisance et une constance remarquables. Les blogs qui se voulaient une bouffée d’oxygène eux aussi font, pour la plupart, lorsqu’ils ont survécus à la crise de l’adolescence, laborieusement dans le marronnier.


Contrairement à ce que conclut Michel, ce n’est ni le vin, ni ceux qui le font, qui sont en cause – même si les vignerons de tout acabit, les négociants, les coopés, ne brillent pas forcément dans leur approche de la communication et de l’information – mais la capacité des écrivains du vin d’ouvrir leur focale, de s’adresser à des lecteurs qui ne sont pas que du monde du vin, de les intéresser, de les hameçonner, de traduire en des histoires, des reportages, des rencontres le bien-vivre des gens du vin, la convivialité, le partage. Se mettre dans leur peau, cesser d’imaginer qu’ils sont tous fous de vin, qu’en dehors du vin il n’y a rien.


Depuis l’origine de ce blog je psalmodie la même antienne : ouvrez vos portes et vos fenêtres, osez, tentez, renouvelez vos manières d’aborder vos sujets, déconnez, soyez léger ou sérieux ou les deux à la fois, pour cela travaillez, soyez attentifs à l’air du temps, prenez des risques en abordant les sujets qui fâchent, persévérez au lieu de papillonner ou de butiner chez le voisin. Tout est possible sur l’espace de liberté qu’est le Net alors ne vous restreignez pas, ôtez vos barrières intérieures. Que risquez-vous ? Rien ! En effet, pour la plupart d’entre vous ce n’est pas votre gagne-pain.


Moi, qui suis en fin de cycle, ma seule ambition est de monter sur mon nouveau Tandem et d’avancer, en pédalant de concert, sur des terres nouvelles en prenant en priorité les chemins de traverse, les voies vicinales ou les routes départementales car sur les autoroutes les vélos n’ont pas droit de cité.


Si nous passons près de chez vous faites-nous signe nous partagerons avec vous le pain et le sel, boirons de bons coups et plus si affinités…

À bientôt sur mes lignes et sur les vôtres j’espère…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 22 avril 2014 2 22 /04 /Avr /2014 00:09

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Le 14 avril, sur son mur Face de Bouc André Deyrieux se désolait.

 

« Quand j’ai créé Winetourisminfrance, je pensais pouvoir être exhaustif.

 

Nous partions avec notre filet à papillons et nos Timberland de fonction glaner les initiatives oenotouristiques dans les différents vignobles, et chacun des correspondants était tout heureux de poser sur nos pages une belle prise…


Aujourd’hui, les communiqués de presse Œnotourisme des grosses caves, des départements, des syndicats d’appellation... font 10, 15 ou 30 pages… surtout aujourd’hui, en avril, en début de saison…


Mais où est l’originalité, l’authenticité, la mise en valeur des patrimoines... bref, le fait ou l’événement illustrant véritablement notre nouvel article de loi : « Le vin, produit de la vigne, et les terroirs viticoles font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager protégé de la France. » ?


Ben oui, mon cher André, ils n’ont rien compris à la communication d’aujourd’hui… C’est du lourd, du trop lourd, indigeste, illisible au sens où dans un univers privilégiant l’instantanéité, la rapidité, qui prend le temps de lire ?


On peut le regretter mais pour être entendu, compris, il faut se plier aux lois de l'exercice sinon mieux vaut pisser dans un violon ou mettre son bel argent ailleurs. Dans le cas des gens du vin ceux-ci n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes, à leurs choix de communication et de communicants, frileux, conservateurs, petits bras, redondants, sans originalité.

 

Affligeant !


Quand je lis le fatras que je reçois les bras m’en tombent. Mais comment peut-on espérer faire rêver, donner le goût du vin, de son histoire, avec un tel galimatias incolore, inodore et sans saveur ? Ça a la gueule d’une dissertation besogneuse de potaches, certes sympathiques, même appliqués, mais réinventant sans grand brio l’eau chaude. Pour sûr que ça excite l’imagination, ça donne surtout envie d’aller voir ailleurs.


Oui mais ça fait plaisir aux présidents, aux élus, aux braves porteurs d’eau qui les entourent même si c’est jeter le peu d’argent dont on dispose par la fenêtre pour qu’il tombe dans un puits sans fond : celui de l’indifférence.


Dans l’immense et incessant flux d’informations de toute nature le petit filet d’eau tiède des gens du vin passe le plus souvent inaperçu du grand public. Il n’intéresse, et encore, que le petit cercle des initiés. Les gens du vin s’adressent aux gens du vin sans même chercher à hameçonner ceux pour qui ça n’est qu’une boisson, certes sympathique, pour accompagner repas ou fêtes.


Et pourtant, sur la Toile et ailleurs, avec une économie de moyens, de l’imagination, de la patience aussi, il est possible de prendre place, de s’installer, d’exister, de communiquer.


Encore faut-il  se poser les bonnes questions, écouter, accepter les regards extérieurs, prendre le temps  d’investir en des outils fins, pointus, pertinents, qui marqueront un territoire, s’incrusteront, permettront ce que l’on appelle l’information de longue traîne qui, tel un chalut, draguera de plus en plus de poissons au fil du temps.


Je n’en finis pas de m’étonner de la ringardise des méthodes utilisées par la grande majorité des communicants du vin. Même sur les réseaux sociaux ça frise la correctionnelle.


Entendons-nous bien, je fais référence à la communication, pas à la publicité qui  exige, elle, un niveau de bruit si puissant que peu d’entreprises du vin (hormis les grandes maisons de champagne) disposent des moyens financiers pour y avoir recours en déployant un niveau de puissance pertinent.


Peu d’intervenants se posent même la question de savoir si leur communication est compréhensible, j’oserais écrire digestible, par les nouveaux arrivants à la consommation du vin aussi bien sur le marché domestique que sur les marchés d’export matures ou émergeants. On se contente de reproduire un discours formaté par l’approche purement dégustative avec un langage pseudo-technique avec parfois une pincée de lyrisme et trop souvent une bordée de clichés éculés. Beaucoup de communiqués de presse sont des monuments de baratin besogneux qui, s’ils étaient lus par madame Michu la ferait fuir.


Tout le monde semble content ou fait comme si, alors pourquoi se battre contre des moulins à vent ?


Tout bêtement parce que sur la Toile, de par sa structure sans frontières, sauf celles des langues, il est possible de bâtir et de développer des outils de communication efficaces peu budgétivores.


Lesquels me direz-vous ?


Mon penchant naturel serait de répondre à cette question, de développer mais, réflexion faite, je me dis que je serais vraiment une trop bonne poire de mettre sur la table le fruit de ma petite expérience sur la Toile acquise depuis 9 ans déjà.


Maintenant que je suis libéré de mes attaches salariales j’ai décidé de me mettre à mon compte. De proposer mes services à qui voudra s’engager dans la définition et la réalisation d’une politique de communication adaptée aux spécificités de l’Internet.


Sans doute en ai-je trop ou pas assez dit mais le projet que je mitonne depuis quelques semaines prend forme. Alors avis aux amateurs, je lèverai le voile en mai. En attendant vous pouvez toujours me contacter si vous êtes intéressés…


Nom de code : Tandem *

 

* sur la photo les pneus du Tandem sont dégonflés mais vous remarquerez que l'engin est muni d'une pompe : le moment venu nous lui donneront de l'oxygène....


Affaire à suivre…

 

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Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 00:09

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En ma jeunesse mothaise les lourds rouleaux compresseurs des Ponts&Chaussées, gros balourds lents et massifs me fascinaient par leur capacité à transformer un chemin creux, souvent boueux, truffé d’ornières, en un ruban lisse et carrossable. Au conseil municipal de la Mothe-Achard mon père était en charge des chemins menant aux champs. On les empierrait puis le rouleau compresseur compactait ce support en le tassant. C’était très important pour les gens des métairies, un progrès.


J’aurais aimé en conduire un, tourner le drôle de volant vertical pourvu d’une poignée pour lui faire faire un lent demi-tour sur place puisque ce gros scarabée était articulé en son milieu. Je n’en ai jamais eu l’occasion mais je me souviens de l’ironie de mon père à propos des Ingénieurs des Ponts&Chaussées arrondissant leurs traitements de fonctionnaires en prélevant un % sur les travaux de la voirie communale : la taxe sur les tas de gravier disait-il avec un petit sourire.


Et puis, les Ingénieurs du Génie Rural s’en sont pris aux buissons du bocage au nom du remembrement, le progrès toujours, le temps des bulldozers… pour gagner du temps.


Et puis expatrié à Paris j’ai vu se tisser autour de la ville capitale la toile d’araignée des autoroutes. Le progrès toujours, des engins monstrueux, lourds et rapides, juchés sur des roues gigantesques, le progrès encore… pour gagner du temps.


Comme tout un chacun, certes pas très souvent, avec ma petite auto j’emprunte leurs longs rubans lisses. Je m’y ennuie ferme. Le paysage semble se résumer aux panneaux annonçant : « vignobles de Champagne » par exemple.


Mon exemple n’est pas tout à fait fortuit puisque ma petite chronique fait suite à mon voyage à Aÿ.


Quel ennui !


C’est net, lisse, bien entretenu, le vert y semble posé comme un décor, enfermé dans ce long serpent en compagnie de ceux qui vont et viennent, c’est fluide ou bouchonnant, ça ressemble à la vie mais ce n’est pas une vie.


De qui de quoi que tu causes éternel bavard, de l’autoroute qui te menait en Champagne ou du champagne ?


Les 2 mon capitaine !


Là je sens que je vais me faire avoiner par les tenants de la réussite.


Qu’ils m’entendent bien, la réussite économique du champagne est incontestable et je ne la conteste pas. C’est un modèle mais dans le monde du paraître qui touche toutes les couches de la société et tous les pays du monde le goût du champagne a un fort parfum d’étiquette. La grande majorité des consommateurs achètent du prix : les hauts comme les très bas d’ailleurs.


Ainsi va le monde me direz-vous ! Certes mais l’ennui ne naquit-il pas de l’uniformité ?


Tous ces BRSA bien fait, bien lissés, formatés, bien marquetés par des têtes d’œufs penchés sur leurs panels et leurs parts de marché, se meuvent dans l’univers des bulles qui est en pleine effervescence (voir le développement des Prosecco et du Cava pour ne citer qu’eux).


Et puis, je dois l’écrire, même si c’est politiquement incorrect, la grosse machine champenoise (je ne parle pas de celles à vendanger qui sont pour l’heure interdites) si friande de prospérité, ce que je ne saurais lui reprocher, me semble bien frileuse du côté du côté du respect de son terroir et de sa traduction dans l’authenticité de son produit le champagne.


Lubie de bobo que celle de l’environnement, des hommes dans les vignes, de la nappe phréatique, de la vie des sols et d’une alchimie qui n’a rien à voir avec la chimie, la pharmacie et l’assurance-vie des vins.


Je ne le pense pas, bien au contraire le champagne, ceux qui le font, ont tout à gagner en se préoccupant de nourrir leurs discours, non de pures paroles mais d’actes traduisant leur volonté de redonner au champagne une réelle authenticité.


L’Histoire semble me contredire, balayer mon argumentation d’un revers de main, en Champagne tout va bien, merci !


Oui mais il n’empêche qu’à Aÿ, où j’ai fait découvrir les vins clairs à Claire, j’ai bu du vin, du vin de Champagne, pas des bulles… de la simple effervescence…


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Terres et Vins de Champagne et son lot de vignerons constituent pour moi le laboratoire du champagne de demain.



Ne déclenchez pas la DCA, ne m’abattez pas en plein vol, n’employez pas l’artillerie lourde qui n’a rien à faire dans cette affaire. Tentez de lever le nez de vos schémas éprouvés pour évoluer, vous mettre dans la peau de ceux qui vont influer.


Moi ce que j’en dis c’est pour causer, ma religion est faite. Je ne suis ni un schismatique, ni un hérétique, mais dans le vrai


À Aÿ ce ne fut pas aïe, aïe, aïe mais un vrai bonheur, l’enchantement, la joie du vin, pas envie de cracher : la séquence 3 vins clairs suivis de 3 champagne pour chaque producteur est une expérience, à ce niveau d’excellence, inoubliable…


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D’ailleurs le succès d’affluence était au rendez-vous, la chalandise était internationale, appliquée, professionnelle. Je déparais quelque peu mais, par bonheur Claire, se révélait une dégustatrice hors-pair.


Nous avons même croisé l'Olif Olivier Grosjean qui nous a immortalisés. link 


Belle journée pour la reine, soleil, amitié et rien que de bien belles cuvées…


Que demande de plus le peuple ?

 

Des petits nouveaux dans ma cour du champagne :


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 16 avril 2014 3 16 /04 /Avr /2014 00:09

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Pendant que Bernard Arnault faisait l’acquisition du Clos des Lambrays,

 

Un domaine de 8,66 hectares d’un seul tenant premier Grand Cru de la côte de nuits et un puligny-montrachet Premier Cru « Clos du Cailleret »


Je ne rendais à Aÿ,


Goûter des vins clairs…


Suis-je assez clair ?


Délaissant le bruit et la fureur du village toute la sainte journée j’allais donc me tapisser les papilles de vin tranquille avant qu’il ne devienne éruptif.


Beau symbole !


Là-bas, en mon absence, Jacques Perrin citait Cantona  «Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est parce qu’elles pensent que des sardines seront jetées à la mer…» Alfred Tesseron serait-il une sorte de nouvel Éric Cantona?


Et l’autre Jacques, très serein, se muait en homme vert pour se faire le descripteur des mots de l’année. Pas de doute ce Jacques Dupont a un cœur d’acier.


Et puis le scoop de l’année Alain Vauthier, en son Ausone, se prêtait au jeu de l’entretien.


Vous pensez-bien que j’allais bien en faire un vrai patin-couffin...


1ère glane :


« Qu'est-ce qu'un grand vin ? Un vin serein. Produit dans un endroit où l'on se donne du temps. C'est ce qui saute aux yeux quand on fait la tournée des premiers grands crus du Médoc. Le classement de 1855 a fait un cadeau fantastique à ces exploitations en les installant définitivement tout en haut de la hiérarchie. Quoi qu'il arrive, ils peuvent résister aux crises, traverser les périodes de doute en faisant le gros dos et attendre des jours meilleurs. Surtout ne pas subir les modes. »


« Mais la clef de voûte de leur réussite est à chercher dans cette sérénité qu'apporte la durée. À l'abri des changements, on peut s'endormir ou travailler pour l'avenir. On pourrait penser que la pression créée par les dégustations internationales, le rendez-vous des primeurs, les marchés émergents, la nécessité de convaincre les nouveaux consommateurs les ont contraints à choisir la seconde option. Mais il y a aussi le désir de pérennité, l'envie de conserver au château sa place et, quand on en est le propriétaire, de n'être pas celui du déclin. C'est tout de même plus confortable de disposer de l'éternité, celle qu'offre l'inviolabilité du classement établi en 1855, que de devoir tous les dix ans repasser son permis de s'asseoir à la table des dieux au risque de devoir s'aligner sur la tendance du moment ou celui de remplir un questionnaire concernant les salles de séminaire ou les places de parking… »


2ième glane


« En fin de matinée, nous avons rendez-vous à Ausone où nous attendent Alain et Pauline Vauthier. Compte tenu des conditions du millésime, il n’y a pas à mégoter, c’est très bon. J’admire la forme fuselée, le dynamisme et l’aromatique très pure de l’Ausone 2013 dont il y aura 9000 bouteilles.


Le chef Guy Savoy est là. L’équipe de tournage qui nous accompagne souhaiterait l’interviewer. Il est d’accord. Oui, il aime le charme de ces vins, leur caractère délicat et aromatique. Oui, ce serait l’occasion pour les grands vins de Bordeaux de revenir en force sur les cartes des restaurants français. « A quel prix ? » Un ange passe.


C’est au tour d’Alain Vauthier de se prêter au jeu de l’entretien. Le réalisateur souhaite que l’on parle de l’agitation suscitée par la parution du livre Vino Business d’Isabelle Saporta.


On pouvait présumer de la position d’Alain Vauthier par rapport au classement controversé de 2012 (on a classé des marques davantage que des terroirs) : pourtant, ce qu’il nous a dit à ce propos du dernier classement est percutant. Mais, hélas,  la déclaration a eu en partie  lieu hors caméra…


Cela dit, on comprend mieux que Saint-Emilion – qui  quelque part est restée une structure assez médiévale, avec des fiefs, des clans et des factions – soit quasiment à feu et à sang.


3ième glane :


Citations : les mots de l'année


-         « On a privilégié l'harmonie et la finesse. » Traduction : « C'est maigrichon, mais on ne pouvait pas faire mieux. Si on avait extrait davantage, tu ne pourrais même plus me poser de questions tellement ta langue resterait collée au palais... »


 

-         En cas de défaillance mémorielle, il convient de rappeler qu'en 2013 il a plu jusqu'à la mi-juillet, si bien que Noé revendait les plans de son arche sur eBay. Optimiser la date de vendange. C'est ce qui revient en boucle. Chacun a optimisé celle-ci et a mobilisé les vendangeurs avant la grande pourriture. Sauf le voisin qui, éternel optimiste béat, n'a rien optimisé du tout et, telle la cigale prise au dépourvu quand la bouse fut venue, s'est retrouvé tout démuni. »


 

-         La qualité du vin dépendait incroyablement de cette réactivité. À partir de là, deux profils se distinguent. Au moins deux, mais il s'agit ici de simplifier. Mon premier est autonome, maître chez lui de ses décisions. Comme il pleut, il n'est pas en cette fin de semaine de fin de mois de septembre à bronzer "sur le bassin" d'Arcachon. Sa réactivité ne fait qu'un tour depuis que son chef de culture a tiré la sonnette d'alarme et lui a montré les premières baies crevassées. Il commande auprès des entreprises de main-d’œuvre spécialisée une troupe de vendangeurs opérationnelle au plus vite (dans certains châteaux, comme chez les Barton de Léoville, tout le personnel, même administratif, « et le peintre » ont pris les sécateurs). D'autres, d'après leur voisin, ont attendu que le consultant international et fortement sollicité donne son avis depuis Hongkong ou Beyrouth, villes qui possèdent, d'après des sources bien informées, une météo assez peu comparable à celle de Bordeaux. Dans ce cas, petite hésitation du côté de la réactivité et perte importante de volume et de qualité. Mais, rassurons-nous, c'était comme indiqué plus avant, chez le voisin...

 

-         4ième glane


LVMH fait l’acquisition du Clos des Lambrays


Publié le 14/04/2014 par Stéphane Reynaud


« Le groupe LVMH vient de faire l’acquisition du Clos des Lambrays, un domaine de 8,66 hectares d’un seul tenant. Le Clos des Lambrays est le premier Grand Cru de la côte de Nuits. Le Domaine produit également des Morey Saint Denis Premier Cru et de grands vins blancs en Puligny Montrachet Premier Cru "Clos du Cailleret" et Premier Cru "Les Folatières". Le Clos des Lambrays produit chaque année 35 000 bouteilles (le millésime 2012 est vendu 120 € la bouteille). Il était propriété de la famille Freund, dont le patriarche est mort il y a trois ans. Sa veuve, octogénaire, ne souhaitait pas conserver la propriété. Le groupe LVMH a été choisi pour ses capacités à garantir une continuité dans l’excellence.


C’est la nouvelle que le monde du vin attendait depuis des mois. Quel nouveau domaine de prestige allait tomber dans l’escarcelle d’un de nos grands patrons ? Après Bordeaux et la Champagne, les capitaines d’industrie veulent aujourd’hui acquérir leur propriété viticole en Bourgogne, sur cette langue de terre large d’à peine un kilomètre qui s’étend au sud de Dijon et fait fantasmer les amateurs éclairés de pinot noir et de chardonnay.


Mais la région ne se livre pas facilement. Depuis l’achat en 1991 par François Feuillet, le patron de Trigano, de quelques ouvrées (une ouvrée correspond à 1/24 d’hectare ndlr) de Nuits-Saint-Georges premier cru Les Thorey, celui du château de Pommard par Maurice Giraud en 2003, et surtout en 2006 l’acquisition du domaine Engel par François Pinault, suivie de celle fin 2012, du château de Meursault et du château de Marsannay par Olivier Halley, peu ont réussi à s’offrir le domaine rêvé dans la région.


Philippe Pascal, un des anciens bras droit de Bernard Arnault chercha pendant dix ans le domaine qui lui convenait avant de trouver son Cellier aux moines, à Givry. Aujourd’hui, les acheteurs sont à l’affût. Bernard Arnault le premier. Il y a peu, ce dernier mettait un terme aux négociations engagées en vue de l’achat du domaine Henri Rebourseau , à Gevrey-Chambertin. Le gérant de la propriété aurait alors décidé de faire monter les enchères au-delà du raisonnable. Avec l’acquisition réussie du Clos des Lambrays, le patron de LVMH peut savourer. »


Œuvres complètes :


1-     Jacques Dupont link  et link 


2-   Jacques Perrin link 


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Mardi 15 avril 2014 2 15 /04 /Avr /2014 12:40

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Face à l’avalanche de qualificatifs, plus ou moins abscons, pour décrire le millésime 2013, j’avoue hypocritement que je ne sais plus à quel saint me vouer (ne croyant ni en Dieu et encore moins à ses Saints j’use de cette formule pour frapper les esprits)


Quelle pilule dorée veut-on me faire avaler ?


Quel suppositoire bien lubrifié essaie-t-on de m’enfiler ?


Lorsque je dis : je j’ajoute une couche supplémentaire à mon hypocrisie dans le mesure où tous ces discours formatés je m’en tamponne le coquillard.


Cependant, cette fois-ci l’exercice prend des proportions jamais égalées. Normal mon bon monsieur nous sommes dans l’ère de la communication. Poils au menton !


Le sieur Dupont, qui me fait une concurrence éhontée en chroniquant depuis les vignobles bordelais, se lâche. « Que ceux qui ont le devoir de vendre le vin, de faire vivre leurs entreprises fassent l'article et gonflent l'argumentaire de quelques superlatifs, soit. Ils sont dans leur rôle. Les autres, ceux qui s'adressent aux futurs acheteurs, non. Ils se doivent d'être critiques dans le sens noble du terme et le plus justement possible renseigner ceux qui les écoutent. Il y aura de jolis vins en 2013 avec des fruités présents et de la fraîcheur. Il n'y aura pas de vins excellents capables de rivaliser avec ceux des grands millésimes. Comme nous le disait Anthony Barton (Léoville Barton) lors d'une dégustation, des 2006, une année en demi-teinte : « On ne peut pas faire des vins exceptionnels tous les ans, sinon ils ne seraient pas exceptionnels ! »


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Tout ça serait donc de bonne guerre – existe-t-il de bonnes guerres ? – dans le genre bouillie bordelaise au sens du livre de Bernard Ginestet, écrit en 1975, dans lequel il parlait de la montée excessive du prix des Bordeaux, de millésimes annoncés comme étant quasiment « du siècle » qui se révèlent bien fades deux années plus tard, de pratiques douteuses de coupages ou de substitutions et aussi des buveurs d'étiquette, si la bataille du millésime n’éveillait dans le Languedoc profond un réel désir de revanche.


Tel me semble être le sens du courrier de Jérôme Villaret directeur du CIVL adressé à ses vignerons : en clair nous nous avons eu du soleil !


Madame, Monsieur,

 

Dès la fin des vendanges 2013, le CIVL a souhaité s’engager activement pour défendre le millésime 2013.


Il fallait réagir pour démontrer que le climat dont a bénéficié le Languedoc Roussillon en 2013 a permis non seulement de faire des vins de bonne qualité mais également de maintenir une récolte à l’équilibre, même si les stocks sont faibles, contrairement à certaines régions françaises.


 

Les premières actions engagées ont toutes rencontré un très bon écho auprès de la presse, des professionnels de la filière et des vignerons, tant sur le site internet millesimelanguedoc.com qui a donné la parole aux vignerons sur leur « vécu » du millésime 2013, que lors de conférences de presse à Paris ou en Région.


Pour poursuivre cette démarche autour du thème « 320 jours de soleil, comme nulle part ailleurs », nous avons réalisé un argumentaire simple pour rappeler les bonnes conditions climatiques, les orientations positives de notre vignoble et quelques verbatim encourageants de la presse. Ces argumentaires existent en 3 langues : français, anglais et allemand, vous trouverez ces fichiers en pièces jointes.


N’hésitez pas à les diffuser auprès de vos contacts acheteurs ou prospects pour affirmer ce message le plus largement possible.(NDLR c'est ce que je fais).

Nous vous remercions de votre confiance et de votre implication.

 

Jérôme VILLARET

 

L’argumentaire en français link 

 

La réponse d’un vigneron qui a tendance à mettre de l’Aude dans son vin :

 

Cher Monsieur,


Je suis navré que mes cotisations servent à construire une réalité qui ne corespond ni de prés ni de loin aux faits. Nous savons tous quel fut le millésime 2013. D'ailleurs, merci de m'indiquer pourquoi l'immense majorité des parlementaires de la région Languedoc-Roussillon ont demandé une dérogation pour que les vignerons puissent chaptaliser?


Une bonne communication ne s'organise pas autour d'un déni.


Cordialement.


Jean-Baptiste Senat


Je rappelle aux petites louves et loups que la bataille d'Hernani est le nom donné à la polémique et aux chahuts qui entourèrent en 1830 les représentations de la pièce Hernani, drame romantique de Victor Hugo

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 11 avril 2014 5 11 /04 /Avr /2014 09:00

J’avoue, je fais un nouveau coming out, j’ai un grain, un gros grain (hommage à ma mère couturière) de folie et j’ose écrire que j’en suis très fier quand je croise certains petits notaires étriqués de la blogosphère à la plume érodée. C’est clair comme dit l’amie Claire !


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C’est par elle que le scandale est arrivé, qu’elle en soit remerciée de m’avoir projeté dans l’univers des anti-notaires de Socialter !


Qu’est-ce donc que cette histoire « d’anti-notaires » ?


Un coup des nouveaux zazous du XXIe siècle !


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Se référer aux zazous, pour mes jeunes amis de Socialter équivaut à une plongée en apnée dans la préhistoire mais lorsque j’étais en culottes courtes le zazou fut pour moi la référence absolue à l’anticonformisme.


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Pensez-donc, ces jeunes gens, sous l’Occupation, lorsque les lois raciales de Pétain obligèrent les Juifs à porter l'étoile jaune, un certain nombre de zazous, par défi, s'affichèrent avec une étoile jaune marquée Zazou, Swing ou Goy. Ils furent arrêtés et conduits au camp de Drancy avant d'être relâchés.


Et puis, moi qui suis très chiffons, ces zazous par bravade portaient des vêtements trop longs à une période où le tissu était rationné, gardaient les cheveux longs alors qu'un décret vichyste faisait des cheveux récupérés chez le coiffeur une matière première d'intérêt public pour la confection de pantoufles. Enfin, ils mettaient un point d'honneur à être toujours équipés d'un parapluie qu'ils n'ouvraient jamais.


Aux faits, aux faits, Berthomeau, accouche de ta pensée fumeuse : pourquoi qualifies-tu ces jeunes pousses de Socialter d’anti-notaires ?


C’est la faute à Johnny Hess qui a utilisé le terme de zazou la première fois en France en 1938 dans sa chanson ils sont zazous!


Un jour un brave notaire/De son pays débarquant/Venait pour de grosses affaires/De legs et de testaments/Il avait l'allure très digne/Mais comme les modes de maintenant/Ont à peu près la même ligne/Que celle de dix-neuf cent/Deux jeunes zazous s'écrièrent en l'apercevant/ « Ce qu'il fait distingué/Son col haut de dix-huit pieds/Ah ! C' qu'il est zazou !/Il a, ce brave notaire, /L' veston qui traîne, traîne par terre/Ah ! C' qu'il est zazou ! »/Il ne se doutait pas, ce très digne notaire, /Qu'il pouvait être à ce point zazou/Car tous ses vêtements lui venaient de son grand-père/Le col, le veston, et tout, et tout/Il fut tout étonné/De s' voir ainsi remarqué/Par tous les zazous…

 

Vous l’avez compris, pour moi le notaire est l’archétype du conservateur, tout comme le conservateur des hypothèques, ça sent la poussière, tout le contraire de mes loulous de Socialter !


Démonstration foutraque s’il en est mais que voulez-vous, à mon âge, on ne se refait pas. Les chemins de traverse c’est mon nirvana surtout lorsqu’ils me font tomber nez à nez avec des jeunes qui me remuent les méninges.


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Pour fêter la sortie du N°4 de Socialter Travail l’éclate totale, mes anti-notaires avaient choisis la meilleure et la plus haute tanière de Paris : le Lapin Blanc !


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Il faisait beau, Paris sentait le sable chaud, sur ma flèche d’argent je pédalais élégamment, altier et fier, même si à mi-pente de la rue pentue de Ménilmontant je reprenais mon souffle en une autre tanière pleine de livres Le Monte en l’air link 


Cette symphonie en R divers m’allait bien au teint tout comme à l’édito de Socialter qui nous exhortait : Prenez l’air !


Bouffée d’oxygène, ils sont jeunes et beaux, au féminin comme au masculin, un verre à la main, y’avait même notre Antonin et son petit frère Nicolas qui signe des papiers dans Socialter. Y’avait  aussi l’ami Jérémie link, Olivier le rédac-chef, ceux par qui, avec une petite poignée de passionnés, Socialter est né et prospère en âge et en sagesse.


C’était beau, trop beau pour travailler du côté de votre Taulier qui se plaisait à bavasser en sirotant du Jo Pithon et du Landra pur jus tout droit venus de chez l'ami Philippe link


Allais-je en fin de soirée entonner un avec Diana Filippova « Lâchez-nous avec la valeur travail ! » ?


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Bien sûr que non puisque moi, pur produit des années dites glorieuses, je ne suis tout juste bon qu'à chanter « le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver… »


Le mieux que vous puissiez faire c’est d’acheter Socialter, je vous assure qu’il y a matière à réfléchir.


Croyez-moi elle se lâche Diana : l’éclate totale !


Des morceaux choisis :


-        « Vous affirmez que le travail est la voie de conquête de notre liberté et de notre indépendance. Nous constatons que les conditions du travail s’améliorent uniquement pour une mince couche de super-héros… »


-        « Nous cherchons en vain autour de nous les quelques survivants de ce paradis perdu du siècle dernier. »


-        « Aujourd’hui, votre discours a perdu le ton enjoué du siècle dernier et s’est teinté d’intonations culpabilisantes, moralisatrices, prescriptrices. Il faut travailler à tout prix, dites-vous, car l’effort mène au salut psychologique et que l’inactivité condamne notre société à l’assistanat permanent. »


-        « Au fond vous vous réjouissez de savoir que faire travailler les autres coûte de moins en moins cher tandis que ces autres produisent de plus en plus… »


Et moi pendant ce temps-là je me gavais des burgers de Claire en sirotant les verres de jaja de l’amie Gaëlle


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Le temps était venu pour moi de passer aux choses sérieuses : me transformer en reporter de Socialter !


Travailler : l’éclate totale quoi !


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Lundi 7 avril 2014 1 07 /04 /Avr /2014 00:09

Moi qui lis Voici, Gala, Point de Vue, Paris-Match mais pas Closer j’adore notre Jean-Luc, le bad boy Thunevin qui avec Murielle Andraud a fait le château Valendraud, il aime les stars. Le 2 avril c’était la belle Adriana Karembeu qui lui rendait visite pour les primeurs. Mon paparazzo favori a fait de belles photos. Je ne veux pas être mauvaise langue, ce n’est pas mon genre, sacré Jean-Luc et dire qu’il taquine à ce sujet ce brave taulier, qui lui est passé le 1er avril sans tambour ni trompettes, incognito quoi...


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photo Chateau Mangot link

 

À propos d'incognito si y’en a un qui n’use pas sa salive pour rien c’est bien Alain Vauthier de notre château Ausone haut et bien perché. Comme ce qui est rare est cher, ses mots ont bien plus de poids que les photos. En septembre 2011, bien avant la tornade VinoBuseness de l'Isabelle il n’y allait pas par 4 chemins notre Alain, avec le style, la précision et la finesse d’un escrimeur, à la fin de l’envoi : il touche ! Il touche juste comme il faut, là où il faut. Que du bonheur comme dirait ma petite fille.


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Qu’est-ce qu’un terroir mythique ? lui demandait alors Marie Joanna Roginska.


Excellente question par les temps qui courent où le bling-bling et les paillettes permettent de se voir attribuer, au détriment de l’Histoire, du terroir, de bonnes notes au grand concours du paraître.


Pauline, la fille d’Alain, avait elle aussi enfoncé le clou en répondant qu’un «vin mythique» provenait forcément d’un grand terroir. « Je ne peux pas faire du Ausone dans des sables, sinon ça se saurait… (rire). » Pour les petites louves et loups de Paris, Pauline se référait aux argilo-calcaires d’Ausone. Elle ajoutait « Maintenant à Ausone on prend la vigne comme un petit jardin, donc on intervient plusieurs fois par an, on chouchoute chaque pied de vigne. »


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Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de Saint-Émilion (la Dordogne, le Ruisseau du Taillas, le Ruisseau de Fongaband sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune de Saint-Émilion.). Les fêtes carillonnées se sont succédées mais, en dépit d’un petit arrêté, le terroir ne s’est pas transformé. Nous ne sommes pas au pays  des fées, le carrosse restera toujours citrouille au pays d’Halloween. Le terroir ce n’est pas délocalisable alors que le premier con venu, où qu’il soit, d’où qu’il vienne, peut se payer un chai et le consultant qui va avec. Oublier l’origine, le lieu, c’est bâtir des châteaux en Espagne, galvauder l’essentiel, donner la prime à l’artificiel.


Oui, je l'affirme sans détour, en dépit de ses grands airs, je sais que ce que je viens d'écrire désespère notre ami Norbert…


Pour mémoire je rappelle que les propos d’Alain Vauthier sont datés du 20 septembre 2011 alors je conseille aux petits spadassins de Norbert de remiser leurs misérables rapières. La fin justifie les moyens dit-on, alors messieurs les affidés il faut alors assurer ses arrières plutôt que de se cacher derrière un tout petit arrêté.


« Ce qui m’attriste actuellement, c’est que dans le prochain classement de Saint-Emilion ils ont gommé la notion de «terroir», elle n’intervient plus et l’histoire non plus. C’est juste une dégustation à l’aveugle et quand on connait les aléas de cette dégustation, c’est pour moi une catastrophe, on remet en cause trois siècles d’histoire. On prend une technique style concours général agricole ou médaille de la Wine Fair quelconque, je trouve ça délirant… on bafoue l’Histoire, on bafoue les terroirs… L’histoire surtout, et ça, ça me gêne. Parce que, regardez, les crus classés de Saint-Emilion qui ont été classés en 1955, ça correspondait à une hiérarchie qui n’était pas si mal faite que ça. Et chaque fois qu’un cru a une éclipse, parce que les propriétaires font pas ci, ne font pas cela, … Derrière il y a une reprise et on voit le rang qui est repris aussitôt. Alors, que dans les terroirs secondaires, c’est quasiment impossible, même si on travaille, même si on travaille, c’est trop dur… » link

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Vendredi 4 avril 2014 5 04 /04 /Avr /2014 00:09

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Qui de vous a taillé la vigne ? Je n’ai pas écrit manié un sécateur car ce petit instrument révolutionnaire sert aussi aux arboriculteurs et aux jardiniers du dimanche.


Souvenir de mon premier rang dans la vigne de l’école d’agriculture ND de la forêt à la Mothe-Achard, Alcide Robert, le vigneron maître de chai m’expliquant ce que je devais faire en joignant le geste à la parole. Je n’avais que 10 ans, les mains blanches et tendres, et pour tout vous dire l’esprit ailleurs : le petit matin, le chant des oiseaux, une envie d’un bol de cacao de mémé Marie. Pourtant, dès qu’il me confia le sécateur, bon petit soldat, avec lenteur et circonspection je me lançais dans l’opération. Le bois mort est dur, la coupe doit-être franche, très vite mes doigts et la paume de ma main droite s’échauffaient et s’abrasaient. À la fin de la matinée : belles ampoules bien dodues et un début de cal au creux de la main. Le maniement de la fourche à 3 points était moins douloureux.


J’ai donc taillé la vigne dans mon enfance, sans lendemain bien sûr mais le maniement d’un sécateur dans la vigne m’est apparu comme une opération longue et dure.


Qui donc taille ses vignes ?


Je ne sais, mais ce que je sais c’est que la possession d’un sécateur en ses vertes années, à l’image d’une Rolex, semble être devenue un marqueur indélébile de l’ancrage vigneron d’un homme au faîte de la gloire et des honneurs. Sacré Norbert, toujours en chasse d’éléments de langage capables de marquer les esprits, surtout ceux de mes chers collègues blogueurs tout frétillants d’être aussi près de lui pour recueillir et boire ses paroles. Je me régale de leur contentement d’avoir été convié aux fêtes de la Cour pour y grappiller les miettes.


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Pauvre sécateur, « dont on prête l'invention entre la Révolution Française et 1815 au Marquis Bertrand de MOLEVILLE, eut des débuts fortement contestés par les professions et les amateurs pratiquant les opérations de taille. A raison d'ailleurs, car il n'est nul besoin de nier, à la lecture des nombreux témoignages de l'époque, les meurtrissures que pouvait occasionner le cisaillement imparfait des premiers instruments sur les végétaux. »


« Au milieu du 19° siècle l'emploi du sécateur est refusé par la majorité des viticulteurs. Encore en 1887, Louis HENRY, dans ses « Eléments d'Arboriculture Fruitière » émet certaines réserves sur le sécateur qui a « l'inconvénient, si bien fait soit-il, de comprimer, d'écraser toujours un peu l'un des côtés de la coupe. Quand ou se sert du sécateur, il faut observer de tenir le croissant en dessus, afin de diminuer les risques de meurtrissure. Quelques arboriculteurs proscrivent absolument cet outil ; ils me paraissent trop exclusifs. Je ne vous défendrai le sécateur que pour tailler les prolon­gements, qu'il faut toujours couper à la serpette ».link


Alors imaginez-vous ce terrible engin entre les mains d’un bambin de 7ans ?

 

Un véritable carnage pour ses pauvres petites menottes tendres ! Exception votre honneur, il est des enfants élus, si doués, tellement au-dessus du lot, en avance sur la piétaille, que tout leur est possible. Des petits Mozart de la vigne et du vin, étoiles montant au firmament illuminant le monde des manants agenouillés et heureux d’être guidés par de tels astres.


Sacré sécateur, obscur objet du désir de puissance  qui eut tant de mal à s’imposer face à la serpette : imaginez le petit Norbert agitant au-dessus de sa tête ébouriffée une serpette ? Un très bon scénar pour film d’épouvante qui aurait propulsé l’enfant doué bien plus vite encore dans le monde des stars tel le gamin de la voiture à pédales de Shinning arpentant les longs couloirs de l’hôtel !


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J’attends, avec une certaine impatience, de voir exposer sur la Toile un cliché de ce sécateur culte, preuve indubitable de la « vigneronité » de celui l’a reçu en legs de son père.


En attendant ce grand jour je vous propose une sincérité dénuée d’artifices, celle de la néo-vigneronne Catherine Bernard qui nous dit sans fard comment elle est entrée « Dans les vignes » éditions du Rouergue.


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« C’est au cours des mois d’hiver que l’on entre en intimité avec la vigne. La taille est le premier geste de la saison et le tout premier geste vigneron  au sens où c’est une promesse de ce qui est à venir, un arbitrage entre la récolte qui se prépare et la pérennité de la souche, un geste singulier dans un ensemble d’autres gestes, un tête à tête qui devient un face à soi, et pour moi cet hiver-là, une première approche de la solitude. Jamais, avant ce mois de février, je n’avais éprouvé le sentiment de solitude. Jamais, je crois, je n’avais éprouvé un tel dénuement.


Quand je suis remontée dans la voiture, j’ai mis le chauffage et la musique à fond. C’est à ce moment-là que j’ai su que, toute la journée, des pensées avaient défilées dans ma tête, comme les nuages poussés par le vent du nord. Maintenant, elles pouvaient s’accrocher. Elles étaient claires. Je dis souvent : quand je rentre des vignes, je pense droit, comme si les vignes avaient la vertu ou le secret de me remettre la tête sur les épaules. Une nuit j’ai rêvé que j’étais un cep, enraciné dans la terre, le feuillage abandonné au gré du vent. »


Suis-je partisan lorsque j’avoue être bien plus touché par ce qu’écrit Catherine que par l’évocation devant un parterre de people de second rang, de blogueurs tout contents de côtoyer des peoples même de second rang, d’affidés, de propriétaires qui ne se sont jamais saisis de ce fameux sécateur vénéré de Norbert ?


Sans doute, et la panzer-division toujours prompte à faire mouvement va m’accuser de n’être qu’un vil envieux. Grand bien leur fasse j’ai eu beaucoup mieux qu’eux dans ma petite vie.


Catherine à nouveau :


« Après ma première journée de taille, j’avais les joues en feu. Sur la voie en face, les gens rentraient à la queue leu leu de leur bureau en ville dans leur pavillon à la campagne. Je faisais le chemin inverse. C’est la tombée de la nuit qui a sonné la fin de ma journée de travail, en même temps que mon entrée dans la force des choses.


Le lendemain matin, je me suis réveillé les doigts gourds, les articulations saillantes. Il en a été ainsi, de pire en pire, au fil de la saison. L’année suivante, je ne pouvais déplier les doigts au matin. Je me suis fait opérer d’un tendon à l’auxiliaire de la main droite et je me suis équipée d’un sécateur électrique, comme tout le monde. »


Peut-être pourrions-nous nous cotiser pour offrir à notre cher Norbert un de ces engins post-modernes pour marquer d’une pierre blanche sa résistible ascension ?


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De mon côté, je suis très porté sur le sécateur en ce moment, j’élague, je coupe tous les sarments encombrants. Je taille court. Exit les suceurs de sève, formes de coucous de la toile, de l’air, de l’air, comme mon amie Catherine « quand je rentre de mes vignes, je pense droit… »


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Jeudi 3 avril 2014 4 03 /04 /Avr /2014 16:56

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En avril il faut savoir prendre des risques comme celui de migrer au village où « les lions sont lâchés » comme pipelette se permettant de tenir un HUB qui fait jaser.link Par bonheur le César de Sud-Ouest n'avait pas enfourché sa mobylette bleue car le bougre me connaît. J'ai pu bavasser incognito ou presque .


Se mettre à nu, le Taulier l’a déjà fait en son temps pour le Beaujolais, il ose tout le bougre : voir les clichés exclusifs ICI link


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Comme promis le 1er avril link, je lève un peu le pied mais je continue à chroniquer peinard, au train, comme sur ma flèche d’argent pour ne pas être en nage, car écrire, vous écrire, me procure un immense plaisir, et tout particulièrement lorsque je vous croise, chères lectrices, chers lecteurs, comme mardi dernier au village et lors de mes sorties tout près de chez vous.


Que du bonheur !


Mars fut un beau mois.


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Je vous en remercie et vous embrasse.


Les affaires continuent, à bientôt sur mes lignes discontinues...

 

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Lundi 31 mars 2014 1 31 /03 /Mars /2014 00:09

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Ma chère tantine,


Comme je te connais, t’es une pipelette, et comme depuis que t’as ton hub t’as de l’influence, le bras long et la langue bien pendue, je ne vais pas me mouiller mais te dire ce que pense en mots codés.

 

Que veux-tu faut bien manger et je ne vais pas mordre la main de ceux qui me nourrissent. C’est humain non et ne me dit pas que comme l’écrivait Julien Green dans Le visionnaire que « Le respect humain m'avait soufflé un ou deux mensonges dont il faudrait m'accuser, un jour. »


Samedi soir, alors que s’ouvre la semaine des primeurs, j’étais parmi la petite centaine d’invités de qui tu sais, un brave propriétaire qui en est à son trentième millésime, qui a eu son premier sécateur offert pour ses sept ans, un vrai vigneron comme on les aime qui passe beaucoup plus de temps dans ses vignes et son chais que dans le hub des aéroports. Un missionnaire visionnaire !


Toute la Cour était présente, la fine Fleur quoi, un mélange de people, de propriétaires, de chers confrères qui écrivent dans la presse, des critiques comme on dit à Paris. Je n’ai pas vu le Jacques Dupont mais en revanche j’ai croisé un membre éminent de la commission de classement. Pas la peine de te dire qui puisqu’y z’ont fait des photos de lui en compagnie d’un grand amoureux du cru.


Ne t’inquiète pas tata pour sûr que l’encenseur habituel, le petit cireur de pompes, Bon Courtisan, va nous gratifier d’une chronique idolâtre où tu sauras tout sur l’excellence des mets et des vins de l’inauguration du Palais présidentiel. L’était là que pour ça le p’tit gars vu que ce truc n’était qu’une forme post-moderne de meeting de soutien au maître du lieu. Un soutien fort du monde du vin pour mettre en lumière, au meilleur moment, l’une des plus belles ascensions de l’appellation.


Moi, je vais te dire tantine, comme la sous-Ministre de je ne sais plus quoi, sur les marches de Matignon, je vais te faire une confidence que tu ne répéteras pas : la bouffe était dégueulasse ! Pour les vins je ne dis rien car je prépare mon papier où je vais bien sûr noter qu’étant donné :


1. le niveau de qualité et la constance des vins appréciés à partir de l’excellence des résultats de la dégustation et de l’aptitude au vieillissement comptera pour 30 % de ma note finale ;


 2. que la notoriété appréciée au regard de la valorisation nationale et internationale du vin de l’exploitation et de la mise en valeur exceptionnelle du site comptera pour 35 % de ma note finale ;


 3. que la caractérisation de l’exploitation appréciée à partir de l’assiette foncière, de l’homogénéité de ou des entités culturales et de l’analyse topographique et géo-pédologique comptera pour 30 % de ma note finale ;  


4. que la conduite de l’exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l’œnologie appréciée en tenant compte de l’encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification et des conditions de vinification et d’élevage comptera pour 5 % de ma note finale.


Ce n’est pas un métier que je fais tantine, j’ai un peu mal à la tête et je ne suis pas certain que ce soit dû à la lourdeur de mes additions.


Qu’en penses-tu tantine : et si je demandais que la dégustation après s’être fait rincer par le propriétaire du château soit classée comme maladie professionnelle dans la nomenclature de la sécu ?


Comme toi je songe sérieusement à me reconvertir.


J’hésite !


Peut-être que je vais me lancer dans le cinéma ?


Tu sais bien tantine que très souvent on me compare à John Malkovich, alors pourquoi pas !


Quand j’étais plus jeune tu t’en rappelles je disais à ma pauvre mère « je veux être Ministre ou rien »


Je l’ai échappé belle tantine car ce matin je serais obligé de m’inscrire à Pôle Emploi.


Bien, je vais en rester là ma tantine adorée, sois discrète, garde tout ce que je t’ai dit pour toi.


Je te fais des bisettes.


Ton fiou*


PS. Je n’ai pas osé faire de seelfie de peur de déplaire à Norbert.

 

* Fiou = filleul

 

illustrations diverses :


1- via Gerbelle de la RVF une vidéo 007 link


2- les éloges de Sud-Ouest link


3- la tartine du Figaro link

 

4- Les grandes pompes de FR3 Aquitaine link

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