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Vendredi 18 juillet 2014 5 18 /07 /Juil /2014 08:50

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Dans la touffeur qui vient de s’abattre soudain sur Paris : + 15° en une journée une expression trottait dans ma tête : « Bien se tenir à table » à propos de la petite bulle de la blogosphère, dite culinaire, à propos des ennuis judicaires d’une chroniqueuse amateur taillant un petit costard à une pizzéria du Féret, Il Giardino link 


D’un côté  des restaurateurs se plaignant, parfois  à juste raison, de l’incivilité, de l’agressivité, du manque de savoir-vivre de beaucoup de clients.


De l’autres, les dits-clients qui, avec les nouveaux moyens de la Toile : réseaux sociaux, blogs ou sites type Tripadvisor peuvent casser du restaurant dans le plus pur anonymat  ou une relative impunité.


La réplique de la patronne d’Il Giardino, très en phase avec la juridisation de notre société, a débouché sur un verdict en référé (comme s’il y  avait une quelconque urgence à statuer) d’une sévérité incompréhensible.


Effet boomerang immédiat, déchaînement de commentaires négatifs sur Tripadvisor par des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans ce restaurant.


Et puis intervint la parution du fameux décret « fait à la maison » où la restauration française dites traditionnelle s’est illustrée en allant quémander auprès des pouvoirs un décret de protection dit « fait à la maison ».link


Illustration d’une double démission, celle des restaurateurs incapables d’assurer leur clientèle de la réalité de leur prestation et celle de leurs clients qui très souvent revendiquent tout et son contraire : le pas cher pour un repas qui ne peut-être que low-cost.


Bref, bien se tenir à table est une façon pour moi d’exprimer de 2 manières le savoir-vivre : la politesse et le bien-vivre.


Comme l’ami Charlier je vais au restaurant pour le plaisir et je ne débarque pas n’importe où n’importe comment, je choisis.


Un point constant sur cet espace de liberté, aussi bien pour les vins que pour la table lorsque je n’aime pas je n’en parle pas. À quoi bon, ce ne serait que mon point de vue, je ne suis pas un critique, un expert, mais un simple chroniqueur.


Quand j’aime alors je vous le dis.


Dans le même temps le magasine le POINT de cette semaine titrait : Les Mal Élevés.


Je l’ai acheté et je vous livre quelques réponses de Michel Onfray :


-         Le triomphe du chacun-pour-soi serait-il le dernier avatar du libéralisme sauvage ?


« La fin de tout ce qui faisait communauté (la religion avec le judéo-christianisme et la politique avec les idéaux marxistes) a laissé place au  nihilisme d’une époque dans laquelle dans laquelle, en effet, l’argent fait la loi. Le libéralisme, en tant qu’il suppose les pleins pouvoirs du marché, a substitué des « valeurs » aux valeurs anciennes : l’idéal se trouve moins dans le prêtre ou dans le militant que dans l’égotiste, qui se permet tout »


-         L’homme n’a jamais réussi qu’en coopérant ; la loi du chacun-pour-soi signe-t-elle la fin de l’humanité ?


« Il y a les sauvages, les barbares, les égoïstes, les brutes qui sont seuls au monde et  chosifient tous ceux qu’ils approchent. Puis il y a les hédonistes, les altruistes, les généreux, les prodigues qui veulent transformer en fête toute relation avec autrui. Les premiers sont plus nombreux que les seconds, bien sûr. Et la brutalité l’emporte toujours quand elle est en compétition avec la gentillesse – Qui est à mes yeux vertu cardinale et première. »

 

La chaussée parisienne que j'arpente sur ma flèche d'argent en est la plus convaincante des démonstrations du triomphe de la brutalité...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 00:09

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Fait maison, décret bidon décrète JP Géné dans le Monde link

 

« En voilà une idée qu'elle était bonne : distinguer les restaurants qui cuisinent chez eux des produits frais de ceux qui assemblent des plats en kit fournis par l'industrie agroalimentaire. »


L’idée était bonne mais la méthode inadéquate.


Pourquoi passer par la force publique ?


Pourquoi un décret ?


Quand arrêterons-nous de penser qu’on change  la société par décret ?

Michel Crozier 1979 On ne change pas la société par décret, Paris, Fayard, 1979 *

 

Paresse, refus  de prendre ses responsabilités, est-ce vraiment d’intérêt général ?

 

Le fait maison ne relève pas de la protection de la santé publique ou de la répression de fraudes sauf si le restaurateur trompe ses clients en affichant des informations inexactes.


C’est une question de nature contractuelle entre le restaurateur et son client.


J’ai du mal à comprendre que l’on puisse à la fois demander plus de liberté par rapport au système  des AOC, géré par les professionnels au sein de l’INAO, et revendiquer auprès de l’État la mise en œuvre d’une réglementation générale sur le fait maison ?


Pourquoi s’étonner que le bébé soit mal formé ?


Comment en aurait-il pu être autrement, pourquoi demander à l’État de règlementer sur un sujet qui relève de la liberté des intéressés.


On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.


Pourquoi les restaurateurs qui n’utilisent que des produits frais ne sont-ils pas pris par la main pour élaborer une charte, leur charte du fait maison ?


Ça ne relève pas de la mission impossible vu le nombre d’établissements en cause.


Sauf que dans notre pays tout le monde clame haut et fort qu’il veut moins d’État, moins d'impôts mais à la première occasion on revient quémander dans son giron et appeler à la rescousse ses fonctionnaires.


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Pourquoi ?


Parce que ça évite les confrontations d’intérêts contradictoires, les conflits et ça permet de bénéficier à l’œil  du bras armé de l’État pour faire respecter le décret.


Au risque de choquer certains j’estime que les fonctionnaires de la Répression des Fraudes ont mieux à faire.


Il faut arrêter dans ce pays de vouloir tout et son contraire, moins de règlementation appliquée par de fonctionnaires tatillons et plus de protection de confort.


Le « fait maison » en est une, en tant que consommateur je suis en droit d’exiger, en fonction de la hauteur de l’addition, du restaurateur qu’il s’engage lui-même sur ce qu’il met dans mon assiette.


C’est un contrat de confiance entre lui et moi, entre lui et ses clients.


Pas besoin pour cela d’un décret dont la rédaction est soumise au poids des lobbies et des intérêts contradictoires des organisations professionnelles dites représentatives.


C’est prendre un marteau-pilon pour écraser une mouche.


J’avoue que j’en ai soupé de cet assistanat, de cette forme de sécurité sociale pour professionnels majeurs et soi-disant responsables.


Quant aux clients, il faudrait aussi qu’ils se bougent le cul, qu’ils assument leur responsabilité de consommateur en étant exigeant. Mais est-ce possible pour une majorité d’entre-eux qui chez eux choisisse la bouffe déjà préparée ?


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Enfin un petit mot pour les grands chefs et leurs affidés qui se pavanent sur les estrades du SHIRA de Lyon pour vanter la haute gastronomie française alors que ce salon est la plus grande manifestation de  promotion de la bouffe industrielle. Qu’ils aillent donc se promener, comme je l’ai fait, dans le hall des Charal, Bonduelle and Co pour constater de visu ce que l’on nous concocte dans leurs laboratoires. C’est édifiant.


Nous sommes devenus des pleurnichards, des assistés pour qui il faut vérifier la becquée, notre responsabilité citoyenne est au abonné absent, nous râlons, nous revendiquons, nous sommes incapables de nous prendre en mains, nous demandons tout et le contraire de tout à un État impotent.


Pas la peine d’afficher au Baccalauréat un taux de réussite record à 87,9% si c’est pour un tel résultat, une telle démission.


Y’a des jours où je ne regrette pas d’être vieux, même un vieux con car « la différence essentielle  entre un jeune con et un vieux con réside dans le temps qu’il leur reste à vivre. »  Jean Dion chroniqueur québécois

 

* « Nous vivons dans une crise d’affolement devant la complexité d’un système que nous ne maîtrisons plus ». Ainsi, comme le citoyen n’a jamais été aussi libre de ses choix dans une société ou le nombre d’interrelations entre les Hommes a augmenté, les individus, qui ne supportent plus la contrainte, sont dépassés par un système qui ne paraît plus maîtrisable. Les systèmes ne reposent plus sur une forme d’autorité hiérarchique: tout le monde est dépendant de tout le monde, personne ne commande et tout le monde obéit. En outre, le nombre de participants à une décision augmente, d’où la complexification de la société et le ralentissement actuel de l’action. C’est pour cela que l’ « on ne change pas la société par décret » car le changement est long et se butte à la rigueur administrative ainsi qu’à l’immense jeu de réseaux autonomes ou les individus expriment leur liberté. L’innovation, l’initiative doivent donc se mettre en place sur le long terme afin de ne pas scléroser la société. »

 

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Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 00:09

Depuis que j’ai osé critiquer link et link le sieur Lubot président de la RVF et directeur-délégué du groupe de presse Marie-Claire, je suis tricard du côté des pinces-fesses de la RVF. Privé de petits fours, de discours, au piquet le Taulier.


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Grand bien leur fasse, ce n’est pas d’une élégance folle dans la mesure où, à l’époque, le sieur Lubot s’était fendu d’excuses publiques et que le groupe Marie-Claire avait condamné par communiqué son comportement.


Les petites vengeances sont à la hauteur du personnage.


Bref, y’a plein de gars à la RVF que j’aime bien et j’aurais pu espérer qu’au nom de l’indépendance éditoriale Denis Saverot passe outre à l’oukase du représentant de son actionnaire.


Rassurez-vous ça ne m’empêchait pas de dormir.


Et puis, avant-hier, je reçois un petit courrier que je vous livre :


Le Salon de La Revue du vin de France, 5ème édition de Bruxelles

 

David Huynh - Le Salon de La Revue du vin de France

 

Bonjour,


Je suis David Huynh du Salon de La Revue du vin de France qui se déroulera pour sa 5ème édition les 22 et 23 novembre 2014 à l’Hôtel de la Poste Tours & Taxis à Bruxelles.


Notre événement regroupe 50 vignerons exposants sélectionnés parmi l’élite du vignoble français.


Afin de promouvoir au mieux notre Salon, pourrions-nous envisager de bénéficier de visibilité sur votre site (newsletter, agenda, actu, display, jeux concours,…) ?


Pour vous remercier, le Salon de La RVF se ferait un plaisir de vous inviter à cet évènement.


Je reste à votre entière disposition pour tout complément d’informations.


Vous pouvez retrouver notre événement sur : http://salon.larvf.com/fr/#/fr/

 

Très cordialement,

 

David Huynh

Le Salon de La Revue du vin de France

P A R I S • B R U X E L L E S • P É K I N • G E N È V E

http://salon.larvf.com

 

Groupe Marie Claire

10, boulevard des Frères-Voisin

92 792 Issy-les-Moulineaux Cedex 9.

Tel. : +33 (0)1 41 46 86 24

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Mardi 8 juillet 2014 2 08 /07 /Juil /2014 10:30

J'écrivais en août 2013 : faut-il mutualiser le risque de grêle ?


En juillet de 2014 plus que jamais la réponse est OUI.


La grêle est un risque assurable qui n’entre pas dans le cadre de loi de 1964 sur les calamités agricoles. Contrairement aux fruits des arbres fruitiers dont la valeur marchande peut être évaluée dans l’état, le raisin destiné à la vinification n’est ni remplaçable dans le cas des AOP (sauf sous conditions dans les grands bassins génériques) ni vraiment indemnisable. L’assurance compense la récolte perdue et assure la trésorerie, mais l’absence de vin pénalise les exploitations, tout particulièrement les vendeurs directs qui ne peuvent honorer leurs ventes auprès de leurs acheteurs habituels.


L’assurance grêle est donc coûteuse pour un retour en cas de sinistre qui n’est pas à la hauteur des sommes engagées sur le long terme. En conséquence beaucoup de vignerons ne s’assurent pas ou ne s’assurent plus, ce qui a pour conséquence de renchérir le coût de l’assurance-grêle du fait de la faiblesse de l’assiette.


Je ne suis pas un spécialiste de l’assurance et je ne vais pas m’aventurer sur une terra incognita. Cependant je me permets de suggérer aux grands dirigeants de nos organisations viti-vinicoles, de concert avec les pouvoirs publics, de mettre sur le chantier la question de la mutualisation de l’assurance grêle en la rendant obligatoire comme l’assurance habitation ou automobile ce qui élargirait l’assiette et permettrait de faire baisser son coût. Coût supplémentaire (à évaluer) certes mais qui permettrait à l’ensemble de la vigne France d’être mieux armée face aux rudesses du climat qui mettent en danger un nombre de plus en plus important de vignerons. Les CVO sont obligatoires alors pourquoi ne pas l’envisager pour couvrir un risque économique qui s’avère de plus en plus fréquent.

 

La chronique ICI link

 

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Mercredi 2 juillet 2014 3 02 /07 /Juil /2014 11:00

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Une dramaturgie absolue : l'agression de Schumacher sur Battiston, l'épreuve des tirs aux buts où mon poulain le grand Max Bossis qui avait tout donné échouait...


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Max Bossis a été mon élève au lycée agricole de la Roche sur Yon. C'était un grand joueur, intelligent, infatigable, courtois, discret, un exemple... Fils de paysans de St André Treize Voies, une grande famille qui aurait pu former une équipe capable de jouer au plus haut niveau, il est pour moi le bon exemple de ce qu'était l'ascenseur social du sport avant la période fric. »


J’écrivais ces lignes en novembre 2005 alors que je venais d’acheter le Monde à l’aéroport de Séville.link


Le grand Max, c’était un grand taiseux, discret, un gars de Saint-André-Treize-Voies, une famille de footeux, des paysans, lui, comme il le confiait à un journaliste, aimait la nature « Jeune, je rêvais de football … et de m’occuper d’une réserve naturelle… » Alors qu’il jouait au FC Yonnais, un après-midi alors qu’avec d’autres élèves Max était venu bêcher dans mon jardin, je lui avais confié qu’il devrait répondre positivement à l’offre du FC Nantes. Il a passé son bac d’abord, sérieusement comme toujours.


Je sais, que Séville lui colle aux bas, il le dit un peu fataliste « Quand ils m’abordent, les gens ne peuvent s’empêcher de me parler de Séville… C’est plus fort qu’eux ! »


Ce matin ce n’est pas ce souvenir que je souhaite évoquer mais le beau jeu, celui dont m’a nourri le FCN de José Arribas.


Je n’ai pas l’âme d’un supporter, je ne braille pas, je suis intensément le jeu, je goûte j’apprécie.


Comme je l’ai écrit dans une chronique j’aime bien cette nouvelle équipe de France lorsqu’elle joue ce beau et vif football vertical comme le disait PL Basse sur Itélé.


Pour moi les drapeaux, les hymnes, ce n’est pas mon truc, je respecte mais je ne vois pas au nom de quoi certains glosent sur le fait qu’untel ou un untel n’entonne pas l’hymne national. Chacun joueur a sa façon de se concentrer, sa liberté de choix doit être respectée.


Sur Face de Bouc et Twitter les relents d’un nationalisme stupide, d’un racisme affiché, revendiqué même, me dégoûtent.


Ce n’est ni la France, ni la Belgique, ni le Brésil qui foulent la pelouse mais deux fois 11 joueurs et l’arbitre qui fait lui aussi parti  du jeu. L’irruption de la télévision, du grand écran ont profondément pollué l’esprit du spectateur. Posé le cul sur son canapé il passe son temps à contester l’arbitre. Les erreurs de celui-ci font partie du jeu. Il est cocasse  de voir Maradona, un immense joueur mais un tricheur donner des leçons de morale.


Bref, je fus joueur de basket de bon niveau, j’aurais pu faire carrière comme me le demandait André Ostric le DTN. J’ai toujours respecté les décisions de l’arbitre même lorsqu’elles me paraissaient injustes.


Pierre-Louis Basse est né à Paimboeuf dans une famille de militants communistes, moi je suis né en Vendée avec un père Mendésiste, nous partageons la même passion pour le jeu et je vous recommande « Séville 82 : France-Allemagne Le match du siècle » et son dernier «  Mes seuls buts dans la vie » chez Nil éditions.


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France-Allemagne : Ach ! Séville ! link

 

     

 

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Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 13:00

Quitte à passer pour un VC, vieux je le suis, con c’est à vous d’en juger, je reste très sensible à la dureté du travail manuel dans les champs, dans les vignes et je supporte difficilement ceux qui l’idéalise, tout comme ceux qui ne s’en préoccupe pas.


C’est dans mon ADN de petit vendéen, souvenir des femmes, ma tante  Valentine, mémé Marie, maman, qui « allaient aux champs » se coltiner les travaux pénibles : bêchage, sarclage ou repiquage ou vendanges… en pleine chaleur link


À l’école d’agriculture de la Mothe-Achard nous avions, tous les matins, été comme hiver, 3 heures de travaux manuels dans notre emploi du temps. Faner à la fourche, tailler la vigne, curer et brosser les vaches, biner dans le potager, ôter les adventices dans les parterres… ce n’était pas pour de rire, c’était dur… j’avais 12 ans … la terre était basse, elle l’est tout le temps…  le froid tranchant, les doigts gourds…  et même si la Vendée n’est pas la Bretagne, la marée y apporte aussi son lot de pluie…


L’évocation de ce temps qui semble englouti n’a pas pour but de faire pleurer dans les chaumières ou les lofts de l’est parisien, mais pour rappeler à ceux qui, à juste raison, désirent trouver ou  retrouver de bons produits authentiques que leur production exige souvent le recours au travail manuel et que celui-ci reste ce qu’il a toujours été : difficile et peu gratifiant.


Pas sûr que beaucoup d’entre nous rêvent de voir leurs enfants prendre le chemin des champs, des vergers ou des vignes, alors qui et à quel prix ?


La pénibilité il en est beaucoup question en ce moment, pas simple mais rien ne sont pires que les bons sentiments pour affronter le sujet des « petits maillons » de la chaîne indispensable mais si peu considérés.


Alors, suite à l’évocation par mon ami Daniele de la cueillette des câpres à Pantelleria link je vous propose de belles photos des mains du cueilleur :


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« Il les récoltait dans le vent…. fort… les câpres

Les mains rapides….

Un changement continue de position… car on a toujours un risque de trop plier son dos…

Et on risque de plier son dos pour toujours…

 

Il me disait que plus personne ne veut le faire… que plus personne veut que ses fils passent la vie à plier leur dos… à risquer de se le casser pour toujours…

 

Ce n’est pas facile lorsqu’on est des guerriers qui défient le vent… de savoir que soi-même et ses fils risquent d’avoir le dos plié. »

 

 

Mieux vaut ne plus faire ça…


« Pour travailler sous le commandement de Tobia* on y laissait non seulement la première peau mais aussi un peu celle d’en dessous, il fallait se maintenir à leur pas à eux trois*, et ces trois-là marchaient comme trois bœufs sous le même joug… » Beppe Fenoglio Le mauvais sort


Chronique « Ce n’est rien, ce n’est que le vin qui est allé le toucher au cœur » link


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Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 00:09

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Mes chers lecteurs,


Catherine est une vaillante, elle de celle qui fait, et elle le fait bien. Femme de plume, excellente journaliste, curieuse et pertinente – c’est dans ce statut où nous nous sommes rencontrés suite à mon rapport de 2001 – elle a décidé de devenir  vigneronne dans le Languedoc. Installée, depuis 2005, elle exploite maintenant 4 ha de vignes à Saint-Drézéry et Montaud.


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Afin de financer d’indispensables investissements, Catherine a créé en 2012 un Groupement foncier agricole (GFA) ce qui lui a permis notamment la plantation de vignes et la construction d’une remise.


Un GFA est une société de propriété foncière (une SCI version agricole) et n’a donc pas d’activité d’exploitation. Le GFA La Carbonelle compte à ce jour 34 associés, dont Catherine qui en est la gérante et la fermière vigneronne, et à ce titre, verse chaque année aux associés, au prorata des parts détenues par chacun, un fermage, c’est-à-dire un loyer, à ce jour converti en bouteilles.

 

Catherine jusqu’ici vinifiait et hébergeait ses vins chez une collègue vigneronne à Saint Mathieu de Treviers. Celle-ci  ayant besoin de toute sa cave pour les vendanges 2015, notre vaillante vigneronne s’est très normalement posé la question : dois-je construire ma cave ?


Comme vous vous en doutez il ne s’agit pas d’une décision que l’on prend à la légère, c’est pour Catherine une haute marche à franchir. Mais, comme bon sang ne saurait mentir, Nicolas, l’aîné de ses fils, prépare un BTS viticulture-œnologie en alternance, la décision relevait de la pure nécessité.


Alors notre Catherine qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot s’est démenée pour trouver un terrain afin d’y ériger une cave à son goût.


Le projet existe, bien ficelé et lors de notre AG du GFA du 14 juin Catherine nous a proposé d’accompagner son investissement. J’étais présent.

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J’en suis, bien sûr, mais eut égard à la plus grande surface financière  que représente la construction d’une cave de vinification, il faut recruter de nouveaux associés.


A ce jour, la valeur d’une part est de 500€ et donne droit, tant que l’on en reste propriétaire, à une allocation de trois bouteilles, soit une rémunération de 4,2%.


La rémunération des parts pourra aussi se faire en numéraire au taux annuel de 2,5% à partir de 4 parts.


On peut faire l’acquisition d’une ou plusieurs parts. Les associés du GFA bénéficient par ailleurs de tarifs sur l’achat des vins.

 

Catherine évalue les besoins de financement de ce projet à 150 000€ dont 80 000€ par augmentation du capital, soit 160 parts. Cette ouverture et augmentation du capital financera notamment l’acquisition d’une parcelle (avec vue à 380° sur le Mont Aigoual et le Pic Saint Loup) sur laquelle sera enfoui et construit le bâtiment et plantée une vigne (petite). Le complément viendra par emprunt bancaire que  Catherine remboursera en tant que fermière exploitante et qui viendra en apport en capital.


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Pour mener à bien ce projet, Catherine travaille avec un architecte, un expert-comptable, une structure de soutien aux projets agricoles, Terres vivantes, et le notaire de Sommières, Jean-Louis Daire. Du sérieux, j’ai pu le vérifier le 14 juin.


Mais au-delà des purs aspects techniques et financiers, son projet est en totale cohérence avec la manière dont Catherine travaille ses vignes et ses vins, c’est-à-dire dans le strict respect de l’environnement. Une partie du bâtiment sera enterrée, l’autre largement ventilée afin de réduire au strict minimum la consommation d’énergie et de récupérer au maximum l’eau de pluie.


L’entrée dans le GFA de la Carbonelle est une acquisition foncière, et donc passe par un notaire.


Le GFA lui-même est régi par des statuts que  Catherine  vous transmettra volontiers sur demande.


Le GFA se réunit tous les ans en assemblée générale, laquelle se finit comme dans Astérix, c’est convivial et laisse la place à de larges soifs au milieu des vignes.


Les souscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 juillet 2014. Les fonds seront libérables par étapes, dont 50 000 euros début août afin de financer l’acquisition de la parcelle, l’étude de sol, préalable indispensable au dépôt du permis de construire, et une avance des honoraires de l’architecte et de l’ingénieur structure.


Catherine répondre  bien sûr aimablement à toutes vos questions.

 

Catherine Bernard

Gérante et fermière du GFA La Carbonelle

06 83 03 35 55

courriel : cb.castelnau@wanadoo.fr


Calendrier de l’ouverture et de l’augmentation du capital du GFA La Carbonelle

 

Les pièces et chèques doivent parvenir au notaire au plus tard le 4 août en mentionnant bien GFA La Carbonelle.

 

Le premier appel de fond aura lieu le 13 août à hauteur de 60 000€.

 

Le second appel de fond aura lieu au début de l’année 2015.

 

 

Quelques chroniques du Taulier pour vous permettre de mieux connaître Catherine.


- 3 questions à Jacques Berthomeau par Catherine Bernard link


- L’acidité selon Catherine Bernard « Dans les vignes » link


- Catherine Bernard ne fait rien comme les autres : elle coiffe ses vignes…link

 

Je remercie par avance celles et ceux qui en seront, ça nous permettra de nous rencontrer lors de la prochaine AG du GFA de la Carbonelle...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Samedi 28 juin 2014 6 28 /06 /Juin /2014 11:38

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André Deyrieux, qui voue sa vie à l’œnotourisme, toujours bien informé, nous alarme « Or, si Edonys TV a, dès le début, reçu nombre de soutiens, ils sont restés moraux. La filière n’a pas su voir quel outil de promotion s’offrait à elle. Aujourd’hui, la petite chaîne s’essouffle financièrement. Et si on parle de « filière », c’est qu’une dernière lettre circulaire a été adressée le 14 mai à tous les « éminents représentants du vin », malheureusement sans aucune réponse à ce jour. »


Suis un peu vénère, eu égard à ma large « surface médiatique », à mes anciennes fonctions de petit rapporteur, de notre passé commun, même si tu fus un temps membre d’un groupuscule néo-mollétiste qui conchiait mon Michel, t’aurais pu me mettre en copie de ta lettre circulaire.


Ceci dit, t’as eu raison d’envoyer une lettre circulaire aux grands mamamouchis du vin ou supposés tels car comme tu le sais mieux que moi : ils tournent en rond, ils tournent en rond, vu que la plupart n’ont jamais vendu le moindre litron. Pour preuve leur énorme plan stratégique à l’Horizon 2025 en 73 mesures.


Je sais que tu n’as pas un goût prononcé pour les fonctionnaires mais ces gars-là, professionnels de la profession, sont pires que les ronds de cuir dont je suis. Rappelle-toi : « le haut-fonctionnaire parisien ». Je peux leur envoyer mon relevé de retraite : 5 caisses…


Bref, mon cher Jean-Michel que j’aime bien, ta chaîne est dans le potage et tu te démènes pour l’en sortir. Je connais ta pugnacité mais si j’ai un conseil à te donner : ne soit pas petit bras, 120 000 €, pour eux c’est l’épaisseur du trait, demande-leur une brique ça les réveillera après leur sieste postprandiale suite au petit banquet de la salle à manger de FranceAgrimer.


Je suis mauvaise langue, je sais mais je les connais comme si je les avais fait, avec l’argent des autres ils sont très bons pour coucher les millions de subventions ou des bonnes CVO.


Vu ma cote élevée auprès de cette coterie je ne te propose pas mes services pour t’en sortir mais sache que je suis, cher Jean Mimi, de tout cœur avec toi.


Ce n’est qu’un début, continuons le combat !


Amitiés


Le Taulier


La chaîne est ici : www.edonys.tv

 

La filière vin enterre sa chaîne link


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Samedi 28 juin 2014 6 28 /06 /Juin /2014 00:09

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Est-ce l’effet FranceAgrimer Jérôme Despey, depuis sa dunette, nous avait promis un plan de longue vue pour éclairer la stratégie du secteur-clé qu’est le vin.


Cap 2025, ils n’ont pas osé se contentant d’évoquer les perspectives à l’horizon 2025.


La gestation fut longue et difficile, en chambre, veillée comme du lait sur le feu par la fine fleur du monde du vin.


Qui s’en attribuera la paternité et la maternité, je ne sais mais Anne Haller, qui semble être la marraine, nous affirme que « Les débats ont été assez intenses au sein du Conseil Spécialisé, mais on est bien arrivé à un consensus : en mai le plan stratégique a été voté, dans sa rédaction actuelle, à l'unanimité (sans abstention, ni vote contre)


Je n’ai jamais eu beaucoup de goût pour le consensus, souvent mou, tout le contraire de choix clairs qui seuls sont porteurs d’action.


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La stratégie est, et reste, un art militaire qui ne s’accommode pas des petits arrangements entre amis et qui ne supporte bien évidemment pas l’évitement des sujets qui fâchent.


Gouverner c’est choisir !


Tout le reste n’est que piètre littérature qui ne troublera guère les générations futures.


73 mesures, et pourquoi 80, ça nous aurait permis de faire un jeu de mots à  2 balles sur les 4 vins : le rouge, le blanc, le rosé et le nature.


32 pages, Dieu que c’est long ! Confus, sans hiérarchie, ennuyeux. link


Du souffle messieurs !


Ça sent la technostructure, l’externalisation, un plan stratégique n’est pas un catalogue balayant un peu tout pour faire plaisir à tout le monde et ne déplaire à personne, mais un travail sur soi-même permettant d’intérioriser ce qui unit, ce qui rend fort, entreprenant. Se mettre en mouvement, osons le mot gagner ! Gagner ou regagner des parts de marché.


Y z’auraient dû consulter Dédé, notre Deschamps national qui a su coacher sa bande de loustics d’une main de maître, lui faire partager ses choix, ses options stratégiques, mettre les egos dans la poche et retourner les éternels râleurs de Français.


Quel que soit le résultat qu’obtiendra son équipe, et d’ailleurs qu’importe, il a choisi, il a bâti, il a fait que l’avenir soit ce que l’on fait.


« Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 27 juin 2014 5 27 /06 /Juin /2014 00:09

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Desproges est une institution, pour preuve on le dégaine pour se démarquer des hordes ordinaires qui sont légion en ce temps de Coupe du Monde.


Sur Face de Bouc et sur Twitter c’est le temps de la bêtise ordinaire, bien lourdingue, bien grasse, universelle…


Dans sa « Chronique de la haine ordinaire » du 16 juin 1986 « À mort le foot » concluait :


« Quand j'étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l'école ou dans la rue. On me disait : «Ah, la fille !» ou bien : «Tiens, il est malade», tellement l'idée d'anormalité est solidement solidaire de la non-footabilité. Je vous emmerde. Je n'ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celles des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades. »


Presque 30 ans après les femmes s’y s'ont mises et la bêtise ordinaire est unisexe.


Les réseaux sociaux se vautrent dans l’outrance et la bêtise ordinaire.


Il y a outre dans outrance et, comme chacun le sait ou pas, plein comme une outre signifie bourré comme un coing, beurré comme un petit Lu, saoul comme un Polonais…


En effet, en novembre 1808 les forces françaises sont arrêtées au col de Somosierra, dernier bastion espagnol sur la route de Madrid, défendu par 8000 hommes avec 20 canons. Après plusieurs attaques infructueuses, Napoléon décide d'y envoyer les chevau-légers polonais de la Garde, au nombre de 150, sous les ordres de Jan Kozietulski. Au bout de quelques minutes de combat les Espagnols sont défaits.


Napoléon, admiratif, aurait alors dit: « Il faut être saoul comme un Polonais pour accomplir cela. »


Une autre version dit que les maréchaux français, voulant minimiser le rôle des Polonais, indiquaient que ceux-ci étaient ivres. Napoléon leur aurait alors répondu: « Et bien la prochaine fois messieurs, soyez saouls comme des Polonais ».


Mais revenons à l’outrance :


À outrance, à toute outrance, jusqu’à l’excès.


Excès : degré qui est au-delà des bornes habituelles.


Les bornes « Quand les bornes sont dépassées il n'y a plus de limite » le sapeur Camenber, Pierre Dac, Georges Pompidou…


No Limit !


Après des années de tolérance amusée de la pochtronerie ordinaire les grands chefs du vin se sont convertis à la modération à la consommation responsable.


« La consommation de boissons alcoolisées, même avec excès, était vue d’un œil bienveillant, pour autant que les acteurs soient de sexe masculin »


Nous vivons dans le temps du « politiquement correct » qui est sans aucun doute la plus belle expression de l’hypocrisie collective.


« Au risque de choquer : modération et tolérance ne sont guère mes tasses de thé … j'suis tendance bon vivant et accueillant... » link


Le bien-vivre ne signifie pas à l’évidence se retrouver souvent le nez dans le caniveau ou au-dessus de la cuvette des chiottes, les bons vivants ne sont pas des pochtrons, ni même des avinés  journaliers, mais des gens savent faire la fête et pour qui le vin est le meilleur allié de la convivialité. Mais pour autant arrêtons de jouer aux mijaurées outragées la consommation excessive de vin conduit à l’alcoolisme.


« Le vin peut relever l’âme, mais il peut bousiller le foie et il est aussi responsable d’un fléau tel que l’alcoolisme.

L’amour peut bonifier l’âme, mais il est aussi coupable de maux comme le crime passionnel, la violence conjugale, la maltraitance des enfants. »


Michel Froidevaux, commissaire de l’exposition Eros Bacchus.

 

Le trop de jusqu’à l’excès me fait penser au petit plaisir subversif de Jean-Pierre Marielle dans le film culte de Bertrand Blier CALMOS « L’intérêt, avec le sucre, c’est que ça donne de remarquable caries, surtout le soir… Ça macère toute la nuit et ça attaque bien l’émail… »


La « gestion » de nos excès relève de la sphère privée me direz-vous à juste raison sauf qu’au nom de notre santé, de son coût lorsqu’elle se détériore la puissance publique vient y mettre son grand nez pour nous dicter de « bonnes pratiques »… Nous sommes cernés par une communication nutritionnelle très incantatoire et hypocrite puisqu’elle se résume à faire dérouler des bandeaux sous les publicités des grandes marques de bouffe et de boissons.


Le vin, boisson alcoolisée, est cerné par 2 géants : les multinationales de la bière et celles des spiritueux et il est bien difficile de faire entendre sa petite musique.


Tout l’enjeu pour le monde du vin dans sa communication, face aux hygiénistes et aux pouvoirs publics, consiste à sortir de l’ambiguïté d’une approche bien trop globale, trop culturelle, trop autocentrée sur les bons vins, les vins chers qui sont si chers aux critiques, posture qui ne tient pas assez compte d’une réalité économique et sociale incontestable : dans la GD le vin reste encore une boisson alcoolisée peu couteuse.


Nier la réalité ne change pas la réalité, le vin est une boisson alcoolisée comportant des risques qui ne doivent être ni niés, ni exagérés. Les modes de consommation ont lourdement évolués mais plutôt que de continuer à nous auto-congratuler ou à nous vivre comme des citadelles assiégées par les hygiénistes essayons d’être plus convaincants auprès de l’opinion publique.


Un conseil, prenez le temps d’écouter ce que disent sur ce sujet les mères de familles, y compris lorsqu’elles sont vigneronnes, vous réviserez sans doute votre façon d’aborder la perception de certains de nos comportements…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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