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 Vin&Cie,    

 

l'espace de liberté

   

 

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..." Bon appétit ! Diffusez le message autour de vous. 

 

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J'ai ressorti une vieille photo de mon jeune collaborateur dans les vignes du seigneur pour implorer la clémence du dieu soleil... 

 

 

 

 

 

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Vendredi du Vin

Vendredi 31 mai 2013 5 31 /05 /Mai /2013 10:26

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C’est l’âge.

 

Je patine dans le potage.

 

Et puis j’avoue que je ne sais pas très bien ce qu’est un cépage car, de mon temps comme disait mon pépé Louis, on achetait du vin qui venait de quelque part. Nos cépages à nous ils n’avaient pas très bonne presse : Clinton, Noa, Jacquez, Herbemont, Othello, Isabelle… et les hybrides à numéro comme le 54-55 link par exemple… même que les Indirects ont obligé pépé à arracher, sans primes, les premiers. « C’est pourtant grâce à ces cépages que lors de l’invasion d’un insecte redoutable, le phylloxera, entre 1865 et 1885, nos vignes européenne ou Vitis vinifera ont survécu. Ces cépages, aussi appelés hybrides producteurs directs sont issus du croisement entre vigne européenne et vigne américaine qu’on appelle aussi Vitis labrusca ou Vitis riparia.


Lors de l’invasion du phylloxera, les vignes européennes se sont révélées très vulnérables contrairement à leurs cousines américaine qui montraient une réelle résistance. Les viticulteurs se sont donc résolus à croiser ces deux types de vignes afin de pouvoir continuer à cultiver leurs cépages européens de qualité sans avoir à craindre le phylloxera. Les cépages hybrides étaient nés. » la suite ICI link 


Vous comprendrez donc aisément qu’évoquer aujourd’hui pour les vendredis du Vin le Noa de ma jeunesse serait un véritable crève-cœur. J’en profite tout de même pour rendre hommage à « Mon maître vigneron : le frère Henri Bécot »link


Mais, comme ce vendredi 30 juin est pour moi un jour anniversaire, même si c’est hors sujet, vous ne couperez pas à mon long speetch…


Taulier 9 ans ça suffit !


Un bail, 3, 6, 9 c’est déjà beaucoup, beaucoup trop dirons certains.

 

Décroche !


Passe la main !


La monoculture intensive appauvrit, y compris celle du vin. Ce monologue je l’ai, dans ma petite Ford d’intérieur, depuis quelque temps, pour autant, tout laisser tomber, vous laisser tomber, prendre la clé des champs, fermer le barreau*, et ce seront les toiles d’araignées dans la grange, du chiendent dans l’aire et la friche dans les champs et les vignes. Et je ne vous dis pas la désolation qui s’installerait dans le chai. Rassurez-vous, ni coup de pompe, ni coup de boulgour, mais simplement, un grand besoin de renouvellement, une forte envie d’élargir plus encore l’horizon de mon espace de liberté, d’ouvrir plus grand les fenêtres sur le monde, de m’aventurer au-delà de notre petit cercle d’initiés. Lorsque je sens la routine pointé sa truffe j’ai moins de goût à l’ouvrage, je rousine*, je cherche, je ne tiens plus en place et, dans le cas présent, j’en arrive toujours au même point, à la même conclusion, si je veux continuer de chroniquer sur le vin il faut que reprenne mon bâton de pèlerin, que je sorte de Paris, que j’arpente à nouveau le terroir profond pour me redonner de l’élan.


Pour ne rien vous cacher à force de fréquenter, pour faire court, tous les lieux de dégustation éphémères de la capitale, et y’en a un fichu paquet, de plus en plus, dans tous les coins et recoins, je m’y sens de plus en plus mal à l’aise. Pas à ma place. Lorsque je débarque en des lieux exotiques, des restos chics ou des cambuses bobos, on pointe mon nom, on me confie un verre, un carnet de dégustation et souvent un crayon. Comme je n’ai que deux mains mon martyre commence. Vite je me propulse sur le champ de bataille où je contemple d’un air effaré, derrière des tables plus ou moins bien nappées, et vite souillées, un alignement de vignerons et vigneronnes troncs qui vont me servir gentiment un fond de verre de leur vin dans le verre syndical que je leur tendrai, verre que j’agiterai ensuite avec une inélégance, une gaucherie, d’un ridicule achevé, au risque de m’asperger, j’abrège mon Golgotha, ce fond de verre je l’ingurgiterai avec un air inspiré avant de régurgiter dans des récipients qui ne sont en général pas prévus à cet effet. Je devrais fuir mais je ne le fais pas, au contraire je passe, avec un air faussement dégagé, une forme d’inspection des troupes tel un général qui se dit qu’il serait mieux au mess des officiers à siroter. Bien sûr je croise d’éminents collègues, des gens dont c’est le job mais aussi une étrange faune dont je me dis qu’elle tue le temps ici. Quelques civilités et il faut y aller.


Que j’ai l’air con dans l’exercice de dégustation, ça c’est sûr mais ça n’est pas grave. Ce qui me pose question, et d’autres que moi devraient se la poser « est-ce que ma présence ici est justifiée ? », que fais-je là tout simplement ? Ne suis-je pas qu’un mauvais figurant encombrant mobilisé pour faire nombre afin de satisfaire le quota de crédibilité de l’agence ? Vous allez dire que j’exagère, que je force le trait à dessein. Je peux en convenir mais le bénéfice mutuel que nous devrions tirer les participants comme moi-même me semble souvent très mince. Je ne suis qu’un chroniqueur, pas un dégustateur. Quand je vois tous ces flacons je panique. Moi ce que j’aime c’est l’intimité, causer avec les gens, assis, échanger, glaner du grain à moudre en partageant le pain et le sel, en trinquant, en cherchant certains soirs la vérité au fond des verres, mais en ces lieux impersonnels je suis bien trop conscient que les vignerons n’ont pas fait le déplacement pour que je leur tienne la jambe (utilisant cette vieille expression française, que j’aime bien, j’ai évité le féminin). Alors vous comprenez mieux pourquoi j’ai besoin de me ressourcer au grand air.


Ce sont mes vaches, loin d’être folles, qui m’ont donné des fourmis dans les fesses lorsque je me suis retrouvé à passer tout un samedi après-midi dans une ferme des Monts du Forez. Alors je me suis dit c’est bien beau mon coco de chroniquer le cul sur ta chaise qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il grêle mais il faudrait que tu bouges à nouveau, tu fasses mouliner tes gambettes, pour aller puiser, au plus près des gens, du minerai pour raconter d’autres histoires. C’est donc ce que je vais faire, comme on le dit à la rentrée. Ces incursions éviteront bien sûr les grandes routes, j’ose même dire les biroutes*, mais emprunteront tous les chemins de traverses à ma disposition, le nez en l’air, la tête dans les étoiles, sans pour autant baguenauder, je prendrai mon temps sans forcément le perdre en poursuivant mes petites idées. Marauder sans vraiment chercher pour avoir la chance de tomber nez à nez avec celui ou celle que je désirais rencontrer. Voyez-vous, ce que je caresse comme projet c’est de ne pas en avoir, un peu comme la première fois où j’ai rencontré, chez lui, avant d’aller dîner chez le Pousson qui avait cuisiné du poulet, Patrick Hoÿm de Marien, l’emblématique président d’Embres&Castelmaure. Nous nous sommes assis. Nous avons conversé sur tout, la peinture, la céréaliculture de l’Ariège, les hommes des Corbières et du Midi, et rien, mais surtout assez peu du vin.


La monochromie engendre la monotonie. J’aime les couleurs, celles qui pètent, leur alliance, leurs dissonances et même si l’enseigne de ma crèmerie affiche « Vin&Cie » c’est bien sûr que son logiciel, comme disent les speakers de la télé, c’est le jus fermenté du raisin, mais, dès l’origine, lui a été accolé « l’espace de liberté » et ce n’est pas pour faire joli. Tout au long de ces neuf années la maison du Taulier s’est toujours efforcée d’élargir son horizon, d’ouvrir plus grand ses fenêtres sur le monde, de s’aventurer au-delà du petit cercle des initiés du vin. Ce qui m’a toujours surpris c’est qu’un noyau dur d’entre vous m’a toujours suivi, donc encouragé à repousser les limites de notre petit monde. Écrire pour écrire ne présente aucun intérêt, ce qui est intéressant pour vous, du moins je le crois, comme pour moi, c’est de nous aventurer sur des terres nouvelles en gardant notre dénominateur commun qu’est le vin sans pour autant ressasser, radoter, tomber dans la routine. Pour autant, je ne crois pas au changement pour le changement, à cette volonté forcenée de faire du neuf avec du vieux, de vendre le vaisselier de mémé pour acheter à la brocante du coin un superbe buffet en pur formica.


Comme je ne peux céder mon fonds de commerce en empochant un gros pas de porte ni ne veux opter pour la bonne vieille jachère qui consisterait à laisser pousser des herbes folles et des petites fleurs sur mon espace de liberté pour que les naturistes s’y ébrouent en proclamant que sous les pavés y’a de la vigne, j’ai décidé de revenir aux bons vieux principes de l’agronomie, pratiquer un assolement intelligent, une saine rotation des cultures et surtout revenir à une forme large de diversité, polyculture-élevage des mots où se mêleront prairies naturelles, la diversité des cultures en tous les sens du terme, des vignes, des ruches, des vergers, un potager, des vaches, des veaux et des couvées, de jolies fermières et d’accortes crémières, des blogueurs et des blogueuses qui se retrousseraient les manches, écriraient de belles chroniques joliment travaillées, une forme de petite maison dans la prairie posée sur les toits de Paris.


De façon moins bucolique voilà mon programme des temps qui viennent si Dieu me prête vie:


1-      Vin&Cie l’espace de liberté reste ouvert avec sans doute des horaires et des jours d’ouverture plus fantaisistes.


2-      Je continue de m’occuper de mes vaches.


3-      À la rentrée de septembre je redécouvre, dans les plis et les replis de nos terroirs profonds, le goût  de la conversation autour d’un verre en partageant le pain et le sel avec vous.


4-      Toujours en septembre je relance le club « Sans Interdit »


5-      J’ouvre une nouvelle crèmerie aux services du monde du Vin : « Influence&Confluences ». pour de plus amples renseignements prière de contacter le Taulier via son e-mail indiqué sur le bandeau tout en haut de ce blog.


Bonne journée à vous tous et, pour les parigots tête de veau, ceux des alentours proches et les de passage n’hésitez pas à me faire signe pour prendre un verre si tel est votre désir afin de fêter ces 9 années passées en compagnie de certains d’entre vous.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 26 avril 2013 5 26 /04 /Avr /2013 00:09

Aux origines, les jeux de balle avaient un caractère populaire et rude ; traditionnels, sans règle écrite donc diversité et naturalité. Le jeu français le plus populaire, en Bretagne et en Picardie était la soule, sorte de balle remplie de foin ou de son, ou faite d’osier. La soule opposait les jeunes de deux villages voisins, ou encore les célibataires aux jeunes mariés d’une même commune. Tous les moyens physiques étaient permis, les joueurs s’engageait sans retenue avec les mains et les pieds afin de faire gagner du terrain à la soule. Pas de tactique, de l’élan, de la force, des courses effrénées alternaient avec des mêlées indescriptibles. Certes un peu rustique, très violent, la soule c’est le village et même si je n’ai jamais joué au football mais au basket l’image du jeu pour moi c’est le maillot blanc – un simple Marcel – de la Vaillante Mothaise.


Je ne vais pas vous refaire l’histoire de la balle au pied mais vous dire là où moi je me suis arrêté : à Garrincha « la joie du peuple » et son dribble. Tant pis pour ceux qui ignorent qui était Garrincha. C’était le roi du contre-pied.  Démonstration écrite.


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« L’efficacité du dribble de Garrincha semble liée à l’allure si étrange de son corps, mais aussi à sa grande capacité d’accélération. Car l’étonnant était la lenteur avec laquelle il emmenait la balle, sa façon de s’arrêter totalement devant l’adversaire et, grâce à son extraordinaire impulsion, passer d’une apparence d’équilibre instable à une course qui déséquilibrait le joueur adverse, quitte à s’arrêter de nouveau le pied sur la balle pendant que l’autre était emporté par son élan. D’autres joueurs revenaient alors à la charge et Garrincha savait exploiter immédiatement la brèche ouverte dans leur défense. Usant d’une analogie militaire, les journalistes sportifs parlaient à son propos d’un style de « guérillero ». Il recevait la balle : vitesse zéro. En une seconde, il se jetait un mètre en avant, grâce à cette explosion musculaire qui le propulsait dans l’espace avec la légèreté d’un oiseau (…) Il lui suffisait ensuite de freiner son corps et d’obliquer de nouveau vers la droite pour faire s’écrouler l’équilibre universel des arrières latéraux. Très souvent, dans ses semblants de chute, il paraissait abandonner au milieu du chemin son centre de gravité alors qu’à la stupeur des physiciens eux-mêmes, il restait debout et continuait vers la droite, fluide comme une cascade. Le dribble le métamorphosait : il devenait Chaplin, déployant dans le vent une succession merveilleuse de gestes comiques ; il était le torero  que la multitude saluait à coup de « olé » ; il était saint François d’Assise grandi par l’humilité avec laquelle il subissait les coups de pied du désespoir […] Il arrivait sur la ligne de fond, les arrières encerclant la surface, l’espace se réduisant… un mètre, 50cm, « il n’y a plus de place, je vais le contrer ». Amère illusion du joueur adverse : pour un dribble de Garrincha, un mouchoir de poche était un « latifundio »


Jose Sergio Leite Lopes et Sylvain Maresca « la disparition de la joie du peuple »


Que notre vénéré président me pardonne mais je déteste la surface de réparation et le face à face entre le gardien solitaire dans sa cage et celui qui cherche à le tromper par un éventuel contre-pied. Je préfère la geste de Garrincha dans le champ libre de l’aire de jeu. Bon, j’entends des tribunes monter des sifflets et des lazzis des supporters des vendredis du vin. Qu’est-ce qu’il a encore à nous bassiner ce Taulier avec ces histoires de contre-pied ? Rien, car si vous regardez bien, sous mes mots ou ceux de ceux que j’ai cité se cachent ceux que l’on devrait utiliser pour glorifier un vin qui vous prend à contre-pied. Qui vous surprends. Qui vous chavire. Qui vous transporte. Qui vous fait devenir Chaplin… Tout y est, je n’ai rien à rajouter. La brèche est ouverte. Tout le monde est dans le vent « olé ».


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Comme en amour il y a une première fois. Et cette première fois pour moi, la révélation fut l’œuvre des Rachais de Francis Boulard. C’était y’a longtemps, au temps préhistorique, héroïque, dans la froidure d’un hangar de Montreuil, un peu comme dans un stade de division d’honneur où tu te les pèle, tu ne t’attends à rien et soudain t’en prend plein la figure. T’es estourbi. Tu te dis je n’ai pas fait le voyage pour rien. Tu t’échauffes. Tu applaudis. T’es sur le cul. Faut dire qu’il y a du Garrincha chez Francis. Vitesse Zéro. Ne parlons pas du Loiseau. T’es dans le vent. Tu te dis, t’es sûr que son Rachais il va jouer dans la cour des Grands. Tu signes. Tu t’émeus. Tu lévites. Tu racontes à qui veut bien l’entendre que t’as trouvé la perle rare, le nouveau Garrincha. Tu t’enflamme. Les mots de ta chronique ont du mal à traduire ta jubilation. Et pourtant rentré chez toi tu écris. Tu répètes à l’envi que tu viens de vivre un de ces beaux jours de ta vie.


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«Moi, je ne vis pas la vie, c'est la vie qui me vit» déclara un jour Garrincha. Garrincha, symbolisait le plaisir du jeu pour le jeu, et le Brésil n'est pas un pays de vainqueurs, mais un pays où les gens veulent s'amuser» Sur sa tombe, cette inscription « Ci-gît la joie du peuple. »


Note d’actualité : « Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne » — Boutade fameuse du footballeur anglais Gary Lineker. 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 29 mars 2013 5 29 /03 /Mars /2013 14:12

Qu’est-ce que cette embrouille de votre Taulier ? Ça n’en est pas une car votre chroniqueur addict adore jouer mais…


Et c’est sous ce MAIS que ce cache l’INTERDIT.

 

Qu’est-ce donc que ça ?


À vous de me le dire.


La première bonne réponse, c’est-à-dire précise et puisée aux meilleures sources, recevra 1 exemplaire dédicacé par les auteurs et le Taulier  de TRONCHES de VIN le guide des vins qu’ont de la gueule présenté ici par un gus qui n’est pas un demi-sel mais un immense écumeur de liquides et de solides dont je ne vous communiquerai pas le poids spécifique médiatique.


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Pour ne pas rompre avec la tradition des VdeV je vous dis à ma façon : MERCI (Mercé). www.laboria.fr


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À lire vos réponses…

 

Le Taulier interdit !


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 22 février 2013 5 22 /02 /Fév /2013 00:09

En 1973, Jean-Louis Bory, critique cinéma au Nouvel-Observateur, publie Ma moitié d'orange aux éditions Julliard, pour défendre les droits des homosexuels, ce fut un succès : une éternité !


Des goûts et des couleurs on ne dispute ou discute pas, dit-on. Quand est-il de l’orange ?


Michel Pastoureau dans son « dictionnaire des couleurs de notre temps » pose une batterie de questions.


« Pourquoi les tons orangés, qui peuvent être si séduisants lorsqu’ils sont produits par la nature, sont-ils si laids, si vulgaires lorsqu’ils sont fabriqués par l’homme ? Qu’y a-t-il dans la couleur orange des fleurs et des fruits qui soit à ce point inimitable ? Pourquoi l’écart entre la couleur naturelle et la couleur artificielle est-il plus grand pour la gamme des nuances orange que pour n’importe quelle autre gamme de couleur ? Les hommes ne savent pas encore répondre à  ces questions… ».


Le naturel et l’artificiel, pouvais-je rêver d’une plus belle introduction pour ce qui m’amène à chroniquer en ce matin de vendredi du vin ?


Quelle place a occupé et occupe l’orange dans ma vie me suis-je dit ?


Sans nul doute, ma première relation avec l’ORANGE est due à celle qu’on déposait dans mes petits souliers de Noël :


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Ça a moins bien continué avec l’agent ORANGE de Monsanto déversé à partir du 10 août 1961 dans la province de Kontum au Vietnam. Le programme, intitulé Opération Ranch Hand, débuta avec le feu vert du président John F. Kennedy en novembre 1961 jusqu'à atteindre son apogée en 1965. Objectif défolier les forêts pour empêcher les Viêt-Cong de se planquer, détruire les récoltes, dégager les abords des installations militaires américaines et y prévenir les attaques. L’horreur absolue, une horreur qui dure dans les chairs des survivants…

 

30agent-orange.jpgPhotograph by Philip Jones Griffiths/Magnum Pheak, 12 years old, from the Eastern Province of Prey Veng, on the border with Viet Nam, was brought to the city by his parents to beg. Armless, legless, he is fed and cared for by his brother.

 

Puis vint, en 1964, l’ORANGE de Gilbert Bécaud.


À mes 18 ans, en 1966, dans une SIMCA  1000, je découvrais aux Sables d’Olonne, en juillet, les joies du feu orange avec le bonheur du démarrage en côte débouchant sur un permis de conduire flambant neuf.


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Dans la foulée des excentricités de mai 68, le choc sur les écrans en 1971 avec Orange mécanique, A Clockwork Orange de Stanley Kubrick adapté du roman d'Anthony Burgess, dérangeant, violent, avec une bande son d’enfer.


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En 1974, la coupe du monde en RFA, nous faisait découvrir les Oranje, de Johann Cruijff l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du football aux côtés de Pelé, Garrincha, Maradona ou encore Di Stefano, laminent leurs adversaires avec un « football total »  celui de l'Ajax Amsterdam. L'Argentine est laminée 4 à 0 (dont 2 buts de Cruijff) ; le Brésil est lui battu 2 à 0 (1 but de Cruijff) mais comme toujours ce sont les Allemands de Kaiser Franz qui soulevèrent la Coupe du Monde qui n’était plus la coupe Jules Rimet : pourquoi chers lecteurs ? La bonne réponse donne droit à dégustation de vin orange.


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En 1978, je me rends aux chorégies d’Orange dans le théâtre antique d’Orange cité alors fréquentable.


En 1996, France-Télécom vire Wanadoo pour ORANGE.


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Pour contredire Michel Pastoureau : le pull ORANGE et l’écharpe ORANGE du Taulier :


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En 2012 grâce à Alessandro Merlo, le Taulier découvre les VINS ORANGE avec Radikon.

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Jérémie Mourat vinifie une « négrette de paille », un chardonnay 2011, issu d'une longue macération de quarante jours, inspiré en cela des cuvées de Josko Gravner, en Frioul-Vénétie-Julienne, apparaît. Philippe Rapiteau notait « sa dégustation actuelle révèle de jolis arômes assez typiques des « vins orange » (qui restent peu connus en France, au point que certains de nos sommeliers y voient parfois un défaut et l'écartent catégoriquement!), ainsi qu'une finale inimitable, par sa sapidité tannique et sa touche saline. Cette expérience, est vinifiée dans un oeuf Nomblot de six hectolitres »


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La RVF titre « Le nouveau monde des vins oranges »


« Peu importe si ce terme convient et si la (re)découverte vient bien d’outre-Atlantique, mais la nécessité d’avoir à inventer une nouvelle catégorie n’est pas sans signification. Elle prouve que le vin blanc de macération a quelque chose d'inédit dans le monde du vin, au point qu’il faille lui définir un nouvel espace.


Les vins orange prennent de plus en plus leur place sur les cartes des restaurants et des cavistes français, et il est maintenant fréquent de pouvoir goûter la Ribolla gialla de Stanko Radikon (Frioul) ou Ageno de La Stoppa (Emilie).


Force est de constater, comme avec ces deux exemples, que la vague nous arrive en grande partie d'Italie, et plus particulièrement de la région frontalière entre Frioul et Slovénie.

La macération pelliculaire longue pour les vins blancs n’est pourtant pas une pratique traditionnellement italienne - bien que la question subsiste - ou exclusivement italienne. Ils existent ailleurs ces fameux vins à la couleur ambrée orangée plus ou moins intense, et pour certains pays comme la Géorgie, probablement depuis des millénaires. » link 


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Enfin pour les Vendredis du Vin ORANGE votre Taulier vous offre un Vino Frizzante BIANCO  DEI COLLI TREVIGIANI www.costdadila.it

 

Affaire à suivre sur mes lignes dans le billet de cet après-midi...


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Costadilà est situé dans les collines de Trévise link


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Gilbert Bécaud - L'orange (1964) par Leroidukitch
Conséquences de l'Agent Orange en Vietnam par tuttouno

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 25 janvier 2013 5 25 /01 /Jan /2013 00:09

« Fille de la misère » suivant selon l'expression de Charles Gide, grand universitaire, oncle de l'écrivain et théoricien des coopératives de consommation, « filles de la misère et de la nécessité » : pour ceux qui sont dépourvus de moyens financiers, le regroupement et la solidarité sont les seules armes disponibles. La coopération vinicole le fut incontestablement dans les premières années de ce siècle. Face à la crise, face aux difficultés économiques accablantes, il fallait résister, se grouper pour être plus forts et la solution coopérative, avec ses immenses qualités, s’imposa.


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Les grandes idées ne meurent jamais  même si elles sont parfois estropiées par certains hommes qui disent les incarner. La coopération vinicole n’est devenue que ce que les hommes en ont fait mais elle ne porte pas en elle, toute l’indignité dont certains l’affublent au nom d’une idéologie ou de présupposés qu’ils n’ont jamais vérifiés. Le faire ensemble, si ce que fait la main est bien fait, vaut aussi bien que ce peut faire l’individu isolé. Bref. J’ai choisi de vous narrer, via une grande plume, celle de Daniel Halévy, ce qu’étaient les vignes et les vignerons de Domérat (ci-dessus le blason de Domérat) Nul passéisme en cette approche mais une piqure de rappel aux urbains oublieux qui cultivent dans le confort douillet de leurs petites chapelles ce que certains se permettent de qualifier de vin équitable link  


 « Domérat le village, Prunet le hameau, tout cela m’est familier. Voici la maison de Rougeron ; je frappe à la porte, sa fille m’ouvre. Elle est seule, son père est dans les vignes ; elle m’y conduira.


Domérat est plus haut que Montluçon, Prunet plus haut que Domérat, et les vignes de Rougeron au plus haut de Prunet. Nous montons ; nous causons ; tous vont bien, le père, la mère, l’aïeule ; la fille est venue pour les vacances, avec son fils, maintenant un grand garçon et qui ne rêve qu’aux vignes et à la terre.


Quel admirable lieu ! C’est ici la pente de l’Auvergne. Le pays change, la terre s’élève, forme un vaste seuil en avant des montagnes, et de ce seuil penché la vue découvre Berry et Bourbonnais, une France rurale immense, étale jusqu’à la Loire.

Or, regardant vers en haut, j’aperçois, parmi les vignes, une cabane à outils entourée d’une éclatante roseraie […]


Voici Rougeron tout près, qui me fait signe. Le corps vigoureux est un peu courbé, la moustache a blanchi. La marche est sûre, mais lente […] Il y a tant d’années que nous nous connaissons. J’ai vu Rougeron dans sa jeunesse encore, et puis dans la force de sa maturité. Le voici proche des grands âges. Du moins n’a-t-il pas perdu ses peines. Notre vieil ami, le rêveur, le réformateur, l’éducateur de Domérat, jadis inconnu hors de son village, est devenu un des premiers paysans de France. Il préside la Fédération de l’Allier et la tient dans la droite ligne, hors l’intrigue et la politique. On le réclame, l’acclame dans les congrès nationaux, où s chaude et plaisante parole est aimée. Cette bonne gloire, il a trop de cœur aussi pour en être vain. Toujours plus préoccupé de ce qui reste à faire que de ce qui est obtenu, il garde en lui le fécond tourment des grandes âmes […]


« Nous retenons tant que nous pouvons, fait-il. Ah ! si nous voulions brûler les sous-préfectures, comme à Saint-Brieuc, ce ne serait pas difficile. Il n’y aurait qu’à laisser faire… »


J’ai l’impression qu’il pourrait m’en dire davantage, que je suscite en lui des préoccupations. La Fédération de l’Allier, par le temps qui court, ne doit pas être commode à conduire. Mais je ne suis pas venu renouveler ses ennuis, et je ne le presse pas de questions.  

Il me ramène vers sa maison. Nous descendons ensemble, laissant en arrière le garçon et l’aïeule qui restent à ranger les fruits. Rougeron m’installe à sa table et me fait boire de son vin […]


« Que de choses restent à faire ici », murmure-t-il.


Ce n’est plus le militant qui parle, c’est le vieillard qui se souvient, regrettant de laisser après lui une tâche imparfaite.


« Le paysan devient furieux, poursuit-il. Mais s’il savait s’y prendre, il ne souffrirait pas tant. Cette question des prix, par exemple. Nous en souffrons à Domérat. Je dis qu’il y a de notre faute. Avant la guerre, nous avions nos clients d’habitude, qui nous revenaient chaque année, et ça allait tout seul. C’est incroyable, les habitudes qu’il y avait. Avant la Révolution, il y a cent cinquante ans, notre vignoble appartenait à  des moines de Combrailles. Ces moines avaient l’habitude de notre vin, et dans le pays, autour d’eux, on les imitait, on buvait le vin de Domérat. Eh bien, l’usage a duré et, il y a vingt ans, avant la guerre, nous avions encore nos meilleurs clients en Combrailles. On se connaissait, on s’écrivait, on se fournissait, c’était commode, bien sûr. Aujourd’hui, c’est fini, le commerce a changé. Les achats se font par grosses quantités. Le vigneron isolé ne peut pas défendre son prix. Eh bien, il faudrait faire comme ailleurs, en Languedoc : se grouper, installer une coopérative de vinification. Alors on aurait un vin mieux fait, une qualité égale. L’acheteur en gros saurait ce qu’il achète, il viendrait et trouverait à qui parler ; le syndicat serait vendeur. Ce que je dis là, c’est pour le vin, pour la vente […]


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C’était en 1934 sous la belle plume de Daniel Halévy qui, dès 1910, avait rendu visite à Rougeron à Domérat : « Nous continuons de gravir les côtes. Rougeron veut me montrer sa vigne […] la vigne communiste, le domaine de la Ruche. La voici, dominant les communaux arides, les cultures, toutes les autres vignes, saine à voir, en état de bel entretien. Rougeron la considère avec orgueil. Elle est sauvée croit-il.


Les envieux ne la menace plus. L’an passé, ils avaient arraché quatre-vingt-dix plants, et cette année seulement trois. Une vigne communiste ! La seule au monde. « Vous savez comme l’idée m’est venue ? dit Rougeron. J’ai lu un jour, dans un journal agricole, qu’un instituteur avait réussi à constituer, une bibliothèque scolaire avec le produit d’une culture de pommes de terre faite par ses élèves. J’ai pensé faisons de même. Et nous sommes sur le bon chemin. La caisse de crédit de Montluçon a fait l’avance des premiers fonds. Bientôt nous l’aurons remboursée, nos gains seront à nous. Nous construirons notre petite salle, nous rangerons nos livres, nous installerons notre champ d’expérience pour l’instruction des enfants et la nôtre aussi ; puis… »


RESPECT !


Il n’y a jamais eu de coopérative vinicole à Domérat et il n’y a plus de vignes mais rien qu’un MUSÉE de la VIGNE (voir la vidéo)


Le vin populaire, celui du peuple, a existé, il ne s’agit pas pour moi de le magnifier mais de rappeler à ceux pour qui le monde commence avec eux, qui pensent qu’ils sont le monde à eux seuls autour de leur petit nombril, que les leçons de l’Histoire ne peuvent être occultées.

  • Daniel Halévy qui « écoutait et observait » avait l’art de s’effacer derrière ses interlocuteurs, puis de les faire revivre sous sa plume : « la mère dispose sur la table le pain rond à côté du fromage de chèvre et les verres où luit bientôt ce clair et chaud vin blanc que les vignerons coopérateurs de MARAUSSAN vendent à bon compte aux syndiqués du Bourbonnais. » Ce vin blanc fort est « rouge », car il provient de la première cave coopérative de France qui, fondée en 1901 à Maraussan, au nord de Béziers, se dote en 1905 d’un nouveau bâtiment au fronton de laquelle sera gravée : « Les Vignerons libres, tous pour chacun, chacun pour tous » Comment ce vin parvient-il jusqu’à Bourbon-l’Archambault en 1907 ? 
  • Par le chemin de fer qui traverse le Massif Central indique Jean Jaurès dans un article de l’Humanité du 7 mai 1905 :« j’ai eu une grande joie à visiter, avec les vignerons qui chômaient le 1er Mai, le vaste terrain acquis par eux et où seront creusés les fondations du nouvel édifice. Il est tout voisin de la gare, et des conduites mèneront le vin aux wagons-réservoirs qui portent aux ouvriers parisiens le bon et loyal produit des vignerons maraussanais. »

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La Bellevilloise, à Paris, créée en janvier 1877 par vingt ouvriers, parmi lesquels dix-huit mécaniciens, fondent la troisième coopérative de Belleville, un petit dépôt d’épiceries qui ouvrent deux soirs par semaine et où, à tour de rôle, après leur journée de travail, ils assurent la vente. Le vin de Maraussan. À la veille de la Grande Guerre, forte de ses 9000 sociétaires, elle est la première coopérative parisienne, la première également du pays, à tel point qu’elle fait figure de modèle. Dans « La maison du Peuple de la Bellevilloise », tandis que Jean Jaurès tient des rassemblements politiques au 1er étage, on expérimente au rez-de-chaussée la première vision du « commerce équitable » suivant les principes de Joseph Proudhon, s’appuyant sur une devise qui allait marquer l’histoire des échanges : « du producteur au consommateur ».


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La boucle est bouclée, Maraussan, première cave coopérative de vente en France, créée le 23 décembre 1901 par 128 viticulteurs. « La construction décidée par l'assemblée générale du 19 février 1905 est confiée aux ingénieurs Paul et Carles (de Balaruc). Qualifié à l'époque de « gigantesque bâtisse », elle était conçue à l'origine pour une capacité de production de 20 000 hectolitres. En cours de construction, elle a reçu la visite de Jean Jaurès le 2 mai 1905 et a été inaugurée le 22 août à la veille des vendanges de la même année (en présence d'un ministre belge).


En même temps que la cave sort de terre, de part et d'autre du chantier principal sont bâties les 29 grandes cuves en ciment de 500 hectolitres chacune, qui seront disposées en fer à cheval à l'intérieur de la cave. »


Bref, aujourd’hui la cave est rattachée aux vignerons de L’Ensérune qui sont rattachés au groupe Fontcalieu cher à Michel Bataille.

 

J’ai donc choisi les vins AB de Laure B qui comme un fait exprès répond au patronyme de Berthomieu, C’est une vigneronne engagée, qui signe une gamme de vins de cépages du Languedoc en agriculture biologique. « Elle dorlote ses vignes sur des terroirs précieux. Elle travaille la terre et le ceps avec l’amour du geste exact. L’équilibre du sol vivant, le respect du terroir, de la plante et du vin donnent naissance à des vins soyeux, élégants et minéraux. »


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"Les Mots qui réveillent" au musée de la vigne... par BOUGEOTTE

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 30 novembre 2012 5 30 /11 /Nov /2012 08:10

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Comme nous tous, ma seule certitude, depuis que je suis né, c’est que la mort m’attend au bout de la route et, comme je ne sais, ni le jour, ni l’heure, je n’en ai rien à péter de cette vieille pétasse de noir vêtue. J’ai horreur du noir, de ces filles du métro toujours en noir : de qui portent-elles le deuil ? Je crois que c’est de la peur de vivre. Alors pourquoi fêterais-je la mort qui imprime sur notre générique le mot FIN ? Je préfère plutôt vous inviter à vous préparer à fêter la mienne…


En effet, comme je suis fou, tel un Salvador Dali sans moustache, au grand désespoir de notre Michel Smith sis tout près du « centre cosmique de l’univers » soit la gare de Perpignan, de la Marche Funèbre de Frédéric Chopin et de la Symphonie funèbre et triomphale d’Hector Berlioz, j’entends bien que ces 2 œuvres soient le seul ornement qui accompagnât la suite naturelle de mon trépas. Ni fleurs, ni couronnes, ni cérémonie, pas de cordons du poêle, pas d’oraison ni d’éloges hypocrites, y’a pas matière, rien que le doux ballet, à l’à pic de là où l’on déposera ma bière en terre, des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie…


Donc : « Musique maestro ! »

 

Vraiment je vous invite à auditionner (35mn) la Grande Symphonie funèbre et triomphale, Op. 15. d’Hector Berlioz interprétée magistralement par le Central Military Band of the Russian Ministry of Defence.

Conductor: Valery Khalilov and Sergei Durygin (chorus)

Soloist: Erkin Yusupov (trombone)

Tchaikovsky Concert Hall of the Moscow Philharmonic

 

1. Marche funèbre (Funeral march, Похоронный марш)

2. Oraison funèbre (Funeral oration, Похоронная речь)

3. Apothéose (Apotheosis, Апофеоз)

 

En ma jeunesse en soutane, tout comme François des Ligneris, j’ai tant et tant accompagné avec le curé le corbillard tiré par un cheval empanaché et poussif, porteur de la croix ou d’un chandelier, et parfois du seau d’eau bénite dans lequel barbotait le goupillon avec lequel la bière serait aspergée par la famille et les amis du mort. J’aurais tant aimé que ces transports fussent musicaux comme ceux que l’on  voit dans le Sud de l’Italie avec un orphéon précédant le corbillard ou même comme aux funérailles de Luciano Pavarotti sans les officiels.


Comme je les aime tant vous ferez donc péter les couleurs et, même si je ne pourrai sécher les torrents de pleurs des éplorées lorsqu'elles redescendront du cimetière, il faudra que vous me fassiez fête, en faisant péter aussi les bouchons pour faire honneur au cochon. Je m’entends, je fais référence au mâchon post-funéraire qui est une tradition et non à celui qui sommeille en moi.


Bien sûr, tous bien serrés autour de la table, vous serez alors en manque, mes chroniques ne tomberont plus à l’heure du petit déjeuner où vous vous délectiez, sans que vos tartines embeurrées viennent souiller ma prose, de mes élucubrations longues comme un jour sans pain. Pour vous consoler vous pourrez toujours les imprimer sur vélin et les faire relier plein cuir pour dire à vos petits-enfants : « C’était le Taulier… un gars et bla et bla… »


Trêve d’apitoiement, pour faire plaisir à un gus, qui se pare du doux nom de Lebaron, ça a un petit côté agneau, qui, fuyant les terres grasses et herbées de la Normandie profonde, s’est exilé en un plein Sud venté plein de sangliers. L’heure donc est au MENU, un  dernier accord mets-vins pour faire plaisir à mes groupies gâte-sauce.


C’est simple : Pot-au-feu de cochon suivant la  recette  du chef de la  Villa9trois www.villa9trois.com

 

Sabodet de chez bobosse (saucisson de tête de cochon)

Cervelas pistaché de chez Colette Sybila

Lard fumé d'Alsace

Travers de cochon et échine demi sel

Caillette aux herbes


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Pour le vin que le ShowViniste veut vivant j’en ai choisi un qui vient du Royaume des Morts Vivants.


Je vous mène par la main, alors que suis encore des vôtres, sur le Piémont nord-Pyrénéen, dont le climat, sous une double influence océanique et pyrénéenne, se distingue par une pluviométrie assez forte au printemps, et des variations importantes de température entre jour et nuit tout au long du cycle végétatif. Cet écosystème unique a permis de sauvegarder un patrimoine génétique exceptionnel où s'épanouissent des cépages autochtones très typés comme le Tannat, qui signe les vins de Madiran ou de Saint Mont rouges, ou encore le Gros et le Petit Manseng pour les blancs.


Ce Piémont est le paradis des « lambrusques », vignes sauvages jamais cultivées par l’homme, naturellement présentes en appui sur les troncs d’arbres… Des cépages totalement inconnus, pas même hermaphrodites (donc peu sélectionnées par l’Homme), y ont été découverts. Les vignerons de Plaimont Producteurs ont su les protéger et les étudient depuis plus de 30 ans à travers un travail de recherche minutieux. Ils mènent à présent des micro-vinifications sur une partie de ces cépages


« Vignes Préphylloxériques », millésime 2011, en AOC Saint-Mont.

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« Ce vin hors du temps provient d'une vigne datant de 1871. Plantée sur un sol de sables fauves, la parcelle a ainsi résisté au phylloxéra qui a décimé le vignoble français à la fin du XIXème siècle.


Idéalement située sur le coteau le plus en altitude du village de Saint-Mont, cette vigne de 48 ares fait face au Monastère. Son terroir extrêmement drainant est composé de sables fauves sur une profondeur de plus de 2 mètres. Au-delà, le sol est argilo-calcaire.


Vestige de la biodiversité du Piémont Pyrénéen, la parcelle présente une large majorité de pieds de Tannat, un pied de Pinenc, et quelques pieds de cépages blancs anciens, non vinifiés dans cette cuvée ; historiquement, les familles possédaient leur « jardin de vigne » avec différentes variétés locales et élaboraient alors le vin « de la maison », boisson désaltérante composée de cépages rouges et blancs.


Entourée de figuiers centenaires, palissée en hautains, la vigne a vraisemblablement toujours été soutenue par un fil. Elle nécessite naturellement des attentions très particulières et des soins sur-mesure pour chaque cep : sur certains on laissera deux grappes, sur d'autres quatre ou cinq...

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La production pour ce millésime 2011 est de 1345 bouteilles, numérotées, disponibles par souscription, en réseau traditionnel pour la France. »


Plaimont Producteurs préserve plusieurs vignes de plus de 100 ans d’âge, dont certaines parcelles préphylloxériques uniques en France. Ces très rares parcelles sont de véritables "jardins-musées" ; situées majoritairement sur l'aire d'appellation de Saint Mont, on en compte quelques-unes en Madiran.


La plus ancienne date du Premier Empire. D’une superficie de 20 ares, elle est située à Sarragachies dans le Gers, au cœur de l'appellation Saint Mont. Evènement unique en France (ce fut une première), elle a été inscrite en juin dernier par la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites (CRPS) de Midi-Pyrénées au titre des monuments historiques...


Cette inscription se base avant tout sur trois arguments scientifiques :


- Miroir de l'encépagement ancien, la parcelle renferme 20 cépages différents dont 7 jamais répertoriés antérieurement ;

- Elle est le dernier représentant de méthodes culturales aujourd'hui disparues : souches franches de pied, plantation réalisée en pieds doubles (deux souches accolées au même piquet de soutien) et disposée en carré (2x2 m), conduite des souches en hautains appuyées sur leurs piquets ;

- Enfin, son âge d’environ 200 ans en fait l’une des plus anciennes de France, puisqu’elle a été préservée des attaques du phylloxéra grâce à son sol sableux.


Pour Joël Boueilh, Président de Plaimont Producteurs, « Cette inscription est la plus belle reconnaissance du caractère historique exceptionnel de notre parcelle qui, à près de 200 ans, est le témoignage vivant d'un savoir-faire ancestral, perpétué depuis des générations. »

La vinification est effectuée en petit cuvon, par pigeage doux à la main, sur le site du lycée viticole de Riscle, le village voisin de Saint-Mont. La fermentation malolactique est faite immédiatement en fûts sur le site de Saint-Mont. L'élevage a été réalisé dans deux fûts neufs et dans trois fûts de un vin. »


Voilà, comme dab le Taulier s’est tapé tout le boulot, il ne vous reste plus qu’à prendre place autour de la table. Le contrat (1), au sens Sicilien avec Lebaron, notre Parrain du Jour, est rempli. La dernière gorgée c’est bon pour les films. Le taulier a toujours le vin gai car il ne boit jamais seul, mais toujourds en bonne compagnie. Alors, lorsqu’il aura passé l’arme à gauche, toujours à gauche le vieux, vous savez ce qu’il vous restera à faire.


(1)    « Alors je vous invite à nous faire partager le vin du dernier festin. Quel serait l’ultime vin à retenir ? Avant un dernier souffle, quelle serait votre dernière gorgée ? Aurez-vous le vin gai ou le vin triste ? Serez-vous seul ou accompagné ? Et si cette fin vous effraie, passez donc à l’étape d’après et imaginez le vin de vos funérailles, qu’aimeriez-vous laisser dans votre cave pour arroser vos amis ? »


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 26 octobre 2012 5 26 /10 /Oct /2012 00:09

bouteilles_2.jpg « Qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse… »  la sagesse populaire me va très bien au teint d’autant plus, qu’en nos temps de gaspillage, le verre est perdu. Perdu, ce mot me hante : « C’est une femme perdue… » disait-on, en ma Vendée pieuse, d’une femme qui faisait le commerce de ses charmes. Même le pain était perdu alors qu’à la messe on distribuait du pain béni et les chiens aussi étaient perdus mais, sans colliers, si bien qu’en 1955 Jean Delannoy en fit un film, tiré du bouquin de Cesbron, avec Jean Gabin.


Mais putain va-t-il nous parler de vin !


Je ne sais car, né en 48, je ne connaissais comme boisson en 50 que le lait des vaches de mon pépé Louis et quand vint – pas mal la transition – la virée de la cinquantaine, en 98, j’avais professionnellement perdu de vue le vin lorsqu’il me retomba soudain dessus via un vin que je qualifiai alors de vin de vieux, c’était l’apéro favori des Français : 800 000hl vendus dans les années 50 – bien sûr qui se souvient de Monsieur Bartissol qui, sûr Europe n°1, hantait les villes et les villages pour que le papy Mougeot ou la mère Denis lui tendissent les précieuses capsules, plus personne sauf quelques vieux – lorsque j’acceptai en plein mois d’août une mission catalane pour aller me pencher sur le grabat du Rivesaltes ce qui était, somme toute, très naturel.


Je sais, j’énerve, mais je n’en ai cure – c’est mon côté élevé aux grains des très chers frères de Saint Louis Grignon de Montfort – car rien ne sert de courir il faut partir à point et surtout ménager sa monture.


Faut dire que les Vins Doux Naturel, s’ils avaient pu jacter, ou gribouiller sur les murs du Castillet de Perpinyà ils auraient écrit en grenat : « le Pastis m’a tué… » et ils auraient pu ajouter « et le Porto m’a mis KO… » Du côté de Thuir, le Byrrh, qu’a jamais été un VDN, était tombé dans l’escarcelle du roi du pastaga sans créer beaucoup d’émoi dans les chaumières catalanes.


Mais putain va-t-il nous parler de vin !


Mais je ne fais que ça les gars et les filles sauf à croire que les Vins Doux Naturels ne fussent pas tout à fait des vins parce qu’ils se sont fait foutre en l’air par le Pastis 51 – merde je ne suis pas passé loin – ça se discute c’est du 50/50 : bingo j’en ai placé deux.


Donc, puisqu’il nous faut par contrat léonin nous taper une question de centilitrage – vaste programme aurait souligné le Général – que les sources sûres m’affirment que les quilles se baladent entre 0,2 et 18 litres, avec des patronymes tels chopines, magnum, jéroboam, réhoboam, mathusalem, salmanazar, balthazar, nabuchodonosor, melchior, sans passer par la case 0,50 soit 50 cl et que seul les 75 cl ont droit au titre solennel de bouteille. Bien sûr j’ai omis la fillette et la mignonette mais le mystère des 50 cl reste entier.


Sauf que les flacons de 50 cl ont toujours existés dans le rayon des spiritueux où, horreur, malheur, les VDN furent classés et pas très bien exposés. Pire encore pour les défenseurs acharnés de la tradition bouchonnière ces flacons, que je n’ose nommer, étaient affublés d’un bouchage à vis.


Résumons-nous : la bouteille c’est 75cl donc la ½ bouteille c’est donc 37,5 cl, alors où est passé le litre ? Dans les oubliettes du jaja populaire avec la bouteille syndicale six étoiles. Elle aussi innommée elle jette la 50 cl dans un no man’s land innommé et c’est donc une apatride. Que faire pour la sortir de ce piètre statut ?


La baptiser si vous êtes des adeptes de la fille aînée de l’Eglise ou lui trouver un nom pour ceux des autres confessions et les athées.


La chasse aux noms est donc ouverte : ce pourrait être pour la 50 une minette, mais les féministes pourraient s’en offusquer, ou si l’on souhaite rester dans le masculin, qui est l’apanage des grands contenants , je risquerais : un taulier… car il a un côté de  demi-sel versus Bernard Blier* Enfin, je suggère, pour allier le féminin et le masculin, pour le ou la 50 : en couple, ça fait tendance et ça plaira au parrain de ce Cinquantième Vendredi du Vin qui est si attentionné pour favoriser la tendresse des têtes à têtes amoureux.


J’arrête de décoconner pour aborder l’essentiel, ce qui justifie l’existence d’un contenant c’est-à-dire ce qu’on y met dedans.


Pour ce faire retour en Roussillon, dans le 66 quoi qui produit 90% des VDN, où la classification peut se résumer ainsi : 1 grand lac et deux petites bassines : soit le Rivesaltes et le Muscat de Rivesaltes et ceux du haut : le Maury et ceux du bas : le Banyuls.


Foin des chiffres, j’ai trop usé le fond de ma culotte sur eux pour m’en préoccuper. Ce qui m’intéresse en ce beau matin de ce Vendredi du Vin, qui est sur son 51, pour fêter sa 50ième édition au travers d’un flacon qui fait son numéro, c’est de vous dégoter le truc qui décoiffe, la boutanche de derrière les fagots, celle que madame Michu ne peut pas acheter à Casino.


J’en connais qui pour dénicher la fameuse quille 50 se sont démenés, ont fait le trottoir, sué sang et eau, tenté de soudoyer leur caviste, écumé les chais, cassé leur tirelire, passé des nuits blanches… alors que le Taulier, les pieds en éventail, dans un insolente « coolitude » s’est contenté de fouiner dans ses souvenirs, d’y ôter les boules de naphtaline qui trainaient, pour sortir le flacon que seuls les happy few peuvent se procurer dans le cellier de Luc Charlier.

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Le nom est lâché, comme le disait le regretté Lino Ventura, c’est un Maury produit sur les terres ancestrales et inviolées de Bernard Rouby.  


C’est la cuvée JOLO un Maury Grenat en 50cl pourvu d’un bouchage à vis.


L’étiquette est culte. J'espère que vous reconnaîtrez l'homme du bain.


La cuvée Jolo fut dégustée à la chaussette et fort appréciée par le Grand Jury des Naturistes de Paris ICI link  


Voilà, même si d’un premier abord j’ai trouvé le thème chiant, chemin faisant j’ai pris goût à mes conneries et, au prix de quelques rétablissements périlleux, je suis parvenu à retomber à pieds joints sur le sujet de notre vénéré alter-président.

 

Fermez le ban !


 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 28 septembre 2012 5 28 /09 /Sep /2012 00:09

J’aime le vin, j’adore les fleurs, surtout les fleurs des champs et je me délecte des petits fruits rouges mais rien ne pompe plus l’air que la référence à des senteurs et des flaveurs qui, j’en ai fait l’expérience, varient en fonction de chaque individu. Dans les groupes de dégustation je suis toujours étonné par cette quasi-obligation qu’ont certains d’accoler à leur olfaction des soi-disant notes florales. Ce ressenti je ne le conteste pas mais, pour être crédible, il devrait être unique, universel alors que, bien au contraire, la palette du bouquet de fleurs évoqué a l’étendue d’une Flore. En effet, supposons que si un vin sentait la rose – bien que beaucoup de roses soient inodores – il ne pourrait dans le même sentir le genet… et qu’on ne vienne pas me dire que cette succession d’exhalaisons captées par des nez affutés est une réalité. Ce ne sont que des mots pour faire joli, pour meubler une certaine forme de vide, pour autant je ne dénie pas l’existence de notes florales mais je conteste leur mise en avant comme un élément d’appréciation d’un vin. Si vous souhaitez aller plus loin dans l'éducation objective de votre olfaction les séminaires Wine & Flavors dirigés par Alexandre Schmitt sont consacrés à l'éducation olfactive, et plus spécifiquement, aux arômes des vins. Ils ont pour but de structurer et de développer notre univers aro­matique, d'i­den­tifier les arômes des vins, de les classer, et d'en élaborer un discours objectif voir vidéo et link


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Puisque les Vendredi du Vin m’y exhortent je contribue donc à l’avancement de la science en recyclant une chronique tirée de ma vaste besace. Qu’écrivais-je en ce temps-là ? Question très christique : « en ce temps-là… JB disait à ses disciples… et bla, et bla et bla, bla, bla… »

« Les Français invités chez des amis, chez leur patron, chez des collègues de travail, ou lorsqu’ils rendent visite à leur parentèle apportent le plus souvent soit du vin, soit des fleurs coupées ou en pots. Dans le cas de l’amoureux transi qui tente de séduire l’être aimée la tendance est bien sûr au bouquet même si une belle bouteille peut aussi impressionner la belle. La plante en pot est plutôt tendance belle-mère ou mamie alors que la bouteille de Bordeaux est, elle, tendance beau-père ou patron. Bref, le rêve pour tout ce petit monde serait donc d’apporter les deux à la fois sous une forme idéale : une bouteille de vin de Fleur. Comme je suis, quoiqu’en médisent certains, un bon garçon un peu fouineur je vous ai dégoté un Vin de Magnolia. Oui vous avez bien lu, c’est du vin puisqu’étiqueté Vin de France (vin aromatisé à base de fleur de Magnolia) produit par un vigneron de la région nantaise www.lieubeau.com.


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Comment en suis-je arrivé à cette découverte capitale ? Tout bêtement en hantant un château : le Château de la Roche Guyon sur la rive droite de la Seine (les coteaux de Seine bien crayeux) où se tient chaque année une belle foire aux plantes. Je n’ai pas la main verte mais j’aime les fleurs : celles des champs, les fleurettes qui piquettent le vert des prairies ; celles des bas-côtés des chemins de traverse et des flancs de fossés : marguerites et coquelicots ; celles des bords de rivières : les coucous et les euphorbes réveille-matin ; celles des jardins embrouillés car elles n’y sont pas alignées comme des militaires ; même celles coupées en bouquet lorsqu’elles sont assemblées pour l’être aimé ou par la main d’une belle qui m’ensorcelle. Mais je n’aime guère les empotées ça me fait penser aux chrysanthèmes ou aux azalées de belle-mère.


Donc, un samedi, sous un beau soleil au zénith, j’arpentais la pelouse du château de la Roche Guyon pour dégoter une belle plante. C’est ici qu’il y a trois ans j’ai acheté ma superbe glycine. Je croisai aux milieux des roses une Yolande Moreau au look très Yolande Moreau : noir dominant. Pause : des marocains proposaient un bon couscous avec du gris Boulaouane (souvenir pas vrai Michel-Laurent). Remise en route : pour ne rien vous cacher j’avais depuis un certain temps ma petite idée mais encore me fallait-il dénicher l’oiseau rare c’est-à-dire un arbuste pouvant se plaire plein sud et ne pas se développer comme un baobab. Et vlan je me cogne le nez sur ma petite idée : un plant de Magnolia grandiflora « Namnetensis Flore Pleno présenté par les pépinières Ripoche de la Chapelle Basse-Mer www.magnolia-nantes.fr . Pour l’anecdote le Magnolia grandiflora peut atteindre 30 mètres mais ici il s’agit d’un cultivar de moyenne taille : 3 à 4 mètres à l’âge de 10 ans.


Un peu d’Histoire avant de déboucher sur ma petite histoire de Vin de Magnolia. Tout d’abord, je m’inscris en faux sur la thèse des Claudette : non le Magnolia ne tire pas ses origines de la chanson de Claude François (écouter plus bas). Ce nom a été attribué par Linné en l'honneur de Pierre Magnol, médecin et botaniste de Montpellier (1638-1715). Il conçut l'idée de classer les plantes par familles, idée que Linné améliora et généralisa. L’origine : espèce endémique d'Europe, chassée par les glaciations. Les magnolias ont été réintroduits d'Amérique du Nord, de Chine et du Japon. L'introduction du Magnolia grandiflora en France est du en 1711, au gouverneur de la Louisiane, Roland Michel Barin de la Galissonière (1693-1756), qui expédie en Europe des espèces végétales. Elles sont débarquées au port de Paimboeuf et sont acheminées par la route à Nantes. Le maire de la ville, René Darquistade, qui se trouve être fin botaniste, fait mettre un échantillon en serre. Quelques années plus tard, alors que la plante ne s'est pas franchement développée, il décide de la jeter. La femme du jardinier qui passait par là, repère l'arbrisseau sur le tas de fumier et l'emporte. En extérieur, le spécimen ne tarde pas à retrouver une seconde jeunesse, pour le plus grand plaisir du botaniste. Il s'empresse d'en confier l'analyse à la faculté de Montpellier où un certain Pierre Magnol, contemporain de Linné et de Plumier, en fera la première description avec François Bonamy.


Et voilà je suis revenu à mon point de départ le Vin de Magnolia qui bien sûr se nomme : Le Galisson en mémoire de Michel Barin de la Galissonière. En compagnie de mon plant de magnolia il m’attendait dans un beau petit pochon violet à fenêtre. Cadeau donc ! C’est un vin blanc né dans le vignoble du Muscadet récolté en surmaturité qui se voit aromatisé par la fleur blanche du Magnolia grandiflora cultivée par l’association « Magnolia de Nantes ». Comme le magnolia est une fleur à l’arome puissant, pour faire ce vin, même s’il existait de vieilles recettes, il fallait un vin d’une grande douceur et Pierre Lieubeau avec son œnologue ont du expérimenter le bon dosage pour tirer toute la subtilité du magnolia. Belle initiative pour le Tricentenaire 1711-2011 du Magnolia grandiflora que ce joli vin de Fleur qui, bu bien frappé à l’apéritif, pour ceux qui aiment les boissons douces, est agréable avec de beaux aromes de pamplemousse. Dans ces temps difficile pour le Muscadet allez-donc faire un petit tour sur le site de Pierre Lieubeau www.lieubeau.com ou si vous passez du côté de Château Thébaud c’est à la Croix de Bourdinière...


 


 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 27 juillet 2012 5 27 /07 /Juil /2012 00:09

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Recette du cocktail :


-         Prenez : Boris Claudio Schifrin, dit Lalo Schifrin, né le 21 juin 1932 à Buenos Aires, pianiste, chef d'orchestre, compositeur, arrangeur musical argentin célèbre, entre autres, pour ses musiques de films dont Bullitt, L'Inspecteur Harry … et de feuilletons-cultes : Mission impossible, Mannix, Starsky et Hutch… c’est déjà du lourd… Même  Sonia est capable d’entonner a capella la chanson de Starsky et Hutch…


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-         Ajoutez-y : le grandissime, l’unique Steve Mac Queen « un visage peu commun ? Ce cow-boy était totalement différent. En un seul gros plan, cet homme pouvait susciter six ou sept émotions distinctes, voire contradictoires, et pénétrait littéralement votre esprit. En un instant, j’ai compris que nous avions affaire à un nouveau type de héros, fort et hors du commun. Il était à la fois intéressant, insolite, attirant et sensible. Il était rude, résolument différent et, malgré tout, extraordinairement beau. C’était Steve Mac Queen. Et la série télé s’appelait Au nom de la loi. » écrit William Claxton dans l’Avant-Propos de son extraordinaire livre de photos de Steve. Dans Bullit il y est tel, impassible, précis, opiniâtre, et les 9 mn 29 de la scène de poursuite dans les rues de San Francisco sont un classique du genre rarement égalé.

 

-         Pour corser le cocktail vous y ajoutez un Robert Vaughn en  politicien ambitieux et sans scrupule : Walter Chalmers, la superbe Jacqueline Bisset tendre et aimante, la gueule de Robert Duval… et vous avez un film de Peter Yates, sorti sur les écrans en 1969, comme seuls les américains savent en réaliser : « Bullitt, un lieutenant de police, est chargé par un politicien ambitieux de protéger Johnny Ross, un gangster dont le témoignage est capital dans un procès où est impliqué l'homme politique. Malgré les précautions prises par Bullitt et ses hommes, Ross est grièvement blessé, puis achevé sur son lit d'hôpital. Bullitt s'aperçoit alors que la victime n'était pas le vrai Ross... »


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-         Mais ce n’est pas tout, l’ingrédient de feu, le Tabasco c’est le feulement du V8 de la Ford Mustang Fastback 1968 4,6 litres de 315 chevaux verte (Dark Highland Green) de Bullitt, ses reprises grondantes, ces ahanements de vieille caisse sportive, le crissement de ses pneus à jantes larges, sa boîte manuelle 5 vitesses bien étagées, un cheval de feu que rien n’arrête.  Une voiture cultissime qui a fait rêver toute une génération de soixante-huitard avides se sensations fortes mais à l’époque sans un rond.


Il ne vous reste plus qu’à visionner la vidéo ci-dessous pour vous imprégner de la musique de Lalo Schifrin puis des seuls halètements du V8 et de sa course folle. Reste que pour personnifier Steve Mac Queen, tel que Claxton le décrit je ne vois qu’un seul flacon LES RACHAIS car il traduit l’élégance naturelle de ce grand acteur.


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L’allure des hommes lorsque j’ai découvert les Rachais de Francis Boulard j’ai écrit « Pour moi ce champagne est, dans sa structure et son élégance dépouillée, le fils naturel d'une toile de Nicolas de Staël, il allie le trait pur, sous tension, la finesse, à l'allure de  ces hommes qui traversent leur époque avec hauteur et détachement. Je sais que certains vont me reprocher cette métaphore mais qui puis-je, bien plus que le vocabulaire coutumier de la dégustation, elle traduit la même émotion que celle ressentie face aux compositions du grand Nicolas peintes dans les années 50 dans son atelier de Montparnasse aux hauts murs blancs illuminés par une verrière verticale comme suspendue dans le vif argent du ciel. Dans son flacon de belle facture, cette superbe cuvée est de celle que l'on réserve à des moments dont on veut souligner l'intensité et la rareté. Pour moi, les Rachais sont la touche invisible, le raffinement extrême, la note des hommes élégants qui plaisent aux femmes éternelles : l'Ingrid Bergman de Casablanca, l'Audrey Hepburn de Vacances Romaines, la Catherine Deneuve de Belle de Jour, la Eva Marie-Saint de Mort aux trousses, l'Alida Valli de Senso, la Carole Bouquet de Trop belle pour moi... »


Déjà référence cinématographique, Steve Mac Queen dans Bullitt est de la même pâte que Nicolas de Staël, un homme résolument différent, source pour moi d’une profonde inspiration, une forme de référence absolue de mon imaginaire, me glisser dans la peau de Steve Mac Queen et bien sûr me faire mon cinéma.


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Pour finir sur une note ludique je conseille à l’ami Francis d’éviter, après visionnage de la vidéo, d’utiliser sur les pentes champenoises son fier destrier bleu LOISEAU à la manière de la Ford Mustang Fastback 1968 4,6 litres de 315 chevaux de Bullitt dans les rues de San-Francisco, ça ne serait pas raisonnable.


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Samedi 14 juillet 2012 6 14 /07 /Juil /2012 15:00

 

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Je vous dois la vérité, sauf à de rares exceptions, je ne crois pas à l’efficacité des pétitions. Elles ne dérangent guère ceux à qui l’on veut faire rendre gorge. Ce qui compte, et le Net permet de maintenir la pression, c’est de mettre vraiment l’opinion publique dans sa poche.  Les gens aiment toujours voir David défier Goliath, et ils adorent aussi les beaux gestes, le côté chevaleresque.


Dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire de la TNT de l’Hermitage – j’aime, c’est un titre qui pète – face aux grisoulloux érecteurs de cette antenne, les chevau-légers que nous sommes se voyaient opposer, par les gardiens sourcilleux des petits vignerons qui font des vins nature pour les parisiens éclairés, un péché originel : les grands « latifundiaires » Jaboulet et Chapoutier, en l’occurrence un certain Michel et la prénommée Caroline, souillaient le paysage avec d’arrogantes inscriptions publicitaires.


J’avoue que ces réclames, inscrites dans le paysage de la colline de l’Hermitage, au temps du chemin de fer, je les voyais comme le Dubon… Dubonnet… des vieux pignons d’immeubles de Paris…des traces d’un autre âge… le témoignage d’un temps où les gens trouvaient ça normal et même beau. À trop vouloir effacer les scories du passé le risque est grand de perdre un peu la mémoire. Mais, mon esthétique et mon goût de l’Histoire n’entraient pas en ligne de compte et, bien évidemment, je pouvais me mettre dans la peau, et comprendre les objections, de ceux qui s’étonnaient d’une telle présence. Don’t act !


Et puis, alors que je besognais face à mon écran, hier au soir à 22H27 tombait dans ma boîte à mails la missive suivante : « Pour l’aimable information de mes amis, je me permets de vous faire passer une info concernant le problème d’érection d’une antenne TNT en haut de l’Hermitage. Je propose donc pour qu’on soit crédible en parlant de la protection du site et de pollution visuelle que nous (Chapoutier et Jaboulet) démontions les murs publicitaires en échange du déplacement de quelques mètres du projet d’antenne TNT » Michel.


Y était joint un courrier à l’ensemble des vignerons concernés :

 

Bonsoir Caroline, bonsoir à tous,


Ok pour moi de me ranger dans cette logique, mais il va falloir que les maisons Jaboulet et Chapoutier soient cohérentes avec cette demande et avec la volonté collective : c'est-à-dire que nous montrions l’exemple.

Aujourd’hui le classement se heurte au problème des murs publicitaires qui ne sont pas des murs de soutien.  Lors de la construction du chemin de fer, au XIXème siècle, seuls des murs de soutien ont été peints à but publicitaires. Puis, dans la première moitié du XXème siècle, des murs purement publicitaires ont été montés et ceux-là n’avaient aucune activité de soutien des terrasses. Ce sont justement ces murs plus récents et purement publicitaires qui causent problème au classement. De plus on est en position de faiblesse lorsqu’on essaie de défendre  une pollution visuelle par l’antenne alors que nous maintenons nos murs.

Je propose donc que dans cette tractation, pour obtenir gain de cause, et déplacer le lieu d’implantation de l’antenne, que nous proposions le démontage de nos murs publicitaires (qui ne sont pas des murs de soutien). Nous serons cohérents avec notre logique  et les maisons Jaboulet et Chapoutier amèneront ainsi leur pierre à l’édifice pour ce projet.

Je propose qu’on avance ainsi et enfin cette solution devrait satisfaire tout le monde.

 

Viniquement à tous et que la joie sois dans les cœurs…

 

Michel CHAPOUTIER

 

Que voulez-vous, moi je trouve que ça a du panache et je dis bravo Michel !

 

Pour autant rien n’est gagné, le combat reste à mener, mais la proposition de Michel Chapoutier met du beurre dans nos épinards. Restons mobilisés ! L’exemple cité ce matin dans ma chronique du combat gagné par le gérant de la « Dinée » à Port—Lauragais contre les mammouths des autoroutes est la preuve que rien n’est jamais perdu d’avance et qu’il ne faut pas baisser les bras. Et que l’on ne vienne pas m’objecter que nous sommes contre le progrès, que ces minuscules batailles sont d’arrière-garde. Je n’ai aucun goût particulier pour ceux qui sont contre tout et le contraire de tout et surtout lorsqu’il s’agit de leur jardin. En revanche, et je sais de quoi je parle, les soi-disant justifications techniques pour poser des horreurs ici et pas ailleurs relèvent bien souvent de la pure escroquerie intellectuelle et de bonnes raisons bien économiques.

 

Enfin pour ceux qui douteraient encore de l’utilité des commentaires je joins ce message de Michel Chapoutier :

 

De plus c'est quand même les commentaires de ton blog qui ont contribué à me faire faire prendre cette proposition.

 

Envoyé par BlackBerry

Michel Chapoutier


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