Vendredi du Vin

Vendredi 31 janvier 2014 5 31 /01 /Jan /2014 00:09

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Tout passe, tout lasse, et il est des voisinages dont j’ai décidé de m’éloigner… Certains « amis » sur Face de Bouc sont trop souvent de faux-amis, des voyeurs sournois, des poseurs de commentaires de water-closer, des faux-nez stipendiés que je n’ai pas envie de cautionner.


Voilà, c’est dit. Ce n’est pas dit bien sûr à l’attention de la présidente de ce vendredi du vin et ça n’appelle pas de commentaires de la part de ceux qui se sentiraient visés par mes lignes.


Donc ce sera Summer Wine une chanson écrite par Lee Hazlewood en 1966 qui sera popularisé par son duo avec Nancy Sinatra en 1967, qui fit de cette chanson un immense succès. Cette grande réussite fut le début d'une longue coopération entre les deux


Les paroles de la chanson évoquent une femme qui remarque les éperons argentés d'un homme marchant dans la rue. Elle l'aborde et lui propose d'aller boire du « vin d'été » qu'elle a élaboré elle-même à partir de fraises, de cerises, et d'un baiser printanier d'ange.


L'homme ayant bu jusqu'à l'ivresse tombe sous les charmes de la séductrice. À son éveil la mystérieuse femme a disparu en emportant ses éperons ainsi qu'une pièce d'un dollar et une pièce de dix cents.


 Au lieu de s’en plaindre il voudrait bien plutôt goûter davantage de ce vin d'été.

 

Alors j’ouvre le choix de votre « vin d’été » ce sont les seuls commentaires qui passeront la barrière.


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La dernière version de Summer Wine est interprétée par Cœur de Pirate qui est une chanteuse et pianiste québécoise. « Son premier album éponyme sort en 2008 ; il est acclamé et finit par atteindre le Top 5 en France l'année suivante avec son énorme hit, le single « Comme des enfants ». De son vrai nom Béatrice Martin, née le 22 septembre 1989 à Québec, au Canada, elle commence le piano dès l'âge de trois ans et fait ses études à Montréal. Elle fait ses premiers enregistrements en 2007, des démos de ses chansons qu'elle poste sur MySpace. À cette même époque, elle devient claviériste pour le groupe de pop indé. montréalais Bonjour Brumaire. Elle fait ses débuts en solo avec un premier album studio enregistré en 2008, Cœur de Pirate, sur le label Grosse Boîte. ~ Jason Birchmeier »

 

Nancy Sinatra & Lee Hazlewood, Emilie Simon & Alain Bashung, Bono & The Corrs, Lana Del Rey, Barrie-James O’Neill...

 

 

Demis Roussos - Summer Wine
Lana Del Rey, Barrie-James O’Neill - Summer... par wonderful-life1989

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 29 novembre 2013 5 29 /11 /Nov /2013 00:09

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Il était une fois, au large de la mer Méditerranée, là où l’eau était d’un bleu si transparent que l’onde scintillait comme le plus pur cristal, le château du Roi de la Mer, érigé sur le sable blanc des hauts fonds, dont les murs étaient de corail et les hautes fenêtres d’ambre transparent. Les tuiles de ses toits pointus étaient des coquillages, qui s’ouvraient et se fermaient au gré des courants, laissant les milles feux des perles, qui font les colliers des belles, éclairer le lieu bien mieux que l’aurait fait les centrales nucléaires du Tricastin.


Le roi était veuf et gaillard mais il s’ennuyait ferme auprès de sa vieille mère qui tenait la maison. Il avait 6 filles, les princesses de la mer qui, comme leur grand-mère, étaient toutes dotées d’une magnifique queue de poisson leur permettant de vaquer à leurs occupations.


La préférée du roi c’était la plus jeune, la plus belle de toutes, elle avait la peau aussi fine et transparente qu’un pétale de rose et bien sûr ses yeux étaient d’un bleu d’Outremer. Les princesses de la mer, comme leur père, s’ennuyaient alors elles jardinaient dans le potager du Roi en rêvant des beaux marins qui naviguaient au-dessus de leur tête en des paquebots si gros et si haut qu’ils ressemblaient à des HLM de la Courneuve.


Un jour, la plus jeune découvrit au fond de la mer, dans un carré de scorcenaires, une bouteille à la mer, vous savez les humains adorent, pour un oui ou pour un non, jeter des bouteilles à la mer.  Elle l’a porta sitôt à son père. Il reconnut de suite que le flacon provenait de la DRC et fit quérir en hâte le tire-bouchon qui servait d’ordinaire à ouvrir les bouteilles de Saint-Emilion 1er Grand Cru classé A château Ausone. Tout l’équipement et l’approvisionnement du château provenait des naufrages ce qui était plus simple que de faire ses courses à la Grande Epicerie du Bon Marché. À l’intérieur de la bourguignonne, la bouteille bien sûr, il trouva un e-mail, posté sur Face de Bouc, d’un certain David Farge Abistodenas qui se disait président des Vendredis du Vin.


La lecture du message de ce président au nom à coucher dehors plongea le roi dans une profonde réflexion. Très vite il convoqua sa vieille mère et lui dit tout de go « J’en ai marre de toutes ces vieilleries datant d’Andersen surtout ce « grand jardin aux arbres rouges et bleu sombre, aux fruits comme de l'or » nous sommes au XXIe siècle. Je vends tout aux enchères chez Christie’s et je plante de la vigne pour faire le plus grand vin du fond des mers. »


Sa mère interloquée lui répliqua un peu pincée « comment allez-vous financer la cuverie ? » Le roi sourit.


« Je transforme le château en bungalows et j’ouvre un Club Méditerranée ! »


La douairière fut horrifiée et le fut plus encore lorsque son fils ajouta « ensuite j’ouvrirai un centre de thalassothérapie et de Vinothérapie… »


Mais qu’est-ce que ce diable de David Farge Abistodenas avait bien pu fourrer dans la tête du roi ?


Nul ne le su, sauf la dernière fille du Roi, la préférée, qui avait lu le billet au-dessus de l’épaule de son père.


La réussite du projet royal fut foudroyante car les chinois et les russes, toujours à l’affut de nouveaux marchés, se ruèrent au fin fond de la mer.


Bien évidemment tout ce charivari planta un joyeux bordel dans le vieux conte d’Andersen même qu’un journaliste facétieux baptisa le lieu Saint et Millions.


Le roi fit appel à Robert Parker qui, en dépit du goût salin du cru, balança des 98, des 99, des 100 sur 100 à tour de bras. Les éminents consultants bordelais, menés par Hubert de Boüard de Laforest, débarquèrent pour dispenser leurs conseils au Roi un peu dépassé par les évènements. Sa mère après avoir longtemps boudé décida un beau jour de faire du vin dans le garage des carrosses. Elle le baptisa Va-dans-l’eau. Ce petit cru de rien du tout monta si haut qu’il fut propulsé au rang des premiers crus classés par une commission venue tout droit de l’INA eau.


Et pendant ce temps-là la Petite Sirène rêvait. Elle rêvait comme toutes les princesses du Prince charmant. Si ce drôle de David Farge Abistodenas n’avait pas flanqué le souk dans le conte d’Andersen elle l’aurait découvert sur le pont supérieur du grand trois mâts où l’on fêtait, sur une mer d’huile, l’anniversaire de ce futur Roi de la Terre.


Allongée sur le dos de la mer la petite sirène aurait, à chaque fois qu'une vague l’aurait soulevée, se serait émerveillée en contemplant le jeune homme en grand uniforme de l’Amirauté. Au beau milieu de la soirée tout le monde se serait mis à danser sur le pont. On aurait tiré un feu d’artifice. Et puis, la tempête se serait levée. « Alors, vite les matelots replièrent les voiles. Le grand navire roulait dans une course folle sur la mer démontée, les vagues, en hautes montagnes noires, déferlaient sur le grand mât comme pour l'abattre, le bateau plongeait comme un cygne entre les lames et s'élevait ensuite sur elles. »


La jeune princesse de la mer aurait cherché le jeune prince du regard et, lorsque le bateau se serait entrouvert, elle l’aurait vu s'enfoncer dans la profondeur de la mer.


Elle aurait plongé.


Elle l’aurait sauvé.


Elle l’aurait déposé sur le rivage après avoir déposé sur ses lèvres salées un baiser.


Mais tout cela avait été balayé par l’installation du Club Méditerranée et d’un vignoble de GCC et la Petite Sirène savait bien qu’elle ne disposait plus des moyens de raccommoder la trame du conte d’Andersen et qu’il lui fallait, comme ses sœurs, suivre des cours d’œnologie et passer son DNO pour espérer se sortir indemne de cette histoire sans queue ni tête.


C’est alors qu’en gagnant Bordeaux par la Gironde, en brasse papillon, elle tomba nez à nez sur une petite assemblée de naturistes qui colloquaient gravement  sur la meilleure façon d’exciter les levures endogènes et de pister le soufre comme des Sioux sur le sentier de la guerre.


La petite sirène trouva ça beau, même très beau et très excitant. Alors, au lieu d’aller passer son DNO, elle se gagea comme ouvrière agricole à Pomerol chez un jeune vigneron dont je tairai le nom car ça ferait jaser les mauvaises langues. Faut dire qu’elle tint vite une belle place dans les dégustations parisiennes, au Lapin Blanc, avec tous les chauds lapins des vins natures, car elle apportait un souffle d’air marin qui plaisait bien.


Le problème avec un conte d’Andersen lorsqu’il a quitté ses lignes pour emprunter des chemins de traverses, c’est de lui trouver une fin qui ne soit pas une fin en queue de poisson.


Telle est donc le défi qu’il va me falloir relever avant le vendredi 29 novembre minuit.


Pour l’heure, et en ce mardi 29 octobre au soir, après avoir profondément décoconné suite à la lecture de la prose de David Farge Abistodenas sur Face de Bouc, je pose mon porte-plume électronique en me disant que j’aurais mieux fait de choisir comme héros de conte le loup de Tex Avery. Là au moins j’aurais été comme un poisson dans l’eau et j’aurais pu demander à mes copines des tuyaux pour m’éviter le même naufrage qu’avec ma Petite Sirène entichée d’un vigneron Pomerolais.


Jusqu’où irais-je dans ma dérive ?


Je ne sais. Mais ce que je sais c’est qu’il me reste un mois pour me sortir de la mer...


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En attendant ce dénouement je dois confesser que Les Contes de Hans Christian ANDERSEN, dans un beau livre cartonné, ont bercés ma jeunesse : le rossignol « Vous savez qu'en Chine, l'empereur est un Chinois, et tous ses sujets sont des Chinois… », la petite fille aux allumettes « Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée… », la petite sirène « Au large dans la mer, l'eau est bleue comme les pétales du plus beau bleuet et transparente comme le plus pur cristal; mais elle est si profonde qu'on ne peut y jeter l'ancre et qu'il faudrait mettre l'une sur l'autre bien des tours d'église pour que la dernière émerge à la surface. Tout en bas, les habitants des ondes ont leur demeure. »


Oui, j’avoue que j’ai un peu honte d’avoir détourné ce dernier conte, l’un des plus populaires, de cet écrivain danois (1805-1875), qui, grâce à ses Contes pour enfants, incarne le génie populaire nordique. Né à Odense le 2 avril 1805, au sein d'une famille pauvre, son père est cordonnier et il meurt lorsqu'il a onze ans. Hans Christian ANDERSEN part alors seul à quatorze ans chercher fortune à Copenhague. Il est tenté par le chant, le théâtre puis la danse et travaille quelque temps pour le directeur du Théâtre Royal, qui financera plus tard ses études. Dès 1822, Andersen commence à publier ses premiers textes: un récit fantastique inspiré par E.T.A.Hoffmann...


Paradoxalement, alors que je suis censé vous tartiner une chronique sur le vin pour les Vendredis du Vin j’en suis réduit à la dernière extrémité :


« Qui va me sauver, tel Moïse, des eaux ? »

 

J’ai très vite trouvé.

Ce serait Sophie !


Oui grâce à « L’autre choix de Sophie » son EgiaTegia un vin de la mer link


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« Le vignoble d'Emmanuel Poirmeur, planté essentiellement en chardonnay, sur les hauteurs de la commune d’Urrugne à mi-chemin entre l'océan et la Rhune, s’épanouit aux embruns de la mer pour donner ce vin ciselé à la bulle légère, plein d’arômes et d’agrumes qui va faire référence, " EgiaTegia " (Atelier des vérités). »


Sa philosophie ?


« L’homme et la vigne en parfaite symbiose ». En effet selon lui tout comme « l’homme avait besoin (autrefois) de la vigne pour purifier l’eau, la vigne avait besoin de l’homme pour être protégée et conquérir de nouveaux espaces » l’homme et la vigne ont toujours vécu ensemble. C’est d’ailleurs de là que lui ai venu l’idée de créer un vignoble à Socoa sur la Côte Basque….l’une des rares régions où la présence humaine ne s’accompagne pas d’un vignoble.


Mais quel est impact de l’immersion sur le vin Egia Tegia ?


« La mer est utilisée comme source d’énergétique. Immerger à 15 mètres de profondeur cela permet d’exercer une pression sur le vin lui permettant de conserver l’effervescence. (Cela apporte également des arômes de goyave)


Pour la petite anecdote, même si à l’heure d’aujourd’hui il semble surprenant de voir des vignes plantées sur la côte basque il nous est nécessaire de ne pas oublier notre passé. Au début du siècle de nombreux (pieds de vignes) hectares étaient présents sur cette côte. »


Après ce rude effort je pars illico me faire dorer sur une plage paradisiaque au sable blanc j’y ai rendez-vous avec la petite sirène dont je tairais le nom pour ne pas éveiller la jalousie des vignerons de Saint-Emilion.

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 25 octobre 2013 5 25 /10 /Oct /2013 00:09

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Tout a commencé au temps où je déambulais en culotte courte par monts et par vaux dans le bocage avec l’eau oxygénée de mémé Marie pour nettoyer mes petits bobos lorsque je me viandais à vélo, ensuite elle me badigeonnait de rouge (du mercurochrome quoi, pas du jaja).


Vint le temps de mes pantalons longs avec les filles, les nénettes disait-on, qui se décoloraient les cheveux à l’eau oxygénée, blond peroxydé pour se la jouer BB avec chignon incorporé, le comble de la vulgarité pour le jeune gandin que j’étais.


En mai 68, pour mes 20 ans, dans les rues de Nantes, nos amis les gendarmes mobiles casqués, lourdingues et peu mobiles nous firent manquer d’oxygène avec leurs jets de lacrymogènes et mémé Marie n’était pas là pour passer de l’eau oxygénée sur mes cabosses et le rouge était plutôt la couleur des drapeaux que celle de mes genoux.


« Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes »


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Puis, la vie continua comme un fleuve pas aussi tranquille qu’on le dit aujourd’hui lorsqu’au temps du septennat du déplumé de Chamalières la catastrophe arriva en 1976 lorsque Jean-Michel Jarre accoucha d’OXYGÈNE. On ne pouvait plus allumer la radio sans se taper ce sirop électronique sans intérêt. Mais le sirop, comment chacun sait, le populo adore ça et notre gars empocha le jackpot.  Vendu à environ 18 millions d'exemplaires dans le monde, il s'agit d'un des plus gros succès de l'histoire de la discographie française.


Oxygène (Part IV) fut sortie en single.


En 1997, Jarre composa une suite Oxygène 7-13, avec le même style et en utilisant les mêmes instruments auxquels il a ajouté des instruments électroniques plus modernes.


En 2007, il a réenregistré l'album Oxygène avec les mêmes instruments mais dans un studio plus moderne.


Mais me direz-vous nous tes petites histoires d’oxygène ça ne nous empêche pas de respirer, de mettre notre nez dans notre verre de vin.


Oui mais vint enfin le célèbre « oxygénez, oxygénez… » de notre Bon Pasteur Michel Rolland, gimmick dans le Mondovino de Nossiter qui mit en transe le parti des terroirs profonds du leader Vincent Pousson, que voulez-vous la bandaison papa ça ne se commande pas. Votre taulier, nullement affecté, en profitait pour commettre, en 2006 un temps que les petits loups des V.du.V ne peuvent pas ou ne veulent pas connaître, une de ces chroniques prémonitoires.link 


L'oxygène, ce lundi, je l'ai aussi trouvé, le soir venu, à la tribune de l'AG de la coopérative, en écoutant Julie Campos, la directrice de l'entreprise. Propos précis et clairs, sans faux-fuyants, la confirmation d'une orientation stratégique qui, en dépit des difficultés de l'heure, préserve le cap choisi par une entreprise de taille moyenne ancrée dans son territoire, rejette la fuite en avant et conforte les acquis d'une politique commerciale tournée vers les marchés. Notre secteur a besoin de dirigeants, d'entreprenants, hommes et femmes de conviction qui, au lieu de s'adonner au déclinisme, au petit jeu des appareils professionnels, de subir le poids des immobilismes, ne masquent pas les difficultés aux viticulteurs, prennent le risque de déplaire, agissent et se donnent les moyens de nous remettre sur les chemins de la reconquête.


Et puis la vague  rose déferla et l’INRA glosa sur l'importance de l'oxygène dans la vie des Rosés. -link. Trop compliqué pour moi !


Me reste plus pour satisfaire aux injonctions du chef de ce Vendredi du Vin fort technicien à tenter de faire des emplettes pour dénichez de l’oxygène en bouteille.


Ayant de suite écarté l’Air Liquide je me suis orienté :


1)     Vers la cuvée Bordeaux O2 est un fabuleux assemblage, réalisé dans le millésime 2005, de dix appellations et 18 châteaux, vinifié avec les conseils de Michel Rolland. Cette cuvée a été conditionnée en double-magnums, à 70 exemplaires. Un vin exceptionnel dont la vocation exclusive est d’être vendue au profit d’associations caritatives.link


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2)   Vers le rosé Oxygène du château Lamblin AB 11,97€ link

 

N’en concluez pas pour autant que nos amis bordelais ne manquent pas d’air ce serait fort désobligeant.

 


Diane Dufresne Oxygène par blitz3

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 27 septembre 2013 5 27 /09 /Sep /2013 10:00

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La journée d’hier fut pleine d’émotions, de rebondissements, de Tweet et de retweet mais ô divine surprise elle se termina sur un vaudeville que notre Pousson link sut orchestrer à sa façon sur Face de Bouc en se lichetronant sous notre nez un Muscadet Sèvre et Maine de Guy Bossard pour fêter un copié-collé évaporé dans les caves d’un grand Hôtel de la rue de Varenne (la part des anges sans doute).


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Mais Vincent, qui a un côté frère Tuck du Robin des Bois de Disney, même si ses œuvres ne sont pas toujours à mettre entre toutes les mains, surtout celles des gamins et gamines, a dégainé, si je puis dire m’exprimer ainsi, pour fêter l’évènement ce que l’on qualifiait dans un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître une chanson paillarde, « la digue du cul » interprété comme il se doit par les Frères Jacques (contrôle parental requis)




Les frères jacques la digue du cul chanson... par susacacon

 

Pure provocation de sa part que d’évoquer auprès du Taulier cette route de Nantes à Montaigu de son enfance en soulignant que, lui, le Pousson de Barcelone la connaissait et qu’il l’aimait d'autant plus parce qu'elle flirtait avec ce charmant muscadet qui étanchait sainement tant de larges soifs. Là, l’ami Feuilly fondait, était au septième ciel, aux anges quoi.


Ragaillardi par tant de gaillardise votre serviteur se disait qu’il allait pour fêter l’heureux dénouement de cette folle journée s’offrir une petite toile au cinéma des artistes du côté de la Place Clichy. Dans sa tête trottait déjà une petite musique destinée à nouer les fils d’une petite histoire qui lui permettrait d’aborder le vendredi du Vin de Lolita dans une posture moins scabreuse.


Donc, sur le coup de 21 heures, Cap sur la Place Clichy !


Ma flèche d’argent adore les montées, elle vole, votre Taulier un peu moins même s’il arrivait à bon port sans même être le moins du monde essoufflé.


Il se garait, attachait solidement sa monture, ôtait sa pince à vélo et se présentait au guichet du ciné où, vu sa classe senior, on lui faisait un prix : 7€.


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À l’affiche Alabama Monroe de Felix Van Groeningen le réalisateur d’un de mes films culte « La merditude des choses » (2009).


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Première indication raccord avec le thème de ce vendredi du Vin : dans ce film la musique joue un rôle capital avec le bluegrass cher à Didier l’amoureux d'Elise sa panthère blonde tatouée de partout : clin d’œil évident à Lolita notre patronne du jour qui va devoir dare-dare rattraper ton retard.


Bon point, sitôt assis le noir se faisait et ô surprise le film commençait de suite sans qu’on nous infligeât les préliminaires habituels.


Salle de qualité, c’est rare ni pop-corn, ni chuchotis, ni portables…


FIN


À la sortie votre Taulier ému, touché même coulé… n’avait pas forcément envie de livrer ses sentiments sur ce film qui en effet le touchait au cœur par sa dérangeante humanité, les yeux profonds de la petite Maybelle, son crâne lisse, ses rires, sa beauté jusqu’au bout, souvenir de l’hôpital Saint-Louis dans le service des petits leucémiques… (Voir ICI la critique link)


Si ce n’est déjà fait mes chers lecteurs allez donc voir Alabama Monroe ! C’est un très beau film, sans pathos…

 

Ma belgitude progresse.


Il était donc aux environs de minuit mais ma soirée n’était pas terminée car cette montée nocturne place de Clichy, loin de ma base, avait un but très précis : le Wepler.


Pourquoi le Wepler ?


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« Le deuxième tête à tête, ce devait être au Wepler, car j’avais insisté : « Déjeunons quelque part. » On s’enfermait dans l’hermétisme, hésitants par nature. Je désirais ces longues conversations, ces longs silences. On se regard, on se soupèse. Ce que l’on aime c’est cet échange, chez lui très lent, très sourcilleux. C’est encore un circuit, un voyage, le petit aéronef lancé à l’assaut de l’autre, or qui pilote ?


Il évoquait sa petite bâtisse murée on ne savait où, au bas de Clichy. Il avait pris des huîtres et un plateau de fruits de mer, regardait la table, la nappe, estimait de la narine les choses de la marée. Il souriait gentiment… »


C’est Gérard Manset évoquant ses rencontres avec Alain Bashung dans « Visage d’un Dieu Inca »  (lire ICI Gérard Manset « J’en étais bouleversé, que toute cette jeunesse saluât son Assomption, le rendit éternel... » link


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Je touchais à mon but : Manger en solitaire une douzaine d’huîtres au Wepler accompagnée d’un vulgaire sauvignon sans nom.


Peu m’importait, la trace de Bashung me suffisait. Je savais où j’allais…


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Retour en solitaire sur ma flèche d'argent.

 

J'écrivais en pédalant.


Le dernier album d'Alain, sa silhouette fluette sanglée de noir, son petit chapeau tyrolien cachant son crâne lisse, sa dernière apparition aux Victoires de la Musique…


Pas gai le Taulier !


Détrompez-vous, pour moi Alain avec son Bleu Pétrole est éternel, il vit bien plus intensément que beaucoup de vivants déjà éteints.

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Et puis il va si bien aux vins d’Alice et Olivier de Moor… qu’il me fallait en ce dernier vendredi du mois, à ne pas confondre avec le premier du mois consacré en ma belle jeunesse à Marie la mère de Jésus, en profiter pour imprégner les jeunes têtes folles et pour ce faire me porter sur les hauts de Clichy afin de voyager en solitaire…

Et nul ne l'oblige à se taire.

Il chante la terre…

Il reste le seul volontaire

Et, puisqu'il n'a plus rien à faire,

Plus fort qu'une armée entière,

Il chante la terre…

Cette chronique a été bouclée à 3h 07 merci Gérard Manset… Je vous embrasse…

RIDEAU 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 28 juin 2013 5 28 /06 /Juin /2013 12:29

Cher Patrick Böttcher,


M’atteler à une tâche, celle qu’en tant que grand Chambellan de ce vendredi du vin tu nous a confiée,  dont je sais par avance, avant même d’avoir tenté de m’imaginer l’accomplir, qu’elle sera vouée à l’échec, me plonge dans une forme profonde d’attrition créative.


Qu’est-ce donc que ce jargon ?


Rien d’autre que l’envie de faire semblant de me coltiner cette tâche pour mieux me laisser-aller à emprunter l’un de ces chemins de traverse que j’aime tant en espérant arriver à l’endroit où toi tu nous as dit d’aller.


C’est clair comme du jus de boudin, mais le boudin est si  injustement décrié par les vegan que cette image me va comme un gant en peau de porc.


Donc, permets-moi Patrick de commencer ce périple en évoquant les mammas « Oh, les mammas sont nos pires ennemies. Ces mammas siciliennes qui font des fils et ensuite les avalent. » écrivait le sicilien Brancati dans son roman les Années perdues publié en 1941 alors qu’avant lui, le pur et austère sarde, Gramsci répondant à sa mère qui s’inquiétait de sa santé écrivait « Oh ! ces mammas, ces mammas ! Si le monde était resté entre leurs mains, les hommes vivraient encore à l’intérieur des cavernes, vêtus seulement de peaux de bouc. »


« Les mammas sardes sont maigres, sèches et silencieuses. Elles ne crient ni ne pleurent. Elles se tiennent droites sur leur seuil, à l’image des blocs de granit qui scandent leur horizon. Rien de l’affalement bruyant ni de la redondance sentimentale de leurs consœurs siciliennes. »


Ce figlio di mamma « tant qu’il n’est pas marié (…) reste chez ses parents, où il se fait servir en tout repos de sa conscience. J’ai vu (c’est Dominique Fernandez le narrateur qui l’écrit dans Le voyage d’Italie *) des gaillards de trente ans, sans travail, sans occupation, attendre tranquillement que la mère ait mijoté les plats du déjeuner (toujours compliqués, même la simple pasta, à cause de la sauce tomate qui doit être faite à la maison : gare à celle qui oserait la sortir d’une boîte !) puis mis le couvert, s’attabler et manger à leur aise, retourner ensuite s’asseoir dans un coin de la pièce pour digérer, pendant qu’elle emporte les assiettes et lave la vaisselle. Jamais il ne leur viendrait à l’idée de prêter main-forte, de rendre tant soit peu de cet aiuto dont ils quémandent sans cesse les bienfaits. L’homme n’entre pas dans la cuisine : de cet axiome dont il a fait un des articles de son code d’honneur, le Latin se sert pour se tenir à jamais exempt des corvées ménagères. »


Bien sûr, j’entends déjà nos amies féministes, emmenées par Sandrine Goeyvaerts, aiguiser le fil de leurs longs couteaux pour couper court à cet insupportable machisme mais je les supplie de les rengainer car cette évocation n’avait que l’humble ambition, cher Patrick, de vanter la naturalité de la sauce tomate des mammas italiennes qui accompagne une belle platée de pasta.


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Après ces pertinentes références, je me suis imaginé face à un plat de spaghettis fumants et, dans ma petite Ford intérieure, je me dis vais-je manger ces spaghettis comme Alberto Sordi ?


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Là je sens Patrick que tu perds pied et pour te sauver d’une hydrocution mal venue je me permets de faire un petit retour en arrière : octobre 2008, je lisais alors le beau roman de Sandro Veronesi «Chaos calme» chez Grasset (Prix Méditerranée et Nanni Moretti en a fait un film) et, l’effet madeleine de Proust, avait  joué. Si vous voulez savoir pourquoi allez ICIlink .


Patrick puisque je t’ai lancé une bouée ne perd pas le fil de mes divagations qui doucement nous mène à pied sec au port. Juges-en par toi-même en lisant ce qu’écrivait Sandro Veronesi.


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« Ah ah !  Ça y est ! crie-t-il à travers la porte. Trente seconde de plus et ils n’étaient plus du tout al dente.


Par la porte arrive le bruit des opérations qu’il accomplit, si net et précis qu’il me semble voir la scène : les spaghettis qui tombent dans la passoire, la casserole posée dans l’évier, les spaghettis qui tombent dans la passoire, la casserole posée dans l’évier, les spaghettis bien égouttés, transvasés dans la poêle avec la sauce et repassés sur le feu resté allumé. Et il y a maintenant un fumet de sauce tomate qui arrive de la cuisine, me chatouille les narines et sort par la fenêtre, si intense et si délicieux qu’il me semble le voir lui aussi – sous forme d’épais nuage comme dans un dessin animé. »


« Il attaque ses spaghettis bille en tête, à croire que son temps est compté. Il ne les enroule pas : il les fourre dans sa bouche comme si c’était du foin, et avec sa fourchette, il se contente de les accompagner au fur et à mesure qu’ils montent. Ça aussi c’est romain, une saine façon de manger populaire – incarnée par Alberto Sordi aux prises avec des macaronis – qu’ici à Milan on prend pour une absence de bonnes manières. »


« Ce n’est pas bon pour vous de ne manger que des sandwiches, vous savez ? Une belle assiette de pâtes al dente, avec de la tomate fraîche et un filet d’huile, est beaucoup plus indiqué pour la santé. »


Il remplit les deux verres de vin, à ras bord, comme à la campagne.


« Goûtez-moi ça. Ce n’est pas un grand cru, mais c’est un bon petit vin pas trafiqué. »


Il me tend un verre, prend le sien, le lève.


« Santé. »


Il boit une gorgée franche, décidée, et vide la moitié de son vin. J’en bois moins. C’est un de ces vins forts, âpres dont on ne comprend pas s’ils le sont par hasard ou de façon délibérée


« Il vous plaît ?


-         Oui. Il est bon.


-         Frascati. C’est ma sœur qui me l’envoie, de Velletri. Qui me l’envoyait : dorénavant, j’irai le chercher moi-même. »


« Un bon petit vin pas trafiqué… » ça doit te plaire mais, pas sûr, cher Patrick, qu’il existât un Frascati nature ?


Donc en attendant de trouver la perle rare, puisque nous sommes à quelques encablures d’un Tour de France qui a pris la mer – je n’ai pas osé écrire a pris l’eau – pour partir de Porto-Vecchio en Corse, une Grande Boucle qui reste populaire, en dépit des « pots belges » modernes, aussi bien dans la Péninsule que dans le Plat Pays, j’ai  décidé, toujours pour te faire patienter, d’évoquer l’Ange de Coppi.


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C’est un livre d’Ugo Riccarelli chez Phébus qui exalte la beauté des athlètes qui avaient du sport la plus haute idée, pour pousser le bouchon au plus loin des athlètes nature !


Me suivre peut paraître une forme absolue du non-sens mais, si tu te laisses aller Patrick tu  ne pourras que constater que nous allons bien au contraire dans le bon sens et le bon sens ne saurait mentir comme dirait Lance Armstrong et Bernard Tapie réunis (ce dernier a fait aussi dans le genre avec La Vie Claire une chaîne de magasins bio)


« Ce soir-là, Biagio Cavanna l’aveugle, et ses mains de magicien vint les rejoindre. « Ils se saluèrent chaleureusement, prenant toujours bien garde de ne jamais évoquer les histoires extra-conjugales de Fausto avec la signora Giulia, la Dame blanche. Ettore Milano était là lui aussi et ils discutèrent ensemble des projets futurs, de la belle journée qui s’annonçait et, d’ici peu, du voyage en France pour les Six jours de Paris.


Coppi guida Cavanna jusqu’à sa chambre . [...]


Cavanna avait le sourire de celui qui voit, de celui qui peut tout distinguer à partir d’une pensée.


-          Les diables sont des anges déchus, dit-il au Champion, ce sont des êtres qui errent sans paix de par le monde. Et celui-là, c’est sûr, a hâte de retourner par le monde. Et celui-là c’est sûr, a la hâte de retourner d’où il vient. Il ne peut pas courir, il veut fuir. Tu t’es mesuré à tant d’autres diables, tant d’autres démons. Louison Bobet, Koblet, Trompe-la-Mort (surnom de Robic), Magni. Tu te souviens de Van Steenbergen ? Ou de Gino, le maudit Toscan, et de Ferdi Kübler, rejeté dans le décor sans qu’il ait le temps de dire amen ? Rappelle-toi Archambaud, des minutes que tu sas mises dans le nez, et de tous les autres qui restent sagement alignés derrière ta roue. Laisse tomber, Fausto, celui-là a un autre destin, il s’en fiche de courir, il veut fuir. »


Avec Fausto, nous sommes loin des bodybuildés à l’EPO, tiroir-caisse sur 2 roues, mais c’était bien joli de batifoler ainsi avec les forçats de la route, je devais partir déjeuner avec Fleur chez Simone fille du vent. Je posai donc mon ouvrage pour me rendre chez Simone qui est à deux pas de chez moi. C’est un caviste nature de chez nature qui vient avec des associés d’ouvrir un resto à côté au 33 Bd Arago. J’y ai déjà becté le soir de la fête de la musique avec mon ogresse préférée. J’arrivai cool Raoul chez Simone avec une bouteille sous le bras pour dégustation impromptue et je m’installais en commandant un verre de Puzelat.


La suite, cher Patrick, fut ce que le Taulier adore par-dessus tout : un enchaînement indescriptible de circonstances étranges et heureuses qui m’ont apporté sur un plateau, sans le moindre effort, tel Salomé recevant la tête de saint Jean-Baptiste, le fameux vin nature italien que tu appelais de tes vœux. La chance ne sourit pas qu’aux audacieux, elle n’a aucune pudeur à venir draguer des gars comme moi qui ne savent rien faire de leurs dix doigts. Ça en est honteux mais j’avoue que j’aime ça. J’en jouis sans retenue ni honte bue.


Le résultat est là. Un pur vin de Sicile recommandé par mes amis de la cave SIMONE. Pas encore bu mais suivant le bon vieil adage de mémé Marie la bonne viande on la trouve chez un bon boucher.


A bientôt Patrick pour une virée chez Cantillon.


Sincères amitiés.


Jacques

 


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 31 mai 2013 5 31 /05 /Mai /2013 10:26

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C’est l’âge.

 

Je patine dans le potage.

 

Et puis j’avoue que je ne sais pas très bien ce qu’est un cépage car, de mon temps comme disait mon pépé Louis, on achetait du vin qui venait de quelque part. Nos cépages à nous ils n’avaient pas très bonne presse : Clinton, Noa, Jacquez, Herbemont, Othello, Isabelle… et les hybrides à numéro comme le 54-55 link par exemple… même que les Indirects ont obligé pépé à arracher, sans primes, les premiers. « C’est pourtant grâce à ces cépages que lors de l’invasion d’un insecte redoutable, le phylloxera, entre 1865 et 1885, nos vignes européenne ou Vitis vinifera ont survécu. Ces cépages, aussi appelés hybrides producteurs directs sont issus du croisement entre vigne européenne et vigne américaine qu’on appelle aussi Vitis labrusca ou Vitis riparia.


Lors de l’invasion du phylloxera, les vignes européennes se sont révélées très vulnérables contrairement à leurs cousines américaine qui montraient une réelle résistance. Les viticulteurs se sont donc résolus à croiser ces deux types de vignes afin de pouvoir continuer à cultiver leurs cépages européens de qualité sans avoir à craindre le phylloxera. Les cépages hybrides étaient nés. » la suite ICI link 


Vous comprendrez donc aisément qu’évoquer aujourd’hui pour les vendredis du Vin le Noa de ma jeunesse serait un véritable crève-cœur. J’en profite tout de même pour rendre hommage à « Mon maître vigneron : le frère Henri Bécot »link


Mais, comme ce vendredi 30 juin est pour moi un jour anniversaire, même si c’est hors sujet, vous ne couperez pas à mon long speetch…


Taulier 9 ans ça suffit !


Un bail, 3, 6, 9 c’est déjà beaucoup, beaucoup trop dirons certains.

 

Décroche !


Passe la main !


La monoculture intensive appauvrit, y compris celle du vin. Ce monologue je l’ai, dans ma petite Ford d’intérieur, depuis quelque temps, pour autant, tout laisser tomber, vous laisser tomber, prendre la clé des champs, fermer le barreau*, et ce seront les toiles d’araignées dans la grange, du chiendent dans l’aire et la friche dans les champs et les vignes. Et je ne vous dis pas la désolation qui s’installerait dans le chai. Rassurez-vous, ni coup de pompe, ni coup de boulgour, mais simplement, un grand besoin de renouvellement, une forte envie d’élargir plus encore l’horizon de mon espace de liberté, d’ouvrir plus grand les fenêtres sur le monde, de m’aventurer au-delà de notre petit cercle d’initiés. Lorsque je sens la routine pointé sa truffe j’ai moins de goût à l’ouvrage, je rousine*, je cherche, je ne tiens plus en place et, dans le cas présent, j’en arrive toujours au même point, à la même conclusion, si je veux continuer de chroniquer sur le vin il faut que reprenne mon bâton de pèlerin, que je sorte de Paris, que j’arpente à nouveau le terroir profond pour me redonner de l’élan.


Pour ne rien vous cacher à force de fréquenter, pour faire court, tous les lieux de dégustation éphémères de la capitale, et y’en a un fichu paquet, de plus en plus, dans tous les coins et recoins, je m’y sens de plus en plus mal à l’aise. Pas à ma place. Lorsque je débarque en des lieux exotiques, des restos chics ou des cambuses bobos, on pointe mon nom, on me confie un verre, un carnet de dégustation et souvent un crayon. Comme je n’ai que deux mains mon martyre commence. Vite je me propulse sur le champ de bataille où je contemple d’un air effaré, derrière des tables plus ou moins bien nappées, et vite souillées, un alignement de vignerons et vigneronnes troncs qui vont me servir gentiment un fond de verre de leur vin dans le verre syndical que je leur tendrai, verre que j’agiterai ensuite avec une inélégance, une gaucherie, d’un ridicule achevé, au risque de m’asperger, j’abrège mon Golgotha, ce fond de verre je l’ingurgiterai avec un air inspiré avant de régurgiter dans des récipients qui ne sont en général pas prévus à cet effet. Je devrais fuir mais je ne le fais pas, au contraire je passe, avec un air faussement dégagé, une forme d’inspection des troupes tel un général qui se dit qu’il serait mieux au mess des officiers à siroter. Bien sûr je croise d’éminents collègues, des gens dont c’est le job mais aussi une étrange faune dont je me dis qu’elle tue le temps ici. Quelques civilités et il faut y aller.


Que j’ai l’air con dans l’exercice de dégustation, ça c’est sûr mais ça n’est pas grave. Ce qui me pose question, et d’autres que moi devraient se la poser « est-ce que ma présence ici est justifiée ? », que fais-je là tout simplement ? Ne suis-je pas qu’un mauvais figurant encombrant mobilisé pour faire nombre afin de satisfaire le quota de crédibilité de l’agence ? Vous allez dire que j’exagère, que je force le trait à dessein. Je peux en convenir mais le bénéfice mutuel que nous devrions tirer les participants comme moi-même me semble souvent très mince. Je ne suis qu’un chroniqueur, pas un dégustateur. Quand je vois tous ces flacons je panique. Moi ce que j’aime c’est l’intimité, causer avec les gens, assis, échanger, glaner du grain à moudre en partageant le pain et le sel, en trinquant, en cherchant certains soirs la vérité au fond des verres, mais en ces lieux impersonnels je suis bien trop conscient que les vignerons n’ont pas fait le déplacement pour que je leur tienne la jambe (utilisant cette vieille expression française, que j’aime bien, j’ai évité le féminin). Alors vous comprenez mieux pourquoi j’ai besoin de me ressourcer au grand air.


Ce sont mes vaches, loin d’être folles, qui m’ont donné des fourmis dans les fesses lorsque je me suis retrouvé à passer tout un samedi après-midi dans une ferme des Monts du Forez. Alors je me suis dit c’est bien beau mon coco de chroniquer le cul sur ta chaise qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il grêle mais il faudrait que tu bouges à nouveau, tu fasses mouliner tes gambettes, pour aller puiser, au plus près des gens, du minerai pour raconter d’autres histoires. C’est donc ce que je vais faire, comme on le dit à la rentrée. Ces incursions éviteront bien sûr les grandes routes, j’ose même dire les biroutes*, mais emprunteront tous les chemins de traverses à ma disposition, le nez en l’air, la tête dans les étoiles, sans pour autant baguenauder, je prendrai mon temps sans forcément le perdre en poursuivant mes petites idées. Marauder sans vraiment chercher pour avoir la chance de tomber nez à nez avec celui ou celle que je désirais rencontrer. Voyez-vous, ce que je caresse comme projet c’est de ne pas en avoir, un peu comme la première fois où j’ai rencontré, chez lui, avant d’aller dîner chez le Pousson qui avait cuisiné du poulet, Patrick Hoÿm de Marien, l’emblématique président d’Embres&Castelmaure. Nous nous sommes assis. Nous avons conversé sur tout, la peinture, la céréaliculture de l’Ariège, les hommes des Corbières et du Midi, et rien, mais surtout assez peu du vin.


La monochromie engendre la monotonie. J’aime les couleurs, celles qui pètent, leur alliance, leurs dissonances et même si l’enseigne de ma crèmerie affiche « Vin&Cie » c’est bien sûr que son logiciel, comme disent les speakers de la télé, c’est le jus fermenté du raisin, mais, dès l’origine, lui a été accolé « l’espace de liberté » et ce n’est pas pour faire joli. Tout au long de ces neuf années la maison du Taulier s’est toujours efforcée d’élargir son horizon, d’ouvrir plus grand ses fenêtres sur le monde, de s’aventurer au-delà du petit cercle des initiés du vin. Ce qui m’a toujours surpris c’est qu’un noyau dur d’entre vous m’a toujours suivi, donc encouragé à repousser les limites de notre petit monde. Écrire pour écrire ne présente aucun intérêt, ce qui est intéressant pour vous, du moins je le crois, comme pour moi, c’est de nous aventurer sur des terres nouvelles en gardant notre dénominateur commun qu’est le vin sans pour autant ressasser, radoter, tomber dans la routine. Pour autant, je ne crois pas au changement pour le changement, à cette volonté forcenée de faire du neuf avec du vieux, de vendre le vaisselier de mémé pour acheter à la brocante du coin un superbe buffet en pur formica.


Comme je ne peux céder mon fonds de commerce en empochant un gros pas de porte ni ne veux opter pour la bonne vieille jachère qui consisterait à laisser pousser des herbes folles et des petites fleurs sur mon espace de liberté pour que les naturistes s’y ébrouent en proclamant que sous les pavés y’a de la vigne, j’ai décidé de revenir aux bons vieux principes de l’agronomie, pratiquer un assolement intelligent, une saine rotation des cultures et surtout revenir à une forme large de diversité, polyculture-élevage des mots où se mêleront prairies naturelles, la diversité des cultures en tous les sens du terme, des vignes, des ruches, des vergers, un potager, des vaches, des veaux et des couvées, de jolies fermières et d’accortes crémières, des blogueurs et des blogueuses qui se retrousseraient les manches, écriraient de belles chroniques joliment travaillées, une forme de petite maison dans la prairie posée sur les toits de Paris.


De façon moins bucolique voilà mon programme des temps qui viennent si Dieu me prête vie:


1-      Vin&Cie l’espace de liberté reste ouvert avec sans doute des horaires et des jours d’ouverture plus fantaisistes.


2-      Je continue de m’occuper de mes vaches.


3-      À la rentrée de septembre je redécouvre, dans les plis et les replis de nos terroirs profonds, le goût  de la conversation autour d’un verre en partageant le pain et le sel avec vous.


4-      Toujours en septembre je relance le club « Sans Interdit »


5-      J’ouvre une nouvelle crèmerie aux services du monde du Vin : « Influence&Confluences ». pour de plus amples renseignements prière de contacter le Taulier via son e-mail indiqué sur le bandeau tout en haut de ce blog.


Bonne journée à vous tous et, pour les parigots tête de veau, ceux des alentours proches et les de passage n’hésitez pas à me faire signe pour prendre un verre si tel est votre désir afin de fêter ces 9 années passées en compagnie de certains d’entre vous.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 26 avril 2013 5 26 /04 /Avr /2013 00:09

Aux origines, les jeux de balle avaient un caractère populaire et rude ; traditionnels, sans règle écrite donc diversité et naturalité. Le jeu français le plus populaire, en Bretagne et en Picardie était la soule, sorte de balle remplie de foin ou de son, ou faite d’osier. La soule opposait les jeunes de deux villages voisins, ou encore les célibataires aux jeunes mariés d’une même commune. Tous les moyens physiques étaient permis, les joueurs s’engageait sans retenue avec les mains et les pieds afin de faire gagner du terrain à la soule. Pas de tactique, de l’élan, de la force, des courses effrénées alternaient avec des mêlées indescriptibles. Certes un peu rustique, très violent, la soule c’est le village et même si je n’ai jamais joué au football mais au basket l’image du jeu pour moi c’est le maillot blanc – un simple Marcel – de la Vaillante Mothaise.


Je ne vais pas vous refaire l’histoire de la balle au pied mais vous dire là où moi je me suis arrêté : à Garrincha « la joie du peuple » et son dribble. Tant pis pour ceux qui ignorent qui était Garrincha. C’était le roi du contre-pied.  Démonstration écrite.


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« L’efficacité du dribble de Garrincha semble liée à l’allure si étrange de son corps, mais aussi à sa grande capacité d’accélération. Car l’étonnant était la lenteur avec laquelle il emmenait la balle, sa façon de s’arrêter totalement devant l’adversaire et, grâce à son extraordinaire impulsion, passer d’une apparence d’équilibre instable à une course qui déséquilibrait le joueur adverse, quitte à s’arrêter de nouveau le pied sur la balle pendant que l’autre était emporté par son élan. D’autres joueurs revenaient alors à la charge et Garrincha savait exploiter immédiatement la brèche ouverte dans leur défense. Usant d’une analogie militaire, les journalistes sportifs parlaient à son propos d’un style de « guérillero ». Il recevait la balle : vitesse zéro. En une seconde, il se jetait un mètre en avant, grâce à cette explosion musculaire qui le propulsait dans l’espace avec la légèreté d’un oiseau (…) Il lui suffisait ensuite de freiner son corps et d’obliquer de nouveau vers la droite pour faire s’écrouler l’équilibre universel des arrières latéraux. Très souvent, dans ses semblants de chute, il paraissait abandonner au milieu du chemin son centre de gravité alors qu’à la stupeur des physiciens eux-mêmes, il restait debout et continuait vers la droite, fluide comme une cascade. Le dribble le métamorphosait : il devenait Chaplin, déployant dans le vent une succession merveilleuse de gestes comiques ; il était le torero  que la multitude saluait à coup de « olé » ; il était saint François d’Assise grandi par l’humilité avec laquelle il subissait les coups de pied du désespoir […] Il arrivait sur la ligne de fond, les arrières encerclant la surface, l’espace se réduisant… un mètre, 50cm, « il n’y a plus de place, je vais le contrer ». Amère illusion du joueur adverse : pour un dribble de Garrincha, un mouchoir de poche était un « latifundio »


Jose Sergio Leite Lopes et Sylvain Maresca « la disparition de la joie du peuple »


Que notre vénéré président me pardonne mais je déteste la surface de réparation et le face à face entre le gardien solitaire dans sa cage et celui qui cherche à le tromper par un éventuel contre-pied. Je préfère la geste de Garrincha dans le champ libre de l’aire de jeu. Bon, j’entends des tribunes monter des sifflets et des lazzis des supporters des vendredis du vin. Qu’est-ce qu’il a encore à nous bassiner ce Taulier avec ces histoires de contre-pied ? Rien, car si vous regardez bien, sous mes mots ou ceux de ceux que j’ai cité se cachent ceux que l’on devrait utiliser pour glorifier un vin qui vous prend à contre-pied. Qui vous surprends. Qui vous chavire. Qui vous transporte. Qui vous fait devenir Chaplin… Tout y est, je n’ai rien à rajouter. La brèche est ouverte. Tout le monde est dans le vent « olé ».


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Comme en amour il y a une première fois. Et cette première fois pour moi, la révélation fut l’œuvre des Rachais de Francis Boulard. C’était y’a longtemps, au temps préhistorique, héroïque, dans la froidure d’un hangar de Montreuil, un peu comme dans un stade de division d’honneur où tu te les pèle, tu ne t’attends à rien et soudain t’en prend plein la figure. T’es estourbi. Tu te dis je n’ai pas fait le voyage pour rien. Tu t’échauffes. Tu applaudis. T’es sur le cul. Faut dire qu’il y a du Garrincha chez Francis. Vitesse Zéro. Ne parlons pas du Loiseau. T’es dans le vent. Tu te dis, t’es sûr que son Rachais il va jouer dans la cour des Grands. Tu signes. Tu t’émeus. Tu lévites. Tu racontes à qui veut bien l’entendre que t’as trouvé la perle rare, le nouveau Garrincha. Tu t’enflamme. Les mots de ta chronique ont du mal à traduire ta jubilation. Et pourtant rentré chez toi tu écris. Tu répètes à l’envi que tu viens de vivre un de ces beaux jours de ta vie.


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«Moi, je ne vis pas la vie, c'est la vie qui me vit» déclara un jour Garrincha. Garrincha, symbolisait le plaisir du jeu pour le jeu, et le Brésil n'est pas un pays de vainqueurs, mais un pays où les gens veulent s'amuser» Sur sa tombe, cette inscription « Ci-gît la joie du peuple. »


Note d’actualité : « Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne » — Boutade fameuse du footballeur anglais Gary Lineker. 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 29 mars 2013 5 29 /03 /Mars /2013 14:12

Qu’est-ce que cette embrouille de votre Taulier ? Ça n’en est pas une car votre chroniqueur addict adore jouer mais…


Et c’est sous ce MAIS que ce cache l’INTERDIT.

 

Qu’est-ce donc que ça ?


À vous de me le dire.


La première bonne réponse, c’est-à-dire précise et puisée aux meilleures sources, recevra 1 exemplaire dédicacé par les auteurs et le Taulier  de TRONCHES de VIN le guide des vins qu’ont de la gueule présenté ici par un gus qui n’est pas un demi-sel mais un immense écumeur de liquides et de solides dont je ne vous communiquerai pas le poids spécifique médiatique.


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Pour ne pas rompre avec la tradition des VdeV je vous dis à ma façon : MERCI (Mercé). www.laboria.fr


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À lire vos réponses…

 

Le Taulier interdit !


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 22 février 2013 5 22 /02 /Fév /2013 00:09

En 1973, Jean-Louis Bory, critique cinéma au Nouvel-Observateur, publie Ma moitié d'orange aux éditions Julliard, pour défendre les droits des homosexuels, ce fut un succès : une éternité !


Des goûts et des couleurs on ne dispute ou discute pas, dit-on. Quand est-il de l’orange ?


Michel Pastoureau dans son « dictionnaire des couleurs de notre temps » pose une batterie de questions.


« Pourquoi les tons orangés, qui peuvent être si séduisants lorsqu’ils sont produits par la nature, sont-ils si laids, si vulgaires lorsqu’ils sont fabriqués par l’homme ? Qu’y a-t-il dans la couleur orange des fleurs et des fruits qui soit à ce point inimitable ? Pourquoi l’écart entre la couleur naturelle et la couleur artificielle est-il plus grand pour la gamme des nuances orange que pour n’importe quelle autre gamme de couleur ? Les hommes ne savent pas encore répondre à  ces questions… ».


Le naturel et l’artificiel, pouvais-je rêver d’une plus belle introduction pour ce qui m’amène à chroniquer en ce matin de vendredi du vin ?


Quelle place a occupé et occupe l’orange dans ma vie me suis-je dit ?


Sans nul doute, ma première relation avec l’ORANGE est due à celle qu’on déposait dans mes petits souliers de Noël :


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Ça a moins bien continué avec l’agent ORANGE de Monsanto déversé à partir du 10 août 1961 dans la province de Kontum au Vietnam. Le programme, intitulé Opération Ranch Hand, débuta avec le feu vert du président John F. Kennedy en novembre 1961 jusqu'à atteindre son apogée en 1965. Objectif défolier les forêts pour empêcher les Viêt-Cong de se planquer, détruire les récoltes, dégager les abords des installations militaires américaines et y prévenir les attaques. L’horreur absolue, une horreur qui dure dans les chairs des survivants…

 

30agent-orange.jpgPhotograph by Philip Jones Griffiths/Magnum Pheak, 12 years old, from the Eastern Province of Prey Veng, on the border with Viet Nam, was brought to the city by his parents to beg. Armless, legless, he is fed and cared for by his brother.

 

Puis vint, en 1964, l’ORANGE de Gilbert Bécaud.


À mes 18 ans, en 1966, dans une SIMCA  1000, je découvrais aux Sables d’Olonne, en juillet, les joies du feu orange avec le bonheur du démarrage en côte débouchant sur un permis de conduire flambant neuf.


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Dans la foulée des excentricités de mai 68, le choc sur les écrans en 1971 avec Orange mécanique, A Clockwork Orange de Stanley Kubrick adapté du roman d'Anthony Burgess, dérangeant, violent, avec une bande son d’enfer.


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En 1974, la coupe du monde en RFA, nous faisait découvrir les Oranje, de Johann Cruijff l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du football aux côtés de Pelé, Garrincha, Maradona ou encore Di Stefano, laminent leurs adversaires avec un « football total »  celui de l'Ajax Amsterdam. L'Argentine est laminée 4 à 0 (dont 2 buts de Cruijff) ; le Brésil est lui battu 2 à 0 (1 but de Cruijff) mais comme toujours ce sont les Allemands de Kaiser Franz qui soulevèrent la Coupe du Monde qui n’était plus la coupe Jules Rimet : pourquoi chers lecteurs ? La bonne réponse donne droit à dégustation de vin orange.


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En 1978, je me rends aux chorégies d’Orange dans le théâtre antique d’Orange cité alors fréquentable.


En 1996, France-Télécom vire Wanadoo pour ORANGE.


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Pour contredire Michel Pastoureau : le pull ORANGE et l’écharpe ORANGE du Taulier :


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En 2012 grâce à Alessandro Merlo, le Taulier découvre les VINS ORANGE avec Radikon.

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Jérémie Mourat vinifie une « négrette de paille », un chardonnay 2011, issu d'une longue macération de quarante jours, inspiré en cela des cuvées de Josko Gravner, en Frioul-Vénétie-Julienne, apparaît. Philippe Rapiteau notait « sa dégustation actuelle révèle de jolis arômes assez typiques des « vins orange » (qui restent peu connus en France, au point que certains de nos sommeliers y voient parfois un défaut et l'écartent catégoriquement!), ainsi qu'une finale inimitable, par sa sapidité tannique et sa touche saline. Cette expérience, est vinifiée dans un oeuf Nomblot de six hectolitres »


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La RVF titre « Le nouveau monde des vins oranges »


« Peu importe si ce terme convient et si la (re)découverte vient bien d’outre-Atlantique, mais la nécessité d’avoir à inventer une nouvelle catégorie n’est pas sans signification. Elle prouve que le vin blanc de macération a quelque chose d'inédit dans le monde du vin, au point qu’il faille lui définir un nouvel espace.


Les vins orange prennent de plus en plus leur place sur les cartes des restaurants et des cavistes français, et il est maintenant fréquent de pouvoir goûter la Ribolla gialla de Stanko Radikon (Frioul) ou Ageno de La Stoppa (Emilie).


Force est de constater, comme avec ces deux exemples, que la vague nous arrive en grande partie d'Italie, et plus particulièrement de la région frontalière entre Frioul et Slovénie.

La macération pelliculaire longue pour les vins blancs n’est pourtant pas une pratique traditionnellement italienne - bien que la question subsiste - ou exclusivement italienne. Ils existent ailleurs ces fameux vins à la couleur ambrée orangée plus ou moins intense, et pour certains pays comme la Géorgie, probablement depuis des millénaires. » link 


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Enfin pour les Vendredis du Vin ORANGE votre Taulier vous offre un Vino Frizzante BIANCO  DEI COLLI TREVIGIANI www.costdadila.it

 

Affaire à suivre sur mes lignes dans le billet de cet après-midi...


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Costadilà est situé dans les collines de Trévise link


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Gilbert Bécaud - L'orange (1964) par Leroidukitch
Conséquences de l'Agent Orange en Vietnam par tuttouno

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Vendredi 25 janvier 2013 5 25 /01 /Jan /2013 00:09

« Fille de la misère » suivant selon l'expression de Charles Gide, grand universitaire, oncle de l'écrivain et théoricien des coopératives de consommation, « filles de la misère et de la nécessité » : pour ceux qui sont dépourvus de moyens financiers, le regroupement et la solidarité sont les seules armes disponibles. La coopération vinicole le fut incontestablement dans les premières années de ce siècle. Face à la crise, face aux difficultés économiques accablantes, il fallait résister, se grouper pour être plus forts et la solution coopérative, avec ses immenses qualités, s’imposa.


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Les grandes idées ne meurent jamais  même si elles sont parfois estropiées par certains hommes qui disent les incarner. La coopération vinicole n’est devenue que ce que les hommes en ont fait mais elle ne porte pas en elle, toute l’indignité dont certains l’affublent au nom d’une idéologie ou de présupposés qu’ils n’ont jamais vérifiés. Le faire ensemble, si ce que fait la main est bien fait, vaut aussi bien que ce peut faire l’individu isolé. Bref. J’ai choisi de vous narrer, via une grande plume, celle de Daniel Halévy, ce qu’étaient les vignes et les vignerons de Domérat (ci-dessus le blason de Domérat) Nul passéisme en cette approche mais une piqure de rappel aux urbains oublieux qui cultivent dans le confort douillet de leurs petites chapelles ce que certains se permettent de qualifier de vin équitable link  


 « Domérat le village, Prunet le hameau, tout cela m’est familier. Voici la maison de Rougeron ; je frappe à la porte, sa fille m’ouvre. Elle est seule, son père est dans les vignes ; elle m’y conduira.


Domérat est plus haut que Montluçon, Prunet plus haut que Domérat, et les vignes de Rougeron au plus haut de Prunet. Nous montons ; nous causons ; tous vont bien, le père, la mère, l’aïeule ; la fille est venue pour les vacances, avec son fils, maintenant un grand garçon et qui ne rêve qu’aux vignes et à la terre.


Quel admirable lieu ! C’est ici la pente de l’Auvergne. Le pays change, la terre s’élève, forme un vaste seuil en avant des montagnes, et de ce seuil penché la vue découvre Berry et Bourbonnais, une France rurale immense, étale jusqu’à la Loire.

Or, regardant vers en haut, j’aperçois, parmi les vignes, une cabane à outils entourée d’une éclatante roseraie […]


Voici Rougeron tout près, qui me fait signe. Le corps vigoureux est un peu courbé, la moustache a blanchi. La marche est sûre, mais lente […] Il y a tant d’années que nous nous connaissons. J’ai vu Rougeron dans sa jeunesse encore, et puis dans la force de sa maturité. Le voici proche des grands âges. Du moins n’a-t-il pas perdu ses peines. Notre vieil ami, le rêveur, le réformateur, l’éducateur de Domérat, jadis inconnu hors de son village, est devenu un des premiers paysans de France. Il préside la Fédération de l’Allier et la tient dans la droite ligne, hors l’intrigue et la politique. On le réclame, l’acclame dans les congrès nationaux, où s chaude et plaisante parole est aimée. Cette bonne gloire, il a trop de cœur aussi pour en être vain. Toujours plus préoccupé de ce qui reste à faire que de ce qui est obtenu, il garde en lui le fécond tourment des grandes âmes […]


« Nous retenons tant que nous pouvons, fait-il. Ah ! si nous voulions brûler les sous-préfectures, comme à Saint-Brieuc, ce ne serait pas difficile. Il n’y aurait qu’à laisser faire… »


J’ai l’impression qu’il pourrait m’en dire davantage, que je suscite en lui des préoccupations. La Fédération de l’Allier, par le temps qui court, ne doit pas être commode à conduire. Mais je ne suis pas venu renouveler ses ennuis, et je ne le presse pas de questions.  

Il me ramène vers sa maison. Nous descendons ensemble, laissant en arrière le garçon et l’aïeule qui restent à ranger les fruits. Rougeron m’installe à sa table et me fait boire de son vin […]


« Que de choses restent à faire ici », murmure-t-il.


Ce n’est plus le militant qui parle, c’est le vieillard qui se souvient, regrettant de laisser après lui une tâche imparfaite.


« Le paysan devient furieux, poursuit-il. Mais s’il savait s’y prendre, il ne souffrirait pas tant. Cette question des prix, par exemple. Nous en souffrons à Domérat. Je dis qu’il y a de notre faute. Avant la guerre, nous avions nos clients d’habitude, qui nous revenaient chaque année, et ça allait tout seul. C’est incroyable, les habitudes qu’il y avait. Avant la Révolution, il y a cent cinquante ans, notre vignoble appartenait à  des moines de Combrailles. Ces moines avaient l’habitude de notre vin, et dans le pays, autour d’eux, on les imitait, on buvait le vin de Domérat. Eh bien, l’usage a duré et, il y a vingt ans, avant la guerre, nous avions encore nos meilleurs clients en Combrailles. On se connaissait, on s’écrivait, on se fournissait, c’était commode, bien sûr. Aujourd’hui, c’est fini, le commerce a changé. Les achats se font par grosses quantités. Le vigneron isolé ne peut pas défendre son prix. Eh bien, il faudrait faire comme ailleurs, en Languedoc : se grouper, installer une coopérative de vinification. Alors on aurait un vin mieux fait, une qualité égale. L’acheteur en gros saurait ce qu’il achète, il viendrait et trouverait à qui parler ; le syndicat serait vendeur. Ce que je dis là, c’est pour le vin, pour la vente […]


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C’était en 1934 sous la belle plume de Daniel Halévy qui, dès 1910, avait rendu visite à Rougeron à Domérat : « Nous continuons de gravir les côtes. Rougeron veut me montrer sa vigne […] la vigne communiste, le domaine de la Ruche. La voici, dominant les communaux arides, les cultures, toutes les autres vignes, saine à voir, en état de bel entretien. Rougeron la considère avec orgueil. Elle est sauvée croit-il.


Les envieux ne la menace plus. L’an passé, ils avaient arraché quatre-vingt-dix plants, et cette année seulement trois. Une vigne communiste ! La seule au monde. « Vous savez comme l’idée m’est venue ? dit Rougeron. J’ai lu un jour, dans un journal agricole, qu’un instituteur avait réussi à constituer, une bibliothèque scolaire avec le produit d’une culture de pommes de terre faite par ses élèves. J’ai pensé faisons de même. Et nous sommes sur le bon chemin. La caisse de crédit de Montluçon a fait l’avance des premiers fonds. Bientôt nous l’aurons remboursée, nos gains seront à nous. Nous construirons notre petite salle, nous rangerons nos livres, nous installerons notre champ d’expérience pour l’instruction des enfants et la nôtre aussi ; puis… »


RESPECT !


Il n’y a jamais eu de coopérative vinicole à Domérat et il n’y a plus de vignes mais rien qu’un MUSÉE de la VIGNE (voir la vidéo)


Le vin populaire, celui du peuple, a existé, il ne s’agit pas pour moi de le magnifier mais de rappeler à ceux pour qui le monde commence avec eux, qui pensent qu’ils sont le monde à eux seuls autour de leur petit nombril, que les leçons de l’Histoire ne peuvent être occultées.

  • Daniel Halévy qui « écoutait et observait » avait l’art de s’effacer derrière ses interlocuteurs, puis de les faire revivre sous sa plume : « la mère dispose sur la table le pain rond à côté du fromage de chèvre et les verres où luit bientôt ce clair et chaud vin blanc que les vignerons coopérateurs de MARAUSSAN vendent à bon compte aux syndiqués du Bourbonnais. » Ce vin blanc fort est « rouge », car il provient de la première cave coopérative de France qui, fondée en 1901 à Maraussan, au nord de Béziers, se dote en 1905 d’un nouveau bâtiment au fronton de laquelle sera gravée : « Les Vignerons libres, tous pour chacun, chacun pour tous » Comment ce vin parvient-il jusqu’à Bourbon-l’Archambault en 1907 ? 
  • Par le chemin de fer qui traverse le Massif Central indique Jean Jaurès dans un article de l’Humanité du 7 mai 1905 :« j’ai eu une grande joie à visiter, avec les vignerons qui chômaient le 1er Mai, le vaste terrain acquis par eux et où seront creusés les fondations du nouvel édifice. Il est tout voisin de la gare, et des conduites mèneront le vin aux wagons-réservoirs qui portent aux ouvriers parisiens le bon et loyal produit des vignerons maraussanais. »

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La Bellevilloise, à Paris, créée en janvier 1877 par vingt ouvriers, parmi lesquels dix-huit mécaniciens, fondent la troisième coopérative de Belleville, un petit dépôt d’épiceries qui ouvrent deux soirs par semaine et où, à tour de rôle, après leur journée de travail, ils assurent la vente. Le vin de Maraussan. À la veille de la Grande Guerre, forte de ses 9000 sociétaires, elle est la première coopérative parisienne, la première également du pays, à tel point qu’elle fait figure de modèle. Dans « La maison du Peuple de la Bellevilloise », tandis que Jean Jaurès tient des rassemblements politiques au 1er étage, on expérimente au rez-de-chaussée la première vision du « commerce équitable » suivant les principes de Joseph Proudhon, s’appuyant sur une devise qui allait marquer l’histoire des échanges : « du producteur au consommateur ».


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La boucle est bouclée, Maraussan, première cave coopérative de vente en France, créée le 23 décembre 1901 par 128 viticulteurs. « La construction décidée par l'assemblée générale du 19 février 1905 est confiée aux ingénieurs Paul et Carles (de Balaruc). Qualifié à l'époque de « gigantesque bâtisse », elle était conçue à l'origine pour une capacité de production de 20 000 hectolitres. En cours de construction, elle a reçu la visite de Jean Jaurès le 2 mai 1905 et a été inaugurée le 22 août à la veille des vendanges de la même année (en présence d'un ministre belge).


En même temps que la cave sort de terre, de part et d'autre du chantier principal sont bâties les 29 grandes cuves en ciment de 500 hectolitres chacune, qui seront disposées en fer à cheval à l'intérieur de la cave. »


Bref, aujourd’hui la cave est rattachée aux vignerons de L’Ensérune qui sont rattachés au groupe Fontcalieu cher à Michel Bataille.

 

J’ai donc choisi les vins AB de Laure B qui comme un fait exprès répond au patronyme de Berthomieu, C’est une vigneronne engagée, qui signe une gamme de vins de cépages du Languedoc en agriculture biologique. « Elle dorlote ses vignes sur des terroirs précieux. Elle travaille la terre et le ceps avec l’amour du geste exact. L’équilibre du sol vivant, le respect du terroir, de la plante et du vin donnent naissance à des vins soyeux, élégants et minéraux. »


Laure-B-Cabernet-Sauvignon-detoure.pngLaure-B-Chardonnay-detoure.pngLaure-B-Merlot-detoure.png



"Les Mots qui réveillent" au musée de la vigne... par BOUGEOTTE

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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