Billet

Samedi 25 octobre 2014 6 25 /10 /Oct /2014 00:09

Mauro Bochicchio est un italien de Paris, un vrai lui, qui organise des dîners à 4 mains. Cette semaine c’était avec les chefs Luca Abbruzzino et Domenico Cugliandro au restaurant Café ARTCURIAL à Paris.link


Con la squadra del Ristorante “Antonio Abbruzzino - Alta Cucina Locale” à Catanzaro link : Luca Abbruzzino Abbruzzino Antonio Matteo Morello e Mauro Bochicchio (l'homme à l'écharpe)


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Ma maîtrise de la langue de Dante ne me permettant pas de rédiger cette chronique en italien et ne m’étant pas enocre découvert sur le tard une vocation de critique gastronomique je vais me contenter de vous faire part lors de ce dîner d’une vraie découverte, d’un dessert rare, extraordinaire : Yogurt di bufala, nocciole, fois gras e vino rosso.


Dans la haute-cuisine italien, d’ordinaire ce ne sont pas les desserts qui me branchent, voir ICI link mon addiction pour les pâtes.


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Les « fusilli di Gragnano fatti a mano, nduja, peccorino e ricci di mare» m’ont bien sûr séduit mais le dessert Yogurt di bufala, nocciole, fois gras e vino rosso était permettez-moi l’expression un poil vulgaire à se taper le cul par terre !


Du grand style, l’œuvre du jeune chef pâtissier del Ristorante Antonio Abbruzzino Matteo Morello.


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Bravissimo !


Face à notre ravissement Mauro, en privilégiés que nous sommes, avons eu droit, comme pour les grands airs d’opéra, à un bis de Matteo Morello.


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Hommage aussi au superbe dessert de Domenico Cugliandro : Montebianco di castagne


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Le détail du dessert hors du commun de Matteo Morello :

-        Yaourt de bufflonne

-        Sorbet au yaourt de bufflonne

-        Noisettes grillées

-        Sablé à la noisette

-        Crème de foie gras

-        Émulsion de vin rouge

-        Marjolaine


Francesco Cilea est un compositeur italien né le 23 juillet 1866 à Palmi (région de Calabre. Adriana Lecouvreur est un opéra en quatre actes, musique de Francesco Cilea, livret de Arturo Colautti, d'après la pièce d'Eugène Scribe, Adrienne Lecouvreur (1849). Créé à Milan, au Teatro Lirico, le 6 novembre 1902.

 

Mirella Freni est née à Modène en Émilie-Romagne, dans une famille ouvrière. Sa mère travaille à la fabrique de cigarettes avec la mère de Luciano Pavarotti. C’est une immense soprano.

 

Maria Callas que l'on ne présente pas...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 24 octobre 2014 5 24 /10 /Oct /2014 09:30

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Sur la Toile, certains glosent, d’autres en son réduit à des conjectures, sur les raisons qui ont conduit le comité de dégustation de Qualisud à retoquer  les Hauts de Pontet 2012, moi je me contente de consulter le cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « PAUILLAC » homologué par le décret n° 2011-1746 du 1er décembre 2011, JORF du 4 décembre 2011 pour y trouver la doctrine de référence sur  la qualité et de la typicité des vins de l’AOC Pauillac.

 

Lecture fort intéressante et édifiante comme vous pourrez le constater...


Du côté des contrôles c’est encore  plus succinct, c’est de la cuisine interne qui n’est sans doute pas à notre portée sauf sans doute celle de blogueurs qui se targuent d’être de hauts connaisseurs du vin et qui nous tartinent leur science en long en large et en travers.


C. ― CONTRÔLES DES PRODUITS


Vins non conditionnés. Examen analytique et organoleptique de tous les lots.

 

Vins conditionnés. Examen analytique et organoleptique.

 

Vins non conditionnés destinés à une expédition hors du territoire national. Examen analytique et organoleptique de tous les lots. 


Pour obtenir plus de renseignements sur le fameux examen prière de s’adresser à Qualisud 15, avenue de Bayonne 40 500 Saint SEVER Tél : (33) (0)5.58.06.15.21 Fax : (33) (0)5.58.75.13.36

Courriel : contact@qualisud.fr

Cet organisme de contrôle est accrédité conformément à la norme 45011et agréé par l’INAO.

Le contrôle du respect du présent cahier des charges est effectué par un organisme tiers offrant des garanties de compétence, d'impartialité et d'indépendance, pour le compte de l'INAO, sur la base d'un plan de contrôle approuvé.

Le plan de contrôle rappelle les autocontrôles réalisés par les opérateurs sur leur propre activité et les contrôles internes réalisés sous la responsabilité de l'organisme de défense et de gestion. Il indique les contrôles externes réalisés par l'organisme tiers ainsi que les examens analytique et organoleptique.

L’ensemble des contrôles est réalisé par sondage. Les vins non conditionnés font l’objet d’un contrôle analytique et organoleptique systématique.

 

 

LIRE  CONSEIL DES AGREMENTS ET CONTROLES de l'INAO

DIRECTIVE

Commission chargée de l'examen organoleptique

CAC - 2007 – 02 DATE : 4 octobre 2007 link

 

La version 2013 de ce monument est sur le site de l'INAO : prière de la chercher vous-même je n'ai pas le temps link.

 

Lire aussi :


Le CAC 51 : le croskill de la qualité des vins AOC une vieille chronique de 2008 link

 

 

Patrick Beaudouin DIRECTIVE INAO/CAC SUR LA DEGUSTATION D’AGREMENT DES VINS link

 

 

X. ― Lien avec la zone géographique


1°- Informations sur la zone géographique


a) - Description des facteurs naturels contribuant au lien


Dans le département de la Gironde et dans la partie centrale de la presqu’île du Médoc, à 50 kilomètres au Nord de Bordeaux sur la rive gauche de l’estuaire, la zone géographique de production de l’appellation d’origine contrôlée « Pauillac » correspond au territoire de la commune de Pauillac ainsi qu’à une partie du territoire des communes de Cissac-Médoc, Saint-Estèphe, Saint-Julien Beychevelle et Saint-Sauveur.


Cette appellation, qui s’inscrit dans le contexte d’un climat océanique tempéré, bénéficie de facteurs climatiques favorables à l’établissement d’un grand vignoble par l’effet thermique régulateur engendré par la présence des eaux de l’Océan Atlantique et de la Gironde. Le climat océanique, accompagné certaines années de quelques dépressions automnales pluvieuses ou, au contraire d’arrière-saisons chaudes et très ensoleillées, est à l’origine d’un effet millésime marqué. Mais les principales caractéristiques de cette région sont surtout associées à la géologie typique de ce bassin sédimentaire, à l’histoire géologique originale de ses sols, au modelé et à la topographie, ainsi qu’aux composantes pédologiques actuelles de ses terres à vignes.

 

La géologie de la commune de Pauillac correspond à l’extension de terrasses graveleuses disposées parallèlement à l’estuaire de la Gironde, à des altitudes variant de 3 à 30 mètres. Ces terrasses d’âge quaternaire et d’une épaisseur de l’ordre d’une dizaine de mètres en moyenne, recouvrent presque totalement les marnes et calcaires de l’éocène et de l’oligocène sur lesquels elles reposent. Perpendiculairement à l’axe de l’estuaire, les terrasses ont été disséquées par un réseau hydrographique dense affluent de la Gironde : les « esteys » et les « jalles ». Sur l’ensemble du territoire, les zones de dépressions sont souvent comblées de sables éoliens (Sables des Landes). En bordure de l’estuaire, les alluvions récentes appelées localement « palus » complètent la diversité des formations rencontrées. Ainsi les sols de graves plus ou moins sableuses des croupes dominent les sols sableux sur argiles des dépressions et les argiles grises et noires des « palus » et marais.


Par l’étagement en terrasses disséquées, le territoire de Pauillac jouit d’un modelé de croupes de graves particulier et reconnaissable. Le moutonnement et le nombre important des croupes confèrent au territoire une morphologie unique et propice, par les expositions, la proximité de l’estuaire et les propriétés drainantes des sols, à la naissance d’une viticulture de très haute qualité. De grands axes de dissection isolent le territoire de ses voisins et coïncident avec les limites administratives de la commune à de rares exceptions près.


Les paysages de Pauillac se déclinent en trois principaux systèmes de croupes viticoles de tailles variables : la plus étendue dans la partie méridionale de la commune où l’on trouve les hameaux de Saint-Lambert et Bages est limitée au Sud par le vallon de Juillac, qui correspond également avec la limite administrative de Saint-Julien-Beychevelle, et au Nord par le vallon du Gaêt ; ce dernier isole la plus réduite dans la partie centrale de la commune structurée autour du hameau d’Artigues ; la croupe septentrionale organisée autour du hameau du Pouyalet est limitée au Nord par le chenal et le marais de Lafite qui coïncident avec la limite entre les communes de Pauillac et Saint-Estèphe. La ville et le port de Pauillac sont situés en contrebas de ces croupes sur la rive de l’estuaire.

 

b) – Description des facteurs humains contribuant au lien


Comme dans le reste du Médoc, les premières traces de vignes à Pauillac datent de l’Antiquité pendant l’occupation romaine. Cependant, la région comprenait alors de nombreux marécages. La particularité du lieu tient ici dans l’établissement d’un port dont la première activité a été le commerce du bronze. Et c’est autour de ce lieu d’échanges commerciaux que le vignoble va se développer et attirer des investisseurs.


Ce n’est véritablement qu’au milieu du XIIIème siècle que les premiers foyers viticoles se développent. Les plantations s’étendent progressivement et au XVIIème siècle, les anciennes seigneuries deviennent peu à peu des propriétés de la noblesse de robe bordelaise. L’influence des Hollandais concourt au drainage ce qui permet une mise en culture de secteurs inexploités jusqu’alors. Ils sont également à l’origine de la constitution des grands domaines viticoles dans cette région. A partir du XVIIIème siècle, l’évolution est rapide. Les constructions se multiplient, les techniques s’améliorent. Les nouvelles plantations se font exclusivement avec des « cépages à petits grains » : le cabernet-sauvignon N surtout, mais aussi les carmenère N, cabernet franc N, petit verdot N, cot N et merlot N.


Pauillac devient alors le plus important port des vins du Médoc, véritable porte d’entrée et de sortie de toute la production vinicole. Au début du XIXème siècle, des négociants et des courtiers investissent dans plusieurs propriétés. Si aujourd’hui la ville dispose surtout d’un port de plaisance, au XIXème et au XXème siècles, Pauillac est le siège d’industries lourdes (hauts fourneaux, raffinerie de pétrole) et une porte ouverte sur le monde car c’est l’une des escales des grands transatlantiques à destination de l’Amérique du Sud.


Au début du XXème siècle avec la mise en place progressive du concept d’appellation, la définition de l’appellation « Pauillac » est d’abord judiciaire. Et c’est en vertu des usages « locaux, loyaux et constants » que le jugement du tribunal de Lesparre du 29 novembre 1926 octroie le droit à l’appellation « Pauillac » à certaines parcelles des communes de Cissac-Médoc, Saint-Estèphe, Saint-Julien-Beychevelle et Saint-Sauveur car elles appartenaient historiquement à des crus classés de la commune de Pauillac. Par la suite, le décret de l’appellation d’origine contrôlée « Pauillac » publié le 14 novembre 1936 reprend ces dispositions.

 

Le vignoble de Pauillac s’étend aujourd’hui sur près de 1 250 hectares où se côtoient encore d’une part les grandes propriétés à la renommée mondiale qui exploitent 90 % du vignoble et d’autre part une soixantaine de petites exploitations fréquemment en métayage et structurées autour d’une cave coopérative qui depuis 1933 fédère les petits vignerons pauillacais.


Le vignoble d’appellation « Pauillac » produit en moyenne 55 000 hectolitres de vins rouges tranquilles.


 2°- Informations sur la qualité et les caractéristiques du produit


Les vins de « Pauillac » sont de couleur très soutenue. Ces vins sont puissants et charpentés notamment grâce à l’assemblage où le cabernet-sauvignon N est particulièrement dominant. La structure tannique qui en découle confère à ces vins une aptitude au vieillissement remarquable. Néanmoins, le merlot N reste présent afin d’apporter rondeur et fruit. La structure et la complexité sont renforcées par le cabernet franc N voire plus rarement le petit-verdot N. Après un long vieillissement, ces vins développent un bouquet d’une grande complexité.

 

Le mode de conduite du vignoble, à travers une densité réelle bien au-delà des 7 000 pieds par hectare exigés par le cahier des charges de l’appellation, permet d’obtenir grâce à des rendements maîtrisés, des raisins très mûrs, sains et très concentrés. Les macérations très longues et des extractions importantes sont ainsi possibles pour obtenir la structure nécessaire au vieillissement. De ce fait, un élevage, fixé à au moins six mois, est indispensable pour favoriser les combinaisons tanins-anthocyanes nécessaires à la stabilisation de la couleur et à l’enrobage des tanins perdant ainsi leur dureté.


3°- Interactions causales


Dans le respect des usages déjà transcrits dans le décret définissant l’appellation d’origine contrôlée « Pauillac », l’aire parcellaire de production délimite les parcelles dont la nature des sols est graveleuse ou sablo-graveleuse à condition que la teneur en sable fin, généralement d’origine éolienne, soit assez faible et que la perméabilité des sols soit correcte. Les sols de Pauillac font partie des terres de prédilection du cabernet-sauvignon N mais le merlot N s’y exprime également très bien. Par contre, les parcelles situées sur alluvions modernes, sur placages de sables éoliens importants ou mal drainées car situées sur sous-sol imperméable sont exclues de l’aire parcellaire de production. Il en va de même des parcelles artificialisées, bâties ou exploitées en gravières. La conduite du vignoble est très sélective par un écartement entre les rangs limité et une charge maximale à la parcelle et au pied de vigne maîtrisés.


La qualité et la typicité des vins de l’appellation d’origine contrôlée « Pauillac » trouvent leurs racines dans la nature des sols et leur situation topographique à proximité de l’estuaire qui protège le vignoble des excès du climat.

 

Dès les débuts de la commercialisation sur le marché londonien des « New French Clarets », au XVIIIème siècle, les vins de Pauillac sont parmi les plus reconnus. En 1787, la hiérarchie des crus établie par Thomas Jefferson, affiche les châteaux Latour et Lafite parmi les premiers crus. Plus encore que dans les autres appellations viticoles de la presqu’île du Médoc, les crus de la commune de Pauillac ont fait l’objet d’une grande reconnaissance par les différents classements de propriétés entrepris depuis la fin du XVIIème siècle. Avec aujourd’hui 18 crus classés (dont les premiers Lafite-Rothschild, Latour en 1855 et Mouton-Rothschild en 1973), cette commune compte le plus grand nombre de crus classés.


Par son port, dont l’activité commerciale historiquement diversifiée a permis le développement, et par sa situation géographique présentant les meilleures dispositions pour l’expression des cépages du bordelais et principalement du cabernet-sauvignon N, le territoire de Pauillac a fédéré des générations de viticulteurs puis d’investisseurs qui se retrouvent et s’identifient dans l’appellation d’origine contrôlée « Pauillac ». La notoriété et la renommée mondiales de toutes les prestigieuses propriétés de ce territoire sont à l’origine et contribuent grandement à celles de l’appellation et de la région de Bordeaux.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 24 octobre 2014 5 24 /10 /Oct /2014 00:09

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Tout est parti d’une bonne question de bar en sirotant une bière : pourquoi les pignons sont-ils si chers ?


Moi dès qu’on me parle pignon je pense illico à François Pignon le héros du dîner de cons de Francis Veber link : le regretté Jacques Villeret.


Le vocabulaire de la langue française est riche et le mot pignon n’échappe pas à la règle puisque :


-        En mécanique, un pignon est une roue dentée utilisée pour la transmission de puissance à travers un mécanisme. C'est la roue dentée qui a le plus petit nombre de dents. Le pignon fixe fait fureur sur les urban cycle en ce moment.


-        En architecture, un pignon est un mur en forme triangulaire soutenant les pannes et le faîtage d'une charpente.


-        En botanique : Pignon, un des noms du pin parasol (Pinus pinea) ; le pignon (ou pignon de pin) désigne surtout les graines (également appelées pignes) de cet arbre ainsi que celles d'autres pins.


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Donc le pignon est la graine de forme oblongue et de couleur ivoire à la coquille dure, qui se développe sous chaque écaille du cône du pin parasol (pin pignon). Ce cône est appelé pomme de pin ou parfois pigne. Ce n’est pas un fruit au sens strict (botanique) du terme.


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Les hommes, toujours soucieux de leur virilité, au temps des Grecs et des Romains, croyaient aux propriétés aphrodisiaques des pignes et en consommaient avec du miel et des amandes au coucher pour fortifier leurs ardeurs.


Le pignole ou pignolat au Moyen Âge, était une friandise à base d’amandes, de pistaches, de pignons et de sucre, l’ancêtre du nougat.


Mais revenons à la question pourquoi les pignons sont-ils chers ?


Réponse très complète d’un blogueur :

 

« Les pignons sont souvent difficiles à extraire : entouré d’une coque dure, le pignon est logé entre les écailles des pommes de pin. Elle s’extrait naturellement lors des fortes chaleurs qui font rétracter puissamment les fibres, écartant les écailles.


Mais les pins méditerranéens se sont adaptés au feu, et les meilleures graines n’arrivent très souvent à être naturellement extraites que sous la chaleur de la flamme. Tel est le cas avec les pins du groupe halepensis.


Chez le pin pignon, une seule pomme contient de 20 à 100 graines, mais certaines pignoles (pignons, dans le midi) sont tellement petites qu'il en faut en moyenne 1 400 pour obtenir 500 g de pignons.


Les pins à pignons poussent dans des terrains où peu d’autres plantes poussent. C’est ce qui en fait leur intérêt, mais d’un autre côté, ces espaces difficiles interdisent souvent une véritable culture avec fertilisation et cueillette mécanique. Du coup, l’exploitation est manuelle et donc le pignon est assez coûteux.


Enfin, même si les pins sont de croissance assez rapide, compte-tenu des conditions difficiles du milieu, il faut tout de même entre 15 et 25 ans d’attente, suivant les espèces, pour obtenir des pignons, sachant que ces arbres ne deviennent vraiment productifs commercialement parlant qu'à partir de soixante à soixante-dix ans ! »


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Tout sur le pignon de pin : link


Rappelons aussi que le pignon entre dans le célèbre pesto à base de basilico genovese, d'huile d'olive, d'ail et de fromage râpé (pecorino romano et/ou parmigiano reggiano)


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Enfin : Pignons de pin dans l'alimentation : Prudence


Certains pignons de pin consommés dans l'alimentation peuvent provoquer une sensation très désagréable dans la bouche appelée disgueusie.


La disgueusie


La disgueusie est une modification voire une disparition du goût accompagnée d'un goût très amer dans la bouche, pouvant apparaitre dans les 24 heures et se prolonger pendant plusieurs semaines, parfois même jusqu'à 70 jours.link


Les pignons sont riches en acides gras polyinsaturés, leur huile est évidemment très prisée mais pour les graines le temps est leur ennemi car les graines finissent par devenir rances. Placez les pignons dans un endroit frais, sec et à l'abri de la lumière…


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Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 11:03

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« Cela doit faire deux ans que je n’ai pas produit un commentaire de dégustation sérieux. Je ne suis pas le seul : de plus en plus de commentateurs font l’économie de ces descriptions organoleptiques, qui se voudraient parfois précises comme des équations mathématiques. Les arômes de griottes, de poire Comice, de sous-bois à l’aube ou de cuir de Russie, on n’en a cure.


 

Ces commentaires souvent un peu pompeux, qu’on les écoute religieusement ou qu’on les lise sur un revers d’étiquette, n’ont en fait qu’un seul dessein : en imposer, impressionner son auditoire ou son lectorat, pour, finalement, justifier sa position d’expert. Mais, essentiellement, c’est du bluff. »

 

Antonin Iommi-Amunategui link


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Lire Vin : le grand bluff des commentaires de dégustation link

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Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 00:09

J’ai vu le Calce d’avant la révolution Gauby, au temps où la viticulture catalane vivait les dernières heures de la petite rente des vins doux naturels gérés par une Interprofession calcifiée (sans jeu de mots) le CIVDN dont l’un des vice-présidents était le président de la coopé de Calce Jean-Claude Balmigère.


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J’ai donc emprunté la D18 qui « s’enfonce en grimpant au flanc d’un vallon de plus en plus étroit et aride peuplé de vignes en terrasses, de buissons de romarin et de caillasses. Le village apparaît. Sage, propret et fleuri, il s’étage au dos de la colline tout recroquevillé qu’il est à l’abri de la tramontane […]   Glaïeuls sauvages, orchidées, euphorbes, figuiers, cyprès et chênes verts, du thym, de la lavande, du ciste… Puis du grenache gris, du carignan, du mourvèdre, que sais-je encore ? »


 

C’est le local de l’étape, Michel Smith, qui l’écrit dans la revue 180°C « Calce village de vignes et de cailloux »


Michel nous conseille, à juste raison, « d’abandonner la D18 sur les hauteurs de Baixas (prononcer Bachasse) pour suivre à pied une route parallèle inégalement goudronnée, le plus souvent réservée aux viticulteurs et aux chasseurs… » note-t-il, à défaut d’ajouter que c’est sur cette sente que le Préfet Bernard Bonnet, alors préfet des PO, venait faire du VTT pour rejoindre sa mie, femme du colonel M, avant de s’en aller sur l’Île de Beauté afin de faire cramer la paillotte chez Francis par la main du colonel M.


Belles photos, bel article, de la belle ouvrage, un beau reportage  de bon vignerons « qui ont toujours eu cet instinct qui les fait se tourner vers des vignes au physique dur, brûlées par le soleil ardent, fouettées par des vagues de tramontane, transies par le climat froid et vif d’une terre tournée vers le Nord. »


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À lire absolument dans :


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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 10:50

César Compadre du journal Sud-Ouest link me fera toujours rire à propos de sa conception de l’AOC, en effet il y a chez lui une forme de comique de répétition dans l’erreur. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, ultra-majoritaires malheureusement, ce n’est qu’un label délivré par un comité tarte molle. Un banal signe de qualité comme le label rouge. Je le cite :


« En fait, à la dégustation, de ce hauts-de-pontet-canet 2012 ne correspondrait pas à la typicité d'un vin de Bordeaux. C'est le verdict de Qualisud, organisme qui contrôle les vins pauillacais. En effet - même certains vignerons ont tendance à l'oublier -, obtenir une AOC (c'est le cas pour environ la moitié de la production viticole française) n'est pas un dû. Elle se gagne sur les terrains de la qualité et de la typicité, avec parfois une remise en cause annuelle. »


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Ben voyons messieurs : la typicité d’un vin de Bordeaux, il faudra un jour m’expliquer ce que c’est ? En l’occurrence, il s’agit d’un Pauillac mais mieux vaut mettre tout le monde dans le même tonneau à Bordeaux !


Autre perle de CC « On note aussi qu'il n'existe pas d'exemple de grand vin vendu durablement sans l'appui d'une AOC. Elles se construisent depuis plus d'un siècle et inspirent confiance. Les grands noms de châteaux ont des notoriétés bien plus récentes. »


Faut sortir de Bordeaux monsieur Compadre, s’aérer et observer les tendances des marchés de valeur. L’écoulement des vins de Bordeaux labellisés AOC ça a un petit air d’IGP…. même le co-gérant de la Romanée-Conti fait du Vin de France dont le prix ferait rêver les Bordeaux agréés par Quali-Bordeaux... 


Bref, hormis mon ironie facile à l’égard de CC, tout ce petit biseness de la dégustation, ici organisée par Qualisud, et effectuée par des jurys de cinq personnes (technicien, producteur, négociant, courtier), volontaires et non rémunérées, est la meilleure méthode pour amplifier l’uniformisation des AOC. C’est inepte et c’est la démonstration par l’absurde du dévoiement de ce concept.


La seule bonne nouvelle dans cette affaire c’est que la catégorie Vin de France, dont je suis dans une certaine mesure le géniteur, récupère un beau fleuron avec le second vin de Pontet-Canet… et que le négoce et les acheteurs n’en ont rien à taper de l’avis de la commission Théodule… La marque c’est bien connu prime l’AOC : prière de s’adresser à Norbert le Forestier grand expert en la matière auprès du Comité National de l’INAO. Vu de mon point-de-vue il n'en a rien à péter de l'AOC...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 00:09

« À force de boire du vin de messe, on avait tous notre plumet. Au bout de deux heures, tout le monde était nu comme le jour de sa naissance, les hommes comme les femmes… Un c… nous lâchait, un autre nous prenait […] Résultat : ils m’ont mise enceinte et sûrement deux ou trois autres […] Ils ont profité de moi, de ma confiance, de mon honnêteté et surtout de ma foi. Je porte un bébé dans mon ventre, et je ne sais même pas qui est le père, parce qu’ils me sont tous passés dessus… »


 

Les points de suspension au cul du petit c… sont placés là pour ne pas déflorer l’intrigue du livre de l’immense écrivain sicilien Andrea Camilleri « La secte des anges » excellemment traduit, comme toujours, par Dominique Vittoz.


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C’est pour moi l’un des meilleurs livres de Camilleri dans une bibliographie somptueuse (1). Je suis addict de Camilleri avec sa langue surprenante, ses romans fondés sur des faits réels exclus de l’histoire officielle. Inventif, maître l’enquête, Camilleri distille un humour savoureux, une prose jubilatoire qui vous insuffle un moral d’enfer.


 

J’aurais pu en rester là mais par l’odeur du fromage alléché je n’ai pu résister à vous citer ce court passage :


 

« L’enseigne au-dessus du magasin annonçait : « Gerardo Pace, alimentation générale ».


« Bonsoir, monsieur Pace.


-        Bonsoir », répondit l’homme pris au dépourvu.


      L’échoppe était déserte. Teresi apincha sur le comptoir trois ou quatre meules de fromage dont un caciocavallo. Ce devait être la spécialité de la maison.


« je cherche un caciocavallo de Ragusa. Un de mes chers amis, maître Giallonardo, m’a dit que vous en aviez peut-être. »


L’épicier se leva. Gros et gras, il était benouillé de sueur.


« Pour sûr que j’en ai. C’est pas la chose de dire, mais je suis le seul à en vendre dans tout Palizzolo *. »


Il entra dans sa boutique, l’avocat à sa suite.


« Combien je vous en mets ? »


Teresi avait intérêt à se concilier ses bonnes grâces.


« Une entière. »


Les yeux de Gerardo brillèrent. Son chiffre d’affaires ne devait pas être mirobolant. Il est clair que ce jour-là il allait se rattraper sur son unique client.


[…]


Vous voulez autre chose ?


-        Oui, repipa Teresi dans un élan d’enthousiasme. Une tomme entière de provolone doux. Et ce jambon.


-        Mais comment allez-vous porter tout ça ? Voulez-vous que je vous accompagne ? »


S’il avait pu, ce bon Pace l’aurait escorté au son de la fanfare… »

 

* nom d'une ville imaginaire



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Le caciocavallo est « une appellation générique désignant un fromage à pâte filée, typique de l'Italie méridionale, de forme ronde, en sac, fait avec le lait particulièrement gras des vaches de la race Podolica, avec seulement l'ajout de présure, de ferments lactiques et de sel. Il est parfois fait usage de paraffine pour sa conservation.


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Typique de toutes les régions qui ont formé le Royaume des Deux-Siciles, il avait une telle réputation, qu'il inspira des dictons populaires tels que « finir comme du caciocavallo », par analogie à sa forme, étranglée par une corde dans la partie haute. Ses variétés les plus connues sont le Caciocavallo Silano, le caciocavallo sicilien, qui à son tour peut être du Caciocavallo Ragusano DOP ou du Caciocavallo de Godrano, ou du Caciocavallo Podolico.


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Depuis sa reconnaissance communautaire en tant que Ragusano, ce fromage a perdu sa désignation historique de Caciocavallo di Ragusa. Fromage à pâte demi-dure fait de pâte filée fabriqué exclusivement à partir de lait de vache de race Modica il est produit dans la province de Raguse et dans la province de Syracuse.


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Le fromage a la forme d'un parallélépipède à section carrée avec des coins arrondis. Le poids de chaque forme est entre 10 et 16 kg. La croûte est mince, lisse, de couleur jaune paille. La pâte est blanche ou jaune pâle, compacte, avec des petits trous. Jeune il est doux et fondant en bouche, il devient plus corsé et épicé avec la maturité.


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Un peu d’histoire


L'histoire du fromage en Sicile est très ancienne, elle commence avec les Phéniciens dans les communautés insulaires. Homère et Aristote nous apprennent que, en fait, déjà à cette époque, la Sicile était habitée par des bergers qui connaissaient les techniques de la transformation du lait et la préparation de fromage de brebis.



Les premières références qui témoignent de l'âge du fromage « pecorino » remontent à Homère qui, dans l'un des passages les plus célèbres de L'Odyssée raconte l’histoire d’un berger de Polyphème fabricant des fromages. Aristote lui met l'accent sur le processus «typiquement Sicilien »de transformer le lait en fromage, en soulignant son goût unique.


 

En Sicile, pendant longtemps les produits du pastoralisme étaient la seule monnaie d'échange possible. Pline l'Ancien dans Naturalis Historia, rappelle que la Sicile exportée à Rome la « chèvre  d'Agrigente ». C’est de cette très ancienne tradition fromagère que découle la grande variété de fromages fait avec du lait races indigènes et des processus traditionnels : outre les deux fromages bénéficiant d'une appellation reconnus (Ragusano DOP et Sicilienne Pecorino DOP), Fiore Sicano, Provola la Nebrodi, Provola Madonie, Cosacavaddu Hybléen, Maiorchino…


 

(1)   Quelques-unes de mes chroniques sur les livres de Camilleri

 

- La disparition de Judas link

 

- La vie de 10 nonnes pour celle de l'évêque d'Agrigente : une histoire sicilienne link

 

- Le feuilleton coquin de l’été des Bons Vivants : « Ta femme te fais cocu avec le commissaire divisionnaire. » link

 

- Le feuilleton coquin de l’été des bons vivants : « Tâche voir de pas me faire mal, je suis une petite nature. »link

 

- Les bonnes feuilles de l’été de tonton Jacques « Giurlà, déjà benouillé de sueur, sentit qu’il durcissait dans son pantalon »link

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Dimanche 19 octobre 2014 7 19 /10 /Oct /2014 00:09

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Un soir, sitôt après l’ouverture, sur la terrasse du Pavillon des Canaux, nous avons goûtées avec mon amie Claire les sardines à huile qu’elle venait d’inscrire à la carte. Baguette croustillante et beurre salé, un délice.


Elles étaient millésimées 2013.


En bon vieux routier du blog je lui fis remarquer que j’avais chroniqué sur le sujet «  sardines et millésimes »link


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C’était le 16 janvier 2008.


J’y chantais mon amour pour la sardine à l’huile.


Mais le millésime d’une boîte de sardines à l’huile est-ce un mythe ou une réalité ?


C’est une réalité, mais attention, n’est pas sardine millésimée qui veut!


Il faut, pour ce faire, des sardines fraîches, de pêche locale, pour être rapidement cuisinées, péchées en saison. Cuisson traditionnelle à l’huile, une huile de qualité bien sûr. Il faut aussi que les sardines soient à l’aise dans leur boîte et non pas comme le dit l’expression populaire « serrées comme des sardines ». Donc, elles doivent être « fait main » par des « petites mains » soucieuses de détails tels que la coupe à la main de la nageoire caudale, et la disposition dans la boite (en bleu ou en blanc selon que la sardine soit présentée par son ventre ou son dos). »link comme l’écrit une blogueuse belge dans le Soir qui s’est gentiment dévouée et qui a goûté une boîte de 2002, soit une conserve de 11 ans d’âge qui avait largement dépassé sa DLC.


Et qu’est-ce que ça goûte ?


« La surprise est imminente: à l’ouverture, de belles sardines bien dodues présentées en blanc. Pas d’odeur forte et caricaturale de sardines ordinaires mais un parfum complexe et discret. J’attaque la dégustation. La texture est délicatement fondante, on ne perçoit pas l’arrête centrale qui a pourtant rempli ses bons offices de pourvoyeurs d’arômes, comme la moelle d’un osso-buco. La chair n’est pas grasse ni sèche, simplement moelleuse, fondante. On ne perçoit ni la peau, ni les écailles qui alourdissent malheureusement souvent la dégustation de sardines en boîtes.


Waouh !


En conclusion, un produit transcendant largement la norme du genre. Certains restaurants les proposent d’ailleurs en entrée, dans leurs boîtes et accompagnées d’une laitue. Seul bémol, toutes les sardines « millésimées » ne se valent pas et certaines sont même bien indignes de leurs valorisations. Problème récurrent avec les produits de luxe. Bref, il vous faudra peut-être cherchez, testez (mais c’est ça qui est gai, non?), et oubliez ensuite votre trouvaille pour au moins cinq ans, en retournant les boites tous les six mois bien sûr! »


Dans ma quête perpétuelle de belles sardines millésimées je me suis attendri sur une vieille marque bien de chez moi : les Dieux depuis 1903 de la maison Gendreau sis à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. link


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Il s’agit de Sardines à l’huile d’Olive Vierge Extra Label Rouge.


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Nom du bateau : Galérien

Date de pêche : 9 novembre 2013

Date limite de consommation : 11 novembre 2017


«La Label rouge répond à un cahier des charges très rigoureux. La préparation des poissons (sélection, saumurage, étêtage, éviscération) se fait à l'ancienne, entièrement à la main. Leur taille est comprise entre 12 et 15cm, et elles doivent peser 20grammes environ. Le rituel de fabrication est d'une précision horlogère: après avoir séché, la sardine est frite pendant deux à trois minutes dans l'huile de tournesol à 115°C, puis égouttée pendant vingt-quatre heures avant d'être emboîtée et recouverte d'huile d'olive vierge extra. Sur chaque boîte, sont inscrits la date de pêche et le nom du chalutier.»


«Généralement, la primeur, c'est-à-dire la première pêche de la saison, va me donner le goût de la millésimée. Laquelle, d'une taille spécifique, sera préparée manuellement par nos ouvrières. Avec une étape cruciale, l'égouttage, après le bain d'huile, qui répond à un vrai secret de fabrication.» Claudie Vadelle passée en 2005, d'Etam lingerie fine au poisson gras en s'associant à Philippe Gendreau.


C'est que Claudie la Vendéenne est tombée dans la boîte de sardines au berceau, avec un père qui les tartinait au petit déjeuner écrasées dans du beurre de baratte. «C'était à se damner! Je suis fière d'avoir réussi à reproduire sa recette pour la marque, après je ne sais combien d'essais»,


C’est à la Mothe-Achard, mon pays natal, que les estivants, en provenance majoritaire de Paris, devaient sur la nationale, qui à l’époque traversait le village, soit tourner à droite pour aller vers Saint-Gilles-Croix-de-Vie, plus populaire, via Saint Julien des Landes ou à gauche pour gagner les Sables d’Olonne, la station chic, via Saint-Mathurin.


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Deux ports où la sardine tenait une place de choix et chez nous c’était de la petite sablaise fraîche sur son lit de fougères, achetée à Eglantine la poissonnière qui poussait sa charette à bras,  que nous consommions. Mon père la mangeait crue, nous frite dans du beurre salé.


« Dans ce petit port vendéen qu'un bras du fleuve la Vie balafre joliment - séparant physiquement Saint-Gilles de Croix-de-Vie, une sardine fait toujours le printemps. Et les pêcheurs attendent la saison, qui s'achèvera à l'automne, pour se mesurer à ces petits poissons futés qu'il faut attraper par la ruse, quand, dispersés, ils se regroupent en bancs, au petit matin. «Il faut être sur zone lorsque le jour se lève. Si elles nous sentent, elles se séparent à nouveau et filent», raconte Xavier le maître-pêcheur, vingt ans de chalutier, qui, aube après aube, accompagne Thierry Pineau sur le Mé-Thi-Na pour chasser l'or argenté. «Lorsqu'on naît ici, on ne se pose pas vraiment la question. Devenir marin s'impose, même si c'est moins évident aujourd'hui. Le métier est dur, mal rémunéré, il n'attire pas les jeunes. Et, pourtant, les 150marins du port font travailler chacun quatre personnes à terre.» écrit Florence Halimi link

 

2500 tonnes/an 1er port sardinier de France.


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« La ville a compté jusqu'à 14 conserveries qui tournaient à plein régime avec une main-d'œuvre essentiellement féminine. Des gamines de 13 ou 14ans qui, par milliers, quittaient leur Bretagne à pied, une icône de la vierge sur le cœur pour se protéger des mauvaises rencontres. Elles parcouraient ainsi des dizaines de kilomètres pour faire la saison sur les côtes vendéennes. Il faut se figurer ces femmes plongées dans le monde de l'industrie, de la cadence et du syndicalisme, bien avant que l'on ne parle de féminisme. A l'époque, elles luttaient pour ne pas travailler plus de soixante-dix heures par semaine! Ces combats restent touchants. Je me souviens de Dee Dee Bridgewater, venue se produire à La Conserverie (une salle de spectacle qui a pris place dans une ancienne usine, ndlr), et à laquelle j'avais raconté l'histoire de ces sardinières méritantes. Lors de son entrée en scène, émue, elle leur avait rendu un long hommage.»


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Samedi 18 octobre 2014 6 18 /10 /Oct /2014 11:35

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Mon statut autoproclamé d’ « italien » de Paris eu égard à ce je suis un Français de bonne humeur me met dans l’obligation de vous informer sur le bras de fer à propos de la gastronomie qui se profile à l’horizon entre nos deux pays.


 

« Un éden luxuriant. Un grand marché couvert à la structure convexe, en bois, qui rappelle le paysage agricole français, avec des parois entières couvertes de plantes exubérantes, d’herbes aromatiques, de vins, de fruits et de légumes. Avec son pavillon pour l’Exposition universelle de Milan 2015, la France mise sur la bonne chère, à l’unisson avec le thème de la manifestation [“Nourrir la planète, énergie pour la vie”].

 

 

Et d’emblée, elle défie l’Italie. Mais cette fois-ci, elle ne se lance ni dans son habituelle joute gastronomique avec la Botte ni dans un refrain éculé sur ses vins plus élégants, ses recettes plus raffinées, ses produits plus savoureux. »


 

Emanuele Coen dans L’Espresso Rome n’y va pas avec le dos de la cuillère « Longtemps symbole d’excellence, la cuisine hexagonale a de moins en moins la cote, alors que sa cousine italienne séduit le monde entier. Mais les Français préparent leur revanche, en s’inspirant d’un modèle transalpin. » link

 

Morceaux choisis


« La comparaison entre la cuisine italienne et française doit tenir compte de notre grand avantage compétitif, souligne Farinetti. La cuisine italienne est née dans les foyers, alors que celle de France est apparue des années plus tôt dans les restaurants. Notre gastronomie peut donc être reproduite, ce qui favorise l’union entre la vente au détail et la restauration. En plus, la cuisine italienne est la fille d’une biodiversité agricole et de traditions territoriales bien plus vastes que sa cousine française. »


« La France est tout notre contraire : l’irrésistible force de l’inertie. Sa recette conjugue histoire, grandes entreprises et aides publiques. Cela fait deux siècles que dans le monde entier le vin, la gastronomie et les grands restaurants riment avec made in France. Ce n’est pas un hasard si l’industrie agroalimentaire française possède quelques-unes des plus grandes marques mondiales et détient également des parts de marché considérables sur les marchés d’avenir comme ceux d’Asie, poursuit Antonio Cellie. Mais l’offre de produits français est bien moins contemporaine et innovante que la nôtre. Au point que les commerçants anglais, les plus en avance du monde, préfèrent le made in Italy. »


Pour moi il n’y a aucun duel mais le même esprit dans nos 2 pays pour comme l’écrit Mauro Bochicchio « d’instaurer un lien entre les productions d’excellence, les techniques de préparation, le respect du terroir et la saisonnalité des produits...»


« GNAM-Cuisines ouvertes". Quarante chefs italiens et francais ouvrent leurs portes à la cuisine française et italienne respectivement.


Le 21 octobre 2014 au Café Artcurial le chef Domenico Cugliandro - une longue expérience au Cipriani à Venise - ouvre les portes de sa cuisine à Luca Abbruzzino jeune chef du restaurant étoilé Antonio Abbruzzino Alta Cucina Locale à Catanzaro.


Un cycle de dîners sous le signe de la culture alimentaire.


Artcurial – 7 rond-point des Champs-Élysées 75008


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Samedi 18 octobre 2014 6 18 /10 /Oct /2014 00:09

Tout a commencé en 2007 et votre Taulier, toujours sur le pont, ici le béton, chroniquait le 5 juillet 2007 sous le titre « vin de béton » :


BB a encore frappé. Notre homme, il s'agit de Bernard Bled, devenu directeur de l'EPAD (établissement public de la Défense) après avoir officié comme Secrétaire-Général de la Mairie de Paris, où la cave sous sa houlette recelait des trésors de grands vins aujourd'hui dispersés à la suite d'une vente aux enchères, vient de faire planter 10 ares de vigne sur la dalle de béton en bas de l'esplanade, juste au-dessus du tunnel qui mène à l'autoroute 14.


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                Vignes du Clos de Chantecoq, La Défense (92), août 2010, photo Alain Delavie link

 

Selon notre homme « c'est une initiative symbolique pour donner une autre image de la Défense et insister sur son caractère humain et convivial ; preuve que le béton n'est pas antinomique avec la qualité de vie. Et quoi de plus symbolique que la vigne pour revenir aux sources ? Il y a la terre, l'homme et le fruit de son travail »


C'est beau comme du Millet à la sauce post-moderne assaisonné par la com qui sait faire enfler les mots comme la grenouille de la fable. Pour ajouter au caractère bucolique de cette « opération d'image » la vigne a été baptisé « Clos du Chantecoq » du nom de la butte autour de laquelle fut édifiée la Défense en présence d'Anne Roumanoff et de Bernard Laporte. Très people donc notre clos de béton.


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Sur le plan technique l'opération a été mené par  « La rue des Vignes » société spécialisée dans la plantation et l'entretien de vignes en Ile-de- France. » la suite ICI où j’ironisais grave.link


Comme  tout le monde j’avais gobé le baratin de ce cher Bernard Bled comme quoi, « il avait fallu importer de la terre : 800 m3 venant de Bourgogne, soit 80 cm de profondeur, déposés sur une couche de pierre de lave destinée à drainer les excès d'eau… » La réalité est plus commune puisque je lis sur le site du clos Chantecoq qu’il « est planté dans un sol francilien rapporté du nord de Paris, près de Roissy. »


Qu’importe aujourd’hui, en effet, à La Défense, la vigne est toujours en place composée de 350 pieds de Pinot Noir et de 350 pieds de Chardonnay sur dix ares.


Un pari incroyable fait de prouesses techniques


-        Le sol possède de bonnes qualités physiques et chimiques et repose sur une couche de scories volcaniques (Pouzzolane) permettant le bon écoulement de l’eau en excès. La spécificité de la plantation sur l’Esplanade réside dans la profondeur du sol peu importante (1 m environ). L’évolution de ce sol est régulièrement suivie afin de prévenir tout appauvrissement préjudiciable à la vigne,  situation fréquente en viticulture de qualité.


 

-        L’environnement urbanisé favorise le stockage de la chaleur en journée et sa restitution la nuit, encourageant la précocité de la vigne et la maturité des raisins. En outre, la bonne ventilation du site ainsi que la présence d’une faible végétation contribue à une pression modérée des maladies cryptogamiques de la vigne.


 

-        La vigne du Clos de Chantecoq doit prendre en compte deux difficultés majeures : le déficit d’ensoleillement et l’excès d’eau dans le sol du fait d’une pluviométrie moyenne élevée sur la période de maturation des raisins. Une démarche qualitative met en œuvre toutes les orientations visant à compenser le déficit d’ensoleillement et l’excès d’eau dans les sols.


 

-        Des orientations viticoles et des pratiques culturales adaptées à l’Ile-de-France luttent contre l’humidité et les excès de l’eau qui freinent la maturation des raisins, développent les maladies telles que le mildiou, l’oïdium et la pourriture grise, et rendent les vins moins riches et moins structurés. Ainsi, la vigne du Clos de Chantecoq a un bon drainage du sol et bénéficie d’un enherbement permanent qui puise prioritairement l’eau en excès dans le sol. La vigne doit plonger davantage ses racines dans le sol colonisant ce dernier de façon plus qualitative, devenant ainsi moins sensible aux variations climatiques.


 

-        La vigne du Clos de Chantecoq présente une forte densité de plantation comme dans les situations de grands crus en Bourgogne ou à Bordeaux. Elle est plantée à raison d’un pied au mètre carré. La quantité de sol dont dispose chaque pied est réduite, limitant ainsi l’eau disponible dans le sol. Culminant à 1m50 du sol, le palissage haut permet d’établir une grande surface foliaire. Cette grande quantité de feuillage va participer à l’assèchement du sol par la transpiration foliaire.


 

-        La vigne connaît un ébourgeonnage et un effeuillage réguliers. L’objectif est d’étaler au maximum le feuillage sur le plan de palissage pour une photosynthèse optimale. Cependant, l’entassement de la végétation est réduite par des ébourgeonnage-épamprages réguliers (suppression des jeunes rameaux en excès). Cette opération vise à réduire le microclimat humide, favorise l’aération des raisins et donc leur assèchement rapide après les pluies.

 

 

Une légitimité historique


Il y a quelques siècles à peine, La Défense était une petite colline à l’ouest de Paris, une simple butte blottie au creux d’un méandre de la Seine. Son nom, la butte de Chantecoq, évoquait des vignes réputées, un belvédère tranquille à proximité de la forêt de Saint Germain.


La viticulture a constitué pendant près de vingt siècles une activité économique prépondérante en Ile-de-France. Depuis le Moyen Age et jusqu’au XVIIIe  siècle, le vin parisien était considéré comme un produit de qualité servi à la Cour de France. La suite ICI link

 

C’est le vigneron Alexandre Golovko, épaulé par quatre membres de sa famille, qui vendange cette vigne.


Un terrain indigne pour des cépages aussi prestigieux ?


« Pas vraiment: le couloir d'air parfaitement axé entre la place de l'Etoile et la Grande Arche s'avère plutôt bénéfique, car le vent chasse l'humidité après la pluie. Et la vigne bénéficie de la chaleur emmagasinée par la dalle de béton, qui constitue son unique sous-sol. »


Alexandre Golovko voit dans ces pieds, « une vitrine, une sorte d'hommage au vignoble français », dont la proximité avec la ville, « a priori contre-nature, s'avère plutôt harmonieuse ».


En 2013 il déclarait « Ce sera un vin ultra-naturel. Sans aucun artifice technique et sans retouches: on ne joue ni sur l'acidification, ni sur les enzymes. »

 

Une fois mis en bouteilles, le Clos de Chantecoq n’est pas destiné aux circuits de vente traditionnels. Le propriétaire du Clos Defacto, l'établissement public chargé de l'animation et de la gestion du site, le distribue à des associations locales ou en fait l'objet de ventes caritatives.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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