Billet

Vendredi 19 septembre 2014 5 19 /09 /Sep /2014 00:09

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Nos grands dégustateurs décernent pour certaines cuvées des coups de cœurs à tour larigot.


Ce matin je donne avec un grand et réel plaisir un grand coup de chapeau à Isabelle Perraud du domaine des Côtes de la Molière pour sa cuvée spéciale de beaujolais nouveau pour le jeune Téo.


Isabelle je la connais un peu et, sans jouer les petits arpenteurs, je puis vous assurer qu’elle a un très grand cœur. Ses emballements sont à la hauteur des causes qu’elle défend.


Celle d’aujourd’hui, Isabelle la conte bien mieux que moi ICI link


C’est simple comme un geste simple :


« Alors pour aider Téo et sa maman à mettre du beurre dans les épinards ou à réaliser un projet qui tient à cœur à Téo, on va faire une cuvée spéciale de beaujolais nouveau, limitée à 600 bouteilles.


C'est Téo qui est en train de confectionner l'étiquette.


Bruno a été mis à contribution pour nous faire une cuvée qui explose !


Cette cuvée sera issue d'une parcelle de Vauxrenard, aux Bourrons, à la Grand'Terre (nous la vendangerons autour du 23 septembre)


1 euro par bouteille sera reversé à Téo et Isabelle.


Cette cuvée sera en vente très bientôt sur le site.


Sur réservation.


Et j'espère sincèrement que mon projet sera un peu le vôtre.


A suivre de très près alors ! »


Merci à Bruno et à Isabelle de ce rayon de soleil glissé dans un monde de brutes.


Ça n’arrive pas qu’aux autres : ces enfants frappés dans leur chair restent des enfants, lisez donc ceci  ICI link


« C'est à l'étage, au neuvième. Par la porte bleue. Ils y entrent à leur rythme : le pas lent accroché au déambulatoire. Sur un fauteuil poussé par des mains familières et nerveuses. En sautillant. A reculons aussi. Ils ne viennent pas seuls. La perfusion est dans la chair, la nausée au bord des lèvres, la cicatrice gratte au thorax. Le regard de papa et maman fait peur à voir. La porte bleue est grande ouverte. C'est presque un détail. Ils n'ont pas perdu les clefs de la curiosité. »

 

Ce texte est beau, d'une beauté sans concession, loin de cette émotion frelatée qu'on nous sert trop souvent dans les étranges lucarnes devenues des miroirs où chacun se contemple à satiété ; parce que ces enfants, dans leur extrême malheur, n'ont pas perdu les clefs de la curiosité.

 

Et nous ?


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 17 septembre 2014 3 17 /09 /Sep /2014 00:09

Cet été il fut des jours dans un Paris bien gris, sous un ciel qui changeait d’avis comme certains de chemises, il me prenait envie de remettre mes pas dans mes propres pas, revenir en des lieux où j’ai aimé flâner, prendre un café, bouquiner, faire quelques emplettes, repartir avec une petite chronique en tête, la coucher puis retourner à mes occupations.

 

Rappelez-vous, pour ceux qui ont la patience de me suivre chaque jour sur scs lignes, c’était un samedi du début de mars, j’écrivais : « le soleil persiste à occuper un ciel encore hivernal alors cap au Nord pour rallier Château Rouge. C’est direct ligne 4. J’arbore une superbe écharpe orange. Au débouché du métro c’est l’Afrique dans tous ses états : des couleurs, des odeurs, des marchands à la sauvette, du bruit, un entrelac de langues, les femmes occupent le haut du pavé. Je prends la rue Myrha en pensant qu’à la verticale de la rue Polonceau, la villa Poissonnière est une volute de mes souvenirs  bleu pétrole : Résidents de la République, une belle union Gaëtan Roussel&Alain Bashung, et l'amour un bouquet de violettes. » la suite est là link 


Je continuais « Et puis, tout en bas de la rue Myrha, surprise : un marchand de vins « la cave de Don Doudine » Bien sûr je pousse l’huis link. Pourquoi revenir chez ce caviste, même virtuellement, tout simplement pour apporter un peu d’eau au moulin de ma chronique récente De profundis pour la Cave de l’Insolite : comment vit un petit caviste à Paris ? link

 

En effet, ce qui m’avait frappé lorsque j’y étais allé c’était sa parfaite intégration dans son quartier. Il faisait parti du paysage et en ce lieu multiracial, multinational, où certains qui n’y ont jamais mis les pieds trouvent source à leurs phantasmes et à leurs peurs, son enracinement était patent. Le petit commerce de quartier, outre les produits qu’il vend, est aussi un lieu de passage, de conversation, d’échanges, de vie de quartier. Bien au-delà  de l’acte d’achat dit militant, que je respecte, cette imprégnation, cet enracinement permet au commerçant de s’assurer une réelle fidélité de la part de sa clientèle. Bien sûr ça ne suffit pas mais trop d’installations pour se faire plaisir, soutenue par une poignée de zélotes, sans se soucier que dans le quartier des collègues, sans doute moins en cours, correspondent mieux à la demande de la chalandise.


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Ainsi notre marchand de vin de la rue Myrha a concocté sa petite recette : la Salade de Don Doudine qui se déguste principalement à la chorale des 3 Tambours. Je vous l’offre ci-dessous. Bon appétit et, si vous voulez que le commerce de quartier ou de village vive c’est simple faite comme-moi allez-y régulièrement y dépenser un peu de votre bel argent.  

 

  « L’Atelier Musical des 3 Tambours, 15, rue Doudeauville, propose des activités autour de la musique (chorale, orchestre) et des cours individuels (guitare, trompette..), à partir de 6 ans :

• tous les soirs à partir de 16h30.

(tel : 01 46 07 04 03) »link


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 09:00

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Ce matin je me suis levé de bonne heure car longtemps je me suis levé de bonne heure… je sais, la phrase la plus célèbre de toute la littérature française, la première phrase de la Recherche, la première phrase de Du côté de chez Swann, c’est « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » mais face aux ignares et au ramasseur de miettes de Norbert j’ai décidé de me payer leur fiole. C’est l’âge je sais mais pourquoi se priver d’un menu plaisir.


Donc levé tôt j’ai lu.


1-      J’ai commencé par la lettre de Paul Quilès car « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde »


Chaque jour, dans un paysage politique assez désolant, de nouveaux propos viennent nous désoler un peu plus. Je me contenterai de prendre quelques exemples dans l’actualité récente.  


   - Un ancien conseiller du Président se dit victime d’une « logique d’épuration ethnique » après avoir été chassé de l’Elysée, en raison de liens avec l'industrie pharmaceutique laissant entrevoir un possible conflit d'intérêts. C'est, dit-il « les Hutus contre les Tutsis » !


       - Une ancienne compagne du Président remercie « pour le moment » et, en guise de remerciement (indépendamment de son gain sur les ventes de 1,2 à 1,4 millions d’euros), déverse avec indécence un flot d’horreurs sur celui qui lui a accordé ce moment.


      - Un député, devenu ministre pendant quelques jours et révoqué pour malhonnêteté financière, tente d’excuser ses fautes en plaidant la « phobie administrative »


      - Un ancien socialiste compare le trader compulsif Kerviel au capitaine Dreyfus, en invoquant Jean Jaurès et en oubliant que Dreyfus, condamné à tort, a été la victime d’un complot antisémite, tandis que Kerviel a fauté!


« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait Albert Camus. Comme il avait raison !

 

 

2 -          Puis je suis passé à Michel Onfray : Valérie Trierweiler, jalouse et méchante


Comme tout philosophe qui se respecte, Michel Onfray a un avis sur tout et ne manque pas de le partager. Sur l'expression des sans-dents, qui aurait été utilisée par François Hollande pour qualifier les pauvres, il a ainsi déclaré : « On n’a pas l’impression que le discours vienne de quelqu’un en particulier, mais que c’est une vérité. Or, cela vient de quelqu’un qui se venge, qui est jaloux, qui est méchant. »


Pour l'intellectuel, cette expression ne serait qu'une « plaisanterie sortie de son contexte » et « une plaisanterie sortie de son contexte peut devenir une méchanceté ».


-          Enfin je suis allé sur le blog de Luc Charlier


« De toute façon, je refuse de pulvériser quoique ce soit si près de la vendange. Les « vrais » professionnels, qui ont des comptes à rendre à leurs actionnaires, me traiteront d'imbécile. Moi, quand je vois le nombre de cancers des voies digestives (pancréas et estomac surtout), et le nombre de maladies d'Alzheimer ou de Parkinson qui affligent mes collègues, je me dis que je n'ai pas le droit d'infliger cela à mon collaborateur sur son tracteur ou à mes clients. Chacun son éthique. »

 

La suite ICI link


-          Pour mémoire Biodynamie viticole : quel bon vin vous amène ?link 

 

2 Infos


-          Tirer les vers de terre L'émission "Continent Science" reçoit l'agronome et chercheur Marcel Bouché pour son ouvrage Des vers de terre et des hommes. Découvrir nos écosystèmes fonctionnant à l'énergie solaire (Actes Sud). France Culture, 14h. et lire link


- Le vin s’offre une exposition à la galerie Glénat link

  

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 14 septembre 2014 7 14 /09 /Sep /2014 00:09
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Non il ne s'agit pas d'une variante de la partie carrée avec un porteur de chandelle en sus mais d'un jeu de cartes italien qui se joue avec des cartes italiennes dont les couleurs sont : denier, coupe, épée, bâton. link qui sont les cartes de l'aluette chère aux vendéens.link
 
La bricola à cinq est aussi un succulent roman policier de Marco Malvadi que je suis en train de lire sur mon île d'exil.

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La scène est la suivante, l'un des joueurs, Aldo, qui est restaurateur au Boccaccio, parle des jeunes qui aiment frimer, montrer qu'ils ont du fric, il s'adresse à Massimo le narrateur, taulier du BarLume, un bar où se joue la partie de briscola à 5 et bien d'autres choses...

«La mode aujourd'hui consiste à faire semblant d'être connaisseur en vins. Si tu voyais tous ces morveux qui se pointent après le dîner, empoignent la liste des vins et te lancent «Je boirais bien un... » en confondant par exemple le nom du vignoble et celui du cépage, ou en réclamant un chianti de 1987 alors qu'il suffit de s'y connaître un peu pour savoir qu'un chianti de 1987 peut servir tout au plus de carburant... Et comme si ça ne suffisait pas, ils mangent le fromage avec du miel. J'en pisserais de rire.

- Tu devrais leur dire qu'ils piges que dalle et leur expliquer deux ou tois trucs pour qu'ils apprennet tout doucement, intervint Pilade avec son élégance habituelle.

- Pour qu'ils apprennent doucement à déguerpir, ouais ! Ces gosses ne veulent ni bien boire ni bien manger : juste montrer qu'ils s'y connaissent et qu'ils sont des petits malins. Ils n'ont qu'à faire ce qui leur plaît. Moi je vends de la nourriture pas des discours.»

(...)
Aldo alluma une cigarette et reprit :

«Personnellement, je déteste les restaurants où, quand vous commandez du vin qui détonne un peu avec les plats, ou que vous sortez un peu des règles de la gastronomie avec un grand G, on vous triate de plouc et on s'esclame : « Mais noooon ! ça gâcherait la selle de lapin désossée, servie avec le flan de haricots verts et de noix d cajou! Faites-moi confiance...», ou pire encore. Dans certains établissements, il n'y a pas de demi-mesures. Soit vous êtes un connaisseur, et dans ce cas le patron vous adore et vous déroule le tapis rouge comme à Hollywood, soit vous êtes un bouseux qui n'y connaît fichtrement rien, et alors on vous fait comprendre sans prendre de gants qu'un type de votre espèce ferait mieux de rester chez lui, au lieu de venir casser les pieds alors que d'autres attendent. Votre argent est le bienvenu, pas vous.»

Le silence accueillit ses propos.»
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 12 septembre 2014 5 12 /09 /Sep /2014 00:09

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Ma mémé Marie je vous en parle souvent

.

Si j’ai acheté Mémé le dernier livre de Philippe Torreton c’est pour son titre.


Bonne pioche, c’est un portrait tendre et sincère de sa mémé, j’ai beaucoup aimé comme si j’y étais.


En effet, sa Normandie, celle de Triqueville tout près de Beuzeville et de Pont-Audemer, dans l’Eure a joué dans ma vie un rôle important. Lorsque je présidais l’Interprofession des AOC de la pomme et de la poire j’ai habité à Selles, tout près d’Épaignes, une petite maison basse au milieu d’un pré tout près de chez les Macaire éleveurs laitiers qui livraient chez Nestlé. C’est un morceau de mon histoire liée à celle de Jean Pinchon.


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Mais bien avant l’Eure (j’adore l’homonymie) avait joué un rôle déterminant dans mon choix scolaire. Mon père gérait les fermes du docteur Louineau qui exerçait à Évreux bastion communiste et, deux fois par an, accompagné de sa gouvernante mademoiselle Charbonneau, grande résistante, et parfois de sa superbe fille Marina, il nous rendait visite pour faire les comptes et visiter ses métayers. J’accompagnais mon père et le docteur dans la visite des borderies et, dans ma petite tête de gamin de 7 ans, la Normandie c’était, à côté de ma Vendée crottée, un eldorado. Ainsi, sans préavis, j’annonçais à mes parents qu’aller au lycée au Sables d’Olonne c’était exclu pour moi, j’irais à l’École d’agriculture à 500 mètres de la maison pour ensuite m’installer comme « gentleman-farmer » (sic) en Normandie. Dernier détail d’importance, en dépit de mon jeune âge, j’en pinçais pour Marina.


Comme à mon habitude je raconte ma vie alors que c’est de la « lieuse » dont je voulais vous parler ce matin.


« Mémé gardait tout, car tout pouvait resservir un jour,…la ficelle à botteler le foin – on appelait ça de la « lieuse » – une grosse ficelle jaune qui se vendait en rouleaux et se retrouvait pendue à un clou dans l’étable lorsque l’Opinel avait tranché l’affaire. Avec cette ficelle nous construisions nos cabanes dans les têtards, nos échelles de corde, nos arcs, nos épées de chevalier, elle servait aussi de ceinture pour retenir les bleus de travail de notre père que l’on enfilait pour aller à la guerre dans les talus. Parfois lorsque la pluie l’emportait, on la tressait, elle devenait alors bracelet-qui-gratte. Cette lieuse sentait le végétal, imbibée d’huile, elle devenait mèche, elle nous servait à tout, cette ficelle nous rapprochait des Indiens d’Amazonie. »


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Oui ça me parle « la lieuse » de Torreton car chez mon entrepreneur de battages de père après les moissonneuses-lieuses McCormick du plan Marshall j’ai vu après arriver les premières botteleuses Rivière&Casalis pour mettre le foin et la paille en bottes au cul de la batteuse Société Française Vierzon et enfin celles des moissonneuses-batteuses Claas.


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J’ai coutume d’écrire que j’ai vécu dans le fil à faufiler de ma couturière de mère mais il est aussi un sport périlleux que j’ai pratiqué sur les botteleuses de la moissonneuse-batteuse de mon père consistant à réenfiler dans le chat le fil de la lieuse lorsque celui-ci s’était rompu. Tout ça dans la poussière de la balle de blé, mon frère Alain a manqué un jour d’y laisser un doigt.


« Mémé » de Philippe Torreton L’Iconoclaste un livre qui m’a touché au cœur, à lire…


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Télécharger Mémé De Philippe Torreton Ebook Gratuit PDF EPUB MOBI link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 11 septembre 2014 4 11 /09 /Sep /2014 00:09

Sur un forum, comme il en existait avant que Face de Bouc draine les chalands, un brave continental notait « Au cours d'un de mes séjours en Corse au début des années 60, j'ai vu, lors d'une excursion à Corte, une laiterie coopérative arborant le macaron caractéristique du Roquefort Société. Stupéfait qu'on puisse fabriquer du roquefort en Corse, j'ai interrogé notre guide local qui nous a affirmé que si, bien évidemment, on ne « fabriquait » pas de roquefort dans l'Île de Beauté, une partie des laits collectés pour la fabrication des fromages locaux était néanmoins utilisée pour préparer et ensemencer des « pains » de fromage qui étaient ensuite expédiés sur le continent pour affinage dans les caves appropriées afin de justifier de l'appellation de roquefort. »


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Oui il en fut ainsi, voir l’histoire plus loin. Mais aujourd’hui la Corse est dans une situation paradoxale.


« Elle a le lait de brebis le mieux payé des trois bassins traditionnels (entre 1200 et 1250 euros les mille litres). Pourtant, la production ne cesse de baisser, alors que le succès des fromages corses ne se dément pas. « Entre 2008 et 2012, nous avons perdu 1,6 million de litres », indique Antoine Ottavi, président de l’interprofession laitière ovine et caprine de Corse (ILOCC). La collecte s’élevait l’an dernier à 6,5 millions de litres. Cependant, 30 % de la production (quelque 3 millions de litres) sont transformés directement à la ferme. Pour satisfaire la demande des industriels, il manque de 1,5 à 2 millions de litres qui sont importés de Sardaigne et du bassin de Roquefort. « Nous craignons que la baisse de la collecte continue sur la même pente », dit Antoine Ottavi. En Corse, l’accès au foncier reste souvent précaire. Cela n’incite pas à réaliser des investissements productifs ni à l’amélioration de la productivité. L’accès aux financements est difficile. Le sous-équipement, notamment en bâtiments et équipements de traite, est important. Ce qui accroît la pénibilité du travail. De plus, la population des éleveurs est vieillissante : la moitié a plus de 50 ans. Plusieurs actions ont été lancées pour stopper cette hémorragie. Mais, la tâche est difficile.


Parmi la quinzaine d’entreprises, dont un seul groupe national (Société des Caves), neuf ont créé un GIE pour s’approvisionner à l’extérieur. « Ce sont des solutions à moyen terme, mais à long terme la situation est vraiment problématique, assure le président de l’ILOCC. Il est plus facile d’avoir une collecte propre que de s’approvisionner auprès des grands groupes ». Cette situation fragilise les petites laite- ries qui ne parviennent pas à atteindre une taille critique. Co-produit de la transformation fromagère, le brocciu (420 tonnes par an) est la seule AOP fromagère de l’île de Beauté. Le plateau des fromages corses est pourtant d’une grande richesse. L’un des enjeux de la filière est de parvenir à identifier ses produits avec des signes officiels de qualité. « Nous travaillons sur trois ou quatre projets d’AOP (sartinese, bastelicacciu, venachese, niolo), avec le lait produit en Corse, et sur un projet d’IGP sur les pâtes pressées pour du lait transformé en Corse mais avec la possibilité de s’approvisionner à l’extérieur, explique Antoine Ottavi. Il y a un consensus de la filière autour de ces projets ». La dégradation de la collecte est d’autant plus dommageable que le potentiel de marché des fromages corses est loin d’être exploité. Environ 70 % des fromages sont écoulés sur le marché local et le reste sur le continent (Rungis notamment) et à l’export. »


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égouttage du caillé, fromagerie de la socité des caves de Roquefort à l'Ile Rousse 1955

 

« La légende veut que l'origine de l'installation des industriels de Roquefort en Corse tienne à « la rencontre fortuite, aux eaux de Vichy, d'un négociant aveyronnais, d'un Corse et d'un fromage de Niolo, blanc et gras, qui ne pouvait échapper à son sort d'être mangé ». Plus que cette rencontre factuelle, l'intérêt que les industriels du roquefort vont porter à la Corse tient à deux facteurs : d'une part la nécessité d'étendre leur aire de collecte pour faire face à la demande croissante de fromage ­ une extension que facilite l'amélioration des transports maritimes ­, et d'autre part, le décalage des dates de lactation entre Corse et Rayon. En effet, en Corse les mises-bas ont lieu à l'automne pour les brebis, la traite a donc lieu de novembre à mai, alors que dans le Rayon elle est plus tardive, de février-mars à juillet.

 

Des grandes maisons de Roquefort, c'est Louis Rigal qui, le premier, a entrepris la fabrication de roqueforts blancs en Corse. Il était à la recherche de lait et ne pouvait plus surenchérir sur ses concurrents pour leur « voler » des producteurs dans le Rayon. Il se serait également aperçu à la lecture de sa correspondance commerciale que, de Paris et de la région du Nord, on lui demandait surtout des fromages frais « n'ayant pas acquis ce piquant, ce relevé qu'ils prennent d'habitude à l'affinage ». Or, le désir de cette clientèle n'était facile à satisfaire que durant les premiers mois de traite (de mars à août) ; c'est alors qu'il se serait avisé que « la Corse était un pays essentiellement adonné à la culture pastorale, que, grâce à l'influence du doux climat maritime, le pacage des bestiaux y était possible à un moment où les rigueurs hivernales obligent les fermiers de nos régions aveyronnaises à nourrir les troupeaux dans les bergeries ». La période de traite corse est d'autant plus intéressante qu'elle correspond au pic de consommation (septembre à mai). Non seulement elle permet d'offrir des roqueforts primeurs aux consommateurs, mais aussi de réduire les frais de stockage en chambre froide.

 

Dès 1894, Louis Rigal réalise des essais. Il éprouve un certain nombre de difficultés à discipliner les bergers, « toujours errants à travers le maquis ». Mais il finit, en 1899, par installer une fromagerie et par faire des bénéfices. En 1901, il est à la tête de six laiteries réparties en Balagne, Casinca et dans la plaine d'Aléria. Le succès aidant, il est imité par d'autres industriels : en 1901, la maison Maria Grimal et la Société des caves et des producteurs réunis de Roquefort créent également six laiteries. Ainsi dès 1905, près de 1 400 000 litres de lait sont collectés en Corse, soit environ 5 % de la production de pâtes de roquefort. Le nombre de laiteries progresse avec rapidité, surtout après la Première guerre mondiale, période pendant laquelle le lait tend à manquer sur le Rayon. »

 

« Il est clair que les industriels de Roquefort ne sont pas venus s'approprier des savoir-faire fromagers en Corse, mais chercher une matière première pour produire leur propre fromage et selon leur propre logique industrielle. D'ailleurs les laiteries de Roquefort sont dénommées « succursales » et le lait corse n'est collecté qu'en fonction des besoins de Roquefort : lorsque la campagne roquefortaine n'est pas commencée. Les maisons de négoce ne revendiquent pas non plus la provenance corse, même si les fromages blancs corses revêtent des qualités particulières et ont des destinations précises. »

 

La suite ICI link


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« À travers la chronique d'un siècle de relations entre les industriels aveyronnais du Roquefort et les producteurs corses, cet article se propose d'analyser les transmissions, les échanges ou les appropriations successives qui ont pu s'opérer entre les deux cultures laitières et fromagères. Cette chronique peut être analysée en trois temps. Celui de la rencontre à la fin du siècle dernier. Celui de l'hégémonie des industriels de Roquefort en Corse, période où la culture fromagère traditionnelle corse est bouleversée alors que celle de l'industrie du Roquefort est à son apogée. Celui, enfin, courant des années 1970 à nos jours, qui serait le temps du repli de la fabrication du roquefort et de la redécouverte du patrimoine régional corse, tant par les Corses que par les industriels de Roquefort. »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 10 septembre 2014 3 10 /09 /Sep /2014 00:09
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Fastoche d'être de gauche extrême pour les baby-boomer, jusqu'en 1981 c'est la droite qui a tenu les manettes sans discontinuité et quand le père Mitterrand s'est pointé avec ses 101 propositions toutes droites issues d'un programme commun un peu édulcoré, et que nos vieux potes communistes non révisés, qui venaient de prendre une déculottée, se sont précipités place de la Bastille, ha Pierre Juquin !, pour fêter la victoire. 

1983, patatras : virage sur l'aile et roule Mimile... Mais ils sont où les Emmanuelli ? Au gouvernement, bien sûr !

En 1988, c'est la France Unie, l'ouverture, Rocard à Matignon, l'horreur de l'horreur, comme un soupçon de social-démocratie.

Et puis vint Jospin avec sa gauche plurielle, Mélanchon ministre tout comme le petit Paul, que des révoltés, des frondeurs, des petits gars héritiers du père François, un marxiste convaincu comme chacun sait.

Enfin nous y voilà, au dernier épisode, celui que nous vivons aujourd'hui, la gauche de la gauche biche, elle n'aime rien tant qu'un retour vite fait bien fait dans l'opposition, ce qui ne saurait tarder.

Vu mon grand âge je n'aurai pas la chance de voir aux manettes une grande union des gauches de la gauche : de Duflot à Mélanchon en passant par le brave Pierre Laurent le fils de son père fidèle partisan du socialisme réel au bilan globalement positif.

Je n'ai toujours pas compris comment ça marcherait avec eux, ils ne m'ont jamais vraiment expliqué, ils adorent le pouvoir de dire non, ce qui après tout une manière de gouverner.

Je plaisante à peine, alors retournons aux mannes de ce cher Jules Méline qui a son portrait de Ministre de l'Agriculture dans la galerie Sully link, là où j'ai débuté ma vie de petit gris de cabinet au temps de Rocard qui lui aussi y est en photographie.

La gauche de la gauche je connais : de la Conf'Pé à la FSU je me l'a suis tapée sans pour autant percevoir ce qu'ils attendaient du pouvoir. 

Je suis un affreux et indécrottable réformateur, je ne crois pas à la révolution par les urnes, soit on renverse la table, soit on gère au mieux. Certes ça n'est pas très glorieux mais il faudra un jour qu'on m'explique ce que veulent les Français, à mon avis que tout change pour que rien ne change.

Reste le bon vieux protectionnisme, et c'est là que le bon Jules ressort de sa naphtaline. 

2 articles du Monde afin d'éclairer vos lanternes :

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Jules Méline (1838-1925), chantre du protectionnisme LE MONDE | 29.08.2014 à Pierre Bezbakh (maître de conférences à l'université Paris-Dauphine) link

Un sixième cycle de négociations engagées entre les Etats-Unis et l'Union européenne à propos d'un accord de libre-échange étendu entre les deux zones économiques s'est achevé à la mi-juillet.

Certains y voient l'occasion de stimuler la concurrence porteuse de baisse de prix, de progrès technique et de spécialisation accrue de chacun dans ses domaines de compétence, alors que d'autres mettent en avant les effets pervers de ce « grand marché transatlantique » : la victoire des grosses entreprises sur les petites, la perte d'indépendance économique des deux zones, la standardisation de la production, la concurrence déloyale pratiquée par ceux qui utilisent tous les moyens pour réduire leurs coûts de production.

Un domaine d'activité inquiète particulièrement les Européens : l'agriculture, en raison de pratiques tolérées outre-Atlantique mais proscrites dans la plupart des pays européens (viandes issues de bêtes élevées aux hormones ou soignées aux antibiotiques, poulets lavés au chlore, utilisation des OGM dans la culture des végétaux…).

Ce refus d'accepter l'entrée de ces produits sur le sol européen, justifié d'un point de vue sanitaire, peut toutefois être considéré comme une sorte de protectionnisme non tarifaire condamné par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et par ceux qui défendent les vertus du libre-échange.

CARRIÈRE D'AVOCAT

Cette question du protectionnisme agricole s'est déjà posée en France à la fin du XIXe siècle, alors que les produits agricoles nord-américains commençaient à inonder l'Europe, et que l'agriculture française connaissait diverses difficultés.

Le Royaume-Uni avait fait le choix du libre-échange depuis les années 1840 en abolissant les Corn Laws (« lois céréalières ») qui protégeaient ses céréaliers, en application des idées ricardiennes – d'après l'économiste britannique libéral David Ricardo (1772-1823) –, selon lesquelles l'élimination des droits de douanes sur le blé permettait la baisse des salaires ouvriers, très dépendants du prix des denrées alimentaires, et la hausse des profits, sources d'investissements.

En France, après une période également orientée vers le libre-échange (comme en témoignent le traité franco-anglais de 1860 et ceux passés avec la Belgique en 1861 et la Prusse en 1862), les lois Méline allaient au contraire renforcer la protection de l'agriculture française.

Jules Méline (1838-1925) a commencé une carrière d'avocat à la fin du Second Empire ; puis il a été membre de la Commune de Paris en mars 1871 et élu député des Vosges en 1872 ; il est devenu sous-secrétaire d'Etat à la justice et aux cultes de décembre 1876 à mai 1877, puis ministre de l'agriculture dans le gouvernement présidé par Jules Ferry de février 1883 à avril 1885, et président de la Chambre des députés d'avril 1888 à novembre 1889.

C'est en tant que rapporteur général à la Chambre des députés qu'il a défendu le projet de loi protectionniste de 1892 et qu'il a fait voter celle de 1894 créant les sociétés locales de crédit agricole, permettant de financer les investissements paysans. Il est devenu ensuite président du Conseil d'avril 1896 à juillet 1898, étant en même temps ministre de l'agriculture, a fait voter une nouvelle loi protectionniste en 1897, a été candidat malheureux à l'élection à la présidence de la République en 1899, et est redevenu ministre de l'agriculture durant la première guerre mondiale, d'octobre 1915 à décembre 1916.

INSUFFISANCE DE DÉBOUCHÉS

Elu sénateur des Vosges en 1903, il le restera jusqu'à sa mort. Il a laissé deux ouvrages exprimant sa pensée : Le Retour à la terre et la surproduction industrielle (Hachette, 1905) et Le Salut par la terre et le programme économique de l'avenir (Hachette, 1919).

C'est dans ces livres qu'il a précisé le sens de la politique économique qu'il a appliquée durant ses années de responsabilité ministérielle. A ses yeux, les pays capitalistes industriels souffraient d'une insuffisance de débouchés pour leur production, ce qui réduisait le désir de fabriquer et de créer des emplois ; de plus, la France devait faire face à l'arrivée de denrées provenant de peuples jeunes, favorisés par la nature, un sol vierge, une main-d'oeuvre bon marché, l'insignifiance des charges fiscales.

La solution était le protectionnisme, principalement agricole car, disait-il, « il ne reste plus qu'un seul champ d'action et d'expansion capable d'absorber toutes les forces sans emploi (…), c'est la terre (…), qui ne laisse jamais mourir de faim ceux qui l'aiment et se confient à elle… Donc, retournons à la terre et dirigeons de ce côté le plus que nous pourrons l'attention du grand public ».

Ainsi, la loi de 1892 créait un tarif douanier minimal appliqué aux produits venant de pays avec lesquels la France avait passé une convention commerciale, et un tarif général maximal dans le cas contraire. La loi de 1897, dite « du cadenas », autorisait à relever davantage les droits sur les importations en cas de surproduction, ce qui se produira à plusieurs reprises.

Au total, ces tarifs protectionnistes maximums seront compris entre 15 % et 30 %, et seront plus élevés sur les importations de produits agricoles que sur les produits industriels. Ils toucheront plus particulièrement la viande, le vin et les céréales. Mais, en moyenne, ces droits agricoles ne seront que de 22 % en 1905 et de 18 % en 1910.

MENACE DES ETATS-UNIS

En ce qui concerne les produits industriels, ils resteront compris entre 10 % et 12 % au début des années 1900 et pour l'ensemble des importations ils n'excéderont guère les 10 %. Le protectionnisme français est resté donc relativement limité, surtout en comparaison des droits américains relevés alors à environ 50 %.

Pour ses opposants, il aurait retardé la modernisation de l'agriculture française en freinant le progrès technique, le remembrement des exploitations, la spécialisation agricole, comme cela se produisait dans les pays « ouverts » (comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Danemark) ; il aurait maintenu les prix agricoles élevés et limité l'exode rural, ce qui aurait pesé sur les salaires et handicapé l'industrie.

A l'inverse, les défenseurs du protectionnisme considèrent qu'il a permis de sauver l'agriculture française, menacée d'être ruinée par les produits alimentaires venant des Etats-Unis. Ils font aussi remarquer que le protectionnisme « mélinien » n'a pas empêché la France de connaître au début du XXe siècle un essor industriel remarquable : elle a été en 1913 le deuxième producteur et le premier exportateur mondial d'automobiles, et son solde commercial industriel est passé de 11,4 % de la valeur de la production industrielle à 13,3 % entre 1885-1894 et les années 1905-1913 (Jean-Charles Asselain, Histoire économique de la France, vol. 1, Seuil, 1984).

Contrairement à l'espoir de Méline, le retour à la terre ne constitue peut-être pas l'avenir des pays industriels, mais le savoir-faire agricole est un élément du patrimoine d'une nation, qui pérennise les traditions culinaires, maintient des emplois, attire des touristes et évite une trop grande standardisation des modes de vie.

⦁ Pierre Bezbakh (maître de conférences à l'université Paris-Dauphine) 

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Dans les archives du « Monde »: Jules Méline et la naissance du Crédit agricole link
LE MONDE | 29.08.2014  Charles-Emmanuel Haquet

La croissance de la population urbaine au XIXe siècle provoque une augmentation de la demande en produits de la campagne. Il faut moderniser une agriculture peu rentable. Les pouvoirs publics prennent alors conscience de l'inadaptation du système bancaire au monde paysan.

Une première banque de crédit agricole est fondée en 1860 à l'initiative de Napoléon III sur le modèle du crédit foncier. Tentative malheureuse, puisque la société est dissoute en 1876 à la suite de spéculations aventureuses.

La loi du 24 mars 1884, en reconnaissant les syndicats, autorise la constitution de sociétés mutuelles de crédit. En 1885, la première caisse de crédit purement agricole voit le jour à Poligny, dans le Jura (…).

Le 5 novembre 1894, Jules Méline fait voter une loi qui s'inspire du schéma mutualiste mis en place en Allemagne. En donnant un statut aux caisses mutualistes locales, le gouvernement français signe l'acte de naissance du Crédit agricole qui sera, pour reprendre les termes de son fondateur, «construit par le bas, et non par le haut».

En 1897, seules 75 caisses locales ont été créées. Emprunter n'est toujours pas entré dans les moeurs du monde paysan. Sauf exception, l'épargne drainée est insuffisante pour faire des prêts et le mouvement est menacé d'étouffement. Un financement externe devient nécessaire.

Jules Méline se décide alors à faire intervenir l'Etat. Cette même année, une loi impose à la Banque de France le paiement au Crédit agricole d'une avance de 40 milliards de francs-or et d'une redevance annuelle si elle veut se voir renouveler le privilège d'émission dont elle bénéficiait. Les fonds sont gérés par des caisses régionales.

Créées par la loi du 31 mars 1899, celles-ci jouent un rôle d'intermédiaire entre les caisses locales et le ministère de l'agriculture qui délivre les subsides. « Cette intervention financière étatique fonde le développement du Crédit agricole », explique André Gueslin (Le Crédit agricole, La Découverte, 1985).

PYRAMIDE MUTUALISTE

A la veille de la Grande Guerre, pratiquement tous les départements disposent d'une caisse régionale ; plus de 4 500 caisses locales se répartissent les 240 000 sociétaires attirés par le mouvement, autorisées, à partir de 1910, à distribuer des crédits à long terme aux petits exploitants et des avances aux coopératives et assurances mutuelles agricoles.

Le projet initial prévoyait la mise en place d'un organisme central une fois la majorité financière atteinte. Or, en 1920, près de 60 % des ressources sont encore d'origine étatique (…). Le 5 août 1920, le sénateur Etienne Clémentel fait voter une loi qui va doter l'institution d'un organe de gestion et de coordination interrégional, l'office national du crédit agricole, qui devient la caisse nationale en 1926.

La pyramide mutualiste à trois niveaux est enfin achevée. Elle présentera longtemps la particularité d'associer une structure régie par le droit privé, les caisses locales et régionales, à un établissement de droit public, la caisse nationale. Hormis son rôle de réglementation, cette dernière a pour mission de répartir la collecte réalisée à l'échelon local et remontée jusqu'au sommet. Ce système de péréquation a été l'un des moteurs du développement du Crédit agricole en France (…).

La loi de mutualisation du 18 janvier 1988 donne à la caisse nationale un statut de société anonyme alors qu'un décret de 1991 supprime les dernières limites de compétence de l'établissement. Le Crédit agricole devient maître de son destin.

« Le Monde » du 27 septembre 1994
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 9 septembre 2014 2 09 /09 /Sep /2014 09:00

Ça castagne dur sur la Toile, ça dézingue sec à qui mieux mieux, David contre Goliath, dans le viseur les foires aux beaux vins des Mammouths qualifiées par l’Antonin plus Vindicateur que jamais de foire ovins link


Première remarque : pourquoi tant de haine et de mépris pour nos braves animaux de la ferme, ils ne sont en rien responsables que les Français soient des veaux.


Deuxième remarque : pourquoi en parler lorsqu’on est contre c’est le meilleur moyen de leur faire de la publicité, principe élémentaire de la réclame selon feu Marcel Bleustein-Blanchet.


Troisième remarque : s’il y a des foires aux vins c’est qu’il y a des clients pour ça en vertu du grand principe qu’à Paris les vendeurs à la sauvette vendent des petites Tour Eiffel, idem à Pise pour la tour éponyme… Pas la peine de s’époumoner, de vitupérer, c’est aussi inutile que le refus de certains libraires de vendre le torchon de Valérie Trierweiler.


Votre Taulier jamais en reste d’une provocation préfère de loin le concept de Foire aux voleurs.


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Normal il est né au pays du bon beurre !


Quand il était petit sa mémé Marie lui disait qu’elle allait l’emmener à la Foire aux voleurs de la Chaume le port des Sables d’Olonne. Prendre le car Citroën sur la place des Halles et nous voilà partis pour la foire aux voleurs…


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« L'origine de cette foire remonte au XIIIe siècle comme l'atteste la charte de Savary de Mauléon, prince de Talmont et seigneur d'Olonne. En effet, ce dernier « concède à la bienheureuse Marie, au prieuré Saint Nicholas de La Chaume et aux moines de Sainte Croix de Talmond, desservants de cette même chapelle le bénéfice pur et simple et à perpétuité de deux foires, l'une dans la fête de Saint Nicholas, pendant l'Avent du Seigneur, l'autre en la fête de la Translation, et qu'elles soient célébrées, chaque année, à perpétuité ».


Ces foires ne se déroulent cependant plus à La Chaume au XVIIIe siècle comme l'indique l'arrêt du Conseil d'État du 7 août 1753 ordonnant la réunion des bourgs des Sables et de La Chaume. Il y est écrit que « les habitans de la Chaume, [...] n'ont chez eux ny foire, ny marché, ny halles [...] ».


Pour autant, ces foires n'ont pas disparu car on retrouve leur trace dans la délibération du Conseil municipal du 3 août 1770. Cette année-là, les marchands de la ville font requête auprès du parlement pour faire défense aux colporteurs et marchands forains de venir vendre en ville en dehors des deux foires, la Saint Nicolas de mai et la Saint Nicolas de décembre  qui durent trois jours chacune et où l'on n'y vend que de la ferraille.


Interrompues lors de la période révolutionnaire, les deux foires reprennent sous le Premier Empire. En 1810, le maire prévient le public que les deux foires qui ont coutume d'avoir lieu dans cette commune les 10 mai et 7 décembre de chaque année se tiendront désormais au nouveau marché couvert (à l'emplacement des Halles Centrales).


Ces foires sont supprimées en 1829 par le Conseil d'Arrondissement comme en témoigne la demande du Conseil municipal qui « prie très instamment les autorités de rendre à la ville la petite foire qui s'y tenait à l'époque du 7 décembre, et qui a été supprimée avec celle du 7 mai, qui n'est pas réclamée ici [...] ».


Par la suite, la ville retrouve sa foire ancestrale. On la trouve ainsi mentionnée en 1864 dans le « Dictionnaire des communes de la France » d'Adolphe Joanne.


L'appellation « Foire des Voleurs » apparaît pour la première fois dans un article du Journal des Sables en 1891, avant d'être définitivement dénommée « Foire aux Voleurs » à partir de 1906.


L'origine du mot « Voleurs » suscite depuis longtemps la controverse : certains y voient la confiscation des foires chaumoises au profit des Sablais sous l'Ancien Régime ; d'autres, rappelant le contexte nocturne de la foire des temps anciens, insistent sur le fait que « telle personne qui croyait faire un bon marché dans un important achat, se trouvait toute désappointé lorsqu'au grand jour elle voyait que tout ce qu'elle avait acheté à la lanterne n'était que pure camelote...[...] ». Cette théorie induit donc que les marchands soient les fameux voleurs dont il est question...


Au début du XXe siècle, outre les vieux objets usagés, l'autre spécialité tant attendue est la fouace légendaire qui ne se vend que ce jour-là. Au cri de « À la fouace ! À la fouace ! Toutes chaudes les fouaces !... »link, les marchandes écoulent sans peine cette « petite galette feuilletée toute chaude que le mari galant s'empresse alors d'acheter à son épouse et que les enfants croquent à plaisir encore dans leur lit ». La dégustation n'en est que meilleure, paraît-il, lorsqu'elle est arrosée d'un petit vin blanc de l'année...


La foire s'est déplacée tout au long de son histoire. Primitivement à La Chaume, elle est transplantée par la suite en bord de mer sur le Remblai. Son transfert sur la place de la Liberté intervient dans la seconde moitié du XIXe siècle et ce, jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Depuis décembre 1940, elle a pris ses quartiers cours Dupont.*


En 1955, à la demande des commerçants du centre-ville, la municipalité décide de fixer la Foire aux Voleurs au 1er vendredi du mois de décembre de chaque année, avec faculté de prolongement le samedi et, éventuellement, le dimanche pour les attractions.


Depuis 1997, la Foire au Voleurs se concentre uniquement sur une seule journée. »

 

* le cours Dupont comme notre Jacques et voici le lien avec la foire ovins...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 9 septembre 2014 2 09 /09 /Sep /2014 00:09

Dans la foulée de mai 68 nous eûmes le grand bonheur de découvrir les Nouveaux Philosophes dont deux beaux spécimens sont encore connus de notre jeunesse inculte : BHL et André Glucksmann.


Le XXIe siècle, reléguant les nourritures spirituelles au rang des accessoires inutiles, porte sur le pavois de la renommée des maîtres-queue qui manient avec autant d’habileté le tartare de cabillaud que le communiqué de presse pour gogos.


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Alain Ducasse.[THOMAS SAMSON / AFP]

 

Un des maîtres, hormis l’omniprésent Thierry Marx, est sans conteste Alain Ducasse qui vient de nous gratifier lors de la réouverture du Plaza, l’une de ses nombreuses gargotes étoilées, d’un bel échantillon de ses hautes pensées sans doute concocté dans le salon VIP d’un aéroport international.


Pensez-donc notre homme vient d’expliquer à l’AFP par communiqué que « la planète a des ressources rares, il faut la consommer plus éthiquement, plus équitablement »


Notre chef vénéré et surmédiatisé, qui prône depuis longtemps la diminution des protéines animales ne jure plus que par la « naturalité », d’ailleurs va-t-il dans la foulée se mettre aussi aux vins natures. J’aimerais voir la tronche de Gérard Margeon son « Monsieur Vin » : vert !


Virage radical pour le nouveau Plaza: finie la viande, bienvenue la pêche de ligne durable, les céréales « bio, autant que faire se peut », légumes « du jardin de la Reine » cultivés au Château de Versailles.


« Le chef jongle avec les tendances végétariennes, locavores et environnementales dans son menu « jardin-marin ».


Mais le menu conserve son prix palace: 380€ hors boissons, il ne faut pas tout de même tomber dans le simplisme, pour défriser les permanentes et les moumoutes le sommelier d’Alain Laurent Roucayrol prévient : « Il ne faut pas avoir peur du vin rouge avec le poisson » pour accompagner le terre-mer « lentilles vertes du Puy, caviar doré, gelée d'anguille ».


Nous sommes face au chef de file de Nouveaux Révolutionnaires, version restauration : face à ses clients du CAC 40 Alain ne cèdera pas d’un pouce à la pression populaire « … pour les desserts au chocolat, au goût prononcé en cacao : on nous demande de la crème ou du caramel avec le chocolat... non, on ne va pas céder, maintient-il, sinon on est dans la globalisation. On mange tous le même gras, le même sucré ».


Face à une telle détermination nous sommes rassurés pour le devenir la planète et nos bonnes vaches qui pètent pourront tranquillement couler des jours heureux dans leur pré même que Ducasse cotisera pour leur assurer une bonne retraite.


Restent, hormis les moutons et autres volailles de tout acabits, nos cochons les sauvages comme les domestiques, que va-t-on en faire ?


Exilé en Corse depuis quelques jours je transmets quelques éléments de réponse corses à notre nouveau converti :


« … la manière dont Virgile Ordioni n’oubliait jamais de découper dans les entrailles fumantes du sanglier mort de fines lamelles de foie qu’il mangeait comme ça, toutes chaudes et crues, avec une placidité d’homme préhistorique, malgré les cris de dégoût auxquels il répondait en évoquant la mémoire de son pauvre père qui lui avait toujours enseigné qu’il n’y avait rien de meilleur pour sa santé. »


« … ils trouvèrent Virgile Ordioni occupé à châtrer les jeunes verrats regroupés dans un enclos. Il les attirait avec de la nourriture tout en poussant différents grognements modulés censés sonner agréablement à l’oreille d’un porc et quand l’un d’eux, envoûté par le charme de cette musique ou, plus prosaïquement, aveuglé par la voracité, s’approchait imprudemment, Virgile lui sautait dessus, le balançait par terre comme un sac de patates, le retournait en l’attrapant par les pattes arrière avant de s’installer à califourchon sur son ventre, enserrant dans l’étau implacable de ses grosses cuisses la bête fourvoyée qui poussait maintenant des hurlements abominables, pressentant sans doute qu’on lui voulait rien de bon, et Virgile, couteau en main, incisait le scrotum d’un geste sûr et plongeait les doigts dans l’ouverture pour en extraire un premier testicule dont il tranchait le cordon avant de faire subir le même sort au second et de les jeter ensemble dans une grande bassine à moitié remplie. Aussitôt l’opération terminée, le cochon libéré, faisant preuve d’un stoïcisme qui impressionna Matthieu, se remettait à manger comme si  de rien n’était au milieu de ses congénères indifférents qui passèrent l’un après l’autre entre les mains expertes de Virgile. »


« Virgile les rejoignait, la bassine sous le bras…


-       Alors les garçons, ça va ? on va manger ?


et Matthieu découvrit que la bassine contenait leur repas et il s’efforça de ne rien laisser paraître de sa surprise parce que ce monde était le sien, même s’il ne le connaissait pas encore tout à fait, et chaque surprise, si rebutante fût-elle, devait être niée sur-le-champ et transformée en habitude, bien que la monotonie de l’habitude fût justement incompatible avec la délectation que ressentait Matthieu à se gaver de couilles de porc grillées au feu de bois… »

 

Extrait de Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari prix Goncourt 2012


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Lire aussi : « Brochettes de couilles d’agneau et merguez à la sauce tomate et le vin qui va avec. » chronique du 6 février 2010 link

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Lundi 8 septembre 2014 1 08 /09 /Sep /2014 09:47

Dur, dur de n’être que la femme de… les mecs  vont à l’avenir expérimenter le statut inverse… Encore plus difficile lorsqu’on n’est qu’une concubine… Il fallait être Ségolène pour avoir l’audace de griller la politesse à son concubin lors de la présidentielle de 2007. Les officielles de tante Yvonne à Anne-Aymone la potiche, j'oubliais Claude injustement traînée dans la boue de l'affaire Markovitch, en passant par Danièle la militante alter ignorant la paternité de Mazarine, puis par l’impérieuse Bernadette « c’est elle ou moi ! » à propos de Marie-France Garaud,  avec enfin le feuilleton de Nicolas : en 1982 il épouse sa première femme, Marie-Domi­nique Culioli, avec laquelle il a deux enfants, Pierre et Jean. En 1996 il divorce et épouse Céci­lia Ciga­ner-Albé­niz, l’ex-femme de Jacques Martin dont il est tombé éper­du­ment amou­reux. Ensemble, ils donnent nais­sance à Louis. Il est le premier président en exer­cice à divor­cer. Il se marie pour la troi­sième fois avec l’ex-mannequin deve­nue chan­teuse, Carla Bruni, avec laquelle il a une fille, Giulia, née en 2011.


La seule égalité entre Nicolas et François est le nombre d’enfants : 4, avec une différence notable : 3 mères pour le premier, 1 seule pour notre infidèle en scooter.


Bref, être la femme de… ne confère aucune légitimité… il faut arrêter de nous gonfler avec un soi-disant statut de première dame car ça donne ça :


« Parfois, rien à faire, on éclate de rire. Elle raconte qu’à un Noël des enfants, à l’Elysée, elle invite des petites orphelines et une jeune paralytique en fauteuil.

Je demande à la directrice du cabinet du Président, Sylvie Hubac, la permission d’acheter six sacs de la créatrice Vanessa Bruno, dont les adolescentes des beaux quartiers raffolent.
– Mais c’est cher, prends plutôt des imitations, me répond-elle.
Comme quoi on peut avoir fait l’ENA et manquer de bon sens.
– Sylvie, c’est impossible ! Nous sommes à l'Elysée nous ne pouvons pas offrir de la contrefaçon !

C’est beaucoup plus drôle que les sans-dents ! Chaque phrase de cette histoire est une merveille.


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C’est Jacques Drillon critique littéraire au Nouvel Obs.qui a lu « Merci pour ce moment » qui le dit. Verdict: tout le monde n'est pas Marcela Iacublink


« Selon les informations de Femme Actuelle, c’est l’écrivain Laurent Binet qui lui aurait donné un coup de main. Ce dernier a tout de même remporté le prix Goncourt du premier roman en 2010 pour HHH et publié (en 2012) un ouvrage sur les coulisses de la campagne présidentielle de François Hollande (intitulé Rien ne se passe comme prévu). »


C’est vachard à souhait tout comme la Chronique d’HERVÉ GATTEGNO « Elle était illégitime à l'Élysée, Valérie Trierweiler est indigne en librairie »

 

« Toute cette histoire est lamentable, du début à la fin. La façon dont Valérie Trierweiler s'est arrogé une place dans le dispositif présidentiel, dont elle s'est servie de sa position pour intervenir dans le champ politique, tout annonçait ce vaudeville pitoyable. Par vengeance, par jalousie, par mesquinerie, elle ajoute l'indignité à l'indécence avec ce qui n'est rien d'autre qu'un sordide règlement de comptes personnel, qui n'a rien à faire sur la place publique. J'ai lu qu'elle avait envisagé d'appeler son livre L'illégitime. Elle aurait mieux fait de garder ce titre, parce qu'il qualifie parfaitement sa démarche. Ou encore mieux : de ne pas le publier. » link


Enfin une analyse plus sereine La triple faute de Valérie Trierweiler par Ariane Bonzon journaliste sur Slate.fr


« Lors de l’affaire DSK un de mes amis, qui n’avait pourtant rien à voir directement avec cette histoire, m’avait dit qu’il se sentait lui aussi touché: «J’ai honte à trois titres: en tant qu’homme, en tant que juif et en tant que libertin.» Chacune de ces identités impliquant chez mon ami une certaine exigence éthique. Comme si l’opinion qu’il avait de lui-même avait été bafouée par DSK, homme, juif et libertin. » link


 

 

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