Billet

Jeudi 18 décembre 2014 4 18 /12 /Déc /2014 00:09

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Au début de cette semaine j’ai quitté mes douillets chaussons pour aller faire le bourguignon le temps d’une journée.


Qu’ai-je fait de cette journée ?


J’ai marché, beaucoup ; merci les taxis de province !


J’ai écouté, beaucoup ; merci aux présidents !


J’ai échangé, beaucoup ; merci pour ce moment fort intéressant !


Enfin, lorsque la nuit commençait à tomber, après un court parcours en Bombardier, j’ai gagné Nuits.


Pas gai, gai, le quartier de la gare de Nuits… pas âme qui vive… pas de taxis non plus… marcher c’est bon pour la santé… un hôtel de lisière pour voyageurs solitaires… ce n’est pas mon cas car ma soirée je l’ai passée à cultiver l’amitié mais ça c’est du domaine privé.


À bâtons rompus*, j’aime cette expression appliquée à une conversation qui n’a nul besoin d’ordre du jour car elle reprend le fil d’échanges sur la toile, s’insère dans une communauté de pensée, marque la trame d’une empathie mutuelle.


Nous parlons du vin bien sûr, mais pas que ; le vin est là, en présence visible, le vin bu, qui, sans être au centre, accompagne, sollicite, fluidifie la conversation.


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Leur Métier : vigneronne et vigneron chacun de leur côté, et puis dans notre conversation se glisse cette affirmation 100 fois assénée par le petit monde du vin : « le métier de vigneron est le plus beau métier du monde… »


Image d’Épinal masquant une réalité plus dure, moins idyllique, où la souffrance physique et morale marque les vies de jeunes hommes encore sous le joug familial.


Ça m’a rappelé ma Vendée natale.


Mais là-bas, comme les haies du bocage, ce huis-clos a été emporté par le flux de cette modernité si souvent vilipendée. Ici, nous sommes dans la pérennité pas facile de « faire bouger les lignes quand la sédentarité se décline en siècles. »


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Vous me connaissez, ça ma turlupiné, alors sitôt rentré j’ai consulté la Toile pour y glaner au hasard ce type d’affirmation.


1-     Un ancien industriel reconverti « C’est le plus beau métier du monde, parce que c’est un métier complet. On produit, on fait du marketing et on fait de la vente. Ce qui est compliqué c’est qu’il faut faire plaisir au consommateur sans renier le terroir ni son envie de faire du vin »


2-   35 vignerons belges « Bien sûr, c’est un sentiment extraordinaire de se lever le matin, voir que le soleil est déjà haut dans le ciel, se balader dans le vignoble, flanqué d’un chien qui remue la queue. Tout cela en sachant que l’on exerce sans doute le plus beau métier du monde, celui de vigneron. On fait du vin depuis des siècles de la même façon, mais chaque année différemment. Qu’y a-t-il de plus passionnant ? »


3-   Un vigneron  « Quand on a la passion c'est le plus beau métier du monde… »


4-   Pierre Bonte « Au troisième verre de Saumur 90, il m’a dit avec conviction « Vigneron c’est le plus beau métier du monde ! » sans doute l’euphorie du moment le portait-elle à l’exagération. Il en est d’autres tout aussi exaltants. Mais c’est à coup sûr le plus beau métier de la terre… Je veux dire que, de tous ceux qui travaillent la terre, le vigneron est certainement celui qui en retire le plus de plaisir. Le producteur de blé, de pommes de terre ou de maïs est content quand il a fait une bonne récolte, mais ça ne va pas au-delà. Il n’a pas le privilège de pouvoir accompagner son produit jusqu’à la transformation finale et de le signer, comme un créateur. Le bon vin réjouit le cœur de l’homme, mais avant tout celui qui le fait. C’est pourquoi les pays de vigne m’ont toujours paru plus gais, leurs habitants plus ouverts, plus « causants ».

Les viticulteurs ont eu la chance, en outre de sortir à peu près indemnes des grands bouleversements que vient de subir l’agriculture. La plupart des exploitations sont restées familiales, à taille humaine, parce qu’il est encore possible de vivre de la vigne sur des surfaces modestes, dans les zones d’appellation contrôlée. Oui, en dépit de toutes les difficultés du métier, le vigneron est le plus heureux des paysans. »

 

 

5-    L’ami François Desperriers qui sait de quoi il parle du fait de sa trajectoire personnelle et de ses origines bourguignonnes : Le métier de vigneron…un artiste en équilibre sur le fil tendu de la rentabilité dans un cirque médiatique

 

«  Vigneron est sans doute l’un des plus beaux métiers comme l’un des plus ingrats. A la fois créateur et vendeur de vin, le vigneron doit savoir rester en équilibre sur le fil tendu de la rentabilité. Parfois tout se passe bien avec un millésime de rêve et parfois la traversée se révèle être un cauchemar avec des difficultés parfois insurmontables. Les sociétés d’entraides que l’on voit défiler le jour de la Saint-Vincent sont là pour nous rappeler que la solidarité entre vignerons ne date pas d’hier: un décès, une maladie ou un accident et les collègues étaient présents pour soutenir le vigneron dans une mauvaise passe. » link


 Tous les éléments d’une réflexion sont sur la table, à vous de vous vous en emparer pour vous faire opinion, dépasser les éléments de langage de la communication.


Sans vouloir conclure, je me permets d’évoquer Albert Camus qui exerça le métier de journaliste à l’Alger républicain, au Soir républicain, à Combat et à L’Express Albert Camus qui considérait les journalistes comme des «historiens au jour le jour, dont le premier souci est la vérité» et le journalisme comme « le plus beau métier du monde » en justifiant son affirmation « parce qu'il vous force à vous juger vous-même »


 

* L'origine de cette expression reste floue. Cependant, certains pensent qu'elle date du Moyen Age. En effet, à cette période, "bâtons rompus" renvoyait à des tapisseries ayant des bâtons entremêlés en motifs. Mais il est plus probable que cette expression vienne de la fanfare militaire où elle signifiait donner deux coups de baguettes successifs sur un tambour.

 

Les photos de Janine Niepce ont été réalisées à partir de 1947 in Les Vendanges chez hoëbeke texte de Bernard Clavel


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Mercredi 17 décembre 2014 3 17 /12 /Déc /2014 00:09

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Marguerite Duras aimait faire la cuisine et l’affirmait volontiers avec un plaisir non-dissimulé… C’est ce qu’affirme Michèle Kastner l’auteur de la Cuisine de Marguerite Une cuisine populaire «  Je n’ai pas du tout la prétention de faire une cuisine extrêmement raffinée… Je fais  une très bonne cuisine mais c’est tout… » et conviviale… « Je ne suis pas très expansive, mais les gens ne se trompent pas là-dessus parce que je leur donne à manger… Je ne dis pas que je les aime, je ne les embrasse pas, je ne suis pas quelqu’un de tendre, alors je fais à manger pour les autres… »


« Vous voulez savoir pourquoi je fais la cuisine ? Parce que j’aime beaucoup ça… C’est l’endroit le plus antinomique de celui de l’écrit et pourtant on est dans la même solitude, quand on fait la cuisine, la même inventivité… On est auteur. »


« À Neauphle, souvent je faisais la cuisine au début de l’après-midi. Ça se produisait quand les gens n’étaient pas là […] C’était à ces moments-là de ma vie que je voyais clairement que je les aimais et que je voulais leur bien. La sorte de silence qui suivait leur départ je l’ai en mémoire. Rentrer dans ce silence  c’était comme rentrer dans la mer. C’était à la fois un bonheur et un état très précis d’abandon à une pensée en devenir, c’était une façon de penser et de non penser peut-être – ce n’est pas loin – et déjà, d’écrire… »


La soupe aux poireaux


« Dans les maisons son odeur se répand très vite, très fort, vulgaire comme le manger pauvre, le travail des femmes, le coucher des bêtes, le vomi des nouveau-nés. On peut ne vouloir rien faire et puis, faire ça, oui, cette soupe-là : entre ces deux vouloirs, une marge très étroite, toujours la même : suicide. » 


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La liste de Marguerite


« À Neauphle-Le-Château, dans ma maison de campagne, j’avais fait une liste de produits qu’il fallait toujours avoir à la maison. Il y en avait à peu près vingt-cinq. On a gardé cette liste, elle est toujours là, parce que c’était moi qui l’avais écrite. Elle est toujours exhaustive. La liste est toujours là, sur le mur. On n’a ajouté aucun autre produit que ceux qui sont là. Aucun des cinq à six cents nouveaux produits qui ont été créés depuis l’établissement de cette liste en vingt ans, n’a été adopté. »


Le manque de Marguerite


« Je ne supporte pas du tout, qu’il n’y ait rien à manger à la maison… Si vous voulez, c’est un petit peu… étrange ça, chez moi… Il manque par exemple des œufs ou bien il manque du beurre ou il manque  des fruits, ça me torture. Il me semble que c’est toute la maison, qui est atteinte, qui penche, qui penche comme les fleuves de mon enfance pour aller vers l’océan… qui va à vau-l’eau, parce qu’il manque une chose vitale… »


Un beau, un élégant petit livre comme je les aime : Duras La cuisine de Marguerite chez Benoît Jacob 9€.


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Indispensable !


À glisser dans les souliers de votre aimé (e)

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Mardi 16 décembre 2014 2 16 /12 /Déc /2014 00:09

Nous allons bientôt aborder la séquence des fêtes de fin d’année avec au final les vœux de bonne et heureuse année 2015.


Il m’a donc semblé intéressant de m’interroger sur qui sont « les gens heureux » dont on dit qu’ils n’ont pas d’histoire.


« Quatre sortes de personnes dans le monde : les amoureux, les ambitieux, les observateurs et les imbéciles. Les plus heureux sont les imbéciles. »


Hippolyte Taine, Notes sur Paris Vie et opinions de Frédéric-Thomas Graindorge, Hachette, 1867


« Dira-t-on bientôt « heureux comme un...Français ? ». La question peut se poser à en croire un sondage BVA de juin  2013 réalisé pour Le Monde.  


« Certes 59% des Français n'ont pas confiance en l'avenir du pays, mais sur le plan personnel, plus de huit sondés sur dix assurent ainsi qu'ils sont heureux. »


« Ce n'est plus dans les grandes aventures collectives que les Français puisent leurs raisons d'espérer, mais dans un certain repli sur soi-même.


Les Français chercheraient à la fois la convivialité et le partage, qu'on retrouve dans l'usage grandissant des réseaux sociaux, tout en restant très attachés à «moi, ma tribu, ma famille, mes amis, potes de travail, mon club», selon le sociologue Bernard Cathela. Il ajoute que les Français sont en quête d'un mode de vie plutôt «cocooning»: «profiter de tous les petits bonheurs de la vie que l'on peut partager avec les siens, au jour le jour».link

 

3 pistes pour être heureux :


-         Faire la vaisselle : alors heureuse ?


« Faire la cuisine, les courses, le ménage, la vaisselle rend les hommes heureux. On ne rigole pas, c’est la prestigieuse université de Cambridge qui le dit : le bien-être des hommes est lié au temps passé à collaborer aux activités domestiques ! Grâce à cette collaboration, le mâle est plus à l’aise, moins stressé, en un mot plus heureux. Qui l’eût cru… Les scientifiques pensent qu’il s’agit là de la conséquence de l’évolution des mœurs qui amènerait les hommes à culpabiliser quand ils restent les bras croisés à  regarder leurs compagnes briquer, frotter, lustrer. Et un homme plus heureux,  c’est moins de disputes de couple. Si c’est Cambridge qui le dit… »


-         Payer des Impôts : l’impôt fait le bonheur


« Le 2 avril 2012, un débat intitulé « L’impôt heureux, c’est possible ! Comment rééquilibrer les finances publiques par le renforcement du consentement à l’impôt » était organisé à l’Assemblée Nationale. Mazette ! Entre scandales liés aux paradis fiscaux et autres Cahuzaqueries, on aurait presque oublié les 99,99% de contribuables « normaux » et la façon dont l’impôt affecte leur vie et leur bien-être individuel.


On a tous notre petit avis là-dessus, mais une enquête allemande arrive à la conclusion suivante : le contribuable est heureux s’il a la sensation qu’une partie de l’impôt qu’il verse lui revient sous forme de biens ou de services publics ou aide véritablement les plus pauvres. Dans ces conditions seulement, l’impôt renforce le sentiment collectif. Des résultats qui corroborent ceux d’une étude parue en 2007 dans la revue Science et qui montrent que les contributions volontaires (de type don) quand l’individu sait que sa participation est utile à la société et sert une bonne cause. Voilà, voilà… »


-         S’offrir 35 mn de bonheur en :

 

1-     Faisant valser Claudia Cardinale, comme Burt Lancaster dans Le Guépard (Luchino Visconti, 1963)


2-   Matant une fille à la robe plus que suggestive en train de laver sa voiture, comme Paul Newman et ses compagnons de chaîne dans Luke la main froide (Stuart Rosenberg, 1967)


3-   Donnant du feu à Laureen Bacall, comme Humphrey Bogart dans Le Port de l’angoisse (Howard Hawks, 1944)

 

Vous pouvez donc offrir ou vous faire offrir ou vous offrir tout court : Miscellanées à l'usage des gens heureux (ou désirant le devenir) d'Agnès Michaux&Anton Lenoir chez autrement, les citations précédentes en sont issues.

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Lundi 15 décembre 2014 1 15 /12 /Déc /2014 00:09

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Ma chère Claire,


Ce vendredi gris, pluvieux, venteux ne me plaisait guère, j’allais devoir laisser ma flèche d’argent au garage et me résoudre à emprunter nos bétaillères parisiennes pour aller faire ma moisson de livres.


Douché je descendais quérir mon courrier. Plaisir, comme chaque mois, dans ma boîte aux lettres, le facteur venait d’y déposer LeRouge&leBlanc.


Allais-je y trouver mon miel ?


Un simple coup d’œil sur la couverture me donnait la réponse… À la rencontre de… Claire Naudin même que François Morel en faisait le titre de son édito : Rencontres…


Notre rencontre à nous, ma chère Claire, date du 24 juin 2008 Paroles simples d'une vigneronne bourguignonne sur la typicité... link et Mes Riches heures en Bourgogne 2, Claire Naudin-Ferrand : vigneronne passionnée des « Hautes-Côtes ». link


Sitôt remonté avec mon courrier, face à mon écran, hasard du calendrier de l’Avent de Rue89, il m’offre « Lucia di Lammermoor » de Donizetti avec Maria Callas


Ça va bien à mon écriture et me rappelle ce temps où face au conservatisme, au diktat des dominants, à l’arrogance des sachants, j’ai, au mieux que je le pouvais, accompagné tes doutes, tes angoisses et tes justes colères… Dans ces échanges j’ai beaucoup appris, je me suis remis en  cause, j’ai dépassé le simple « je comprends » pour m’engager.


Paul Hayat, le note avec justesse « L’évidence, c’est que les vins de Claire ne laissent pas indifférents, certains n’y retrouvent pas la sève des vins de Bourgogne et vous renvoient tranquillement que toute cette énergie est dépensée pour rien !


Il est inévitable, quand on se tient en marge, de ne pouvoir plaire à tous. Plus grave est le risque, d’année en année, pour ces vins en vendange entière et vinifié sans soufre, de ne pas obtenir l’agrément. En Bourgogne, encore plus qu’ailleurs, perdre l’AOC peut vous mettre en grand danger financier. Claire, comme malheureusement trop peu de vignerons bourguignons, se bat pour faire évoluer les critères d’attribution. En cas de refus, elle sait qu’elle ne reviendra pas en arrière, qu’elle ne suivra pas le chemin de ceux qui ont renoncé pour des raisons économiques. »


Oui, Claire, pas facile de « faire bouger les lignes quand la sédentarité se décline en siècles. »


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« Du plaisir et de l’évidence ressentis, l’intuition du goût recherché pour les Hautes-Côtes est là comme une articulation intime autour duquel tout le travail va s’organiser : un discernement nouveau qui permet de juge, de comparer, qui permet enfin d’oser « ne pas faire ce que l’on ne comprend pas. », oser choquer et générer en soi et autour de soi de fortes inquiétudes et malgré tout, tenir bon. »


Prendre le temps de trouver sa manière n’est jamais perdre son temps, la vie est faite de temps longs comme de temps courts comme ce que tu confies à Paul Hayat de la tension qui a précédé la vinification de 2014.


Comme je comprends ton désir profond de ne rien imposer et ton souhait de te faire « adopter » par tes vignes. Tu préfères les accompagner…


Merci à mes amis du LeRouge&leBlanc de cette approche sensible, discrète, loin des gros tambours des masters class, des amasseurs de notoriétés bien assises, des qui ne butinent que sur des vins au pedigree établis. Faire entendre la différence, permettre qu’elle s’immisce dans un monde formaté, c’est sans aucun doute le moyen le plus sûr de défendre l’enchantement du Pinot de Bourgogne.


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Comme ton père j’écris « Orchis, c’est comme j’aime »


Aujourd’hui, 6 ans après, je suis de nouveau à Beaune pour l’AG du BIVB…


Bonne journée Claire.


Avec mon meilleur souvenir et ma fidèle amitié.


JB

 

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Dimanche 14 décembre 2014 7 14 /12 /Déc /2014 00:09

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François Mitterrand, ce grand Florentin, élevé au lait des curés à  Sainte-Marie de Jarnac, adepte de l’ambiguïté la plus subtile et la plus féroce, visait juste lorsqu’il faisait remarquer à ses interlocuteurs « Ne vous y trompez-pas, l’extrême-droite est aussi dans la droite ».


Parole d’expert, il en venait.


Lorsqu’il prit d’assaut la vieille gauche moribonde héritière de la  SFIO il appliqua le même calque à l’extrême-gauche, celle qui maniait avec hauteur et suffisance la vulgate marxiste : le CERES de Chevènement. Au fameux congrès fondateur d’Épinay c’est avec l’appui de Deferre le centriste et de Chevènement le néo-marxiste qu’il vira ce pauvre Savary.


Oui « Ne vous y trompez-pas, l’extrême-gauche est aussi dans la gauche»


Mais le fait nouveau aujourd’hui c’est que sous les décombres du débat d’idées se cache une étrange porosité entre les deux extrêmes. Sous le couvert de la lutte contre la mondialisation sauvage, au nom d’une europhobie viscérale, face à la disqualification des élites dirigeantes, les discours s’emboîtent, les hommes n’hésitent plus à sauter le pas.


Loin de mes bases je m’égare me direz-vous, je fais de la politique. En êtes-vous aussi sûr, du moins ceux qui jettent un œil sur les fameux réseaux sociaux : Face de Bouc et Twitter. Ce qui s’y  écrit souvent en est la démonstration.


Ne pas faire de politique, ou du moins affirmer qu’on n’en fait pas, c’est admettre le choix des autres, l’approuver et le subir.


Les grands consommateurs passifs que nous sommes devenus se goinfrent des idées reçues, du débat politique en kit, servis par la cohorte des éditorialistes qui courent les plateaux télé.


La plupart des soi-disant débats sur les réseaux sociaux, où règnent quelques imprécateurs, petits ou grands, relèvent de la pure régurgitation.


Que faire à ce déferlement, à ce grand bordel des idées ?


Parler clair et pratiquer sans aucune gêne le mépris.


Un art que pratiquait avec maestria le Florentin.


« Ah, le mépris… Ce savoir-faire devenu si rare dans notre sphère démocratique assoupie par les vapeurs sucrées du politiquement correct. Cette forme de franchise intellectuelle qui signifie spectaculairement un désaccord irréconciliable. Cette autre musique du "Silence de la mer" qui refuse toute connivence médiatique et rejette les artifices hypocrites des plateaux de télévision où tout finit toujours bien. Trop bien.


Dans ce grand bordel des idées, il est important de parler clair. De savoir dire publiquement, durement mais sans haine ce qu’on rejette et ce qu’on combat. C’est un courage qui peut coûter cher : les médias, ces faux-culs magnifiques et timorés, adorent la polémique mais n’aiment pas les esprits tranchés. Dans ce métier, on sait bien qu’il est risqué de travailler et d’écrire à découvert. »


Je souscris sans aucune  réserve à l’opinion exprimée par Olivier Picard chroniqueur politique et je pratique à visage découvert avec une toute particulière intransigeance. 


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Samedi 13 décembre 2014 6 13 /12 /Déc /2014 10:03

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Le ridicule n’a jamais tué quiconque et ce n’est pas la dernière « surprise » de l’ANPAA qui va inverser cette jurisprudence constante.


En effet, son inamovible président, Alain Rigaud « a rencontré le 3 décembre le député PS Olivier Véran, rapporteur sur la loi de santé publique (qui devrait être débattue en mars ou en avril à l'Assemblée Nationale). Au cours de ce rendez-vous, le président de l'ANPAA a présenté neuf amendements soutenus par l'Association, faisant preuve d'une certaine dextérité à s'adonner à l'exercice de lobbying. Si la plupart des amendements reprennent les positions traditionnelles de l'Association de prévention, il en est un qui est une véritable surprise. »


C’est Vitisphère qui nous le dit.link


« L’ANPAA s'attaque en effet aux noms des cuvées, dont certaines sont accusées de contourner la loi Evin en évoquant de trop près le champs lexical lié à l'hédonisme. Jamais l'ANPAA n'avait affiché une telle volonté de contrôle et d'intrusion. Elle souhaite « revenir à l'esprit originel » de la loi Evin, fait-t-elle savoir mais, avec cette proposition, l'ANPAA va incontestablement plus loin et s'attaque à la liberté des entreprises de choisir le nom de leurs vins. »


Pendant qu’ils y sont les tristes sires pourquoi ne demandent-ils pas d’interdire les noms de châteaux ou de domaines qui font outrageusement référence, et en gros caractère sur leurs étiquettes, à l’hédonisme, au plaisir.


Quant aux joyeux lurons des vins nus, aux étiquettes foutraques et suggestives, ils devraient  se remuer eux aussi le cul : « il est interdit d’interdire… »


Bien évidemment il ne s’agit que de propositions d’amendement mais elles en disent long sur le degré de « bêtise » de ces gens-là.


Le poids des mots : la bêtise, la connerie, l’idiotie et la sottise…link


 

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Vendredi 12 décembre 2014 5 12 /12 /Déc /2014 00:09

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Pizza outragée, pizza brisée, pizza martyrisée par les hordes de l’agro-alimentaires et les petits faiseurs-livreurs à mobylette pour bâfreurs sur canapé canette de bière incorporée, mais pizza sauvée par nos voisins Napolitains.


Mon hymne à la pizza napolitaine doit tout à l’excellent livre de Marcelle Padovani  « Les Napolitains »


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« À Naples, il est banal de dire que l’on naît et grandit autour d’une pizza. Hypercompétents en la matière, il arrive aux Napolitains d’exprimer à propos de ce plat typique d’authentiques sentiments de désir, de douleur, de passion, de pragmatisme ou de frustration. Des sentiments que l’on réserve généralement  aux rapports  avec les êtres humains. »


Alors, il est normal que Naples ait son « Monsieur Pizza » : Gino Sorbillo dont la trattoria au cœur de la vieille ville, Via dei Tribunali, à deux pas du Dôme, est bien plus qu’un  restaurant : un  lieu de pèlerinage, un laboratoire, un musée, une église et une institution. »


Le roi de Naples, qui « à 39 ans, travaille seize heures par jour pour enfourner 1200 pizzas – dont la plus courante, la margherita, coûte au client dans les 4 euros, et la plus sophistiquée dans les 6 euros. » Enfant de la balle, son commerce prospère depuis 1822, il vit en pleine harmonie avec sa ville. « Regard clair, sourire franc, cheveux coupés, grand par la taille, Gino n’a au premier abord pas grand-chose de napolitain, mais il surprend vite par la synthèse volcanique, toute napolitaine, qu’il réalise entre pratique de la modernité et sens aigu de la souffrance, créativité débridée et obéissance aux traditions. »


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Pour preuve sa pizza sucrée, servie en 2005, à Sophia Loren originaire de la région et qui s’y connaît en matière de pizzas. Toutes les apparences d’une classique margherita « bords ondoyants et gonflés, sa tomate rouge et sa blanche mozzarella… » En fait « sa base était une pâte feuilletée, sa sauce tomate une crème de fraises des bois, et sa mozzarella d’inattendues fleurs d’oranger. Seules les deux feuilles de basilic étaient identiques à la margherita originale. »  Voir la seconde et la troisième vidéo où est évoqué le film de Vittorio de Sica L'Or de Naples.


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Mais, foin de nouveauté, « aucune pizza ne ressemble à une autre. De la même manière qu’aucun homme ne descend jamais le même fleuve, selon l’expression d’Héraclite d’Éphèse, il ne mangera pas davantage la même pizza. »


« Facile à réaliser, mais seulement en apparence : c’est en tout cas ce que l’on ressent lorsqu’on regarde le pizzaiolo étaler sa pâte avec douceur en évitant de trop la manipuler (car même la chaleur de la main en modifie la texture), la garnir avec le doigté ancestral, la déposer sur une pelle en bois, avant de la passer brièvement au four. »


Alors comment réussir une bonne pizza ?


Elle n’a ni besoin de l’air, ni de l’eau ou du soleil de Naples. « Il suffit d’une bonne farine de froment venue d’une bonne entreprise agricole, une mozzarella de la campagne napolitaine, de l’huile extra-vierge, des tomates bien mûres ou une sauce tomate pas top liquide ; il faut faire lever la pâte pendant vingt-quatre heures, l’étaler sur un diamètre d’environ trente-cinq centimètres. Mieux vaut utiliser du lieveto madre, explique Gino Sorbillo, un « levain mère » fait de de farine fermentée pendant 48 heures dans une eau qui sera ensuite filtrée, la mixture étant ensuite mélangée à nouveau à de la farine de froment et de l’eau fraîche dans une proportion de 100g de levain pour 200g de farine. Travaillée pendant 40 jours en ajoutant chaque jour de la farine, la pâte devient un excellent levain au bout de ce processus complexe. »


Garnie puis passé au four, jamais plus d’une minute, une minute et demi, la pizza doit selon Gino Sorbillo avoir « un aspect harmonieux, franc du collier, avec des bords réguliers, bien gonflés et bien dorés, mais sans trop de trous. Au toucher, elle doit se révéler souple et pliable, mais pas caoutchouteuse ou élastique, jamais rigide ou croquante en tout cas. Elle doit exhaler un parfum franc, presque aphrodisiaque,  et chatouiller le palais avec sa mozzarella non filandreuse, non chewing-gommeuse et non  desséchée. »


« La pizza est un droit populaire ! » avec elle on ne plaisante pas, Gino Sorbillo se sent, l’une des mémoires fondamentales de Naples. Un traditionnaliste innovant. »


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Jeudi 11 décembre 2014 4 11 /12 /Déc /2014 08:34

Ça ne vous aura sans doute pas échappé je me prénomme Jacques.


Pour l’état-civil : Jacques, Alain, Gabriel.


Des Jacques il y en a de talentueux comme Jacques OffenbachJacques Brel, de qui aimaient gratter le cul des vaches comme Jacques Chirac, de qui consacrent leur vie à la défense des beaux vins comme Jacques Dupont mais ce prénom depuis des années est en chute libre. 4473e prénom préféré, la bérézina.


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Un peu d’Histoire : « Le prénom Jacques s'est répandu très vite dans la chrétienté occidentale dès les premiers siècles de notre ère. Du latin Jacobus, il fut transcrit de diverses manières : Jakez en breton, Giacomo en italien, James en anglais, etc. Il est très vite devenu un prénom très courant. Jusqu'au XVIIIe siècle, Jacques fut l'un des dix prénoms masculins les plus attribués en France. Au XXe siècle, il figura de nouveau au palmarès pendant une vingtaine d'années. Mais cette vague de succès ne dura pas. Seulement 116 Jacques sont nés en France en 2011, alors qu'ils étaient 15 423 en 1946. Jacques est classé 8e dans le top 50 des prénoms depuis 1900, avec plus de 482 000 naissances. »


Selon le Journal des femmes : « Jacques a plutôt fière allure et il est distingué. C'est un être à part qui se démarque tant par sa vivacité intellectuelle que par son charme irrésistible. Jacques est direct et sa franchise le fait passer parfois pour un indélicat. Jacques a une forte personnalité et une très grande maîtrise de lui-même. Il réalisera ses objectifs coûte que coûte, les obstacles et les échecs ne faisant que renforcer son obstination. En amour, Jacques s'impliquera entièrement dans son couple et se montrera parfois possessif. Cependant, c'est un grand tendre et la loyauté est une de ses principales vertus. »


Après toutes ces années de désintérêt n’allons-nous pas assister à une inversion de la courbe – pas celle du chômage au grand dam de notre président – des Jacques ?


En effet, la famille régnante la plus médiatique de la galaxie people, les Grimaldi, vient de faire tonner 42 coups de canon sur le Rocher.


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« Les quarante-deux coups de canon ont été tirés pour fêter la naissance des deux bébés du Rocher (vingt et un pour chaque enfant). Charlène de Monaco a donné naissance à ses jumeaux, ce mercredi au Centre hospitalier Princesse Grace à Monaco. Il s'agit d'une fille et un garçon, le choix du roi. Ils s'appellent Gabriella et Jacques, selon le Palais princier.


Gabriella Thérèse Marie, est née à 17h04, et Jacques Honoré Rainier, deux minutes plus tard. Ils se portent bien, ainsi que leur mère. Né après sa sœur, Jacques est prioritaire dans l'ordre de succession en tant que garçon. Les bébés prennent les titres d'anciens fiefs de la famille Grimaldi: Jacques est marquis des Baux (en Provence) et Gabriella comtesse de Carladès (en Auvergne). »


Qui va alors monter sur le trône, Gabriella ou Jacques ? Il y a quelques mois, Nice Matin avait interrogé le prince Albert II pour connaître la réponse.


«En cas de jumelles ou de jumeaux, ce sera la première ou le premier qui verra le jour. Dans le cas d'un garçon et d'une fille, ce sera le garçon. Dans le cas de jumelles, et si un garçon venait agrandir notre famille par la suite, c'est à lui que reviendrait le titre de Prince héréditaire» avait expliqué Albert II. »


Grand merci au Grimaldi pour ce Jacques II...


Champagne !

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 10 décembre 2014 3 10 /12 /Déc /2014 00:09

Que les vignerons de Sauternes  et Barsac ne prennent pas ombrage de mon titre provocateur link il n’est là que pour évoquer un vieux projet évoqué en 1874 par un journaliste lors de la mise en service jusqu’à Soulac de la ligne du Médoc : planter des vignes en guise de haies sur les deux côtés des voies.


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La ligne du  MOB enchaîne ensuite plusieurs lacets qui la font s'élever rapidement à travers vignes et villas, tout en découvrant une vue de plus en plus large sur le lac Léman.

 

 

Le texte aurait enchanté les auditeurs de Vino Bravo « de cette vigne qui produit des vins si généreux : la Compagnie des Charentes en a fait l’essai en mélangeant de la vigne avec des arbres fruitiers en espalier ; elle n’a qu’à se féliciter du  résultat. Que la Compagnie du Médoc essaie, elle aura dans quelques années un revenu  assuré. La voie comprend 90 km de chaque côté à utiliser, soit 180 km, ce qui occasionnera une plantation de 180 000 à 200 000 pieds de vignes dans le Médoc. Quelle récolte lorsqu’elle viendra à bon terme ! »


L’idée, un peu farfelue, ne sera pas retenue mais elle inspira un commissaire de surveillance administrative des chemins de fer voisin, G.Domazant, dans une brochure « Les vignes en clôture de chemins de fer et l’influence de ce système au point de vue du phylloxéra »


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L’idée était de « compenser largement par la quantité, sinon par la qualité, toutes les pertes qui proviennent de l’invasion du phylloxéra. »


L’homme se livrait à de savants calculs : « Ainsi, en raisonnant sur des évaluations supposées, mais dont l’autorité supérieure obtiendrait facilement le chiffre exact et officiel, ne pourrait-on pas dire que si la France possède 40 000 km de chemins de fer, il s’ensuit une ligne de clôture de 80 000 km, dont il faudrait défalquer 10 000 km au plus pour les gares et les passages à niveau, ce qui porterait à une longueur de 70 000 km la superficie à mettre en culture… »


Notre homme fait fi des terroirs : de la vigne partout en France, un vrai précurseur des Vins de France.


C’était un productiviste :


-         « j’ai pu remarquer sur des portions de la ligne où ce système de clôture avait été appliqué, des treilles de raisin noir en quantité dix fois plus grandes que n’aurait produit une superficie égale cultivée en cépage ordinaire. »


-         « on devrait s’attacher, je pense, à  employer les variétés les plus fécondes et les plus susceptibles de mûrir en espalier comme en plein vent (la folle-blanche par exemple pour le blanc, et le balzat pour le noir). Ces deux espèces produisent même dans les lieux réputés impossibles aux vignobles. »


Il se voulait rassurant : « un déplacement d’air très fréquent, le passage et la trépidation des trains et la fumée des locomotives, ne pourraient-ils pas contribuer dans certains cas, à atténuer les effets de la gelée ou à prévenir l’invasion du phylloxéra. »


Mais là où il est très convaincant la vigne ferait bénéficier les exploitants des lignes de chemins de fer « d’un produit  considérable… » Quand on connaît la dette abyssale de RFF on est en droit de rêver.


Je plaisante bien sûr cette utopie « ferroviticole » ne pourrait voir le jour de nos jours : le système de distribution régionalisé des autorisations de plantations s’y opposerait.


Pensez-donc un Vin de France tout au long des voies ferrées de France quelle horreur !


Les vaches ne pourraient plus voir passer les trains…


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Les vaches pouvaient brouter tranquillement leur pâturage en regardant passer le train et se dire. « Tiens il est déjà 17h00, le René va pas tarder pour la traite »link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 9 décembre 2014 2 09 /12 /Déc /2014 00:09

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J’aime le vocabulaire, ces mots ignorés ou oubliés d’une large majorité de nos concitoyens urbains. Ainsi, hormis les intéressés ou les initiés, qui peut dire ce que veut dire buter la vigne, la chausser, la déchausser, la griffer…


« On commence le griffage/buttage début mars, et on décavaillonne en avril/mai, quand l’herbe commence à pousser. Puis on recommence : on referme (griffer et butter) fin mai et on rouvre (décavaillonner) en juillet/août. »


Cet intermède culturel, indispensable pour satisfaire la tranche d’âge ad hoc, étant évacué je me porte vers des sujets plus terre à terre.


L’Administration, avec un grand A, dans notre vieux pays centralisé est réputée pour ériger des usines à gaz.


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J’en conviens aisément tout en faisant remarquer que les usines à gaz avaient une utilité : elle produisait du gaz alors que certaines règlementations, héritées du passé, n’ont souvent qu’une bien faible utilité.


Dans le domaine viti-vinicole c’est le cas pour des raisons, mainmise de l’administration fiscale, sur lesquelles je ne reviendrai pas afin de ne pas alourdir cette chronique.


Cependant, sans vouloir dédouaner – sans jeu de mots – les fonctionnaires je me permets de souligner que la bureaucratie privée, professionnelle, n’a rien à envier au zèle du public.


Deux exemples glanés sur le Net :


-         La nouvelle gestion des autorisations de plantation issue des débats entre professionnels (source Vitisphère) link


-   JE SUIS A JOUR DE MES FORMALITES blog d’Hervé Bizeullink


Dans le premier cas nous sommes face à un monument voulu par les représentants des OP, dans le second, vous pourrez faire le compte de ce qui revient aux exigences professionnelles.


Le choc de simplification, vous avez dit simplification, merci à tous de balayer chacun devant leur porte. La bureaucratie, publique ou privée, se nourrit essentiellement de ce qu’elle génère.


Vendredi 05 décembre 2014 - Edito

 

La fin du suspense

 

« Elle se profile à l'horizon, la fin du suspense sur les autorisations de plantation. Selon les informations qui ont circulé au cœur du salon Vinitech – Sifel, producteurs, négoce et Etat sont très proches de l'accord final. La logique sera celle d'une gestion régionale, comme on le pressentait depuis la publication d'une étude qui vente (sic) les mérites d'une telle décentralisation. Le jacobinisme français ne sera cependant pas mis aux oubliettes, FranceAgriMer et INAO poursuivront leur rôle de monsieur loyal. Toute décision régionale sera soumise ainsi à un arbitrage national. Chacun fera donc ce qu'il lui plaît, suivant sa stratégie : régions mixtes ou régions d'AOP poursuivront leurs logiques. Elles choisiront d'ouvrir plus ou moins grande la vanne des plantations nouvelles suivant le contexte économique avec plus ou moins d'outils d'intelligence économique (quoique certains semblent y avoir déjà pensé). Il n'est donc pas sûr, dans ces conditions, que la structuration de l'offre se rééquilibre dans l'entrée de gamme comme le préconise certains. L'originalité du nouveau système est d'accoucher de la création de structures représentants les producteurs de vins sans indication géographiques en région. Il est vrai que la filière manquait d'organisations syndicales... »


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« Je ne sais pas si un jour, le cannabis sera dépénalisé et sa culture autorisée. Si c’est le cas un jour, inutile de se casser la tête, il suffira de dupliquer les règles en vigueur dans le vin pour avoir un contrôle absolu sur les producteurs.


Je rappelle, pour ceux qui ne lisent pas ce blog régulièrement, la joyeuseté de la chose. C’est toujours un plaisir de recommencer, bien que je l’ai déjà écrit, je crois, il y a quelques années.


Il suffit au départ d’obtenir un numéro de Casier Viticole Informatisé auprès des autorités douanières.


Pour avoir ce numéro, il faut avoir une activité déclarée (donc un RC et un Siret) et lister des « lieux de risque » qui sont en fait tous les lieux où vous allez élaborer ou stocker du vin, en vrac ou en bouteilles.


Entre chaque lieu de risque, même entre vous et vous, il faudra faire un document, papier, parfois, et donc interne, souvent informatique.


Pour avoir ce  n°, il vous faudra avoir la caution de votre banque. Si vous ne payez pas vos droits de circulation, elle les paiera pour vous puis se retournera contre vous. C’est bien plus simple pour l’Etat, clairement. Tout cela est bien sûr facturé par la banque.


Une fois cela effectué, vous devrez obtenir un agrément auprès de Pro-Douane, le portail de la douane où vous pourrez effectuer ensuite toutes vos formalités. Oui, c’est le progrès, celui qu’on n’arrête pas, c’est vous qui faites le boulot, maintenant. Un agrément différent pour chaque « tranche » de formalités. Quand vous avez tout, vous pouvez démarrer. Là déjà, vous êtes heureux. C’est qu’une fois dans votre vie de vigneron.


Tout au long de l’année, vous avez modifié votre fiche d’encépagement, qui liste toutes les parcelles que vous cultivez. A chaque changement, vous devrez avertir le service des Douanes en fournissant la preuve de l’achat ou du fermage. A chaque plantation, à chaque arrachage, vous devrez remplir un ou plusieurs formulaires, pour la Douane mais aussi pour FranceAgrimer, afin de valider vos droits de plantation. Chaque arrachage est vérifié avant, chaque plantation après, accompagné de certificats du pépiniériste.


Cette fiche d’encépagement doit être transmise, sous un autre format et un autre type de formulaire, à votre syndicat d’appellation et à la mutualité sociale agricole. Aucun fichier n’est sous le même format, aucun n’est connecté. Vous devez aussi en tenir un quatrième sur le plan comptable, en cas de contrôle fiscal, puisqu’il doit être connecté à votre comptabilité. Il faut en tenir  un cinquième, sur le site de l’Europe, là, il est graphique lors du dépôt de votre déclaration de surface annuelle. Pour moi qui ait plus de 100 parcelles sur 5 communes, c’est un grand moment...

 

Hervé Bizeul

 

La suite ICI link


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