Billet

Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 09:00

 

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En parodiant l'économe et inoxydable Guy Roux, à propos du projet de financement du foudre de Francis Boulard et de Delphine Richard via Fundovino, un seul mot d'ordre : «faut pas lâcher!» link

La moitié du chemin est presque fait puisque la barre des 40 % du budget est dépassée ...6 560 € sur les 15 200 € sont collectés.

Hissez haut fundovino ! 

OUI ça c'est du Hugues Aufray...

Comme le note Francis « si nous pouvions arriver à clore ce projet avant novembre... ça nous permettrait de vinifier les raisins 2014 de Petraea dans ce foudre...»

47 participants ont mis la main à la poche, il reste 70 jours pour faire la seconde partie du chemin.

Faites circuler l'info, parlez-en autour de vous, recrutez « faut pas lâcher camarades ! » 

Faites tourner les hélicos !

Quand je pense que des gros c...nards vont payer 1000 € par tête de pipe pour aller vendanger chez Dom Pé alors que s'ils les alignaient pour le foudre de notre ami Boulard, plutôt que leur 3 malheureux flacons de Dom Pérignon ils auraient ça :

1 000 € et plus

Contrepartie N°11 :

Un remerciement à votre nom sur la Fan page Facebook de Francis Boulard  + 6 bouteilles de champagne Petraea 2007 avec contre étiquette personnalisée à votre nom + 1 plaque à votre nom sur le nouveau foudre (frais de port France inclus).

Avouez que ça une autre gueule, non ?

C'est beau comme un beau geste qui joint l'utile à l'agréable...

J'aime les défis et celui-ci nous allons le gagner !
Affaire à suivre...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 00:09

 

Avec Antoine, le patriarche,  je peux parler de la Corse d’égal à égal car nous avons en commun des souvenirs que les jeunes ne peuvent pas connaître… et avec Marie on charrie Antoine... mais trêve de radotage : place à la jeunesse triomphante ! 


« S’il y a des escargots c’est bon signe, cela veut dire qu’il n’y a pas de pesticides ! » dit Antoine Arena qui surveille le vermentinu qui tombe dans le pressoir. Et prend le même plaisir que lors de sa première vendange. Aux commandes du tracteur qui amène la benne de raisin, le fils, Antoine-Marie. Pour faire descendre ce même raisin, son frère, Jean-Baptiste. Symboles de la reprise de l’AOC Patrimonio par des jeunes, à peine trentenaires souvent. « Ils veulent nous mettre dehors » s’amuse le père Antoine… »


Christophe Laurent de Corse-Matin dimanche nous la fait sur ce registre « coup de jeune sur les vendanges de Patrimonio » link

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C’est l’heure de la passation de pouvoir dans cette AOC phare : 32 vignerons sur 500 ha, un must mondial. La dernière fois que j’ai croisé Antoine au Paul Bert, il revenait de New-York le bougre.


Mais chez les Arena on ne fait rien comme les autres : situation inédite titre le journaliste.

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« Lui – Antoine – verra, cette année, ses fils proposer chacun leur vin. Pas de dispute, pas de séparation. Loin de là. Pour le millésime 2014, le père s’attachera au Carco blanc et à la parcelle Morta Maio. Jean-Baptiste se concentrera sur le Grotte di sole rouge et blanc et le muscat. Enfin, Antoine-Marie conserve un peu de Bianco Gentile, les Hauts de Carco en blanc et le Carco rouge. Les deux fils projetant de créer leur propre cave ! « Ne laissez pas entendre qu’il y a de l’eau dans le gaz entre nous, clame Antoine-Marie. J’aime les vins sur l’acidité, mon frère, des vins plus riches. Ce sont nos goûts et on va continuer de travailler ensemble bien sûr. »


En paraphrasant la célèbre formule par laquelle le politologue André Siegfried ouvrait en Sorbonne son cours d'histoire des îles Britanniques «Messieurs, l'Angleterre est une île, et je devrais m'arrêter là… »

« Mes amis, la Corse est une île, et je devrais m’arrêter là… »

Désolé Antoine, je suis au Sud et le Nord c'est si loin il me faudrait passer le col de Vizzavona et en train je te dis pas....

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 00:09

Pasquale Paoli affirmait « Tant que nous aurons des châtaignes, nous aurons du pain », a castagna, la châtaigne, fait partie intégrante de l’identité corse. En Haute-Corse, une région naturelle se dénomme la Castagniccia, la châtaigneraie et l’ « arbre à pain », comme est de coutume surnommé le châtaignier, occupe depuis longtemps une place considérable dans la vie des Corses.


La culture de la châtaigneraie s’est développe au Moyen-Âge, « notamment pour l’utilisation du bois et connaît un nouvel essor sous l’impulsion autoritaire de Gênes du XIVe au XVIIe siècle. La châtaigne devient alors l’aliment de base de la population et ses exportations vont bon train.


Cette expansion, la France y mettra fin dès sa possession de la Corse (1768), Louis XV voyant dans le châtaigner un arbre « immoral » qui «constitue l’aliment de la paresse car son fruit supplée a tout : on le ramasse, on le sèche, on le broie et on en fait son pain, leurs chevaux même en sont nourris et la terre est toute négligée» …  


Jusqu’au début du 20ème siècle, le châtaigner conservera toutefois son importance aussi bien en termes d’alimentation, de construction, de fabrication de mobilier ou d’objets.


La première guerre mondiale, l’exode rural et insulaire ont en autres comme conséquence l’abandon de l’exploitation traditionnelle des forêts. Pour la teinture et le commerce du bois et du papier, de très nombreux arbres sont alors coupés sans qu’aucune plantation nouvelle ne soit opérée. De 33 000 hectares de forêts de châtaigniers à la fin du 19ème siècle, on passe à 19 000 en 1936... La poursuite du déclin démographique et l’abandon de la coupe pour l’industrie permettent aux forêts de se reconstituer.


A partir des années 1970, on assiste au redémarrage de la filière castanéicole. Aujourd’hui sur un potentiel de 30 000 hectares, 2000 ha sont récoltés et entretenus par 80 exploitants pour une production de 150 tonnes de farine de châtaigne corse (+ de 50% en Bio) au travers de 35 moulins en activité.


Depuis 2006, le label AOC Farine de châtaigne corse – Farina castagnina corsa garantit à la fois l’origine des fruits à travers une aire géographique bien déterminée et un territoire castanéicole défini par des variétés appropriées (une quarantaine ont été répertoriées), un savoir-faire typique et unique, un goût bien caractéristique. »


Source : Les Maisons de Poghju village de la commune de Luri (Cap Corse)


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1-    Reportage :


« Carine Franchi. L’animatrice de la filière farine de châtaigne corse a l’habitude des routes sinueuses et des reliefs escarpés. Forêts, landes, aplombs rocheux... Les paysages se succèdent et bientôt, la châtaigneraie apparaît au pied du Monte Cinto, le plus haut sommet de l’ile. C’est ici, sur la commune de Lozzi, que Pasquin Flori et Jean-Yves Acquaviva exploitent en Gaec 20 hectares de châtaigniers et élèvent une centaine de brebis allaitantes.


« Ne regardez pas les kilomètres. Ici, on compte en temps de trajet »


« Nos variétés locales ont été sélectionnées depuis des siècles pour faire de la farine. Elles sont plus sucrées et plus savoureuses que les nouvelles variétés à gros calibre »,


« Faire de la farine, c’est une alchimie. Elle doit être fine, fondante, il faut qu’elle colle au palais. Pour obtenir ce résultat, l’étape du séchage est primordiale »


L’intégralité du reportage ICI link


2-   De l’usage de la farine douce de châtaigne en Toscane


« Il n’y a guère qu’en Toscane où les riches convoitent la nourriture du pauvre, et la mange comme friandise ; la pollenta, les necci, les pattoni se vendent dans des espèces de caffés à Lucques, à Pescia et à Pistoïa ; on s’invite pour aller en manger, et l’on en envoie même des présens à Florence et  à Livourne, où la farine douce est peu connue.


« Cette farine fait la principale nourriture des montagnards ; les paysans des collines et de la plaine en achètent aussi d’eux et en font grande consommation ; comme elle est d’un goût très sucré et très agréable elle ne demande pas d’assaisonnement ; dans les trois apprêts principaux qu’on lui donne : la pollenta, les necci, les pattoni, elle n’est unie qu’à l’eau pure.


Pour faire les necci l’on prépare une pâte de farine claire douce et d’eau froide, et on l’a fait cuire entre deux pierres rougies au feu, en l’enveloppant de feuilles sèches de châtaignier trempées dans l’eau. Les necci sont des espèces de gaufres, et un fer à gaufres peut faire l’opération vite et mieux à Florence et  à Livourne, où la farine douce


Tableau de l'agriculture Toscane  par Jean-Charles-Leonard Simonde de Sismondi


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3-   Les necci au brocciu


Pour 6 personnes :

-         300g de farine de châtaigne

-         2 œufs

-         11g de levure chimique

-         700 g de brocciu

-         1 pincée de sel

 

Mélangez dans un saladier la farine avec la levure.

Émiettez le brocciu

Ajoutez les œufs entiers

Mélangez le tout avec un peu d’eau froide afin d’obtenir une pâte homogène un peu épaisse.

Laissez reposer 10 mn à température ambiante.

Faites cuire les necci sur une plaque légèrement graissée.

 

4-   Le Taulier fait ses necci


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 00:09

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« Il paraîtrait que la France a beaucoup de chômeurs... Ils ne doivent pas exister au niveau agricole, car c'est presque impossible de trouver de la main-d’œuvre agricole... C'est un des plus gros problèmes de l'agriculture aujourd'hui. Et quand, en plus, on est comme nous en agriculture biologique, le besoin en main-d’œuvre est encore plus crucial. On ne trouve pas de main-d’œuvre et les jeunes viticulteurs ne trouvent pas de terres... »


Michel Chapoutier répond à la dernière question de Jacques Dupont : « Si cela vous semble réalisable, indiquez-nous deux ou trois mesures faciles à prendre que le gouvernement devrait adopter pour doper l'activité viticole en France et à l'export ? À moins que vous ne pensiez que les blocages sont davantage du côté de la production et du négoce... »


Étant retiré des voitures je me garderai bien de commenter la substance des propositions du Président de l’UMVIN mais je dois tout de même confesser une certaine déception.


Bonne lecture link

 

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Mercredi 27 août 2014 3 27 /08 /Août /2014 00:09

Depuis le temps j’en ai connu des présidents du négoce même que j’ai bien connu le dernier, qui a vu éclater en deux morceaux la CNVS, Hervé Bélédin un nantais. Il y eu donc le syndicat des gros robinets de jaja : l’AFED et celui des beaux robinets de grands vins : EGVF qui bien évidemment, à la manière des gars du PS et de l’UMP, passaient le temps à se bouffer le nez. Le premier déclinait doucement et se donnait comme président un gars à la retraite qui tentait vaillamment de canaliser les velléités guerrières de son directeur ; le second, à fort focus bourguignon, en effet les bordelais n’ont guère la fibre syndicale et cultivent leur splendide isolement, surfait sur les succès à l’exportation des grands vins avec une bonne dose de « mépris » pour la piétaille.


Lorsque, prenant mon bâton de pèlerin pour aller ausculter mon patient qui, me disait-on, pétait la santé exception faite des irréductibles rouges du Midi qui adoraient encore tout faire péter, j’ai vécu de l’intérieur ce qu’il faut bien nommer l’impuissance du négoce français à parler d’une seule voix. Lors de l’élaboration de cap 2010 la note stratégique sur les enjeux des vins français ce fut donc courage fuyons ! Mais tout cela relève de l’histoire ancienne, le négoce français a fait son Aggiornamento, uni pour le pire et le meilleur en une Union : UMVIN.


Mieux encore dans la joie des retrouvailles l’Union s’est dotée d’un président de choc : Michel Chapoutier le boss de la maison éponyme qui a la réputation de décoiffer le populo par ses propos iconoclastes. Alors, notre Jacques Dupont par l’odeur du buzz alléché a demandé à Michel Chapoutier, ce qui est une performance le concernant, lui qui ne tient pas en place, de s’étendre sur son diva pour s’analyser.

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L’analyse ou le mal français, nous en raffolons, s’étendre, se répandre sur nous-mêmes fait partie de notre ADN national. Nous sommes si intelligents que nous aimons le faire savoir, mais à l’heure des choix c’est la panne d’essence, les propositions d’action sont aux abonnés absents faute, non pas de lieux de concertation qui fourmillent pour drainer les présidents vers Paris, mais de capacité à négocier entre négoce et production, des compromis opérationnels. Le dossier des droits de plantation est l’exemple type du bal des faux-culs entre les 2 parties. J’en sais quelque chose je l’ai vécu au plus près avec madame Catherine Vautrin qui demanda par la suite ma tête à mon Ministre Bruno Le Maire.


J’attends donc sans impatience inutile, sans mettre la pression comme le disent les coachs sportifs, la saison 3 de Michel Chapoutier alléché par la qualité des 2 premiers épisodes de son show.


Chapoutier (1) : «Le mot réforme sonne comme un blasphème !» link

 

 

Chapoutier (2) : «L'Australie a souvent été montrée du doigt !» link

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Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 09:00

Être un vieux chroniqueur sur la Toile présente bien des avantages car au fil de l’actualité il est possible, en puisant dans ses archives, d’exhumer les écrits définitifs et sentencieux de nos chers éditorialistes de la presse parisienne.


En l’occurrence aujourd’hui un intermittent de Libération : la girouette Laurent Joffrin.


Dans un numéro spécial Antenne 2 de février 1984 titré  «VIVE LA CRISE!»: La grande mutation des années 80, racontée par Yves Montand, ce cher Joffrin nous offre une superbe tranche de sa pensée à géométrie hautement variable. link


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J’avais chroniqué le 23 mai 2007 en titrant : la pédagogie de la gaffe


« L’ensemble du numéro est très significatif du trouble de cette gauche non communiste qui pensait que le mur de Berlin ne s'ouvrirait jamais et qui n'osait pas renvoyer ses cryptocommunistes à leur passé et aux oubliettes de l'histoire.


 L'ont-ils fait en 2007 ? Je n'en suis pas certain.


 Certains rêvent encore du grand soir.


Guy Mollet a toujours des héritiers : Mélanchon&Co. Je vous offre le papier de Laurent Joffrin, qui ironie de l'histoire, après un détour au Nouvel Obs., est devenu le patron de Libé post-July. Ces Soixante-huitard on les jette par la porte ils entrent par la fenêtre… »


Ce cher Joffrin est ensuite retourné au Nouvel Obs. puis est dernièrement revenu dans un Libé subclaquant ce qui lui permet de gloser sur la vraie gauche qui serait celle du couple Hamon-Montebourg,

 

Au secours la gauche revient ! Le ridicule n’a jamais tué personne ça se saurait  

 

LA PEDAGOGIE DE LA GAFFE

 

Il y a un néo-réalisme français. en dix ans de crise, on a essayé de par le monde toutes les médications possibles. Aucune n'a réussi. Très longtemps pourtant les Français ont refusé de voir la crise en face. Pendant presque une décennie, ils ont cultivé l'illusion du bout du tunnel, refusant toute baisse du pouvoir d'achat, poursuivant leur quête sans fin du bien-être matériel, négligeant l'investissement ; comme si le ralentissement de la croissance et la montée du chômage devaient vite s'évanouir, comme un mauvais rêve économique. Longue, décevante, rebelle aux politiques toutes faites, cette crise aurait bien fini par ramener les plus myopes à la lucidité. Mais il manquait un évènement politique. La moitié des Français, entretenus par une opposition qui répétait de bonne guerre que la crise n'était pas fatale, dans le souci de ne pas exonérer de ses responsabilités la majorité, croyaient de bonne foi les structures économiques et la mauvaise volonté des dirigeants de l'époque responsables du marasme. Une "autre politique", une "autre logique" devaient permettre de libérer la production, de créer des emplois, de sauvegarder le pouvoir d'achat. Y croyaient-ils vraiment? En tout cas, ils voulaient en avoir le cœur net. Ce fut le défi du 10 mai. Une volonté nationale de dire « chiche » à ceux qui piaffaient depuis si longtemps en lisière de l'Histoire.


 

Faute d'avoir mesuré la profondeur de la crise, d'avoir perçu l'ampleur du retournement historique, les socialistes si remplis de certitudes ont raté ce rendez-vous-là. « L'autre logique » s'est brisée non sur le mur de l'argent, mais sur celui de la réalité. Mais ils ont aussi rendu un grand service : la relance ratée, le colbertisme impuissant qui a défini leur politique pendant un an, jusqu'à la volte-face de la rigueur, ont eu le mérite de vacciner l'opinion. L'état de grâce a surtout fonctionné comme une pédagogie de la crise. Une pédagogie par la gaffe : en se trompant avec un constant enthousiasme, mais en ayant quelques mois plus tard le courage de reconnaître- en partie - leurs erreurs, les socialistes ont discrédité pour un temps les potions magiques dont les hommes politiques font leurs programmes. Peut-on espérer que le débat public y gagne en qualité ? Hors des bilans politiques, des plaidoyers et des réquisitoires partisans, ce sera le principal bénéfice de l'alternance.


 

Il y en a un autre : le retour de la société civile. Cette première année de pouvoir socialiste, si néfaste au socialisme, aura été celle d'un étatisme virulent. Quoi qu'il ait fait pendant cette période d'illusion lyrique des jeunes barbes socialistes, le gouvernement s'est contenté de mettre en pratique un slogan hérité de soixante-dix ans de jacobinisme à la sauce Marx : de l'Etat, encore de l'Etat, toujours de l'Etat. Relance, nationalisations, impôts nouveaux, plans industriels : tout allait à l'Etat, tout y revenait. Mais tout a raté, ou presque. Dans les douze mois qui ont suivis cette année illusoire, il a fallu brûler à la sauvette ce qu'on avait adoré. On ne pouvait trouver meilleure réhabilitation de l'initiative et de l'individu. L'Etat était monté sabre au clair à l'assaut de la crise et s'était pris les pieds dans le tapis. Il lui faut bien aujourd'hui céder quelque peu la scène aux vrais acteurs. Car c'est dans la vie quotidienne que la grande mutation se manifeste le plus clairement. Comme ces vieilles forteresses reléguées dans un rôle secondaire par l'évolution de l'art militaire, la masse grisâtre de l'Etat français ressemble de plus en plus à un château-fort inutile. La vie est ailleurs, elle sourd de la crise, par l'entreprise, par l'initiative, par la communication. Ironie d'une histoire qui joue à qui perd gagne. C'est la gauche pétrie de révérence étatique qui en a fait la preuve. »


 

LAURENT JOFFRIN

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 00:09

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« L'art fait ventre » : une expo de bon goût ? titrait Télérama.


« Quand la nourriture, avec ses progrès, ses excès, ses déviances, alimente l'art contemporain. » link


Le Ventre de Paris roman d’Émile Zola publié en 1873 dont l’action se passe pour l’essentiel aux Halles centrales de Paris, construites par Victor Baltard entre 1854 et 1870. link


« Que savons-nous de notre ventre, cet organe bourré de neurones, que les chercheurs commencent à peine à explorer ? Selon cette captivante enquête scientifique, il semblerait que notre cerveau ne soit pas le seul maître à bord.


Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau. Notre ventre contient en effet deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre « tête ». Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète. Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. On savait que ce que l'on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre que l'inverse est vrai aussi : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions. » ARTE voir vidéo.


Et votre Taulier qui est un fouineur patenté vous a dégoté un plat quasiment disparu des tables de la Corse profonde : Le pain au ventre.


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Qu’est-ce donc ?


Un pain de sang !


Du sang de cochon, normal nous sommes au pays où le cochon : « Instituteur à la retraite, Louis Bellini est venu à la charcuterie par l’amour de la belle ouvrage (…) « Heureux comme un porc chez Loulou » devrait être le slogan de tous les producteurs de charcuterie ! Après les avoir élevés en semi-liberté plusieurs mois, Loulou les abats à l’ancienne durant l’hiver. Aidé de quelques amis, il transforme ces bêtes « ni trop grasses ni trop maigres » en spécialités poivrées, aux arômes puissants et profonds, qui seront ensuite vieillis en cave.


Pauline Juillard, de la ferme de Campo di Monte se souvient de sa mère qui de Bastia montait « au village » pour participer à l’abattage de son cochon élevé  « au village ». C’était une affaire de famille !


Pendant que les hommes dépeçaient, salaient et poivraient la viande « les femmes lavaient les boyaux dans l’eau gelée de la rivière, puis les faisaient tremper dans du vin très fort. Dans un énorme chaudron, tripes et cervelles, rehaussées de bettes, de poireaux et d’herbes hachées, cuisaient toute la nuit avant d’être dégustées le lendemain. Arrosés de jus, c’était un pur délice, disaient les anciens. »


Le pain au ventre c’est pages 34-35 du beau livre « Une table CORSE »


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Le ventre: notre deuxième cerveau par JaneBurgermeister

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Dimanche 24 août 2014 7 24 /08 /Août /2014 00:09

L’image des intellos soixante-huitards larguant les amarres, quittant Paris, s’installant à la cambrousse pour élever des chèvres et vivre du produit de la vente de fromages sur les marchés locaux fait partie intégrante de l’historiographie officielle du fameux mois de mai.


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« Les chèvres de ma mère » le film de Sophie Audier qui retrace le moment délicat où sa mère Maguy, installée dans les années 70 Maguy pour élever des chèvres et fabriquer du fromage sur un plateau du Verdon, transmets son savoir-faire à une jeune agricultrice au moment de prendre sa retraite, montre que ce retour à la terre ne fut pas que folklorique et voué à l’échec. link


Notre jeune gloire nationale, l’économiste Thomas Piketty, né en 1971, a accompagné ses parents lorsque, suite à l’échec à l’élection présidentielle de Mitterrand en 1974, ont tout plaqués pour aller élever des chèvres dans l’Aude.


Dans le très beau livre de Virginie Linhart « Le jour où mon père s’est tu » il raconte :


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« Mes parents se sont connus dans une manifestation, ils étaient extrêmement jeunes : mon père avait dix-sept  ans, il était en première, ma mère en avait dix-neuf ; issue d’un milieu modeste, elle avait dû cesser ses études en 3e et gagnait sa vie comme employée de banque. Elle était militante à Lutte Ouvrière, mon père l’a suivi à  LO et a plaqué le lycée (…) ils se sont très vite sentis ostracisés par leurs compagnons de militantisme : à LO c’était mal vu d’avoir des enfants (ndlr 2) ! Trop bourgeois ! De plus, mon père (ndlr fils d’une famille aisée) subissait des pressions de l’organisation qui voulait qu’il prélève l’impôt révolutionnaire auprès de sa famille(…)


« Avec les chèvres, mes parents vont jusqu’au bout de l’esprit de 68 ; je précise qu’il n’y a aucune origine paysanne dans ma famille de part et d’autre : mes parents sont tous les deux nés dans la capitale ; en vérité, ils n’avaient jamais vu une charrue de leur vie… Je garde une impression homérique de ce voyage pour l’Aude. Mon père ouvrant la route au volant d’un camion rempli de chèvres qu’il venait d’acheter. Nous, suivant derrière, dans une deux-chevaux bourrée à craquer, conduite par ma mère. Je me rappelle très précisément m’être dit à ce moment-là : « Mais qu’est-ce que c’est que cette blague ? » Des années plus tard, j’ai été faire un pèlerinage dans le village où nous vivions ; j’ai été frappé par la beauté du lieu, je ne me souvenais pas que le presbytère de l’église où nous vivions, était si joli… Il faut dire que la difficulté de la vie quotidienne nous occupait complètement. Je garde le souvenir de nos départs à l’aube pour le marché de Perpignan, la voiture bourrée de fromages, je garde également en mémoire l’amertume de nos retours lorsque nous en avions vendu seulement trois. Ce n’est pas si facile de s’improviser fabricant et vendeur de fromage ! C’était pathétique. Très vite les gens du village ont chargé de vendre d’autres choses pour eux au marché, cela permettait de se faire des marges minuscules. Financièrement, c’était vraiment tendu (…)


« Je n’ai aucun souvenir joyeux de cette période. Mes parents n’étaient pas préparés à vivre ces années de chômage, nous vivions dans la précarité. On oublie que 68 a coûté très cher à un certain nombre de gens qui ont tout plaqué du jour au lendemain pour des idéaux, puis se sont fait cueillir par la crise économique des années 70. Comme beaucoup d’autres, mes parents ont adhéré très jeunes, dix-huit ans à peine, à un discours  libérateur, ils en ont payés les pots cassés. Il n’avaient pas fait d’études, ce n’étaient pas des intellectuels, ils avaient rompu avec leur famille… Ils font partie de cette majorité anonyme de post-soixante-huitards dont on ne parle jamais, qui est venue gonfler les rangs des chômeurs à partir du milieu des années 70, sans y avoir été préparée. Je me demande même si ces incidences économiques n’expliquent pas pour partie les discours que l’on a entendus par la suite, ce rejet viscéral des années 68. »

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Samedi 23 août 2014 6 23 /08 /Août /2014 09:00

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« S'il n'y avait qu'un seul restaurant à connaître en Corse, peut-être serait-ce celui-là. D'abord pour son emplacement idyllique, en pleine nature, au milieu des champs qui dominent le golfe de Saint-Florent. Ensuite pour sa beauté : une ferme du XVe siècle en lauze, avec ses bergeries, son abreuvoir, ses épais murs de granit. Et enfin, bien sûr, pour son authentique cuisine corse, où l'on vous sert le repas de fête traditionnel des habitants du Nebbiu, arrosé de muscat et de vin rouge du cru.


On commence, selon la saison, par les beignets de bruccio ou de légumes, les charcuteries artisanales, le veau corse élevé par Pauline, la patronne, servi avec des storzapetti - traduisez « étrangle-curé » - c'est-à-dire des boulettes de bruccio aux blettes, pochées et gratinées. Il n'y a plus alors qu'à faire honneur au revigorant plateau de fromages (« On a dû en adoucir certains qui faisaient peur aux touristes ! » précise avec humour Éric, le fils de Pauline), au fiadone, spécialité au fromage et au citron servie avec du marc, aux confitures de figues et aux clémentines confites, accompagnées de suffiadi (beignets soufflés). Une sieste dans l'herbe s'impose ensuite, pour digérer et jouir du calme environnant. Seul défaut du Campo di Monte : son succès. La réservation est indispensable. »


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Par Olivier Le Naire L’Express


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Samedi 23 août 2014 6 23 /08 /Août /2014 00:09

La cuisine corse, la vraie, elle existe et Danièle Gerkens l’a rencontrée chez Pauline Julliard à la ferme de Campo di Monte dans le Nebbiu, petite région naturelle du nord de l’île, moins connue que la Balagne, c’est le « pays du vent »


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« Elle s’étend autour de Saint-Florent, ancienne cité génoise devenue petit port touristique au fond du golfe du même nom. Région austère et sauvage… entre mer et hauteurs le Nebbiu est une région insaisissable. Changeante, elle  évolue à chaque virage, offre au voyageur attentif des perspectives éblouissantes. Fantasque, elle jouit d’une météo capricieuse. Au printemps, la région dévoile des champs fleuris, déclinant tous les tons de verts. L’été, le Nebbiu se fait plus âpre. La végétation, brûlée par le soleil, brunit, tandis que les fleurs se font rares. L’automne rime avec pluie et nuages qui s’accrochent aux sommets dès la fin du mois de septembre, quand les forêts se parent de couleurs flamboyantes. Reste l’hiver, froid, venteux, glacé. Il décore de lambeaux de brume les hauteurs, transformant les arbres nus en silhouettes fantomatiques… »


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« Pour atteindre le Nebbiu, il  faut quitter la plaine littorale et, par le défilé du Lancone, pierreux et escarpé, s’engager sur ces reliefs puissants aux violents contrastes. Au débouché du défilé, tout change. En face, la route plonge profondément sur la plaine de Saint-Florent où miroite le lac de Padula et, plus loin, le golfe de Saint-Florent à la surface griffée par les courants sous-marins. C’est ici la partie douce du Nebbiu, voisine de Patrimonio, au nom évocateur de vins AOC réputés bien au-delà des frontières de l’île. C’est à deux pas aussi que s’égrènent les somptueuses plages du désert des Agriates le bien-nommé, auxquelles on accède après avoir enchaîné les virages encore et encore… »


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La Corse c’est mon jardin secret.


Merci aux éditions du Rouergue pour ce beau livre.


Ce n’est pas pour elles un coup d’essai :


-         Recettes de ma vigne Catherine Bernard et Anne-Sophie Thérond link

 

-         Recettes de vendangeurs Isabelle Guichard link

 

Les photos superbes sont de Mario Palmieri


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« Une table corse » est un livre essentiel dans votre bibliothèque du bien-vivre. 

 

Place aux images !


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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