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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 00:09

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Cette affaire est un réel problème systémique : est en cause l'organisation et les pratiques de certains groupes de l'industrie alimentaire qui ne font plus le travail eux-mêmes en fractionnant les interventions ce qui induit des sous-traitants à tellement de niveaux différents que les responsabilités se diluent et que ça ouvre la porte à la fraude. L’analyse de José Bové ci-dessous est pertinente.


Le petit peuple des consommateurs pousseurs de caddies, abreuvé d’une publicité débile : exemple celle que débite à la radio pour Leclerc un couple stupide sur les promos en tout genre, de quoi nourrir un régiment, adeptes des coupons, des bons de réduction, bardé de sa carte de fidélité, va-t-il commencer à s’inquiéter de ce que l’on lui fait ingurgiter. Bien sûr, il ne s’agit pas de mettre tout le monde dans le même sac mais tout de même à force de faire du fric sur le dos du consommateur en vendant soi-disant moins cher que moins cher nos distributeurs devraient être un peu plus exigeant sur ce qu’ils mettent en rayon. Le déguste-t-il au moins ?


Bref, je ne suis pas très expert puisque je n’achète jamais ni surgelés, ni plats préparés, mais qu’on ne vienne pas me dire que c’est parce que j’ai les moyens de m’acheter des produits frais que je cuisine moi-même. C’est trop simple. L’observation du contenu des caddies montre à l’évidence que la grosse bouffe est le fait de toutes les catégories sociales qui privilégient d’autres postes au détriment du poste alimentaire. Ça m’évoque un vendeur de journaux pour SDF que je croise à l’aller en train de téléphoner avec un magnifique Smartphone et qui au retour ne tape pour que je lui refile une pièce pour manger.


Allez encore un petit effort : externalisons même notre « cuisine », délocalisons tous ces trucs qu’il faut éplucher, assembler, cuire, faisons faire par d’autres (beaucoup de soi-disant restaurants ne font même plus la cuisine mais réchauffent des aliments préparés en laboratoire) ce que nous pourrions faire en grande partie nous-mêmes et ensuite plaignons-nous, indignons-nous, exigeons des contrôles renforcés, de la traçabilité dans des circuits où ça équivaut à chercher une aiguille dans une botte de foin.


Et si nous en revenions à la fois à un peu plus de responsabilité et de simplicité. Merci, de cesser de nous casser les burettes avec la table gastronomique française inscrite du côté de l’UNESCO, préoccupons-nous vraiment de la vie de tous les jours mais je crois que c’est trop  demander à une majorité d’entre nous car, vous comprenez, s’ils faisaient la cuisine ils ne pourraient même plus Twitter ou se vautrer pendant des heures devant la télé.


Revenons à Findus, qui pèse 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires et qui est entre les mains de fonds d'investissement, dont Lion Capital, depuis six mois, vendait des plats cuisinés au bœuf mais préparés... avec du cheval. Findus a trouvé de la viande de cheval dans des plats cuisinés étiquetés viande de bœuf, vendus en France, au Royaume-Uni et en Suède. Dans ses lasagnes, il y avait entre 60 % et 100 % de viande équine. Findus a annoncé qu'il retirait temporairement des rayons français trois gammes de produits, les lasagnes bolognaises, le hachis Parmentier et la moussaka.


1-             FINDUS ne fabrique pas ce qu’il dit cuisiner : il sous-traite à un sous-traitant français, l'entreprise Comigel, fabriquant de plats surgelés, basée à Metz mais dont l'usine est au Luxembourg. Il travaille pour une floppée d’autres marques, ainsi de la viande de a été trouvée dans les produits des supermarchés Aldi.


2-            Comigel a indiqué que la viande incriminée venait d'un fournisseur français, la société Spanghero, qui elle-même se fournissait en Roumanie.


3-            «Le fournisseur de l'usine luxembourgeoise est le groupe français Poujol». Il s'agit de la holding chapeautant la société Spanghero. Poujol « a acquis la viande surgelée auprès d'un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader basé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe situés en Roumanie».


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4-            Tout ce beau monde se défausse : le directeur général de Findus France Matthieu Lambeaux « On nous certifiait avoir de la viande de bœuf française dans nos recettes. En réalité, on nous a fourni de la viande de cheval roumaine» Barthélémy Aguerre, président de Spanghero «La société Spanghero, dans le cadre de son activité négoce, précise avoir acheté puis revendu en l'état des produits étiquetés 'minerai de bœuf désossé surgelé UE (origine Roumanie)»


5-            Tout le monde porte plainte Findus France «Il y a deux victimes dans cette affaire: Findus et le consommateur. Nous porterons plainte contre X dès lundi». L’importateur Spanghero «Nous avons acheté de la viande de bœuf origine Europe et nous l'avons revendue. S'il s'agissait bien de cheval, nous allons nous retourner contre le fournisseur roumain»


6-            les Roumains n'entendent pas se laisser faire. Sorin Minea, le président de l'association Romalimenta qui regroupe les patrons roumains de l'alimentaire, le fournisseur français ne pouvait pas ignorer qu'il s'agissait de viande chevaline. « Je suis sûr que l'importateur savait que ce n'est pas du bœuf, car le cheval a un goût, une couleur et une texture particuliers». Il existe en Roumanie trois abattoirs qui abattent des chevaux et exportent la viande vers des pays de l'Union européenne, notamment la France et l'Italie. «C'est une opération légale qui se fait selon les normes en vigueur», a souligné le sieur Minea.


7-            Est-ce une simple fraude ou un problème de santé publique ? Les autorités sanitaires, comme toujours, se veulent rassurantes, affirmant qu'il n'y a pas de risque pour la santé. Cependant la Food Standard Authority (FSA), mène des tests pour vérifier qu'il n'y a pas de phénylbutazone, un analgésique utilisé par les vétérinaires et qui peut être dangereux pour la santé humaine. Pour Andy Bowles, qui dirige ABC Food Safety, une entreprise qui forme les inspecteurs sanitaires outre-Manche, ce n'est guère rassurant : « On nous dit qu'il s'agissait d'une fraude. Qu'est-ce qui nous prouve que ces animaux ont été abattus selon les procédures ? Que les normes sanitaires ont été respectées ? Pour l'instant, on ne sait pas. Mon instinct me dit qu'on va trouver autre chose. »


8-           Hormis que manger du cheval au RU est tabou, c'est le troisième cas depuis la mi-janvier. Les autorités sanitaires irlandaises ont, les premières, détectée jusqu'à 30 % de cheval dans des steaks hachés vendus dans les supermarchés Tesco, Aldi et Lidl. L'origine de la viande a été localisée en Pologne. Puis de l'ADN de porc a été trouvé sur des produits étiquetés halal dans une prison anglaise.


9-            José Bové ne croit pas de son côté à une erreur de gestion des viandes. Pour lui, il s'agit bel et bien d'une fraude à grande échelle. Il a d'ailleurs demandé samedi l'ouverture d'une enquête européenne sur la fraude à la viande de cheval, et estimé qu'elle pouvait s'expliquer par l'effondrement du cours de cette viande en Roumanie et le choix d'une alimentation à bas prix. «C'est clair, il va falloir qu'il y ait une enquête dans chaque pays mais il faut qu'on aille beaucoup plus loin. Il faut une enquête européenne de l'Olaf, le service anti-fraude de l'Union européenne, sur cette affaire. Certains ont-ils voulu acheter de la viande pas chère parce que les prix de la viande de cheval se sont effondrés et que cela permettait peut-être de faire un bon coup financier sur le dos des consommateurs. Je ne crois pas du tout dans ce cas de figure qu'on soit sur une erreur, puisqu'on retrouve ça en grande quantité en Grande-Bretagne, en Irlande, en Suède visiblement. Il y a quelque chose qui est orchestré» et le «mode d'alimentation par la grande surface et les plats tous faits permet facilement de maquiller ce genre de business».


10-      Benoît Hamon a dénoncé cette architecture qui «relève avant tout d'une logique financière qui aurait rapporté plus de 300 000 euros».


11-       Findus ne possède qu'une usine en France à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) pour les plats à base de poissons surgelés.


12-       «Les enseignes de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) ont retiré de leurs magasins les produits, identifiés par leurs fournisseurs Findus et Comigel, faisant l'objet d'une non-conformité d'étiquetage quant à la nature de la viande. Ces produits ne sont plus dans les rayons des magasins, à ce jour. Les enseignes suivent avec la plus grande attention les investigations menées par leurs fournisseurs et attendent les résultats des enquêtes menées par les pouvoirs publics».


13-      Picard, a également retiré mercredi deux lots de lasagnes bolognaises et a entamé des analyses pour déterminer s'ils contenaient de la viande de cheval en lieu et place de bœuf, comme pour des produits similaires commercialisés par Findus.


14-      , Alain Bazot président de UFC-Que choisir «Là on a vraiment la convergence de problèmes sur l’information que l’on donne au consommateur, le contrôle que l’on effectue et sur le fait de savoir qui contrôle. Pour M. Bazot toute l’affaire vient d’une dégradation du contrôle public. «Il y en a assez de cette tendance au désengagement de contrôle des autorités publiques et à confier aux professionnels la maîtrise du contrôle. On le voit bien en France, les effectifs des services vétérinaires ne cessent de diminue. Cela fait plusieurs années que l’on tend à s’aligner sur la logique américaine qui consiste en matière d’hygiène à ne pas suivre les différentes étapes des produits alimentaires et en particulier les viandes et de passer à la fin au karcher, à l’eau de javel, tous les produits alimentaires ». Un expert surenchérit « Les contrôles de l’administration sont relativement rares, une fois tous les deux, trois ans ou sur alerte, ce n’est pas ça qui permet d’assurer que le système de qualité et de traçabilité est au point»


15-      Je persiste et je signe : mangeons simple, revenons aux aliments de base qui ne sont pas forcément les plus couteux et les plus difficiles à préparer. En n’achetant plus de produits FINDUS vous ne casserez pas beaucoup d’emplois en France.

 

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1- Une boite de lasagne «au boeuf» vendue en Grande-Bretagne. (photo Chris Helgren. Reuters)

2- La composition des lasagnes Findus vendues au Royaume-Uni, le 8 février 2013 (Photo Andrew Yates. AFP)

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

omothermix.com 29/05/2015 20:54

C'est clair qu'une sauce bolognaise maison est simple à faire et cela a bien meilleur gout ;)

Denis Boireau 11/02/2013 09:33


Hier soir, j'ai mange des moules. Importees des Pays-Bas. Un trader en viandes indelicat pourrait-il y avoir mis du cheval roumain? je m'inquiete...

juju 11/02/2013 04:02


Bien fait pour nous qui consommons ces produits de merde...Il parait qu'à Paris, un consommateur/2 consomme des produits surgelés..Mon fils qui n'avait pas de congélateur vient de me dire
qu'il en avait acheté un et l'avait rempli de barquettes en tous genres..Ravi qu'il était, il a un Picard au bas de son immeuble...


De toute façon, même nos poulets fermiers sont de la merde...Si, si, je vous assure..L'année dernière, ma mère qui fait pousser ses poussins (pas en boite), non elle les achète, a vu qu'ils
poussaient drôlement mal...Sur 12, 6 ont crevé et les autres avaient une sale gueule, boitaient, titubaient, même qu'ils auraient dû ramasser un PV en traversant les routes...Elle s'est plainte
auprès de son "fabricant" qui lui a dit, qu'effectivement, il ne lui avait pas vendu du 1er choix, mais, du second...Elle a exigé d'avoir du 1er choix..Résultat, ceux-là, sont bons, gambadent
gaiement dans la cour et finissent heureux dans la casserole..D'où venaient les 1ers ? De Roumanie peut-être, d'un élevage en batterie, couvés par un cheval peut-être...Le 1er choix, les
poulettes avaient dû courir 10mn/jour..


Tout est pourri, partout, le bon, le mauvais, la bouffe française, la bouffe roumaine, la bouffe amerlock...Où aller acheter des bons poulets ?..En Bresse ? Bof, cause toujours...Peut-on suivre
la chaine entière ?..NON..Dans ma plaine de Limagne, se côtoient d'immenses champs, sulfatés, poudrés, javellisés, à côté de petits jardins gentillets, proprets, graines venant on ne sait d'où
non plus...


Bon, sur ces nouvelles déprimantes, je vas me coucher écouter le ptit Bouvard..Demain est un autre jour....restes de choucroute....Est-ce bien des saucisses de cochon que j'ai acheté, ptêtre des
saucisses de cheval ou de singe ou de chien, va savoir..

tchoo 10/02/2013 22:09


Pour moi, plus de plat cuisinés, la faculté, comme on dit, me le déconseille fortement


et puis, les deux sociétés en cause, sont aux mains de fonds d'investissement britannique (PTDR!)


et puis les britanniques sont les plus virulents opposant aux notions d'origine, entraves pour eux à la libre circulation et libre entreprise


alors tous ça me fait rigoler

luc charlier 10/02/2013 22:08


Un petit commentaire et une illustration amusante :


http://coumemajou.jimdo.com/2013/02/10/findus-vous-savez-le-p-tit-cheval/


 

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