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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 00:09

l-eloge-du-vin-011.JPGLe taulier est un homme heureux car il habite un quartier, indemne des boutiques de nippes et de fripes, où le commerce de proximité garde une vraie densité avec, qui plus est, de bons artisans de bouche. Le bas du treizième, le morceau de la rue de Tolbiac qui jouxte le quatorzième, au-dessous de la Butte aux Cailles, garde le doux fumet du populo. Moi j’y vais à vélo. Vous connaissez déjà mon fournisseur exclusif de museau, la charcuterie Pellé, link mais, comme dans ce quartier les moindres désirsdu taulier sont satisfaits illico presto, je vais vous conter une histoire vécue. Rappelez-vous, récemment, je regrettais la quasi-disparition de la vente de vins à la tireuse et bien qu’ai-je trouvé à quelques pas de mon charcutier ? Un petit caviste (je dis petit non par condescendance mais parce que la boutique est du genre timbre-poste) affichait tout en haut de sa vitrine « Vin à la tireuse … (75cl) Apportez votre bouteille ! »l-eloge-du-vin-002.JPGLe problème c’est que, comme je ne fais pas mes courses avec une bouteille vide dans mon cabas, je ne pus dans la minute assouvir mon désir de vin à la tireuse. Je rentrai donc dans mon neuvième étage tout en me disant que c’était bien joli d’apporter sa bouteille à remplir chez le caviste mais comment la boucherais-je hermétiquement ? Avoir recours à un vieux bouchon issu d’une autre boutanche me semblait une solution peu fiable car le risque était grand de voir mon vin tiré s’épandre goutte à goutte sur la chaussée du retour. Comme je suis un homme de décision très vite je trouvai la solution : il me fallait faire l’acquisition d’une bouteille à système (style bouteille de limonade) Où allais-je trouver ce type de bouteille ? Soit j’achetais une bouteille de limonade et je déversais son contenu dans le caniveau pour qu’elle fût vide ; soit j’achetais une bouteille vide. Mais où ? À Paris, là où on trouve tout c’est dans les drogueries tenues par des étrangers un peu basanés, vous savez ces gens qui viennent voler le pain dans la bouche des bons français. Bonne pioche, sur mon chemin rue de la Glacière je fis l’emplette d’une bouteille à système pour la somme de 2,90€.

l-eloge-du-vin-001.JPGContent d’avoir trouvé mon contenant, même si le joint au lieu d’être en caoutchouc était en plastique, je poussé l’huis de « l’éloge du vin » Le caviste, un jeune homme avenant faisait déguster un Menetou-Salon à un client. Il s’enquit de mes attentes. Je lui répondis que je souhaitais qu’il rinçât ma bouteille neuve. Ce qu’il fit. Restait à choisir le nectar : « un Ventoux rouge » dis-je. Le jeune homme n’en avait plus car il n’en était pas satisfait. Alors je me repliais sur le Vin de Pays du Gard rouge. Emplissage, vérification de l’étanchéité, et le tour était joué. Je fouinai dans la boutique pour dégoter quelques quilles originales qui sont la signature du bon caviste. Quelques photos puis je payais et je m’en retournais après avoir salué la compagnie.

 

De retour en mon étage élevé qui si sied aux âmes légères j’entrepris, vite fait pas très bien fait, de concocter une étiquette pour mon flacon de vin tiré. Comme vous le savez « quand le vin est tiré, il faut le boire ». Un petit coup d’imprimante, découpage, collage (de guingois bien sûr) et « photographiage » : content le taulier, il ne lui restait plus qu’à chroniquer. Ce qui est maintenant fait.

l-eloge-du-vin-004.JPG 

l-eloge-du-vin-007.JPG

Fort bien me direz-vous mais ce vin de pays du Gard issu d’une cave coopérative que vaut-il ? 2 euros 20 plus l’amortissement de la bouteille, je plaisante bien sûr : il fut sympatoche avec ma saucisse de Morteau aux lentilles vertes du Puy. Pas crâneur le petit gars, à boire dans un petit verre comme au temps de mon grand-père au cul de la barrique par gorgeons bien lampés. Ça coule et ça désoiffe. Pas de problème pour reboucher la bouteille : faudrait peut-être proposer ça au trou du cul étoilé de Sète le Mont saint Clair, très prout-prout ma chère, qu’aime pas les vices, pardon les bouchons à vis, de Luc Charlier et qui sait même pas ce qu’est un vin rosé. Y’a des coups de pied au cul qui se perdent. Le dénommé Jean-Luc doit sans doute être tout juste bon à ramasser les herbes dans le jardin potager.

 

Pour finir, je vous propose de lire un courrier que j’ai reçu, pour soutenir ma croisade du vin au verre de qualité dans les restaurants :

 

Bonjour Monsieur BERTHOMEAU,

 

Ravi d’être « tombé » par hasard sur votre feuille.

En effet, depuis près de 2 ans existe un nouveau conditionnement qui garde le vin bien mieux qu’en bouteille ou bag-in-box : le KeyKeg.

Et les Italiens l’utilisent facilement : que ce soit Montelvini ou Castellargo et bien d’autres.

En France, cela commence. Les premiers à l’utiliser sont des vignerons qui font du vin « naturel ».

Le KeyKeg est une bonbonne de 20 L ou 30 L en PET avec une poche étanche à l’intérieur.

La bonbonne est remplie d’air sous 2 bars de pression. La poche est repliée sur elle-même et est fabriquée dans une salle en surpression.

Donc très propre.

Lorsqu’on remplit la poche qui est directement reliée à la cuve dans laquelle il y a le vin, l’air de la bonbonne s’échappe. La poche gonfle.

Quand il n’y a plus d’air dans la bonbonne, la poche est pleine. Il n’y a jamais eu contact entre le vin et l’oxygène. Lorsque la poche est désaccouplée de la cuve, la valve spéciale de la poche se ferme. Tout est donc bien étanche.

Pour « tirer » le vin, il suffit de réinjecter de l’air dans la bonbonne : la poche est alors comprimée et le vin sort tout seul.

Comme la poche est vraiment étanche aux gaz, le vin n’est pas en contact avec l’air et peut se conserver plusieurs semaines. Que ce soit du pétillant comme le procecco ou du vin tranquille.

Pas besoin d’ajouter des conservateurs.

Pour injecter l’air dans la bonbonne un petit compresseur suffit. Mais il existe une petite tireuse avec compresseur et refroidisseur intégrés.

Cela permet de mettre le vin tiré à la température souhaitée, quel que soit la température extérieure : le rouge à 18°C, le rosé à 12°C, le blanc à 9°C.

Ci-joint quelque documentation sur le KeyKeg et la tireuse.

Si vous allez à Vinisud à Montpellier, je serai ravi de vous « tirer » un très bon vin du Domaine de Massereau. Il y aura aussi un autre vin, mais chut... secret.

Nous serons dans le Hall 7, Allée C, stand 96.

A bientôt j’espère.

Cordiales Salutations

Loïc COUAILLIER

Sté Mat-in  http://mat-in.over-blog.com

Matériel et accessoires pour Lignes de Conditionnement et d'Embouteillage

Tél fixe : +33 951 04 10 99

Tél Mobile : +33 6 710 711 03

Email :  mat.in@free.fr

16, Av. Salomon

F - 59000 LILLE

Bien évidemment je n’ai pas la moindre idée de ce que vaut ce procédé et je ne touche bien sûr aucunes royalties. Si ça peut intéresser certains lecteurs www.Keykeg.com

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Aredius 14/12/2013 14:39


Bonjour,


Je suis arrivé chez vous en faisant une recherche sur "vin à la tireuse". Je recherchais les vendeurs à la tireuse à Rome. J'ai connu à Venise. Et l'avantage c'est qu'on pouvait goûter avant
d'acheter. Et j'y ai trouvé du bien meilleur que des vins "bouchés" (comme on disait dans me jeunesse, du temps des litres étoilés). Les bouteilles en plastique sont recherchées à Venise.


http://quoras-tu-chabat.hautetfort.com/archive/2012/01/27/enise-en-janvier-tout-d-abord-faire-son-marche-sans-oublier.html


 


Merci pour vos pages,


 


Au reveire

Maxime 13/03/2012 15:32


Merci M. Berthomeau pour les deux articles sur la fressure et sur le vin à la tireuse. Tout d'abord parceque, en tant que vendéen je trouve comme vous que la fressure "o lé vré bon" et qu'il est
bien dommage qu'elle souffre d'une image " qui fait zire".


Ensuite concernant le vin à la tireuse je tiens à vous rappeler que cette tradition continue en Vendée. Si vous y retournez prochainement venez faire un tour aux Caves Bregeon (Saint Martin des
Noyers, Les Esssarts, Angles et la Roche sur Yon). Cette enseigne (mon oncle en est le patron) vend des cols de toute la France ainsi que du vin à la tireuse (blancs, rosés, rouges). Comme nous
sommes en Vendée il est plus commun de venir avec son cubi de 10l et de boucher son vin chez soi plutôt qu'avec sa bouteille de 75 cl ;).


Encore merci pour ces plaisirs de lecture et a t'cho faïte !

Denis Boireau 12/03/2012 18:51


@ Taulier: j'ai garde des bouteilles vides avec bouchon a vis, de la Coume majou entre autre. Je vous en offirai une avec plaisir!


@ Luc: mes etudes de thermodynamique remontent a plus de 30 ans, mais tu as raison evidemment, on peut qualifier la pub ci-dessus de mensongere. C'est malheureusement passe dans les moeurs depuis
que les vendeurs de pompes a chaleur utilisent ce truc - eux au moins peuvent mettre dans leur calcul les calories gratuites de l'air ou de l'eau qu'ils pompent.


Dans le cas present on ne voit pas ce que veut dire "45% plus efficace que l'apport de son energie electrique".  Il est bien entendu impossible qu'il puisse evacuer plus de chaleur que de
puissance electrique consommee.

JACQUES BERTHOMEAU 12/03/2012 21:16



Merci denis voilà du positif pour une taulier qui calcule ses investissements au plus juste...


Pour le reste je suis un un ignorant crasse : moi la petite machine à servir des vins à la tireuse ça me plaisait bien...



Luc Charlier 12/03/2012 18:22


J’espère que Denis Boireau tombera sur ce billet (on l’aidera).


Lui, l’ingénieur, pourra nous expliquer comment la tireuse au verre de Loïc Couaillier – ça, c’est lui qui le dit – arrive à être
« 45 % plus efficace que l’apport de son énergie électrique » (fin
de citation).


Bon d’accord, je ne suis pas frigoriste, et pas trop rigoriste non plus, mais il me semble que cette publicité  (mensongère ?) bafoue les lois de la thermodynamique et de la conservation de l’énergie.


Prenons un exemple, puisqu’il paraît que la puissance nominale est de 34 W.


Donc, en une minute, l’appareil dépense une énergie de 34 W x 60 sec = 2040 joules.


Mais comme 1 J = 0.238 cal, il dépense 2040 x 0.238 = 485 calories environ par minute.


En même temps, comme il est 45 % « plus efficace » que l’apport d’énergie qu’on lui fournit, il produira 485 x 0.45 =
218 (arrondi)  frigories DE PLUS que l’électricité qu’il a consommée.


 


Fantastique ! Du froid gratos. Si Olivier Decelle avait connu cela, il serait resté chez Picard au lieu de venir nous emm ... euh
concurrencer à Maury.


 


Faudrait en mettre un, de Keykeg, aux fesses de Sarko : chaque fois qu’il aura envie de dire à un de ses concitoyens
« Casse-toi, pôv’ con ! », en s’échauffant, on pourra lui faire reprendre son calme grâce au froid. Idem quand il veut renégocier Schengen : au lieu de « Ausweis,
Bitte », il dira « Veuillez s’il vous plaît passer, noble visiteur de mon beau pays (d’adoption) ».


Bon, le Hollande, c’est la fonction « réchauffage » qu’il faudra utiliser. Paraît qu’il marche mieux quand il est à bonne
température.


Moi, je proposerais un nouveau slogan de campagne pour Jean-Luc Mélanchon : « Résister et Prendre leur
Température ! »


Et toi comme moi, Denis, nous crierons : « Ni Dieu, ni (thermo)-Maître. »

Luc Charlier 12/03/2012 09:52


@ taulier


1) On trouve des bouteilles « BVS » (bague à vis) vides ... quand on a bu une des miennes, ou bien des 29 % de vin au monde
embouteillé de cette manière en 2011. Il paraîtrait que le second vin du Château Matgaux (pavillon rouge) serait tiré de cette manière prochainement. Si tu en bois, gardes-en quelques
vides !


2) Pour l’évent, inévitable sur bouteille entamée, je parlais surtout du risque chez le VENDEUR, même lorqu’il utilise un garde-vin à
chapeau flottant (qui présente des défauts aussi).


3) Même si je suis un mauvais commerçant, je « suis en commerce » quand même et n’ai pas ouvert de vendetta personnelle. En
outre, il est possible que cette adresse tourne bien et offre par ailleurs plein d’autres qualités que l’accueil réservé par le patron aux fournisseurs éventuels. Je ne suis pas là pour casser le
travail des autres.


Mon billet avait trait à la perception du rosé en général par certains « professionnels », leur attitude parfois bornée et
le peu de cas que certains font des partenaires, sans lesquels la restauration aurait moins d’attrait, enfin je le crois. Pas plus que toi, je n’ai cité le nom du restaurant (les indices
suffisent à le retrouver pour ceux que cela intéresse). Je n’ai aucun problème à ne pas être retenu pour une carte, quelle qu’en soit la raison. Mais lorsqu’on accepte de recevoir Christine, sur
rendez-vous, qui se déplace sur plusieurs centaines de km quelquefois, qui n’a que 4 ou 5 vins à montrer et donne en plus des infos de première main, le minimum est de libérer la demi-heure
qu’elle demande, et de lui prêter attention. Que les payotes de bord de plage ou bien les restaus sur les quais, qui changent de gérant chaque mois de juin et mettent la clé sous la porte fin
août, accueillent en coup de vent les VRP, c’est dans la logique du business. Mais qu’une enseigne gastro ne montre pas plus d’égard envers la vigneronne qui prend la peine de le solliciter, cela
me dépasse.


Généralement, on est TRES BIEN reçu lors des dégustations et ceux que cela n’intéresse pas le disent au téléphone. Nous n’insistons
jamais. Parfois pourtant, même quand cela se passe bien, c’est à la troisième où quatrième visite que le vin finit par trouver sa place (opportunité de cave, déception par rapport à un
concurrent, nouveau plat à la carte, changement de politique de prix ...) et il n’y a aucun mal à cela. Bien sûr, nous préférons le coup de coeur immédiat ... même si celui-ci peut rester sans
lendemain.


Je crois que je vais écrire  un billet sur ce sujet dans mon blog perso (http://coumemajou.jimdo.com/blog/)


4) ma question par rapport à la «poche » était une interrogation oratoire. Ce type de système est à l’opposé de ma
perception du service du vin, tout comme la « pompe à bière » chez le particulier d’ailleurs.

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