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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 00:09

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C’est la terre avec un petit t, celle qui est sous nos pieds, « quel  que soit son statut : terre de jardin, de parc, de terrain vague et autre délaissé ; quelle qu’en soit sa propriété : publique ou privée ; qu’elle qu’en soit sa qualité : souvent jugée hâtivement bonne ou mauvaise ; la terre est toujours bien là, vivante et bien vivante. Même en dessous d’un bâtiment, la terre est en vie. Pour vous en convaincre, il vous suffira, en sortant, d’observer la petite faille restée entre un édifice et le trottoir. Ni le désherbant, ni le jet haute pression, ni l’asphalte, ni le poids de ce bâtiment n’ont eu raison d’elle. Elle pousse la terre. Oui la terre pousse. Ici en ville, et en plein champ. On l’a même observée pousser dans les déserts et, plus proche de nous, sur les dunes littorales… »


Ce texte de Sébastien Argant dans son article « Être à la table du paysage » publié dans le n°25 des Carnets du paysage Actes Sud&Ecole Nationale Supérieure de Paysage : NOURRITURES m’a de suite plu et j’avais prévu de vous le proposer.


C’est chose faite.


Notre homme « né de la source jardinière – la meilleure –, varappeur de toute la filière agricole, praticien pratique, et poète. Tombé tout petit dans la marmite culinaire… » qui cueille de temps à autre des girolles ou des cèpes, dans la forêt lorraine du pied des Vosges affirme à juste raison que « la terre pousse vraiment mieux dans la forêt où il ne peut oublier l’odeur d’humus riche et profond. »


Plus surprenant « des experts vont jusqu’à penser, et on les croit volontiers, que la terre est encore vivante sur les talus ferroviaires, les merlons d’autoroute, les sites d’enfouissement de déchets, les dépouilles de carrière, les stations d’épuration, les friches industrielles de production nucléaire et même les champs de bataille. »


Leçon de choses


 « Partant de cette observation somme toute banale, on peut se pencher sur l’intensité de son apparente vitalité : à quel point la terre est-elle fertile ? Les plantes y poussent-elles bien ? Sont-elles bien vertes ? Comment sont leurs feuilles ? charnues, petites ? De quelles espèces s’agit-il, quelles sont les familles représentées, comment cohabitent-elles ? »


Indifférence : cohabitation sans profit ni nuisance pour les 2 espèces.

Antagonisme : une espèce profite d’une autre jusqu’à nuire à sa vie.

Commensalité : une espèce est l’hôte d’une autre sans lui nuire pour autant.


« En multipliant ces observations de surface, en ouvrant grand nos yeux sur la flore spontanée de cette terre, nous pouvons commencer à percevoir déjà, l’idée même de sa profondeur, de sa compacité ou de sa souplesse, de sa richesse ou de sa pauvreté, de sa teneur en calcaire, en sable, en limon ou en humus. Certes, un œil averti, une connaissance des milieux naturels et des plantes, voire une activité répétée  de jardinage ou de marche à pied peuvent être utile à cette vision perspicace. »


Place au poète


« Si, au lointain, le châtaignier, les pins et les bouleaux indiquent la présence d’un horizon sableux, ailleurs les chênes nous disent que l’argile est bien là, et les frênes que les limons  des rivières et la fraîcheur sont présents. L’ajonc aux fleurs jaunes signale les portes de la Bretagne et les talus sableux du Massif armoricain. Aux portes de la Lorraine, le cornouiller sanguin au bois rougeâtre se manifeste et fixe les premiers talus calcaires des lisières boisées. »


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Géographie, géologie…


« Ces plantes associées à tel ou tel type de terre nous racontent plus largement la géographie, la géologie. Ces signes nous renvoient aux temps originels, à ceux de la fabrication même de la terre : l’érosion de la roche mère par les éléments et le début de la vie. À l’échelle de l’écorce terrestre (moins de 1% du rayon de la Terre), l’épaisseur de la terre vivante n’est finalement pas bien grande : quelques millimètres, centimètres, à quelques mètres de profondeur, variable suivant les latitudes et la géographie locale. La roche mère altérée, déplacée et déposée forme ce qu’on appelle communément la terre arable, qui peut être facilement travaillée, cultivée ; le temps de sa fabrication peut se compter en centaines, milliers ou millions d’années. »


Complicité…


« C’est ainsi l’histoire de la terre, sa complicité avec les plantes, et leur décomposition génératrice d’humus : matière vivante. Comprendre la terre au travers de ce qui y pousse spontanément devrait nous inviter parfois à s’en contenter, avec patience, à  s’adapter à elle, plutôt qu’à s’évertuer à lui en demander plus sans raison apparente… »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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