Dimanche 9 septembre 2012 7 09 /09 /Sep /2012 00:09

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JDMDV, Jacques Dupont pour les intimes, Merveilleux du Vignoble pour les happy few link, qui a du nez, un bon nez affuté, a flairé la tendance d’une année 2012, où le soufflé électoral est vite retombé, bien avant les autres petits limiers pendus depuis des années à ses basques pour lui faucher ses fans. Oui, au cul du Jacques ça ferraille dur entre la vieille permanentée reliftée et le vieux couple B&D pour ramasser la sous-traitance de la concurrence du POINT.

 

Donc le Jacques, qu’a toujours rêvé d’être géographe, un Roger Dion post-moderne, cette année a sélectionné ses 365 vins, un par jour c’est louable, à l’aveugle – je trouve que ça fait très jeu paralympique – dans 13 appellations chalute dans le normal, j’écrirais même dans le modeste teinté de petisme. Même que notre beau tarin se penche aussi sur le berceau du bébé bio des technos de l’Union. J’ai même vu la photo d’un cheval en beaujolais c’est dire que tout arrive (c’est pour de rire Jacques). Pour en revenir à la normalité estampillée par le PNR, dont on me dit dans le présent numéro du Point qu’il reprend les rennes en mains, je crois que notre JDMDV effectue un retour aux sources tel le laboureur qui va bientôt passer les manchons de sa décavaillonneuse (pas tout de suite bien sûr car de source sûre JDMDV est de la classe 51)

 

Pour appâter le chaland amateur de vins j’ai effectué quelques prélèvements sauvages dans les cuves jacqueduponienne et je vous propose de les déguster sans aucune modération pour ensuite vous précipiter sur le N°2086 du POINT qui est vendu a son prix habituel de 3,50€.

 

Monthélie grand cru caché : (titre très Taulier) Cette petite appellation encadrée par meursault et volnay produit des rouges de grande qualité et abordable.

 

« Auxey-Duresses à l’est, Meursault au sud, Volnay à l’ouest. Ces deux derniers villages figurent parmi les grands noms de la Bourgogne, mais pas Monthélie, avec ou sans accent... C’est bien la principale raison qui nous fait nous y intéresser : alors qu’il devient de plus en plus difficile pour un particulier d’acheter de grands vins (sans même parler du prix !) dans cette partie de la Bourgogne, tant la demande excède l’offre, ceux de Monthélie demeurent disponibles. La renommée ne dépasse  pas celle des bons connaisseurs de la Bourgogne, qui savent trouver un excellent rapport plaisir/prix. »

 

Médoc 2010 : sur le bout de la langue : Loin des grands crus inaccessibles, les médocs qui les entourent sont un réservoir de bons vins à prix très raisonnables. Qualité en hausse.

 

« L’appellation médoc s’étend au nord, une fois passées les AOC communales : margaux, moulis, listrac, saint-julien, pauillac et saint-estéphe. Le climat change, on s’approche de l’océan et les sols ne sont plus les mêmes. Le banc de petits cailloux blancs, les graves, véhiculés par les glaciers puis par les eaux du fleuve, se font plus rares. Le calcaire souvent très dur remonte en surface, recouvert d’argile plus ou moins épaisse, plus ou moins mêlée de cailloux. Les grands châteaux construits au XIXe par les riches propriétaires des grands crus laissent la place à des fermes, des maison basses, de petits manoirs au mieux. On oublie l’aristocratie pour pénétrer dans le monde des petits paysans, ex-éleveurs ou céréaliers, des pêcheurs, des gens qui vivent sur place et ne possèdent pas d’appartement confortable dans les beaux quartiers de Bordeaux. Les vignerons du Médoc sont presque tous issus de cette paysannerie reconvertie. La vigne représentait pour les grands-parents une activité parmi d’autres. Il y avait les bêtes, souvent un parc à huîtres quand on était près des rives, on chassait beaucoup et on chasse toujours le canard ou la bécasse, et, quand on a la chance de posséder un carrelet, ces cabanes sur pilotis avec un treuil et un filet, on se régale des crevettes blanches si particulières préparées à l’anis. »

 

Jurançon, l’esprit montagnard : Blancs doux et secs très fruités, le jurançon a conservé son esprit d’entraide et de singularité de ses cépages.

 

« Un relief plissé comme un shar pei annonce les montagnes du Sud. Nous sommes en pays de Béarn qui monte, qui descend, qui s’est fait bousculer par l’érection des pics pyrénéens ; Le vignobles s’est installé là où on ne pouvait guère faire autre chose, sur les coteaux en pentes des combes, des cirques, des effondrements et des vallées creusées par les eaux. Ce relief protège les traditions. Ici peu de pavillons copiés sur ceux des séries américaines, des habitudes de solidarité, des cépages qui ne viennent pas d’ailleurs et un attachement aux festivités locales (...) C’est peut-être l’aspect plus sympathique encore de ce  vignoble : on est collègue avant d’être concurrent. Chaque nouveau qui s’installe peut compter sur la solidarité des « anciens ». Peut-être est-ce la conséquence encore une fois du relief et d’un certain état d’esprit « montagnard »... Ceux qui fréquentent depuis longtemps ce terroir y voient aussi l’empreinte de quelques personnalités fortes et généreuses. »

 

Reuilly réveil réussi : Des vignobles de Centre-Loire, on connaît surtout Sancerre et Pouilly. Près d’Issoudun, Reuilly se décline en rouges, blancs et superbes rosés.

 

« Le centre est à gauche. Enfin, pas tout à fait. Une forte partie de ses appellations, sancerre, châteaumeillant, quincy, ménetou-salon et ce reuilly un peu moins connu, se situe à l’ouest de la Loire, à gauche du grand fleuve tranquille. Mais le centre ne le serait pas totalement (au centre) s’il ne poussit un peu sa corne à droite avec pouilly, les coteaux-du-giennois et les coteaux-charitois, en pleine renaissance sur la rive opposée, à l’approche de la Bourgogne. Ceux qui qui bordent la Loire (sancerre, pouilly) ont bien résisté aux crises à répétition qui ont martelé la fin du XIXe siècle (phylloxéra) et la partie noire du XXe (guerres, 1929 et sa suite...). Les autres, plus éloignés de la circulation fluviale, avaient pratiquement disparu des surfaces agricoles. »

 

Juliénas : la nouvelle vague chamboule tout : Ce cru du Beaujolais se vend à 70% dans l’Hexagone. La génération montante s’inscrit dans la recherche du naturel, souvent en bio.

 

« Quand il s’agit d’une nouvelle installation ou d’une reprise après un papa ou un tonton plus sensibles aux recettes quo « faisaient vendre » naguère, le discours s’affiche dans la rupture. « Pas de levurage », « labour à la charrue », « refus de la standardisation », « aucune thermovinification » - ce procédé qui consiste à chauffer puissamment la vendange entre 70 et 75°C pour extraire les arômes rapidement et détruire les goûts végétaux, souvent utilisé pour le beaujolais nouveau. Mais on lui reproche de banaliser les vins. »La tendance n’est plus à la thermo, le pire du pire est passé... » nous dit Laurent Perrachon, (encore) jeune président du cru juliénas. « La nouvelle vague des moins de 35 ans préfère revenir à des choses plus douces, mettre en avant les terroirs, moins de technique... On est une génération formée à l’œnologie. Plus on est formé, moins on a recourt à la technique et plus on essaie de travailler propre » ajoute Mathieu Mélinand (...) D’autant que le juliénas, comme les autres crus du Beaujolais, coûte cher à produire. Sur ces coteaux souvent abrupts, les vignes sont plantées à de très fortes densité (10 000 pieds/ha) et cultivées « enn gobelet »,. Chaque pied est taillé en rond, prenant la forme d’un verre ou d’un gobelet, contraignant les vignerons à travailler à la main ou avec des engins peu stables. « On  a un coût élévé à l’hectare. On a pris du retard, il y a trente ans on aurait dû penser à la mécanisation, réduire un peu la densité à l’hectare pour pouvoir passer avec les tracteurs et prendre moins de risques », poursuit Laurent Perrachon. Petit à petit la vigne palissé, plus facile à travailler, prend la suite du gobelet. Mais la vendange reste obligatoirement manuelle. Pour le moment. »

 

Hautes-côtes-de-beaune et de –nuits : terres secrètes et sauvages : Appellations mal connues et relativement récentes. Excellente solution pour qui veut boire du bourgogne blanc sans se ruiner.

 

« D’en bas, de la route qui relie Dijon à Beaune, on ne les voit pas. Ce que l’on contemple, c’est cette magnifique côte, rang de vignes bien alignés de la plaine jusqu’à mi-pente. Au-dessus, la nature est sauvage, abandonnée, quelques arbustes, des friches, un monde beaucoup moins bien peigné. On est en droit de se demander : si en haut il n’y a plus rien, où donc sont les hautes-côtes ? Réponse : ailleurs, derrière, presque en coulisse du spectacle nuiton et beaunois. L’essentiel des hautes-côtes-de-nuits, au nord, et des hautes-côtes-de-beaune, au sud, se situe en effet sur les plateaux à environ 400 mètres d’altitude et sur les flancs des vallées qui creusent ces plateaux. Une vingtaine de communes, pour chacune de ces appellations, cultivent ces vignes un peu particulières. A dire vrai, autrefois on les appelait les arrière-côtes. Ce n’était ni beau ni franchement encourageant pour l’acheteur. « Hautes » présente mieux. Les mots comptent. Dans notre imaginaire, la hauteur, c’est la perfection, le contraire de bas : haut de gamme contre bas de gamme, prendre de la hauteur, etc. 

Pour en arriver là, les hautes-côtes ont mis du temps et de la peine... » Lire la suite chez JDMDV la doc comme toujours est top « La renaissance du vignoble des hautes-côtes-de-beaune et des hautes-côtes-de-nuits » de François Legouy (l’Information géographique 4/2006).

 

Saumur-puy-notre-dame : les obstinés : Une poignée de vignerons, pour beaucoup en bio, ont créé cette appellation de rouge avec un cahier des charges très exigeant.

 

« 50 hl par ha au lieu de 60, dédoublage obligatoire (supprimer le contre-bourgeon qui donne un rameau supplémentaire), désherbage total interdit, labour obligatoire au milieu du rang, sept yeux maxi sur le cep... » c’est Aymeric Hilaire qui le dit...

L’idée, c’est d’aider les vignerons, pas de faire la police. On s’inscrit dans une démarche de cru. Commercialement, c’est difficile de vendre un saumur rouge assez cher alors qu’en puy le caviste peut expliquer nos sols et notre travail...

« J’y suis depuis treize ans (en bio), un ana après Philippe Gourdon. Il y a eu des choses dans ma vie qui m’ont marqué. Mon père était vigneron, il a pris sa retraite à 65 ans et à 66 ans il est mort d’un cancer. Ceux de cette génération ont été les pionniers de la chimie dans la vigne. Au début, le plus dur, c’était de maintenir sans herbe, je suis de la vieille école où la vigne doit être propre. C’est un autre métier, on se rapproche de la terre, du végétal... » c’est Philippe Elliau qui le dit.

 

Gaillac : la voie de l’origine  Abandonnant progressivement les cépages classiques bordelais, les producteurs ont réhabilité ceux d’autrefois. Grande réussite.

 

« Cela n’aura pas échappé à l’observateur le plus distrait : Gaillac, la ville, n’est pas un port de l’Atlantique. Faire le commerce du vin avant l’arrivée du chemin de fer, consistait à utiliser la voie fluviale, le Tarn, dont l’aboutissement océanique s’appelle Bordeaux. Cette dernière ville, voilà encore une vérité facile à vérifier, est elle-même dotée d’un vignoble fortement étendu. De là à imaginer que  Bordeaux n’allait pas faire la promotion des vins de Gaillac auprès des acheteurs anglais et néerlandais, il n’y a qu’un petit pas aisé à franchir. Donc, longtemps, ce vignoble fut un appoint : tantôt vin médecin quand ceux d’Aquitaine se révélaient pâlots, tantôt renfort quand la demande dépassait l’offre. Ce rôle de doublure dura une paire de siècles. Puis vinrent les temps troublés de la fin du XIXe jusqu’au lendemain du second conflit mondial. Du grand vignoble qui vers 1880 s’étendait sur 38 000 ha il ne restait plus grand-chose, sinon une volonté farouche d’exister, quelle que soit la forme...

Puis depuis une quinzaine d’années, petit à petit, les producteurs ont commencé de réhabiliter leurs anciens cépages comme le duras, dont parle Bernard Plageoles, et le braucol, appelé aussi le fer servadou ou le mensois, du côté de Marcillac. « On doit être à 950 ha de duras, une surface à peu près identique à celle du braucol et de la syrah, qui est entrée dans les années 70 et 80 parce qu’elle s’adapte  bien à notre vignoble ; on a une influence méditerranéenne dans certaines zones de la rive gauche du Tarn. Le braucol, on devait être à 300 ha en 2003, on a dû multiplier par trois en dix ans, contrairement aux autres cépages, qui ont régressé. » c’est Bernard Petiot qui le dit. »

 

Bien évidemment notre JDMDV ouvre le bal avec un papier sur le nouveau bio des euros : Europe, le bio sort du bois. « Charte. Le vin biologique n’existait pas. L’Europe le fait naître. En quelques années de marginaux babas les bios sont devenus respectables, enviés, parfois même copiés » Ensuite le Jacques plonge « Au cœur de l’antifraude » frissons garantis. Et puis y’a un article sur un type qu’a un tarin encore plus affuté que celui de JDMDV mais je n’arrive plus a retrouver l’article. Normal je suis fatigué puisque je suis encore en vacances en Corse. C’est terrible cet encore appliqué à ceux qui prennent leurs vacances en septembre, comme un petit air de reproche ou d’envie.

 

Bonne lecture !

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Commentaires

Juste une petite question : qu'est-ce qui justifie, selon toi, le titre de ""Merveilleux du Vignoble' ???

Commentaire n°1 posté par Michel Smith le 09/09/2012 à 00h43

Rien bien sûr sauf une vieille lubie du taulier ici http://www.berthomeau.com/article-22333999.html

Réponse de JACQUES BERTHOMEAU le 09/09/2012 à 07h51

J'ai remarque que l'on utilise toujours dans le monde journalistique, le terme de prix pas cher , raisonnable, abordable,  moi lecteur  consommateur lambda, les prix pratiqués par les vignobles et repertorié dans ces" foires aux vins " sont exagérement excessifs du simple Bordeaux AOP mis en bouteille au chateu  à 10-15€ je le laisse et ne le goûte même pas ....J'ai pris des habitudes d'achat chez le producteur directement à des prix réellement RAISONNABLES!

Commentaire n°2 posté par stan le 09/09/2012 à 06h41

Stan  a bien raison -  Nous faisons de même mpg

Commentaire n°3 posté par MPG le 11/09/2012 à 11h45

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