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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 00:09

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Dans le Bien Public de Dijon, qui porte bien son nom, c’est simple comme une annonce rassurante et bienveillante « 2013 restera une année très difficile dans la mémoire des viticulteurs. Cependant, la qualité constatée du millésime semble récompenser leurs efforts. », et de citer Dominique Prieur du domaine Michel Gay&Fils de Chorey-les-Beaune « Nous sommes très contents. Ce fut une très belle récolte. Nous avons conclus nos traitements correctement, même en ce qui concerne la pourriture. Certes, le rendement est bon, pas grandiose, mais bien supérieur à l’année dernière lors de laquelle nous avions 50% de pertes. » Bruno Colin d’Aloxe-Corton renchérit « Vu les circonstances, cela ne se termine  pas trop mal. Nous sommes relativement confiants. Après toutes ces galères, on peut dire qu’on a réussi. »


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Infos-Dijon, est un peu plus sceptique « La crise est là. Mais, dans le monde du vin de Bourgogne, on relativise.


Alors que Beaune préparait la très (trop ?) médiatique vente aux enchères des hospices organisées par la maison Christie’s, les forces vices du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) a mis en avant les grandes perspectives du vin bourguignon dans le monde et le bilan de l’année 2013.


Marqué, comme chacun le sait en Côte-d’Or, par des aléas météorologiques dont les vignerons se seraient bien passés. Visiblement, l’épisode n’aura pas eu les répercussions que l’on pouvait craindre.


Roland Masse, le régisseur du domaine des hospices de Beaune ne manquait pas de citations de visiteurs beaunois asse élogieuses : « agréablement surpris », « très bon millésime » ou encore « critiques positives » n’ont pas manqué d’alimenter son discours d’introduction. On le comprend aisément… »


Eu égard à mon niveau de dégustateur je me suis bien sûr abstenu de mettre mon nez dans les verres du millésime 2013. Je laisse ce soin à ceux dont c’est le métier en notant cependant que certains beaux nez se gardent bien de descendre jusqu’aux vins vendus au négoce bourguignon, eux ne connaissent que les vins de vignerons. Ne tournons pas trop autour du pot le millésime 2013 ne frisera pas les sommets sans pour autant se retrouver dans les abîmes mais ce qui va être paradoxal c’est que les prix vont flamber pour un millésime que nous qualifierons d'honnête.


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photo Infos-Dijon

Normal, sur tout marché de produits de base la pénurie provoque une surchauffe des prix. Qualifier le vin de Bourgogne de produit de base va faire lever bien des cheveux au-dessus des têtes des grands amateurs mais nous sommes ici sur le marché du vrac qui répond à tous les critères de ce type de marché. Lors de la conférence de presse, Louis-Fabrice Latour, président de l’Union des maisons de vins de Bourgogne, l’a dit sans détour « les volumes vont baisser alors que les valeurs vont augmenter » dans les mois à venir, les vins de Bourgogne à l’export ayant connu fin septembre une hausse de 1 % en valeur et une baisse de 4 % en volume sur les neuf derniers mois. La campagne d’achat des vins sur les blancs a commencé avec 20 à 30 % de hausse sur les prix »


C’est la fin pour lui des vins à 10 € la bouteille a-t-il lancé avant d’ajouter « Le négoce bien conscient de ce mouvement général se demande comment il pourra faire accepter ces hausses, sans nuire à l’image du bourgogne. Et si en 2014, la récolte revenait à des volumes normaux ? Je crois qu’il faudrait au moins deux récoltes pour faire baisser les prix. Le défi nous attend en 2014 pour faire accepter les hausses de prix face à la pénurie »


Paroles de négociant, plus chaud pour les baisses que les hausses de ses prix d’achat, diront les vignerons qui ont vu leurs charges d’exploitation galoper et leurs volumes dévisser. Faux-débat puisque la campagne d’achat est haussière, le négoce veut se couvrir et est lui-même responsable du mouvement des prix. Le point important n’est pas là, il se situe sur le plan de la compétition internationale où, sur ce type de vins d’entrée de gamme, à qualité égale voire même supérieure, des vins concurrents à des prix plus raisonnables risquent de prendre la place des vins bourguignons.


Tel est bien le défi évoqué par Louis-Fabrice Latour.


La récolte 2013 a été médiocre. Les viticulteurs craignent la concurrence américaine ou chilienne titre l’article de Laurence Girard © Le Monde


 «  La situation est tendue », reconnaît Pierre-Henry Gagey, président de la maison Louis Jadot, mais aussi président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), alors que le round d'observation se poursuit entre viticulteurs et négociants pour fixer les prix. Le faible niveau des cuves après la vendange tardive de 2013 fait monter la pression. « Une année normale, la récolte de vins de Bourgogne représente de 1,45 à 1,5 million d'hectolitres. Cette année, elle devrait se limiter à 1,2 million d'hectolitres. Moins que les 1,25 million de 2012, qui était déjà l'une des plus petites années depuis 2003 », estime M. Gagey.


La demande de vins de Bourgogne reste, elle, très soutenue. Selon le BIVB, les ventes dans les grandes enseignes de distribution en France ont atteint un record de 239 millions d'euros (37 millions de bouteilles) entre septembre 2012 et août 2013. Les exportations ont connu une légère hausse de 1,4 % sur les huit premiers mois de l'année, à 460 millions d'euros. Sur le plan de l’export, le décalage entre les rouges et les blancs est patent. Alors que, sur les volumes, les blancs grimpent de 9%, les rouges s’écroulent avec -6%.


Tout concourt donc à nouvelle hausse des prix, après celle de 2012. La spirale est enclenchée dans les appellations pourvoyeuses des gros volumes dont les disponibilités sont les plus faibles : mâcon, chablis et pouilly-fuissé. « La pièce de pouilly-fuissé se négociait en vrac à 900 euros en 2011, son prix est monté à 1 300 en 2012, et il est actuellement à 1 600 euros. Certains viticulteurs veulent aller à 2 000 euros », explique Frédéric-Marc Burrier, président de l'Union des producteurs de pouilly-fuissé. Pour les crémants, une belle récolte et les prix restent raisonnables.


Mais que les grands amateurs se rassurent LF Latour précise que pour le nec plus ultra des vins les 4 à 5 années de stocks permettront de lisser les prix.


Ainsi va la vie du vin, des vins qui, contrairement aux grands pondéreux s’échangeant et se cotant sur les marchés à terme, voient leurs prix se jouer dans des têtes à têtes entre les acheteurs du négoce et les vignerons. La qualité intrinsèque des vins, la valeur du millésime réelle ou ressentie, l’état des trésoreries, sont un ensemble d’éléments qui joueront lors de l’achat d’approvisionnement mais qui ne pèseront pas très lourd dans l’attractivité de ces vins au stade du consommateur. En effet, à ce niveau de produit, n’en déplaise aux grands amateurs, les consommateurs privilégient le prix.  C’est aussi vrai sur le marché domestique que sur la plupart des pays où la Bourgogne exporte.


L’inquiétude de LF Latour pour 2014 n’est donc pas feinte «  Il n'est pas aisé de faire passer des hausses dans le contexte économique actuel »


L’euro fort sur le marché US, l'enquête antidumping engagée par Pékin sur les vins européens, les consignes du Gouvernement chinois pour aller un peu moins vers l’ostentatoire, la faible reprise de la croissance dans la zone euro, la morosité des ménages français, sont autant de facteurs anxiogènes.


Même s’il ne représente pas à lui seul l’état de santé de l’ensemble des vins Français ce pouls de la Bourgogne est intéressant. En effet, le négoce bourguignon, contrairement à celui de Bordeaux, n’a pas tout misé sur la Chine en jouant sur la diversité de ses débouchés à l'export pour limiter les risques. La Chine et Hongkong ne représentent que 6 % des exportations. Ce sont bien sûr des marchés d'avenir mais le moindre hoquet économique ou protectionniste de l’ancien Empire du Milieu risque de faire tousser fortement notre économie viticole par des effets de replis massifs de vins sur un marché domestique déjà pas très rémunérateur.

 

Une grande banque américaine avec des données macro-économiques mal digérées prévoyait une future pénurie mondile de vin dans les années à venir. Les grands équilibres du marché mondial du vin ne s’apprécient pas ainsi. Le vin, les vins ne s’additionnent pas comme les patates ou les quintaux de blé, il faut apprécier avec un degré de finesse qui va jusqu’à l’analyse des fondamentaux de la Grande Bourgogne. Loin des effets médiatiques de la vente des Hospices d’autres parties se jouent et il n’est pas inutile d’aller en apprécier les éléments au plus près des acteurs.


C’est ce j’ai tenté de faire ce dimanche en me promettant bien sûr de ne plus mettre les pieds dans la bétaillère de Christie’s où je n’ai strictement rien à faire sauf à descendre dans le parterre pour me muer en enchérisseur mais ce n’est pas demain la vieille. La suite dans la chronique qui suit.


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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BEDOUET Michel 19/11/2013 08:15


Bonjour Jacques,


Je ne voudrais pas faire ofence aux bourguignons, mais ce qui s'est passé dans le Muscadet suite au gel de 2008 peut servir.


Suite à la petite récolte, sous l'implusion d'un gros négociant, les prix ont beaucoup augmenté, malgré une qualité moyenne.Les acheteurs ( GD, export...) ont pris peur et se sont couverts.Leur
prix moyen pondéré d'achat ayant fortement augmenté, ils ont directement répercuté cette hausse en rayon.


Le résultat a été une triple peine : premièrement les volumes vendus ont chuté, entrainant une rotation trop lente, deuxièmement, la vente s'est étalée sur deux ans et a bloqué la mise sur le
marché du 2009 qui était de haute qualité, troisièmement, par voie de conséquence, la mévente du 2009 et l'arrivée du 2010 sur le marché, ont fait retomber les prix en dessous de ce qu'ils
étaient avant le gel de 2008.


Et je ne parle même pas du volume distillé à 50 euros de l'hl !


Cordialement.


 

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