Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 00:09

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Qui se souvient d’Antoine Pinay, le maire de Saint-Chamond, qui a légué son nom à un emprunt qui a fait pendant des décennies le bonheur des héritiers voulant échapper aux droits de succession ? Pas grand monde ! Qui se souvient du rapport Armand&Rueff et de Wilfrid Baumgartner ? Personne ou presque ! Et pourtant l’irruption des nouveaux francs concomitamment avec la nouvelle République : la Ve, a pourtant traumatisé des générations de français en amputant la monnaie nationale de deux zéros. Cette division, mentalement simple, fut refusée aussi bien par les vieux que par les jeunes, surtout lorsqu’on abordait le million. Gymnastique perpétuelle, acrobatie même qui, curieusement, ne s’est pas renouvelée lors du passage à l’euro. Nous changions d’ère, nous basculions dans un espace inconnu : l’Union dite Européenne. Nous avons de suite compté en euro méprisant de ce fait la monnaie divisionnaire qui nous semblait soudain dévaluée : et pourtant un euro c’était tout de même presque 7 de nos nouveaux francs ; pas tout à fait rien. Le prix du petit noir s’est envolé au café et l’exercice du pourboire n’en a pas été facilité. 

 

La zone euro tangue faute de barreur digne de ce nom. Va-t-elle voler en éclats ? Allons-nous nous retrouver en tête à têtes avec nos vieux francs ? Etrange époque où le pouvoir européen ne veut pas battre monnaie. Comme l’écrit fort justement Derek Thompson dans un journal de Washington : « il faut faire marcher la planche à billets ». Il cite Saint Augustin «  O Dieu ! Accordez-moi la chasteté, mais pas tout de suite ! » Oui, il n’y a pas aucune contradiction entre la mise en place d’ajustements de nos finances donnant des résultats à long terme et une bouffée d’oxygène à court terme. Sinon le patient a de fortes chances d’être mort avant d’être guéri. Comme l’écrit notre étasunien « la BCE a la possibilité d’agir comme une banque centrale. Elle peut déchaîner l’enfer monétaire en achetant tous azimuts des obligations et en faisant tourner la planche à billets afin de faire baisser les taux d’emprunt et d’éviter le défaut de paiement. Pendant ce temps, l’Europe s’emploiera à trouver une solution à long terme au désastre qu’elle a elle-même provoqué. » C’est de la pure gestion domestique mais encore faut-il que ceux qui se présentent à nos suffrages aient la carrure pour endosser des habits d’homme d’Etat sans être obnubilé par leur popularité gage pour eux de succès électifs.


Mais revenons à  nos vieux francs 1957, au tarif des prestigieuses bouteilles du catalogue Nicolas de cette année-là illustré par des aquarelles de Constantin Kostia Terechkovitch. Bien évidemment, j’ai mis en avant Lafite l’idole des nouveaux riches chinois. Pour les amateurs quelques remarques s’imposent : Lafite, Mouton-Rothschild, Latour, Haut-Brion... sont flanqué du ® indiquant qu’il faut décanter le vin, nulle mention de château ou d’appellation alors que château est porté par Yquem, Climens, DoisyDaëne sauf pour les bouteilles exceptionnelles.

 

Reste les prix : Question aux spécialistes de l’inflation : combien valaient les francs de 1957 pour convertir les 3500 francs de Lafite en francs pré-euro et pouvoir faire des comparaisons avec son cours actuel en euros ?  La réponse est donnée par Olivier Borneuf tout en bas. Merci Olivier. 

 

Enfin, pour ne pas faire la part trop belle à l’impérialisme bordelais je signale à votre aimable attention que l’afterwork de ce jour vous proposera les tarifs Nicolas des bouteilles exceptionnelles de vins de Bourgogne.

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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