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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 14:00

gotlib02.jpgVous ne pouvez pas savoir comme, de temps à autre, c’est bel et bon d’exprimer publiquement une belle et bonne détestation. Voyez-vous, d’une certaine façon, c’est comme un rot ou un pet, ça libère. Certes, point trop n’en faut, sinon le risque est grand de virer au vieux con qui se relâche. Lâcher un rot ou un pet en société ça ne se fait plus, c’est vulgaire. Le pet et le rot se font hypocrites, en loucedé, en catimini, car l’époque est à l’hygiénisme et à la préservation des apparences.


Ainsi donc, lorsqu’une belle et bonne détestation fond sur moi c’est irrépressible : je torche une chronique. C’est souvent bâclé, cochonné, salopé, parfois même vite fait et mal fait, mais peu me chaut, l’important pour moi est d’évacuer au plus vite ma détestation. Je suis en état d’urgence. Le temps m’est compté, je me laisse aller à la facilité, à la vulgarité, à la méchanceté même. Oui, je sais, ce n’est pas bien, c’est même très mal, et je m’en bats la coulpe, c’est ma faute, c’est ma très grande faute, je suis prêt à faire contrition mais, comprenez-moi, sans me donner forcément l’absolution, à force d’émasculer les mots, de les priver de leur odeur, de leur saveur, de leur poids, nous sommes tous des comprimés.


Étrangement mes pics de détestation, aussi soudains que passagers, sont d’autant plus intenses lorsqu’ils sont provoqués par des engeances qui se drapent dans leur importance, réelle ou supposée, pour nous asséner de la pseudoscience ou des démonstrations fondées sur des bases contestables. Là je prends le mors aux dents, je rue ou, en termes plus guerriers, j’arrose large. Pas grave, mes mots ne sont que des mots qui ne font que peu de dégâts collatéraux. Ce qui me fait sourire c’est que mes chroniques torchées mettent les intéressés hors d’eux. Drapés dans leur dignité outragée ils prennent le temps de m’envoyer une réplique courroucée dans laquelle ils me font part du mépris dans lequel ils tiennent mes propos débridés. Ils ont torts car si ceux-ci ne les avaient pas vraiment touchés, au-delà de leur vulgarité, ils n’auraient pas pris la peine de me répliquer. S’ils m’avaient ignoré moi j’aurais vraiment été touché.


Ce qui est grave docteur c’est, qu’en dépit de tout ce que je viens d’écrire, mon front ne se couvre pas de honte, je ne regrette rien. La détestation a toujours été chez moi un placement d’avenir. Certes, j’en use avec parcimonie, ça me fabrique des ennemis ou disons de inimitiés, mais, avec le temps qui passe, j’en ai vu tant et tant venir à Canossa que je ne répugne jamais à m’offrir une petite poussée de détestation. Désolé !


Pour en terminer avec cette chronique permettez-moi de dire à ceux qui, faute d’arguments solides, me mettent dans les gencives que j’écris comme un cochon, que mon style est lamentable, que je martyrise le français : je suis totalement d’accord avec eux, surtout lorsque je torche une chronique c’est vraiment ni fait ni à faire. Qu’importe, ça me fait du bien et il devrait se réjouir de ma médiocrité qui ne peut que mettre en exergue leur évidente supériorité intellectuelle.


À ce propos, permettez-moi de jeter un pavé dans la mare des beaux esprits qui occupent les chaires universitaires ou écolières. Pour ce faire je sors un atout maître : ma chère Eva qui, à partir du fameux verbe torcher, forcément très évocateur en son sens premier (fin du XIe), dans une chronique sur les mots du vin a mis en avant la torchabilité d’un vin, ce qui lui permet de qualifier ce vin de torchable. Pour elle, et certains de ses acolytes dont je suis, c’est un vin de plaisir, un vin facile à boire, un vin bu, un vin plaisant, un vin qui s’adapte à toutes les circonstances, un vin de convivialité. Que voulez-vous j’adore la justesse et le chic de cette vulgarité assumée.


Oui mes chroniques de détestation sont torchées et torchables, et, pour paraphraser les gascons, bonsoir au sieur Dubosc qui fait le jeune homme la nuit à la télé dans les vignes de Pacherenc, elles sont « sitôt lues, sitôt pissées… »

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

christian Bétourné 05/01/2013 14:08


Permettez moi de roter de tout coeur à votre bonne santé !

VION Gérard 04/01/2013 14:41


Depuiq quelques semaines, Jacques, j'ai l'mpression que tu as mis le turbo et c'est de plus en plus passionnant. Continue comme celà. Mais attention quand-même de ne pas trop abuser du langage de
"charretier" de notre nouveau Gégé russe, c'est un sujet très sensible actuellement.


Pour ma part, n'étant plus aux "affaires viticoles", j'adore passer mon temps à titiller mes "pauvres" voisins qui n'ont de cesse de défendre le statut des riches milliardaires.


Un mauvais citoyen qui roule en V70, tout confort, toutes options, années 1999, petit prix, 300 000 kms (en référence à ta chronique de ce matin).


Bonne et heureuse année à tout le monde.

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