Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petitespace de liberté,
une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est" un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..."Bon appétit ! Diffusez le message autour de vous.
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Comme c’est étrange, alors que je venais de passer devant l’épicerie du 56 rue des Trois Frères, qui a servi de cadre à Amélie
Poulain, où Djamel Debbouze incarnait avec un naturel désarmant Lucien qui subit stoïquement les vexations continuelles que lui fait subir son patron M. Colignon incarné par
Urbain Cancelier. Lieu devenu culte, tout comme le café des 2 Moulins, rue Lepic, où Amélie est engagée comme serveuse, pour les peuplades qui envahissent la butte Montmartre, et que je
redescendais vers la rue des Abbesses pour accomplir le devoir de tout chroniqueur : dénicher une nouvelle idée, force était de constater que le quartier continuait de se boboïser :
boutiques de fringues de luxe, un café proposant de la bouffe Newyorkaise, des restos chics et tocs…
Comme les terrasses des café, qui bordent la rue des Abbesses sur son flanc droit lorsqu’on la remonte en direction de la place, étaient empli d’un ramassis de
touristes en tenue de touristes et de pseudo-intellos reconnaissables à leur négligé crade étudié, je décidais d’aller explorer l’antre de la cave des Abbesses qui a gardé son enseigne
dépenaillée. Mon premier tour de piste me laissait sur ma soif, rien de très original mais je persistais. Bien m’en pris car, tout au fond, en haut d’un rayonnage bien peu affriolant je
découvrais Tandem. Nouvelle référence cinématographique de l’errance de deux paumés : Jean Rochefort et Gérard Jugnot dans une parodie grinçante du Jeu des Milles Francs, le
pauvre Lucien Jeunesse, paix à son âme, n’avait guère apprécié le film de Patrice Leconte.
La floraison d’étiquettes, plus ou moins racoleuses, destinées à choper l’attention des bobos toujours en quête de différenciation, me gonfle un peu. Celle de
Tandem était gentiment naïve mais ce qui m’intriguait c’était le palmier. Alors j’ai levé le nez pour lire le petit carton accolé en haut du casier où était exposé Tandem. J’y lisais :
vin du Maroc, tiens pas fréquent chez nos cavistes peu adeptes du Boulaouane. Mais ce n’était pas tout, en gras, la mention Vin Nature excitait mes neurones
assoupis. J’empoignais d’une main ferme la bouteille exposée pour y lire que cette Syrah nature était l’œuvre d’un grand maître de la Syrah, Alain Graillot. Je me doute que
toutes les fines bouches étaient informées mais j’appris que celui-ci s’était associé avec Jacques Poulain, qui n’est pas le père d’Amélie mais un œnologue bordelais
installé au Maroc au domaine Ouled Thaleb dans la région de Meknés. Pour compléter le tableau on me dit que « ce vin marocain, Tandem, qui n'est pas sans rappeler les Crozes
Hermitage, est une vraie réussite de par sa fraîcheur et une découverte qui vous transporte sur les contreforts de l'Atlas »
Bref, c’était bien un tandem, même si Alain Graillot, plus médiatique, était mis en avant sur l’étiquette, et je me délestais de 14,90€ pour acquérir un flacon. Cap
ensuite sur la librairie des Abbesses pour une moisson de petits livres intelligents. Elle fut bonne et il ne reste plus qu’à trouver l’occasion de me lichetronner ce Tandem nature. Ça ne saurait
tarder : affaire à suivre !
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Comme c’est étrange, alors que je venais de passer devant ...
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