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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 00:09

Les chiffres m’ennuient. J’ai toujours eu une sainte horreur des interlocuteurs me noyant sous des bordées de chiffres. Pire encore, ceux qui à la manière d’un Giscard vous somment de faire la preuve de vos connaissances sur tel ou tel sujet en vous posant la question qui tue : combien d’hectares le Sancerre ? Sans répondre que je m’en tamponne, comme je l’ai fait à une conseillère d’Hervé Gaymard qui me recevait en tant que président des Appellations du Calvados, cidres, poirés et pommeau, lorsque j’ai besoin de références chiffrées je sais où les trouver là où elles se nichent. Un de mes maîtres à la Fac de Droit m’avait dit : un bon juriste est celui qui a une bonne bibliothèque et qui sait s’en servir. Ce n’est pas tombé dans les oreilles d’un sourd : je pratique.

 

Pour autant, je sais acheter. Ayant, depuis toujours, fait mon marché, en un aller-retour je capte les prix des produits proposés, j’en fais mentalement la synthèse puis je passe à l’acte en fonction du rapport entre la qualité du produit que je souhaite acheter et le prix. Bref, je ne suis pas fâché avec les chiffres. Vous me direz que de tout ce qui précède vous vous en fichez. Vous avez tort car j’aborde par ce détour un concept important qui est celui de la valeur des choses, leur prix. Pour les carottes et les navets je ne vais pas chanter mon couplet sur la saison, la météo et tout ce qui fait le prix du poireau.

 

Reste le vin, certes pas le jaja du coin de ma rue mais les Grands Vins ceux que certains voudraient hisser au rang d’œuvre d’art. Moi qui n’ai pas l’âme d’un collectionneur mais qui suis amateur de peinture, avec une période où j’ai beaucoup acheté, j’affirme, au risque de m’attirer les foudres des idolâtres : une bouteille de GCC, même d’un millésime prestigieux et rare, n’est pas et ne sera jamais un œuvre d’art. Pour autant, comme pour le marché de l’art il y a un marché des Grands Vins car il y a des amateurs et maintenant des investisseurs qui prennent aussi des allures de spéculateurs. Le monde dit des Grands Vins rejoint celui de l’art et plus particulièrement celui de l’Art Contemporain.

 

Petit insert, comme l’écrivait dans « Grands et petits secrets du monde de l’Art » de Danièle Granet et Catherine Lamour chez Fayard à propos d’une vente de charité organisée par Christie’s au profit de l’association du professeur David Khayat où François Pinault, propriétaire du lieu, avait battu le rappel de ses artistes : Jeff Koons, Damien Hirst, Subodh Gupta, Martial Raysse... vingt-huit d’entre eux avaient offert une toile. « Tout le monde connaît tout le monde. Sauf celle qui va enchérir pour la plus grosse somme – 700 000 € pour une sculpture en acier de Richard Serra. Une collectionneuse de langue espagnole, qui sera guidée tout au long des enchères par une amie qui connaît les procédures – pardon, les cotes. C’est comme à la Bourse, il faut savoir jusqu’où ne pas s’inscrire dans la « liste C » des « acheteurs gogos ».

 

Le mot est lâché : la cote.

 

Même si je dénie aux Grands Vins la dignité des beaux-arts il n’en reste pas moins vrai qu’il existe un marché et qu’il est très utile pour les amateurs de s’étalonner, d’évaluer, de repérer un bon millésime en se référant à sa cote. Dans mon souvenir d’amateur-acheteur je garde comme un plaisir extrême ma rencontre avec un marchand alors que j’allais faire encadrer une de mes acquisitions de chineur : la femme au tablier et qui m’en proposa une belle somme alors que je venais de l’acheter pour une petite poignée de francs. Comme l’écrit Alain Bradfer « évoquer le prix des choses n’a rien de trivial » Moi j’ai gardé mon tableau, il est accroché à ma tête de lit et ça ne m’empêchepas de dormir de me remémorer la très belle plus-value que j’aurais pu faire en le cédant.


cote-des-grands-vins-2011.png

 

Le Gagnon du Québec, le Marc-André, va encore écrire que je délaye (il devrait lire son collègue Marc Vaillancourt…) mais tout ça c’est pour recommander à celles et ceux qui veulent entrer dans la danse l’achat de La Cote des Grands Vins de France d’Alain Bradfer et Yves Legrand. En effet, pour poursuivre l’image : ainsi ils pourront tout savoir sur comment on danse. C’est précis, bien fait, sérieux, maniable. J’ai beaucoup appris, normal je ne sais pas grand-chose, et surtout, et c’est pour ça que j’ai cité château Margaux dans mon titre, lorsque j’étais sous les ors de la République j’ai eu à traiter du dossier, même rencontré les Agnelli, et j’ai le souvenir d’une discussion surréaliste dans le bureau de mon Ministre où celui-ci était plus passionné par la saga des magasins Félix Potin que par les histoires de gros sous de l’homme de confiance de Corinne Métzenopoulos. Dernier détail de soupente, lorsque le couple Barsalou-Douroux vira JP Huchon de la direction de la Caisse Nationale de Crédit Agricole celui-ci atterrit à la holding Exor propriétaire, entre autre, dudit château Margaux. Détail piquant de l’histoire, le dit Huchon, deux ans après se retrouvait Directeur du cabinet du Premier Ministre Rocard : un ange passa au-dessus de la tête du couple Barsalou-Douroux.

   

Vraiment Berthomeau tu te laisses aller, si ça continue tu vas verser dans les Potins de la Commère. C’est un peu vrai mais après tant d’années de retenue, de notes de synthèse brèves et sèches, me laisser-aller me fait du bien. Et puis, si j’évoque les Potins de la Commère c’est pour saluer le départ vers le cimetière de France-Soir qui, même s’il n’était plus qu’un tas de papier, restait par son titre l’héritier de Pierre Lazareff (l’un des piliers de 5 colonnes à la Une) et d’une presse populaire. Moi, un journal qui meurt, ça m’attriste toujours…


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

clavel 17/10/2011 09:14



Jacques, ton intro sur la passion des chiffres qui marque le comportement des hommes et des femmes de notre époque, est bien réelle, il faut lire "Addiction Générale, de Isabelle Sorrente"


Nous trasformons le corps en poids, l'intelligence en performance, le passé en code génétique, et nos angoisses d'avenir en polices d'assurance.....



JACQUES BERTHOMEAU 17/10/2011 09:38



Oui Jean lire http://www.berthomeau.com/article-les-chiffres-sont-aux-analystes-ce-que-les-lampadaires-sont-aux-ivrognes-un-appui-plus-qu-un-ecl-79494720.html



Michel SMITH 17/10/2011 08:54



Dis Jacques, ta dame au tablier ne serait pas Catalande des fois ? Ce sont ses souliers qui me font penser à cela : ils ont un petit je ne sais quoi d'espadrilles, de "vigatanes" comme l'ont dit
par chez nous. À moins que ce ne soient des sandales tropéziennes... 



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