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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 11:00

Désolé de vous déranger encore. Ce jugement sans appel est l’œuvre de Jean-Robert Pitte et date du 26 janvier 2007. Je le verse au dossier de l’adaptation de nos vins à la demande mondiale. Par souci de ne pas me prendre une nouvelle volée de bois vert je me contente de reproduire ce que j’écrivais à cette époque sur les tendres propos du Professeur à l’endroit des va-nu-pieds du Languedoc. 

 

« Du haut de sa chaire de la Sorbonne, l'éminent professeur Pitte, un fin connaisseur des choses du vin, une référence pour l'establishment, un homme qui boit grand et bon, un écrivain du vin, partenaire privilégié du président de la Sopexa, la totale donc pour moi petit écrivaillon sans quartier de noblesse, sous-expert à la solde de ceux qui veulent tuer notre nectar (cf. dessin), ce monsieur bien sous tous les rapports donc, à qui le rapport du préfet Pommel donne des démangeaisons, surtout ces p... de copeaux de chêne, tonnait grave :

  vinsamson-min.jpg

"Pleurs et grincements de dents proviennent depuis longtemps du monde viticole français ou, tout au moins d'une partie de celui-ci : les représentants des vins de table, des vins de pays, des grandes appellations génériques (bordeaux, bordeaux supérieur, entre-deux-mers, coteaux-du-languedoc, beaujolais, touraine, côtes-du-rhône, etc,). Une exception : la Champagne qui ne parvient pas à satisfaire toute la demande et réclame le droit de stocker ses excédents de rendements des années "fastes" pour les années de petite récolte, au mépris de toute éthique qualitative.
Que demandent les vignerons et négociants qui geignent ? Bien entendu, comme d'habitude en France des subventions, des dégrèvements fiscaux, des prix garantis par l'Etat et versés par celui-ci, même lorsque la mévente oblige à distiller pour déstocker. Qu'importe si l'on a tout fait depuis des décennies pour augmenter les rendements (clones productifs, engrais, etc...), qu'importe si personne ne veut plus consommer certains
vins sans grâce ni esprit : la solidarité de la Nation doit jouer pleinement et les contribuables doivent éponger les résultats de choix économiques absurdes que l'Etat n'a rien fait pour éviter. Sous prétexte que les coopérateurs languedociens ont le sang chaud et qu'ils descendent vite dans les rues de Béziers lorsqu'ils sont mécontents, on n'a pas poussé la logique qualitative jusqu'au bout et on a laissé en production assistées d'immenses vignobles de plaine plantés en aramon et autres médiocres cépages. Sur les 18 millions d'hl de vin que produit le Languedoc, 8,5 sont des vins de pays dont beaucoup sont d'une insigne platitude et 4 des vins de consommation courante, au-dessous de tout. Il est évidemment impossible d'obtenir du bon vin sur des sols riches et profonds, en taillant long et en récoltant 200hl/ha. » La suite de cette brillante prose sur :

http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/vin/VinScient5.htm

 

 

 

Faites l'effort de cliquer sur ce lien et de lire et aussi de réagir un chouïa

« Il les habille pour l'hiver les gars du Languedoc, les coopérateurs bien sur, notre titulaire de haute chaire, sur un fond de vérités bonnes à dire tous les poncifs et les lieux communs sont en rendez-vous, bref y'a des jours où je me dis que Cohn-Bendit n'a pas fini le boulot à la Sorbonne, mais bon ça doit faire son effet dans les salons - pas ceux où on vend du vin - ceux du 6ème et autres arrondissements défavorisés de la capitale : « de la bibine ma chère, des breuvages d'une insigne platitude, au-dessous de tout, et tout ça avec nos impôts, mais que fait le gouvernement cher ami... »

 Moi j'y enverrai bien sous les ors et les damas, pour une dernière mission, notre « bougon des cépages », avec ses santiags, perfecto et Ray Ban, pour mettre un peu d'animation chez les rombières et les agrégés, ça serait plus utile que les voyages en Chine, ne croyez-vous pas ? Je rigole mais j'avoue que les bras m'en tombent.

C'est consternant et je suis consterné. Certains me diront qu'on n'en a rien à traire du point de vue du professeur Pitte, qu'on le laisse à son élitisme hautain, que tout ça n'est qu'une tempête dans un verre à dents. Peut-être mais ces gens là, avec les signataires de la pétition « naufrageurs du vin » donnent le la, continuent de mettre en avant une image caricaturale du monde du vin, influencent les décideurs politiques et médiatiques. Préparons-nous alors à assumer un plan de type sidérurgique pour les « pleurnichards » chers au professeur Pitte. Ce n'est pas grave le « vin de négociant » se fera ailleurs, sous d'autres cieux, et ça n'empêchera pas les beaux esprits du 6ème arrondissement, les habitués de Le Divillec, les raconteurs d'histoire, de dormir... »

 

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Michel Grisard 19/09/2010 17:58



J'entends bien et ne veux pas sous-estimer les problèmes. L'élitisme pour l'élitisme n'apporte rien, mais l'élitisme fait évoluer l'image des régions. Prenons l'Alsace, c'est les quelques vins
d'exceptions qui ont redonné à l'Alsace une image qui a beaucoup changée en 20 ans. Le Beaujolais a surfé sur la vague Duboeuf et en a énormément pâti. Pour revenir à des jours meilleurs(?), on
voit les quelques très bons vignerons des crus redorer l'image du beaujolais. Ces vignerons qui n'ont pas voulu baisser la culotte ont vécu deux décennies très difficiles, dans les crus, pendant
le période bojo-banane.. Heureusement qu'ils sont là pour la suite. Entre temps, la vignes a pris une grosse gifle et les vignerons-négociants des autres régions (cotes du Rhône, Bourgogne)
tirent les marrons du feu d'une région en faillite. Alors garre à l'effet "Duboeuf"


La consommation du vin change. Les "buveurs de vins", dont le vins était plus qu'une boisson, se font rattraper par les prohibitionnistes et les consommateurs loin de cette culture s'ouvre à
cette pratique qui est pour eux comme mythique.


Le vin en décilitre fait vider les cuves chez les vignerons. C'est cette réalité qui est en train de gagner le monde du vin professionnel. En juillet, dans le train du centre de Londres à
l'aéroport, 1 anglais, 2 anglaises, au retour du travail ont pris 3 mini-bouteilles au vendeur de bonbons qui passe dans le train. D'ou venait le vin? Montpellier. Le conditionnement du vin en
vrac se "civilise"...



Michel Grisard 17/09/2010 23:20



Tu m'excuses pour l'orthographe, j'ai relu mais trop vite...



Michel Grisard 17/09/2010 23:13



Bonsoir Jacques,


On ne doit pas avoir le même article de Jean Robert Pitte, en cliquant sur le lien que tu as mis!


S'il dit, au début, que l'on ne peut faire que de la "bibine" dans des terres profondes, avec de l'engrais, des tailles longues et 200hl/ha (dans le Languedoc, pour n'en citer qu'un, je
l'admets),et je lis à la fin:"...le Languedoc,..., ou un fantastique effort a été accompli ces dernières décennies". Et je trouve sa conclusion très pertinente et plutôt visionnaire. (Je
m'expliquerai plus tard...)


Si le rapport du Préfet Pommel lui donne des démangeaisons, à moi aussi. Il ne sera jamais possible de gagner face aux vins du nouveau monde, car la règle du jeu n'est pas la même. Souvenir d'une
rencontre que j'ai initié entre Jacques Dupond et notre regretté René Renou à Chambéry pour le congrès de l'INAO, c'était au sujet de Tévallon: Jacques Dupond qui était scandalisé de voir
Trévallon rétrogradé dans les appellations à cause de son encépagement et René de dire :"il y a une règle du jeu, je dois la faire respecter"  Une discussion qui s'éternisât et qui n'a pas
eu de fin, parce que le Président se fit rappelé à l'ordre pour qu'il revienne à sa place pendant le dîner de gala. 


Les règles du jeu son pipées: avec l'introduction des copeaux dans le vin, pourquoi s'arrêter là? C'est de l'arômatisation, et pourquoi pas des arômes, des parfums issus de la pétrochimie?
L'oenologie moderne est limite des bonnes pratiques: il en parle: levures, enzymes, gomme arabic, pourquoi pas les exhausteurs de goût des produits de notre alimentation? Et pourquoi encore
cultiver de la vigne, pour faire du vin? Dans ses labos, l'INRA sait faire autrement.... Je le rejoints, si l'on doit adapter l'offre à la demande avec ces arguments, mieux vaut faire du vin
comme on fait du coca.


Ce qui nous ramène au début de mon intervention. Le vin est produit par la fermentation du jus de nos raisins, il faut le rappeler (aux consommateurs qui représentent la demande, mais peut-être
pas seulement, peut-être au Préfet Pommel et à nos trés grands pondeurs de lois) Les principes d'une agriculture pèrenne doit prendre en compte "l'innertie" de l'offre, l'agronomie (que l'on a
beaucoup oubliée, à la fin du 20ême siècle) et le produit que l'on doit respecter si l'on veut que se soit encore du vin. Quand aux pleurnichards, on les a frabriqués dans les années 70 en
copiant la politiques des Beaucerons avec les aides pour le blé. La politique agricole actuelle est une véritable indécence vis à vis de ses agriculteurs qui ne vivent plus de leur production et
de leur travail. mais qui sont entièrement dépendant de l'Europe, entre autre...


Je trouve Jean Robert Pitte un peu visionnaire, car il y a 3 ans, il donnait des principes qui sont en train de prendre forme, à tel point que des vignerons qui les appliquent (recherche de la
qualité) vendent leur vin de table plus cher que les appellations. C'était sans compter la réforme de ces appellations qui va pousser les vignerons à faire d'excellents vins et de très bien les
vendre avec des noms de cuvées, comme des noms de marque. C'est encore très marginal, mais le cap est pris...


En conclusion, je citerais une dédicace que Marcel Blanck m'a mis, il y fort longtemps, sur un livre qu'il m'offrit, de Coste, helléniste bordelais: Michel n'oublie jamais, que le vin tu le
récoltes en hectolitres et que tu le vends en décilitres.


 


 



JACQUES BERTHOMEAU 18/09/2010 09:08



Cher ami,


Ce que je reproche à Pitte c'est d'assimiler les efforts du Languedoc à quelques AOC (lire le pont de vue de Clavel sur le sujet) et de mépriser ceux de vignerons plus modestes. Quand à son
caractère visionnaire j'en doute : en effet l'avenir de la viticulture ne peut se résumer à de géniaux vignerons qui vendent aussi des bouteilles en Vin de Table. Je suis aussi admiratif de ce
qu'à fait aussi bien Anne de Joyeuse ou Sieur d'Arques à Limoux pour son vignoble car ça fait en effet des Hl. Attention à l'élitisme pur et dur car il ne s'adresse qu'à un petit bout de la
population.



Sam 17/09/2010 17:30



 


Question au blogueur Bourgine :


Bonjour,


Le prénom de votre ami syndicaliste montagnard ne serait-il pas "Patrick"


Cordialement.


Sam



Norbert 17/09/2010 15:45



Eh bien, soit, je me suis égaré, j'avais mal compris la philosophie de l'ABV. Donc, adieu (même si je n'y crois pas).



JACQUES BERTHOMEAU 17/09/2010 15:57



Allons, allons mes chroniques ne sont pas l'ABV, si je m'égare une seule possibilité : mon exclusion de l'ABV. Pourquoi pas ? Mais en quoi ai-je rompu le pacte ? Franchement je ne comprends
vraiment pas ce que vous me reprochez. Soyez plus explicite, dois-je ne pas répondre à une forme de procès d'intention. Ma charge contre Rolland n'avait rien de violente, elle n'était
qu'ironique, en revanche Mauss qui ne dit jamais rien à son ami Pitte lorsqu'il se moque des viticulteurs Languedociens m'a profondément énervé : vous gardez toujours votre sérénité Norbert,
moi pas toujours... Bien à vous et prenez le relais du SP de l'ABV dont je me démet pour indignité à la philosophie de l'ABV... 



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