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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 00:09

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« Ça balance pas mal à Paris » faut faire des économies a dit Bercy, alors exécution, concentration sur les sites des régions, l’INAO fermes ses petites annexes départementales et sitôt le tocsin sonne chez les vingerons « Touche à pas aux gars qui sont près de chez moi ! ». Dit, comme ça, facile de dire que les Français sont tous pour faire des économies sur le train de vie de l’Etat à condition que l’on ne touche pas à  ses « fonctionnaires » à lui. Mais là il y a sans doute matière à réflexion car cette concentration régionale semble bien être en droite ligne de la bureaucratisation que subit depuis des années le vieil Institut. Loin du terrain plus près de la paperasse et libre-court est donné à l’emprise des ODG et autres organismes de contrôle. Externalisons et tout ira bien dans le meilleur des mondes du vin. Alors, il faut aller au bout de la logique administrative et supprimer tous les doublons, les triples ou quadruple emplois pour ouvrir  des guichets uniques auxquels les vignerons pourront s’adresser physiquement ou télématiquement. A quand le choc de simplification dans le secteur viticole ?


 La direction banlieusarde de l’INAO – Montreuil-sous-Bois – aurait très bien pu conjuguer la proximité géographique de certains de ses agents, en les maintenant là où ils habitent en leurs faisant gérer leurs tâches administratives par télétravail, à charge pour ces agents de tenir des permanences géographiques en des lieux administratifs biens connus des viticulteurs. C’est simple, c’est souple, c’est intelligent et ça génère des économies de fonctionnement, tout particulièrement de déplacement. Nous en sommes restés, dans nos structures administratives à une conception du bureau physique proche de celle raillée par Courteline. Les réunions entre les agents et leur hiérarchie peuvent très bien se dérouler sous forme téléphonique face à un écran : Skype n’est pas fait pour les chiens. La modernisation du service public passe par de telles approches et non par des procédures en chambre entre gens qui résident à Paris. Il n’y a pas plus conservatrice qu’une Administration Centrale arcqueboutée sur ses vieilles lunes. Pour elle pour que tout change il faut que rien ne change, les Ministres passent elle reste.


Bien évidemment nul ne m’a demandé mon avis mais je le donne et je conseille à ceux qui, à juste raison, défendent la proximité de réfléchir à mes petites suggestions plutôt que de se contenter de défendre le maintien pur et simple de l’état ancien et d’apparaître comme les éternels défenseurs de droits acquis. Le directeur de l’INAO serait lui aussi bien inspiré de revoir sa copie en privilégiant, au cas par cas, des solutions qui soient tout aussi économes des deniers de l’Etat, mais proche de l’intérêt bien compris des citoyens vignerons. On ne réforme pas l’Etat par décret écrivait Michel Crozier. Dans une société de réseaux dit sociaux quand est-ce que nos hauts fonctionnaires ou supposés tels vont sortir de leur logique qui sent la naphtaline. Innover, anticiper, confier des responsabilités aux agents de terrain, recréer du lien, est pour moi l’un des moyens les plus efficaces pour tenter de réconcilier nos concitoyens avec les politiques. Mais je sais pertinemment que ma petite part de voix tombera dans le silence du grand cimetière des réformes de l’Etat.


En attendant à  lire absolument :


1-      EN VOILÀ UNE DÉCISION QU’ELLE EST ABSURDE par Luc Charlier link


2-       L'Anjou n'est pas une petite région viticole par Patrick Beaudouin

   

Pour le détail de la réorganisation link veuillez adresser un courrier au Taulier qui reste à disposition pour mettre un peu de douceur dans ce monde de brutes…  

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Michel Grisard 06/06/2013 22:24


Bravo Luc! Tu sais en France, on a un slogan: "Pourqoi faire simple quand on peut faire compliqué"....

Belle réflexion sociétaleclavel 06/06/2013 11:30


Nous avons eu hier l'AG de notre ODG régionale Languedoc. J'y étais exceptionnellement, en représentation des structures familiales dont mon fils Pierre est gérant, il est aux US.


Aprés le long déroulé des articles obligatoires, nous avons eu un débat sur l'inventaire, la description et la protection des paysages viticoles, dans le cadre de la bio-diversité. Laurence
Fabbri bien connue pour ses recherches sur les paysages viticoles a fait une présentation de la problématique, puis des acteurs de terrain ont présenté divers projets et réalisations. Marc Parcé
a fait un long exposé, assorti de paysages de vignobles de Banyuls,   philosophico-politique, aux accents de sincérité absolue, qui m'a beaucoup intéressé, mais qui je crois, est passé
largement au dessus de l'attention de ce public de vignerons ou de responsables de coopératives qui ont le nez dans le guidon tous les jours.


Dommage !!

luc charlier 06/06/2013 09:44


Jacques, c’est me faire trop d’honneur et c’est injuste pour Baudouin de le rabaisser à mon modeste niveau.


Je ne regrette pas du tout « la France d’avant », je n’y étais pas. Mais si on a besoin de l’INAO – et moi je pense que oui,
voir plus bas – il faut qu’il soit très proche du terrain viticole, dans l’intérêt de la seule chose qu’il devrait défendre : les crus (grands ou petits, prestigieux ou génériques, mais
surtout différents les uns des autres).


J’a été tour à tour amateur, soiffard (3 bt par jour pendant quelques années vers l’âge de 35 ans, et jamais saoul), professeur,
journaliste, animateur de club oenophile, importateur (modeste) avant de devenir vigneron. Et il y a une chose que j’ai tjs voulue, et encore plus maintenant : qu’un Chinon soit un Chinon,
un Barolo un Barolo, un Bucelas un Bucelas, un Boulaouane un Boulaouane, un Toro un Toro, un Tokaji un Tokaji, un Frankenwein un Frankenwein .... C’est le seul intérêt à la diversité du vin.
Sinon, faire du standard, qui peut être bon note bien, c’est possible partout ou presque.


En tant qu’internationaliste, je me réjouis que les pays du bord de l’Adriatique (et même un peu plus loin dans les terres pour les
anciens fiefs de Tito) fassent leur « coming-out » et je me marre quand je lis – toujours sous une plume hexagonale ou assimilée – que « la France produit les meilleurs
vins au monde ». D’une part, cela ne veut rien dire. D’autre part, cela prouve que le locuteur n’a pas assez dégusté ailleurs. Pour une fois, je vais faire preuve de nuance et de partialité
PRO-française en acceptant que (i) c’est en France et en Italie que l’on rencontre le plus grand nombre de très bons vins rouges, en quantité (volume) et en diversité (nombre de crus) et (ii)
c’est en France et en Allemagne que les vins blancs, secs ou liquoreux, offrent le plus de diversité et d’intérêt. Après, quel est le meilleur vin du monde ?


Ce n’est certainement PAS ni un Montrachet, ni Mouton-Rotschild, à mon goût personnel. Mais on s’en fout : il y a plein d’églises
où on peut entendre sonner l’angélus, pas uniquement au clocher de son village (à méditer, c’est de moi).


Mais pourquoi les 3 pays que je viens de citer (il y en a d’autres) jouissent-il de mon adhésion ? Car on pourrait y boire des
centaines de vins variés et reconnaissables pendant toute une vie humaine. A contrario, qui va m’expliquer la différence entre un Moulis et un Listrac ? Ou entre un rivaner banal de la Nahe
ou de la Rheinhessen ?


Voilà pour moi à quoi doit servir l’INAO : pas vérifier, mètre après mètre, que le nombre de pieds est observé, que la girade est
enherbée ou pas, que le formulaire x 99kz8 a bien été rempli en 6 exemplaires et remis avant le 31 février. Non, mais savoir que telle vigne qui a produit 3.000 litres d’un vin titrant 19°
potentiel en 1984 est une tricherie manifeste. Que tel vigneron qui demande de rajouter 30 ares à une parcelle excellente a raison de le faire car son plantier s’inscrit dans la continuité du
lieu. Que tel autre qui a été grêlé à 100 % devrait pouvoir s’approvisionner en raisin similaire chez tel autre qui en a trop pour sa clientèle ...


En fait, l’INAO devrait être une synthèse d’une partie des attributions de la viti chez les douaniers, du ministère de l’agriculture,
des fraudes ... Et , dans la pratique, c’est d’ailleurs ce que j’ai toujours vu se passer, partout en France avant que je ne fusse vigneron, et ici localement depuis que j’ai le bonheur de l’être
devenu. Ils siègent d’ailleurs tous dans le même bâtiment. Au lieu de cela, on a introduit – et on me dit que « on », ce sont les vignerons eux-même – des organismes (ODG et sociétés de
contrôles qu’ils ont commanditées) purement répressifs et aux mains des plus gros intervenants.


Pour que la France continue à exporter (et à boire elle-même) – et cela a été ton souci pendant au moins 20 ans, avant le rapport et
après aussi – son meilleur atout est de conserver ses crus (classés ou pas, officiels ou non). Il faut qu’un Chinon reste un Chinon mais, beaucoup plus largement, qu’on ne confonde pas un
Beaujolais avec un Bardolino ni un Klevener d’Heiligenstein avec un Furmint. Et ça, c’est le boulot de l’INAO. Du Côte de Blaye, du Bourgogne grand ordinaire, de l’edelzwicker, on peut en faire
partout dans le monde. Mais du Canon-Fronsac, du Vosne-Romanée ou du Riesling du Rangen, voilà une autre histoire !


Le vin est un poison si on ne le boit que pour l’alcool qu’il contient. Et il est vecteur de culture si on l’individualise pour son
goût – dont l’alcool est d’ailleurs un facteur important.


Ce n’est pas « le vignoble de telle région » qui doit être classé à l’Unesco, c’est un ensemble de petits crus. Tu sais que
toi et moi aimons les petits ... crus.


 

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