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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 00:09

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Vincent, François, Olivier, Antonin… pourles mâles dominants… Eva, Isa, Samia pour  celles qui nous mènent par le bout du nez…. et bien d’autres moins sympathiques, bien plus que le Taulier qui n’est qu'un ramier patenté, occupent les espaces nouveaux de la Toile et donnent des démangeaisons à nos amis de l’écrit papier qui voient en eux des concurrents redoutables qui risquent de venir picorer dans leurs écuelles déjà peu garnies. Rassurez-vous je ne vais pas traiter pour la énième fois ce sujet mais profiter d’un article d’Andrew Jefford pour tenter de mettre cul sur tête les idées reçues de la corporation journalistique.

 

Qu’écrit Jefford ?

 

« Tôt ou tard, l'auteur devra gagner sa vie, ou se consumera dans un passe-temps coûteux et chronophage qui ne pourra jamais s'épanouir dans une carrière. Le monde du vin pourrait bien y perdre ses nouveaux auteurs les plus originaux, et ne conserver que ses geeks et ses auto-promoteurs. (Traduction, qualifiée  d’approximative  par l’intéressé François Desperriers) »

 

« Most wine blogs are doomed: sooner or later the writer will need to earn a living, or will burn out of an expensive and time-consuming hobby which can never blossom into a career. The wine world may well find it loses its most original new writers, and keeps only its geeks and its self-promoters. »

 

Jugez par vous même ICI link

 

Ce cher Jefford fait des constats incontestables mais il raisonne, comme le disent les mathématiciens, toute chose égale par ailleurs et ses conclusions alarmistes sur le devenir, voire la disparition, des meilleurs blogueurs de vin, sont à mon avis erronées. Pour preuve, les exemples suivant qui concernent François Desperriers, Vincent Pousson et Olivier Borneuf. Bien évidemment, ce ne sont des blogueurs du modèle « critique de vin » cher à Andrew Jefford, dont je ne crois pas, comme lui, à la viabilité économique à long terme, mais des généralistes au bon sens du terme. Leur modèle économique, fondé sur leur activité propre, préexistante, leur permet de concilier l’écriture indépendante sur un blog, ou comme François au travers de Bourgogne Live d’être une plate-forme d’échanges.  L’avenir des blogs de vin se situe là, se contenter de singer les bons vieux critiques, à la papa, est une impasse. Certes, un noyau restreint d’amateurs cherchera toujours son bonheur dans les guides ou ses références dans des notes et des commentaires de dégustations, mais n’en déplaise à beaucoup de mes confrères l’avenir n’est pas là. C’est le vieux monde et il est déjà derrière nous.


Mais alors, me direz-vous où est le nouveau ? Ma réponse va vous surprendre : je ne sais pas ! Ce que je sais c’est qu’il est en train de se construire autour du bouillonnement présent. Nous vivons une phase de foisonnement débridé, d’arborescence touffue, d’expériences plus ou moins maîtrisées, de feux de paille et de maillages patients qui  avec le temps façonnera un nouveau paysage, de nouvelles pratiques, de nouveaux modèles économiques. Moi, avec mon antériorité, j’y participe à ma façon au sens, où je persiste à croire à la force du contenu, mais je ne m’érige aucunement en modèle, bien au contraire. Ce qui me plaît dans la phase actuelle c’est que de plus en plus le fond et la forme, chez les bons blogueurs, se rejoignent. Mes collègues travaillent leur sujet, marie spontanéité, effervescence et pertinence ce qui rend bien fadasse les chroniques de certains dont le faux esprit frondeur s’apparente au teint du cachet d’aspirine.


Ma démonstration vous la trouverez ci-dessous avec 2 chroniques de Vincent Pousson et d’Olivier Borneuf à propos de ce que savent le mieux faire certains de nos amis anglais, en l’occurrence ici Robert Joseph, éminent conseilleur mais néanmoins porteur d’un discours où sous le couvert de la satisfaction des désirs de consommateurs on véhicule insidieusement des présupposés fort en cours dans l’industrie agro-alimentaire mondiale, nous faire prendre des vessies pour des lanternes et abandonner la proie pour l’ombre.

 

Chronique de Vincent Pousson link

Chronique d'Olivier Borneuf link

 

Pour clore cette chronique je vous mets un lien link avec mon Bourgogne Live préféré, celui de mon ami François Desperriers et de son acolyte Aurélien Ibanez. Avec de tels acteurs le Net du Vin se construit sur un terroir solide et c’est ça que j’aime par-dessus tout dans cette aventure commune où je suis un peu présent par hasard. Créer des liens c’est ça la trame sur laquelle va s’appuyer toute une nouvelle génération du monde du vin. Et du côté d'Antonin Iommi-Amunategi c'est ICI link

 

Et, comme la nostalgie est toujours aec moi ce quel était une petite couche de Claude Sautet : Vincent, François, Paul et les autres...

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Olivier Borneuf 17/05/2012 00:32


Oui, le problème de la rémunération se profile à l'horizon… C'est inévitable et finalement ce serait plutôt bien de voir le fond gagner sur le flux ; )

Michel Smith 16/05/2012 18:21


Vaste est la Toile et nombreux - bons ou moins bons - sont ceux qui l'occupent encore pour longtemps. Reste que je me range (probablement) à l'avis d'Hérvé et de Vincent : on va avoir besoin de
"vrais" journalistes sur le vin, de ceux qui enquêtent et passent du temps sur l'ouvrage. Et pour cela il va falloir gagner sa vie avec ses écrits. Sinon, comme semble le laisser entendre
l'english, y'aura du n'importe quoi sur la Toile. C'est déjà le cas. Mais c'est peut-être aussi ce qui me plaît : ce joyeux bordel où l'on peut écrire (presque) ce que l'on veut, y compris sur
des vins qui resteraient dans l'oubli simplement parce qu'ils sont médiocres ou mauvais.

Olivier Borneuf 16/05/2012 13:20


Merci Jacques de considérer mes écrits - et ceux cités dans le texte. J'espère que cet état d'esprit va continuer et se développer : vive la République, vive la France !

Vincent Pousson 16/05/2012 10:17


Décidément, Jacques, nous répondons toutes les semaines désormais au "blogueur" Jefford.
De mon côté, je lui avais juste signalé que la question pourrait également être: reste-t-on un prince (ou une princesse sans noblesse?
Et d'ajouter que je ne voyais pas le mal qu'il y avait à parler des "vrais vins", c'est-à-dire ceux que les consommateurs boivent réellement. Imagine-t-on en effet un canard de bagnoles qui ne
parle que de Bentley et de Ferrari et qui zappe les Clios et les Golfs?


Merci en tout cas.

Bourgogne Live 16/05/2012 09:57


Merci beaucop Jacques d'associer BL à ces exemples de belles plumes du web qui sont très nombreuses aujourd'hui dans le monde du vin et que j'ai beaucoup de plaisir à lire régulièrement. 


François

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