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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 00:09

Le soleil lui a tapé sur le caillou vous direz-vous en découvrant ce titre. Détrompez-vous, certes j’ai pris de belles couleurs mais je ne suis pas ramolli des lobes. Je me doute bien que l’éventualité pour un Français moyen de manger à déjeuner ou au dîner des termites, des vers de farine, des fourmis, des araignées, en un mot des insectes. Si j’aborde ce sujet ce matin c’est que je viens de dévorer, non une platée de criquets, mais un excellent petit livre de Jean-Baptiste de Panafieu « les insectes nourriront-ils la planète ? »  aux éditions du Rouergue 15€. En une centaine de pages, sans prosélytisme ni manichéisme, l’auteur fait le tour d’une question qui est loin d’être incongrue. Tout y est dit, avec simplicité, précision, pondération. C’est un livre à lire absolument pour mieux comprendre les enjeux liés à l’accroissement des besoins alimentaires de notre planète. Intégrer à notre alimentation de façon directe ou indirecte (nutrition du bétail ou des poissons d’aquaculture), serait un enjeu vital pour notre avenir. L’auteur répond à toutes interrogations sans dorer la pilule des insectes si je puis m’exprimer ainsi. Il met en avant qu’en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie, et même en Australie on mange des insectes.


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Ce matin, sans plaider aucune cause, je souhaite simplement aborder tout d’abord notre vision négative des insectes et de leur consommation qui, comme le note l’auteur, a traversé les siècles. Il ajoute que « cela n’a rien de particulièrement étonnant. Lorsqu’ils ne sont pas des ravageurs des cultures ou des parasites suceurs de sang, les insectes sont pour nous liés aux matières en décomposition. » Je n’insiste pas mais revenir sur mon titre pour souligner que les crustacés ne nous posent pas de problèmes « alors que ces animaux sont zoologiquement apparentés aux insectes. Ils en sont même si proches que les zoologistes ont récemment créé le super groupe des pancrustacés, qui réunit les deux catégories. »


La science nous oblige à nous interroger sur nos goûts, et ce n’est pas nouveau. Le pasteur Jacques Brez, protestant de Middelburg aux Pays-Bas, au  XVIIIe utilisait l’argument « Les écrevisses, qui appartiennent aussi à la classe des insectes, sont regardées par bien des personnes comme un manger délicat et fin. On en recommande quelque fois l’usage en médecine. Les crabes, les grands écrevisses de mer paraissent aussi souvent sur les tables, dans les pays maritimes où on les rencontre. » L’entomologiste Constant Houlbert s’interrogeait en 1910 « De fait, pourquoi un Insecte serait-il inférieur à un crabe ? Ils appartiennent, tous les deux au groupe des Arthropodes et, incontestablement, le régime ordinairement végétarien de l’insecte est toujours beaucoup plus « raffiné » que celui du Crabe. ». En 1899 Arthur Daguin n’y allait pas par quatre chemins « Il faut un vrai courage pour oser déguster des crabes,  des homards, des écrevisses, des crevettes, etc. ; car d’une part leur forme est hideuse, d’autre part leur nourriture se compose de matières animales de toutes sortes, de cadavres humains ou autres, en décomposition (…) Au contraire les insectes, par le choix de leur nourriture, peuvent être assimilés au tendre agneau, à l’excellente brebis. »


Jean-Baptiste de Panafieu pointe nos contradictions « C’est précisément parce que les crabes sont des charognards marins que leurs consommation répugne à certains peuples qui par ailleurs mangent des insectes. Si l’on s’interroge sur les raisons pour lesquelles les Européens sont dégoûtés par les insectes, il faudrait aussi  se demander pourquoi ils apprécient autant les crustacés. »


Un peu loin il pose une bonne question : « si l’on veut convenablement goûter les insectes on doit apprendre à les manger. »


« Dans le cas d’un charançon du palmier cru, il faut le tenir par la tête qui est dure et armée de solide mâchoires, pour en croquer le corps. Sa saveur est plutôt sucrée. Comme sa peau est un peu caoutchouteuse, on avale facilement les petits mais c’est plus difficile pour les larves les plus âgées. »


« En fait, la question se pose comme pour les crustacés. Lorsqu’on n’a jamais été confronté à un crabe, comment savoir quoi manger et comment pratiquer l’opération ? Ces questions n’ont d’ailleurs pas toujours les mêmes réponses selon les modes de cuisson ou l’état de l’animal. Aux USA on apprécie les crabes « mous », c’est-à-dire les individus qui viennent de muer et dont la carapace n’est pas encore durcie. On peut les couper avec un simple couteau et les déguster ainsi en entier, carapace comprise. La consistance rappelle d’ailleurs celle des insectes. De même, chacun a sa propre façon de consommer les crevettes grises. Certains amateurs les dégustent en entier, tête et queue comprise. D’autres les décortiquent systématiquement pour profiter de la seule chair tendre de l’abdomen. D’autres enfin mangent les petites entières et éliminent tout ou partie de la carapace pour les plus grosses. Ce que nous avons appris à faire sans même nous en rendre compte pour les animaux connus en Europe doit être réinventé pour ces nouveaux aliments que sont les insectes. »


Pour finir, rappelons que nous mangeons des escargots, des cuisses de grenouilles, des coquillages crus ou cuits et comme le note l’auteur à propos des sushis « En 1960, qui aurait parié que les Occidentaux éprouveraient un jour du plaisir à manger du poisson cru ? Et pourtant, aujourd’hui les restaurants japonais concurrencent largement les restaurants chinois ou indiens » Il ne faut donc jamais dire jamais. Bien évidemment mon titre qui vous a « enduit » en  erreur était scientifiquement exact puisque l’araignée de mer la  Maja brachydactyla  de mon Océan Atlantique natal devient rouge lorsqu’on la fait cuire. Pour le reste des détails c’est ICI link 


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J’avoue adorer l’araignée de mer tout en confessant mon extrême répugnance à croquer des orthoptères, des coléoptères, des hyménoptères, des isoptères, des lépidoptères, des hémiptères, des homoptères ou des diptères, même accompagnés du superbe  le buisson pouilleux 2009 du Clos Tue-Bœuf un touraine 100 % sauvignon issu de trois parcelles de vieilles vignes aux sols composés de graviers, dont Thierry Puzelat dit que « c’est plus un vin de terroir, avec en 2009 une belle minéralité, de la richesse et du volume. Le vin va s’exprimer plus tardivement, d’ici quelques mois, et on pourra l’apprécier sur cinq ans. »


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

stan 10/07/2013 06:05


Sympa , mais passez moil'adresse de ce vin de touraine ?? clos de tue-boeuf?  Merci

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