Si vous souhaitez faire du buzz, vous chopez des tonnes de commentaires, animez votre blog qui est à la peine, faites ce que je viens de faire : titrez à la
Libé ! Ensuite, en quelques paragraphes, plus ou moins bien argumentés, pointez le doigt sur la paille du camp d’en face pour mieux masquer la poutre qui est dans le vôtre. Ça marche à tout
coup, et l’approche est réversible : le propre et le sale, avec une échelle de Richter de la propreté permet aussi de vilipender, par exemple, ceux qui pratiquent la culture raisonnée.
« Ils en ont parlé ! » et le ton monte, les noms d’oiseaux pleuvent, et chacun repart content d’avoir mouché les cons d’en face. Aborder le sujet par le seul bout d’une petite
lorgnette orientée dans la direction que celui qui la tient a décidé de choisir, est bien plus payant, en terme de bruit, que de partir d’un réel constat scientifique, solide et argumenté, tel
celui de mené par Geneviève Theil et 3 autres chercheurs dans l’ouvrage Le vin et l’environnement, faire compter la différence sur lequel j’ai chroniqué récemment
link 3
commentaires! Ça se passe de commentaire.

C’est trop lourd, trop ardu, pas le temps de se plonger dans l’aridité sourcilleuse des scientifiques. Ça eut payé mais ça ne paye plus coco ! Mieux vaut s’en
tenir à son quant à soi, à ses approximations, ses à priori, c’est plus commode et plus rassurant. Fut un temps où j’aurais moi-même participé à l’empaillage, tenté de convaincre les excités des
deux bords de revenir à un peu de raison, de sortir de leurs tunnels respectifs. Maintenant je n’en ai rien à péter dans la mesure où, soit nier les problèmes, soit tordre la réalité pour qu’elle
entre dans sa manière de voir, ne change rien au cours des choses. Ces questions environnementales je les avais abordées dans mon rapport pour bien souligner que s’il y avait un secteur où elles
devaient être abordées sans retard et avec diligence, c’était bien celui de la vigne et du vin. Se gargariser au terroir tous les matins c’est bon pour la notoriété, mais éviter de le massacrer,
de le bombarder, de le pulvériser, sans discernement, me semblait mauvais pour la santé, au sens propre, comme au sens économique c’est-à-dire marchand. Nos concurrents du Nouveau Monde, avec
leur organic, mis en avant, ne s’en privaient pas. Mais ici nous sommes dans un pays de gaulois où la castagne et la mauvaise foi sont de mise. Nous ne bougeons ou n’avançons qu’en réaction. En
janvier 2007, j’avais commis déjà commis une petite chronique « Confusion Sexuelle et Cu » link qui n’avait reçu que 2 commentaires. En ces temps préhistoriques
des blogs, bien avant Face de Bouc, nous étions entre nous.
Bref, comme nous le faisait dire, face au démon et ses œuvres, le curé de la paroisse : « j’y renonce !» Je laisse le champ libre aux petites
querelles sans grands débouchés sur la réalité à ceux que cela passionne. Il n’en reste pas moins vrai que ce qui se passe dans la vigne ne fait pas l’objet d’un très grand intérêt de la part des
journalistes du vin qui passent leur temps, et c’est logique, le nez au-dessus de leur verre. Cependant, comme le voyage de presse, le tous frais payés pour se pointer dans un vignoble, est la
règle pourquoi ne pas organiser une petite balade dans les vignes pour que nos plumitifs et plumitives puissent s’imprégner d’une belle journée de traitement, respirer le bon air chargé des
effluves de produits phytosanitaires. Pourraient même monter sur le tracteur, aider à approvisionner le pulvérisateur, lire les étiquettes des toxiques, se renseigner, comprendre. Bon, je sais,
ils ont d’autres chats à fouetter, mieux à faire qu’à aller humer l’air de la campagne où se mêlent des fragrances fortes qui pourraient obstruer leurs petits poumons urbains. Cependant, puisque
l’Internet est un accès à tout, je conseille à ceux qui ne sont pas tout à fait des confrères, de se rendre à cette adresse de mon beau Ministère, celle du Service Régional de la
Protection des Végétaux Aquitaine...link ... « Au service de l'Agriculteur et du consommateur »
est-il inscrit à son frontispice. Beau programme, non ! Il dépend du DRAAF, le directeur régional de l’agriculture, en l’occurrence ici mon ami Hervé Durand, très compétent sur ces questions
comme sur d’autres. Je pourrais même lui demander de vous faire toucher du doigt la réalité de ce que l’on a coutume de dénommer le terrain. Bref, je vous invite à surfer sur le site, à cliquer
sur les icones, à compléter vos connaissances. Pour ceux qui n’auraient pas cette curiosité, ils trouveront ci-dessous un avant-goût de ce qu’ils y auraient découverts. Bonne dégustation pour les
autres.
Nb de spécialités VIGNE
* DESHERBAGE * CULTURES INSTALLEES 234
* DESHERBAGE * DESTRUCTION DES REJETS 19
* DESHERBAGE * PEPINIERES
12
* SUBSTANCE DE CROISSANCE * AMELIORATION DE LA QUALITE DES FRUITS 2
* SUBSTANCE DE CROISSANCE * DESTRUCTION DES GRAPILLONS 1
* SUBSTANCE DE CROISSANCE * MODIFICATION DU NIVEAU DE NOUAISON 1
* SUBSTANCE DE CROISSANCE * REGULATION DE LA MATURATION DES FRUITS 1
* SUBSTANCE DE CROISSANCE * STIMULATION DE LA CROISSANCE DES ORGANES
AERIENS
3
* SUBSTANCE DE CROISSANCE * STIMULATION DE LA RHIZOGENESE SUR PLANTS RACINES OU NON 5
* TRAIT. DES PLANTS * CIRE A GREFFER 6
* TRAIT. DES PLANTS * POURRITURE GRISE 4
* TRAIT. DES PLANTS * SUBSTANCE DE CROISSANCE 1
* TRAIT. DU SOL * NOCTUELLES TERRICOLES 22
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * ACARIENS 10
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * ACARIENS (E. CARPINI) 28
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * ACARIENS (MAC DANIELI) 6
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * ACARIENS (P. ULMI) 26
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * ACARIENS (T. URTICAE) 19
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * ACARIOSE 42
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * ALTISE 45
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * BLACK ROT 191
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * CHENILLE BOURRUE 12
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * CICADELLE DE LA FLAVESCENCE DOREE 102
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * CICADELLE DES GRILLURES 79
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * CIGARIER 12
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * COCHENILLE FARINEUSE 21
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * COCHENILLE FLOCONNEUSE 21
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * COCHENILLE LECANINE 21
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * COCHENILLES 4
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * COUPE BOURGEON 15
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * DROSOPHILE 18
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * ECAILLE FILEUSE 3
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * ERINOSE 41
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * EULIA 25
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * EUTYPIOSE 1
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * EXCORIOSE 201
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * LUTTE CONTRE LE GEL 1
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * MILDIOU 407
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * NECROSE BACTERIENNE 45
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * OIDIUM 270
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * POURRITURE GRISE 61
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * PYRALE 7
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * ROUGEOT PARASITAIRE 161
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * STADES HIVERNANTS DES RAVAGEURS (ACARIENS, COCHENILLES,...) 6
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * THRIPS 27
* TRAIT. PARTIES AERIENNES * TORDEUSES (COCHYLIS ET/OU EUDEMIS) 163
*Trt Part.Aer.*Champignons producteurs d'ota 23
*Trt Part.Aer.*Stimul.Déf.Naturelles 2
Bravo Jacques et Merci:
Quand est-ce que l'on pose enfin le problème ? A savoir la différence entre le rêve et la réalité définit par l'inventaire ci dessus. Quand sortons nous de tout ça ?
Et des conséquences désastreuses que ça pose et va poser ?
Bravo ! Tout est enfin dit et clairement expliqué ! Puisse votre billet être bien lu et compris ... !
Jacques, tu soulèves, comme souvent, plein de choses en même temps, sans nécessairement les ordonner, en en ignorant, peut être volontiers, pas mal de paramètres au passage. Nous faisons probablement tous cela aussi, mais là je trouve que tu n'es pas très honnête.
Que la viticulture soit surconsammatrice de produits chimiques (dont tous ne sont pas nécessairement toxiques !) par rapport à la moyenne de l'agriculture en France est un fait avéré et assez bien publicisé, il me semble. D'ailleurs, l'Etat à mis en place, à juste titre, un plan de réduction de cet emploi souvent abusif de pesticides et d'herbicides. Il est probable qu'il faudrait aller plus loin aussi. Après, pour aller voir quels en sont les résultats des ces pratiques, c'est une chose essentielle mais très complexe, et dresser une liste de produits autorisés n'est pas une réponse, tant qu'on ne connait ni les doses employés, ni les effets à tous les niveaux, y compris dans le temps. Je vais donc lire l'ouvrage de Genvieve en espérant m'informer.
Ensuite tu donnes un petit coup de canif aux journalistes que voyagent dans le vignoble "tous frais payés". Ignores-tu à ce point la réalité économique de la presse du vin ? La plupart ne sont pas salariés, et combien de ceux qui traitent du vin, à temps plein ou à temps partiel rédigent pour des supports presse que paient les notes de frais ? Pour tous, sauf une très petite minorité, la seule possibilité d'aller un peu sur le terrain est d'accepter des voyages de presse. Ensuite, à chacun sa propre charte déontologique quant à la manière de rendre compte de ce qu'on y voit et des vins dégustés. J'ai la mienne, et je t'en parlerai volontiers.
Enfin, poser des questions n'est pas nécéssairement signe d'ignorer une partie des réponses.
Quels paramètres j'oublie ? Je demande que le débat se fasse autour de constats sérieux et non sur la base de procès à charge par les 2 bords... C'est tout ! Quand à mon honnêteté intellectuelle je ne vois en quoi elle est prise en défaut dans cette chronique.
Pour les voyages de presse il y a beaucoup à dire et à écrire : tout ce que je demande c'est que le lecteur sache, ensuite à chacun de respecter sa déontologie...
Jacques, j'ai noté le site de ton cher Ministère et ne manquerai paas de le consulter même si, à première vue, il y a pas mal de données législatives, toujours utiles certes, comme l'obligation de déclarer la flavescence dorée. Je te rappelle simplement et en toute amitié que, depuis que je te lis chaue matin, il t'est arrivé plus d'une fois de composer des titres "à la Libé". Je pense que c'était plus par goût que par volonté d'attirer dans ta boutique le plus grand nombre.
Bien d'accord sur mes titres mais au-dessous il y a du contenu, du moins je le crois et la permanence du niveau de mon lectorat prouve que le titre n'a que peu d'influence sauf à moyen terme où les mots-clés restent sur la Toile pour guider de nouveaux lecteurs...
Je crois que le nombre de passages en tracteur, avec la consommation de gasoil et le tassements de sols qui en résultent, et les doses de cuivre réelles utilisés sont parmi des paramètres à prendre en compte en faisant un bilan écologique d'un vignoble. Je n'ai jamais dit que tous les vignerons en "bio" sont coupables d'exagérer sur ces élements, mais que la météo de cette année risquait quand-même de poser des problèmes ici et là. Je ne crois pas que cela constitue un procès à charge, ou bien je ne comprends pas le sens de cette expression.
En revanche, ta remarque sur la presse du vin me semble relever d'une telle attitude. Il y a pas mal des journalstes honnêtes et conscientieux, très amoureux du vin, et qui font ce métier en gagnant assez misérablement leur vie. Ils n'ont, pour la plupart, d'autres sources de revenus. De même, il y a des vignerons "bios" très conscientieux et très amoureux de leur terre et de leur métier. Je dirais même que c'est la majorité. Loin de moi de diviser les monde du vin en deux camps ! Au contraire, je veux qu'il n'y ait plus de camps du tout et c'est même pour cela que je ne me rends pas dans les salons de vins ou l'exclusion sectaire règne.
Oui au bilan carbone pour tous les formes de viticulture et on fait des comparatifs qui mettront de la clarté dans le débat.
Pour les journalistes je n'ai pas écrit qu'il ne fasait pas leur métier de goûteur honorablement j'ai souligné que sur le fond des problèmes de la vigne et du vin ils n'écrivent pas grand chose... et je suggérais qu'ils pourraient profiter des voyages de presse pour faire leur métier mais alors je ne suis pas sûr que les puissances invitantes seraient ravies. il y a un concensus sur un certain silence.
L'aspect consummériste sous toutes ses formes cher aux anglo-saxons est inexistant.
Moi je vais partout et j'écrit sur tout et ça m'a valu bien des désagréments et je n'ai guère vu à l'époque de journalistes du vin monter au créneau ...
le vin est considéré comme naturel dans la tête du plus grand nombre...on s'attarde sur les sulfites, ce qui en arrange pas mal...et on oublie de parler de la vigne...C'est là que ce fait le vin...Et ça me fait doucement rire quand on croit que les conventionnels passent moins dans les vignes avec leur tracteur que les bios... Faut venir dans les vignobles et observer et même compter les passages...!
Bravo, Jacques pour ce billet. Quand faut le dire, faut le dire!!! et c'est bien dit!
De toute façon, quoi qu'on dise, le monde est divisé. Ce n'est pas vrai que bio et conventionnel travaillent ensemble, mains dans la mains, en gambadant dans les vertes prairies...! C'est comme ça...
Ok Jacques, tu es tout seul et unique, cela on le sait
Oui je suis seul et ce n'est pas une posture c'est la réalité que je subis plus que je ne revendique. Quand j'ai animé le groupe stratégique en 2003 je n'étais que le coach parmi les joueurs.
et, comme toi, David unique : tu écris en ton nom et moi au mien
"Le vin et l'environnement" : suivant ta suggestion j'avais immédiatement commandé cet indispensable ouvrage pour qui veut avoir une vision objective du phénomène "bio" en viticulture. 325 pages, qui ne se lisent pas comme un roman. Plutôt un livre de fond, à parcourir par étapes.
Pierre Masson
Isabelle a raison.
En attendant que david Cobbold devienne réaliste, pour rester poli:
Dans "Réussir Vigne": Il y a une étude (de plus) sur les risques neuro-comportementaux des ouviriers viticoles.
C'est quand qu'on va où?
J'adore les commentaires anonlymes sur les blogs ! Mais qu'est-ce qui vous empêche de signer des vos noms, en entier ?
Et puis être rélaiste c'est aussi poser des questions à tout le monde, et ne pas nécessairement croire à des tendances, des modes, ni suivre des imprécations. Je ne suis ni borné, ni totalement stupide. Il est évident, et je l'ai dit, qu'il fait respecter la nature et l'humain et répandre moins de produits dont on peut ignorer certains effets sur les plantes. Mais je peux aussi avoir des doutes quant à certaine approches. Je crains, enfin, que vous ne me lisez pas bien....
David il est anonyme mais je sais qui c'est
anonyme:obligé. Et aussi méfiant.
Pardon le message est parti trop vite:
Regardons tout je suis d'accord: comment on fait les produits phytos; tous même le cuivre.
Mais regardons avec précision ou vont se nicher les résidus, et les conséquences de ces résidus: Là y a du taf.
Pendant que nos enfants jouent, nous à quoi jouons nous ?
J'espère que ton message sera entendu par qui de droit. Beau billet !
Tu vois, Jacques, ton titre à la Libé a servi à qq chose : au moins, il est lu. Et les commentaires vont bon train
!
"on gôute au pieux mensonge
des cieux embrigadés
tant de vies sacrifiées
pour du cristal qui ronge;
on voit des fumées hautes
des nuages possédés
des pluies orange et mauve
donnant d'affreux baisers
Rendez-nous la lumière... (refrain)"
Dominique a
Merci Isabelle de rappeler que viticulture conventionnelle ne rime pas forcément avec réduction des passages tracteur. Entre les appport d'engrais, les effeuillages, rognages et autres, les raisons pour sortir pour un concentionnel ne manquent pas. Il faut faire le bilan global.
Ceci étant dit, le cuivre doit être utilisé avec parcimonie c'est un fait.
Mais lorsque l'on voit les études qui commencent à sortir sur les effets à long terme des pesticides sur la santé des vignerons cela fait peur. Rien que cela devrait inciter tout vigneron à chercher d'autres voies.
Etienne Sipp (vigneron en bio pour ceux qui n'auraient pas déviné ;-))