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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 12:21

Face aux souvenirs de certains d'entre vous à propos de leurs expériences avec le vin de messe je ne résiste pas au plaisir de recycler une chronique de 2007 : le Vin de Messe

Comme beaucoup d'entre vous me suivent depuis les origines de ce blog ils savent, qu'au temps de mes culottes courtes, j'ai occupé les éminentes fonctions d'enfant de choeur à la paroisse St Jacques le majeur de la Mothe-Achard auprès du curé-doyen Bailly. J'ai donc servi la messe, en latin, en soutane rouge ou noire pour les sépultures et surplis empesé, celle du petit matin comme la grande du dimanche, officié aux Vêpres du dimanche après-midi, suivi les chemins de croix de la Semaine Sainte, assuré les processions des Rogations et de la Fête Dieu, officié aux mariages, baptêmes et enterrements, suivi le curé pour les derniers sacrements, lavé les pieds le jeudi saint, porté la croix ou les bougeoirs, agité l'enscensoir, porté le seau du goupillon, sonné la clochette et bien sûr présenté les burettes au curé. Un boulot pris certes sur le temps de loisirs mais aussi sur les heures d'école. J'y reviendrai plus loin mais, comme ce qui m'amène ce matin à égrener mes souvenirs d'eau bénite ce sont les burettes, un petit mot sur le vin de messe.

La sacristie sentait l'anti-mites. Nous, les enfants de choeurs, étions parqués dans une antichambre qui, elle, empestait le jus de chaussette car nous portions des savates avec semelle de feutre. Le service du curé était assuré par soeur Marthe (mon premier amour platonique) Pendant que nous boutonnions l'enfilade de petits boutons de nos soutanes elle préparait les ornements à la bonne couleur, le ciboire, la patère et bien sûr elle remplissait les burettes. Celles-ci se trouvaient placées dans un placard d'angle. Tout le jeu des enfants de choeur consistait à arriver en avance pour aller fouiner dans le placard aux burettes où se trouvait bien sûr la bouteille de vin. Les plus vantards racontaient qu'ils avaient osé s'en siffler une gorgée au goulôt.

Moi, jamais, non par crainte du péché - c'en n'en était pas un d'ailleurs car le jaja n'avait pas subi la transmutation - mais parce que mon esprit déjà critique trouvait un peu fort de café que ce vin fut blanc. Bien sûr, si lors de la consécration le liquide avait pris une couleur vermillon mes doutes auraient été levé. La seule trangression que je me permis fut de le sentir. Il avait une odeur doucâtre qui n'engageait guère aux libations. Lorsque je présentais d'abord la burette de vin au curé celui-ci la vidait intégralement dans le ciboire, pour celle contenant l'eau il se contentait d'une larme. Ma sainte mère qui voulait faire de moi un prêtre n'a jamais su que l'histoire du vin de messe pesa aussi dans mon choix de ne pas embrasser un sacerdoce où le sang du Christ n'était qui liquide blanc jaunasse. Mais la raison profonde était ailleurs.

Alors, comme je suis ce matin en veine de confidences, je vais vous l'avouer. Ce que j'adorais par dessus tout dans mes fonctions d'enfant de choeur c'était la distribution de la communion. En ces temps reculés les paroissiens venaient s'agenouiller à la sainte-table et je précédais le curé, tenant dans ma main un petit plateau en métal doré que je plaçais sous le menton juste avant que le curé n'enfourna l'ostie ou plus exactement la plaça sur la langue tirée. Pourquoi diable ce plaisir ? Tout simplement parce qu'ainsi je pouvais contempler à souhait les beautés de la paroisse, leurs toilettes, leurs audaces parfois : certaines au lieu de baisser les paupières plantaient leurs yeux dans les miens, leurs lèvres faites - suprême audace - leurs mains jointes emmitouflées dans des gants de dentelles où pour certaines flamboyaient des ongles peints - provocation ultime - , j'ose : leurs poitrines si proches, leur façon de quitter la sainte-table sur leurs talons hauts en balançant leurs hanches et en roulant des fesses.

Rien que pour ces pensées impies on aurait du m'excommunier sur le champs. Mais nul ne pouvait soupçonner mes jouissances intimes sauf qu'un jour, las de la pression d'un recruteur de l'Evêché, à sa question sur les raisons de mes attermoiements je lui répondis droit dans les yeux : " j'aime trop les femmes..." ce qui le laissa sans voix de la part d'un moutard de 10 ans de la Vendée profonde.   

    

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

gus 13/03/2010 00:10


En fait Mr Smith,pour ce qui est du copain,il y a prescription vu qu'il y a longtemps que le vin a été bu et pissé.....ou inversement !
Merci Iris pour la traduction:premier prix en version latine !


Iris 12/03/2010 16:14


comme latiniste ex-protestante et pas convaincue par la gorgé de ma première communion à 14 ans, comme David... j'ose traduire: nous te prions, écoutes-nous, pour l'occitan, cela se passe de
traduction, je pense aussi:-).


Michel Smith 12/03/2010 14:31


Non ! Pas en pissant dedans, j'espère ?


gus 12/03/2010 14:03


Mon père m'a eu  raconté cette anecdote du temps  ou les cortèges de curés ,bigotes et enfants de choeur s'ébranlaient dans les campagnes au moment des rogations.Les enfants de choeur
ouvraient la marche et le curé la fermait, récitant des litanies ponctuées par des "te rogamos audi nos"(y a t-il un latiniste dans l'assistance?).Et les petits démons en aube de devant de
reprendre doucement entre eux:"dins la merda ya pas d'os!"(point besoin je pense d'un occitaniste?).
 Pour ce qui est de siffler le vin de messe,un copain me disait qu'il mettait un point d'honneur à refaire les niveaux...........................................


JACQUES BERTHOMEAU 12/03/2010 22:42



Oui "te rogamos audi nos" c'était le gimmicks en effet... mais le patois vendéen n'avait pas autant de ressources que l'occitan... dommage !


Bon mon remake était pour vous mais je me suis pris les pieds entre Reggiu et Gus...



Michel Smith 12/03/2010 13:59


il y avait une belle blonde à peine plus âgée que moi au premier rang de l'église de Vineuil Saint Firmin, près de Chantilly. Je ne la quittais pas des yeux. 


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