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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 00:09

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Par moment j’ai des illuminations subites, de là à en conclure que suis un illuminé il y a un pas que certains de mes « amis » de la LPV franchiront tout en pensant que je ne suis pas une lumière de goûteur de vin.


Il en fut ainsi pour le Pilchard !


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« Sur les étagères s’alignaient des boîtes de petit pois, des paquets de pâtes Lustucru et de biscottes Luc, les pains d’épice Gringoire, les bouteilles d’huile Lesieur, les pilchards le Pompon-Rouge, les sachets roses de la levure Alsa et les sachets bleus de sels lithinés qui désaltéraient si bien les moissonneurs, toutes choses qui imprégnaient la boutique de cette senteur mélangée si particulière aux épiceries d’antan… »


Mémoires de femmes par Gérard Boutet


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À la Mothe-Achard, l’épicerie Proust se situait au premier étage d’une grosse bâtisse, sur le flanc droit des Halles, pour y accéder il fallait emprunter un large escalier extérieur en pierre avec une rambarde de fer. La porte du magasin était une porte ordinaire qui, dès qu’on la poussait, déclenchait une sonnette. Il faisait sombre à l’intérieur. Ça sentait la réglisse et une multitude de fragrances herbacées, sur le mur de gauche de hautes étagères pourvues d’un escabeau afin d’atteindre les étages supérieurs, de grands tiroirs où étaient stockés les produits secs, pâtes, riz… les coupelles brillantes, des hauts pots de verre emplis de bonbons, à droite de grands sacs posés sur les tablettes pour les légumes secs vendus en vrac, dans des boites ouvertes les caramels à deux sous, les sucettes sur des présentoirs Pierrot Gourmand, et puis les rangées de boîtes de conserve tout au fond, derrière le grand comptoir avec la balance blanche, mais pas de caisse enregistreuse, rien qu’un simple tiroir. Louise Proust faisait aussi de la mercerie et, comme maman était couturière, je l’accompagnais pour acheter des bobines de fil ou des boutons mais nous faisions nos courses de conserves à l’épicerie Houiller tout à côté en vertu de la règle « il faut faire plaisir à tout le monde » qui  souffrait d’une exception : nous achetions notre pain que chez Remaud.


Bref, tout comme les enfants d’aujourd’hui, qui pensent que le poisson arrive tout droit en bâtonnet pané de chez Findus j’ai longtemps pensé que le Pilchard c’était la boîte de fer blanc Pompon Rouge et non une espèce de poisson.


Mais qu’est-ce donc que le Pilchard ?

Pilchard (1)

 

« Cette espèce est plus petite que le hareng commun, dont elle diffère principalement, en ce que son corps est épais et arrondi ; le museau est à proportion moins long et recourbé vers le dessus, et la mâchoire inférieure est plus courte ; le dos est plus élevé, et le ventre moins effilé ; ses écailles tiennent fortement à la peau, tandis que celle du hareng commun tombent facilement ; enfin la nageoire dorsale du pilchard est placée si bas, que si on l’y suspend la tête fait bascule, tandis que si l’on tient le hareng commun par cette nageoire, il reste en équilibre.


Vers la mi-juillet, les pilchards paroissent en grandes troupes sur les côtes de Cornouailles. Ils y séjournent jusqu’à la fin octobre, où il paroît  qu’ils se retirent à quelques distances du rivage dans les profondeurs, pour y passer l’hiver. Il y a cinquante ans qu’ils ne disparoissient qu’à Noël ; ce changement dans l’époque du départ est un fait très singulier, qui a été constaté par le docteur Maton. On a prétendu, mais sans raison, qu’à l’instar du hareng ils retournent alors dans les régions polaires. Car s’ils entreprenoient quelque émigration vers le nord, on sauroit en Angleterre s’il en a été vu ou pris à leur passage ; mais on en n’a aucun exemple authentique. Ils sont surtout en grand nombre près de l’île de Wight, dans la Manche, et près d’Ilfracomb, dans le canal de Bristol.


Le docteur Borlase fait de la pêche du pilchard le récit suivant : « Elle occupe un grand nombre d’hommes sur la mer et sur terre ; les femmes et les enfants sont employés à nettoyer, à éventrer et à saler les pilchards. Depuis 1747 jusqu’e 1756, inclusivement, les divers ports d’Angleterre en exportèrent tous les ans, celui de Fowy mille sept cent trente-deux muids ; Falmouth quatorze mille six cent trente-un, plus deux tiers ; Pensanze et Mounts-Bay douze mille quarante-neuf, plus un tiers ; Saint-Ives  douze cent quatre-vingt-quatre-vingt-huit ; ce qui fait en tout près de trente mille muids, à raison de 1 livre sterling 13 shilling 3 pence le muid, en adoptant un prix moyen ; de manière que l’esportation du pilchard rapportoit tous les ans près de 50 000 livres sterling »


Le docteur Maton, dans le premier volume de ses Observations sur les comtes de l’Ouest, raconte que lui et un de ses amis louèrent une chaloupe pour assister à la pêche au pilchard, à Fowy, près de Looe, dans les Cornouailles. « Les bateaux destinés à cette pêche, dit-il, dont le nombre est très grand, sont ordinairement stationnés à des endroits où l’eau a dix brasses de profondeur, et où il n’y a aucun brisant. De petites nacelles sont placées à quelque distance devant ces bateaux pour avertir  les pêcheurs de l’approche d’une troupe de pilchards. Souvent on établit aussi des hommes sur les rochers voisins pour observer la marche du poisson ; on les appelle huers, ou crieurs, des cris par lesquels ils avertissent les pêcheurs. Les filets, qui sont des sortes de seine, ont souvent deux cents brasses et au-delà de circonférence, et environ dix-huit de profondeur. On dit que quelque-uns de ces filets peuvent contenir deux cent muids, à raison d’environ trente mille hogs-heads dans une seule saison, si la pêche n’est que passablement productive ; mais il arrive aussi de temps à autre qu’elle manque totalement. » Dix ans environ avant que notre auteur eût visité ces lieux, les pêcheurs se virent forcés de vivre avec leurs familles de patelles, et d’autres coquillages, dont ils n’auroient pas voulu manger pour tout au monde dans tout autre temps.


Les requins sont les grands ennemis des pilchards ; ils en dévorent souvent des quantités immenses. »


Le Cabinet Du Jeune Naturaliste Ou Tableaux Intéressans De L'histoire Des Animaux ... de Thomas Smith 1818


 « Le pilchard est un poisson utile à l'agriculture maritime ; c'est lui qui dévore l'excédent de plancton qui risquerait d'entraver la libre respiration des océans.


Deux pilchards qui se rencontrent s'accueillent non par le banal « Comment vas-tu ? » mais par « Où se plancton aujourd'hui ? ». link


Il est possible de trouver du Pilchard dans le commerce sous la désignation Pilchard-sardines ou Pilchard-harengs, il est préparé à la tomate et à l’huile dans des boîtes ovale de 367g. Si vous n’en trouvez pas près de chez vous allez sur la Toile. Ce n’est pas cher 1,70€ la boîte en moyenne.


La recette : Rougaille de Poisson Pilchard à la tomate link


1 boîte de pilchard (hareng) à la tomate

1 oignon

1 tomate

Une cuillère à soupe d’ail et de gingembre écrasés.

Thym-Persil

Sel-poivre


Émincez l’oignon pour le faire revenir dans l’huile chaude avec l’ail et le gingembre écrasés. Ajoutez la purée de tomate de la boîte de pilchard  et la tomate coupée en dés. Bien mélanger le tout et laissez roussir. Ajoutez les pilchards. Salez et poivrez selon votre goût. Saupoudrez de persil émincé.


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Là-dessus vous pouvez vous offrir un canon de vin blanc bien sec, bien droit, moi j’opte pour 1 Clos Massotte Corail d’automne


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

patrick axelroud 14/02/2015 08:50

On observera la mention " Buvard de collection ( avec n° svp ) signe avant coureur des " Collector !" mis à toutes les sauces pour inciter encore un peu plus le gogo à acheter, comme disait l'autre ce dont il n'a pas besoin, avec de l'argent qu'il n'a pas et dans le seul but d'impressionner un voisin dont il n'a que f....On mesurera aussi le chemin qui part de cette "réclame" quelque peu bon enfant et nous mène aux débauches de nos pubards et autre communiquants qui ne savent plus quoi inventer pour,à chaque fois nous prendre pour des cons ! Par ailleurs cher Taulier, ce n'est plus Over Blog mais Over (mauvaise) Blague. Je m'explique : Plus de titre ( c'était bien la peine d'en changer n'y d'envoi . A la trappe la liste des commentaires récents ne permettant pas de prendre connaissance des commentaires sur d'anciennes chroniques. Plus de barre d'outils non plus sauf à ce que je n'ai rien compris méritant ainsi mon autre surnom de Simplet ( celui du buvard )qui se substitue parfois à celui toujours revendiqué de Grincheux.

Luc Charlier 13/02/2015 09:34


Je ne veux pas casser ta baraque et "de gustibus" etc... mais ce n'est pas très fin, le pilchard. J'avoue n'en avoir jamais mangé de frais et l'huile dans laquelle nagent ceux des boîtes ne m'a
jamais emballé. La chair est molle, il reste toujours plein de petites arêtes imbéciles ... Un anchois, une sardine bien dodue, du maquereau, ça oui. Mais le pilchard et l'eau ferrugineuse
... 


Et comme il ne faut pas écrire pour ne rien dire, j'en profite pour faire un petit rappel. Dans la bourgade d'Ilfracomb, que tu cites, le suffixe -comb est la même racine celtique que celle de
"Coume". Elle vient de kumba qui voulait dire la vallée. 

JACQUES BERTHOMEAU 13/02/2015 09:37



Commentaire très petit bourgeois pour un adorateur du Léon barbichu limite admirateur du bling bling du petit Nico... " salauds de pauvres ! " 



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