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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 00:09

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L’un de mes fidèles lecteurs, Michel Clerc, homme du vin, m’a fait parvenir lors de sa parution un n° de la revue Historail n° 27, d’octobre 2013, consacre un important dossier (45 pages) aux rapports du rail et du vin, rédigé pour l’essentiel par Georges Ribeill.


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Mon temps de lecture n’étant pas extensible, ce gros et beau dossier a fait des va-et-vient entre le bas et le haut de ma pile de lecture. Mais, comme avec moi, il ne faut jamais désespéré, je m’y suis enfin plongé.

 

Au programme :


-        Développement des chemins de fer et commerce des vins : d’étroits liens

-        Révolution ferroviaire et ouverture du marché national aux vins du Midi

-        Le PLM s’engage dans la lutte contre le phylloxéra

-        Des vignes pour clôtures ferroviaires… Une utopie « ferroviticole » ?

-        1907 : le rail au service des grandes manifestations des vignerons du Midi

-        Rail et trafic viticole entre Saint-Chinian et Béziers : un commerce très actif (par Philippe Marassé)

-        Bercy, capitale du « vin de Paris »

-        Bordeaux, Sète : deux situations contrastées.


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En bonus, la publication en avant-première des résultats de l’enquête que Alain Crosnier, ancien officier des CRS, a consacré à l’embuscade tragique de Montredon-des-Corbières (ligne de Toulouse à Narbonne) du 4 mars 1976. Ce jour-là, les viticulteurs en colère bloquent et incendient partiellement un train de marchandises. L’affrontement avec les CRS se solde par deux morts et une trentaine de blessés par balles et chevrotines.


En chapeau de ce Vin&chemin de fer « un spécialiste de l’histoire de la viticulture » résume d’une formule saisissante ce que « l’ère du rail au XIXe siècle » a eu pour conséquence pour les vins populaires, les vins de consommation courante : l’avènement d’un « marché commun national », la première forme de la fameuse ouverture du marché, la seconde étant la mise en place de l’OCM vin et la dernière la fameuse globalisation…


« L’extension progressive du réseau a contribué tant à l’extension des vignobles du Midi qu’à la popularisation du vin de table, à Paris notamment. Pour le meilleur et le pire aussi : complice en somme de la surproduction des vins du Languedoc qui remplissaient chais et wagons-foudres, le chemin de fer s’est trouvé l’auxiliaire, voire l’otage des grandes manifestations des vignerons en 1907 comme  en 1976. »


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Georges Ribeill écrit :


« Le transport rapide du vin a permis la conquête du marché parisien, et dès le début des années 1860, s’ouvre pour le vignoble français une incroyable période de prospérité, conjuguant la croissance simultanée des superficies et des rendements.


À coups de tarifs spéciaux, de lignes raccourcies reliant les centres viticoles du Midi à la capitale, les compagnies concurrentes, Midi, PO et PLM, ont cherché à capter une grande part de ces trafics rémunérateurs.


Si le phylloxéra va venir ravager les vignobles français et freiner cet élan, c’est encore en impliquant le PLM, le réseau le plus concerné par les chutes conséquentes de trafic, cette compagnie va se mobiliser, à la pointe de l’invention et de la distribution de traitements antiphylloxériques !


L’impact géographique de la crise est toutefois fort varié : plus tardivement touchés, face à une demande toujours accrue, l’Aude se lance dans la viticulture intensive, optant pour des cépages à haut rendement, tandis que le Roussillon conforte plutôt sa production de vins de qualité, la vocation importatrice du port de Sète, qui reçoit des vins d’Espagne puis d’Algérie, s’affirmant définitivement »

 

Chroniques à suivre…

 

NB. Sur le sujet du trafic ferroviaire des vins, des compléments peuvent être trouvés dans la Revue d’histoire des chemins de fer, qui avait publié les travaux de la commission « Histoire commerciale des chemins de fer » de l’AHICF, active au début des années 1990, dans son numéro 9 link. On trouve aussi des éléments dans « Les chemins de fer d’intérêt local de l’Hérault dans le Biterrois de 1850 à 1950 », par Raoul Balso, publié dans le numéro 24-25 link consacré à l’histoire des chemins de fer secondaires. Voir également la Revue d’histoire des chemins de fer hors-série 1 link (« Aspects de la politique commerciale de la Compagnie de chemin de fer du Médoc (1864-1911) », par J.-F. Massicot).

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

olivier de Moor 17/10/2014 10:39


Le bonheur des uns a fait le malheur des autres.


Avant le PLM, ici dans l'Yonne, les surfaces étaient montées à 43 000 Ha de vignes.


Les études historiques montrent que c'était une personne sur deux ici, qui vivait grace  à la viticulture.


Le rail, en changeant le transport, et en supplantant le transport par voie d'eau a changé la géographie viticole. 


Dion indique que auparavant, c'est la loi dite des vingt lieues et les modifications de taxation pour les vins courants, qui avait tant stimulé le vignoble Iconnais. Mais que cela  avait
avili les vins de l'Yonne. Car le transport par voie d'eau étant facile, et le marché parisien à disposition, il renforcait l'importance vis à vis du transport.


Le train a tout changé pour cette production locale de vin courants. Ici sa disparition.


Dion parle de "résistance de la viticulture de qualité çà et là en Basse-Bourgogne". C'est elle qui a échappé aux aléas du transport.


Ca peut faire réfléchir.


 

Aredius 17/10/2014 10:33


Connaissez-vous le tombeau-foudre de Léonce Chabernaud à Rochechouart (Haute-Vienne) - la ville de la météroite :


 


http://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article2649

JACQUES BERTHOMEAU 17/10/2014 11:16



non



clavel 17/10/2014 08:36


j'insiste toujours dans mes propos sur l'histoire viticole du Languedoc sur l'importance  des réseaux ferrés, lignes principales et lignes d(intérêt local. Mon histoire familiale viticole a
été marquée par la résistance à la crise de 1907, grâce à la présence d'une gare d'IL à Magalas ou mes ancêtres étaient vignerons. Ils étaient 2 frères, mon grand Père et mon grand onclee, l'un
exploitait les vignes l'autre avait créé, fin du 19° un entrepôt de vente de vin dans le bassin minier lorrain de Briyé. Ce fut un succès. Les vins conditionnés en barrique de 600
litres appelées en langage ferroviaire des "transports" était placés sur des wagon plats en gare de départ, les charrêtes à chevaux en portaient 2. A l'arrivée c'était la même chose. Le
retour des barriques était assuré par la compgnie de chemin de fer. C'est le dévelopement des chemins de fer qui a provoqué l'extension des vignobles du sud. Le prix des transports a été divisé
par 10, grâce a eux.


 

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