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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 11:47

Y’a un gus qui a commencé par s’affubler d’un pseudo ridicule avant de fonder une feuille de chou qu’il cherche à placer en faisant le coucou sur le  Net. Dans sa présentation « Qui suis-je ? » le quidam la joue humble « Mon nom est …, pas grand intérêt. ». Chemin faisant ce garçon maniant outrancièrement l’imparfait du subjonctif, fait dans la critique littéraire (sic) « c’est à la lecture de ce livre que je m’indigne. Un pamphlet ? Un essai ? Une somme statistique ? Un simple livre sans intérêt. » Grand bien lui fasse, c’est son droit mais quelques phrases plus loin, le « sans intérêt », laisse tomber de son auguste plume « Mais voilà, dès qu’un homme commence à avoir une once d’influence, son égo se met en marche et il lui faut donner des leçons. »

 

Gros ego rentré ne deviendra jamais grand. Quitte à avoir de l’EGO mieux vaut qu’il soit gros. Les gagne-petit, les frustrés de l’ego sont lourds, interdits de légèreté, pour dire crûment chiants ! Vous allez me dire c’est qui ? De qui qui parle cet ego zéro ? Je laisse le zéro ego à l’anonymat qu’il souhaitait préserver à l’origine de son entreprise (en plus, il serait capable de me demander un droit de réponse). C’est le meilleur service que je puisse lui rendre. Sans doute va-t-il, comme les egos comprimés, ruer dans les brancards, s’indigner ! Certes mais puisque je l’ai innommé je ne pourrai satisfaire son goût caché pour une reconnaissance qu’il appelle de ses vœux.

 

Étant tout sauf modeste, assumant mon ego sans problème, publiant chaque jour des billets j’ai du mal à supporter les coucous qui, sous une humilité de façade, viennent dire sur mon espace de liberté « holà j’existe, venez donc lire ma prose… » Et, cerise sur le gâteau, « j’ai lu tout Onfray… » Comme le disent les jeunes, ça me gave alors je l’écris. Mais revenons aux gros egos.


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Dans l’avant-propos de son petit opus « le petit livre des gros égos » chez PUF Édouard Launet, reporter au service culture de Libération, écrit « pourquoi ne chanterions-nous pas nos propres louanges ? Pourquoi ne nous tresserions-nous pas des couronnes nous-mêmes ? Pourquoi ne puis-je clamer « Je suis un génie ! », quand tout indique que cela est effectivement le cas ? Il n’est jamais sûr que quelqu’un d’autre s’en chargera pour nous, ou pour moi. Et puis c’est la meilleure assurance que la couronne sera remise à son légitime propriétaire, qu’elle sera de bonne taille, que le panégyrique sera informé et complet. ». La galerie des gros egos qui part de Delon pour se terminer avec Victor Hugo, passe par BHL, Sarkozy, Ardisson, Messier, FOG, Dati, Lagerfeld, Séguéla, Sollers, Barbier, Cantona, PPDA, et bien d’autres.

 

J’en ai sélectionné deux beaux : Marguerite Duras et Frédéric Beigbeder, car ils sont très au-dessus du lot.

 

« Un jour de l’hiver 1994, soit quelques mois avant qu’ils ne meurent l’un et l’autre, François Mitterrand et Marguerite Duras déjeunent ensemble boulevard Raspail à Paris. Des huîtres sont au menu. Également présent, le compagnon de l’écrivain, Yann Andrea… »

 

Il raconte la fin du repas : « Marguerite lance au président : « François j’ai quelque chose de très important à vous dire. » François : « je vous écoute Marguerite. » Elle : « Voici ce qui m’arrive François : depuis quelque temps je suis devenue plus connue que vous, et ça dans le monde entier. C’est étonnant, non ? »

 

Frédéric lui fait son autoportrait dans l’avant-propos de « Vacances dans le coma » tout en « antiphrases »

 

« Je suis tout juste un ex-fêtard frustré, paresseux et prétentieux – un Pacadis même pas mort »

 

« Quant au style, n’en parlons pas. Du néo-néo-hussard de gauche, su sous-Blondin aux petits pieds pour cocaïnomanes germanopratins, truffé d’aphorismes lourdingues dont même sans Antonio n’aurait pas voulu dans ses mauvais trimestres. »

 

Comme le note Édouard Launet « Ceux qui auraient vu là comme un accès de lucidité seront détrompés par la conclusion « Non, franchement, fuyez ce roman. Lisez plutôt du Philippe Labro (ha, ha, ha). Je suis beaucoup trop snob pour tolérer que mon bouquin se vende à plus de 1000 exemplaires. »

 

Des pépites, j’adore !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Luc Charlier 08/07/2013 15:49


Moi aussi, je l’ai reconnu, na-na-na, euh !


Et je vais donner son nom : c’est Seigle. On a tous reconnu l’ego de Seigle, celui qui donne mal de tête et la danse de Saint-Guy !


 


Plus sérieusement, le propulseur ( ? ) de ton blog a des problèmes importants Jacques, depuis ce matin.

Hervé Lalau 08/07/2013 12:23


Quel honneur tu fais à cet anonyme en ne citant pas son nom8 Je l'ai reconnu quand même - il m'escagasse aussi. Mais je vais m'efforcer de l'oublier très vite. N'empêche, admirons son éclectisme:
dans ses liens, il y a à la fois B&D et Olif! La quadrature du cercle des potes, en quelque sorte. 

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