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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 00:03

original 12795Pour qui, comme moi sur I-télé il y a quelques années, s’est retrouvé en face du dénommé Durand dans une émission a pu constater l’absolue suffisance du bonhomme et son incommensurable j’m’en foutisme. Les Guignols de l’Info lui ont, en leur temps, à juste raison, taillé le seul costard qu’il méritait, celui qui sied à un j’en foutre, un j’en foutre rien. Ce type est un ramier de la pire espèce : l’arrogante.

Que ce bouffon postmoderne, dans son habituelle syntaxe approximative, qualifiât les vins bios de dégueulasses, dans une émission de télévision du Service Public – que je finance comme vous tous par l’impôt – consacrée au réchauffement climatique avec l’ex-Mammouth Jospinien, relève de la vacuité de sa pensée qu’il compense par le recours systématique à des petites phrases qui se veulent provocatrices. Durand est à l’image de la télévision d’aujourd’hui : creux, frimeur et racoleur.  

Quand j’ai vu sur notre blog des 5 routards – pas mal comme appellation Catherine, je m’imagine bien dans la peau de Peter Fonda ou de Denis Hopper en Harley, avec une veste à franges et des santiags, filant sur la route 66 – que Christine Ontivero avait pris la peine de lui écrire, en l’interrogeant « Savez-vous que la plupart des plus grands vignerons français et étrangers produisent leurs vins avec des raisins issus de l'agriculture biologique? » je me suis dit : « c’est vraiment lui faire trop d’honneur que de laisser supposer une seule seconde qu’il puisse savoir... » puis j’ai ajouté, dans ma petite Ford intérieure, « en plus elle perd son temps... »

Et puis, réflexion faite – ici, contrairement à la crèmerie d’Arlette, on réfléchit – à la lecture des noms cités par Christine Ontivero « Cazes à Rivesaltes, Domaine Zind-Humbrecht en Alsace, Alphonse Mellot à Sancerre, Domaine Huet à Vouvray, Domaine des Roches Neuves à Saumur, Chapoutier dans la Vallée du Rhône, Anne Claude Leflaive à Puligny Montrachet, François Chidaine à Montlouis sur Loire, Château Fonroque à St Emilion, Domaine St André de Figuière à La Londe les Maures, Pontet Canet à Pauillac, Domaine Singla dans le Roussillon dont les vins viennent de rentrer à l’Elysée… » j’ai goûté avec délice la honte fondant sur le beau costar du Durand. Ses copains ont du le vanner grave dans les dîners en ville : « Guillaume t’es vraiment trop... tu t’es salement vautré... allons comment as-tu pu zapper Michel Chapoutier... tu sais le braille sur les étiquettes d’Ermitage, ignorer Alphonse Mellot... tu sais c’est lui qui, au moment des présidentielles... non tu ne sais pas... et patati et patata »

Encore heureux que Christine n’ait pas cité Aubert de Vilaine et la Romanée-Conti, ou Nicolas Joly et la Coulée de Serrant, car là, pour notre pauvre Durand c’était l’abomination de la désolation, l’aurait même été la risée du plus petit grouillot de la rédaction. Pour un buveur d’étiquettes de son acabit se faire tacler de la sorte relève d’une forme civile d’excommunication des cités du Livre Rouge – le Who’s who –. Le voilà pris en flagrant délit d’ignorance crasse. Carton rouge ! Exclusion. Ainsi va la vie de ceux qui se prennent pour des stars alors qu’ils ne sont que de simples haut-parleurs ânonnant des fiches préparées par une batterie de petites mains sous-payées. C’est vraiment Vérigoud !

Attention, que ceux d’entrevous qui n’apprécient les vins bio que du bout des lèvres ne prennent pas trop vite le parti du Durand des beaux quartiers car le qualificatif de dégueulasse il pourrait bien le leur servir sans autre forme de procès lors d’une émission du même tonneau que celle de ses consœurs d’Envoyé Spécial. Je l’imagine fort bien balancer à un digne représentant de l’INAO « mais votre vin bourré de pesticides il est dégueulasse... » L’important pour Durand c’est d’être dans le sens du vent.

Même si, en remettant le Durand à sa juste place : dans les cintres,  je passe un peu de baume sur vos blessures je sais bien qu’en ce moment nous ne sommes pas vraiment gâtés, et par les gars et les filles de la Télé, et par la Sandrine Blanchard du boulevard Auguste Blanqui, et par tout les couards qui s’abritent derrière la loi Evin. Pour vous consoler je vais faire une confidence : croyez-moi Durand il est proprement imbuvable !


PS. à l’attention de mes compagnons routards, Michel et Hervé, qui pourraient s’estimer rudoyés par mon franc-parler à propos de l’opération Beaujolais « Grand Corps Malade » : je souhaite leur faire comprendre que, avec toute l’amitié et le respect que j’ai pour eux, comme je suis en « mission » - auto-missionné certes – mon intérêt prioritaire est de faire remonter de la « base » du matériau. Ce qui a déjà commencé. Délivrer une ordonnance, comme le font les médecins d’aujourd’hui, vite fait bien fait sur le gaz, c’est souvent ne s’attaquer qu’aux symptômes plutôt qu’aux causes. Dans mes missions semelles de crêpe je prends plutôt le profil médecin de campagne. En effet, c’est plus chiant d’aller à l’AG de la coopérative de Moulin à Vent que de déguster au château des Jacques, mais ainsi va la vie du missionnaire (un jour l’ami Robert Skalli m’avait qualifié de moine civil pour un portrait de Catherine Bernard dans la Tribune). Bref les gars vous me prenez comme je suis, chiant et tourné vers l’objectif que je me suis fixé. Nos pays, et pas seulement le Beaujolais, et pas seulement pour le vin, comme l’aurait dit le Général il y a pour notre vieux Pays une « ardente obligation » de se colleter à leurs problèmes qui, s’ils étaient si simples à régler, ne seraient pas face à nous. Comme l’aurait dit Pierre Dac « si tout le monde faisait du bon y’aurait pas de mauvais... »  

dennis-hopper-and-peter-fonda-easy-rider.jpg

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Guy Salmona 22/03/2010 23:08


Un petit mot à tous les tièdes, les fades, les ceux qui voient la France et les français avec les yeux de l'extérieur, ceux qui jugent futiles et vains nos commentaires, à la manière
dédaigneuse de l'entomologiste qui voit se débattre le paillon épinglé... en bref, aux mous du genou, je veux dire ceci :
Aimer le vin, c'est aussi le défendre !  Il est bon que, de temps à autres, un dandy pédant et ignare, mais qui fait l'opinion, réalise qu'il ne peut pas dire n'importe quoi sur un sujet
qui nous est si cher !!!  On peut rêver mais, après tout, celà découragera peut-être des velleïtés du même tonneau!...
Autre chose : Il y a de mauvais vins conventionnels et de bons vins bio,... l'inverse est vrai aussi ! 


christian Bétourné 22/03/2010 14:12


P...., toute opinion sur les vins bio-naturels-mâchins, mise à part, ça du bien!!!!!


Vincent Pousson 22/03/2010 13:57


Ce que je peux te dire en tout cas Monsieur le Contrôleur Général etc…, c'est que vu de l'étranger ces querelles pichrocolines, et byzantines surtout, me semblent l'expression d'un french paradox
(encore un!) qui consiste une fois de plus à se tirer des balles dans le pied. J'étais hier au concours de dégustation de Vila Viniteca où il y avait vraiment du très beau monde, des pointures de
la sommellerie et du vin, et franchement tout le monde rit de ces niaiseries. Préoccupons nous d'abord de livrer des bouteilles belles, bonnes et buvables et arrêtons la politique sinon dans
quelques années il ne nous restera plus qu'à boire du vin chinois qui lui sera bio à sa façon…


JACQUES BERTHOMEAU 22/03/2010 14:31



Très franchement sieur Pousson qui voit de l'étranger et qui ne voit que de là d'où il est comme tout le monde faut pas en faire des tonnes et bâtir des chateaux en Espagne pour les beaux yeux de
ses nouveaux amours.


Durand c'est un vent et du vent... Je ne vois ce que viens faire la politique dans ce truc.


J'adore les concours de dégustation avec du beau monde où l'on se gausse des autres. C'est pas mon truc je l'avoue humblement.

Si l'Espagne est l'avenir du vin tant mieux pour elle moi je trouve la compéte intéressante mais je ne tire pas des conclusions cataclysmiques sur des niaiseries.

/




Vincent Pousson 22/03/2010 13:28


Ce que je vois surtout c'est que cet étalage représente encore un mauvais coup contre le vin ! Et cela nous pendait au nez ! Trop de bouteilles défectueuses (ÉNORME euphémisme), de vins impropres à
la consommation, de bizarreries qui finissent à l'évier… À tel point que dans certains milieux franco-français, plus snobs que branchés, est apparu une culture, un culte quasi hystérique du défaut,
une déification rousseauiste, politique aussi, de la déviance interprétée de façon "khmer verte" comme une ultime expression de la bonté de la Nature. Tant d'aveuglement, d'intolérance
parfois, qui ont contribué à creuser encore un peu plus le fossé entre le grand public (symbolisé malheureusement par Guillaume Durand) et le mundillo vinicole. Le plus grave, c'est que
l'amalgame qui a découlé de tout ça a fini par jeter l'opprobre sur les vignerons, paysans et professionnels, réellement certifiés AB dont les vins sont tout sauf "dégueulasses".
Moins de chapelles, moins de sectes, moins de politique, plus de vin!


JACQUES BERTHOMEAU 22/03/2010 13:41


VPO tu devrais inviter le Durand à Castelmaure pour qu'il sache qu'il y a une France en dehors de son arrondissement parisien


Norbert 22/03/2010 13:27


Au fait, qu'est-ce qu'on boit au Mouvement du 22 mars? Sans doute pas du 68...! Une enquête est urgente sur ce point.


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