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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 00:09

Ma chronique d’hier était écrite lorsqu’Henry-Pierre m’a envoyé son recueil de Nouvelles accompagné d’un mot pas tapé machine comme me l’écrivait madame Chadozeau. link 

 

Henry-Pierre Troussicot, bien que né à Saint-Georges-de-Poitindoux, c’est un gars de la Mothe-Achard, un grand pour moi, par la taille et par l’âge, on ne s’est donc pas beaucoup connus. Ses frères, Gervais et Jack, même s’ils allaient à la laïque, furent mes copains, Gervais surtout avec Dominique Remaud l’aîné du boulanger P’tit  Louis. Nous nous sommes retrouvés par l’entremise de ce foutu blog et, de temps à autre, lorsque j’évoque le pays Henry-Pierre fait un commentaire. Mais le bougre n’a pas qu’une corde à son arc, certes il écrit et j’ai publié l’une de ses nouvelles link mais surtout il peint depuis plus de 40 ans : huile, aquarelle et gravure et il va exposer ses œuvres au Musée de la Roche s/Yon de novembre 2011 à janvier 2012. Un critique a écrit de lui « Troussicot peint ce que depuis toujours il a appris à voir ; choses insignifiantes qui se montrent à qui sait regarder… mais fuyant toujours le pittoresque exhibitionniste ou le lyrique bucolique. C’est le conquérant de l’ancien monde que l’on croit mort et inhabité, dans lequel ce qui ne change pas est oublié, ce qui demeure est dépassé et ce qui nous entoure est invisible… » FT. Vous pouvez aller voir sur un espace « gravures » voir ses estampes à l'eau-forte  http://www.alittlemarket.com/boutique/achpt

photo-Vendee.jpgJ’en reviens à l’écriture et vous proposer deux extraits ( vous aurez l’intégrale lorsque les nouvelles trouveront un éditeur) de la nouvelle d’Henry-Pierre « Fermage à Grambois » car elle rejoint ma chronique d’hier. Bonne lecture !

 

« Les terres sont bonnes sur ce plateau, au-dessus des méandres de la petite rivière de la Rochette.

Les 38 hectares de la métairie de Grambois sont entièrement sur ces terres, sauf quelques landes, à flanc du coteau, dans la partie la plus à l’ouest, en face de la Commanderie. Les genêts y sont nombreux, en buissons touffus et d’avril à juin, tout ce discret territoire est illuminé par l’or de leur floraison. C’est là qu’on y coupe de grandes ramées pour confectionner les balais de « peune » pour la souillarde ou les écuries. En septembre ou octobre, ceux « qui connaissent » y ramassent les coulemelles à larges ombrelles. Ce sont pour les gens de chez nous, qui les baptisent potirons, le nec plus ultra du champignon. Il faut dire que l’appétit de ces champignons pour le beurre ajoute, à leur suave parfum d’herbe et de bois, le bon goût de friture.

Ce sont, à tout casser, quatre hectares de cette friche où l’on fait paître le troupeau de moutons.

Le reste de la ferme se partage à peu près par tiers, en pâturages gras pour les vaches laitières et bestiaux d’engraissement, en terres cultivables de denrées pour les « pensions » pour l’hiver, choux, betteraves fourragères, colza, etc. la dernière partie est réservée aux céréales, blé, avoine et un peu de sarrasin. Ces affectations ne sont, bien sûr, pas immuables, le père Rigaudeau maintient le principe d’assolement qui lui vient des générations passées et qui lui convient parfaitement dans les faits et dans l’esprit.

Dans les années 20, on ne parle peut-être pas de « polyculture-élevage » et pourtant, on y est à plein et on s’en porte bien.

J’allais oublier les 40 ares de vignes produisant le vin de l’année ; du Gaillard rouge, un vin assez précoce d’une bonne tenue que les voisins apprécient, à ce qui se dit…

A vol d’oiseau, la mer est à moins de 10Kms de ce côté de a commune. Le vent de noroît qui ne trouve aucun obstacle sur son passage vous amène, par temps agité, toutes les senteurs marines de l’Atlantique. Les embruns iodés de Sauveterre ou de la Gachère ou les violents effluves de goémon des rochers de la corniche de Sin. Par temps chaud, ce sont des émanations de térébenthine qui se propagent depuis les pins et cupréssus de la forêt d’Olonne.

La proximité de l’océan fait que les gens d’ici sont ouverts aux autres et, en même temps d’une forte indépendance. Aux beaux  jours d’avril, entre labours de printemps et gros travaux de fenaisons et moissons, il arrive de voir la jument attelée au char à banc conduire la famille sur les grèves de la Sauzaie, à la pêche aux berniques, aux bigorneaux et aux balleraisses, ce qui peut se reproduire avant les vendanges, si à l’été de la St Michel a la bonne idée de perdurer.

Ces escapades sont un rare privilège, bénéfices utilitaires, certes, mais également, divertissement de grand air qui, sans le savoir, ne peut qu’ouvrir l’esprit et peut-être l’imagination vers d’autres horizons.

Horizons inconnus, à des populations aux regards limités, à longueur d’année, aux haies de leurs arpents.

                                                 ****************************

 

Malgré son handicap, Léon Rigaudeau exploite en métayage la ferme de Grambois, à la suite  de son père qui la tenait  de son propre père et, comme ça, depuis combien de générations ?

 

(…) Contrairement à l’ensemble des amenages de la commune de St Hilaire des Landes, possessions des aristocrates ruraux, de « monsieur de… », « Grambois est la propriété de monsieur Leroy, autant dire un roturier, malgré une assez conséquente fortune, qui demeure à Longeville, à plus de cinquante kilomètres de là. Léon Rigaudeau n’a jamais appelé monsieur Leroy « not’maître » ni accroché des Monsieur le marquis ou Madame la comtesse à son patronyme. C’est une forme de dignité qui lui  est accordée. Dans la commune, comme presque partout alentour, toutes les « exploitations », sans exception, grandes ou petites, sont sous le régime du métayage.

 

Je ne saurai dire pour qu’elles raisons, sans doute pratiques, dans le courant de l’année 1930, le propriétaire de Grambois propose à Léon Rigaudeau de passer de métayage à fermage. Avec cette forme de contrat, le paysan n’aurait plus à partager toute sa production de céréales, animale, beurre, œufs, volaille, exploitation de bois, etc. par moitié, une pour le propriétaire, l’autre pour lui, très ouvent sous l’œil soupçonneux d’un régisseur tatillon… Désormais, le fermage allait permettre de récolter les fruits de son travail, d’œuvrer pour soi près avoir payé la location fixée, une fois pour toute, par bail signé et enregistré. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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