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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 00:00

 

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Les Hennuyers qui, comme chacun sait, sont les habitants du comté de Hainaut, appréciaient le vin du « vignoble » français plus précisément, vers 1300, les « vins de Paris » dénomination recouvrant les 30.000 ha des vignes de ce qu’étaient les départements de la Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne. Comme le note Charles-Louis Binnemans « La soif wallonne n’a jamais été dédaignable » Tout le monde se régale « les nobles, et leurs hôtes princiers qui dégustent puissamment en leurs fêtes à Mons ou à Binche » Les moines de toutes obédiences qui se fixent une règle « au demeurant tonique pour leur vocation hospitalière, d’un bon litre par jour, et n’en concèdent qu’un demi aux religieuses. Comme toujours les bourgeois se distinguent tants ils sont « experts à discerner les appellations dans leur authenticité » Restait aux paysans « les joies du petit vin local de Saint-Brixe à Tournai. » qu’ils appréciaient au cabaret dont un édit interdisait l’accès à leurs épouses... Le vin circule donc facilement à pleins tonneaux mais aussi en muids, en setiers, en lots, en queues, en poinçons, en pipes en ce plat pays où le charroi est facile. « La navigation, axée sur l’Escaut » contribue à un important trafic de transit et de répartition locale. 

Mais comme souvent les « séductions se multiplient, et le progrès façonnant les mœurs, les habitudes de consommation changent » et de nouveaux fournisseurs de terroirs plus favorisés par la nature apparaissent jouant de « leurs arômes, attractifs sans doute puisque le client goûte et suit bien. » Les nouveaux venus sont « les crus de Bourgogne, Volnay, Pommard, Beaune » mais aussi les Arbois, les Auxerre et bientôt les marchands embarquent bientôt au passage à Reims des vins qui « profitent de la nouvelle vague, de la nouvelle vogue. »  Le catalogue se gonfle donc et « à la fin du 15ième siècle apparaissent les vins de Champagne. Ils ne s’appellent pas encore ainsi, mais bien « vins de la Montagne » ou « vins de la Rivière » Ce sont alors des vins rouges d’Ay « en attendant la prise de pouvoir par les bulles blanches, au moment où l’on constatera que le nom de « Champagne », terre ingrate, sèche et pauvre, est réellement porteur... »

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L’autre fleuve frère La Meuse, « abreuve Liège » même si sur sa rive gauche bien exposée mais peu gâtée par le climat « les vignerons s’obstineront longtemps » à y faire pousser de la vigne. Mais « si les coteaux sont chargés et généreux parfois, la vendange passe souvent à côté de la séduction. Elle se boit, mais le négoce, qui se sert du fleuve vers l’aval ou vers l’amont, étale un choix tôt varié et de plus en plus concurrentiel ». Qui un jour écrira une Histoire des fleuves et du vin ? Le rôle déterminant du commerce sur la notoriété des vins. Selon l’auteur, «  pendant des siècles à Namur, on a dit, lors d’une petite soirée où des amis se retrouvent au coude à coude pour lever le verre : une « réunion de Bourgogne » et d’ajouter qu’à Liège encore aujourd’hui l’expression à toujours cours entre amateurs. Sambre et Meuse, cette addition sonne à nos oreilles comme les clairons du régiment mais au confluent de ces deux fleuves « les Bourgogne Pinot noir étaient les favoris » On se les disputait et l’auteur rapporte l’anecdote relatée par les historiens qu’en 1278 « les Dinantais profitant des querelles locales arrêtèrent à leur profit un envoi de vin d’Auxerre, 33 tonneaux passés par Mézières pour approvisionner Namur. »

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