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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 00:09

tontons127.jpg

 

Comme Francis Blanche dans le sketch cultissime avec Pierre Dac, le sar rabindranath duval, je pourrais répondre du tac au tac « je n’entends rien par là ! »


Mais comme il me reste encore un zeste de sérieux je cite Michel Bettane :


« Il est à la mode aujourd'hui de détourner le sens des mots ou de l'ignorer, ce qui est moins grave, pour frapper l'opinion. Qu'entends-tu cher Jacques par vin nature quand tu appliques les mots aux deux vins à « haute expression » (voilà les mots justes) « flingués » (pas de blessure grave au demeurant) au cours de cette dégustation. » *


Ma réponse pourrait se contenter du simple constat que je n’ai rien détourné du tout, et surtout pas le sens des mots, je me suis contenté d’écrire que « JM Quarin n’aime ni les vins nature c’est son droit, ni les financiers incultes au goût du vin… ». L'humour n'est pas aussi le fort de certains balourds de la LPV mais ce ne sont que de grands amateurs de vin il ne faut pas trop leur en demander.


Comment aurais-je pu qualifier de nature 2 vins, de si haute expression qu’ils fussent,  car je n’en sais fichtre rien ?


« Pour ma part je suis très à l’aise : je n’achète ni les uns ni les autres, mon bonheur est ailleurs… »


Je ne les ai donc ni achetés, ni bus, et je ne sais donc pas de quelle chapelle ils sont ?


Mon esprit moqueur se contentait de vanner JM Quarin qui goûte que très modérément qu’un cuistre de mon espèce conteste son savoir-faire d’éminent goûteur de vin.


Passons à ce qui m’est demandé par ce cher Michel : Mais qu’est-ce donc concrètement un vin nature pour moi ?


Sur le mode ironique je pourrais lui répondre « un vin qui n’a pas l’honneur des gazettes bien comme il faut… » mais là je risquerais de me faire accuser de bashing à l’égard des guides de grands amateurs pointus, éclairés…


Sur le mode de la vie que les institutions du monde du vin font vivre à certains vignerons je pourrais aussi constater que « ce sont des vins qui sont refusés à la dégustation, des laissés pour compte qui vivent leur vie dans le monde des Vins de France… ». Le dernier cas en date étant le je suis Viré de Philippe Valette link mais, là encore, ce serait m’exposer à des sarcasmes de la part de l’establishment.


Sur le mode vachard je pourrais aligner une démonstration pleine de mauvaise foi « puisque le blogueur de l’année pour la RVF est un fou de vin nature, c’est un vin vanté par la vieille dame permanentée via Sylvie Augereau… » mais je n’irai pas jusque-là dans la mauvaise foi.


Le seul mode que je connaisse sur cet espace de liberté c’est le mode personnel, car je ne suis adepte ni de la dégustation, ni de la notation, et moins encore des commentaires qui vont avec.


Je bois.


Pour vanner Michel Smith, que je vannerai mieux demain, avec tout l’orgueil qui est mien et une fausse-modestie surjouée, je me complais depuis toujours et à jamais dans l’ignorance.


Je bois du vin, loyal et marchand qui a payé ses droits de circulation hors toute chapelle, oukase, coterie ou cercles d’initiés triés sur le volet.


Ce vin je le découvre au gré de mon baguenaudage parisien chez des cavistes, au restaurant, chez des amis ou bien lors de périples dans la France profonde des terroirs.


S’il me plaît j’y fais parfois référence dans mes chroniques ; sinon je n’en parle pas : mes goûts et, plus encore, mes dégoûts, n’ont qu’un très faible intérêt pour mes lecteurs.


Dans la palette des vins que j’achète, il se trouve des vins qui proviennent très largement de la mouvance des vignerons que l’on classe commodément dans la catégorie des vins nature. Donc, les vins nature que j’achète sont des vins que j’aime : et c’est pour moi la meilleure réponse que je puisse te donner cher Michel Bettane.


Je les reconnais comme tels, n’en tire aucune gloire personnelle, et j’assume leur choix sans avoir à me justifier.


Pour autant je n’aime pas le vin nature en général, ni tous les vins nature en particulier, j'en achète sans pratiquer un quelconque prosélytisme, ni aucune ségrégation, en réponse au bashing des détracteurs de ces vins.


Comme je l’ai souvent écrit ici je ne mêle pas mes goûts personnels à l’analyse et au regard que je porte sur le secteur du vin, et tout particulièrement à son économie.


D’ailleurs, sans trop insister là où ça fait mal, l’échantillon sur lequel les critiques de vin exercent leur art est fort restreint par rapport à la réalité de la production française. Alors les batailles picrocholines à propos des vins nature, qui ne sont que des confettis de l’empire, me semblent bien dérisoires. Il est des consommateurs pour les acheter et les boire, grand bien leur fasse et, qu’on le veuille ou non, laissons faire le temps. Rappelons-nous les bio-cons !


Quant à la dénonciation du bashing que subirait les vins de Bordeaux de la part des Languedociens, je ne vois pas ce que ma faible part de voix viendrait y faire. Mes amis bordelais, j’en ai beaucoup, sont assez grands pour se défendre, ils n’ont pas besoin d’un allié aussi encombrant que moi. Ce n’est pas le sémillant Hubert qui me démentira.


Donc ma définition, qui n’en est pas une, des vins nature, est sans doute une approche simpliste, primaire, personnelle, mais elle est en phase avec un mouvement qui déplaît car il remet en question le modèle dominant, sécurisé et correspond à une tendance qu’il serait faux de réduire comme étant portée que par une poignée de bobos urbains.


Pour autant l’acte de boire n’est pas pour moi un combat. Je n’ai que peu de goût pour les rebelles en chaise longue mais je suis attentif à ceux de nos vignerons qui doutent, se posent des questions, cherchent à sortir du prêt à produire. Leur voix porte peut, sauf médiatisation exceptionnelle, aussi bien dans les enceintes officielles que dans la presse. Certains se revendiquent du nature, du biodynamique, du bio, d’autres pas et peu me chaut, au salon rue89 du sémillant Antonin, nouvelle coqueluche de la RVF, les présents n’arboraient aucune étiquette mais proposaient des vins de cette mouvance responsable et bonne vivante. Loin des bandits-manchots du vin que dénonçait Hervé Bizeul lors d’un Tasting bordelais. link


Récemment j’ai fait mon coming-out en avouant que : « j’ai mes têtes mais je ne vous dirai pas lesquelles » link 


Il est des gens que je ne fréquente plus. Pendant très longtemps, fonction oblige, je fus un garçon fort civil et j’ai subi le voisinage d’une cotriade d’imbéciles heureux. Blogueur j’ai fait le tour de la petite planète des scribes du vin. Je n’en suis plus. Vieux monsieur indigne je ne fais que ce qui me plaît, je ne rends de compte à personne et bien évidemment je ne donne aucune leçon à qui que ce soit. Parfois je raille un chouïa des importants un peu trop voyants ou des cireurs de pompes trop obséquieux ou venimeux mais nul n’est obligé de me lire.


Je chronique chaque jour sur mon espace de liberté au gré de mes envies et de mes humeurs, ne détient aucune vérité tout en restant fidèle à ce qui m’a construit. Mes valeurs que je cherche à partager avec mes lecteurs. C’est ma vie et, j’avoue que je l’aime bien.


Et plus dure sera la chute, c’est d’autant plus vrai pour cette chronique, alors sur le mode plaisantin, qui est trop souvent le mien, j’affirme qu’un vin nature est un vin qui me va bien au teint


PS : flingués c’est au sens des Tontons Flingueurs dont les dialogues sont d’Audiard, cher Michel, on y défouraille sec avec humour et sans dégâts…


* Le commentaire de Michel Bettane sur ma chronique : « La pire dégustation de JM Quarin : la Grange des Pères et Gauby flingués mais pas si mal notés… »


« Il est à la mode aujourd'hui de détourner le sens des mots ou de l'ignorer, ce qui est moins grave, pour frapper l'opinion. Qu'entends-tu cher Jacques par vin nature quand tu appliques les mots aux deux vins à "haute expression"(voilà les mots justes) "flingués" (pas de blessure grave au demeurant) au cours de cette dégustation. Il n'y a pas que les premiers ministres ou les critiques incultes à employer le procédé, les blogueurs donneurs de leçon connaissent aussi le "truc". Par ailleurs je n'ai pas eu connaissance que tu aies mis autant de fougue à condamner le bordeaux bashing des pro Languedoc-Roussillon  lui aussi à la mode et tout aussi inculte que celui-ci ! Je ne doute point de la sincérité du compte rendu de Quarin qui m'interpelle autant que toi mais cela fait partie de notre fondamentale liberté d'expression. Et qui bien entendu peut être soumise à discussion, raillerie et blasphème! »    

 

Pompettes : Francis Blanche et Pierre Dac dans le Sar Rabin Dranath Duval Une vieille chronique de 2007 link


Ce sketch, devenu une anthologie de l'humour, a été créé par Pierre DAC et Francis BLANCHE en Janvier 1957, à l'occasion du 10ème anniversaire du music-hall "Les Trois Baudets". La version la plus fameuse sera enregistrée en 1960 à Lyon au cours de l'émission "Musicorama" de Europe N° 1. Juste avant de passer en scène, Pierre et Francis sortaient d'un gueuleton particulièrement "arrosé", d'où les fous rires et certains trous de mémoire devenus  célèbres, à écouter absolument ICI link

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Denny 23/01/2015 14:53


Moi j'aime le Vin Naturel pourqua' cest de mouvemont.


J'aime pas de faire l'amour avec de choise que sa bouge pas!


Je prefere de faire l'amour avec une famme vivent et imperfet que de faire l'amour avec de sexi doll, me "parfait".


 


 


 


 


 

Luc Charlier 23/01/2015 13:44


Tiens, j'ai lu un prénom que je connais. En anglais, on dit "given name". Or, c'est celui que m'ont donné mes parents. Tout le monde ne peut pas s'appeler Ignace. Souvent, les gens qui utilisent
beaucoup de "franglais" sont ceux qui ne parlent absolument pas l'anglais et, en même temps, manient assez mal le français. Le meilleur exemple en est: un sweat-shirt prononcé comme un
SWEET-shirt. Mais passons. Une langue, cela s'apprend, surtout si elle n'est pas celle de votre région natale. Vous allez ajouter, car vous êtes taquins: il y en a même qui n'ont appris que cela!
Suivez mon regard. Moi, je serais plutôt Bashung que bashing, pour être franc. Néanmoins, est-ce veulerie ou présomption, je laisse aux linguistes l'honneur de le dire, il me semble que je peux
émettre un avis, voire même le donner, car je ne suis pas pingre, je n'ai pas ce défaut-là. Bashing pourrait se traduire par "dénigrement systématique" quand il s'agit de paroles ou d'attaques
purement verbales, et par "harcèlement" quand on passe aussi aux actes. Mais bon, ce n'est pas un diplomé ès lettres qui vous parle, tout juste un "estranger qui fait du vaing' ". J'en profite
pour signaler que, même pour un natif du pays du roi des cons", un Belge prend la majuscule. Par contre, "je suis belge" prend la minuscule, car c'est un adjectif qualificatif employé comme
attribut, comme "je suis méchant" ou "je suis con", justement. 

Bettane 23/01/2015 13:33


On avait bien compris mon cher Jacques que ce titre était un copié collé! Mais c'est en cela que réside l'astuce pour quelqu'un qui sait comment utiliser les mots et les titres....Mais moi aussi
sans doute je succombe à la mode de la théorie du complot....

jacques 23/01/2015 10:54


bashing  et autres "anglicismes" ,
je croyais qu'on parlait français en France. Comme les québecois le font, battons-nous pour le français, c'est un belge qui le dit !!d'acord Luc ???    Jacques

Aredius 23/01/2015 10:42


Un vin nature est pour moi celui qu'on buvait chez ma grand-mère à Excideuil en Dordogne. Il venait "de la terre" de Monplaisir. On allait de tirer au fut dans la cave creusée dans le calcaire
sous la terrasse, cave qu'affectionnaient les escargots qui vivaient aussi dans les bordures de buis. Escargots que ma grand-mère préparaient avec une farce délicieuse. 


 


Aujourd'hui, productivité agricole oblige, la vigne, les arbres fruitiers ont été arrachés. Et personne ne prépare plus les escargots.


 


Mais les corneilles tournent toujours autour du château où a vécu le troubadour. Et on entend les cigales en été.


 


A 27 km au nord, rien de tout ça. C'est le Limousin. Le schiste et le granit.


C'est ça le nature et la nature.


 


Au reveire


 


P.S.


A Nantes, c'est ma première visite à Liré (mon petit Liré, je fus aussi impressionné qu'au forum romain !) dans un caveau, les verres sur les barriques, le doigt du vigneron qui enlève les toiles
d'araignée puis nous sert à ras bord. Sans doute pour qu'on puisse en même temps tester notre degré d'imprégnation alcoolique. Il paraît qu'on fait ainsi sur les bateaux de la Royale.

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