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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 00:09

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Un jour gris, en feuilletant vaguement les feuilles mortes du web, je suis tombé sur une envolée d’un grappilleur bien connu à propos d’un projet visant à créer « un site en chinois qui reprenne les principaux textes de nos meilleurs critiques » qui m’a laissé songeur. En effet, ce saint homme, en une tournure d’esprit qui m’étonnera toujours, s’emportait avant même d’avoir tenté d’agir : « Mais on n'aime pas les idées simples, et on va avoir 40 fonctionnaires sur le dos qui exigeront 50 réunions totalement improductives pour nous lister des arguments byzantins et n'avoir qu'un regard suspicieux sur ce qui devrait enthousiasmer tout le monde du vin ! » J’adore les on, c’est rond et c’est d’un vide très pratique qui enveloppe tout et rien.

 

Moi qui me suis vu accoler, après mes écrits iconoclastes, l’étiquette infamante de « haut-fonctionnaire parisien », solidaire de tous les sans-grades enfournés dans le même sac d’infamie, je me suis interrogé pourquoi tant de haine chez certaines gens du vin contre les fonctionnaires de ce vieux Ministère de l’Agriculture ? De plus, fort de ce qu’écrivait à mon propos nos amis de Harpers dans « First Berthomeau, now it’s plan B ... Cependant, une décennie plus tard, alors que la période visée par le rapport touche à sa fin, Berthomeau doit se demander pourquoi il a consacré presque une année de sa vie pour écrire ce plan. La plupart des perspectives font de 2009 l’annus horibilis du vin Français dans ce qui a déjà été une décennie châtiment. » je me sens investi d’un droit de réponse en défense de leur honneur outragé.

 

En effet, quelle est la responsabilité de ces fonctionnaires dans l’émergence puis le développement de cette « décennie châtiment » ? Bien sûr, comme toutes les machines administratives, lourdes, paperassières, tatillonnes, le petit monde des fonctionnaires porte sa part de responsabilité. Mais, rapporté à ce qui s’est passé pendant 10 ans, elle me semble dérisoire et peu décisive. Alors faire d’eux des étouffeurs d’initiatives privées, des fossoyeurs du dynamisme des entrepreneurs, des ratiocineurs, des emmerdeurs, des empêcheurs de décider, ceux par qui l’immobilisme arrive, c’est leur faire trop d’honneur. Que certains trouvassent commode de les installer dans la position de boucs-émissaires je le comprends aisément car ça les dédouane – sans jeu de mots – de leur propre responsabilité. En écrivant ce que j’écris je ne défends pas ma « corporation » – où je suis, si je puis m’exprimer ainsi, un corps étranger – mais je me permets de remettre les pendules des ouvriers de la 25ième heure à l’heure. C’est trop facile de charger la mule – voir plus bas – lorsqu’on se contente du pur magistère des mots. Gonflé certes mais surtout enflé comme des bulles éphèmères.

 

À ce stade je pourrais entonner mon petit couplet sur les Nouveaux Fermiers Généraux collecteurs de CVO mais je m’abstiendrai car je ne vais pas prendre des coups pour le compte de gens dont les propos me gonflent. Parker n’est pas allé demander des subventions pour faire du Parker. Il a fait du Parker. Alors, au lieu de chouiner, de couiner, de taper à bras raccourci sur ces « cons » de fonctionnaires qui ont la vue basse et l’esprit tordu, prenez-vous par la main mes petits loups, allez frapper aux bonnes portes, présentez vos projets, défendez-les auprès des responsables professionnels qui détiennent les beaux euros. Ce ne devrait pas être très difficile pour des gens qui ont autant d’entregent que vous. Cependant permettez-moi de sourire un instant sur ce beau sujet de l’influence, où je serai sans aucune indulgence, pour constater que le temps des banquets est depuis longtemps terminé. Certes se congratuler entre soi en des lieux idylliques, faire comme si le monde tournait autour de vous alors que tout le monde s’en fout, est fort sympathique mais sans aucune efficacité. Personne ne vous attend, ne nous attend, alors continuons gaiement notre chemin.

 

Pour ne rien vous cacher cette chronique, dans sa forme initiale, avait pris la forme d’une opérette leste. Cependant, la nuit portant conseil le matin je me suis dit mon petit, certains vont se reconnaître et tu vas te faire une foule d’ennemis. Au panier mon livret mais je ne puis m’empêcher d’en extraire une seule réplique : celle de la baronne des exclus bien connue qui ironisait, seule au milieu d’un monde viril, sur le comique de la situation et lançait à la cantonade – sacré Cantona – « vous devriez aller faire la manche dans le métro ça vous rapporterait gros... » Pour vous dédommager de ce manque à gagner je vous offre cet extrait de la Périchole d’Offenbach avec le célèbre duo « En avant, vite, vite... Ma mule va grand train... Mais n'allons pas si vite... N'allons pas si grand train...» Tout un symbole ne trouvez-vous pas. Après cela vous vous imaginez bien que je n’aurai pas l’audace d’aller offrir mes services à l’érecteur du projet. J’ai déjà beaucoup donné sur plein de sujet avec que de belles paroles en réponse...

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

herve bizeul 05/01/2011 13:53



En tout cas, je confirme : deux heures pour faire un DAA électronique qui prenait 5 mn à la main, des heures pour trouver le bon n° d'accises du correspondant (l'entrepot, on veut plus) et coup
de fil obligatoire à quatre ou cinq douaniers pour trouver le responsable, les IGP du Roussillon inexistantes, etc, etc.


Vive le progrès...


Au final, ce sera encore moins d'export, les petits se décourageront (impossible de faire ce genre de truc après 7 heures de taille...), et monsieur Vranken pourra se faire aussi gros que Castel
(qui vient de se payer le pôle viti de la Maaf...). Vive la concentration ! Et bonjour le look de la campagne dans vingt ans...



irène tolleret 04/01/2011 09:53



@Luc charlier : ce formulaire électronique est en test depuis 18 mois en France, et est devenu obligatoire au 1er Janvier dans l'UE à la demande de la France. La seule faute de l'administration
sur ce sujet, c'est de discuter avec les élus de la viticulture qui n'ont manifestement pas envoyé une palette à l'export depuis longtemps. Notre problème ce n'est pas les fonctionnaires de
l'agriculture, c'est l'incompétence technique concrète de ceux qui nous représentent. Un tel système informatique n'a pas été mis en place dans le dos de la viticulture, il y a eu des réunions
avec des élus qui n'ont rien dit, est ce parce qu'ils n'y comprenaient rien ? Je pense  en effet que si on prend tous les présidents et fermiers généraux, ceux donc qu'écoute le ministre,
qui dépensent nos cotisations, qui influent les lois, et qu'on leur demande de faire une déclaration de récolte, un DAE sur gamma, ils ne sont pas capables de le faire. Méprisants, ils vont dire
que c'est du détail et qu'ils se concentrent sur la stratégie de la filière, sauf que ces détails foutent en l'air notre compétitivité, et qu'à force de vouloir maintenir des baronnats locaux, on
a une accumulation de débilités dont l'administration n'est pas responsable, les responsables sont les élus de la viticulture autour de la table. Gamma en est un exemple (il ne fonctionne qu'en
haut débit, c'est bien connu qu'en France toutes les campagnes reculées ont le haut débit...), les capsules CRD AOC et IGP en sont un autre très bon exemple (vu que les mentions légales sont
écrites sur l'étiquette, à quoi cela sert de les avoir différentes sur le haut de la capsule?). Pour revenir sur le sujet de la haine des gens du vin vs les fonctionnaires, le système de
représentation et de discussion avec le ministère est tellement opaque que les vignerons n'en voient que les résultats, du coup ils pensent qu'il y a une volonté de tuer les petits agriculteurs.
Le rôle joué par nos représentants n'est pas assez mis en avant par le ministère...



Luc Charlier 03/01/2011 21:48



Une réponse brêve et somme toute modérée à l’incidente de Jacques Sallé, et puis basta : je ne suis pas sûr que mes états d’âme
sur ce sujet intéressent grand monde. Je suis toujours prêt à accumuler des octets pour défendre une cause, pas pour justifier une vindicte en partie personnelle.


Tout d’abord, même dans les pires familles, quand le linge est trop sale, on ne le lave pas. Ici, dans le différend qui m’oppose, il
ne s’agit pas de linge à mes yeux, ni même de torchon. On est au niveau de la serpillère. Donc, no comment.


Ensuite, je ne pense pas qu’il y ait une solidarité « belge » en général.


En outre, pour autant que je connaisse les CV respectifs, il existe entre nous des seuils géographiques, sociaux, culturels et
politiques infranchissables. Le passé de PV s’est déroulé entre la principauté de Liège et la partie du Limbourg qui lui est limitrophe ; le mien, dans la partie flamande du Brabant et la
couronne bruxelloise. Nous sommes issus de milieux socio-culturels qui n’ont aucun point de congruence. Ma formation est très différente et ma conception de la vie, des autres et du monde aussi.
Donc, rien ne porte à rapprochement, quand bien même il n’y aurait pas eu contentieux.


Et je fais partie de ceux qui ne croient ni aux anges ni aux démons : je n’ai jamais rencontré les premiers, et je tente
d’oublier ces derniers. Ils sont pourtant nombreux.



Jacques Sallé 03/01/2011 19:28



Je croyais à une certaine solidarité entre vous autres les Belges! Méphisto n'est pas aussi diabolique qu'on le dit... D'autant que les Anges n'existeraient pas sans les diables.



Luc Charlier 03/01/2011 18:28



Oui, sauf que ... une inimitié solide nous unit ! Sans sous-estimer ses qualités – elles me manquent toutes – je déteste tout ce
qu’il est. La planète se porterait mieux sans lui, enfin, la planète telle que je la souhaite. Vous voyez que je reste « fair-play ».



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