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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 11:00

« Oglio gli indifferenti » c’est le titre original d’un livre d’Antonio Gramcsi. Je l’ai repris pour titrer ce post où je me contente de relayer la colère froide et salutaire d’Hervé Bizeul dans sa chronique « Après le feu » link qui faisait suite à «Grêle pour les uns, incendies pour les autres »link


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« Si l'on peut lutter, si l'on voit un avenir, alors tout est possible, rien n'est vraiment douloureux, même si la situation est terriblement difficile.


Quand on vend mal ou pas du tout, quand on vend en bradant son travail, son terroir, son patrimoine, clairement en dessous des coûts de revient, depuis des années parfois, et qu'en plus une telle catastrophe vous tombe dessus, cela doit être terrible. Ce n'est pas mon cas, loin de là. Et je suis donc très mal placé pour en parler. Mais il y a aujourd'hui nombre de situations désespérées et je regrette que certains ne les décrivent pas davantage. Dans le plus terrible malheur, les paysans seraient alors moins seuls. Je regrette aussi, en fait je ressens même ça comme une offense, le silence de la presse spécialisée. En vacances au lieu d'être en reportage, bien au frais, le cul dans la graisse, les journalistes préparent leur longue complainte de la « mort de la presse » ayant bouclé leur « spécial foire au vin » dont les ficelles sont vraiment trop grosses... Mais ne seraient-ils pas plus à leur place dans l'entre deux mers, au chevet des vignerons blessés, pour raconter leur détresse, climatique et économique, (eux qui vendent le tonneau de Bordeaux au prix d'il y a...26 ans !) au lieu d'être à quelques kilomètres de là parfois dans la maison de vacances même d'un cru classé 1855 où ils sont « invités » ? Et ces mêmes « 50 marques » sur qui l'argent dégouline depuis dix ans, ne se grandiraient-elles pas en montant un petit fond de solidarité, en envoyant un peu de personnel pour aider, en garantissant auprès des banques quelques prêts, collectivement ou mano à mano ? Bon, j'arrête là, je vais encore me faire des amis ou me faire insulter de la pire façon : « idéaliste, va... »

 

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commentaires

tchoo 10/08/2013 13:54


Rassurez-vous Hervé et Jacques on est certains à penser comme vous.


Mais il afaut aussi dire pour les viticulteurs de l'E2M que ceux qui ne sont pas assurés, on aussi quelques torts, étant donné qu'il s'agit du 4ème épisode de grêle sur ce secteur depuis dix ans,
et que le CG33 donnait une aide pour payer les primes d'assurance.


Tout en sachant , que dans ce cas, l'assurance et l'indemnisation financière ne fait pas tout, et ne résout pas tout non plus, et donc que pour tout ce reste la solidarité est importante

olivier de moor 10/08/2013 13:04


Etre paysan, vigneron, agriculteur, c'est savoir qu'on ne détient jamais rien
véritablement pour ce qui est de sa récolte. Le fruit de son travail peut s'évaporer en quelques secondes.


Les protections diverses affichées par ceux qui s'autorisent à les promettre, je n'y
crois pas. C'est la triste et redoutable condition de la personne qui travaille la terre. Regarde les peintures de Bruegel l'ancien, les photos de l'amérique des années noires de Walker Evans ou
Dorothea Lange, "la vie moderne" de Raymond Depardon, on n'a pas besoin de sous-titres... 


Et puis pourquoi les journalistes (surtout dans la presse du vin) parleraient des
laissés pour compte, de ceux qui n'ont pas de chance, qui peinent vraiment.


Et puis franchement l'histoire a rarement démontré que les riches aidaient les
pauvres... Dans notre vie moderne ce serait plutôt même de moins en moins, non ?


Pour en revenir au "paysans" modernes, à notre vie moderne, c'est que justement le
sommet de cette pyramide n'a même plus le devoir suivant qu'avait le seigneur...


"Ce qui lie le serf à son seigneur se trouve à la base de la
pyramide féodale. Cette
fidélité, comme tout lien féodal, a une contrepartie : le
seigneur lui doit protection."


 

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