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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 11:00

C’était au temps de Nicolas qui ne buvait pas, ce qui pour les gens du vin signifiait que l’ancien président de la République ne buvait pas de vin. Même si, comme toujours avec moi, l’intéressé ne m’avait rien demandé, j’étais monté au créneau pour prendre sa défense.


Vous le savez je suis un obstiné et j’aime bien taper régulièrement sur la tête de mon petit clou pour qu’il se plante bien droit. Certains me reprocheront de radoter, peu me chaut, la répétition permet très souvent de remettre les pendules à la bonne heure.


Si vous voulez bien vous en donner la peine, lisez ou relisez attentivement cette chronique du 16 août 2011 intitulée « Rappelez-vous Mendès lolo ! Du droit d’un Président de la République à boire ce que bon lui semble ! »link


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Nicolas Sarkozy, qui ne boit pas de vin d’habitude, était hier à Vouvray, où il a payé de sa personne pour goûter les crus d’un viticulteur. Photo AFP/Eric Feferberg

 

Il est de bon ton dans notre milieu du vin de railler le fait que notre Président ait consommé, dit-on – je n’étais pas présent à Châteauneuf-du-Pape – du jus de cerise lors de sa rencontre avec des professionnels du vin. Mais c’est son droit le plus strict. Au risque de passer pour un provocateur je trouve qu’il a fait preuve de courage en ne se soumettant pas à un geste pour simplement faire plaisir à ses interlocuteurs.

 

Pour autant,  cette abstinence, le disqualifierait-il en l’empêchant de porter sur nos problèmes un jugement serein ?

 

Pour moi la réponse est bien sûr non.

 

Quand à se pencher sur le pourquoi, les raisons de son choix j’estime que c’est une pure inquisition qui n’a rien à voir avec la sacro-sainte transparence.

 

Que notre Président se retrouve dans la catégorie majoritaire des non consommateurs absolus de vin qui est passée de 19% en 1980 à 38% à 2010 et que l’on prévoit à 42% en 2015 devrait nous amener à sortir de nos analyses à courte vue (chronique de demain)

 

Dans ma jeunesse Pierre Mendès-France, baptisé Mendès-lolo pour sa distribution de lait dans les écoles, s’est aliéné le vote de ceux qui lui reprochait sa croisade contre les bouilleurs de cru et a été vilipendé dans les campagnes. Pour autant, était-ce un mauvais dirigeant politique ? Il était l’élu d’un département normand où l’on ne suçait pas que de la glace et son combat était respectable.

 

Notre Président ne peut être taxé d’être anti-vin car il n’en boit pas. L’important pour nous tous c’est que lui-même et ceux qui se présenteront à la magistrature suprême comprennent ce nous sommes vraiment et ne se laissent pas seulement influencer par le lobby des hygiénistes. Nous sommes le fruit d’une Histoire, le vin n’est plus la boisson nationale, à nous de convaincre nos décideurs de la place nouvelle qu’il occupe dans nos sociétés urbaines déshumanisées. Gardons-nous de nous faire plaisir avec des facilités de plume ou de langage.

 

La colère est souvent bien mauvaise conseillère. Moi le premier il m’arrive de m’y laisser prendre. Mon ami David Cobbold me le faisait remarquer il y a quelques jours lorsque j’ironisais sur le nom d’un de mes détracteurs favoris. Il avait raison et je vais plus encore être attentif à garder au débat une certaine forme de tenue. Que nous fussions irrités, fâchés, exaspérés par la mauvaise foi de certains de nos adversaires, par la réceptivité des médias à leur argumentaire, je le comprends aisément mais pour autant gardons-nous de céder à la facilité, à l’emphase, aux arguments qui nous font tant plaisir mais qui desservent notre belle cause.

 

Comme nul ne peut me taxer d’être un thuriféraire de notre Président j’ajoute à cette chronique en défense que l’intérêt général n’a jamais été, et ne sera jamais l’addition des intérêts particuliers, mais la capacité que nous aurons à demander à nos hommes politiques d’énoncer des choix clairs qui nous permettrons de choisir en toute connaissance de cause et non à entendre des promesses, dont beaucoup ne seront jamais tenues. Comme je n’ai pas la vocation, ni l’envie d’ailleurs, d’énoncer ces choix pour notre secteur du vin je forme des vœux pour que ceux qui en ont la charge représentative le fassent. C’est le moins qu’on puisse espérer d’eux…


 

La chronique du lendemain 17 août 2011 : « Oui le buveur français va boire en moyenne de moins en moins de vin et ce n’est pas seulement la faute à la loi Evin » link


 

La conclusion de cette chronique :

 

« Quant aux gloses sur l'iniquité de la loi Evin, elles font plaisir à leurs auteurs mais comme la grande majorité de nos concitoyens électeurs ignorent ce qu'est la loi Evin nos élus, majoritairement urbains, penchent du côté des défenseurs de la Santé Publique. Je le regrette mais ce que je regrette encore plus encore c'est que la bonne méthode suivie par Vin&Société ne soit pas amplifiée par tous ceux qui font des moulinets. Arrêtons d'agiter des chiffons rouges qui ne servent que nos adversaires ! Nous sommes minoritaires, et Dieu sait que je sais ce que c'est d'être minoritaire, nous devons inverser la tendance par un travail lent et patient.

 

Enfin, je signale à certains approximatifs qu'Edonys attaque une décision  du CSA et non la loi Evin à propos de laquelle, puisque nous allons entrer dans une période électorale je dis Chiche ! Proposez à chacun  des candidats un texte en forme qui modifie la loi Evin sans rompre le principe constitutionnel d'égalité.

 

Je suis preneur d'autre chose que des rodomontades. Si je fais le compte  de mes chroniques sur le sujet depuis que mon blog existe : une bonne dizaine je n'ai pas de leçon à recevoir de quiconque et surtout pas de qui vous savez.

 

Se taper sur le ventre entre nous c'est bien agréable mais allez donc, comme je l'ai fait aux AG de l'ANPAA, dans les associations de lutte contre le Cancer ou tout bêtement à la rencontre de parents confrontés à l'alcoolisme violent de leur progéniture : notre discours passe difficilement mais il n'empêche qu'il faut le tenir et le tenir encore. Merci à madame Tarby et je souhaite à l'ami JM Peyronnet bonne chance pour que sa chaîne thématique Edonys voit enfin le jour...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

Patrick Baudouin 03/10/2013 21:48



Patrick Baudouin 03/10/2013 18:25


Je pense que tous ceux qui croient que la loi Evin n'est pas si méchante et stupide que cela ne se sont jamais retrouvés comme moi il y a quelques mois à travailler sur le vin avec une agence de
com pour essayer de trouver des visuels et des contenus publicitaires  sympas (c'était pour Interloire, pour les vins de Loire). Nous avons travaillé avec deux dictionnaires "agréés" comme
étant "dictionnaires des mots du vin", et tous les mots faisant appel à l'humour, à l'amour, à la convivialité, à la culture, au plaisir, qui ne figuraient pas dans les dicos, car pas
"techniques", ont été impitoyablement refusés. Et pour trouver un autre visuel qu'un clocher, des rangs de vigne, une bouteille et des verres, et des pros en train de faire semblant de déguster,
eh bien accrochez-vous ! Cette loi est totalement, dans son essence, inepte, elle rabaisse la communication sur le vin à la simple descritption technique d'une boisson alcoolisée : résultat
inverse de ce qui est affiché...exit la civilisation, la culture,....Non, pas d'indulgence pour une loi philosophiquement anti humaniste.

JACQUES BERTHOMEAU 03/10/2013 18:28



reste à écrire un texte acceptable et c'est possible mais avant la présidentielle de la profession c'était les droits de plantation... alors... 



Michel Smith 03/10/2013 17:30


Bref, buvons, votons...

Denis Boireau 03/10/2013 12:41


Pour avancer sur la question de la prohibition du vin, on peut lire le numero special "addictions" de la revue La Recherche. C'est globalement du cote des hygienistes, mais assez instructif.

peyronnet 03/10/2013 11:38


Merci pour ce rappel. Je pense en effet que Nicolas Sarkozy a bien le droit de ne pas boire de vin. Tant pis pour lui. Ce n'est pas lui, en tout cas, qui a inventé la loi Evin-Cahuzac, ni lui qui
a vendu la cave de l'Elysée. Sans parler de celle de la mairie de Paris. Rappelons que lorsqu'il était en fonction, il servait d'excellents crus à ses hôtes. D'autre part, je pense la loi
Evin-Cahuzac est moins nocive que l'interprétation qui en a toujours été laissée aux bonx soins des talbans en blouse blanche devant qui tous les ministres de la Santé, à quelque camp qu'ils
appartiennent, ont baissé leur froc. Et notre chère Marisol, qui avoue boire volontiers du chinon, n'échappe malheureusement pas à la règle. Bonne journée.

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