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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 00:09

« Pour changer cette région - et c'est ma pratique - c’est la maïeutique platonicienne :   il faut provoquer pour que les gens soient contre et ensuite, ils se prononcent favorablement » Tout Georges Frèche se cachait derrière cette phrase. Dans un article de la revue Persée  : « Languedoc-Roussillon, vivre en cacophonie » Jérôme Gastambide  rappelle qu’en avril 2004 Georges Frèche lançait « le Languedoc- Roussillon doit se lever. C'est la Septimanie qui ressuscite» Ainsi, près de la moitié du discours d'intronisation à la présidence du conseil est consacré à l'histoire de la région. Son auteur plonge dans le passé pour en extraire un ensemble d'images. L'heure est à la pédagogie, il s'agit de savoir d'où l'on vient pour dessiner l'avenir, et y laisser sa trace. »

 

Certes la Septimanie n’a pas vu le jour, en bon pragmatique Georges Frèche s’est    rallié à Sud de France, mais ce volontarisme, cette fierté assumée, ce désir de s’inscrire dans l’Histoire pour tracer les voies de l’avenir, expliquent grandement l’adhésion de la population et donne aux gens du Nord, aux élites parisiennes, les clés pour comprendre l’hommage rendu par les anonymes au Président de la Région disparu. Au temps de mes responsabilités au 78 rue de Varenne j’ai pratiqué le Grand Georges qui, comme tous les grands chênes, ne laissaient guère de lumière aux jeunes pousses, j’en connaissais donc toutes les facettes ce qui ne me prédispose ni à l’hagiographie, ni a un hommage posthume courtisan. Simplement, pour avoir traîné mes semelles de crêpe depuis presque 30 ans dans le vignoble du Languedoc et du Roussillon je dois à la vérité de mettre en avant que Georges Frèche au-delà de ses mots – et Dieu sait qu’on les aime là-bas – de ses outrances, a su redonner un élan, un cap aux hommes et aux femmes, vignerons ou non, de cette région qui en avaient bien besoin.

 

Alors ce matin pour le geste voici pour l’homme de la Septimanie :

 

- Un beau texte « Feu de Sarments » de Jean Lebrau « né le 20 octobre 1891 à Moux (Aude) où il est mort le 11 octobre 1983, est un poète et écrivain français.

Initié à la poésie par son compatriote Henry Bataille, Jean Lebrau a eu une carrière professionnelle anodine : attaché à Genève au consulat de France, attaché à la préfecture de l'Aude à Carcassonne, il était également propriétaire-viticulteur. Après une rencontre en Béarn avec Francis Jammes, le poète de Hasparren, fort de l'amitié de Joë Bousquet et de François-Paul Alibert, Jean Lebrau entre en poésie et devient le poète de la montagne d'Alaric, des vignes et du vin des Corbières. Il est élu mainteneur de l'Académie des Jeux floraux en 1942. Il laisse une production importante, pleine de finesse empreinte de sensualité. Jean Lebrau repose dans le cimetière de Moux. » Source Wikipédia.  img188-Lebrau

 

- Un bois gravé en 3 couleurs de Rochette Raymond. « Artiste peintre français, né le 25 mai 1906 au Creusot et mort le 26 décembre 1993 au Creusot.

Né aux frontières de la forêt morvandelle et de l’usine du Creusot, ses premières huiles représentent les paysages du Morvan, des scènes de la vie rurale et de nombreux portraits.

Dès son enfance, il est fasciné par l’univers de la métallurgie lourde. Du Maroc, où il réalise son service national, il rapportera des paysages lumineux, mais dès cette époque il écrit à ses parents « Je crois qu’il serait intéressant de peindre les hommes au travail, suant, rouges avec les énormes machines, la poussière et la vapeur ».

En 1949, (13 ans après sa première demande), il obtient l’autorisation d’entrer dans l’usine et d’y peindre. Rapidement accepté par les ouvriers, il les représente de plus en plus souvent, minuscules à côté des machines qu’ils dominent, ou en centre de tableaux. Pendant 70 ans, Raymond Rochette n’a cessé de peindre : un paysage, un visage, un fruit, des objets simples, tout fascinait son regard. Il décède en 1993 dans sa maison natale. » Source Wikipédia.  img189-septimanie.gif

Ces deux œuvres sont tirées de Septimanie une revue fondée en 1927 par le docteur Paul Duplessis de Pouzilhac (1882-1958). « Médecin des riches, des pauvres et des cheminots, et je me dépense également pour tous mes malades ; mais mon luxe, ma danseuse, c'est ma revue, c'est Septimanie. » disait-il. Candidat malheureux aux élections législatives de Narbonne en 1929 contre Léon Blum, cet homme de lettres, maurrassien, donc pétainiste, contribua à donner à sa ville de Narbonne « une belle existence artistique et littéraire grâce à sa somptueuse revue d'art Septimanie qui réunissait dans une présentation luxueuse et originale, les écrivains, les poètes et les artistes de la région. »

280px-Septimanie.jpg

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Luc Charlier 30/11/2010 12:03



Merci pour cette explication de texte, MPG. N’ai ni bac littéraire, ni bac philo. En fait, pas le bac du tout. Foutu matérialisme qui
me fait tout prendre au premier degré, comme un con que je suis.


A propos d’explication, quelqu’un peut-il nous donner celle concernant la mise en mouvement des lies par la marée à
St-Jean-de-Luz ? Ha, là, on fait moins l’histrion dans les chaumières, mes gaillards. (voir intrigant billet sur Egiategia)



M.P. 30/11/2010 11:40



"Enflammer la guarigue..."    Il est question de couleurs, ces teintes magnifiques que les vignes apportent en Automne....  


Félicitations pour ce blog... et la jolie poésie que vous sitez


 


MPG



Luc Charlier 30/11/2010 09:59



Merci pour ce très beau billet, Maître Jacques.


 


Un peu de provoc débloque souvent les situations et M. Frêche l’avait bien compris. Toutefois, je te garantis que les Catalans ne l’aimaient PAS du tout, même si certains autochtones et un petit nombre de « nouveaux
arrivants » (dont votre serviteur) avaient de l’estime pour son érudition et son perpétuel souci de faire bouger les choses. On peut discuter du sens qu’il donnait au mouvement.


 


Quant à Moux, au pied de la Montagne d’Alaric, signalons que cette  « vigne dont la
feuille enflamme la garrigue ... », ces Corbières donc, doivent à présent leur lettres de noblesse à ... un Flamand, Guido Jansegers, qui y a repris avec bonheur le Château Mansenoble depuis
1993.


 


Je noterai toutefois que ce n’est jamais la vigne qui enflamme la garrigue, mais plutôt l’inverse. Nos parcelles servent de coupe-feu
et il est rare qu’on les voie s’embraser. Elles constituent souvent une oasis de relative humidité au sein de la sécheresse estivale.



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