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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 10:00

Sale temps pour nos grosses légumes, le bon peuple ne sait plus qui écoute qui, il entend des bordées volées de grosses conneries proférées par ceux qui se prenaient pour des huiles  mais qui virent jour après jour au vinaigre. Comme le dit finement le palmipède déchaîné : « le micro était caché dans le buisson. »


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J’adore ces expressions désuètes : c’est une grosse légume qui désignait initialement un officier supérieur.


Le mot légume était autrefois féminin, il l’est resté dans cette locution.


« Leur père, le Granger, gros cultivateur, mi-paysan, moitié monsieur ayant, comme on dit, du foin dans ses bottes, était bien avec toutes les grosses légumes du canton […] »— (Louis Pergaud, Deux Veinards, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)


« C’est une grosse huile »


L'origine exacte de cette appellation argotique reste obscure.


Ce que l'on sait, c'est qu'à la fin du XIXe siècle, on disait « nager dans (parmi) les huiles » pour dire « fréquenter des personnes influentes ».


Ce qu'on sait également, c'est que cette appellation vient du milieu militaire où les huiles étaient d'abord les officiers supérieurs.


C'est pourquoi Cellard et Rey, dans leur Dictionnaire du français non conventionnel évoquent la possibilité d'une plaisanterie de haute volée.


En effet, chez les militaires, les galons sont aussi appelés des sardines, et, en dessous des généraux étoilés, plus le grade est élevé, plus le nombre de sardines l'est aussi.


Or, on sait bien que, dans leurs boîtes, les sardines (qui tuent le temps en se racontant des histoires sans queue ni tête) baignent dans l'huile. Autrement dit, plus le gradé est important, plus il a de sardines, plus c'est une huile. »


Reste « les gros bonnets » expression du début du XVIIème siècle qui fait allusion au bonnet carré, à quatre cornes, que portaient les docteurs, les ecclésiastiques, les juges et autres personnages dont le couvre-chef symbolisait l'importance sociale.


« … n’avait-il point remarqué une superbe truite qui se calait sous un rocher de la rive. Son coup d’œil l’avait soupesée : deux ou trois livres au moins, fameux morceau qu’il pourrait vendre facilement chez l’un ou l’autre de ses clients, fines gueules et gros bonnets du chef-lieu de canton. »— (Louis Pergaud, L’Évasion de Kinkin, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)


Souvenir de Louis Pergaud le roi des dictées écrites à la plume et à l’encre violette…


Les images associées à gros bonnets sur Google font plutôt références à des plantes assez plantureuses qu’aux légumes je suis allé quérir à Terroirs d’Avenir…


Leçon de choses : blettes, carottes, endives de plein champ, vitelottes, échalotes grelots, betterave Chioggia, navets violets, mâche sauvage récoltée dans les vignes de Julien Guillot...


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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