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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 00:09

Le choc des photos des ceps aurait pu suffire à me séduire et  à capter votre attention. Comme vous pouvez le constater, ils sont à eux seuls de vivantes œuvres d’art. Dans la lumière blanche d’un ciel pur, ce vignoble de Pyrgos, en Grèce, accroché aux Hautes Terres (150 à 250 mètres d’altitude) dans un sol volcanique de pierre ponce, sans argile ni matière organique, indemne pour toujours du phylloxéra, qui se voit tous les 70 à 80 ans régénéré par l’arasement des ceps. Conséquence de cette mesure radicale, leurs racines sont donc très anciennes : de 300 à 400 ans. Preuve que la vigne, liane vivace, peut sous des climats violents s’épanouir : ici aux hivers cléments 8-10°C succèdent des étés très chauds, venteux et secs. Ici elle forme des enlacements qui sculptent un réceptacle étonnant.

 Assyrtiko-vine.jpeg--------1.jpeg

Mais, si la beauté formelle de cette vigne est réelle, ce n’est pas pour elle et par elle que je suis venu mettre mon nez, qui n’est pas grec, dans un verre d’Assyrtiko by GAIA Wild Ferment. C’était en fin de journée. J’en avais plein les bottes. Je m’étais fait saucer sur mon vélo par une giboulée de mars. Alors j’avais pris le métro. Faisait lourd et je me sentais un peu perdu au milieu de ces Grands Crus du Monde proposés au Pavillon Lenôtre. Comme le disait mémé Marie j’ai alors rousiné (tourner en rond en ne sachant trop que faire) et puis j’ai vu le bras de Yiannis Paraskevopoulos tendant une belle carafe vers des verres assoiffés. Le liquide qu’elle contenait offrait une belle luminescence d’un jaune tirant sur le vert. Alors n’écoutant que mes instincts, sans me poser de questions sur le pedigree du vin et du faiseur de vin, j’ai tendu mon verre.

 Assyrtiko-grapes2

Le choc ! Trouver les mots pour exprimer ce que j’ai ressenti relève, plus encore qu’à l’ordinaire, de la mission impossible. Cette cuvée porte bien son nom : elle est sauvage au sens de nature sauvage. Comme si, dans la peau de Malaparte, j’arrivais par un sentier de chèvres et que je découvrais le cap Massullo : « Il y avait à Capri, en la partie la plus sauvage, la plus solitaire, la plus dramatique, en cette partie entièrement tournée vers le midi et l'orient, où l'île, d'humaine, devient féroce, où la nature s'exprime avec une force incomparable et cruelle, un promontoire d'une extraordinaire pureté de lignes, qui déchirait la mer de sa griffe rocheuse. Nul lieu, en Italie, n'offre une telle ampleur d'horizon, une telle profondeur de sentiment. C'est un lieu, certes, propre seulement aux êtres forts, aux libres esprits. Car il est facile de se laisser dominer par la nature, d'en devenir l'esclave, de se laisser déchiqueter par ces crocs délicats et violents, de se faire engloutir par cette nature comme Jonas dans sa baleine » Ritratto di pietra (Portrait de pierre), écrit à Capri en 1940.

 

Si je cite le très contesté Malaparte c’est que son lien avec la Grèce était fort. J’ai fait, il y a quelques années, au petit matin, le chemin jusqu’à sa Casa Matta et face au paysage qui s’offrait à mes yeux : la paroi à pic de Matromania, les trois gigantesques rochers des Faraglioni, la péninsule de Sorrente, les îles des Sirènes, les reflets azurés de la côte d'Amalfi, et ceux, dorés, du rivage de Pesto, je me sentais en effet engloutit, dominé par cette beauté sauvage, un tout petit homme. Certains vont dire que je verse dans la grandiloquence mais, concédez-moi, que je ne me livre que très rarement à propos d’un vin, et pour celui-ci, dont je  ne sais ce qu’il doit à sa terre et ce qu’il doit à la main de l’homme – peu m’importe d’ailleurs – j’ai été bouleversé, ému, par son intensité, sa fraîcheur, sa richesse, sa belle acidité en finale. Avant de vous en parler j’ai hésité longuement car, même si ça n’apparaît pas de prime abord, je suis un garçon pudique qui rechigne à étaler ses émotions intimes. Alors, faites comme le recommande Yiannis Paraskevopoulos, carafer ce grand blanc et laisser le décanter 30 mn avant de l’affronter pour recevoir le choc de sa sauvagerie.

 

Vous comprendrez aisément que je ne vais maintenant vous tartiner des trucs techniques sur ce vin. Si vous souhaitez vous informer alors rendez vous sur le site www.assyrtiko-wines.com  où Yiannis Paraskevopoulos qui est docteur-ingénieur en Œnologie de l’Université de Bordeaux II éclairera votre lanterne (c’est en grec et en anglais). Si vous souhaitez acquérir Assyrtiko by GAIA Wild Ferment allez sur le site de Valade&Transandine Vignobles du Monde www.transandine.fr (Grèce et Gaia)

 Assyrtiko by Gaia Wild Ferment 2009

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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Michel SMITH 28/04/2011 06:26



La description de tels vins n'est pas nécessaire : ils sont tout un voyage à eux seuls. Comme toi, je suis fasciné par la sensation de transcendance qu'ils dégagent. Merci.



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