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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 00:09

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Ai-je été de mauvaise foi dans mon compte-rendu de « la pire dégustation » de JM Quarin ?


La mauvaise foi est le fait d'affirmer quelque chose tout en sachant que cela n'est pas vrai.


« La mauvaise foi fait violence à la vérité, mais d'une manière qui en fait une espèce particulière de mensonge. Le mensonge prend la forme de la mauvaise foi lorsqu'il est refus entêté de reconnaître une évidence, quelque chose qui, manifestement, est […] Elle consiste à refuser ce qui ne peut pas l'être, en une sorte d'ultime recours contre le désagrément imposé par la réalité, la volonté opposant son entêtement à l'entêtement des faits. […] Faire preuve de mauvaise foi serait ainsi le contraire de « prendre acte », « prendre en compte », en un mot « assumer» Site philo pour tous : link

 

Foi vient du latin fides : confiance, loyauté, promesse, parole donnée. En latin chrétien c’est la notion de confiance, confiance en Dieu, mais c’est dès la fin du XIIe siècle, avec le sens de loyauté, que l’on parle de bonne foi puis plus tard de male foi qui ne se transformera qu'au XVIe siècle en mauvaise foi. La « bonne foi » désigne selon le Grand Robert, une « qualité d'une personne qui parle, agit avec une intention droite, avec la conviction d'obéir à sa conscience, d'être fidèle à ses obligations ».


Alors suis-je existentialiste à la sauce Sartre ?


Est-ce ma manière de vivre ?


Revendiquerais-je la paternité de mes actes si ces derniers sont gratifiants, et la rejetterais-je lorsqu'ils sont plutôt sources de reproches ?


Bien évidemment je suis le plus mal placé pour juger de ma bonne ou de ma mauvaise foi mais ce qui me met en joie, me fais jouir, c’est la mauvaise foi de ceux qui mettent en doute ma bonne foi.


En fait dans cette chronique c’est mon ignorance crasse qui était en cause dans la mesure où n’étant ni un dégustateur patenté, ni un « masturbateur » de vin de la LPV, et moins encore un « amateur » de vin, La Grange aux pères et Gauby Muntada connais pas. Jamais acheté et jamais bu !


Ma faute c’est d’avoir osé écrire que JM Quarin « n’aime ni les vins nature c’est son droit, ni les financiers incultes au goût du vin »


Crime de lèse-majesté que de laisser supposer que ces vins de « haute expression » selon Michel Bettane puissent être rangés dans une catégorie qui sent l’étable, la bouse de vache et les pieds du fermier… pour ne rien dire de la petite culotte de la fermière  

 

Chiffon rouge !

 

Carton rouge !

 

Expulsé !


Même si j’ai lu Machiavel, approché de près le François de Jarnac, je n’attribuais là aucune filiation à ses 2 vins de « haute expression ».


En effet, je ne passe pas mon temps sur cet espace de liberté à me tripoter la nouille à propos de telle verticale ou de telle horizontale, j’y écris sur tout et rien : le vin aussi comme le chantait Bourvil pour Félicie.


Ma position d’ignorant, qui n’est pas une posture mais une réalité, je la revendique depuis toujours et nul ne pourra me coller impunément l’étiquette d’amateur de vin.


En 2008 j’ai commis une chronique « Les positions du Vin : debout, assis, couché… » link

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Voici quelques extraits :


DEBOUT

 

-         La position du buveur : position à l’origine exclusivement masculine très pratiquée dans les caves de Vendée qui s’est modernisée et un peu féminisée chez certains vignerons, dit paysans éclairés, qui ne répugnent pas d’amener au cul de la barrique leurs poteaux pour s’en jeter un ou deux derrière la cravate – façon de parler - dans des verres Duralex. Attention, ne pas confondre avec la position suivante car ici on ne recrache pas : on boit. La fonction sociale de cette position était très marquée : lieu d’échanges, où l’on se racontait des histoires, l’on concluait des affaires. Elle tend à se folkloriser pour séduire le bobo amateur d’authenticité.


 

-         La position du dégustateur : très en vogue de nos jours aussi bien chez les pros que chez les amateurs éclairés. Exige une certaine forme de résistance physique lorsqu’on la pratique dans les salons : RVF, Grand Tasting, VIF car elle peut s’apparenter à une lutte du type de celles que les femmes affectionnent au moment des soldes. Exige aussi une science consommée du crachement dans des récipients divers et variés si l’on ne veut pas se retrouver constellé de taches de vin. Exige enfin dans les salons une grande faculté de commentaires pour conforter sa position. Cette position se pratique aussi dans des quasis salles blanches, dites salles de dégustation, entre experts patentés. Chez certains vignerons ou même dans les châteaux se pratique dans la cave ou le chais, à la pipette, et il est de bon ton de reverser, ce qui reste dans le verre, dans la barrique. À noter que cette position est la position favorite des « acheteurs » mais qu’elle ne procure guère les mêmes sensations que celles éprouvées par le consommateur.


ASSIS

 

-         la position du mangeur : elle fut pendant des décennies la position majoritaire à l’image de la position dite du missionnaire pratiquée par nos pères et nos mères mais elle tend à refluer sous la poussée du grignotage, du plateau télévision ou de l’eau minérale. Dans les milieux aisés ou intellectuels, composés d’esthètes ou de gens se prétendant tels, elle tend à rejoindre la position du dégustateur dans la mesure où les convives comme les hôtes d’un dîner n’ont de cesse de faire assaut de leurs connaissances de la science du vin qu’ils qualifient à tort d’œnologique. Bien évidemment dans cette position on ne crache pas son vin dans la soupière sauf que, très souvent, l’on peut constater, à la fin de ces repas, un niveau anormalement élevé de verres pleins.

 

COUCHÉE

 

-         la position du jouisseur : a pratiquement disparue avec les banquets et les orgies romaines. Aucun indice sérieux ne laisse à penser que cette position revienne à la mode comme d’ailleurs le port de la tunique au-dessus du genou pour les hommes.

 

Allez ne nous fâchons pas comme le titrait Lautner, soyons zen autour des verres, buvons-les, dégustons-les, trouvez-moi de mauvaise foi mais comme le disait Woody Allen « Ne dites pas tant de mal de la masturbation. Après tout, c’est une façon de faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime. » Citation détournée en toute mauvaise foi dans mon titre.


Faites l’amour pas la guerre, surtout pour une histoire de vin… Si vous ne goûtez pas mes chroniques, ne vous faites pas mal au foie, ne les lisez pas !

 

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Fernandel - Félicie Aussi par Skyremax

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Denis Boireau 30/01/2015 11:54


C'est pas Bourvil qui chantait Felicie, c'est Fernandel.

Luc Charlier 26/01/2015 16:15


D'habitude, je compose mes txt dans un traitement de texte, puis fais un "cut & paste". Cette fois ( raisons techniques), cela n'a pas été possible. A la relecture, un ou deux accords au
pluriel ne se sont pas faits (notamment à la fin: "celles-ci les emploiENT"). Et parfois, j'ai accordé "par voisinage", ce que les grammairiens n'aiment pas trop. Mes excuses pour ces
approximations, d'ordinaire j'écris sans faute. 

Luc Charlier 26/01/2015 10:27


Jacques, il nous "manque des pièces" pour pouvoir profiter entièrement du puzzle. Si j'ai bien deviné, on a émis des critiques sur ton intéressant billet, lui-même une glose en fait. Peut-être
même y-a-t-il eu lettre d'avocat, la profession qui n'existe que pour prendre de l'argent chez les pauvres en le donnant à ceux qui sont déjà riches et, pour cette raison, capables de les payer



Je précise que je ne bois que rarement les vins de la "Grange des Pères" mais que je le regrette. A chaque fois, ils m'ont séduit sans aucune réserve. Je n'ai jamais bu le blanc.


Je précise aussi que l'immense Gérard Gauby est responsable en grande partie (avec feu André Parcé) de ma venue dans le sud, que ses vins ont été une révélation pour moi mais que je ne l'ai plus
rencontré physiquement depuis plus de 5 ans. Nous habitons à 10 km l'un de l'autre et sommes en excellents termes mais ... il travaille beaucoup et moi aussi. Quant à Lionel, son fils, je crois
qu'il ne me reconnaîtrait même pas. 


Donc, je n'ai aucune raison particulière de prendre la défense de ces vins. En termes généraux, on pourrait penser que c'est par parti-pris régionaliste mais ... je suis flamand (tu sais, le
Royaume des Cons). Même plus, si j'étais immodeste - heureusement, ce n'est pas le cas - je pourrais me réjouir de voir dénigrer des domaines "concurrents". Mais notre réputation "ne joue pas
dans la même division", pour user d'une métaphore rugbystique.


Non, ce qui en fait en cause ici, c'est que ces petits messieurs les commentateurs, qui n'ont jamais RIEN fait de leurs dix doigts de toute leur vie (et pour moi la rédaction d'un vrai livre, pas
d'un catalogue publicitaire publié, est évidemment une activité tout à fait "palpable") ne supportent pas que leur gloire, "réelle ou supposée", et leur soi-disant expertise soit remise en cause.
Qu'on ne se méprenne pas, je ne distingue nullement ici la valeur du travail intellectuel ou manuel (j'ai fait les deux dans ma vie). Non, j'attaque de front la catégorie des parasites et des
profiteurs, dont la période dorée, l'âge d'or, s'est terminé avec internet.


Lorsque Vincent Pousson collabore au succès des vins d'une coopérative audoise, ce n'est pas en sarclant la vigne (peut-être l'a-t-il fait occasionnellement d'ailleurs), mais il le fait
ouvertement, sans faux-semblant et cela prend du temps et de l'énergie. Et lorsque cela s'arrête, tout le monde l'entend (dans le microcosme, bien sûr). Quand l'ex-femme de Michel Smith, une des
attachées de presse les plus  "pro" que j'ai rencontrées, monte un dossier et organise un voyage pour des ... journalistes, elle FAIT du concret et c'est du travail. Donc, mon propos n'est
pas de dénigrer les auxiliaires publicitaires de la filale vin, ils ont leur place. Mais ils ne sont PAS journalistes.


Par contre - et j'ai joué ce rôle moi-même durant 20 ans, mais sans être rétribué, j'avais un vrai métier à côté - quant un commentateur passe 3 - 4 jours de "vacances", logé dans un hôtel
confortable ou chez le vigneron, quand il déguste les meilleurs vins qu'on puisse lui présenter, quand tout le monde se coupe en quatre pour l'accueillir du mieux possible, quand on lui donne
toutes les explications qu'il désire ... est-ce si pénible que cela, comme "métier". Bien sûr que non. Evidemment, quand tout cela s'arrête et que la plume - souvent quelconque d'ailleurs - de
ces scribouillards se voit sans objet, pantelante, comme monoplégique ... ils ont la haine. D'autant qu'ils sont souvent à l'automne de leur vie, comme moi, et que cette période en elle-même
génère des frustrations. 


Leur seule planche de salut réside dans les très grosses structures - ou appellations - qui doivent leur réputation avant tout (je n'ai pas dit exclusivement) au marketing et aux annonces
publicitaires. Celles-ci les emploie encore. Il est normal - que ce soit inconsciemment ou à dessein - qu'ils soient enclins à favoriser celles-là, et donc à décrier les autres. Et à avoir
recours aux récriminations ou aux intimidations légales lorsqu'on les titille un peu.

poulet 26/01/2015 00:23


"Et c'est pour ça que je me permets d'intimer l'ordre à certains salisseurs de mémoires de bien vouloir fermer
leur claque-merde ! ah."

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