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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 15:58

Me voilà complice des « fraudeurs » du Grand Sud dans l’affaire des faux Pinot Noir du fait de ma supposée indulgence. De plus je suis un mauvais français « car toute fraude est une atteinte grave à l'ensemble de la profession et de l'économie nationale et doit être réprimée avec la plus extrême sévérité. » Dois-je me constituer prisonnier ou attendre que la maréchaussée vienne me chercher au petit matin à mon domicile pour, menottes aux mains, me conduire au dépôt ?

Qu’ai-je fait de si répréhensible ?

1° je n’ai pas condamné avec suffisamment de force ce qui l’était déjà.

2° je n’ai pas hurlé avec les loups en tentant de remettre les choses à leur juste place.

3° j’ai été trop indulgent avec mes amis de Sieur d’Arques...

4° j’ai tenté de réfléchir sur des faits et non sur des présupposés.

Bref, je suis dans la charrette qui me conduit à la place de Grève pour que le bon peuple me couvre d’opprobre.

Très franchement je me frotte les yeux en relisant ce que j’ai écrit sur le vrai et le faux pour bien être certain que  je me doive de plaider coupable face au tribunal du peuple.

Avant de me déterminer deux remarques :

1° j’ai dit à mes amis de Sieur d’Arques que leur défense était au-dessous de tout et que leur avocat était digne de « voleurs de poules » ;

2° je suis persuadé que nos amis américains, si prompt à se draper dans le droit, aurait réglé cette affaire par un beau plaider coupable assorti d’une belle transaction financière.

Pour ma part je ne retire rien de ce que j’ai écrit qui n’était qu’une réflexion sur le vrai et le faux et non l’approbation d’une pratique contraire à la loi. J’attends donc sereinement la suite des évènements.

Quand à l’attitude des autorités américaines (voir ci-dessous) elle est à la fois « normale » et de bonne guerre « économique » J’invite simplement celui ou ceux qui n’ont pas pris la peine de comprendre ce que j’ai écrit à bien lire le texte du second paragraphe. Il est fort intéressant et instructif. Je n’aurai pas l’audace de rappeler certaines propositions concernant la mention proposée par une bande d’hurluberlus « vin des cépages du Vignoble de France ». Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.  

Je ne me bats donc ni la coulpe, ni ne retranche un mot à ce que j’ai écrit. J’assume ma chronique sans aucun remords. J’invite donc ceux qui veulent me caillaisser à le faire avec des arguments volant un peu plus haut. Cher correspondant albigeois j’aime les chèvres et les choux mais je ne me sens pas dans la peau de quelqu'un commettant des chroniques mi-chèvre mi-chou.

Extrait de La Dépêche du Midi.fr

 http://www.ladepeche.fr/article/2010/02/25/784595-Carcassonne-L-Amerique-barre-la-route-aux-vins-languedociens.html#xtor=EPR-1

« Dans ce courrier en date du 14 janvier 2010, sous en-tête « Département of the Treasury Alcohol and Tobacco Tax and Trade Bureau » à Washington, l'équivalent de la direction française du contrôle douanier et de la répression des fraudes, l'administrateur William H. Foster énonce les nouvelles obligations imposées désormais aux importateurs américains de vins en vrac ou en bouteilles en provenance du Languedoc-Roussillon.

Sont directement visés les produits « couverts par un Certificat d'Approbation d'Étiquette (COLA) indiquant Vin de Pays d'Oc, vins de pays de l'Aude, vin de pays du Gard, vin de pays de l'Hérault, ou vin de pays des Pyrénées-Orientales ». Désormais les vins, en provenance du Languedoc-Roussillon, destinés au marché américain, devront être accompagnés d'une déclaration du gouvernement français circonstanciée sur l'origine des produits. Les deux principales conditions étant que ces vins aient été produits « avec au moins 85 % de raisins cultivés dans l'appellation d'origine mentionnée sur l'étiquette », et avec « au moins 75 % de raisins de Pinot Noir, la totalité devant être cultivée dans l'appellation d'origine mentionnée sur l'étiquette

Dans cette note adressée à Christian Ligeard, conseiller pour l'agriculture à l'ambassade de France à Washington, l'administrateur Foster se défend de vouloir porter atteinte aux échanges commerciaux entre la France et les États-Unis. Cependant toutes les occasions étant bonnes pour conquérir des parts de marchés à l'international, les Américains ont saisi avec cette affaire de « faux pinot » l'occasion de porter un sérieux coup d'arrêt aux importations d'origine languedocienne. »

Je crois que le 5 mars j'aurai l'occasion de demander à l'ami Christian Ligeard plus d'infos sur ce dossier dont, bien évidemment, je mesure toute l'importance économique et politique. 


 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Norbert 26/02/2010 15:33


Comme il y a appel, on pourra peut-être reprendre sereinement ce dossier, obtenir des informations claires et se faire une opinion sur ce délit présumé qui me parait un peu imaginaire.
Jacques (toujours aussi sévère avec les avocats, mais il a sans doute raison) évoque une défense en dessous de tout, digne de voleurs de poules.
Or nous savons bien que les poules ne volent pas.
Et le pinot noir non plus, si j'ose dire.
Qu'avons-nous là?
Un acheteur américain qui, pour répondre à la demande, commande quelque chose qui n'existe pas (si j'ai bien compris une des pièces essentielles du dossier 200.000 hl de pinot noir ça n'existe
pas en Septimanie et les dirigeants audois poursuivis auraient dû le savoir).
Pour le satisfaire on lui livre ce qu'il cherchait.
Une cuvée excellente (qu'on aimerait bien pouvoir goûter, je le rappelle), qui satisfait entièrement ses oenologues et ses clients.
Et qui, si ça se trouve, est à peu près conforme à la règlementation américaine (il faut 75% du cépage indiqué, et on n'est peut-être pas trop loin avec un peu d'indulgence, et
85% de l'origine et là on lui donne 100% même).
Où est la tromperie, finalement?
On commande quelque chose qui n'existe pas et on l'obtient, à la satisfaction générale des gens qui sont "dans la vie des affaires".  


Norbert 25/02/2010 20:47


Bien sûr, l'affaire est du pain bénit pour le protectionnisme américain et sa bureaucratie (il faut quand même rappeler que ce dans ce paradis du libéralisme les étiquettes doivent faire l'objet
d'un contrôle administratif préalable). C'était déjà le cas il y a quelques mois pour le Brunello di Montalcino. Chaque fois qu'il y a une petite fraude ici ou là, on en profite pour alourdir les
formalités, sans se soucier des accords de l'OMC sur l'élimination des obstacles techniques au commerce. Mais ça passera, d'ici la prochaine affaire.
En tout cas, il est intéressant, avec cet exemple, de rappeler ce faisant que l'exigence d'authenticité américaine n'est que de 75% du cépage et 85% de l'origine. Il faut s'en souvenir quand
on disserte longuement sur tel ou tel cabernet sauvignon de Californie ou pinot noir de l'Oregon!


LALAU 25/02/2010 17:32



Total respect. On peut avoir des divergences d'analyse et pourtant ne pas mettre en doute la sincérité ni l'honnêteté de l'autre. Et en l'occurrence, Jacques les vôtres sont au dessus de tout
soupçon. Je comprends aussi votre répulsion face au lynchage médiatique. Il y a des répulsions naturelles et saines, qu'on doit avoir par principe, avant même de se poser la question du fond.
Bref, c'est chouette de débattre avec vous. 



mauss 25/02/2010 16:51


Merci de ce commentaire explicatif.


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