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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 00:09

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La France est un beau pays où la décision d’enrichir les mouts est du ressort d’un haut fonctionnaire auréolé d’une casquette à feuilles de chêne. Bien sûr cet éminent représentant de l’Etat qui a fait l’ENA s’est entouré des avis les plus qualifiés de l’INAO, de la DIRECCTE et de la DRAAF, qui allaient tous dans le même sens. Renversant, je propose qu’à l’avenir nos grandes écoles se dotent d’un module œnologie afin de préparer nos beaux esprits administratifs à bien mériter l’enrichissement. En  effet, par les temps qui courent, comme il n’y a pas d’enrichissement sans cause, ça pourrait attirer l’attention de fins limiers.


Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué.


Mettre du sucre dans les moûts pour nos belles et grandes appellations est considéré par l’INAO comme un acte hautement qualitatif, mais c’est réservé aux septentrionaux et en principe ça revêt un caractère exceptionnel. Le Grand Sud n’y a pas droit, pourquoi ? Tout bêtement parce que soit disant y’a assez de soleil pour que le raisin fasse du bon moût. Hypocrisie française c’était tout bêtement qu’en un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître le fleuve rouge avait tendance à déborder jusque même dans le port de Sète cher au cœur des pinardiers. Donc, enrichir au sucre au Sud c’était fabriquer du vin (je ne vous dit pas l’ambiance régnant dans les côtes-du-rhône coupées en deux). Bref, dans les années 70 le Ministre Méhaignerie, centriste mou, commanda pour, apaiser les foules sudistes très portées sur la cagoule et les mèches lentes, un rapport sur la chaptalisation à Pierre Murret-Labarthe directeur de l’Office des Vins de Table.  Celui-ci, bordelais d’origine, ne se fit pas prier pour pointer l’iniquité de ce partage et proposa soit la suppression, soit l’extension à tous de la chaptalisation.  Cris d’orfraies des bordelais, des champenois, des bourguignons…


Résultat dans le style Salomon de Vitré : l’enrichissement fut autorisé pour tous mais le sucre fut réservé aux seigneurs et la piétaille du sud eut droit elle aux moûts concentrés et aux moûts concentrés rectifiés. Bonne pioche disait-on puisqu’au lieu de faire du vin on en concentrait pour faire du sucre qu’on mettrait dans le vin. Beau comme les naturistes sauf que tout ça coûtait des picaillons et que les gars d’Oc réclamèrent des subventions de l’Europe qui, bien sûr, leur accorda avec la bienveillance de nos amis allemands grands partisans du sucrage-mouillage. Je vous parle d’expérience j’ai vécu tout ça lors des négociations d’élargissement de l’Europe à l’Espagne et au Portugal qui, avec l’Italie, souhaitaient l’abandon de la chaptalisation. Nous, comme nous avions déjà le grand lorrain  de François Guillaume sur le dos nous avons avec Rocard laissé les teutons manœuvrer.


Mais les temps changent plus de pognon pour enrichir avec les MC et les MCR d’où le feuilleton du Languedoc avec Coopés, préfet et bien sûr le grand Jacques maître des pays d’OC.


À titre personnel, je l’ai écrit la chaptalisation n’a plus sa place dans les AOC sauf éléments climatiques vraiment exceptionnels. C’est politiquement difficile à faire avaler à la CNAOC surtout par un Ministre socialo donc nous allons continuer de vivre sous le régime de la chaptalisation.


Dans ce cas il y a une règle simple, équitable et qui respecte le consommateur : indiquer sur l’étiquette vin enrichi au sucre.


Puisqu’il y a 3 catégories de vins qu’elles soient toutes logées à la même enseigne : la chaptalisation pour tout le monde qui en fait la demande.


-          AOP via l’INAO

-          IGP via l’INAO

-          VSIG librement

 

En effet, en un temps où tout le monde se gargarise à la COMPÉTITIVITÉ pourquoi mettre des fers aux pieds de vins de moindre extraction en leur imposant les MC et les MCR qui coûtent plus chers. De grâce qu’on nous épargne le baratin du style nous enrichissons avec des produits de la vigne car ça ne change rien sauf que pour les AOC il faudrait alors imposer des MC et MCR endogènes. MM de de l’INAO, de la DIRECCTE et de la DRAAF arrêtez de nous bourrer le mou avec vos arguments d’un autre âge. Il va vous falloir regarder la réalité en face et comprendre que mettre du « plomb » dans les cuves des vins sans IG c’est les condamner à disparaître face à la concurrence de nos voisins espagnols. Bref, vous avez tout faux dans vos bureaux. La segmentation du marché commence dans la vigne puis le chai et continuer de gérer notre vignoble et les vins qui en sont issus comme des vins d’origine relève d’une vision obtuse et en retard de deux guerres.


À force de pratiquer une gestion politique du vignoble du Grand Sud on produit toujours les mêmes effets : ne pas monter dans les bons wagons au bon moment. Savoir gérer la mixité du vignoble du Grand Sud était l’ambition des bassins prônés par la note stratégique Cap 2010 en redonnant toute la responsabilité aux acteurs économiques et non à une gestion administrée porteuse d’un conservatisme frileux. Ce qui me fait me gondoler grave c’est que cette gestion ringarde a été mise en place par d’éminents libéraux sous le couvert de la défense des intérêts bien compris de quelques barons du cru. Il eut été intéressant que les nouveaux occupants du 78 rue de Varenne fassent bouger les lignes mais c’est sans doute trop leur demander en ces temps difficiles. Les gouvernants passent le Grand Jacques reste. Pauvre Jérôme Despey bien à l’étroit dans le grand navire de FranceAgrimer.


Moi ce que j’en dis c’est pour causer, les VSIG pour exporter je n’en bois pas mais il faut savoir ce que l’on veut et se doter des moyens pour le faire. Pour ce pas besoin de M. le Préfet Pierre de Bousquet de Florian qu’était en Haute-Normandie lorsque je suis allé au chevet des vaches de la CLHN (coopérative laitière de Haute-Normandie)…


Voilà le travail ci-dessous (voir la vidéo ci-dessous M. le Préfet cause pas du tout du vin, ce ne doit pas être sa tasse de thé).

 


« Le préfet n’a pas donné suite à la demande de chaptalisation déposée par les IGP du Languedoc-Roussillon. Il a estimé qu’aucun caractère exceptionnel ne permet de justifier d’une dérogation à l’interdiction du sucrage à sec dans la région. C’est une nouvelle déconvenue pour les coopératives du Languedoc-Roussillon. Après avoir rejeté la demande de chaptalisation pour les vins sans indication géographique, le préfet de région interdit également la chaptalisation pour les vins à indication géographique protégée (IGP). L’arrêté préfectoral est tombé le 11 septembre au soir. Pour tous les IGP de la région qui en avaient fait la demande*, l’enrichissement n’est autorisé qu’avec les moûts concentrés (MC) et moûts concentrés rectifiés (MCR).

 

AVIS


Le préfet a suivi les avis de l’Inao, de la Direccte et de la Draaf, estimant que le caractère exceptionnel, indispensable pour justifier d’une autorisation du sucrage à sec, n’était pas avéré pour ces vendanges. Une décision qui ne va pas réjouir les caves coopératives, toujours mobilisées pour réclamer le choix entre les deux méthodes d’enrichissement (MC/MCR et saccharose). Pour peser dans la décision du préfet, Coop de France Languedoc-Roussillon avait encore déposé dans la journée du 11 septembre la liste de toutes les coopératives de la région qui souhaitaient pouvoir chaptaliser cette année.

 

COÛT


« L’an dernier, l’enrichissement aux MC/MCR nous a coûté 80 000 euros de plus que ce que nous aurait coûté le sucrage à sec. Nous produisons 15 000 hl de sauvignon, un cépage qui requiert d’être enrichi pour répondre aux exigences du marché. Cette année, la différence de coût entre MC/MCR et saccharose est de 5 €/hl pour une augmentation de 1,5 % vol. C’est énorme. Sur les marchés, on se bagarre pour 1 €/hl », déplore Michel Servage, président des Celliers du Nouveau monde à Puichéric (Aude) et de la Confédération des vins IGP de France.

 

* L’autorisation d’enrichir avec les MC/MCR dans la limite de 1,5 % vol. est accordée aux IGP suivantes : Côtes Catalanes, Vin des Sables, Coteaux de Peyriac, Pays d’Hérault, Coteaux d’Ensérune, Coteaux du Libron, Côtes de Thau, Côtes de Thongue, Vicomté d’Aumelas, Haute Vallée de l’Orb, Saint Guilhem le désert, Gard, Cévennes, Coteaux du Pont du Gard, Aude, Cité de Carcassonne, Pays Cathare, Coteaux de Narbonne, Vallée du Paradis, Vallée du Torgan.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

le taulier pour le compte d'un expert 16/09/2013 15:53


La réforme de l'OCM de 2009 sur ce sujet, tranché comme on le sait. L'enrichissement est encadré, contrôlé. Soit il est autorisé soit il est interdit. Si c'est oui que chacun soit libre
d'utiliser la pratique qui lui semble adaptée à ses consommateurs.


Du côté pratique œnologique que du sirop de raisin c'est à dire une solution de fructose glucose ou que du sirop de fructose, glucose issu du saccharose soit ajouté il n'y a pas la place pour la
différence. J'aimerais que l'on m'explique enfin pourquoi tous les vignerons sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres ....


Surtout lorsqu’on connait le mode de fabrication des MCR, pressurage, traitement décolorant au charbon actif, rectification des acides par raisins échangeuses, concentration.


Côté betterave sucrière, extraction , concentration séchage .


En allant plus loin on pourrait même réfléchir sur la légitimité de la  transformation des raisins en MCR. N'est-ce pas un détournement qui n'a pas de fondement historique ni culturel mais
purement subventionnel ? Dans les pays tiers c'est la pratique pour gérer les excédents.


Nous avons décidément, toujours, le chic de nous  poser des questions d'un autre âge. N'est-ce pas l'âge de  ceux qui ont encore en travers du gosier toutes ces batailles idéologiques,
nous perdons du temps, en effet.


 


Les vraies questions devraient être plus stratégiques, structurelles, sociales et de conquêtes commerciales... voilà mes réflexions très personnelles…

Nadine Franjus 16/09/2013 10:14


Mes amis norvégiens qui font leur "vin" de fruits dans l'arrière cuisine m'ont demandé comment ajouter des tanins dans leur "vin". Avec les fruits du sorbier ou des myrtilles, ils trouvent que ça
manque le tanin. Alors, ils veulent en ajouter, ça semble normal pour eux. Comme ils ajoutent en moyenne 150 gr. de sucre par litre de jus, sinon ça manque aussi. Le sucre en Norvège, je n'ai pas
réussi à trouver une étiquette qui mentionne son origine végétale, cette information n'est pas obligatoire. Le sucre, c'est du sucre. Revenons à leur "vin d'arrière cuisine". Il manque aussi de
couleur mais ça c'est assez facile à compenser avec quelques sirop bien colorés. Moi, je me demande si on devrait pas proposer des oenologues norvégiens pour faire du vin plus facilement. Ils
semblent être plus adaptés à notre époque et ont des réponses à tout. Sans aucun complexe.

Reggio 16/09/2013 10:02


Petit domaine bio cherche jolie betterave pour s'enrichir avec elle...!


"Vin enrichi au sucre", ça, je voudrais bien le voir un jour sur une étiquette...

Michel Smith 16/09/2013 09:29


Correction votre Honneur : il doit s'agir de Saint Hippolyte du FORT (et non du Port), petite commune du piémon cévenol.


Quant à l'enrichissement auquel j'ai droit (Côtes Catalanes), je m'en garderai de l'utiliser tant l'idée d'ajouter quelques chose d'étranger à mes raisins m'isupporte. Et pourtant, je ne suis pas
au Front.

Feuilly 16/09/2013 01:11


Avec le parcours généalogique de Pierre de Bousquet de Florian, il est difficile de croire qu'il puisse ignorer les problèmes des vignerons de la région, même s'il n'y a jamais travaillé. A lire
dans le Dictionnaire des familles anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle par C. d'E.-A. [Chaix d'Est-Ange] (Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France. 





BOUSQUET (Pastre de). Voyez Pastre DE BOUSQUET.


BOUSQUET (de), BOUSQUET, BOUSQUET de FLORIAN, BOUSQUET de BOUSQUET, WILLIETAZ-BQUSQUET. Armes d'argent à un bosquet de sinople à sénestre et à un paon au naturel à dextre svr une terrasse desinople; au chef d'azur chargé
de trois étoiles d'or. On trouvera des renseignements intéressants sur la famille BousQUET ou DE BOUSQUET dans la France protestante deHaag et dans l'Annuaire de la Noblesse de 1864. Cette famille est vraisemblablement la même que celle d'un Louis Bousquet, procureur en la Cour des
comptes, aides et finances de Montpellier, qui fit enregistrer son blason à l'Armorial général de 1696 écartelé aux 1 et 4 d'argent à trois arbres de sinople; aux 2 et 3 d'azur à un lion d'or, armé et lampassé de gueules.


Louis Bousquet, demeurant à Sainl-Hippolyte du Port, décédé en 1778, exerça, d'après Haag, la charge anoblissante de conseiller maître en la Chambre des
comptes de Montpellier. Son nom et celui de son fils aîné, Louis II de Bousquet, qui lui succéda dans sa charge, ne figurent pas sur les listes, du reste incomplètes, des officiers de la Chambre
des comptes de Montpellier qui ont été publiées par M. de la Roque dans l'Annuaire historique et généalogique de la province du Languedoc, année 1861, et dans le Catalogue des gentilshommes du Languedoc ayant
pris part en 1789 aux assemblées de la noblesse. Louis Ier Bousquet avait épousé Mariel'auline David, de Bordeaux,
fille de M™ David, née Constance de Poyen. Un de ses fils, Paulin Bousquet, connu sous le titre de chevalier de Poyen, servit dans la première compagnie des mousquetaires et mourut sans avoir été
marié. Trois autres, Louis, JeanPierre et Antoine, furent les auteurs de trois branches.


La branche aînée fut connue sous le nom de de BOUSQUET. Son auteur, Louis de Bousquet, marié en 1775 à Marguerite Mourgue de Hautecroix, succéda à son père,
d'après Haag, dans sa charge de conseiller maître en la Chambre des comptes de Montpellier. Il était seigneur de Ribeyre, Figaret, etc., etcoseigneur de la ville de SaintHippolyte quand il prit
part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Montpellier. Il laissa un fils, Louis-Paulin de Bousquet, qui épousa Caroline Planchon et qui mourut sans postérité. 11 eut aussi trois filles dont les deux plus jeunes furent M™ Lassagne de Lacombe de Mandiargues, décédée en 1854, et
Mme de la Pierre de la Valette, décédée en 1864; l'aînée, M"0 de Bousquet, demeurée célibataire, adopta en 1848 son parent, Henri Bousquet, issu de la seconde branche, et mourut au cours de cette même année.

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