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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 00:09

Nul n’est prophète dans son pays, c’est le cas d’un vieux jeune homme de 78 ans, Michel Legrand né à Bécon-les-Bruyères (ville de la proche banlieue sur laquelle le grand Emmanuel Bove à écrit l’un de ses plus beaux textes qui s’ouvre ainsi « Le billet de chemin de fer que l’on prend pour aller à Bécon-les-Bruyères est semblable à celui que l’on prend pour se rendre dans n’importe quelle ville »). C’est un grand, c’est une star internationale méconnue en France : la musique des Parapluies de Cherbourg, des Demoiselles de Rochefort, de Peau d’âne du cinéaste Jacques Demy c’est lui. 3 Oscars à Hollywood dont le premier pour la musique d’un de mes films cultes : l’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison avec Steve Mac Queen et Faye Dunaway. Plus de 100 albums avec des pointures comme Frank Sinatra, Sara Vaughan, Ella Fitzgerald, Jessie Norman, Kiri Te Kanawa, Barbra Streisand, Claude Nougaro... Les grands du jazz Dizzy Gillepsie, Miles Davis, John Coltrane, Stan Getz... mes-photos-de-moi-8332.JPG 

Dès qu’il s’assied, un peu vouté, si discret, derrière le clavier du grand Steinway noir de laque, dans la douce nuit de l’Hospitalet, sous le bleu des projecteurs, la magie opère, il fait corps avec son piano, il l’investit, l’effleure, le transcende, lui donne une âme, c’est sensuel, fort, me voilà happé, propulsé dans son univers musical si marqué de son emprunte qu’il est inscrit dans l’universel : telle est la supériorité des grands créateurs que de se faire oublier, d’être leur musique. Je ne vois dans le halo que ses épais sourcils blancs de neige et je me recueille. Communion, avec ses deux complices : le batteur : André Cecarrelli et le contrebassiste : Pierre Boussaguet il m’entraîne doucement sur les chemins de ma mémoire, me tire par la manche, me convoque pour redonner des couleurs à mes jeunes années, au temps de l’insouciance, des boîtes et des émois. L’intermède avec la harpiste Catherine Michel, certes virtuose, me renvoyait sur terre : sans doute le souvenir de l’immense Lili Laskine me tirant des larmes lors d’un concert dans un salon du château de Versailles à la fin des années 70 plaçait la barre bien haut.

Et puis vint, Natalie Dessay sans h en hommage à l’inoubliable Natalie Wood, légère, robe des années 20 un peu charleston, chaussures noires assorties, et la coiffure aussi, micro en main, la diva un peu comme Peau d’âne se muait en chanteuse. « C'est la première fois que je chante sans ma voix d'opéra et avec un micro. Cela représente pour moi un vrai challenge d'essayer quelque chose de différent vocalement. En tant que soprano léger, je ne chante jamais d'une façon proche de ma voix parlée. Je m'exprime toujours en voix de tête. Par rapport à ma carrière, cette expérience peut s'apparenter à du cross over ». Pari réussi, Françoise Dorléac et Catherine Deneuve les jumelles des demoiselles de Rochefort, le cinéma de Nougaro, les ronds dans l’eau de la chanson  Les moulins de mon cœur traduction The windmills of your mind chantée par Noel Harrison dans l’Affaire Thomas Crown. Je suis conquis, emballé, transporté. Bravo l’artiste ! La grande prestation de Natalie Dessay aurait mérité des rappels plus ardents, plus exigeants à s’en faire mal aux mains, une autre une autre. Comment peut-on se priver de prolonger d’un moment aussi privilégié, si rare. Je pourrai dire : j’y étais mais j’aurais tant aimé que pour une poignée d’entre-nous, des vrais aficionados, elle revint nous chanter un peu de sa Violetta de la « Traviata » Que voulez-vous je suis fou de Verdi et je peux rêver !

Reste que ce moment rare je le dois à Gérard Bertrand qui, avec ce beau festival de l'Hospitalet met ses actes en conformité avec ses déclarations : de ce pays, de son pays, de son pays difficile mais riche de promesses, il veut faire une référence en alliant un professionnalisme impeccable au souci de mettre un contenu tangible, palpable, je dirais même exportable à toutes les formes de culture qui prennent appui chez lui sur son amour du vin. Merci Gérard de m'avoir offert ce temps privélégié où le temps se suspend, s'apaise, l'air devient léger, l'imaginaire se déploie, tous les sens se tendent, s'offrent un réel moment de bonheur simple...

Caillou-8335.JPG 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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petit télégraphiste pour Patrick de Mari 18/08/2010 10:21



Amicalement.





 




Michel
LEGRAND un été 42 ( 2009 )


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Michel LEGRAND un été 42 ( France 2 2009 )
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à noter que j'ignorais que Catherine Michel la harpiste était dans la vie madame Michel Legrand





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