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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 09:17

  

Ce matin j’ai deux bonnes raisons pour surfer sur le Goncourt de Michel Houellebecq et d’affirmer, sans rire, qu’il participe à « L’extension du Domaine du Vin » et à la défense de la France des Terroirs avec JP Pernaut :

- Bernard Pivot, membre de l’académie Goncourt a soutenu « La carte et le territoire » ;

- Je suis un lecteur de Houellebecq depuis ses origines et je considère « Extension du Domaine de la Lutte » comme son meilleur livre dont le héros travaille dans une Direction Départementale de l'Agriculture.

  

Voir chronique du 7/11/2006 « Une caricature de socialiste agricole » http://www.berthomeau.com/article-4420891.html

 

et un mauvaise : Michel Houellebecq est Ingénieur Agronome

 

Donc ce matin quelques extraits du Goncourt où Houellebecq hume la France profonde...   

 

«  Partant de l'actualité immédiate - violente, rapide, frénétique, insensée - Jean Pierre Pernaut accomplissait chaque jour cette tâche messianique consistant à guider le téléspectateur, terrorisé et stressé, vers les régions idylliques d'une campagne préservée, où l'homme vivait en harmonie avec la nature, s'accordait au rythme des saisons ».

 

« Il revoyait les affiches représentant la vieille momie pétainiste* sur fond de clochers, de villages. Il avait 13 ans à l'époque et c'était la première fois de sa vie qu'il prêtait attention à un slogan politique (...) »

 

* il s’agit de l’affiche de la force tranquille de Jacques Séguéla

 

« Un chien porte déjà en soi un destin individuel et une représentation du monde, mais son drame a quelque chose d’indifférencié, il n’est ni historique ni véritablement narratif, et je crois que j’en ai à peu près fini avec le monde comme narration — le monde des romans et des films, le monde de la musique aussi. Je ne m’intéresse plus qu’au monde comme juxtaposition — celui de la poésie, de la peinture. Vous prenez un peu plus de pot-au-feu ? »

 

Jed déclina l’offre. Houellebecq sortit du réfrigérateur un saint-nectaire et un époisses, coupa des tranches de pain, déboucha une nouvelle bouteille de chablis.

 

Michel Houellebecq, La carte et le territoire, Flammarion, pp. 258-259

 

Houellebecq hocha la tête, écartant les bras comme s’il entrait dans une transe tantrique — il était, plus probablement, ivre, et tentait d’assurer son équilibre sur le tabouret de cuisine où il s’était accroupi. Lorsqu’il reprit la parole sa voix était douce, profonde, emplie d’une émotion naïve. « Dans ma vie de consommateur », dit-il, « j’aurai connu trois produits parfaits : les chaussures Paraboot Marche, le combiné ordinateur portable-imprimante Canon Libris, la parka Camel Legend. Ces produits je les aimés, passionnément, j’aurais passé ma vie en leur présence, rachetant régulièrement, à mesure de l’usure naturelle, des produits identiques. Une relation parfaite et fidèle s’était établie, faisant de moi un consommateur heureux. Je n’étais pas absolument heureux, à tous points de vue, dans la vie, mais au moins j’avais cela : je pouvais, à intervalles réguliers, racheter une paire de mes chaussures préférées. C’est peu mais c’est beaucoup, surtout quand on a une vie intime assez pauvre. Eh bien cette joie, cette joie simple, ne m’a pas été laissée. Mes produits favoris, au bout de quelques années, ont disparu des rayonnages, leur fabrication a purement et simplement été stoppée — et dans le cas de ma pauvre parka Camel Legend, sans doute la plus belle parka jamais fabriquée, elle n’aura vécu qu’une seule saison... » Il se mit à pleurer, lentement, à grosses gouttes, se resservit un verre de vin. « C’est brutal, vous savez, c’est terriblement brutal. Alors que les espèces animales les plus insignifiantes mettent des milliers, parfois des millions d’années à disparaître, les produits manufacturés sont rayés de la surface du globe en quelques jours, il ne leur est jamais accordé de seconde chance, ils ne peuvent que subir, impuissants, le diktat irresponsable et fasciste des responsables des lignes de produits qui savent naturellement mieux que tout autre ce que veut le consommateur, qui prétendent capter une attente de nouveauté chez le consommateur, qui ne font en réalité que transformer sa vie en une quête épuisante et désespérée, une errance sans fin entre des linéaires éternellement modifiés.

— Je comprends ce que vous voulez dire », intervint Jed, « je sais que beaucoup de gens ont eu le cœur brisé lors de l’arrêt de la fabrication du Rolleiflex double objectif. Mais peut-être alors... Peut-être faudrait-il réserver sa confiance et son amour aux produits extrêmement onéreux, bénéficiant d’un statut mythique. Je ne m’imagine pas, par exemple, Rolex arrêtant la production de l’Oyster Perpetual Day-Date.

 

— Vous êtes jeune... Vous êtes terriblement jeune... Rolex fera comme tous les autres. » Il se saisit de trois rondelles de chorizo, les disposa sur un bout de pain, engloutit l’ensemble, puis se resservit un verre de vin.

 

Michel Houellebecq, La carte et le territoire, Flammarion, pp. 170-171.    +

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Rudi 26/11/2010 17:03



et vous avez oublié Château Ausone 1886 à 400€...



Raphaël Zacharie de IZARRA 16/11/2010 19:51



HOUELLEBECQ, ROI DES "CONCIERGES EN REVOLUTION"


 


Avec sa tête de pauvre type Houellebecq écrit des livres de pauvres types.


 


Auteur d'une littérature minable écrite pour des minables qui l'adulent, cette face d'avorton a la plume rase, le verbe bas, la pensée vile.


 


Houllebecq est le chantre des ratés. D'où son formidable succès.


 


Dans ses livres il a placé sans complexe le Dupont sur un trône -celui de l'insignifiance mais peu importe, un trône est un trône à ses yeux- revendiquant le droit de faire régner la loi du
commun -pour ne pas dire du rien du tout- sur les étagères les plus prisées des bibliothèques. Au nom de son air d'abruti.


 


Chez Houellebecq les petits présentés comme des victimes de leur petitesse gagnent toujours du début à la fin : avec lui c'est la revanche des eaux troubles de la sexualité sur l'onde pure de
l'esprit, le triomphe de la fosse des sentiments sur la verdure des sommets, la gloire du quotidien inepte sur l'intemporel vol de l'âme, la victoire des êtres médiocres et de leur oeuvres
crasseuses sur les neiges éternelles de l'Art.


 


L'époque étant comme on le sait à la totale dégénérescence littéraire, Houllebecq est le plus fameux de ses représentants.


 


De ce déchet de notre civilisation en pleine dérive culturelle, on a fait une légende vivante.


 


Roi des Dupont auxquels il s'adresse, Houllebecq est un produit marketing performant, inusable, réutilisable à chaque rentrée littéraire ! Il suffit juste de changer l'emballage de ses bouquins
chaque année. Bref, la gloire des éditeurs. Pardon, des vendeurs de papiers.


 


Houellebecq est un phénomène : chacune de ses apparitions télévisées est un événement.


 


Dès que passe sur les écrans plats de la France attablée sa tête molle de vieux puceau frustré et libidineux, il fait chavirer le coeur des ménagères monoparentales ménopausées, miroiter des
jours encore plus tièdes aux concupiscents concierges constipés, espérer un sirop de bonheur pseudo littéraire toujours plus vil et fade aux minus malades, comme lui, de leur existence de
nabot.
____________________


 


Complément à l'article____________________


 


Pour rappel, voici ,un extrait de l'interview par Vignale (texte numéro 509) au sujet de la littérature :


 


Vignale - Quels sont les auteurs contemporains qui ont vos faveurs littéraires ? Houellebecq vous touche-t-il davantage qu’un Beigbeder, un Zeller ou un Moix ou bien vous ne lisez que les morts ?


 


Raphaël Zacharie de IZARRA - Je suis fièrement inculte. Vierge de bien des influences mais non point sans avis. Je connais les titres et les têtes des écrivains actuels, mais guère plus. Rares
sont ceux qui ont su me plaire avec leurs mots. Je possède une intuition étrange : je sais reconnaître un auteur de valeur sans ouvrir un seul de ses livres, juste en lisant sur ses traits. Car
la Littérature transparaît sans fard sur la face des auteurs dignes de ce nom. Sur leur front, moi je la vois dans sa vérité. La Littérature ne m’échappe pas.


 


J’ai l’oeil pour ces choses. Et lorsque je vérifie les écrits de l’auteur ainsi sondé, je constate que je ne me trompe jamais. Celui qui parle en auteur mais qui n’a pas l’éclat de la Littérature
entre les deux yeux, je le sais avant même de lire sa première page.


 


J’estime sans l’avoir lu que Houellebecq, s’il possède effectivement quelque plume (pour avoir survolé de très loin une ou deux de ses pages, je n’ignore pas de quoi je parle) manque
singulièrement de hauteur ne serait-ce que parce qu’il a commis l’impudeur de montrer sa face aux caméras de télévision. Trivialité impardonnable pour un auteur digne de ce nom.


 


http://izarralune.blogspot.com/2007/05/509-vignale-me-pose-dix-questions.html


 


Raphaël Zacharie de IZARRA 



laurentg 10/11/2010 10:09



L'avenir appartient à ceux qui ont le véto (Pierre Dac)



laurentg 10/11/2010 09:40



Du monde, en général ...



JACQUES BERTHOMEAU 10/11/2010 09:57



Du vin très particulièrement où beaucoup se tiennent par la barbichette



laurentg 09/11/2010 15:45



Trouvé un livre agréable à lire, sans plus ... mais il paraît qu'il fera date ?!


Bien plus intéressant en tout cas que Alabama song, 3 jours chez ma mère, et Syngue Sabour ...


Ce qui en dit long sur les coulisses de l'édition.


 



JACQUES BERTHOMEAU 09/11/2010 17:22



C'est à l'image du monde du vin...



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