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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 00:09

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Notre Michel l’a bien dit Guy :


« Tu es parti bien vite, en blaguant jusqu’au dernier moment, et sans souffrir. C’est intelligent et ça te ressemble… »


Du Rocard pur sucre.


Yves Colmou, l’homme de l’ombre du Michel et maintenant de notre Premier Ministre a raison :


« … Guy était un joueur. Mais armé du droit, c’était un joueur qui savait construire sa chance


Merci  Guy de tes paroles post-mortem qui te ressemblent tant et qui me vont si bien à moi, ton discret ami, compagnon des nuits de 1981 au Palais Bourbon, nos macarons du petit matin, voisin de bureau galerie Sully au 78 rue de Varenne où toi le parisien revendiqué, au look décalé, tu as si bien réussi. Tes biddies qui ont fait des trous  à mes pulls toujours au même endroit. Ce déjeuner avec Claire et Dominique Lavanant que tu me demandas d’organiser pour les initier au vin.


Merci de m’avoir donné ce billet d’excuse, comme toi je n’ai que peu de goût pour les funérailles et les cérémonies d’hommages.


Toi, grand prof de droit constitutionnel, fidèle à ta Fac de Nanterre, les hommages que t’ont rendu de hautes personnalités, des confrères, lors du colloque tenu au Conseil constitutionnel le 20 avril 2014 tu les méritais grandement.


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J’y étais invité, je n’y suis pas  allé même si j’aurais eu plaisir d’y croiser beaucoup d’amis et tout particulièrement notre Michel. La raison est intime mais je sais que Guy aurait approuvé mon choix car il se fondait sur un clin d’œil à notre complicité.


Car comme toi je suis fidèle, un fidèle.


Comme l’a souligné ton grand ami Olivier  Duhamel : fidélité en politique « il ne s’y inséra qu’avec et pour Michel Rocard. Il la quitta dès que celui-ci perdit toute perspective de revenir au sommet de l’Etat. »


« Guy était de gauche, mais pas égalitariste, liberté oblige. Il était profondément attaché à la méritocratie républicaine, laquelle, bien que déclinante, lui avait donné  sa chance. Qu’une beurette atteigne l’excellence l’enthousiasmait.


Je reviens Guy sur ton texte lu au cimetière de Montmartre le 3 juin 2013 :


« Voici donc réunis les gens que j’ai aimés, sans qu’aucun ne puisse me reprocher ma propre absence, que je serai le premier à regretter. Comme vous savez, j’ai toujours refusé les célébrations dont j’aurais pu être le centre, anniversaires, décoration ou autres, car ça m’aurait mis mal à l’aise. Cette fois-ci, c’est bien autour de moi que vous êtes rassemblés, et j’y suis d’autant plus sensible que je ne peux, pour le coup, en ressentir la gêne.


Certains, sans doute, n’auront pas pu, voire pas voulu, venir. Je le comprends d’autant mieux que j’ai moi-même toujours eu tendance à éluder ce genre de rencontres pour lesquelles je n’avais aucun goût (…) »


« J’ai toujours été chanceux, très chanceux, heureux, très heureux. Ma chance première est d’avoir très tôt perçu, sans trop savoir comment, la vanité et l’absurdité de la vie puis, du coup, de m’être décidé à en profiter au maximum. Plutôt raisonnable par nature, d’autres diraient tiède, j’ai même été à l’abri des passions dévorantes, celles dont on est par définition esclave, des enthousiasmes ou des abattements, excessifs dans les deux cas, ce qui aide à bien vivre (...) »


« Bref, soyez sincèrement contents pour moi. Je suis mort comme j’ai vécu : heureux, et heureux grâce à vous. »


Il ne s’agit que d’un extrait bien sûr mais j’y trouve mes marques et je me dis que chroniqueur sur la Toile je vais m’atteler à un au-revoir tout aussi optimiste.


Pour l’heure je glisse mes lignes dans les mots de Michel Rocard


« Guy mon ami, mon complice de haute proximité, ta trace est forte, bien marquée indélébile. Elle est finalement beaucoup plus imposante que ne pouvait le laisser croire ce personnage gai, plein de drôlerie et de simplicité que nous fûmes nombreux à aimer côtoyer.


En fait tu mettais ton immense science du droit au service de l’art de vivre en commun en humanité. Sur ce chemin la gauche a encore à faire, toute la France au demeurant.


Tu vas nous manquer.


Salut Guy. »


Guy tu étais plus jeune que moi, né en 1951 et tu le resteras éternellement puisque tu nous as quitté à l’âge de 62 ans alors que moi je vais atteindre mes 66 ans dans quelques jours.


Ton ami Olivier Duhamel a eu les mots les plus beaux « Les larmes ne donnent pas d’encre. Quarante ans que nous vivions amis. Amis absolus, à s’appeler jour ou nuit, pour un oui de question juridique, pour un non d’interrogation de vie, ou l’inverse. Nous déjeunions tous les trois une fois par mois, et blaguions sur qui écrirait le premier la nécrologie de l’autre… »


Ta passion de la liberté Guy t’a fait suivre le conseil de Jacques Duhamel – le père d’Olivier qui fut Ministre de l’Agriculture puis de la Culture – de se « doter d’un filet de sécurité garantissant le boire et le manger, juste pour rester libre… »


Professeur d’Université tu étais donc fonctionnaire Guy, et fier de l’être. Permets-moi de dédier cette fierté à la cohorte  des sots qui passent leur temps sur les réseaux sociaux à conchier les fonctionnaires.


Tu étais un bon vivant Guy et oui tu nous manques vraiment…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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